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Tweeter d’une Tour d’Ivoire à l’Autre: Légitimité des Business Schools, Classements et Position sur les Réseaux Sociaux

Malgré leur croissance rapide, les business schools peinent à établir leur légitimité malgré leurs investissements dans la responsabilité sociale, pour soutenir leur production de recherche, et renforcer leur utilité pour les étudiants. Mais comment cela affecte-t-il leur relation avec leurs pairs et compétiteurs ? Les business schools les plus légitimes sont-elles les plus susceptibles d’être au centre du réseau inter-organisationnel de leur industrie ? En utilisant une base de données combinant classements des business schools et réseaux Twitter, nous montrons qu’il existe différentes relations entre le facettes de la légitimité et la position des organisations sur les réseaux sociaux de leur champ. Les écoles « bonnes citoyennes » sont plus susceptibles de se trouver mentionnées et connectées à leurs pairs, alors que celles qui se focalisent sur l’intérêt de leurs étudiants sont au contraire ostracisées. Nous attribuons cet effet à la rivalité plus prononcée des écoles sur cette dimension de leur légitimité. Ce travail contribue à notre compréhension des différentes facettes de la légitimité et des interactions organisationnelles sur les réseaux sociaux.

Rupture or not rupture ? Les perceptions des consommateurs de la sortie de Lidl du hard discount alimentaire en France

L’émergence des modèles « low cost » et du hard discount alimentaire a constitué de véritables ruptures stratégiques. Qu’en est-il lorsqu’on sort de ce modèle en adoptant des réorientations stratégiques majeures? En 2012, la direction de Lidl en France annonçait un changement majeur de la stratégie du pionnier du « low cost » alimentaire. Un vaste plan est mis en place tant en termes d’investissement et d’organisation des magasins qu’en matière de communication et d’image de l’enseigne. En nous appuyant sur deux enquêtes auprès des consommateurs français, menées avant (2011) et après (2016) le plan de Lidl, nous nous sommes interrogés sur les perceptions des consommateurs de l’image de hard discounteur alimentaire de Lidl. Nos résultats montrent un « repositionnement » perçu de Lidl en termes d’image et un gain relatif en compétitivité.

Quelle réponse stratégique aux paradoxes d’un Centre de Lutte Contre le Cancer (CLCC) ? Le cas du Centre Jean Perrin

La recherche s’intéresse aux paradoxes auxquels sont confrontés les Centres de Lutte contre le Cancer (CLCC) et la réponse stratégique qu’ils adoptent afin de parvenir à les concilier. De type recherche-accompagnement, elle s’appuie sur l’étude d’un cas, le Centre Jean Perrin, et est fondée sur une analyse documentaire et des entretiens à visée compréhensive. Les résultats montrent que le paradoxe considéré comme objet-frontière permettrait de construire des représentations partagées et acceptables par tous et favoriserait la coopération entre les mondes sociaux en présence (ici médical, gestionnaire et politique).

Management et passion dans les PME. Spécificités managériales et financières des PME du secteur équestre

La filière équine rassemble des secteurs d’activité variés autour du cheval tels que le loisir équestre, les courses de chevaux et paris, l’élevage, les soins vétérinaires ou encore la fabrication de produits et services. Le dynamisme de la filière équine a intéressé la sociologie sans pour autant constituer un vrai champ de recherche. En revanche, à notre connaissance, les sciences de gestion n’y ont pas encore porté d’intérêt. Pourtant, la filière équine se rapproche de filières économiques comparables ayant été étudiées par les chercheurs en sciences de gestion : le sport et plus spécifiquement les clubs de football professionnel ou l’art. Ces activités économiques ont en effet plusieurs similitudes. Elles constituent des milieux à la fois fermés et néanmoins médiatisés. Elles sont pourvoyeuses de milliers d’emplois et attirent des millions de spectateurs, français et internationaux. Surtout, elles se singularisent par la passion qui anime l’ensemble des parties prenantes.
Le papier présenté se propose d’étudier la filière équine en s’intéressant aux caractéristiques de la structure entrepreneuriale équestre. De fait, une activité spécifique est observée : les écuries d’entraînement de chevaux de courses. Les entreprises étudiées sont des TPE/PME dont les caractéristiques sont les suivantes : un dirigeant passionné, un environnement économique et professionnel sociologiquement fermé, une gestion de la performance incluant une dimension à la fois financière et sportive. L’objectif de notre recherche est ainsi de répondre à la question suivante : comment des entreprises gérées par des non gestionnaires prennent-elles leurs décisions stratégiques ?
Ainsi notre recherche vise à décrire et comprendre le processus décisionnel en place dans les TPE/PME équestres.

La perception et la gestion des risques relationnels dans le cadre des alliances asymétriques

Bien que présentant des avantages pour chacun des partenaires, les relations d’alliances entre PME et FMN sont des systèmes complexes confrontés à l’incertitude classique de l’environnement et à celle plus spécifique liée aux partenariats. Toutefois, rares sont les recherches s’inscrivant dans une problématique de gestion des risques dans les alliances globalement et plus particulièrement dans les alliances asymétriques. L’objectif de cet article est donc d’explorer la question de risques relationnels perçus par les PME dans le cadre de leurs partenariats asymétriques et de comprendre leurs modes de gestion. Dans cette perspective, une étude qualitative exploratoire de dix PME de l’industrie aéronautique française a été menée. Trois résultats principaux découlent de cette étude. Tout d’abord, cette recherche démontre l’intérêt d’adopter une vision multidimensionnelle du risque relationnel. Ensuite, nos résultats montrent une différence de perception de risques relationnels par les dirigeants des PME selon que l’on soit en phase de négociation ou en phase de conduite de l’accord. Enfin, il semblerait qu’il n’existe pas de mode de gestion privilégié de risques relationnels. La combinaison de différents facteurs, formels et informels est importante pour faire face aux risques relationnels dans le cadre des alliances asymétriques.

