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Vers une approche contextualisée de la mise en œuvre du droit à l’erreur

De plus en plus d’organisations françaises instaurent une politique de droit à l’erreur. Dans la littérature en organisation et en psychologie, de telles initiatives sont systématiquement rattachées à l’approche dite du management positif de l’erreur (error management culture). Or, en pratique, lorsque l’on se penche sur la mise en œuvre concrète de ces politiques, il apparaît qu’une image globalisante du droit à l’erreur – comme idéal-type – ne rend pas suffisamment compte des caractéristiques spécifiques des différentes structures s’étant lancées dans une démarche de non-punition des erreurs. A travers l’analyse qualitative comparée de deux cas (la Maif et un CHU de province), via le logiciel d’analyse de données textuelles Iramuteq, nous opérons ainsi une distinction nette entre, d’un côté, les organisations cherchant à impulser une dynamique d’innovation à travers une logique « test and learn », et, de l’autre, celles aspirant à améliorer la fiabilité opérationnelle. Plus encore, nous identifions des caractéristiques propres à chacune de ces deux sous-catégories, par exemple en termes d’impact émotionnel de l’erreur, de parties prenantes impliquées dans la démarche ou de logiques d’apprentissage sous-jacentes.

Stigmatisation post-faillite et valeurs bancaires

Les entrepreneurs ayant connu, par le passé, une faillite, sont généralement stigmatisés. En cas de nouveau projet entrepreneurial, cette stigmatisation post-faillite peut donner lieu à une discrimination dans l’accès aux ressources financières, notamment de la part des banques. La littérature académique a cependant mis en évidence une certaine variance de la stigmatisation post-faillite suivant le contexte socio-culturel, avec notamment des différences nationales. Au niveau sectoriel, les banques coopératives ou mutualistes sont réputées reposer sur un socle de valeurs éthiques et sociales différentes de celles des banques capitalistes. Un tel constat suggère alors l’idée d’une certaine variance dans la perception des entrepreneurs post-faillite selon le type de banque considéré. Dans cette recherche, nous cherchons ainsi à savoir dans quelle mesure les valeurs affichées par les établissements bancaires français influencent la décision des chargés d’affaires de financer le projet d’un entrepreneur post-faillite. A cette fin, nous exploitons les résultats de 12 entretiens semi-directifs avec des chargés d’affaires appartenant à deux banques capitalistes et deux banques coopératives, qui nous permettent de mettre en évidence quelques résultats théoriques originaux. En l’occurrence, nous montrons que, malgré des valeurs a priori distinctes entre les banques coopératives et les banques capitalistes, il subsiste une très forte convergence dans la perception d’une demande de financement émanant d’un entrepreneur post-faillite. En pratique, le jugement du chargé d’affaires est surtout influencé par l’interaction entre trois niveaux d’analyse distincts : l’environnement sociétal français, le champ organisationnel bancaire et l’entrepreneur (selon sa compétence et sa moralité perçues). Au-delà de souligner une forte homogénéité des pratiques bancaires, notre article permet aussi de saisir les arbitrages entre, d’un côté, les valeurs de la banque et, de l’autre, les valeurs du secteur bancaire, voire de la société dans son ensemble.

Confiance et Proximité : conciliation ou antagonisme

Ce papier a pour objectif de montrer que la notion multidimensionnelle de la proximité n’entraine pas nécessairement la confiance mais paradoxalement la méfiance entre une personne physique (clients) et une personne morale (EMF) via son dirigeant, contrairement à Dupuy et Torre (1998) qui soutiennent que la confiance rime avec proximité. Nous mobilisons la théorie de l'échange social par son volet confiance pour étayer notre approche. Nous adoptons une méthodologie mixte, quali-quanti, basée sur la technique QCA sur les données d’un EMF urbain de 2ème catégorie de Libreville au Gabon pratiquant le microcrédit individuel. Nous obtenons deux types de résultats. D’une part, les résultats intuitifs qui indiquent que la confiance est expliquée par la proximité géographique et la proximité temporelle. Et la méfiance est expliquée par l’absence des proximités temporelle, géographique, professionnelle et culturelle. D’autre part, les résultats contre intuitifs qui indiquent que l’absence de proximités professionnelle et culturelle explique paradoxalement la confiance et les proximités géographique, professionnelle et culturelle expliquent paradoxalement la méfiance. Nous retenons deux implications managériales : (1) la mise en place d’une segmentation de la clientèle pour un meilleur suivi et une meilleure connaissance des clients et une réduction du risque de défaut ; (2) la mise en place d’un comité de validation des dossiers de microcrédits pour éviter que le dirigeant ne valide ou n’accorde unilatéralement par une confiance affective due à sa proximité culturelle et/ou professionnelle.

Leave a Message After the Tone: Organizational answers to whistleblowing through Boltanki’s critique

Whistleblowing is increasingly understood as an institutionalised practice, with organisations now commonly setting up tools to help their employees raise corporate issues. However, whistleblowers often do not succeed in raising concerns within their organisations and external whistleblowing usually follows unsuccessful attempts to blow the whistle internally.
This article investigates the organisational answers that are produced and addressed to the whistleblower. We suggest that, rather than straight forward replies, the organisational answers provided to the whistleblower take the form of various “signs” that the whistleblower perceives and which inform them about whether one’s claims are intelligible within the corporate environment. We draw on the conditions of critique by Luc Boltanski in our analysis, with a specific interest in the concepts of “truth and reality tests” he develops, through which, as we argue, the organisation displays these signs. An analysis of a high-profile case of tax justice, in which the corporation was found guilty, illustrates our argument.
Our contributions are threefold: We build on the whistleblowing literature by giving a detailed account of the organizational answers produced in a case of internal whistleblowing, showing that organisations‘ answers (and non-answers) to whistleblowers provide for a continuum of reactions of various kinds and intensity (Vandekerckhove et al., 2014).We also build on Kenny and Bushnell’s latest work on hegemony (2020) to show how the organisations manage to
maintain the status quo, preventing the whistleblower from having her reality adopted by
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others. We also give an empirical explorations of the concepts offered by Boltanski. Indeed, as we argue in the findings, the whistleblowing context leads to “truth and reality” tests in which the organization seeks to confirm their narrative and defend their vision of what the truth is.

Crisis and Adaptation: Exploring the Microfoundations of Punctuated Equilibrium Theory

While organizations increasingly face crises, the strategy literature has overlooked how organizations adapt to them. To bridge this gap, this article builds on punctuated equilibrium theory and on the strategy perspectives that deal with crisis to construct the microfoundations of punctuated equilibrium theory. It develops a model highlighting crisis antecedents, adaptation to the crisis and crisis outcomes. In so doing, this article contributes to punctuated equilibrium theory and to the strategy literature on crisis by offering a renewed definition of crisis: the process of adaptation through which an organization changes (or does not change) its path following a signal of drift.

Comment l’utilisation du crowdsourcing peut résoudre un problème en science de gestion. Le cas de la réputation des territoires

Dans un contexte territorial de plus en plus compétitif, nous cherchons à proposer aux gestionnaires de mobiliser la réputation de leur territoire, dans un objectif d’attractivité et d’efficience. Or, bien que la réputation fasse partie des objets de recherche très étudiée pour ses avantages et conséquences sur les performances de l’entreprise (Barnett et al., 2006 ; Bromley, 1993 ; Deephouse, 2000 ; Fombrun, 1996 ; Gotsi et Wilson, 2001 ; Kreps et Wilson, 1982) sa définition et ses éléments de compréhension ne font pas l’objet d’un consensus (Alloing, 2016 ; Boistel, 2015). Afin de répondre à cette difficulté, notre recherche décide d’utiliser le crowdsourcing comme un filtre à une profusion d’éléments issus de travaux précédents. Ce qui nous permet d’aboutir à une définition de la réputation : « perception des acteurs de ces territoires de ses spécificités mais aussi des comportements passés des institutions les régissant, cette perception aboutissant à une évaluation collective présupposant alors de ses comportements futurs. » Au-delà de ces résultats, notre étude montre la place primordiale de l’habitant en tant que vecteur de réputation, non seulement comme un diffuseur ou une image, ainsi que les limites de l’utilisation de la é-réputation et des classements à étoiles.

More than an (ugly) annual calendar on a wall… Supporting organizational hybridity through a material object

Drawing on the calendars of the biggest French scouting organization from 1936 to 2019, we investigate how a material artifact can leverage organizational hybridity. Whereas ideational arrangements are generally considered the sole contributors to the structure and functioning of organizational hybridity, we demonstrate that material arrangements can also play an active role. Indeed, our results highlight that the institutional plurality of scouting is scripted into a material artifact—the organization’s calendar—and provides to organizational members a material narrative of this institutional context. The active role of the considered material artifact is expressed two ways. First, even though this material narrative appears sufficiently stable to successfully encode, manage, and recount institutional plurality, the calendar also provides sufficient plasticity for integration of some major institutional changes. Second, the calendar sits at the crossroads of the organizational and individual levels, as an object supporting sense-giving and as an object influencing sense-making, respectively.

Les déterminants de la performance d’un écosystème entrepreneurial : une étude exploratoire

Ce papier questionne la mesure de la performance à un niveau inter-organisationnel, celui de l’écosystème entrepreneurial. Comme de nombreux concepts jeunes, l’écosystème entrepreneurial souffre d’un manque de théorisation. Notamment, la question de la performance nécessite d’être investiguée afin de ne pas se limiter aux seules préoccupations économiques relatives au développement territorial. Nous mobilisons la littérature en contrôle qui définit la performance globale comme l’agrégation des performances économique, sociale et environnementale pour envisager les multiples dimensions de sa performance. Une étude qualitative exploratoire de l’écosystème entrepreneurial qui s’est formé autour de l’agglomération caennaise est menée pour identifier les représentations de la performance des différents membres et ainsi préserver la nature subjective et contingente de la performance. Cette étude montre l’intérêt d’envisager la définition de la performance globale à un niveau inter-organisationnel afin de développer des outils permettant de comprendre la contribution des acteurs et de leurs relations à la performance du collectif. Par ailleurs, nous proposons une caractérisation plus fine des dimensions de la performance dans un écosystème entrepreneurial qui permet de dépasser une logique territoriale caractéristique des phénomènes d’agglomération spatiale.

Les compétences cognitives et psychologiques du dirigeant pour construire des capacités dynamiques

L’approche des capacités dynamiques managériales s’est dotée au fil des années de deux perspectives : la perspective cognitive et la perspective psychologique. L’objet de cette recherche est d’articuler ces deux perspectives afin de comprendre comment un dirigeant mobilise ses compétences cognitives et psychologiques pour construire des capacités dynamiques. Pour ce faire, nous avons mené une recherche qualitative longitudinale et rétrospective à travers la démarche de l’étude de cas. Le cas choisi est celui de Steve Jobs. Nous avons étudié deux capacités dynamiques : celle liée à la restructuration d’entreprises (Pixar et Apple) et celle liée au développement de nouveaux produits (Toy Story et l’iPhone).

Imprinting against Law: can a new legislation make firms more inclusive of women?

How does an organizational imprint evolve in reaction to an external shock such as a new legislation? This paper investigates the impact of exogenous change on the trajectories of organizational imprints. While extant literature contributed to better understanding processes and mechanisms at stake in imprinting, relatively few works have closely examined the metamorphoses of imprints in response to environmental change. We conduct a longitudinal and pluri-sectoral analysis of French listed companies’ imprints trajectories in reaction to the Copé-Zimmermann Law on Board Diversity, implemented in France in 2011. This law aimed at making boards of direction more inclusive of women. We developed a methodology to compare the evolution of gender-Diversity Imprinted firms, i.e. those sensitive to women inclusion in the organization, and Non gender-Diversity Imprinted firms, i.e. those less sensitive to this matter. We study both the evolution of these imprints and that of board diversity in the period 2007-2015. We identify several trajectories depending on the initial imprint and law’s performativity: organizational decoupling, inertia or alignment, imprint resistance or degradation, structural or symbolic adaptation, and law-imprint reinforcement. We propose a model of imprint evolutionary trajectory, which has several managerial and policy implications.

EXPLORING INSTITUTIONAL MAINTENANCE THROUGH MATERIAL AND SYMBOLIC WORKS

In this paper, we examine the way interplays within and between material and symbolic works contribute to maintaining an institution over time. Drawing on a historical analysis of the Parisian Metropolitan Railway entrances over a century, we highlight five forms of interplay: triggering, bolstering, constraining, combining and self-reinforcing. Our analysis offers a process model revealing how this great variety of interplays is progressively arranged into various sequences. Those various sequences of interplays contribute to progressively mesh together the material and symbolic works and sustain the institution over time. Our paper refines our understanding of the role of institutional work and its interplays in institutional maintenance, allowing us to consider symbolic and material works as of similar importance for maintenance. In so doing, we develop a more nuanced view of institutional maintenance, as a certain purification of the institution can be needed for the latter to be sustained over time.

Understanding acculturation in cross-border partnerships: an analysis in the Russian automotive industry

La théorie d'acculturation dans les partenariats internationaux étant incomplète, nous tentons de l'enrichir à travers une analyse du phénomène d'acculturation des alliances entre constructeurs automobiles européens et russes.

“MAINTAIN THE CORE, REINTERPRET THE PERIPHERY” AS A MECHANISM OF INSTITUTIONAL MAINTENANCE. THE CASE OF THE ONION JOHNNIES

This paper proposes "Maintain the core, Reinterpret the periphery" as a mechanism of institutional maintenance. The concrete mechanisms that allow for institutional maintenance are understudied. Using a historical case of the Onion Johnnies – Frenchmen who have been selling onions from Roscoff in Southern England since 1830 -, the authors generate new insights into the process of institutional maintenance. Onion Johnnies have managed to keep their profession alive by conserving its central characteristics, while changing aspects on the periphery. Firstly, this article identifies a new mechanism for maintaining institutions. This enhances the concept of institutional plasticity by using it to think about how an institution is maintained through transformation and double boundary work. Finally, this article shows the advantage of studying weak institutions.

Compétitivité des PME : le rôle des capacités dynamiques

Cet article s’intéresse au rôle joué par les capacités dynamiques dans la construction de la compétitivité des PME agro-alimentaires. L’objectif étant de vérifier que les capacités sus nommées sont effectivement des éléments qui concourent à la compétitivité et, d’identifier les processus managériaux ou micro-fondations associés aux capacités dynamiques. Dans la littérature, différents auteurs font état de la rareté de travaux relatifs à l’opérationnalisation des capacités dynamiques. Un vide qu’il est reconnu important de combler pour faire avancer les connaissances sur ce concept. L’article se positionne dans la conceptualisation de Teece suivant laquelle une entreprise compétitive mobilise trois capacités dynamiques : détection (sensing), Mobilisation (seizing) et Renouvellement (reconfiguring). L’étude adopte comme niveau d’analyse les processus de l’entreprise. Elle s’appuie sur une démarche qualitative avec une étude de cas multiples auprès de 6 entreprises considérées comme compétitives. Deux entrevues (structurée et semi-ouverte) ont été réalisées pour collecter les données auprès des propriétaires-dirigeants de ces entreprises. Ces entrevues ont servi à explorer le parcours des entreprises étudiées et d’approfondir certaines expériences spécifiques telle que le développement de nouveaux produits. Les résultats montrent que les PME étudiées mobilisent les capacités dynamiques et permettent d’identifier les processus managériaux ou micro-fondations (pratiques d’affaires managériales et opérationnelles) associées à chaque capacité dynamique. Pour la capacité de détection, on retrouve les pratiques d’affaires managériales suivantes : le contrôle de gestion, la veille concurrentielle, l’évaluation de la satisfaction des consommateurs, l’évaluation de la satisfaction des clients, la veille technologique et la recherche. Dans la capacité de mobilisation, l’optimisation de l’outil de production a été identifiée dans une seule entreprise. L’acquisition d’une nouvelle expertise a été mise en œuvre dans deux entreprises. Dans cette capacité, la formation, l’amélioration continue et la mobilisation des ressources financières apparaissent comme les processus ou les pratiques d’affaires managériales les plus souvent mis en place. Au niveau de la capacité de renouvellement, on a cinq pratiques d’affaires parmi lesquels, l’introduction de nouveaux produits dans le portefeuille, la modification du positionnement et le renouvellement des équipements sont apparus comme les plus mobilisées.

