Epistémologie de la transition écologique et sociale : une conversation interdisciplinaire autour des risques d’effondrement - 05 Juillet 2021 - Aix en Provence / en ligne

Nous faisons face à une urgence socio-environnementale sans précédent dans l’histoire humaine. Les dégâts sur l’environnement sont tels que le dépassement de certaines limites planétaires, au premier rang desquels la concentration de CO2, fait peser un risque existentiel sur l’humanité (Rockström et al., 2009; Xu & Ramanathan, 2017). Les risques d’effondrements sociaux, économiques et environnementaux sont réels, globaux et interconnectés (Servigne & Stevens, 2015). Dans un contexte de dérèglements climatiques, de surexploitation des ressources naturelles et plus généralement de destruction systématisée du vivant qui caractérisent la grande crise de l’anthropocène, la place et les contributions des sciences (notamment sociales) sont de plus en plus fréquemment examinées à l’aune de leur capacité à apporter des réponses aux grands enjeux sociétaux, voire à nourrir directement des innovations ou solutions concrètes, le plus souvent technologiques. Cette vision de la recherche orientée mission (mission-oriented), établie comme priorité de la politique européenne dans la lignée des travaux de Mazzucato (2018), nous interroge collectivement et au sein de chaque discipline sur les défis que posent pour les sciences, une ou des transitions écologiques et sociales qui soient justes et durables.
Cette grande crise de l’anthropocène a donc des effets dramatiques sur l’environnement et sur les sociétés, mais nous enjoint également à réorienter d’urgence les sciences, leurs objets, leurs motivations et leurs méthodologies. Cet impératif scientifique inouï invite à un examen critique des sciences, à une « épistémologie de transition », c’est-à-dire une analyse des effets spécifiques de l’anthropocène sur la production de savoir scientifique.

En amorçant une conversation interdisciplinaire, nous souhaitons aborder ces réflexions autour de quelques grandes questions : 1) comment penser le rapport au vivant, à l’espace et au temps dans la production de connaissances pour la transition ? 2) cette crise affecte-elle nos modes d’enquête et de production de connaissance et doivent-ils évoluer ? 3) quelle est la place des sciences sociales dans le cadrage des controverses au sujet des grands enjeux socio-environnementaux comme la transition ? 4) La crise sanitaire COVID-19, présentée comme une crise « mineure » au regard des risques d’effondrement globaux, nous invite enfin à repenser notre rapport au réel ainsi que le monde d’après, alors comment les sciences sociales peuvent-elles y contribuer ?

A travers les regards croisés de trois disciplines (histoire des sciences, philosophie et gestion) et de toutes celles des participant-es, nous explorerons ensemble quelques grands enjeux que soulèvent les crises de l’anthropocène pour les sciences sociales.

Participant-es
Alexis Catanzaro, gestionnaire, maitre de conférence, Université de Lyon/St-Etienne
Amy Dahan, historienne des sciences, spécialiste des interactions climat-science-politique, directrice de recherches émérite CNRS (Centre A. Koyré, EHESS)
Joelle Zask, philosophe, maitresse de conférence, Aix Marseille Université

Modératrices
Héloïse Berkowitz, CNRS, LEST, Aix Marseille Université
Karine Guiderdoni Jourdain, CNRS, LEST, Aix Marseille Université

Inscription préalable à la table ronde : https://forms.gle/8LcBWkXcajTgTwXX8

 

Héloïse Berkowitz - heloise.berkowitz@univ-amu.fr
http://lest.fr/fr/activites-scientifiques/2021/07/05/lest/epistemologie-de-la-transition-ecologique-et-sociale-une-conversation
>> Programme (pdf) Picto_pdf