The difficult relationship between the consultancy market and SMEs: inspiring insights for future improvements

Purpose: Small and medium-sized enterprises (SMEs) play an important role in the economy, but their specific status brings several difficulties that large firms do not have to face. Among others, the literature underlines a market gap in the SME consultancy services, with a weak demand from SME managers. This research investigates the consultancy market to find some solutions to facing this market gap. More specifically, the aim of this article is to understand the actual context of the consultancy market perceptions and, thus, to provide some recommendations about how advice providers can adapt their services to foster, meet, and maintain the demand of SMEs. The research focuses on actors located in the department of Drôme, France.
Methodology & design: An investigation of demand’s perception has been conducted through a questionnaire during the period September–October 2015. It resulted in 38 valid responses from SME managers located in the department of Drôme, France. A descriptive analysis of the answers is followed by a cluster analysis applied to the most significant survey questions.
Main findings: Generally speaking, the results suggest that consultants should build a long-term relationship with SME managers in order to face the different factors limiting the demand (among others, specificities of SMEs, entrepreneurial spirit of the SME managers, and lack of trust). High importance is also attributed to the consultant’s experience in the sector of activity and consultancy domain provided. The results also suggest that SME consultants are widely different from the ones working with large companies. SME consultants need to adapt their support in line with the specificities of SMEs. Their role as SMEs’ “accompanist” consists of encouraging and enabling managers to think strategically. The cluster analysis identified different kinds of SMEs with whom the consultants should act differently. The three groups concerned SMEs that were “public entities oriented”, “personal relationship oriented”, and “internal support oriented”.
Limitations: The main limitation is linked to the location of the sample: 38 questionnaires from companies located in the department of Drôme (France). Notwithstanding, given the difficulty of obtaining reliable data from SMEs, this is a first key step in trying to fill the gap regarding consulting services dedicated to this specific kind of firm. The survey revealed interesting results that could be deepened in further research.
Value and interest: This article provides a better understanding of how the consultancy market is actually “perceived” by SMEs. It is one of the first attempts focused specifically on this sector and the SMEs. The results enable the advancement of first recommendations in order to improve the market for consulting services dedicated to SMEs for policy and strategy development. Future research could build on these preliminary results to test them on a larger sample and determine clear market segments.

What is an inclusive business model?  An ‘extended resource-based theory’ definition built on the investigation of three inclusive enterprises in France

The research on inclusive business models is in general focused on developing countries’ low-income people. However, some inclusive enterprises in developed countries, as France for instance, are established, and do not only fight against economic exclusion. This existence reveals the relevance and the necessity to (re)define, in a holistic perspective, what an inclusive business model is. In this paper, we forward the ‘extended resource-based theory’ and highlight an inclusive strategic intent in favor of a category of “excluded” or “wasted” human resources. We base our discussion on a multiple cases-investigation of three French diversified inclusive-enterprises, in order to suggest a (re)definition of the inclusive business model, and several implications for strategy and for society.

Le rôle des entités non-humaines dans le travail institutionnel : le cas de l’océan dans un écosystème économique local de surf

Dans cet article, nous examinons le rôle joué par l’entité non-humaine qu’est l’océan dans le travail institutionnel. Le travail est réalisé par les acteurs de l’écosystème économique du surf d’une station balnéaire girondine afin de modifier l’institution qui régit la relation entre cet écosystème et l’océan. Pour cela, nous nous appuyons sur l’exposé des résultats d’une étude de cas approfondie de cette économie locale, structurée autour de la pratique du surf, et dont le rapport à l’océan a été modifié par un travail institutionnel facilité par l’érosion inédite du trait de côte lors des tempêtes de l’hiver 2013-2014. Nous mettons ainsi à profit une analyse qualitative de 32 entretiens, réalisés avec les parties-prenantes de cette industrie locale, pour identifier le rôle joué par une entité naturelle dans l’action volontaire réalisée sur les institutions. Le recours au cadre théorique de l’anthropologue Philippe Descola, concernant les figures des relations entre humains et non-humains, nous conduit 1) à reconsidérer la manière d’intégrer la matérialité dans le travail institutionnel lorsqu’il s’agit d’une matérialité naturelle, comme c’est le cas avec l’océan, et 2) à proposer, à travers les travaux de l’anthropologue, une manière d’opérationnaliser l’étude d’un tel travail institutionnel associé à la capacité d’agence de la nature.

Contribution des proximités à la construction d’une dynamique collective dans une pépinière créative

La revalorisation du patrimoine industriel et l’engouement récent des acteurs politiques et socio-économiques pour l’entrepreneuriat culturel et créatif permet l’ouverture de nouveaux espaces physiques de travail, tels que le co-working, les Tiers-Lieux ou les FabLabs. Une forme particulière retient notre attention : la pépinière thématique, et en particulier créative. Créée à l’initiative des pouvoirs publics, elle a pour objectif de soutenir l’entrepreneuriat créatif dans un contexte de redynamisation territoriale. Il nous semble nécessaire de questionner le dispositif pour mieux comprendre les apports d’une pépinière à l’entrepreneuriat créatif : quels sont les processus construits et mis en œuvre pour développer l’activité entrepreneuriale créative ? Pour répondre à cette question centrée sur la problématique de l’environnement propice à la dynamisation de l’entrepreneuriat créatif, nous mobilisons deux cadres théoriques : l’accompagnement de l’entrepreneuriat créatif (Théodoraki et Messeghem, 2014 ; Ribeiro, 2014 ; Barbero et al., 2014 ; Carrier et Gélinas, 2011) dans ses dimensions individuelle et collective, puis la théorie des proximités (Rallet, Torre, 2004 ; Bouba-Olga, Grossetti, 2008 ; Torre 2014) pour analyser la nature des interactions au sein de la pépinière. Notre recherche, de nature exploratoire, s’appuie sur 21 entretiens non directifs d’entrepreneurs, ainsi que sur l’observation directe de la vie de la pépinière créative à laquelle ils appartiennent. Nos résultats reposent sur deux points principaux : les apports de l’écosystème « pépinière » et les processus du développement de l’entrepreneuriat créatif. Ces résultats sont discutés à partir d’un retour théorique sur trois concepts : les gate keepers (Haas, 2015 ; Emin et Sagot-Duvauroux, 2016), les intermédiaires d’innovation ouverte (Fabbri, Charue-Duboc 2016) et l’émergence d’un nouveau modèle d’action collective (Brechet, Schieb-Bienfait, Desreumaux 2009 ; Hatchuel, 2015).

Articuler enquête du chercheur et enquêtes des praticiens : une expérimentation pragmatiste dans le nucléaire

En s’appuyant sur un terrain dans le nucléaire, cet article propose une expérimentation pragmatiste originale. Ce travail s’inscrit dans la lignée des travaux s’interrogeant sur la conduite de recherches qualitatives pour répondre aux enjeux de compréhension et d’analyse de situations de gestion complexes. Le cas du pilotage des installations dans le nucléaire permet de mettre à l’épreuve l’enquête comme modalité d’action des chercheurs et des praticiens. Plus spécifiquement, nous soulignons l’enjeu de l’articulation entre enquêtes des praticiens et enquête du chercheur pour produire un savoir opérationnel guidé par le « faire mieux ensemble » et un savoir académique articulé ici autour de la question de l’action collective. S’inscrivant dans le tournant pragmatiste qui suscite actuellement un grand intérêt pour les sciences de gestion, cette recherche met en lumière le rôle central des communautés d’enquête, véritables incarnations de l’articulation entre enquêtes ordinaires et enquête scientifique. En reprenant les étapes de la recherche et en la mettant en perspective par rapport aux études existantes d’ancrage pragmatiste, nous éclairons les apports d’approches pragmatistes pour saisir l’activité et les pratiques mais aussi pour répondre aux questions liées à la réflexivité du chercheur face et avec son terrain d’étude.