From an “either/or” towards a “both/and” response to paradoxes: a two-step stratification process model

Complexity, changes and resources scarcity are pervasive elements of today’s organizational life. Research on paradoxes have shown that such contexts are ripe for the experience of con-tradictions, inconsistencies or ambiguities. Managers are thus more and more confronted to paradoxical situations where they have to simultaneously deal with two contradictory and inter-related elements. Paradoxes are thus embedded in the everyday actions and decisions of manag-ers and the way they navigate these paradoxes have an impact on organization’s success and sometimes survival.
Literature on paradoxes shows that to pretend to long term survival, organizations need to adopt proactive responses, which involves a capacity to identify and to embrace contradictory de-mands. However, research offers scant insight into practices elaborated by managers to be able to embrace tensions in turbulent contexts of important changes and limited resources. Our study is an attempt to fill this gap addressing the following question: when confronted to situations of much turbulence and resource scarcity, how managers can proactively navigate para-doxes and thus pretend to long term survival? More specifically we are interested in the pro-cess and the practices that allow managers to evolve toward a “both/and” rather than an “ei-ther/or” response to paradoxical tensions.
To provide relevant insights, we rely on a deep case study of IBM Montpellier, a French local entity of IBM that has been confronted, in the early 90’s, to various decisions of top manage-ment that diverged from its local interests and even threatened its survival. By studying this specific period of tensions, where local interests and global expectations sometimes seem in-compatible, we aim at highlighting how local actors finally managed to recognize and embrace those tensions over time.
This article develops an empirically grounded process model that shows how local managers’ response to paradoxes evolve overs time: a first defensive step where local managers struggled with suddenly salient paradoxical tensions and respond by splitting tension to finally obtain a reprieve. They thus gain the necessary slack to evolve toward a second proactive step where they are now able to recognize tensions, to embrace them and to finally gain a more long-term survival.
The present paper contributes to the paradox’s literature in various way. We first show that con-trary to what the current literature asserts, defensive approaches are not systematically opposed to proactive ones. They may instead be complementary and even represent a first necessary step in a more global “stratification process” of learning to live and work with paradoxical tensions.
Finally, this study also contributes to works on paradoxical cognition since it confirms that recognizing tensions is a first necessary step towards proactive approaches. However, this study goes further since it shows how this cognition may be acquired over time, as a learning heritage of a prior defensive experience of paradoxical tensions.

Hybrid organizing in complex and turbulent fields: Liberté, Egalité… Ambition?

Although recent literature on hybrids has been flourishing, the question of how hybrids emerge and progressively gain influence over a complex and turbulent field remains under-researched. In this paper, we seek to address this gap. To do so, we engaged in an inductive study of a hybrid organization emerging in an original empirical context: the field of equal opportunities in France. Equal opportunities reflect herein a socio-political will in reducing social inequalities, especially for young people, and in contributing thus to social inclusion. But this malleable concept may be interpreted in several ways, supported by different competing institutional logics (Friedland & Alford, 1991; Thornton et al., 2012). The resulting institutional complexity (Greenwood et al., 2011; Besharov & Smith, 2014) creates both tensions and opportunities for hybrid organizations. Moreover, literature suggests that managing organizational tensions is particularly challenging in situations of environmental turbulence (Reay & Hinings, 2009; Ramus et al., 2017). Our results show that environmental turbulence and emotions (Toubiana & Zietsma, 2017) also open opportunities for strategic hybrid organizations to become visible actors in the field and influence the competing institutional logics through active interactions and involvement within the field.

Interactions among the factors underlying dynamic managerial capabilities in the creation of new products and services: evidence from franchise networks

Many studies use the dynamic capabilities view as the literature shows that such capabilities are essential for innovation. This work focuses on dynamic managerial capabilities to highlight the interactions among the three dimensions of dynamic managerial capabilities (managerial human capital, managerial social capital, and managerial cognition) as this aspect remains overlooked. Consequently, we analyse how the three dimensions interact with one another as firms innovate to develop new products or services in franchise networks. Our qualitative study is conducted in 17 French Franchise networks and is based on 24 interviews.
The results indicate that although the three dimensions are mobilised by managers, certain dimensions are interrelated with other dimensions, and two main types of dynamic capabilities can be identified in franchise systems. The first type is based on intuition and knowledge transfer, while the second type is based on a rational analysis of data and knowledge recombination.

Liberating numbers? Statactivism work for tax justice

In line with the Foucauldian governmentality narrative, prior studies of the role of calculative practices in accounting, organization and management studies mainly regard numbers as a subjugating force serving the dominant neoliberal hegemony. Moving beyond this approach, recent research on counter-accounts envisions the possibility to resist numbers by providing alternative accounts of the social reality, whereas research on ‘stat-activism’—the reliance on statistics for political purpose—see the re-appropriation of numbers as key to subvert hegemonic orders. However, little is known about the activities underlying statactivism. In this paper, we conceptualize ‘statactivism work’ and investigates its deployment through a qualitative study. We analyze how activists produce a report that showcases statistics about the welfare loss induced by corporate tax minimization, ultimately triggering a four-year Senate inquiry in Australia. Relying on multiple sources of qualitative data, we analytically induced three facets of statactivism work—seizing the opportunity, producing critical numbers and campaigning. The simultaneous use and complementarity of these practices explain how these activists have exploited the emancipatory potential of existing public numbers and, in so doing, challenged corporate hegemony. As a whole our analysis updates the governmentality narrative, conceptualizes statactivism work, and advances organizational studies of calculative politics.

Le stratège pense-t-il encore ?

Cette étude de cas unique explore la façon dont un stratège peut générer des règles simples de sélection par le biais de la cognition stratégique. L’objectif de la recherche est de découvrir si des mécanismes cognitifs peuvent permettre à un décideur d’abstraire les informations clefs de son environnement ; et par là même de traduire sa compréhension de l’environnement en règles simples. La littérature existante suggère que les règles simples sont apprises par la codification d’expériences antérieures. Cependant, peu d’études font le lien entre la création d’une compréhension de l’environnement et la génération de règles simples. Dans cette étude portant sur la sélection d’opportunités d’un cabinet de fusions-acquisitions, nous développons un modèle de génération de règles simples par la réflexion stratégique en suivant une méthodologie ‘à la Gioia’. Nos résultats enrichissent le cadre conceptuel existant en soulignant d’une part l’importance des représentations mentales du décideur et d’autre part le rôle de l’intuition d’expert dans l’abstraction des informations pertinentes de l’environnement. Plus précisément, nos données montrent que la réflexion stratégique doit être considérée, à l’instar de l’apprentissage organisationnel, comme une source majeure de la génération des règles simples. De plus, nos données offrent une compréhension de la manière dont ces deux sources interagissent.

Les activités de pilotage de la performance au sein des cliniques : quelles conditions de développement ?

Si les nombreuses réformes hospitalières n’ont eu de cesse ces dernières années de polariser leur attention sur une plus grande maîtrise de leur performance, peu de choses ont été faites en direction des systèmes de contrôle de gestion, en particulier sous l’angle des dispositifs et pratiques afférents précisément au pilotage de la performance. Notre recherche s’intéresse prioritairement aux cliniques, peu étudiées. L’article s’articule autour des résultats d’une enquête par questionnaire visant à observer les usages en matière de pilotage de la performance à l’aune de différents facteurs de contingence. Les résultats montrent que les activités de pilotage sont bien répandues au sein des cliniques et que le degré de participation des médecins aux processus de contrôle de gestion ainsi que le type d’outil déployé les influencent positivement, en particulier en présence de tableaux de bord.

Understanding strategies to manage institutional complexity: The case of corporate accelerators

This study focuses on corporate accelerators, one of the latest organizational forms used open innovation, to help large firms to engage with the start-up scene. Despite corporate accelerators’ increased prevalence, our knowledge of their organizational practices, and their dynamics is limited. A process approach is needed to increase our understanding of accelerators and how this organizational form has been translated to the corporate context. This research takes a qualitative approach, and it is grounded on data from six case studies, including 52 interviews and archival materials. Adopting an institutional lens, an empirically-grounded conceptual model is proposed to build theory on how a new organizational form, such as an accelerator, embedded in a corporate context accelerator, uses different strategies over time to accommodate conflicting demands from its multiple audiences. This paper contributes to the nascent literature on accelerators, taking a process perspective that is currently missing in existing research of these entrepreneurial support organizations. Second, it contributes to open innovation literature on structures and strategies for large firms to engage with young ventures. Third, this article contributes to neo-institutional theory by providing a conceptual model on how organizations address institutional complexity with different strategies over time

“Can politics really be beneficial?” Towards a model for positive politics

Organizational politics has been at the center of many debates in decision-making literature. For a long time, the debate focused on the negative effects of political behavior and how to avoid it. This article, however, contributes to the increasing amount of literature that focuses on the positive effects of political behavior. This article is centered around the impact of organizational politics on the consensus-building process and its relationship with performance. The relationship between organizational politics and consensus-building is also moderated by change to reflect the ever-increasing reality of the changing business environment. The article proposes an integrative model demonstrating how these constructs relate to each other and how politics can have a positive impact.

Comprendre le processus d’hybridation de Business Model par le développement d’une logique féministe

Alors que la littérature s’est beaucoup intéressée à la notion d’hybridité et à la manière dont elle pouvait être mise en œuvre, le processus par lequel une organisation s’hybride a, quant à lui, été largement ignoré. Cet article propose de répondre à ce manque en cherchant à mieux comprendre le processus d’hybridation de business model. Notre recherche se fonde sur le cas d’une organisation qui s’hybride par l’intégration graduelle d’une logique féministe dans le fonctionnement de l’organisation. Notre étude montre que l’hybridation se fait au travers de différentes séquences, chacune étant constituée de quatre étapes : le déploiement du business model, la mise en tension de l’organisation, l’arrangement hybride et le travail identitaire. Cette recherche contribue ainsi à mieux comprendre le processus d’hybridation, et permet de mieux en saisir les dimensions relationnelle et identitaire.

Understanding the use of patent data along the innovation process

While research has paid attention to open innovation, we have witnessed a strong emphasis on the question of how firms can learn from patents and knowledge generated outside their organizational boundaries. In this article, we examine the way patents can be used as an input into the innovation process. To better comprehend the use of patents in this process, we focus through the lens of a leading global automotive company, which offer a particularly suitable context for such an investigation. Based on a case study, our findings lead to three main contributions: First, we propose a categorization of patent users into three groups: regular users, irregular users and non-users and, explain why patents are used or not used, in the innovation process. Second, we identify two main digital strategies that allow users to better manage and filter external patents. Third, we show, step by step, how to integrate external patents throughout the different stages of the open innovation process. Based on our findings, we then highlight specific policy implications that suggest a more holistic approach for firms intending to encourage the use of external patents. We conclude by outlining limitations of our work and proposing potential future research opportunities.

“New man’s land” between business and philanthropy : Governance strategies in social enterprising

The governance of social enterprises has become an increasingly important topic in third-sector research. Due to the growing marketization and professionalism of the social sector (Hwang and Powell, 2009) in many countries, tensions in governance appear between the legal heritage of NPOs and their new business practices. This sector experiences a growing shift toward the hiring of professional managers, and the adoption of business-like formalized “best” practices. The aim of this article is to understand how different social enterprises embedded in the same institutional field can then develop and use strategically different governance arrangements.
In this article, we build on Cornforth’s (2004) definition of governance in the third sector as the systems and processes concerned with ensuring the overall direction, control and accountability of an organization. Governing defines the organization's mission and goals and outlines simultaneously the best possible actions to achieve organisational survival and growth within an evolving and demanding society. So, governance is not only about the role and composition of social enterprises’ board, it also encompasses the impact of other actors (founders, boards and managers), who contribute to the governance arrangements.
We undertook a longitudinal case study (2005-2017) with a chronological perspective. We collected data from the two organisations and conducted interviews with key actors (founders, board members, managers). Our results show that even evolving within the same field, with comparable objectives, SE develop and use strategically very different governance arrangements. Both cases reveal the central position of the SEs’ founders. Their different professional trajectories and their different backgrounds and networks have deeply influenced the earliest governance arrangements. In one case, the business governance model was adopted; in the other case, the philanthropic governance model dominated. These two models somehow converged in the way boards were formalised facing organisational growth needs. However, decision-making processes are actually reflecting complex governance structures with different boards operating at different levels and all influenced strategically by the founders. Moreover, the appointment of professional managers did not transform the governance arrangements which still reflect the central positioning of the two founders in their SE.

La construction de l’attention collective. Ce que nous apprend le développement de l’hypnose à l’hôpital

Comment se reconstruit l’attention de soignants qui développent des pratiques professionnelles plus respectueuses de leurs patients ? En enquêtant sur cette question, notre travail vise à poursuivre les réflexions sur le management de l’attention dans les pratiques collectives. Parmi l’ensemble des travaux, ceux regroupés sous l’Attention Based View (ABV) mettent l’accent sur les dispositifs sociaux et organisationnels qui structurent l’attention (Ocasio, 2011). Cette approche riche et complexe souligne la dimension distribuée de l’attention. Elle traite peu toutefois des mécanismes de son intégration. Elle s’intéresse plus à la dimension organisationnelle de l’attention individuelle, qu’à l’attention collective proprement dite (Stevens et al. 2015). En mobilisant deux cas de développement d’hypnose et de communication thérapeutique dans des services de soins, contrastés du point de vue des résultats, nous faisons des propositions sur la formation d’une capacité d’attention collective. Nous soulignerons pour cela l’intérêt de la notion de script. Comprendre la constitution de l’attention collective, c’est à la fois regarder comment se constitue le répertoire des scripts disponibles et comment ces scripts sont mobilisés. Nous montrerons alors que l’attention collective dépend de trois facteurs, les canaux structurels d’attention, la nature même des scripts et les interactions entre les individus.

QUAND L’EXCES DE CONFIANCE PROVOQUE LA FIN PRECOCE D’ALLIANCE ASYMETRIQUE DES PE DANS UN PAYS EN DEVELOPPEMENT

L’objectif de cette recherche empirique est de comprendre les sources et manifestations de l’excès de confiance et ses effets indésirables sur les alliances stratégiques asymétriques. Les résultats d’une étude de cas longitudinale d’une alliance asymétrique de deux petites entreprises camerounaises révèlent une diversité de sources et de manifestations de l’excès de confiance. Il ressort que l’excès de confiance et la non activation du contrôle formel ont provoqué la fin précoce de l’alliance. Cette recherche empirique enrichit la connaissance des sources, des manifestations et des effets de l’excès de confiance dans l’échec des alliances asymétriques ; et suggère le management de l’excès de confiance.

Influence of team agility and creative capabilities on creative outcomes: a moderated mediation model

In the video game industry, which is part of the creative industry, organizations should be able to provide new creative ideas. Video game studio development teams usually use agile methods, which aim to improve teams’ productivity and creativity. Through a qualitative exploratory study and a quantitative survey of 70 executive managers from firms operating in the video game industry, this research examines the relationship between team agility, organizational creative capability and creative outcomes. First, it shows that team agility has a positive and direct impact on creative outcomes. Second, team agility assists in building organizational creative capability. Finally, organizational creative capability has a positive impact on the generation of creative outcomes, moderated by a relaxed work atmosphere.

Critical innovation: The untapped potential of innovation for performative Critical Management Studies

How could innovation contribute to performative Critical Management Studies? Through an analysis of the literature, this theoretical article considers the tendency in performative Critical Management Studies (CMS) to not put innovation forward. This ‘absence’ is surprising given that performative CMS are currently struggling with their implementation. My analysis details how performative CMS and innovation may share a project of practical engagement with the world to bring about change, and it considers seminal works that have highlighted the possible usefulness, for performative CMS, of innovative organizational practices. I present two possible explanations (a strong association of innovation with the mainstream and the business world, and a possible tendency of the mainstream to reintegrate critically-oriented innovations) for this relative absence. In response, I introduce the concept of ‘critical innovation’ defined as innovation that is compatible with performative CMS. I also detail possible ‘components’ of critical innovation to operationalize it and consider its potential for performative CMS, before suggesting a research agenda on the concept. Overall, I argue that innovation has an untapped potential for performative CMS. Thus, my article contributes to the literature on performative CMS as it offers a possibly fruitful way to implement it in the face of the many challenges that are involved when doing performative CMS.

Exploring interdependencies in the pre – and post-divestiture periods

A role of network embeddedness of partners and an asymmetry of business relatedness of two firms has been acknowledged as an important factor for total value creation in collaborative relations. This was mostly looked for a case of new ties creation, but not for tie loss. Divestitures, by their turn, are corporate transactions which encompass detachment from firm’s current activities. The literature remained salient on a relationship between divestitures, alliances and networks. Although inter-organizational relationships in pre- and post-divestiture period may lead for higher value creation from these deals by ensuring the best owner for the firm’s formal activities and a maintained access to valuable resources while avoiding the sudden disturbance of former linkages. Drawing on the concepts of embeddedness and business relatedness this article aims at enhancing our understanding of divestiture process. I explore the possible impact of divestor’s inter-organizational and intra-organizational ties to future divestiture decisions. Firstly, I propose that prior inter-organizational relationships between divestor and buyer lead to higher propensity of divestiture deal between two parties due to partner-specific knowledge during pre-divestiture period. Secondly, I examine the propensity of inter-organizational relationships’ creation between parties in post-divestiture period to divested resource characteristics, and more precisely to a level of divested business relatedness to remaining operations.

