AIMS

Chemin-bouzir Carine
L’IMAGINAIRE ENTRE LEURRE GENERATEUR D’AGRESSIVITE ET CONSISTANCE GENERATRICE DE DYNAMIQUES SOCIALES CREATIVES Le cas d’associations d’aide à domicile

Cette recherche repose sur l’étude qualitative de deux associations d’aide à domicile auprès de personnes âgées (entretiens et étude documentaire) dans leurs relations externes avec leurs financeurs et dans leurs relations internes entre direction et salariés. Elle discute les apports de Castoriadis et de la littérature managériale s’appuyant sur cet auteur. Nous visons ici à voir comment l’imaginaire peut prendre plusieurs formes qui impliquent des dynamiques affectives qui promeuvent ou bloquent l’institution d’un faire collectif porteur de sens mais respectueux des singularités individuelles. Cette démarche suppose de réfléchir au type d’imaginaire manié dans les organisations. Comme la littérature le souligne, un imaginaire du « tout quantifiable » figé et imposé de l’extérieur peut provoquer du désengagement au travail. Notre contribution est de proposer qu’il provoque aussi de l’agressivité. Une alternative proposée par la littérature est de manier une dynamique auto-instituante où la représentation imaginaire est élaborée à partir de l’expérience de travail des salariés (le teukhein dans les termes de Castoriadis). Cela s’articule également au legein (catégorisation) qui permet de donner un sens collectif à l’action. Notre contribution est que cela permet aussi de poser des règles, une loi qui premièrement repose sur le désir des dirigeants et apparaît moins impersonnelle, et deuxièmement met des limites aux excès affectifs – sur-investissement des aides à domicile ou abus des personnes âgées aidées. Ces règles sont organisées autour d’objets partagés, autour de pratiques professionnelles – à partir de la toilette qui sera réalisée conjointement par une aide à domicile et une infirmière par exemple –. Cette manière de travailler permet de laisser un espace aux significations imaginaires individuelles de ce qu’est le travail et de l’identité au travail de chacun, plutôt que de chercher à donner une réponse hétéronome et figée à ces questions. C’est cet espace qui permet une dynamique auto-instituante où les singularités trouvent leur place dans le pluriel que constituent les collectifs de travail.