Financement des investissements dans un contexte d’insuffisance de ressources propres et de rationnement de crédits : quel impact sur la performance des petites et moyennes entreprises (PME) de transport inter-urbain ?

Le présent travail vise à identifier les sources de financement des investissements des Petites et Moyennes Entreprises de transport inter-urbain du Cameroun et de comprendre leur impact sur la performance de ces entreprises. Il part du constat selon lequel lesdites entreprises évoluent dans un environnement où elles sont soumises au rationnement des crédits. Toutefois, on observe qu’elles commencent souvent très petite. Mais très vite, elles multiplient les agences de voyage. Or, parallèlement, elles pratiquent des prix de transport en deçà de ceux exigés par les autorités en charge des transports pendant que les charges de fonctionnement s’accroissent. Pour conduire cette étude, nous avons utilisé la méthode hypothético-déductive. Les données ont été collectées auprès d’un échantillon de cinquante-huit (58) PME choisies de manière raisonnée. Les résultats obtenus révèlent que trois modes de financement de l’investissement influencent significativement la performance desdites PME. Il s’agit du Crédit-bail, du crédit bancaire et du financement par tontine. Compte tenu de l’importance de ces modes de financement pour la performance desdites PME, leur accès mérite d’être considéré à sa juste valeur par le Gouvernement, les bailleurs de fonds, les entreprises et les associations professionnelles d’entreprises.

Producing one’s own medicine: identity tensions and the daily identity work of pharmacists

The objective of this paper is to investigate how professionals cope with identity tensions inherent to their profession on a daily basis. We address this issue by studying identity tensions and identity work of well-established professionals in a stable profession. Using interview data gathered from 42 pharmacists in France, we found that professional identity encompassed different facets, and that being a professional involved a routine identity work of ‘fitting’ the different facets together. We showed that this routine work occurred in parallel to – and in association with - a more reactive appraisal of professional identity, as environment-generated identity tensions led pharmacists to reappraise who they were as pharmacists. We also revealed that professionals can exert their agency and invent their own way of ‘being’ a professional through crafting their own practices. Thus the multiplicity of identity facets, although a source of ambiguity and tensions, also constitutes a space for agency. Theoretical contributions are twofold. First, we shed new light on the bricolage of identity work by professionals. Second, we reveal the role of agency in this ongoing bricolage and untangle the links between identity and practice.

Intermediation: an Entrepreneurial Opportunity in the Economy of Horse Racing

The economic sector described in this paper is the equine sector and more particularly the horse racing activity, whose organization lies in codes, practices and networks specific to a close-knit professional and social community. Relying on the interactionist sociology of professions and the sociology of markets, the paper analyses how environmental changes generate professional opportunities and the structuration into professional groups. The authors precisely point out one new-born profession: the profession of jockeys’ agent. Based on a qualitative approach, the paper firstly presents the context of the study to explain the evolution of the racing industry in recent decades. Then the paper observes the daily tasks and missions of agents and analyzes the construction of a collective and thus professional territory. The authors describe the transformation of a work organization based on a dual employer/employee relationship into an entrepreneurial model and the socio organizational consequences. In a perspective of future research, the authors link the two concepts of intermediation and market by demonstrating that the presence of intermediary agents contributes to the establishment, to the construction of a new market: that of the jockeys.

Dynamique des routines, outils de gestion RH et stratégie de l'entreprise: le cas d'une entreprise de fonderie

Les outils de gestion des compétences RH peuvent être conçus pour orienter les compétences des employés vers des objectifs stratégiques. Cependant, selon l'approche SaP, les outils "théoriques" ne produisent pas mécaniquement les effets désirés. Ce qui compte, ce sont leurs usages et leur transformation par la pratique. Nous nous appuyons sur la théorie de la dynamique des routines pour comprendre comment la GRH agit sur la dynamique interne des routines de production. S'appuyant sur une seule étude de cas, la communication aboutit à trois types d'observations : certains outils ont influencé la routine de production d'une manière autre que celles initialement imaginées, d'autres n'ont pas influencé la routine de production parce que les conditions organisationnelles ne leur permettaient pas d'être utilisées de manière appropriée, enfin d'autres outils ont effectivement influencé la routine de production alors cela n'avait pas été envisagé au départ. L'intention stratégique, ses possibilités réelles de déploiement et ses possibilités de développement ultérieures ont ainsi acquis une substance spécifique au sein des ateliers de production.

L’exercice du pouvoir par le leader lors du développement de produits nouveaux. Une approche socio-psychologique

Le développement de produits nouveaux est un processus particulièrement propice aux luttes de pouvoir et aux phénomènes de résistance, à la fois notamment dans les relations entre le leader et les membres de l’équipe de développement, et celles entre l’entreprise et ses partenaires. La littérature envisage généralement l’exercice du pouvoir par le leader sous un angle négatif, considérant qu’il a pour objectif de forcer les individus à adopter un comportement donné. Pourtant, certains travaux ont montré que le pouvoir pouvait également revêtir une valeur positive dès lors qu’il contribue à changer les choses et à en accomplir de nouvelles. Cet article propose donc d’envisager cette double facette du pouvoir durant le développement de nouveaux produits en s’appuyant sur la conception psycho-sociale du pouvoir portée par Turner (2005) qui explique la mobilisation de différentes formes de pouvoir par le mécanisme d’identification sociale des individus à un groupe.
L’étude qualitative de cinq cas est articulée autour d’un dispositif original combinant trois méthodes : l’analyse qualitative comparée, les réseaux sociaux et l’analyse des évènements. Au-delà de valider l’intérêt d’envisager le développement de nouveaux produits au travers des mécanismes d’identification sociale, notre article apporte une meilleure compréhension des déterminants des différents types de tactiques utilisées. Ainsi, la persuasion montre certaines limites lorsqu’elle est mobilisée sur des parties prenantes extérieures au groupe, mais elle devient un outil puissant pour favoriser l’identification de ces parties prenantes au groupe lorsqu’elle est associée à des pratiques autoritaires. De plus, les leaders qui sont peu centraux dans leur réseau tirent davantage de bénéfices de l’utilisation de la coercition sur les membres du groupe, allant jusqu’à modifier leur identité sociale.

Organizational conformity and survival in complex institutional environments

Although scholars have been increasingly interested in organizational responses to complex institutional environments, we have limited understanding of the consequences such responses may have for organizations. In this paper, we argue that organizations that have established an institutional footprint by consistently demonstrating conformity to an institutional logic are more likely to be supported by resource holders and thus enjoy higher survival chances in complex institutional environments. The effect of institutional footprint on survival chances is expected to increase when an institutional logic gains dominance at the industry level. We test and find strong support for these arguments using population data on producer firms in the French film industry (1994–2008).