Du bateau de plaisance en fin de vie à l’habitat insolite pour tourisme éco-responsable. La co-création de valeurs soutenables par le réemploi en économie circulaire

La communication porte sur la naissance récente de deux filières de traitement de bateaux de
plaisance en fin de vie et, plus particulièrement, sur celle qui les réemploie, entre autres, en
tant qu’habitats insolites pour tourisme éco-responsable. L’entreprise créée pour développer
cette offre a adopté un modèle d’affaires circulaire d’allongement de la durée de vie du
produit. Une étude de cas unique montre comment l’entreprise et ses parties prenantes ont su, à partir d’épaves sans valeur, créer, délivrer et capturer des valeurs soutenables (économiques,
environnementales et sociales) via le réemploi de ces bateaux et comment elles traquent
toujours des valeurs non capturées pour les transformer en opportunités de valeur pour ellesmêmes et pour le territoire. La communication apporte des contributions théoriques sur la cocréation de valeurs soutenables et sur les modèles d’affaires circulaires d’allongement de la
durée de vie des produits. Le cas empirique présenté, exemplaire et inédit, est susceptible de
motiver des entreprises à s’engager dans la transition vers l’économie circulaire. Une
terminologie et des outils de gestion opérationnels sont proposés et combinés à cette fin (carte des valeurs soutenables, options de rétention de la valeur).

Les pratiques d’expérimentation d’affaires au sein des équipes marketing

Cette recherche vise à présenter l’expérimentation d’affaires telle que pratiquée au sein des équipes marketing. En effet, cette pratique se diffuse rapidement au sein des organisations. Ce phénomène est notamment favorisé par la transformation numérique en cours des organisations. L’intérêt premier de cette pratique pour les organisations est qu’elle contribue à leur effort d’innovation. Au-delà de ce premier bénéfice, cette pratique peut permettre aux organisations d’accéder à des apprentissages multiples, que ce soit sur la génération d’autres opportunités d’innovation, sur les processus de mise en œuvre de l’expérimentation ou sur la gestion de la montée en compétences des équipes, que ce soit sur les pratiques ou dans leurs capacités à apprendre. De façon à mieux comprendre l’expérimentation d’affaires, nous présentons tout d’abord les pratiques suivies par les organisations au sein des équipes marketing. Nous proposons ensuite une typologie des pratiques d’expérimentation d’affaires qui apporte une grille de lecture tenant compte de l’apprentissage associé ainsi que du périmètre de l’expérimentation. Enfin, grâce à des entretiens menés auprès de praticiens, après avoir conduit une analyse qualitative thématique, une taxonomie émerge empiriquement, qui permet de rendre compte de la diversité des pratiques et des enjeux associés. Notre contribution réside dans l’apport d’une typologie conceptuelle et d’une taxonomie managériale. La typologie est basée sur les concepts d’itération et de périmètre et permet de catégoriser les différents cas d’expérimentation d’affaires relevés. Cela permet aussi d’enrichir le concept de capacité marketing adaptative de Day (2011) en mettant en évidence que cette capacité conjugue itération et périmètre organisationnel. Notre contribution managériale consiste dans la proposition d’une taxonomie qui permet d’illustrer empiriquement les capacités marketing adaptatives. Nous proposons une décomposition de cette capacité marketing adaptative en quatre sous-types. Nous définissons ce qu’est une pratique d’expérimentation (avec ou sans co-création) et ce qu’elle n’est pas (une expérience). Par ailleurs, nous mettons en avant des modes d’expérimentation qui vont chacun répondre à des enjeux différents, que ce soit la création d’une dynamique organisationnelle pour l’expérimentation ou dans la recherche d’un alignement entre l’organisation et ses clients, pour l’expérience.

Organizing solidarity in public space: Non-Profit Organizations' practices towards the homeless

How does an organization organize in public that it neither owns nor controls? If the vast majority of studies on space and organizations focus on private and closed spaces - head offices, open spaces, co-working spaces, third places, liminal spaces, etc. - they under-analyse the question of organizing in public space.
I intend to address this question through a study of Non-Profit organizations (NPOs) helping the homeless people in public space. When NPOs set up a solidarity action, they are confronted with excesses, violence and conflicts that can happen quickly. I study these NPO and how, through their practices, they manage to fulfil their mission while trying to preserve the safety of their volunteers and maintain a certain control over the space.
This paper analyses the temporality and the strong emotional work involved with solidarity action. It contributes to the literature by demonstrating how socio-material and bodily practices of volunteers produce boundary and mobility, essential to the organizing of the NPOs, and how these practices create organizational spaces in public space. Finally, the discussion explores the roles of boundary work and mobility in organizing in public space.

Against « shared values »: Towards an inclusive definition of Organizational Culture valuing gaps and deviations

This article questions the powerful call to conformity that hides behind the simple and apparently humanistic idea of “shared values” within contemporary organizations, as well as the tacit modalities that, in managerial discourse, determine a member’s “belonging” to his or her company, his or her loyalty to the organization.
We ask the following question: might it be possible to envisage an alternative concept to that of organizational values, one that would allow organizational culture in management sciences to be thought of in terms that are inclusive, pluralistic, reflexive and performative? This paper argues that the philosophy of François Jullien can prove particularly fruitful for rethinking the way we construe organizational culture in management.
Jullien (2008, 2012, 2016) uses the philosophical concept of cultural resources to challenge totalizing academic and political discourses wherein national culture and identity are reduced to a sum of “shared values”. The notion of cultural resource has both an intellectual and a political background. For example, Jullien (2016) uses it as a response to former French president, Nicolas Sarkozy, who claimed to defend the roots, culture and national identity of France in these terms: “The moment you become French, your ancestors are the Gauls.”
This article attempts to provide researchers, employees and reflexive managers with a critical and performative approach to organizational culture. An approach which values what Jullien calls cultural gaps, enabling members of a given culture/organization to challenge/deviate from the implicit norms, thereby fostering their existential capacity. Valuing gaps and deviations as positive and creative by no longer turning them into elements of exclusion of « poorly acculturated » subjects, but, on the contrary, into a fruitful ingredient of the collective future, effectively summons the “members” of an organization, to develop their existential capacity and to belong to the group not only by conformity but also by disadherence. (Jullien, 2016: 61).
From a theoretical standpoint, harnessing the concept of cultural resources in organization theory also enables us to eschew a limitation at the heart of Critical Studies on Organizational Culture (CSOC). In this regard, we suggest that the concept of cultural resources offers the possibility of developing a CSOC approach which is more in line with recent proposals on critical performativity, especially in favor of alternative organizations (Parker and Parker, 2017).

Inclusion à l’horizon ! Leçons de la création d’un équipage de course au large hors-norme.

Malgré sa promotion dans les organisations et dans la société plus largement, l’inclusion reste un sujet méconnu ou mal connu des praticiens, et un objet de recherche délaissé par les sciences de gestion. En tant que chercheurs en stratégie, nous proposons de contribuer à mieux comprendre comment créer des organisations plus inclusives. L’association Team Jolokia, reconnue pour ses pratiques génératrices d’inclusion offre un cas atypique et riche d’enseignements. Notre étude permet de comprendre que l’inclusion ne peut exister que si elle est insufflée dès l’étape de sélection des ressources humaines. Elle ne se résume pas à un ensemble de pratiques à mettre en œuvre une fois que les ressources humaines ont été recrutées et groupées en équipes de travail, mais résulte d’un processus dynamique mis en place bien plus en amont. Construire des organisations inclusives suppose donc de repenser certaines pratiques liées aux ressources humaines, et notamment celles concernant le recrutement. Notre recherche menée dans une approche inductive, nous permet de proposer un modèle de recrutement contribuant à la création d’une organisation inclusive. Ce processus de recrutement inclusif crée les bases d’une organisation inclusive en favorisant la reconnaissance de l’unicité des candidats, et l’émergence d’un sentiment d’appartenance chez les futurs collaborateurs. L’inférence et l’actualisation des potentiels technique et inclusif des ressources humaines reposent sur des pratiques qui contribuent à développer et entretenir une culture inclusive et qui s’apparentent à des pratiques de « resourcing » (Felman et Worline, 2011). Changer de perspective stratégique concernant les ressources se révèle alors un préalable à la création d’organisations inclusives : l’inclusion nécessite de penser les individus non pas comme des ressources aux caractéristiques définies, mais comme des actifs potentiels à « ressourcer ».

La chute de Kodak : une affaire classée ?

Sous l’impulsion des travaux de Clayton Christensen (1997, 2003), le concept de « Disruption » a suscité en quelques années un nombre important de travaux en management stratégique. Ses dangers pour les acteurs installés et ses effets sur la concurrence entre firmes paraissent aujourd’hui établis. Une référence incontournable s’est imposée à ceux qui veulent décrire et expliquer le mécanisme de disruption : Kodak. Le cas paraît idéal. Il semble en effet contenir tous les ingrédients de la disruption telle que Christensen a pu la décrire : un leader installé réputé invincible, une rupture technologique propice à l’arrivée de nouveaux entrants, un modèle d’affaires qui est balayé en quelques années.
Mais les jugements sévères que l’on porte aux dirigeants du géant déchu de Rochester résistent-ils à l’épreuve des faits ? Notre objectif est ainsi de tester la robustesse d’une thèse qui est très largement partagée par les chercheurs et le grand-public. En procédant à une analyse fouillée du contexte, des événements, des décisions prises par les dirigeants et des prises de position des acteurs concernés par le virage technologique, nous souhaitons tester la robustesse des analyses proposées de la chute du géant de Rochester.
La première partie de l’article permet de revenir sur la théorie de la disruption et sur les explications de la faillite de Kodak qu’offrent les chercheurs qui la mobilise. La deuxième partie présente le dispositif méthodologique. Nous avons procédé à une analyse systématique des annonces, communiqués et articles publiés sur la firme entre septembre 2003 et janvier 2012. La première date est celle de l’annonce par les dirigeants d’un plan stratégique d’envergure en faveur du numérique. La seconde correspond à la demande de mise sous protection du chapitre 11 de la loi des Etats-Unis relative aux faillites. Les données collectées permettent de détailler le contexte dans lequel évoluait la direction de Kodak en 2003, d’établir une chronologie détaillée et de réaliser un diagnostic de la situation de Kodak sans les dangers de la rationalisation a posteriori. Un dispositif pédagogique a ensuite été mis en place pour tester certaines conclusions qui apparaissaient au cours de l’analyse. Ce dispositif a été utilisé trois années consécutives devant un public de formation continue suivant un cours de stratégie dans un programme de niveau 2ème année de Master (Type MAE/MBA) suivi par des salariés occupant des fonctions d’encadrement.
La troisième partie est dédiée aux résultats. Notre travail incite à relativiser l’affirmation selon laquelle le déclin de Kodak s’explique par un mécanisme de disruption. Notre analyse met en évidence le rôle joué par les actionnaires dans le refus du plan initial et le développement d’une « stratégie de transition » qui devait permettre d’exploiter encore le modèle d’affaires historique autour de l’argentique.
Ces résultats font l’objet d’une discussion dans une quatrième et dernière partie. Deux points sont abordés. Tout d’abord, l’analyse nous montre l’importance de prendre en compte les questions de gouvernance, et plus largement la dimension politique de la stratégie d’entreprise, des aspects rarement abordés dans les travaux sur la disruption, en particulier dans l’analyse du cas Kodak. Ensuite, cette relecture du cas Kodak doit nous inciter à la prudence dans l’utilisation « de cas d’écoles » pour illustrer ou renforcer des approches théoriques.

Fostering Skills for the 21st century Entrepreur: The Role of Makerspaces

Based on a study of a network of fab labs and makerspaces, this article investigates the role that such ‘fabrication spaces’ can play in fostering 21st century skills. Using a combination of the two main 21st century skills frameworks—DigComp and EntreComp—developed by the EU Commission, we study by the means of two combined qualitative research methods—semi-structured interviews of 13 fab lab/makerspace founders, followed by a focus group with founders and policymaker—the entrepreneurial and digital skills that are fostered by these fab labs and makerspaces. Our results are that while fab labs and makerspaces naturally foster some entrepreneurial 21st century skills, covering the whole range of those skills necessitates to proactively develop specific activities, which might require specific support policies, as fab labs and makerspaces may not have, themselves the required skills. In regard to technical skills, fab labs and makerspaces enable to develop skills beyond what is generally considered as 21st century digital skills, because they combine digital skills with hands-on ‘making’ skills, since they are themselves mixed environment, both digital and physical. Consequently, the growing importance of ‘maker technologies’ may force to redefine what 21st century skills should be.

GOUVERNANCE ET PERFORMANCE DES ALLIANCES STRATEGIQUES EN AFRIQUE : UNE PERSPECTIVE INSTITUTIONNELLE

L’objectif de cet article est d’approfondir les réflexions sur la perspective institutionnelle de la gouvernance des alliances stratégiques interentreprises en contexte africain. Nos réflexions mettent en relief une typologie des institutions informelles africaines. Nous défendons l’idée que les interactions des institutions africaines déterminent le choix pertinent des mécanismes de gouvernance des alliances interentreprises. Dans les environnements institutionnels africains, la réussite des alliances stratégiques est tributaire des interactions différenciées entre contrat, confiance institutionnelle, confiance interpersonnelle et confiance inter-organisationnelle. Cet article apporte dans le champ du management stratégique, des contributions théorique et managériale de l’approche institutionnelle de la gouvernance des alliances stratégiques des entreprises en Afrique.

Saisir et étudier le strategizing : Des épisodes stratégiques aux épreuves stratégiques

Les travaux du courant strategy as practice se sont développés depuis la fin des années 1990. Au cœur de cette approche se trouve explicitement la notion d’épisodes stratégiques proposée en 2003 par Hendry et Seidl à partir des travaux de Luhmann sur les systèmes sociaux. Un épisode stratégique est un moment particulier où les acteurs de l’organisation suspendent leurs routines opérationnelles pour s’engager dans une activité stratégique. Les épisodes comme lieu privilégié de strategizing produisent ainsi une vision épisodique de la fabrication de la stratégie. Dans ce papier, nous proposons d’interroger cette vision et notamment ce qu’elle ne permet pas de saisir. A partir des travaux théoriques et empiriques disponibles, nous identifions les apports et limites de la notion d’épisode stratégique : si elle est utile pour appréhender le strategizing collectif, formel et délibéré, son format actuel rend difficile l’étude du travail stratégique individuel, informel et émergent. Pour représenter de façon plus complète la façon dont la stratégie est effectivement fabriquée au sein des organisations, nous proposons d’assouplir les critères permettant d’identifier les épisodes stratégiques et de les inscrire au sein d’un questionnement plus global autour des épreuves stratégiques. Ces épreuves stratégiques sont les défis qui engagent la survie de l’organisation et sa capacité à générer et à capter de la valeur, à créer et/ou maintenir un avantage concurrentiel. Elles donnent naissance à des séquences de strategizing composées d’épisodes de diverse nature et qui permettent l’affrontement-résolution des épreuves. L’identification et l’analyse des épreuves stratégiques permettent ainsi d’étudier des séquences de strategizing en incluant toute une gamme d’épisodes au sens large et qui permettent de sortir de l’ombre des moments clés de fabrique de la stratégie non appréhendables comme tels si l’on s’en tient la définition stricte des épisodes de Hendry et Seidl (2003). Une implication de ce papier est de repenser le processus stratégique non uniquement comme flux d’un ongoing strategizing mais comme gestion d’un flux d’épreuves stratégiques qui ponctuent et structurent ce processus.

Les méta-organisations peuvent-elles soutenir la créativité des organisations culturelles et créatives ?

Dans cet article, nous analysons comment le caractère paradoxal des méta-organisations peut être de nature à favoriser la créativité d’organisations culturelles et créatives. Grâce à l’étude d’une friche culturelle, nous montrons par le biais de trois propositions de recherche – portant sur les questions de ressources, d’autonomie et de réputation – que les méta-organisations sont un organizing adéquat pour les organisations créatives et culturelles. La méta-organisation assure à la fois un apport de ressources vitales à la production créative, l’autonomie nécessaire pour que la créativité puisse s’exprimer, et un gain en légitimité pour ses membres par le biais de sa réputation créative. L’étude de cas réalisée met en outre en évidence que la dimension stratégique de la méta-organisation via le projet collectif et l’identité partagée joue un rôle bien plus important que la dimension structurelle via la gouvernance et les règles, pour en assurer la pérennité.

Transfert inter-organisationnel de connaissances issues d’enquêtes d’accident du travail et prise en charge de la santé et de la sécurité du travail

Problématique
Les accidents du travail mortels ou graves survenus au Québec donnent lieu à des enquêtes menées par l’organisme de gestion du régime de santé et sécurité au travail (SST). Après avoir identifié les faits accidentels, décrit les conséquences et analysé les causes, cet organisme transmet un certain nombre d’exigences et/ou de recommandations destinées à corriger les situations dangereuses à l’origine de ces accidents. Ce processus revêt les caractéristiques d’un transfert inter-organisationnel de connaissances au sens de plusieurs spécialistes notamment Slaughter et Kirsch (2006) ainsi que Ko et coll. (2005). Ce transfert inter-organisationnel de connaissances vise notamment à favoriser une bonne prise en charge de la santé et de la sécurité du travail au sein des entreprises par les employeurs et les travailleurs ou leurs représentants.
Objectifs
La recherche a pour objectif d’analyser les effets de la mise en œuvre des connaissances transférées sur la prise en charge de la santé et de la sécurité du travail par les milieux de travail. Plus spécifiquement, la recherche vise à vérifier l’influence de l’application des connaissances transférées, d’une part, sur la conformité des milieux du travail et, d’autre part, sur l’implication des travailleurs à la gestion de la SST.
Méthodologie
L’étude a adopté une méthode de recherche descriptive, à la fois quantitative et corrélationnelle. L’instrument de collecte de données utilisé est un questionnaire en ligne. Il a été rempli, de manière complète ou partielle, par 83 entreprises sur les 97 qui avaient accepté de prendre part à la recherche. Soit un taux global de participation de 85,5%. Le Gamma de Goodman et Kruskal (γ) est utilisé pour analyser les éventuelles relations d’association entre les variables étudiées.
Résultats
Les résultats montrent que 88% des entreprises participantes ont appliqué entre 75% et 100% des connaissances reçues dans le cadre du transfert inter-organisationnel opéré au terme des enquêtes consécutives aux accidents du travail mortels ou graves survenus. Les résultats obtenus, après calcul du γ de Goodman & Kruskal, montrent que l’application des connaissances transférées est associée (de modérée à parfaite) à toutes les variables qui ont servi à mesurer la prise en charge de la SST (participation des travailleurs, organisation de la prévention, formation et information en SST, etc.).