Impact des compétences clés sur l’innovation stratégique dans un environnement social turbulent : Le cas des entreprises informatiques en Tunisie

Notre travail a l’ambition d’étudier les compétences clés essentielles à l’innovation stratégique dans un environnement social turbulent. Le contexte tunisien paraît très approprié pour notre étude étant donné que le pays est face à l’une de ses plus grandes crises socio-économiques. Nous nous sommes concentrés sur les entreprises agissant dans le secteur informatique eu égard à ses dimensions structurelles et aux contraintes environnementales supportées par les entreprises du secteur. L’étude réalisée sur 43 entreprises a aboutit à des résultats contre-intuitifs puisque seule l’innovativité des entrepreneurs/managers a un impact significatif sur l’innovation stratégique. Les compétences technologiques et les processus de coordination n’ont pas de liens significatifs avec l’innovation stratégique

Impact de la préparation à la création sur le succès entrepreneurial : Cas de la région de Sfax

La « préparation à la création » est une phase clé pendant laquelle l’entrepreneur consacre du temps, de l’énergie et des moyens et s’engage dans la perspective de créer. C’est une étape primordiale ayant un impact sur le succès et le développement de la jeune entreprise. L’objectif de cette communication consiste à étudier l’impact des trois dimensions de préparation à la création (étude de faisabilité, mobilisation des ressources et mobilisation des équipes) sur le succès de la jeune entreprise dans la région de Sfax. Pour ce faire, nous avons mobilisé le modèle de Louis Jacques Filion (2012), Frank Lash et al. (2005) et les travaux de Diane Saty Kouame 2012 ainsi que tout le socle théorique y afférent.
Nous avons fait appel à une étude quantitative d’analyse de données. Une étude qui a touché 280 entrepreneurs tunisiens. Ces derniers étaient appelés à répondre à la question suivante : « Quel est l’impact des dimensions de la préparation à la création sur le succès de la jeune entreprise ? ». Pour répondre à cette question, nous avons divisé notre travail en deux parties. Une première, consacrée à l’étude du socle théorique du phénomène et une deuxième partie consacrée à la validation empirique. C’est un moyen pour étudier de près les facteurs relatifs à la préparation à la création et leur susceptibilité à influencer le succès de la jeune entreprise dans la région de Sfax.
Les résultats étaient satisfaisants du fait que la mobilisation des équipes de départ explique bien le succès de la jeune entreprise. La mobilisation des ressources en partant de la logique effectuale contribue fortement au succès des entreprises, tandis que l’étude de faisabilité s’avère comme un facteur non significatif pour le succès des jeunes entreprises dans la région de Sfax.

Scientists’ come back: Manipulation as a way to gain back influence over the strategy of the firm

The literature on participation to strategy processes examined the influence of middle managers but gave little importance to the influence of occupations. This is despite the fact that the literature on occupations underlines the influence of the latter on organizations. The paper examines this gap by considering the extreme case of a marginalized occupation: scientists in a large high technology French firm. It relies on a case study where after three R&D projects, scientists successfully convinced managers to give up on their aim to enter the automobile market. The paper shows how scientists do so by disrupting the beliefs of managers about the relevance of the expertise network that evaluates projects; by using the rhetoric of what they appointed as new stakeholders of the research agenda to defend their own goals; and by manipulating categories in a way that convinces managers that failure is due to the belonging of the partners to the automobile market, and not because of other possible reasons. Implications are examined for the strategy process literature and the literature on occupations.

Partnering with firms: Do non-profit organizations sell their soul to the devil?

Collaboration between nonprofit and business sectors has been widely researched from the business perspective. To date, the literature on social alliances has not examined the models of conversion of capitals used by nonprofits in social alliances. To address this gap, we propose a theoretical framework based on Bourdieu’s theory of forms of capital and the mechanisms of capital conversion. Since firms now must become more socially responsible through Corporate Social Responsibility, the traditional model of capital conversion for nonprofits has had to change to accomodate corporation and allied foundations as alternative sources of funding. Through alliances with firms, Nonprofit Organizations can convert their symbolic capital into economic capital, but in doing this, they run the risk of losing their symbolic capital as Environmental, Social and Governance organizations. Based on a cluster analysis and a multinomial probit regression, the preliminary findings indicate that NPOs have developed four models of conversion, two of which involving firms. The main explanatory factor for using one of these two models of conversion is the symbolic capital of nonprofits.

L’impact de la distance institutionnelle et du pays d’accueil sur les choix des modes d’entrée des entreprises des pays émergents

La recherche vise à déterminer, dans le contexte des entreprises des pays émergents (EMNE), l’impact de la distance institutionnelle et la nature de pays hôte sur les choix des modes d’entrée sur les marchés étrangers. En nous appuyant sur un échantillon de 487 opérations menées à l'étranger par des entreprises indiennes, nous constatons que la distance institutionnelle informelle impacte le mode d'entrée des entreprises indiennes. Nous montrons également que ces entreprises préfèrent les acquisitions quand elles entrent dans les pays développés, mais n’ont pas de préférence pour un mode d'entrée spécifique lorsqu’elles choisissent de s’implanter dans d’autres pays émergents.

Motivations intergénérationnelles des femmes entrepreneures : étude de cas au Bénin en Afrique de l’Ouest

L’entrepreneuriat des femmes a été largement étudié au cours de ces dernières années. Des recherches récentes ont montré, que les femmes peuvent être motivées comme leur homologue masculin aussi bien par des facteurs d’opportunités (pull) et de nécessité (push), selon le contexte et l’environnement dans lequel elles se trouvent. Dans cet article, sous l’hypothèse que la nature des facteurs de motivations pourrait différer selon le niveau de génération d’entrepreneurs auquel appartient la femme, les réponses sont poursuivies au travers d’une étude de cas conduites auprès d’un échantillon de dix (10) entrepreneures innovantes dans le secteur agroalimentaire au Bénin en Afrique de l’Ouest. Sur la base des données de cette étude, il a été identifié dans le cas spécifique des femmes, des similitudes et des différences dans les facteurs de motivations à l’activité entrepreneuriale entre les entrepreneures de première génération et celles de deuxième génération. Les raisons qui poussent les femmes à entreprendre sont plus des facteurs d’attraction (besoin de réalisation personnelle/d’autonomie, la passion, la découverte d’opportunité, le besoin de reconnaissance), que de nécessité (le chômage, le besoin de flexibilité/concilier vie de famille et vie professionnelle). Il est ressorti que la décision entrepreneuriale de la femme est déterminée par des raisons bien spécifiques liées à sa condition féminine mais aussi à son parcours.

Et si la décision stratégique était un processus simplexe ? Réflexions sur les fondations théoriques de l’approche de la stratégie par les règles.

L’objectif de ce papier est de contribuer au débat sur la robustesse théorique de l’approche de la stratégie par les règles simples, essentiellement développée par Kathleen Eisenhardt, en mobilisant des développements récents des sciences du vivant. Ces travaux sur la « simplexité » montrent en effet la nécessité qu’ont les êtres vivants à utiliser des règles simples pour répondre à la complexité de leur environnement. Les règles simples sont des raccourcis cognitifs qui permettent d’économiser du temps et des efforts en centrant l’attention et en simplifiant le traitement de l’information.
La première partie de l’article permet de revenir sur cette approche de la stratégie et les critiques dont elle fait l’objet. Dans la deuxième partie, nous montrons que ces critiques doivent être relativisées en mobilisant la théorie naissante de la simplexité. La simplexité désigne l’ensemble des solutions élaborées par les organismes vivants pour faire face à la complexité de leur environnement. Pour ses partisans, la simplexité est une des propriétés fondamentales du vivant. Tous les animaux et les êtres humains développent des processus simplexes pour survivre et se développer. Un processus est dit simplexe s’il permet de répondre à la complexité par une combinaison de règles simples.
La théorie de la simplexité a été essentiellement développée par le neurophysiologiste Alain Berthoz. L’auteur (2009) montre pourquoi les êtres vivants sont dans l’obligation d’avoir recours à des processus simplexes et aborde les mécanismes qui permettent le développement de ces processus. Ces mécanismes reposent sur six principes : la spécialisation et la sélection - l’inhibition - l’anticipation probabiliste – le détour - la coopération et la redondance – le sens.
Dans une troisième partie enfin, nous tentons de cerner les apports potentiels de ces travaux issus des sciences du vivant pour l’approche de la stratégie par les règles simples. Nous montrons que bon nombre des caractéristiques de la simplexité sont présentes dans l’approche défendue par Eisenhardt et ses collègues, à la fois dans la nécessité de recourir à des processus décisionnels simplexes et dans les modes de production de ces processus. La simplexité semble ainsi offrir un cadre théorique susceptible de renforcer la pertinence et l’intérêt des règles simples en management stratégique.
Cependant, la mobilisation de la simplexité permet également de mettre en évidence les insuffisances actuelles de l’approche de la stratégie par les règles simples et d’envisager des pistes pour la densifier. Tout d’abord, les questions de la fiabilité, de la spécialisation et de la sélection semblent encore peu abordées. Ensuite, la notion de redondance semble utilisée de manière différente dans les deux courants que nous avons rapprochés. Enfin, les travaux d’Eisenhardt et ses collègues éclairent encore très partiellement les conditions d’émergence et de renouvellement des règles, notamment le rôle joué par la vision stratégique.

La motivation au cœur de la veille stratégique : Comportements d’acteurs au sein des entreprises de télécommunication

Avec l’émergence d’une économie fondée sur la connaissance, l’implantation d’un dispositif de veille stratégique s’avère incontournable. Cette nécessité est d’autant plus renforcée que l’environnement dans lequel opèrent les entreprises est de plus en plus complexe et incertain. Désormais, leur survie passe par leur capacité à maîtriser l’information afin de faire face aux turbulences environnementales. Cette maîtrise est tributaire des compétences des individus dans l’exercice de la veille stratégique. Dès lors, la réussite de ce projet représente le fruit de la détermination et de la motivation de ces employés à répondre à cette volonté stratégique.
Bien qu’il y ait un consensus dans la littérature sur le rôle fondamental des ressources humaines dans la réussite de la veille stratégique, à notre connaissance, peu de travaux de recherche ont évoqué la problématique de la motivation des cadres intermédiaires pour mener à bien cet exercice.
Dans ce contexte, la présente recherche tend à explorer les facteurs qui motivent les cadres intermédiaires des entreprises de télécommunication à s’impliquer dans un projet de veille stratégique. Une approche interprétativiste exploratoire a été déployée à travers la méthode d’étude de cas multi sites comme cadre explicatif de notre problématique. Le recueil des données est réalisé à travers une triangulation entre les entretiens semi-directifs, l’observation non participante et la documentation.
Pour appréhender le concept de la motivation envers la pratique de la veille stratégique, nous avons mobilisé la théorie des attentes de Vroom (1964) et celle de l’équité d’Adams (1963). La théorie des besoins de Mc Clelland (1961) a été mobilisée afin de comprendre les forces internes qui peuvent stimuler la motivation du personnel envers l’exercice de la veille stratégique.
Il en ressort qu’un environnement supportant l’autonomie et l’autodétermination du personnel renforce sa participation dans le dispositif. Cette implication lui permet de combler certains besoins et de voir le fruit de ses efforts. Il en ressort ainsi que la personnalité détermine, à son tour, le comportement de l’acteur de la veille stratégique et guide ses actions. Ce dernier est enclin à pratiquer la veille du moment où son effort est évalué à sa juste valeur dans la gestion de sa carrière et dans le système de récompense monétaire.

Innovation and internationalization – Indian firms’ choice of entry into foreign markets

This article addresses the question of internationalization of emerging market multinationals (EMNEs) by focusing on how EMNEs’ level of innovation impacts their choice of entry mode into foreign markets. The growing numbers of EMNEs and the rising amount of foreign direct investments (F DI) from emerging countries illustrate the growing importance of EMNEs. At the same time, EMNEs meet a pressure to innovate; innovation is a substantial source of competitive advantage. Some EMNEs improve their innovation levels, but they suffer from latecomer disadvantages and the liability of emergingness. To compete with developed market firms (DMNEs) globally, EMNEs need to overcome these challenges. Thus, in an emerging market context, closing the gap with DMNEs is one motivation for EMNEs’ internationalization. We argue that this impacts their choice of entry mode. By focusing on firms from one emerging market, India, we studied the role of international strategic alliances (ISAs) compared to the one of acquisitions in their internationalization strategies. We looked at the foreign operations undertaken by 221 Indian firms over a ten year period. We found that firms’ innovation level has a positive impact on their ISA intensity, which shows that firms with higher levels of innovation enter more ISAs than acquisitions in foreign markets. In the case of acquisitions we find no significant results. These results suggest that Indian firms with higher level of innovation prefer internationalization through partnerships instead of acquisitions.
The increased importance of EMNEs and the fact that they rapidly catch-up with DMNEs do that we need to improve our knowledge about EMNEs’ behavior and international strategies. Indeed, it has been argued that more research is needed to understand how EMNEs overcome barriers to internationalization and to how they become global competitor. In this paper, we study how EMNEs’ level of innovation impacts their chosen foreign entry modes. To our knowledge, this has not previously been studied. With this research we hope to contribute to the knowledge of EMNEs’ internationalization strategies and entry modes, and then particularly of Indian firms.

Identification des opportunités entrepreneuriales dans le contexte de la reprise par un tiers

Notre objectif est de mieux comprendre la représentation de l’opportunité d’affaires chez le repreneur personne-physique. Pour cela, nous utilisons la théorie des prototypes de Baron (2006). Nous avons mené 4 entretiens semi directifs auprès de repreneurs du Réseau Entreprendre. Les résultats de cette recherche montrent que le prototype opportunité est articulé autour de 5 dimensions. Une analyse sous le prisme de l’opportunité permet finalement de repenser la figure du repreneur tout en engageant une réflexion sur les déterminants de la réussite du rachat.