A theory of organization as decision

This paper develops the bases for a theory of organization as decision. Few approaches, like sociological system theory, partial and meta-organization or organizationality, share the assumption that decisions are a central component of organizations. However, organization studies still fail to fully account for the role of decision in the emergence and continuation of organization. Yet, while pre-modern societies could rely on institutionalized orders in the form of traditions and authorities, contemporary world rests on a myriad of decisions to cope with societal complexities. We develop an integrated framework of Organization as Decision Theory (ODT) where we articulate several concepts of organization theory, thus presenting organization as both a system of decision and a decided social order.

Réussir le développement d’un projet culturel pour renforcer l’attractivité d’un territoire de montagne

Le territoire peut s’appréhender comme un espace stratégique où le projet est utilisé comme un instrument fédérant les acteurs autour d’une vision et des objectifs opérationnels communs (Lauriol, Perret et Tannery, 2008). Le développement de projets culturels de territoire apparait comme un mode de différenciation et d’accroissement de l’attractivité pertinent (Boquet, 1996 ; Giband, 1998, Plaza 2000). Bien que certains auteurs aient souligné l’importance de l’ancrage territorial et de la gestion démocratique des projets culturels des territoires (Arnaud, Soldo et Keramidas 2012 ; Bazin, 2013 ; Kosianski et Soldo 2014 ; Arnaud et Soldo, 2015 ; Soldo, 2018), les conditions de réussite semblent être différentes selon qu’il s’agisse de territoires urbains ou ruraux, or ces derniers restent encore peu étudiés (Delfosse, 2015 ; Férérole, 2017). De ce fait, une meilleure compréhension du développement des projets culturels de territoires ruraux est cruciale afin de fixer de grandes orientations stratégiques et managériales pour les territoires. C’est pourquoi cet article se propose de comprendre le processus de développement d’un projet culturel de territoire rural à partir de l’étude des cas de la VIAPAC et du festival Horizons-Arts Nature, en cherchant à identifier des modalités managériales à l’œuvre. Il en ressort que le développement de projet culturel de territoire est un processus complexe qui nécessite la mobilisation d’un large écosystème d’acteurs aux ressources et compétences variées. L’analyse des résultats révèle trois éléments centraux pour réussir le développement d’un projet culturel dans la perspective de renforcer l’attractivité d’un territoire de montagne : la gestion démocratique du projet, la valorisation artistique des spécificités du territoire et le croisement d’activités sportives avec les activités culturelles.

Des origines comptables de la financiarisation : Une lecture à la Bryer d’une faillite industrielle de la fin des années 1980

Dans cet article, nous nous intéressons à la manière dont la technique et les pratiques comptables du début des années 1980, ont pu favoriser une acception financière de la valeur dans nos sociétés. A partir de l’étude d’un cas historique, la faillite d’une grande entreprise industrielle française, Manufrance, entre 1979 et 1985, nous suggérons que le modèle comptable traditionnel a pu favoriser les parties prenantes financières alors même qu’il ne leur était pas en principe favorable. Nous suggérons ainsi que l’analyse des faillites caractéristiques de la désindustrialisation de nos économies, peut contribuer à éclairer les caractéristiques et la dynamique du capitalisme financier. En particulier, nos résultats invitent à réfléchir à la manière dont il est ou non possible de résister à la financiarisation aujourd’hui. Si cette dernière semble souvent une force descendante, nous montrons qu’elle s’appuie aussi sur une redéfinition et une transfiguration de la valeur qui ne sont ni inéluctables, ni irréversibles.

Let’s Play with Trash: How Gamification Contributed to the Bottom-Up Institutionalization of Zero Waste Practices

The microfoundational turn in institutional theory has focused on how mechanisms of institutionalization at different levels of analysis are intertwined. However, how social actors can more specifically incentivize and motivate individuals to engage in a new practice, ultimately triggering institutionalization, remains to be studied. From individual engagement to institutionalization, trickling-up mechanisms from micro- to macrolevels of practice engagement are not fully understood. To empirically address those questions, we investigate, across eight local communities, how authorities convinced households to adopt innovative waste management practices using gamification—the application of game principles to nongaming contexts. We draw on rich longitudinal qualitative material including interviews, observation, and secondary data, to give voices to multiple stakeholders. Our empirical design includes a variety of stakeholders: from those who promote the practice, to those who engage with it. We inductively build a multilevel model explaining how gamification can lead, from the bottom up, to the institutionalization of new practices. We flesh out the role of game mechanics in pushing individuals to adopt and spread the practice through their groups and communities and become themselves advocates of the emerging institution.

C’est la « Fête du Slip » ! Quand un festival de pornographie alternative influence un champ organisationnel

Les événements configurateurs de champ (« field configuring event », FCE) sont des événements qui, en rassemblant temporairement divers acteurs et organisations, ont l’intention de construire un champ organisationnel. La littérature portant sur les FCE indique ainsi que les événements ne sont pas seulement des « places de marché temporaires » mais peuvent également être appréhendés comme des espaces de structuration et de légitimation des contenus et acteurs innovants au sein desquels se crée une hiérarchie. Il existe en effet des événements dominants au centre du champ, « strong field mandate », et des événements périphériques en marge du champ, « weak field mandate ». La littérature existante reste concentrée sur les événements « strong field mandate » au centre du champ et suggère ainsi que pour influencer un champ, un événement doit partager une vision commune avec les acteurs dominants et disposer d’une réputation et légitimité auprès de ces derniers. La question se pose alors de savoir comment un événement périphérique de type « weak field mandate » peut influencer un champ, sans pour autant y occuper une place centrale. À travers l’étude de cas unique d’un festival de pornographie alternative, en marge du champ, « la Fête du Slip », nous montrons que l’évènement périphérique peut tout de même influencer un champ organisationnel, ici celui de la pornographie, en structurant ses parties prenantes en communautés, et en développant une forme de légitimité au sein de son champ, mais également au sein de champs interdisciplinaires connexes.

Legitimacy Work in Organizations: Securing the Existence of a Novel Change Agency Unit

We report the results of a longitudinal case study depicting how a novel change agency unit justifies its existence in the politically adverse context of a major French administration. We explore how and with what effects this new unit engages in “legitimacy work” to establish its mission and secure its survival within the organization. Adopting a dynamic perspective focusing on how actions of legitimacy seekers and judgements of legitimacy granters play out over time, we offer a cyclical process model of legitimacy work. We identify a set of seven legitimacy work practices that the new unit engages in according to its interpretations of the challenges it faces. Our study develops insight on the legitimation process of an internal change agency unit by highlighting three “paradoxes of legitimacy work”: the self-promotion paradox, the outside-out paradox and the appropriation paradox.

Dans les coulisses des PME en hypercroissance : le rôle des ressources et de leurs combinaisons

Cet article s’attache à examiner d’une part les différentes combinaisons de ressources clés qui permettent aux PME françaises d’arriver à l’hypercroissance et d’autre part la relation de ces combinaisons avec les différentes stratégies de l’entrepreneur (stratégies de rentabilité ou de croissance). Pour se faire, la théorie des ressources a été mobilisée.
Les résultats de l’analyse qualitative, menée auprès de huit PME en hypercroissance, montrent que selon la stratégie de croissance choisie par l’entrepreneur, toutes les ressources clés ne sont pas mobilisées de la même manière.

Identifier et résoudre les dilemmes de la Stratégie Ouverte (SO) : les apports d’une recherche intervention

Les travaux de recherche sur la Stratégie Ouverte (SO) étant balbutiants, cette recherche analyse les dilemmes découlant de l’augmentation de l’inclusion et de la transparence dans la démarche d’analyse et de réflexion stratégique. Durant près d’un an, les chercheurs ont accompagné les dirigeants et les 40 collaborateurs d’une ETI dans l’ensemble des étapes d’élaboration et de formulation de leur plan stratégique en mode ouvert et éminemment participatif. Cette position privilégiée pour observer un phénomène organisationnel classiquement confidentiel permet d’identifier, en mobilisant le cadre théorique de Hautz et al. (2017), les principales difficultés qui jalonnent une démarche de Stratégie Ouverte (SO). Outre l’identification de ces dilemmes, les résultats de cette recherche développent plusieurs contributions. Ils apportent une vision empirique, dynamique et ingénierique de la SO, dont les implications sont concrètes. Cette recherche permet aux managers d’être alertés sur les risques de la SO et sur leurs moments précis d’apparition. Elle développe surtout des solutions pratiques pour les anticiper et les éviter, par la mobilisation de dispositifs méthodologiques et de règles gestionnaires déjà expérimentés auprès des différents acteurs de la démarche SO dans l’ETI observée.

Le travail institutionnel des accélérateurs corporate : stratégies d’émergence et d’institutionnalisation

Au sein de l’écosystème entrepreneurial, on observe l’émergence de nouvelles initiatives, comme la French Tech, ou de nouveaux acteurs, comme les accélérateurs corporate, et pour lesquels les études demeurent limitées. En effet, les études en entrepreneuriat se sont intéressées aux niveau macro et méso en laissant de côté les stratégies qui pouvaient être mises en œuvre par les acteurs au micro-niveau. Nous proposons de définir les accélérateurs corporate comme des micro-écosystèmes c’est-à-dire des systèmes localisés, ouverts et en interaction avec l’écosystème entrepreneurial, portés par des acteurs ou des groupes d’acteurs capables de favoriser une dynamique d’innovation et d’entrepreneuriat. Cette communication vise à mieux comprendre les stratégies d’émergence et d’institutionnalisation de ces nouveaux acteurs. Pour cela, nous proposons de nous appuyer sur le concept de travail institutionnel qui fait référence aux actions mises en œuvre pour créer, maintenir ou déstabiliser des institutions. A partir d’une approche écosystémique de nature qualitative, nous avons conduit une étude de cas étendue auprès d’une accélérateur corporate porté par une grande entreprise établie. Les résultats révèlent que le processus d'émergence et d'institutionnalisation de l'accélérateur corporate est le fruit d'un travail institutionnel politique, technique et culturel effectué aux niveaux macro, méso et micro. Ils montrent notamment la nature multi-niveau du processus par la mise en lumière des interactions au sein de l’écosystème entrepreneurial.

Ce que l’on reproche aux sciences de gestion. Une synthèse des critiques adressées à notre discipline.

L’objectif de cet article est d’offrir une synthèse des critiques adressées aux sciences de gestion. Pour ce faire, nous proposons un cadre conceptuel qui permet de rassembler ces critiques. Nous passons ensuite ces dernières en revue en présentant leur nature, leur historique, ainsi que leurs conséquences. Ce panorama nous permet finalement de distinguer les critiques qui ont trouvé réponse de celles qui restent encore vives, et nous amène à formuler des recommandations pour notre discipline, en matière de production de connaissances comme en matière d’évaluation de la recherche.

Co-évolution durant la création des méta-organisations multi-parties prenantes : influence sur les enjeux sociaux de territoire

Cinq ans après la volonté inscrite dans la loi de développer des Pôles Territoriaux de Coopération Economique (PTCE), nous cherchons à valider l’ambition politique des PTCE de favoriser et contribuer au développement local durable. Par l’observation des processus de création des méta-organisations multi-parties prenantes (MO MPP) (Ahrne & Brunsson, 2008 ; Berkowitz & Dumez, 2015), nous cherchons à mettre en évidence les effets de création des PTCE sur l’accélération du développement local durable dans les territoires concernés. De ce fait, la question de recherche de cette contribution est la suivante : En quoi le processus de création des méta-organisations multi-parties prenantes affecte la réponse aux enjeux sociaux de territoire ? L’article présente une étude de cas encastrée (Yin, 2009) sur le territoire régional des Hauts-de-France. La collecte des données est basée sur une étude multi-niveaux comprenant l’environnement institutionnel et de réseaux, les méta-organisations, et les organisations multi-parties prenantes. Par l’analyse des effets de co-évolution (Child et al., 2012 ; Jones, 2001 ; Lewin & Volberda, 1999) dans le processus de création des MO MPP au sein du territoire, nous mettons en évidence l'influence croisée des organisations, méta-organisations et environnement. Cette inter-influence en triptyque est même facilitée par le processus de création de la MO MPP. L’article contribue ainsi à révéler que les processus de co-évolution multiples influent sur la prise de conscience, la diffusion et le développement de réponses aux besoins sociaux de territoire. Cet article met également en évidence que le triptyque de co-évolution facilite la création de la MO MPP par le développement progressif de similarités entre les organisations parties prenantes ainsi que la mise en place d’un environnement facilitant.

Quand les femmes entrepreneures des quartiers génèrent de l’inclusion sur leur territoire

Générer l’inclusion sociale sur un territoire est un défi. Cette recherche propose de mobiliser le concept des capabilités pour questionner l’entrepreneuriat des femmes en tant que levier d’inclusion sociale dans les quartiers.
L’analyse d’une expérimentation sociale au sein de la Cité des 4000 à la Courneuve offre l’opportunité de questionner la problématique suivante : En quoi l’entrepreneuriat des femmes des quartiers peut-il générer de l’inclusion sur un territoire ?
Depuis 2013, une posture méthodologique sensible a été déployée pour comprendre les parcours entrepreneuriaux des femmes dans les quartiers dits politique de la ville. Leurs chemins de vie et ce qui les poussent à entreprendre sont retracés. Ils montrent des capabilités liées à l’environnement et des capabilités liées à elles-mêmes. Ces éléments font émerger l’influence du territoire et ses propres capabilités. La question de la granularité de l’étude du territoire se pose comme une clé pour étudier et lire l’inclusion sociale.

Behind the use of medical facilities, the influence of subjective geographic proximity: a quantitative measuring

The recent interest in Organization Studies towards spatial issues tends to neglect analyzing users, consumers or citizens experiences of proximity. Focusing on this perspective helps to better adapt organizations to their expectations as well as actual or future practices. Our paper addresses this gap by analyzing how inhabitants in an urban area “live” the proximity to reach the hospital when they have the choice between two similar facilities located at similar distance. Quantifying individual patterns in a situation of comparable choice offers the opportunity to measure the relevant variables that ultimately play a role in users’ daily experience of proximity. Our research is based on a real case exploiting mass data in an urban area. We reveal that subjective proximity depends from two main variables: poverty conditions and the boundaries defining people’s activities. This research provides managerial contributions in the field of health economy as well as theoretical contributions on the extent to which space matters for users in public activities, revisiting the role of proximities, between subjectivity, contexts and boundaries.

Seeing, being seen and making visible: Strategy work of first line managers

First-line managers (FLM) are understudied actor in the management literature. Their strategy work, particularly, has not been studied as FLM as usually seen as only responsible for operational implementation. Departing from a narrow vision of FLM we study their strategy work adopting a practice lens. Our study particularly highlights the multimodal feature of FLM strategy work and its specificity, namely material, bodily and visual aspects and their related ongoing assemblage. Contrasting research studying managers’ discursive and cognitive practices, we highlight visual practices (seeing, being seen, making visible) actively shaping FLM strategizing. Such strategizing is embedded in the socio-material features of FLM working environment, making it hardly transferable from one managerial position to another.

L’innovation managériale à l’épreuve des tensions paradoxales de son adoption

Bien que grandissante, la littérature sur les paradoxes de l’innovation conçoit plus l’innovation comme un résultat, que comme un processus composé d’une succession, quelquefois paradoxale, d’actions/interactions. Ceci conduit à une vision parcellaire des tensions liées à l’innovation et à son adoption, qui (1) n’intègre que rarement la multiplicité des niveaux hiérarchiques impliqués, (2) néglige les actions et interactions construisant les différentes étapes du processus, et (3) n’interroge pas l’éventuelle spécificité de ces tensions dans le cadre d’une innovation managériale. Dans cet article, nous cherchons à dépasser ses limites en appréhendant les tensions et les paradoxes par les pratiques. Notre objectif est de comprendre les tensions paradoxales à l’œuvre au cours du processus d’adoption de l’innovation managériale et associées aux pratiques des différents acteurs impliqués. Pour ce faire, nous optons pour une approche qualitative et étudions le cas d’une entreprise du secteur énergétique ayant décidé l’adoption d’une innovation managériale, en combinant trois méthodes d’accès au terrain : observation non participante, entretiens semi-directifs et analyse documentaire. Des paradoxes d’apprentissage, d’identité, de performance et d’organisation apparaissent durant les trois phases (initiation, décision et implémentation) du processus d’adoption de l’innovation managériale que nous analysons De plus, les trois niveaux hiérarchiques étudiés (Top-Managers, Middle-Managers et employés) participent à la construction de tensions paradoxales, non seulement « intra » niveau, mais aussi entre niveaux hiérarchiques. Enfin, des tensions émergent entre différentes catégories de paradoxes. Par ces résultats, nous contribuons à enrichir la littérature sur les paradoxes de l’innovation, d’abord, en localisant ceux-ci (dans le temps et dans l’espace), ensuite en éclairant l’origine des difficultés à l’adoption de l’innovation managériale.