Stratégies de remake dans les industries créatives : pratiques de mimétisme et de personnalisation dans les stratégies d'imitation

Les stratégies d’imitation sont documentées par la littérature en Sciences de Gestion. Les apports comme les défauts de telles stratégies sont déjà connus. Mais nul n’attendrait l’usage de telles démarches dans les industries créatives, et encore moins dans les activités « cœur de métier » liées aux pratiques de créativité. Une étude empirique réalisée à l’aide de l’analyse du discours d’acteurs qui évoluent dans ce secteur d’activité indique pourtant une réelle diffusion : après une phase d’inspiration largement basée sur ce qui existe dans l’environnement, les créatifs sont amenés à intégrer leur propre créativité pour générer une nouvelle proposition de valeur. Nous nommons cette démarche « stratégie de remake » : elle dépasse les stratégies d’imitation pour y intégrer une appropriation et le développement d’une nouvelle version de l’existant. Il ne s’agit pas de copier, mais de s’inspirer pour ensuite enrichir le produit d’une valeur complémentaire. Après ce constat, nous considérons la pertinence stratégique d’une telle démarche pour la théorie comme la pratique de la direction des organisations.

Le rôle des relations de pouvoir dans l’élaboration des politiques de sécurité des systèmes d’information

Les règles de sécurité des systèmes d’information reposent en partie sur un processus de négociation et d’appropriation lors duquel les acteurs vont interpréter les normes de sécurité et remettre en question leurs modèles d’actions, tant dans leurs aspects techniques que dans les modalités organisationnelles. Dans cet article, nous questionnons le rôle des relations de pouvoir dans ce processus.
Notre démarche explore deux études de cas aux relations de pouvoir contrastées qui se jouent entre les managers de la ligne hiérarchique et les ingénieurs du département informatique. Toutes deux sont situées dans des organisations qui sont amenées à élaborer des règles de sécurité informatiques conformes à une norme externe qui leur est imposée.
Les résultats de notre analyse tentent à soutenir les conclusions de Nizet et Pichault (2011) selon qui la nature des règles produites à l’issue d’un travail de négociation et d’interprétation
plus ou moins intense d’une norme externe est étroitement liée aux relations de pouvoir à l’œuvre dans ces situations.

La création de valeur: glas ou Graal? Revue et modélisation du concept

La littérature en sciences de gestion mobilise le concept de « création de valeur » sans pour autant en discuter le sens et encore moins sa dynamique. Dans les milieux de la pratique stratégique et de la recherche en stratégie d’entreprise, le mot valeur est étroitement associé au concept de modèle d’affaires, depuis une quinzaine d’années, avec une création de valeur présentée comme un « objectif » surplombant voire comme une formule incantatoire permettant aux acteurs de dépasser leurs désaccords. La présente communication est motivée par de nouveaux questionnements face à nos insuffisances pour concevoir des stratégies et des modèles d’affaires qui créent de la valeur pour un ensemble plus étendu de parties prenantes et non plus seulement pour les propriétaires / actionnaires. Notre question de recherche porte sur l’essence de la « création de valeur »: comment les chercheurs qui publient sur le concept de création de valeur définissent-ils ce concept ?
Après une présentation du cadre conceptuel mettant en relief les raisons d’une nécessaire synthèse tant pour les besoins du praticien que pour ceux du pédagogue-chercheur, nous présentons la démarche méthodologique. Cette dernière consiste en une revue de littérature utilisant la base de données Scopus et l’exploitation sous Alceste (logiciel de traitement de données textuelles) des définitions de la création de valeur extraites des 50 articles anglophones les plus cités contenant « value » et « creation » dans leur titre. Les classes de discours obtenues de la double classification automatique du corpus textuel agrègent des contenus autour de cinq thèmes : 1) la nature de la valeur créée, 2) l’architecture de la valeur, 3) la valeur perçue par l’usager ou l’acheteur, 4) le partage économique de la valeur entre parties prenantes, et enfin 5) la co-création de la valeur, sur la base d’une interaction entre le client et le fournisseur. Enfin, nous discutons nos résultats, à partir d’un cadre conceptuel inductif et sur la base d’une littérature étendue (anglophone et francophone), à savoir une proposition de modélisation du concept de « création de valeur» autour d’enjeux épistémologiques et même paradigmatiques.

La solidarité entrepreneuriale : logiques et manifestations aux réseaux d'entreprises

Le réseau dont les retombées sont largement abordées dans les travaux de recherche évoque dans certaines recherches un phénomène de solidarité qui existe entre les entrepreneurs pendant leurs processus entrepreneuriaux. Pourtant, l’essence de ce phénomène de solidarité entrepreneuriale est laissée à l’ombre avec une absence remarquable d’une discussion approfondie. Notre recherche s’appuyant sur deux études de cas de réseau d’entrepreneurs et de dirigeants de PME, vise à comprendre cette solidarité entre les entrepreneurs. En poursuivant cet objectif, nous nous appuyons sur la typologie d’Alter (2009) concernant les logiques de solidarité et de don entre les acteurs. Cette typologie nous offre des hypothèses afin de comprendre et caractériser la solidarité entrepreneuriale dans des espaces collectifs d’action rassemblant des entrepreneurs.

Le consensus et le conflit dans les organisations féministes

Le consensus occupe une place importance dans la littérature en management, notamment car il interroge les modalités de prise de décision organisationnelles susceptibles de garantir une forme de démocratie. La notion de consensus a donc été particulièrement utilisée par la littérature sur les organisations alternatives. Toutefois, un certain nombre de critiques ont été dressées : le consensus manquerait d’efficacité, mais surtout ne serait qu’une nouvelle manière d’exercer une forme diffuse et masquée de pouvoir. Face à cette conceptualisation du consensus comme nuisant à la démocratie dans les organisations, l’importance des conflits a été mise en lumière pour fonder une vision de la démocratie comme lieu de discorde. Cet article se propose d’investiguer l’articulation entre consensus et conflits dans un type particulier d’organisations, les organisations féministes, afin d’éclairer d’un jour nouveau la place du consensus dans la construction d’une organisation alternative. S’appuyant sur un travail ethnographique au sein d’une de ces organisations, cet article met en lumière la coexistence de deux ‘régimes de vérité’ dans l’organisation -valorisation des conflits et du consensus comme modalités de prise de décision- et montre en quoi cette coexistence permet de pallier les problématiques induites par chacune de ces modalités. En particulier, la conceptualisation des conflits comme preuve d’engagement intellectuel permet de limiter le pouvoir totalisant du consensus ; et l’idéologie diffuse du consensus comme idéal démocratique permet de canaliser les discordes et ainsi garantir la cohésion de l’organisation.