Raising awareness about paradoxes: the case of a participatory device facing social innovation tensions

This research deals with organizational tensions linked to the emergence of social innovation projects since they are useful in understanding complex organizational phenomena, particularly in a social enterprise context (Bouchard & Michaud, 2015). Based on the creativity traits of social innovation and entrepreneurship this article aims to fill two gaps related to the need for a better understanding of the origins and setup of paradoxical tensions at the starting point of multi-stakeholder ventures. Thus, through this work we focus on tensions at the inter-organizational level in order to better integrate some characteristics of social enterprises, such as a strong anchorage in their territory and their interdependence with a set of stakeholders in order to insist on the open and collective natures of social innovation (Harrisson & Vézina, 2006; Muller & Tanguy, 2018). In addition, most of the paradox studies seek to bring new strategies to cope with paradox or take advantage of it, we want to go more upstream and grasp the origins of tensions. In other words, we promote the acknowledgement of tensions from the very beginning of entrepreneurial projects to prevent disconnection between the core features of social innovation project and the paradoxical situation the leaders will face during its development.
Through the case study of a participatory device, a call for project, promoting collective ventures by integrating multiple interests, this work aims 1) to increase the knowledge about the emergence phase of social ventures in order to understand how tensions are created at this point, 2) to highlight the mediating role of non-humans in the studied ventures. The data collection strategy mobilizes documentary resources, interviews and observations with different stakeholders impacted by the device intervention.
The results show an unprecedented device balancing tensions among stakeholders and prompting entrepreneur’s awareness of paradoxes (applying entrepreneurs were quite heterogeneous regarding their ability to respond performing tensions, and they were challenged to co-construct an inclusive project able to integrate multiple identities). Our study reveals the significance of the performing and belonging tensions from the ideation process, confirming Dufays’s (2017) research on collective entrepreneurship. By focusing on an inter-organizational device we were able to grasp those tensions at multiple levels, confronting tensions related to the device itself and to the project development as experienced by social entrepreneurs, we identified paradoxes within Smith and Lewis’ categorization (2011, 2013).
We discuss the role of managerial device aimed at launching social ventures specifically and how these devices can reveal tensions to entrepreneurs and potentially impact the course of their project development.

DEPLOIEMENT ORGANISATIONNEL DE L’OPEN INNOVATION : ANALYSE COMPAREE DES PROCESSUS D’INSIDE-OUT ET D’OUTSIDE-IN

Cet article s’inscrit dans les théories structurelles de l’innovation. Il contribue à la littérature sur les modalités organisationnelles de l’Open Innovation nécessaire à une meilleure compréhension de ce paradigme (Huizingh, 2010 ; Aloini, 2017). Plus précisément, il s’agit d’étudier les arrangements organisationnels dans le cadre de l’inside-out et de l’outside-in, qui sont les deux processus clefs d’ouverture reconnus. Pour cela il est centré sur des études de cas rendant compte de ces deux processus et d’un degré de maturité distinct de leur mise en œuvre. Les résultats, à forte portée managériale, montrent l’existence de modalités organisationnelles dédiées à chacun de ces processus mais aussi des caractéristiques communes qui invitent à penser le déploiement de l’inside-out et de l’outside-in dans une logique d’ambidextrie, au-delà des particularités contextuelles.

Justice organisationnelle et succès des projets d’aide publique au développement : rôle médiateur de la cohésion d’équipe

Cette étude tente d’associer la justice organisationnelle et la cohésion d’équipe dans l’explication du succès des projets d’aide publique au développement. L’étude est basée sur des données recueillies par questionnaire auprès de 68 membres d’équipes de projet d’aide publique au développement au Sénégal. Les résultats issus du traitement de ces données sous SPSS montrent d’une part, que la justice organisationnelle (justice distributive et justice procédurale) a une influence directe sur le succès des projets d’aide publique au développement, ces résultats révèlent aussi que la justice organisationnelle influence positivement la cohésion d’équipe. Et d’autre part, ils montrent que la cohésion d’équipe médiatise la relation entre la justice organisationnelle et le succès des projets d’aide publique au développement. Ces résultats mettent en lumière la prise en compte des facteurs comportementaux et relationnels au sein des équipes de projet d’aide publique au développement.

Réguler par l'épreuve : outils de gestion et cogestion sectorielle du cinéma français

Le contexte empirique dans lequel s’inscrit ce travail concerne les changements à l’œuvre dans l’industrie du cinéma français liés à l’impact des NTIC. Nous y étudions la cogestion du secteur, c’est-à-dire la construction collective du processus de régulation entre les professionnels, les organisations les regroupant et le CNC (le Centre National du Cinéma l’Image Animée). Nous nous intéressons aux pratiques de justification et de critique développées par les parties prenantes dans le cadre de débats ayant parcouru l’industrie sur la période 2012 – 2014 et dans l’évolution de l’action du CNC sur la période 2007 – 2017. Nous proposons de représenter le processus de régulation du secteur du cinéma français comme un système d’épreuves légitimes organisées par le CNC visant la répartition des ressources à l’échelle sectorielle, et auquel les acteurs du secteur décident de participer. L’évolution de ces épreuves passe alors par le développement de critiques à leur égard, de la part des acteurs du secteur ou des équipes du CNC. La cogestion sectorielle se construit alors à la fois de manière encadrée (les épreuves sont créées par un acteur particulier) et émergente au travers des activités de critiques des acteurs. Nous y étudions la place des outils de gestion et en particulier celle des indicateurs statistiques.

Pivoting Business Model: a Two-stroke Sensemaking Process

Pivoting business model is a major concern for business ventures that need to bring into line their business model with various constrains and opportunities. This article develops a sensemaking perspective on pivoting business model. We show that pivoting business model unfolds through a two-stroke sensemaking process that sequentially addresses the external and the internal consistency of business model. We provide a model of pivoting business model that stresses that pivoting is not only an iteration of tentative new answer to external expectations, but can also be considered as a cyclical process that continuously re-addresses the external and internal logic of the business venture through interactions with stakeholders.

Le rôle du travail d’écriture dans les dynamiques des communautés occupationnelles : le cas de la correspondance diplomatique.

Résumé : cette communication examine le rôle de l’écriture pour la « communauté occupationnelle » (Van Maanen et Barley, 1984) des diplomates français. A partir d’observations principalement à l’école interne du Ministère des Affaires étrangères -l’Institut Diplomatique et Consulaire, d’entretiens, et l’étude des archives diplomatiques, nous avons pu identifier le rôle de l’écriture diplomatique dans les mécanismes de sélection, de socialisation, de promotion, et de stratification de la communauté. De plus, avoir après identifié le répertoire de genres diplomatiques en usage au sein de la communauté, ainsi que leur articulation entre eux afin d’accomplir des processus organisationnels- appelés « systèmes de genres » (Orlikowski et Yates, 2002), nous avons trouvé que les diplomates eux-mêmes assignent une importance symbolique supérieure à certains genres -notamment le télégramme diplomatique-, que nous appelons « hiérarchie de genres ». Cette hiérarchie de genres reflète la hiérarchie positionnelle au sein de la communauté, et organise les rapports sociaux dans l’accomplissement du travail diplomatique, à travers ce que nous appelons « l’écriture autorisée ». Cette communication contribue à la littérature sur les modes d’organisation des communautés occupationnelles, en mettant en avant le rôle de l’écriture comme pratique, et propose d’appliquer une méthodologie d’analyse issue de la sociolinguistique (Bhatia, 2004, Swales, 1990) à l’analyse des rapports sociaux dans une communauté occupationnelle et dans le travail.

Mise en œuvre de la RSE en Tunisie : Analyse des logiques d’actions dans un contexte post révolution

L’objectif de cette communication est de comprendre les logiques d’actions des acteurs qui agissent dans le cadre de la mise en œuvre de la RSE en Tunisie. Suite à la révolution tunisienne, dite de « la dignité », le pays est passé par une phase de reconfiguration des pouvoirs et des enjeux socio-économiques (Hibou et al, 2011). C’est dans ce contexte que la RSE s’érige comme un concept central susceptible de contribuer à cette reconfiguration de la société à travers ses processus formels ou informels ; obligatoires dans un cadre juridique ou résultant d’initiatives volontaires et ce à tous les niveaux macro social à travers les organismes diffuseurs de RSE ou à un niveau micro en entreprise.
L’ancrage théorique mobilisé repose sur la sociologie des logiques d’actions développée par Bernoux et Herreros (1992) et qui invite à une multipolarité théorique où il s’agit d’y fédérer des concepts issus de plusieurs approches sociologiques contemporaines sur la question du comportement des acteurs immergé dans leur contexte. La notion de contexte est déterminante dans cette étude car, conçue comme dépendante du problème que nous cherchons à résoudre (Boudon, 2013).
L’ancrage épistémologique de la recherche est le constructivisme pragmatique et la méthodologie mobilisée est qualitative consistant en une recherche-intervention durant 18 mois et une monographie portant sur le cas du réseau local Pacte Mondial (PM) Tunisie. Nos unités d’analyses sont les acteurs de ce réseau, le contexte macro social dans lequel ils sont immergés et leurs actions. La technique de collecte de données, outre les entretiens exploratoires informels sur le terrain, consiste en l’observation. L’analyse des données a eu lieu selon une analyse de contenu.
A travers l’analyse selon l’approche de logiques d’actions nous avons pu voir que la RSE est un objet institutionnel puissant véhiculé par divers référentiels, en l’occurrence le PM, dans notre cas. La mise en œuvre de la RSE dans le contexte tunisien, qu’elle soit à une échelle macro, méso ou micro sociale en entreprises, relève de l’action politique qui s’inscrit dans un contexte national post révolution particulier et qui tire sa rationalité et sa légitimité des acteurs qui la portent (Friedberg, 1997), même si pour certaines entreprises l’intérêt de la RSE réside dans sa fonction pragmatique à gérer le quotidien organisationnel. Il n’en demeure pas moins que la RSE est instrumentalisée soit pour être mobilisée dans « une approche fonctionnaliste »; soit pour traduire des relations de pouvoir et des rapports de force dans une interface entreprise-société conçue comme « une véritable arène politique » (Gond, 2010) où elle est l’objet de dynamiques politiques qui questionnent, éventuellement, sur le rôle façade qu’elle peut jouer (Gond et Igalens, 2012). Les sources de pouvoir (Crozier et Friedberg, 1992) des acteurs de ce réseau se situent essentiellement au niveau du capital relationnel et de la compétence de ses membres issus d’univers différents et défendant chacun ses intérêts et ses idéaux.

Donner une place à l’intuition dans la pratique managériale : les tactiques de légitimation des middle managers (résultats intermédiaires)

Dans un monde complexe qui les dépasse en partie, les managers s'attachent quotidiennement à répondre à des stimuli externes et à sans cesse intégrer de nouveaux éléments émergents, non structurés et ambigus. Pour cela ils mobilisent, entre autres et parfois très efficacement, leur intuition. Mais une forme d'injonction sociale à la rationalité pèse également sur eux. Le mythe de la rationalité demeure en effet très fort dans les organisations. Les managers sont ainsi contraints de pratiquer le recours à l'intuition de manière relativement clandestine. Et lorsqu'il s'agit de de faire place à leurs intuitions dans les interactions au sein de l'organisation, ils doivent les rendre socialement acceptables, recevables, par ceux avec lesquels ils interagissent ; il faut qu'ils légitiment leurs intuitions. Le processus de légitimation a déjà fait l'objet de certains travaux, mais la littérature existante s'est essentiellement penchée sur la légitimation d'objets organisationnels. Or, avec l'intuition, les managers doivent légitimer un objet éminemment personnel. Notre étude examine les tactiques qu'ils mobilisent pour cela. Sur la base d'entretiens individuels semi-directifs, nous montrons que certaines des tactiques identifiées pour la légitimation d'objets organisationnels sont aussi mobilisées par les managers pour légitimer leurs intuitions. Cependant, nous montrons aussi que d'autres tactiques complémentaires sont mobilisées par les managers, seules ou en combinaison les unes avec les autres. Par ailleurs nous suggérons que certains facteurs influençant l'intuition exercent également une influence sur la mobilisation des tactiques de légitimation. Avec ces résultats nous contribuons à éclairer un véritable angle mort de la pratique managériale.

LE LEADERSHIP TRANSFORMATIONNEL : MOTEUR D'AGILITÉ ET DE CHANGEMENT RÉUSSI DANS LES ORGANISATIONS PLURALISTES CAMEROUNAISES

Cet article se propose de tester un outil diagnostic de l’agilité organisationnelle dans une de ses dimensions notamment le leadership. Il questionne alors la nature des effets du leadership transformationnel sur la relation entre agilité organisationnelle et succès du changement.
Le cadre théorique mobilisé s’inspire des travaux de Nold et al. (2018) et Nold et Michel (2016), sur le succès du changement. Le succès du changement est selon les construits supposé être la conséquence d’un effet significatif de l’agilité et du leadership transformationnel. Le terrain des organisations publiques faisant l’objet de peu de travaux sur le changement organisationnel, les Universités publiques avec comme principales caractéristiques, une organisation axée sur la connaissance, un pouvoir diffus et des objectifs pourraient enrichir la connaissance dans le champ. Cet article porte ainsi sur un échantillon de 4 Universités au sein desquelles 300 acteurs universitaires ont été approché. Le questionnaire, outil de collecte a permis de récolter les données et procéder aux analyses en composantes principales et par régression multiple.
Les relations établies révèlent à la suite des premières analyses, l’existence d’un effet significatif et négatif du succès en demi-teinte du changement sur l’agilité organisationnelle. Par ailleurs, l’agilité dans sa dimension rapidité n’induit pas le succès du changement.

In peripheral territories we trust for innovation

One of the important issues for a firm concerning innovation management is to think about the best possible location for its R&D centres, in order to be able to better benefit from relevant technological and market resources. While literature provides some critical insights about the interest for a company to be located in an industrial district or a cluster, little is known about other types of territories. However, in order to benefit from strategic resources, firms will sometimes set up in remote and geographically constrained territories. They will both benefit from the resources sought for innovation, but may in return have to manage other types of resources, described as negative. In this article, we therefore mobilize a Resource Based View in order to understand how firms from a same industry take advantage of the portfolio of resources available in a particular territory. More precisely, we pursue two objectives: (1) to identify how companies in the same industry manage the combination of different types of resources (strategic, ordinary and negative ones) in their innovation project ? (2) to understand what are the factors explaining a possible differentiation of their territory’s resources exploitation. Based on a multiple case study, our results show that peripheral regions may have real advantages for innovation, despite their remoteness, as they may possess sticky strategic resources and complementary ordinary resources, efficiently used by local firms. However, in order to make the best use of these strategic resources, firms must be endowed with relevant internal resources. Firms also manage to circumvent the costs generated by the negative resources of the territory, by using access strategies to other territories endowed with the missing strategic resources.

Le cas du dernier dispositif de solidarité en gare, l’irréductible village gaulois ou une forme originale de résistance à l’interface entre l’entreprise et la société.

Nous sommes en 2020, et toutes les gares de France sont gérées sous un seul et unique modèle économique qui les a progressivement transformées en pôles commerciaux où les mêmes enseignes et les mêmes vitrines s’alignent invariablement sous les yeux des voyageurs. Toutes ? Non. En gare de Strasbourg, un dispositif de solidarité semble résister à cette invasion marchande en assurant des missions d’accueil et de prise en charge de la grande pauvreté depuis plus de vingt ans.
Ce texte s’intéresse à cette forme originale de résistance et la façon dont elle s’organise pour se maintenir, alors que les autres dispositifs de ce type ont été fermés ou externalisés au fur et à mesure que les commerces s’installaient dans les gares. Pourquoi dans cette gare et pas dans les autres ? Lieu social ou lieu refuge, la gare est un espace ouvert, accessible, attractif, fortement ancré au territoire et à la société, ce qui donne matière à interroger et à mettre en évidence les éléments de contexte qui peuvent favoriser, voire soutenir localement une telle pratique résistante.

Artisans des villes, artisans des champs : une première approche des entreprises artisanales du bâtiment par la théorie évolutionniste

Cette communication propose une première approche des entreprises artisanales du bâtiment par la théorie évolutionniste. Nous analysons deux aspects particuliers : l'aptitude à la négociation, et le territoire.Nous proposons des contributions théoriques et empiriques.