ANALYSE SOCIOMATERIELLE DE LA CONSTRUCTION DE ROLES DANS LES EQUIPES TEMPORAIRES

Les équipes temporaires sont réputées dynamiser les structures de travail et les performances des organisations (Petterson et al., 2015 ; Bakker, 2010). Si la littérature a souligné l’importance de la structure de rôles (Bechky, 2006) et du contrôle social (Gérard et Redslob, 2010) pour garantir la coordination et la mise en cohérence des acteurs, rares sont les travaux à avoir cherché à décrypter les mécanismes interactionnels à l’œuvre au sein des équipes temporaires en tenant compte de composantes matérielles des situations. Par une étude qualitative de 4 équipes en situation de travail, nous analysons les mécanismes interactionnels de contrôles visibles et invisibles (Bouquin, 2004) par lesquels les rôles se distribuent et évoluent. Ce faisant, nous analysons les liens entre les dimensions interactionnelles et matérielles de ce processus.

Développement et test des propriétés psychométriques d'une échelle de mesure de la planification par scénarios

Cet article s’intéresse au développement d’une échelle de mesure de la planification par scénarios, un concept en phase avec la complexité et l’incertitude environnementale. Malgré l’engouement managérial dont bénéficie cette méthode de planification, force est de constater l’absence d’un instrument de mesure susceptible de rendre compte de sa multidimensionnalité. Ce travail se propose de répondre à cette limite en développant et en validant une échelle de mesure sur la base des préconisations du paradigme du Churchill(1979). Pour ce faire, nous utilisons des études exploratoires et confirmatoires ainsi qu’une vérification des qualités psychométriques de toutes les dimensions. Les résultats font apparaitre que la planification par scénarios est un construit multidimensionnel composé de l’acquisition de l’information, l’acquisition et le transfert des connaissances et le développement des scénarios et des choix stratégiques.

Examining the effect of strategic and structural flexibility on entrepreneurial orientation

Entrepreneurial orientation (EO) is a core construct within entrepreneurship and strategy literature and it is considered as a strong predictor of firm performance. However, little is known about organizational and strategic factors that nurture it. In this paper, we hypothesize a positive relationship between strategic and structural flexibility and EO. Findings from a study of 133 managers in social and medico-social sector suggest that a high level of flexibility strengthens EO within firms. The theoretical and managerial implications of our results are also discussed.

Strategy formation as collective knowing: Integrating the knowledge, materiality, politics and ethics perspectives

Strategy formation is a knowing process where participants bring into play their respective knowledge about their environment and organization in order to create new strategy knowledge. Participants come from different occupations and have a varying ability to refer to institutionalized strategy practices. So far, strategy-as-practice perspective has focused on a narrow span of actors underestimating the role of the participants’ differences in strategy formation. We aim to answer the following research question: how do different participants with unequal familiarity with institutionalized strategy practices articulate their respective strategy knowledge during a strategy formation process. Based on Erden et al. (2014), we build an integrative conceptual framework. We identify and develop several processes to align strategy formation participants’ knowledge, material use, political and ethical views.

LA PERFORMANCE DES MICRO ENTREPRISES DANS LE SECTEUR INFORMEL EN AFRIQUE

Cette recherche a pour objectif de caractériser la conception de la performance des microentreprises dans deux pays en développement. Aussi avons-nous mobilisé le cadre théorique soutenant la multidimensionnalité de la performance des petites entreprises et la méthodologie qualitative fondée sur une étude de cas multiples. Les résultats de l’étude de la perception de 100 micro-entrepreneurs camerounais et burkinabé révèlent que : i) la performance des microentreprises dans le secteur informel est économique et personnelle ; ii) la performance personnelle est dominante dans la perception des micro-entrepreneurs camerounais alors que chez les micro-entrepreneurs burkinabés, il s’agit de la performance économique.

Les réseaux sociaux d’entreprise au service de l’ambidextrie organisationnelle ?

De nombreuses entreprises se sont dotées récemment de réseaux sociaux d’entreprise, outils reprenant les fonctionnalités offertes par Facebook mais dans des périmètres d’usagers clôturés. Au delà de l’achat de ces outils par les entreprises, leurs usages restent sujets à caution alors que de nombreux autres outils de communication existent déjà et que le caractère a-hiérarchique des réseaux sociaux d’entreprise semble freiner un fort engagement des hiérarchies managériales à leur usage. Dans cette communication, nous étudions l’exploration d’un usage possible des réseaux sociaux d’entreprise : leur mise au service de processus “distribués” et “participatifs” d’innovation de rupture. L’enjeu d’un tel usage serait d’arriver à concilier ce qui apparaissait jusqu’ici plutôt antagoniste : d’un côté des processus d’innovation de rupture décentralisés ou distribués mais peu pilotés et de l’autre des processus pilotés et structurés mais relativement isolés au sein de l’organisation. La théorie de l’ambidextrie organisationnelle est un cadre qui cherche à rendre compte de la nécessité d’organiser le couple d’actions en tension exploration / exploitation. Il a été proposé deux grandes réponses organisationnelles : une ambidextrie structurelle, qui isole les entités dédiées à l’exploration, et l’ambidextrie contextuelle, qui vise à concilier dans les tâches des individus leur contribution à l’exploitation et à l’exploration. Une des difficultés de cette dernière est d’arriver à faire participer un grand nombre d’acteurs dans des contextes souvent contraints et tirés au quotidien par l’exploitation. Dès lors, l’usage de réseaux sociaux d’entreprise pour la conduite de processus d’innovation de rupture a-t-il ainsi la faculté de faciliter la création d’ “espaces” pour l’exploration dans des contextes très contraints ? En d’autre termes de rendre possible l’ambidextrie contextuelle ? Les auteurs de l’article ont pu observer l’expérimentation d’un “challenge innovation” intégralement en ligne au sein d’une grande entreprise du secteur pétrolier, historiquement organisée autour de projets d’exploitation de technologies éprouvées, mais qui s’interroge sur sa capacité à générer de nouvelles ruptures technologiques. Nous proposons ici, sous la forme d’une étude de cas, une analyse de cette expérimentation, s’appuyant sur un dispositif de suivi multipliant les points de vue et les sources de données. Les résultats mettent en exergue les points suivants : le réseau social ouvre un “espace” offrant un terrain de jeu à des profils innovateurs que le dispositif permet également de repérer ; le challenge a peiné à s’élargir au-delà de ce noyau dur de “passionnés”, mais a contribué à toucher un public plus large de “lecteurs” silencieux et passifs, ce qui induit que les effets de ce type de dispositif ne se limitent pas à la participation active ; le manque de temps et d’implication des managers a constitué un frein majeur à l’élargissement au-delà d’un “noyau dur” ; il a enfin nécessité un travail intensif et multiforme de pilotage. Les implications de cette expérimentation pour la littérature sur les processus d’innovation et l’ambidextrie organisationnelle sont ensuite tirées.