Lost in institutional pluralism : repenser l’hybridité organisationnelle comme modalité de pluralisme institutionnel

Notre étude questionne l’hybridité comme une combinaison sans précédent de logiques institutionnelles au sein d’une organisation. Positionnant l’organisation comme niveau d’analyse pertinent, le concept d’hybridité adopte une approche méthodologique distincte des travaux sur le pluralisme institutionnel, dont il constitue pourtant une modalité. De plus, le caractère inédit de la combinaison de logiques, positionné au fondement de l’hybridité, conserve une équivocité de nature à questionner la singularité de ce concept. Interrogeant ces deux postulats, cet article théorique mobilise l’économie des conventions comme grille de lecture des principes sous-jacents aux logiques institutionnelles, de manière à repositionner l’hybridité organisationnelle comme une modalité de pluralisme institutionnel. Nos résultats conduisent à une typologie des formes de pluralisme institutionnel, facilitant l’identification des propriétés qui fondent la singularité du concept d’hybridité : l’articulation pérenne dans un espace organisationnel d’une pluralité de logiques institutionnelles, s’appuyant respectivement sur des principes moraux mutuellement exclusifs.

A coevolutionary approach to public-private partnerships in a developing country

Public-private partnerships (PPPs) have been a proliferating subject for debates for three decades now. The determinants of this type of private participation in public infrastructure and services were largely exploited in scientific literature and discourses of policy makers. One of the main findings coming out of these studies for a successful implementation of a PPP project is the importance of a prosperous business environment characterized by a well-established institutional context. This paper investigates how PPP projects processes can evolve and perform within a particularly influencing environment of countries with frail economy, unstable political situation, weak institutions and an absence of adequate regulatory system. It starts with a review of the main elements that attracted scholars in PPP literature. Then, it proposes a coevolutionary perspective to observe the dynamics of establishing a PPP project in the unstable environment of an emerging country and its interaction with different elements of the institutional system. Our study inductively explores the field, observing the processes in action and developmental sequence of events of a PPP project taking place in the energy sector of the studied country. By calling up elements from the coevolution theory the paper seeks further understanding of strategic choices, adaptation and performance within a cross-sectoral collaboration in weakly institutionalized environments. It also highlights the interplay of institutional elements involved in the process of PPP institutionalization in this same context.

Strategizing Design Management from within: an Emergent Dynamic

This article identifies the emergent dynamics of Strategic Design Management initiation through the understanding of the underground development process of an in-house design activity within a non design-oriented firm. Through the notion of underground practices, we try to understand how new design practices can raise under the radars of the company. Complementarily, with the concept of emergent strategy-making -or strategizing, we try to identify how, in a learning dimension, the different levels of management of a company initiate Strategic Design Management and learn to coordinate these new practices with the historical ones. We adopted a qualitative design research through an empirical and longitudinal in-depth case-study. The results show a 5-steps underground process and the multilevel-management initiatives leading to Strategic Design Management.

La construction d’une problématique stratégique : L’issue selling comme mise en récit

En identifiant un vaste répertoire d’actions menées par des « vendeurs » (seller) pour influencer un décideur (cible) au sujet d’une problématique potentiellement stratégique (issue), le courant de l’issue selling a mis à jour le rôle joué par certains acteurs autres que le dirigeant dans la prise de décision stratégique. Toutefois, cette littérature s’est peu intéressée dans le processus qu’elle décrit au rôle du discours, alors que celui-ci occupe pourtant un rôle central plus généralement dans les processus de changement stratégique. Cet article explore ainsi le processus d’issue selling, à partir d’une une approche narrative. Sur la base de 42 entretiens avec des managers intermédiaires, cette étude qualitative montre que le processus d’issue selling repose sur deux phases de valorisation stratégique d’une problématique (issue) : (a) le régime pré-narratif, où la problématique se construit de façon discursive par l’échange de fragments de récit, puis (b) le régime narratif, où la problématique est présentée de manière sous la forme d’un récit bien formé dans les processus de décision. Nous montrons que trois mécanismes permettent aux vendeurs de passer d’un régime à l’autre.

Faire face à un paradoxe sur une question environnementale : impact des défis sociétaux sur les pratiques et rhétorique des acteurs de terrain dans les situations paradoxales

Faire face aux grands défis sociétaux est-il un atout ou un obstacle pour les acteurs individuels lorsqu'il s'agit de faire face à des situations paradoxales dans leur organisation ?
Nous nous appuyons sur la littérature sur les paradoxes pour étudier la mise en place d'une nouvelle activité professionnelle au sein du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable. Nous étudions plus spécifiquement comment le fait d'agir dans son activité professionnelle sur un grand défi sociétal affecte la façon dont les acteurs individuels traitent le paradoxe dans une organisation, dans leur pratique et dans leur discours. Ce faisant, nous proposons des éclairages sur l'émergence des paradoxes et plus précisément sur la dynamique ascendante de l'émergence des paradoxes, sur la construction multi-niveaux des paradoxes et sur les conséquences involontaires des stratégies développées pour inclure les préoccupations du grand défi

Parcours professionnels des infirmières du Grand Nord canadien : processus, points de rupture, acteurs et leviers organisationnels.

Cette recherche cherche à comprendre les parcours professionnels des infirmières travaillant auprès de la population inuite de la région arctique du Québec, au Canada. Ce contexte est particulièrement porteur puisque les infirmières y jouent un rôle unique et spécifique-le rôle élargi- dont les caractéristiques permettent une appropriation du rôle et une construction de son parcours très personnelle. La perspective choisie est celle de Zimmerman (2014) qui conceptualise le parcours comme un exercice réflexif donnant une cohérence à divers éléments d’ordre professionnel, privé, social… et un accès à la pluralité de rôles et d’identités possibles. À l’aide des théories de l’apprentissage expérientiel et de l’analyse stratégique et en utilisant une méthodologie qualitative et inductive-justifiée par le caractère exploratoire de la recherche- nous avons identifié les quatre étapes du processus et mis en exergue les cinq rôles, les quatre points de rupture et les différents acteurs des parcours des infirmières nordiques ainsi que les leviers organisationnels favorisant la linéarité du processus. Par ailleurs, et plus largement, cette étude s’inscrit dans la réflexion actuelle sur la redéfinition des barrières professionnelles des professionnels de santé comme piste de réorganisation de nos systèmes de soins contemporains aujourd’hui en crise et à bout de souffle.

LA DEVIANCE COMME FORME DE RESISTANCE ET DE CONTESTATION : CAS D’UNE ENTREPRISE PUBLIQUE TUNISIENNE EN PERIODE POSTREVOLUTIONNAIRE

La révolution tunisienne de 2011 a généré un nouvel ordre social et politique où la liberté de la parole, la dissidence et la contestation des gouvernants et des détenteurs du pouvoir se sont affirmées comme normes sociales. Un des effets de ce contexte postrévolutionnaire a été la vague de contestations qu’ont connues, et connaissent toujours, les entreprises tunisiennes (Gobe, 2019). En particulier, le changement de normes comportementales donne une légitimité nouvelle à des comportements classiquement considérés comme déviants et qui sont désormais revendiqués comme actes de microémancipation (Huault et al., 2014), de résistance face à l’injustice et la domination. Cette recherche mobilise la théorie de l’émancipation et de la résistance (Alvesson & Willmott, 1992) pour explorer la dynamique qui lie perceptions d’injustice et comportements déviants, ainsi que le rôle du contexte postrévolutionnaire dans la légitimation de ces comportements.
Notre étude empirique, basée sur 20 entretiens semi-directifs et 5 récits de vie réalisés auprès de salariés d’une entreprise publique tunisienne, montre la manière par laquelle la rhétorique et les valeurs de la révolution de 2011 sont reprises par les salariés pour justifier des comportements de déviance, présentés en tant qu’actes de résistance qui restaurent les injustices et la domination passées.

Impact de la notation extra-financière sur les trajectoires sociétales des entreprises dans les modèles de capitalisme : une étude longitudinale

Cette étude propose d’évaluer l’incidence de la notation extra-financière sur les trajectoires sociétales des entreprises dans un contexte international en utilisant les notations ESG de la base longitudinale Vigéo Eiris (2004-2015). Elle s’inspire tant dans ses objectifs que dans sa méthodologie de Ben Larbi et al. (2018) en élargissant le cadre d’analyse à tous les modèles de capitalisme au sens de Amable (2005) et en tenant compte de nouvelles variables contextuelles comme la crise économique et les secteurs d’activité.
Les résultats laissent apparaître que les entreprises, sous la contrainte de leur environnement et au regard des notations sociétales qui leur sont attribuées par des agences spécialisées, vont adapter leurs engagements pour répondre le plus favorablement possible aux exigences de leurs parties prenantes dans un contexte mondialisé et fortement concurrentiel.

Réorganisations du marché des semences de revégétalisation : Un éclairage par les conventions

La gestion et la préservation des ressources naturelles sont fréquemment mises à mal par la configuration des marchés. Parallèlement, la recherche met de plus en plus en évidence les risques de dégradation anthropique des patrimoines naturels, et va parfois jusqu’à s’engager pour infléchir le fonctionnement de certaines activités. Dans les Alpes françaises, pour éviter les risques liés à l’utilisation de semences non locales pour revégétaliser des prairies et pelouses d’altitude, différents acteurs de l’écologie scientifique et de la restauration écologique s’organisent. Ils promeuvent la production et l’utilisation de semences d’origine locale permettant de préserver la diversité végétale. Leur ambition est d’accompagner la structuration de filières de semences locales, pour que celles-ci se généralisent sur le marché des semences de revégétalisation. L’enjeu de ce travail est de contribuer à identifier ce qui limite et ce qui favorise la généralisation des semences locales, afin de proposer des pistes pour la mise en place d’une gestion collective de la ressource en cohérence avec les recommandations écologiques.
Cette contribution s’attache à examiner les conditions formelles et cognitives de la réorganisation du marché, en particulier la redéfinition des produits, leurs qualifications et leurs valeurs. Nous retraçons la manière dont la prise de conscience du problème écologique se traduit en problématiques organisationnelles. Pour cela, nous envisageons les formes d’organisations dans leurs dimensions à la fois matérielle et cognitive. La théorie des conventions permet de distinguer les logiques d’action et de légitimation qui se jouent. Pour comprendre la manière dont des formes de coordinations peuvent évoluer ou au contraire se consolider, nous examinons les systèmes de valeurs et représentations des acteurs. A partir de données qualitatives et quantitatives issues d’un travail de recherche intervention, nous nous intéressons à la configuration matérielle des activités de revégétalisation, aux qualifications et aux valuations de la ressource. Pour comprendre les conditions de production et d’échange des semences locales, leur valeur doit être étudiée non seulement par une approche technico-économique, mais également, au-delà des coûts, dans sa dimension « projetée » par les différentes parties prenantes du marché. L’étude des processus conjoints d’évaluation et de valorisation de la ressource permet de questionner sa valeur comme construction sociale.
Cette analyse nous permet de distinguer des registres d’action et de discours relatifs au marché dominant de la revégétalisation, basé sur l’utilisation de semences non locales. Ces registres ont tendance à s’appuyer sur des valeurs techniques qui ne prennent pas en compte la ressource vivante. Dans ce contexte, la contestation et l’organisation d’alternatives viennent faire évoluer l’agencement marchand, mais peuvent également augmenter sa résilience. On observe en effet l’émergence d’une rhétorique environnementale qui s’inscrit dans une certaine mesure dans le schéma dominant, qu’elle légitime. Pour éviter la relativisation de la notion de semences locales, les parties prenantes doivent s’accorder sur une conception partagée de ce qu’est une semence locale. Différentes logiques d’acteurs pourraient alors converger dans de nouveaux modes de coordination permettant de préserver la diversité végétale.

Le management de la créativité organisationnelle dans les studios de jeux vidéo indépendants : une étude de cas multiple.

Dans les industries créatives et notamment dans l’industrie du jeu vidéo, le management de la créativité est primordial afin d’être capable de développer de façon continue de nouveaux contenus aux joueurs. Ainsi les idées, dans cette industrie, deviennent une ressource stratégique à part entière. La littérature identifie de nombreux leviers susceptibles de favoriser la créativité à tous les niveaux de l’organisation. Toutefois les climats créatifs sont issus de recherches principalement effectuées dans des industries dites « non créatives » dans lesquelles la créativité n’est pas perçue comme un enjeu stratégique. Il s’avère que les climats créatifs ne peuvent pas directement s’appliquer dans un contexte d’organisations créatives mais aussi qu’il existe potentiellement de nouvelles dimensions à combiner à ce concept. À travers une étude cas multiple, cet article cherche à comprendre quelles sont les conditions qui favorisent la créativité organisationnelle dans les studios de jeux vidéo. Les résultats mettent en exergue de nouvelles conditions : la gestion des idées, la méthodologie de gestion de projet, l’organisation de l’espace de travail et l’ouverture du processus de création.

How to experiment Business Model Innovation in an established firm? Lessons from Corporate Entrepreneurship process within an airline.

The concept of Business Model Innovation (BMI) has become more and more influential in strategic management research over the last fifteen years and introduces the additional notion of innovation to Business Model (BM); BM is defined as “the design or architecture of the value creation, delivery and capture mechanisms” of a firm. It hereby raises a number of crucial theoretical and empirical questions: Does BMI only stem from the upper management, or may it also be developed at a lower managerial through CE process? Whereas drivers of BMI remain in current investigations within academic research, organizational practices such as Corporate Entrepreneurship (CE) has increasingly been recognized as a legitimate path to level organizational performance through innovation. Indeed more and more companies rely on CE to remedy the shortcoming in their existing innovation processes. The aim of this paper is to explore how CE processes are designed in an established firm to experiment innovative business model. Based on the CE and BMI literatures, we analyze the empirical case of a french legacy airline that we anonymized under the name of Constellation using a qualitative single embedded case study design. The case of Constellation is an interesting example to use because the airline started to encourage practices such like CE to experiment BMI. We highlighted several conditions under which BMI is enabled thanks to CE process.

Les structures intermittentes : une identité en tension

Comment se construit l’identité organisationnelle des structures intermittentes ? La présentation du cadre théorique articulant la littérature sur les organisations intermittentes d’une part et celle sur l’identité organisationnelle d’autre part met en évidence un angle mort dans la compréhension de l’identité des structures intermittentes, notamment concernant l’aspect relationnel de la construction identitaire. Nos résultats révèlent un travail de figuration (« face-work » selon les termes de Goffman, 1959) différent selon les coalitions de l’identité organisationnelle. Ces conceptions différentes de la relation à l’autre sont à l’origine d’une identité organisationnelle en tension. Notre recherche contribue à la littérature sur l’identité organisationnelle des structures intermittentes d’une part et au rôle de la relation à l’autre dans la construction identitaire d’autre part.

Intrapreneuriat : analyse des pratiques de 13 entreprises françaises

L’intrapreneuriat s’est affirmé comme un domaine en pleine expansion, à la fois sur le plan théorique et sur le plan empirique. Les grandes entreprises y voient une manière de contribuer à résoudre leurs problèmes d’inertie, en intégrant des logiques issues de la sphère entrepreneuriale à l’intérieur de grosses structures organisationnelles. De nombreuses initiatives sont en cours dans ces grands groupes pour repérer des « super-héros » capables d’avoir une idée disruptive et de la mener à terme, avec comme ambition de régénérer l’entreprise, augmenter la voilure du business, renouveler les pratiques etc. Cette question est devenue tellement d’actualité que par exemple le Ministère de l’Industrie et des Finances s’est emparé de la question et réfléchit actuellement à la mise en place d’un statut spécifique pour les intrapreneurs.
Côté littérature, l’intrapreneuriat (corporate entrepreneurship dans la littérature anglo-saxonne) a été étudié de longue date. Elle se divise globalement en deux catégories. La première met l’accent sur l’individu entrepreneur interne en s’intéressant tout particulièrement à ses caractéristiques intrinsèques, son profil, etc. La seconde prend l’unité d’analyse de l’entreprise, et s’interroge sur les modalités permettant d’insuffler une culture intrapreneuriale dans la grande entreprise, en mettant l’accent sur les dispositifs stratégiques et organisationnels.
Pourtant le problème reste entier. Les entreprises importent les bonnes pratiques de l’entrepreneuriat (accélérateur, incubateur,etc.) mais les résultats sont souvent décevants par rapport aux ambitions. Et la littérature reste segmentée entre un niveau individuel et un niveau « macro » sans vraiment faire le lien entre ces deux niveaux, et peine à donner des préconisations quant au pilotage global du processus intrapreneurial intégrant les deux niveaux. On manque encore d’éléments probants concernant les mécanismes concrets de pilotage des processus intrapreneuriaux.
Cette recherche vise à explorer la manière dont les entreprises peuvent cadrer et piloter les processus intrapreneuriaux. Nous avons mobilisé pendant un an, douze entreprises ayant mis en place des dispositifs intrapreneuriaux (CAC40 principalement), et avons mobilisé une approche méthodologique duale : des focus groupes permettant de cerner les enjeux et les questions clés, puis une série d’entretiens dans chacune des entreprises.
Au final, nous mettons en lumière un tableau relativement contrasté de la performance de ces processus intrapreneuriaux, pointant notamment (1) une forme de mythologie de l’intrapreneur et du processus intrapreneurial (2) des raisons de relativiser l’impact positif de ce processus (3) une forte diversité des outputs attendus (4) la question de l’articulation avec l’organisation en place (5) les formes de gouvernance du processus d’intrapreneuriat (6) la dépendance à la forme organisationnelle (7) l’importance de la gestion de la dualité individualité / collectivisation.
Nous discutons les apports managériaux de ces résultats et l’articulation avec les théories actuelles en intrapreneuriat, et plus globalement en management de l’innovation.

Le rôle d’un portefeuille de BMs dans un processus de disruption : la conquête du marché bio par Carrefour

Notre recherche se concentre sur le rôle du portefeuille de business models (BMs) dans le processus de disruption. La littérature appréhende initialement la multiplication des BMs d’une entreprise comme un mal nécessaire dans le but de résister au phénomène de disruption. Ce nouveau business model doit permettre à la firme établie de se saisir de la menace disruptive dans une organisation autonome afin de limiter les conflits avec son BM traditionnel. Dans certains cas, les différents BMs coexistent sur le long terme, dans d’autres l’innovation disruptive va s’imposer jusqu’à voir l’ancien BM disparaître. D’autres études montrent que des entreprises établies sont amenées à gérer plusieurs BMs non pas en réponse à des disruptions, mais pour exploiter de nouvelles opportunités. Selon certains auteurs, derrière un portefeuille de BMs résiderait la source d’avantages concurrentiels difficilement imitables. Dans cette communication et sur la base de la littérature sur les innovations disruptives¬, nous mettons en lumière la dimension stratégique d’un portefeuille de BMs. Nous explorons cette question de recherche à travers l’étude de cas du groupe Carrefour sur le secteur de la distribution alimentaire française. L’analyse des données fait émerger deux résultats principaux. Premièrement, nous mettons en évidence comment un portefeuille de BMs se construit en réponse à des disruptions successives. Deuxièmement, nous discutons du rôle de ce portefeuille de BMS dans un processus de disruption. Notre analyse révèle comment l’entreprise manage son portefeuille de BMs dans le but de prendre position sur le marché bio. Principalement, l’entreprise définit et intègre dans son intention stratégique un objectif commun à l’ensemble de ses BMs, pour les orienter dans la migration vers le marché de l’agriculture biologique.

Du BoP dans le beat ; une approche Bas de la Pyramide dans l’industrie de la musique

La théorie du Bas de la Pyramide (ou “BoP” pour “Bottom of the Pyramid”) a été développée sous le prisme du social business. La littérature met notamment en évidence les différentes stratégies des acteurs pour répondre aux besoins des populations pauvres en adaptant leurs modèles d’affaires ; les faibles revenus étant compensés par les volumes. À partir d’une étude de cas sur l’entreprise Believe, distributeur numérique de musique, nous apportons un regard nouveau sur cette littérature. En effet, Believe a su repérer un marché latent d’artistes “oubliés” et développer une offre adaptée permettant ainsi de pénétrer le marché de la musique. Ceci nous permet de proposer une lecture BoP de l’industrie de la musique et de montrer que les stratégies BoP peuvent s’affranchir de leurs dimensions social business.

The rise of ‘Indicatocracy’ and the demise of strategic and operational autonomy in professional organizations

In order to re-engage organizational studies with organization design and formal structures, this paper explores the contemporary rise of a new type of organization, which we label ‘indicatocracy’. As a neologism combining of the concepts of “bureaucracy” and “indicators”, we define indicatocracy as a new organizational form that operates at the level of an organizational field, spanning across multiple professional organizations through the disciplinary power of indicators. Exploring the characteristics of indicatocracies as compared to classic approaches to bureaucracies and markets, we reveal their central disciplinary effects and how they constitute central vehicles for introducing change within professional bureaucracies through increased managerial control, thus reshaping internal and external power structures. We make propositions on the emergence and effects of indicatocracies, and propose a research agenda to stimulate future research on indicatocracies.

La blockchain est-elle une innovation « disruptive » ? Une étude au travers d’une revue de la littérature et d’une analyse bibliométrique.

Innovation disruptive et blockchain, voici deux termes de plus en plus associés par la littérature scientifique. Mais qu’en est-il réellement ? La blockchain est-elle une innovation disruptive ? N’existe-t-il pas différents types de blockchains ? Le sont-elles toutes ? Pourquoi la plupart des articles définissent-ils la blockchain comme étant une innovation disruptive ? Toutes ces questions trouveront leurs réponses dans le présent article, par le biais d’une étude bibliométrique, dont l’objectif est de mettre en avant les articles définissant la technologie blockchain d’innovation disruptive, mais également une revue de la littérature de la blockchain ainsi que des théories sur les innovations disruptives permettant d’illustrer un modèle d’identification de disruption technologique.

Collective entrepreneurship of self-employed healthcare practitioners

Investigating entrepreneurship complexity in multiple contexts, perspectives and approaches give rise to multiple perspectives of collective entrepreneurship. However, current understanding of how multiple self-employed individuals undertake collective entrepreneurship is poor. Our study investigates four collective entrepreneurial journeys taken by self-employed healthcare practitioners; these journeys lead to the creation of four rural PCCs in southwest France and southwest Germany. Our study extends understanding of the unfolding of engaging for collectiveness among self-employed individuals. Our interpretative and practice-inspired approach identifies regional embeddedness and peer co-working as being interconnected enablers of collective entrepreneurship in rural areas, and we reveal conflict between professional practitioner ethos and changing work culture. We improve how we understand the creative organizing of self-employed individuals by (i) theorizing well-being as a driver of collective entrepreneurship in the rural healthcare context; (ii) conceptualizing regional embeddedness as a process of ‘being in, ‘doing at’, and ‘understanding of’ the territory; (iii) conceptualizing peer co-working as a practice that involves sharing a workplace, developing skills, and benefitting from social interaction; and (iv) theorizing peer co-working as a catalyst of collective entrepreneurship. In summary, we theorize regional embeddedness and peer co-working as being interconnected enablers of collective entrepreneurship in the pursuit of well-being.

Communities of Practice for Unwitting Entrepreneurship

In this essay, I investigate entrepreneurial actions emerging from self-employed healthcare practitioners who belong to a CoP. I answer the question of “How entrepreneurial actions may emerge unwittingly from practitioners who are part of communities of practice?” by studying their day-to-day practice through two-weeks of full immersion and two-years of reflection on my experience and my interactions with study participants. Results unveil a ‘taking whatever comes’ practice as a recurrent practice in their social interactions. This practice initiates a ‘process to entrepreneuring’ with multiple open possibilities of emerging entrepreneurship. Belonging to a CoP allows self-employed practitioners to keep their entrepreneurship on track as the CoP plays a regulatory role. The contribution is three-fold: first, I introduce the concept ‘unwitting entrepreneurs’ and call entrepreneurship scholars to push the boundaries of investigation through the recognition of ‘unwitting entrepreneurship’. Second, I unveil entrepreneurs’ openness as practice by elucidating their practice of ‘taking whatever comes’. Third, I suggest further investigation of the potential of CoP as the places that empower and promote the unwitting entrepreneurship among self-employed practitioners.

Comment exploiter l’exploration ? L’ambidextrie (et ses conflits) au cœur de l’intrapreneuriat

L’intrapreneuriat est un levier d’innovation qui permet à des employés de porter un projet de start-up interne tout en restant rattachés à leur organisation. Le processus intrapreneurial se caractérise dès lors par une tension entre la nouvelle organisation et l’organisation existante. Cette tension peut être rapprochée de la tension entre l’exploration et l’exploitation, qui constituent deux régimes fondés sur des rationalités et des légitimités différentes voire divergentes. Pour concilier ces deux régimes contradictoires, la littérature a proposé le recours à la pratique de l’ambidextrie organisationnelle (soit la capacité d’une organisation à gérer simultanément l’exploration et l’exploitation) qui se retrouve dans la gestion des dispositifs intrapreneuriaux. La cohabitation de l’exploration et de l’exploitation est alors généralement opérée de manière dichotomique, à travers la séparation spatiale, temporelle et fonctionnelle des deux régimes. Bien qu’intéressante dans sa capacité à protéger les régimes contradictoires en les isolant, l’approche dichotomique présente des insuffisances pour appréhender la rencontre des deux activités. En effet, la littérature souligne aussi la nécessité de gérer les points de rencontre entre l’exploration et l’exploitation, qui se traduisent en pratique par des conflits. De là émerge une question : Comment concevoir les conflits entre l’exploration et l’exploitation tout le long du processus intrapreneurial ? Pour y répondre, cette recherche mène une étude longitudinale du dispositif intrapreneurial du Groupe La Poste, et concentre l’analyse sur les projets développés au sein de ce dispositif. Ce faisant, cette étude montre que l’approche de la séparation exploration/exploitation se retrouve dans la gestion du processus intrapreneurial via le dispositif intrapreneurial étudié. De plus, cette étude confirme que cette séparation, bien que nécessaire, est insuffisante pour gérer le processus intrapreneurial. En effet, au-delà de la séparation, il importe de gérer les conflits exploration/exploitation à trois stades du processus intrapreneurial : en amont du processus (transition de l’exploitation vers l’exploration) ; au cours du processus (superposition de l’exploration et de l’exploitation) ; en aval du processus (transition de l’exploration vers l’exploration). Finalement, cette recherche apporte plusieurs contributions dans les champs de l’intrapreneuriat et de l’ambidextrie. D’une part, elle permet de repenser l’intrapreneuriat comme la gestion des conflits entre l’exploration et l’exploitation. D’autre part, elle éclaire l’insuffisance de l’approche classique et dichotomique de l’ambidextrie pour penser et gérer le processus intrapreneurial à travers un dispositif dédié. En somme, il importe de concevoir la jonction exploration-exploitation, qui se traduit en pratique par des conflits. Ainsi convient-il de substituer à l’approche dichotomique (ou binaire) de l’ambidextrie une approche trichotomique (ou ternaire), c’est-à-dire permettant la gestion de non plus deux mais trois régimes : celui de l’exploration, celui de l’exploitation, et celui de la rencontre conflictuelle des deux premiers.

Quels sont les obstacles au développement de l'éco-conception ? Une analyse compréhensive des stratégies et des interactions au sein des écosystèmes de l’éco-conception

L’éco-conception, qui consiste à intégrer l’environnement dans la conception de produits et services, constitue aujourd’hui un levier prometteur pour la transition écologique. En effet, l’objectif de l’éco-conception est de réduire les impacts environnementaux du produit tout au long de son cycle de vie, de l’extraction des matières premières à la fin de vie.
Le cadrage dominant de l’éco-conception repose sur une hypothèse centrale, à savoir que l’éco-conception est le fruit d'initiatives individuelles d'entreprises qui mettent en place de façon volontaire des démarches instrumentées fondées sur des outils d'évaluation environnementale pour guider les concepteurs et informer les clients de la valeur environnementale des produits/services éco-conçus par le biais de l'affichage environnemental. Ainsi, le modèle dominant de l'éco-conception laisse penser que la démarche, initiée à l'échelle de l'entreprise, se diffuse au sein de l’entreprise par des discours mobilisateurs et des outils adaptés. Cette approche revient à négliger le rôle des écosystèmes industriels et d'affaire, c'est-à-dire l’ensemble des acteurs susceptibles d’influencer la façon d’appréhender et de déployer l’éco-conception, qui jouent parfois un rôle déterminant dans le déploiement et l’acceptabilité des éco-innovations qui en découlent. Distributeurs, clients, législateurs, ONG, organismes publics ou privés accompagnant le déploiement de la démarche, bien que situés à différents maillons de la chaîne de valeur, sont autant d’acteurs qui peuvent influencer ou participer au processus d'éco-conception.
Nous nous interrogeons sur le pouvoir qu’ont ces acteurs à orienter la démarche d’éco-conception des entreprises ; sur la nature des interactions et des precriptions qui se nouent entre acteurs de l’écosystème et entreprise déployant la démarche, et sur les effets de ces relations sur la structuration des démarches d’éco-conception en entreprise.
Pour répondre à ces questions, nous mobilisons deux cadres théoriques : les travaux sur l'innovation responsable qui mettent en avant que les innovations ne sont pas seulement évaluées en fonction de leurs performances affichées mais également en fonction de leur légitimité perçue par la société, qui dépend de la capacité des entreprises à associer des parties prenantes aux processus et à la gouvernance de l'innovation ; ainsi que les travaux en sociologie économique et les théories de la prescription qui mettent en évidence qu’entre les producteurs et les consommateurs, une multitude d'intermédiaires participent à la construction de l’offre et de la demande et à leur mise en relation marchande, par le biais de prescriptions réciproques. Une recherche qualitative compréhensive a été menée et se fonde sur 23 entretiens réalisés auprès d'entreprises pionnières ayant mis en œuvre des démarches d'éco-conception et développé des gammes de produits-services écologiques, et d’acteurs de l’écosystème de ces entreprises jouant un rôle important dans les processus d'éco-conception.
Le type de relations et de prescriptions développées entre acteurs de l’écosystème et entreprises éco-conceptrices, ainsi que le degré de leur intensité ont été analysés. Nous mettons en évidence que les entreprises qui arrivent à développer des propositions de valeur qui intéressent les clients et la société sont celles qui ont une approche inclusive de l'éco-innovation à partir d'un réseau dense de relations avec les parties prenantes, en dépit d'intérêts potentiellement divergents. À l'inverse, celles qui ont une approche fermée échouent le plus souvent à légitimer et à intéresser consommateurs et citoyens à leur démarche.

L’accompagnement de l’innovation par le numérique : quels effets pour les PME ?

L’article vise à mieux comprendre le contexte dans lequel les PME accompagnent leurs innovations par le numérique. La recherche interroge en particulier le rôle du niveau d’appropriation des outils numériques au sein de l’entreprise et de la localisation de la PME sur cet accompagnement. L’analyse empirique s’appuie sur les données collectées en 2015 auprès de 711 PME innovantes et localisées dans des espaces de densité variable au sein de la région Bretagne (France). Il ressort que l’accompagnement des innovations par le numérique est loin d’être systématique. La modélisation économétrique montre que le niveau d’appropriation du numérique par les PME affecte positivement la probabilité d’accompagner ses innovations par le numérique, traduisant un effet accélérateur pour les PME numérisées, dont ne bénéficient pas celles qui le sont peu. La modélisation montre également que la localisation de la firme affecte la probabilité d’investir dans le numérique pour accompagner ses innovations, mais pas la probabilité de les accompagner par un usage plus développé des outils existants. La localisation en dehors des grands pôles urbains confirme alors en partie un effet de dérochage en termes d’accompagnement numérique de l’innovation.

Modeling Emerging Business Models

Emerging industries and, even more so, emerging business models, have been the subject of little research in management. Business models are, in fact, difficult to understand in a changing environment. When they are the subject of a typology, the movement of competitive adaptation and technological upheavals quickly undoes the schematizations that have just been developed. The evolutionary and dynamic nature of business models must therefore be better understood. To be able to better understand emerging business models, we must be able to understand their evolution and their progressive structuring and institutionalization. To this end, we must build not static typologies, but dynamic taxonomies, developed according to a quantitative and articulated approach. In this article, we propose a statistical procedure, the TwoStep method, for generating business model taxonomies in emerging industries. By proposing a simple procedure for understanding evolving and dynamic business models, we seek to contribute to the literature on emerging business models, which lacks a concrete statistical procedure for building model taxonomies. To illustrate the steps of this procedure, we apply the TwoStep classification to a current emerging business model case: iPhone applications.

Comment les entrepreneurs pirates développent leur légitimité ? Le cas de Heetch (un « Uber français »)

La littérature néo-institutionnelle souligne l’importance des enjeux de légitimité et de légitimation pour les entrepreneurs souhaitant diffuser une innovation. Plusieurs travaux envisagent l’isomorphisme, c’est-à-dire le fait de se conformer aux normes et aux pratiques existantes, comme un vecteur de cette légitimation. Pourtant, en innovant, les entrepreneurs sont souvent amenés à remettre en cause les institutions en place. À cet égard, les entrepreneurs pirates sont décrits comme des entrepreneurs qui préemptent des parcelles du territoire institutionnel normalisé pour y développer une activité déviante, voire illégale. Certains vont même jusqu’à mettre leur projet innovant au service d’une cause idéologique, en visant le renversement d’un système dominant le territoire institutionnel (comme un monopole ou l’État). Ils développent alors une pratique qui a été conceptualisée dans la littérature en entrepreneuriat sous le nom de subversion. La subversion, qui consiste à contester les instituons, apparait en contradiction avec la légitimation, qui consiste à respecter ces mêmes institutions. De là émerge notre question : comment les entrepreneurs pirates développent-ils la légitimation de leur activité alors même qu’ils questionnent les systèmes en place ? En suivant une approche fondée sur les processus, nous utilisons un design de recherche qualitatif et nous nous concentrons sur une étude de cas unique, en menant une enquête empirique sur la start-up Heetch (un « Uber français »). Nous proposons alors un modèle de légitimation des entrepreneurs pirates structurée en trois grandes étapes : (1) une piraterie clandestine associée au développement d’une légitimité informelle, (2) une piraterie subversive associée au développement d’une légitimité conflictuelle et (3) une piraterie tempérée associée au développement d’une légitimité formelle. Par cette analyse, nous apportons une meilleure compréhension du phénomène encore peu connu que constitue la transition d’une activité entrepreneuriale pirate vers une activité entrepreneuriale formellement légitime.

Surface versus deep knowledge search through geographically distant advice ties

Research on the value of personal relationships to distant locations (bridging ties) for innovation has yielded mixed findings. This paper proposes that part of these empirical inconsistencies is due to the ambiguity of the concept of advice tie. Based on knowledge search theories, it draws a distinction between advice ties serving surface knowledge search and those serving deep knowledge search. We theorize that the effect of bridging ties is contingent to the type considered: bridging ties have a positive impact on individual patent performance when they serve deep knowledge search, and negative when they serve surface knowledge search. Data from 140 R&D engineers at a French cluster in nanotechnologies provides evidence for our hypotheses.

Les systèmes de gestion des ressources humaines et la performance sociétale/environnementale de la grande entreprise au Maroc.

L’objectif de ce papier consiste à étudier l’impact d’un système cohérent de gestion des ressources humaines, adapté à la stratégie d’affaires, sur la performance sociétale/environnementale de la grande entreprise au Maroc, en se basant sur les principes de l’approche configurationnelle.

Cet article se fixe deux principaux objectifs de recherche. Le premier vise à contribuer d’un point de vue théorique à l’avancement des connaissances en matière d’approche systémique des ressources humaines ainsi que de représentation du construit de la performance sociétale/environnementale de l’entreprise. Le deuxième vise à contribuer d’un point de vue empirique à tester l’impact des systèmes de GRH sur la performance sociétale/environnementale de la grande entreprise au Maroc en utilisant la perspective configurationnelle.

La partie empirique de notre article représente notre enquête quantitative confirmatoire, menée sur un échantillon de 107 grandes entreprises au Maroc. Les principaux résultats montrent que la cohérence interne entre les pratiques RH, ainsi que leur cohérence externe avec la stratégie d’affaires, peuvent constituer un important levier d’amélioration de la performance sociétale/environnementale.

Can really firms be rescued before the courts, and how? An investigation of insolvency proceedings and retrenchments among French SMEs

The insolvency proceedings are a legal instrument for the restructuring of bankrupt firms. However, the majority that start the procedure ended up in liquidation. Often, firms retrench when they are at risk to go bankrupt. The purpose of this paper is to investigate the impact of combined insolvency proceedings and retrenchment on firm survival. We use a sample of firms in the Rhône-Alpes region tracked from 2005 to 2015, and a Cox proportional hazards model to predict survival probability. The results indicate that insolvency proceedings have a negative impact on firm survival. The retrenchment strategy can improve the survival probability if it is implemented before the opening of insolvency proceedings. While, retrenchment during insolvency proceedings makes the situation even worse, it is significantly associated with liquidation. This research contributes for scholars, legislators, and managers on the right timing of the retrenchment strategy relative to insolvency proceedings.

Can I Commercialise? Norms Regulating Commercialisation Behaviours in Open Source Hardware Communities

Our study uncovers the main norms relative to commercialisation in a specific open source hardware community: the 3D printing community 'RepRap'. Our findings make important contributions to the literature by contending that commercialisation norms allow open source communities to benefit from commercialisation while reducing the risk that the household innovators contributing to these communities refrain from freely sharing their innovations. This is a key finding because household innovators, as well as traditional producers, more and more build on open source communities freely shared content to commercialise and diffuse novel products. Overall, our study demonstrates the commercialisation of household innovations as both an indisputable phenomenon and as beneficial when properly monitored rather than as an anomaly in a world where commercialisation would be the exclusive domain of producers.

Impact de l'hypercroissance sur la culture entrepreneuriale: le cas dune Entreprise de Taille Intermédiaire

La managérialisation à laquelle sont confrontées certaines ETI lors d’une phase d’hypercroissance soulève des problématiques importantes telle que la mise à mal de leur culture entrepreneuriale. À partir d’une étude de cas unique d’une ETI, nous distinguons 4 sources responsables de cette dilution de la culture entrepreneuriale en période de forte croissance. Notre contribution permet d’enrichir les travaux sur la perte de l’entrepreneuriat durant la croissance de l’entreprise, et de mettre en évidence des éléments spécifiques à la culture entrepreneuriale.

Opening strategy or opening Pandora’s Box?

Open strategy is a recent research topic within the field of strategic management, which gained thrust amongst academics over the last decade, with a pike of contributions to its literature from 2015 and on (Saile et al., 2017). Open strategy is commonly defined through the notions of inclusion, transparency and participation. However, throughout the literature, there are many variables which come to add complexity to the process. In this paper we argue that organizations might well be opening Pandora’s Box when trying to open strategize without having all the cards in the deck. Indeed, although a prominent literature is being born around the subject of open strategy, we argue that the literature is missing a handbook for organizations, to engage in an informed way within the process of open strategizing. We call upon strategy as practice as our theoretical framework in this paper, as it has brought a new perspective to strategic management research through qualitative studies. Strategy as practice brings empirical research to the micro-level by observing various moments of praxis and enabling a more subtle understanding of a phenomenon, which in macro-level empirical research might seem to have no differences (Vaara and Whittington, 2012). We thus find that this theoretical approach is best suited to explore and make sense of the open strategy phenomenon; and in particular to help us answer our research question. We thus find the need to start writing the first pages of what is an attempt to bridging the knowledge on open strategy by bringing together in this paper the different views developed in the literature. Therefore, we pose our research question as following: What are the elements an organization should be aware of when engaging in open strategizing? In order to answer this question, we develop a qualitative meta-synthesis, which is defined as being the theories, grand narratives, generalizations, or interpretive translations produced from the integration or comparison of findings from qualitative studies (Sandelowski et al., 1997, p.366). Building up on this, a qualitative meta-synthesis (where the database of the study are the findings of a sum of qualitative studies), gives a third level interpretation aimed at pushing forward knowledge or theory on the given object of study, rather than combining studies (Nye et al., 2016). Through our qualitative meta-analysis, we reanalyzed the findings of 17 qualitative case studies; providing a framework of 8 main elements of awareness to keep in mind when crafting an open strategy initiative. We find that the many variables and unpredictable behaviors of the people taking part in the strategic conversation can lead to overwhelming situations and that depending on the organization and its ability to deal with complex situations, open strategy can be more of a burden than a blessing if lily prepared for. We conclude our study by reflecting upon the fact that organizations might end up opening Pandora’s Box in the search of opening their strategy.

Rethinking the Role of Global Business Actors in Governing Business Conduct

In modern society the global corporations are considered among the most powerful actors in terms of resources, geographical reach and decision power. Accordingly, the scope of corporate social responsibilities is constantly expanding, making companies take on new public responsibilities to fill governance gaps left by governments. In this regard political CSR research corpus has emerged seeking to theorize a new political role of the business in globalized world. The principal assumption of PCSR research corpus is the shift of regulatory authority from government to corporations leading to substitution of government by powerful corporate actors. However, this largely uncontested axiomatic assumption has faced significant criticism among scholars who argue that while the governments may be losing some power in some spheres they still play a significant role in governing business conduct (Eberlein, 2019; Kourula et al., 2019a; Schrempf-Stirling, 2018). Seeking to address this fair criticism, we attempt to refine the political CSR concept by bringing insights from social control perspective on organizational misconduct. Drawing on the social control account of organizational misconduct, we contend that in the modern globalized world global corporations are taking on the role of social-control agents rather than substituting the state authorities. Thus, this conceptual paper provides an alternative theorization of the role of global business actors within the process of global governance. We limit our conceptual analysis to the scope of global value chain/global production network.
We believe that bringing the insights from social control perspective may contribute to the development of political CSR concept in following ways. First, it refines the principle problematic assumption of PCSR contending that at the level of global production network global corporations are taking on a role of social-control agents rather than substituting the state government. Second, such conceptualization allows for more contextualized approach to global governance through CSR since the notion of misconduct is being constructed by social control agents depending on the time and context. Third, such conceptualization allows for collaborative interaction between private and public authority and is not limited by substitution assumption, thus, opening new avenues for expanding the scope and focus of political CSR concept.

Les différentes configurations de l’alliance stratégique: essai d’une typologie

L’alliance stratégique est considérée comme une option couvrant une réalité complexe. Cet article propose une vision critique des recherches antérieures qui ont tendance à réduire cette complexité. Cette réduction se traduit par une vision unidimensionnelle qui se recentre sur l’unique facette et se base sur les moyens partagés et/ou échangés dans des relations d’alliance, ou sur les objectifs visés à travers ces relation ou encore sur les variables environnementales incitant à des rapprochements entre deux ou plusieurs entreprises. En élargissant le champ d’étude une vision binaire se présente afin d’expliquer le recours à des alliances stratégiques. Articulé autour de ces trois principales dimensions, cet article propose une approche holistique de l’alliance stratégique en intégrant les objectifs, les moyens et le contexte. Fondé sur l’approche configurationnelle, le présent article propose une typologie qui peut servir de cadre conceptuel pour mieux appréhender le caractère à la fois multidimensionnel et multiforme de l’alliance stratégique.

L’ennui, c’est les autres ? The practices of boredom in organizations : ambivalences of a diabolized, yet symbolic part of office life

The present study provides an insight into instants of non-work-related activities at work, based on an original approach mostly made of self-reports given to honest, willing and not-always-so-busy workers. With a specific focus on the accounts of boredom experiences at work, this article wishes to interrogate commonly shared assumptions of never-ending chase for efficiency, productivity, or even intelligence in organizations (Alvesson & Spicer, 2012). By unveiling what is truly happening in people’s intimacy, it ambitions to search for another story on work. The primary findings reveal that boredom is both a symptom and a practice. At an individual, collective and organizational level, boredom is symptomatic of a specific relationship to others at work, to one’s job and/or organization, and eventually to one’s professional and personal self at work. Therefore, boredom can be interpreted as both a diabolized, yet symbolic practice, convoking rich processes of emotional labor that workers experience while at work. When mastered, boredom can be the embodiment of a sense of self at work, which then becomes a familiar place. The eye of the coworker then no longer judges the staging of the ‘bored self’: on the contrary, it can freely indulge in comforting idleness at work.

Trajectoire des PMO, stratégie d’innovation et dynamique des compétences : entre interdépendance et tensions

Cette communication s’attache à analyser la trajectoire de PMO (petites et moyennes organisations) technologiques et innovantes, en considérant tout particulièrement la dynamique des compétences scientifiques et techniques (S&T). En effet, les PMO connaissent plusieurs stades de développement, bien identifiés dans la littérature. Ceux-ci ont été étudiés notamment sous l’angle des transformations de la stratégie de l’organisation, de son modèle de gouvernance (mode de financement, profils et compétences des dirigeants) ou de la formalisation progressive de l’organisation (division du travail, procédures, structuration des fonctions supports). Considérant des PMO dont les activités sont très pointues techniquement, requérant du personnel très qualifié, il nous semble important de porter également attention à la dynamique des compétences S&T en lien avec la trajectoire de la PMO. Au-delà de constats un peu globaux pointant comment les PMO souffrent d’un manque structurel de compétences, du fait d’une capacité à recruter limitée par la taille et des moyens financiers modestes, il s’agit ici de « rentrer » véritablement dans l’analyse des compétences S&T et de leurs transformations. Dans la lignée des nombreux travaux sur les PMO innovantes, l’enjeu est bien de considérer les facteurs qui soutiennent ou, au contraire, fragilisent, la trajectoire de la PMO dans sa quête de pérennité, ici en focalisant le regard sur les compétences S&T. En effet, ce sont tout à la fois les activités actuelles de la PMO et sa capacité à innover (ou à continuer d’innover) qui reposent sur ces compétences. Cette communication s’interroge ainsi : Comment les compétences S&T se transforment-elles au cours de la trajectoire d’une PMO technologique en quête d’innovation et de pérennité, et comment cette dynamique des compétences soutient ou fragilise la stratégie de l’organisation ? Cette problématique est étudiée à partir de l’étude qualitative de deux PMO qui conçoivent et produisent des dispositifs médicaux (des échographes destinés à l’imagerie médicale pour l’une, des radioisotopes utilisés dans le cadre de diagnostics et de traitements en médecine nucléaire pour l’autre). Une analyse processuelle permet l’identification des principales séquences temporelles dans la trajectoire de ces PMO. Si elles ne sont pas exactement au même stade, elles ont toutes deux connu une première phase d’innovation radicale et d’exploration, avant de se préoccuper du passage en production et de la commercialisation de leur premier produit. Elles ont également comme objectif à moyen-long terme de continuer à innover. À chaque séquence sont étudiées les dynamiques des compétences S&T. Nous montrons ainsi comment les compétences développées par les salariés évoluent au cours du temps, chaque séquence étant porteuse d’apprentissages différents. Il apparaît que les professionnels S&T de ces organisations développent progressivement des compétences hétérogènes et complémentaires. Si cette acquisition de compétences complémentaires est intéressante, des risques apparaissent au bout d’un moment, alors que le curseur en terme de stratégie se déplace de l’exploration vers l’exploitation. Ces risques portent sur le sens au travail et l’engagement des personnels S&T. Selon les cas, leurs incidences varient entre fragilisation de la base de compétences S&T et cloisonnement des activités et compétences. Mais, le point commun est celui d’une possible mise en difficulté de l’organisation quant à sa capacité à se pérenniser et à mener à bien la stratégie d’innovation qu’elle poursuit. Il apparaît essentiel de bien considérer comment la trajectoire d’une PMO innovante et la dynamique des compétences S&T interagissent. Le management de ces organisations doit ainsi se préoccuper des discordances et dyschronies entre ces processus, en imaginant comment mieux les articuler au cours du temps, une telle articulation s’avérant aussi clé que complexe.

ALL FOR ONE OR ONE FOR ALL? DIVESTITURE DECISION AND PERFORMANCE THROUGH TMT FUNCTIONAL DIVERSITY AND ORIENTATION

In this paper, we propose to investigate the impact of TMT functional diversity and orientation on divestiture decisions and performance of the firm. We integrate also the matching effect between the CEO and the TMT functional orientations. To do so, we focused on a sample of 731 French SMEs to understand to which extent functional diversity and the type of functional orientation impact the decision to divest or not and post divestiture performance. We aim also to see if performance depends on the match between the functional background orientation of the CEO and his team or not. In doing so, we find that TMT functional diversity will have a negative effect on divestiture decision and homogenous TMT are more likely to divest than heterogenous TMT. Our results show also that TMT with output functions are more disposed to divest than another one. This is attributable to their specific conception of the risk taking and their proactive approaches whereby a firm is often perceived as a bundle of assets to be bought and sold. Third, we find also that divestiture undertaken by TMT with output functional background outperform divestiture undertaken by TMT with throughput functional background. This result joins previous research whereby the fit or a positive association between executive functional experience and strategy will produce performance.
Finally, we find that the relationship between TMT functional diversity, divestiture decision and firm performance is strengthened when the CEO’s functional orientation match with the other TMT members. The shared functional experience of CEO with the other member of team enhance cohesiveness, collaboration and communication between members and impacts positively performance.

D’une logique de financement à une logique d’expérimentation : le rôle clé de l’évaluation dans les contrats à impact social pour favoriser le passage à l’échelle de l’innovation sociale

L’innovation sociale est présentée aujourd’hui, à la fois par les acteurs académiques et les professionnels, comme l’une des solutions aux grands défis sociétaux. Cependant, la plupart des innovations sociales peinent à se développer au-delà du territoire et des acteurs qui les ont créées. La question du passage à l’échelle de l’innovation sociale constitue donc un défi majeur. Pour tenter de contribuer à cette question, nous nous intéressons au financement et à l’évaluation des innovations sociales dans la perspective de leur déploiement. A partir de l’étude du dispositif d’évaluation du premier contrat à impact social français - un outil de financement hybride de l’innovation sociale -, nous distinguons deux logiques d’évaluation : une logique de financement qui permet l’alignement des intérêts des acteurs et une logique d’expérimentation qui permet d’accumuler des connaissances nécessaires au passage à l’échelle d’innovations par nature incertaines et complexes. Nous montrons comment et pourquoi la logique de financement prend le pas sur la logique d’expérimentation.

Proof-of-Concept (PoC): A cross-domain literature overview

Although there has been an increasing use of 'proof-of-concept' in practice, the literature is highly poor on the subject. Indeed, we perform a literature overview with an historical perspective of PoC-related studies by drawing upon diverse research domains (aerospace/defense medicine, security, start-up, and design thinking). The study is based on a domain-by-domain analysis and a cross-domain analysis. We try to map PoC-related studies and emphasises their differences with the help of two performance dimensions that are generativity and robustness. We investigate the enrichment of the concept through its diffusion in different contexts and over time. This paper presents insights, especially through its synthesis table, that could be beneficial for researchers and practitioners interested in the field of technology and innovation development.