Intégration d’entreprises et intégration des services de santé - Convergences et enjeux communs

Si les fusions d’entreprises privées ont largement été traitées dans la littérature en sciences de gestion, le mouvement concerne aussi les entreprises et organisations publiques, notamment dans le cadre des partenariats publics privés (PPP) (Wettenhall, 2003; Osborne et Johnson, 2003; Pongsiri, 2002). Dans le domaine de la santé en particulier, ce phénomène organisationnel a trouvé sa traduction dans les mouvements dits d’intégration des systèmes de santé (Busse et al., 2010; Coleman et al., 2009; Battersby, 2005), dont le but est d’assurer des parcours de soins et de santé cohérents et adaptés aux besoins des usagers (Couturier et al., 2016). Toutefois, tout comme les fusions qui peuvent renvoyer à des réalités diverses (Leroy, 2003), l’intégration dans le domaine de la santé se déploie en de multiples dimensions et à plusieurs niveaux (Couturier et al., 2016). Dans cet article, notre but est de rapprocher ces deux corpus de travaux afin d’identifier les convergences et les enjeux communs, ainsi que les implications pour les organisations de santé. Pour ce faire, nous mobilisons les résultats d’une étude de cas et d’une enquête qualitative par entretiens, avec un double objectif. Il s’agit d’une part de nous focaliser sur la phase de pré-intégration, peu étudiée dans la littérature en sciences de gestion, à travers l’étude de cas menée sur un projet de fusion entre deux établissements dans le secteur de la prise en charge des personnes âgées à domicile. D’autre part, il s’agit de dégager des enseignements plus généraux sur les conditions de réussite des fusions pour ce type de structures à travers l’enquête qualitative complémentaire menée, à mettre en perspective par rapport aux conclusions de la littérature sur les fusions d’entreprises. Aussi, notre recherche montre que les questions liées à la création de sens autour de valeurs communes et d’une culture partagée sont essentielles. Nos résultats confirment donc les conclusions de la littérature (Buckley et Ghauri, 2002 ; Calipha et al., 2010 ; Schoenberg, 2006), mais ils les complètent en montrant que ces questions ne peuvent être posées a posteriori, en phase de post-intégration, mais doivent être pensées en amont car elle représentent un enjeu clé qui structure l’étape de la pré-intégration, elle-même centrale pour réussir l’intégration et in fine la fusion.

Conceptualisation théorique de l’entrepreneuriat social et solidaire : L’approche par les paradoxes

Depuis une vingtaine d’années, l’entrepreneuriat social est devenu un champ de recherche à part entière, donnant lieu à une croissance des travaux académiques (Mair et Marti, 2006 ; Brouard, 2007 ; Nicholls, 2006 ; Bacq et Janssen, 2011 ; Janssen et al., 2012). Cet article explore les possibilités d’appréhension de l’entrepreneuriat social en mobilisant l’approche par les paradoxes. L’entrepreneuriat social est par essence paradoxal puisqu’il allie deux sphères opposées l’économique et le social. Pour comprendre et expliquer ces tensions, les praticiens et académiques adoptent de plus en plus cette approche (Smith & Lewis, 2011). Cet article aboutit au développement d’un cadre théorique qui permet d’appréhender de manière plus globale l’entrepreneuriat social, du point de vue de l’individu, du processus entrepreneurial, de l’organisation et de l’environnement.

Resisting working time regimes in consulting: the role of “conforming work”

This paper contributes to the study of contemporary working time regimes by investigating the individual dynamics at play between resistance and conformity to a professional ideal valuing flexibility, constant availability and reactivity. Through an in-depth analysis of 10 individual cases of consultants benefitting from specific work-life balance arrangements (ranging from sabbatical leaves to teleworking or part-time work), we analyse how they navigate their atypical situation in order to avoid stigmatisation. We show that their accounts are characterised by a strong ambivalence between a discourse of resistance emphasising the uniqueness of their situation and a discourse of compliance very much in line with the dominant ideology. We propose the concept of “conforming work” to better understand how individuals handle the gap between their practices, that they perceive as counter-normative, and expectations of conformity to the norm.

Quelles trajectoires d’internationalisation pour l'entreprise artisanale ?

Le champ de l’entrepreneuriat international s’est fortement développé ces 20 dernières années et s’élargit aujourd’hui à toute forme de comportements entrepreneuriaux à l’international. Toutefois, malgré cet élargissement, les start-up et les entreprises de secteurs high tech demeurent les objets centraux des recherches. Peu de travaux s’intéressent aux entreprises de petite taille non récemment créées et appartenant à des activités traditionnelles, telles les entreprises artisanales (EA). L’objectif de cet article est donc d’améliorer la connaissance sur les processus utilisés par les entreprises artisanales pour se développer à l’international et sur les facteurs internes et externes qui influencent ces processus. Etant donné le caractère exploratoire de cette recherche, nous avons utilisé une méthodologie qualitative fondée sur l’étude de sept cas d’EA s’étant internationalisées. Le matériau empirique collecté permet d’identifier l’existence de différents types de processus d’internationalisation au sein des EA. Il met également en avant le rôle plusieurs facteurs internes (la rareté du savoir-faire, le caractère innovant des produits ou services proposés et l’orientation entrepreneuriale du dirigeant) dans l’adoption des processus les plus rapides et précoces.

Knowledge Management: a Lever for Cluster Governance in Dynamizing SME’s Open Innovation

Firms increasingly practice open innovation through a collaborative approach. Most studies so far have concentrated on larger firms, leaving aside SMEs while they increasingly use collaborative innovation to overcome their liability of smallness. However, their limited resources impede their capacity to enter or develop networks. Innovation clusters might be privileged space to favour the building of collaborative networks for SMEs and to enhance their knowledge potential and absorptive capacity, facilitating therefore their ability to assimilate external knowledge and create new “collaborative” knowledge. In this paper, we propose to analyse the role of cluster governance as a potential intermediary in dynamising SMEs’ openness through knowledge management practices. Our analysis compares 4 main knowledge brokering practices within three French innovation clusters, and how they foster and sustain open innovation patterns. Our study confirms the importance of cluster governance as a powerful intermediary in enhancing SMEs absorptive capacity and supporting their ability to integrate collaboration networks. We also find that these practices rely on the capacity of the cluster governance to build strong cohesion links between heterogeneous members through differentiated approaches of socialization and/or formalization. This work provides critical lenses for cluster managers to adopt adequate knowledge management practice to foster collaborative innovation dynamics for its members.

Un camion peut-il devenir un véhicule institutionnel ? La matérialité des food trucks, entre conflit de légitimité et création d’identité

Les recherches sur le travail institutionnel ont privilégié les approches interprétatives des systèmes de symboles, s’intéressant moins aux dimensions matérielles qui sous-tendent les institutions. Or, le cadre théorique de la socio matérialité propose une grille de lecture enrichissante des processus d’institutionnalisation à travers l’étude des artefacts matériels, en soulignant les propriétés de durabilité et de transférabilité. Notre étude se propose donc d’étudier le rôle de la matérialité dans le cadre d’un processus de travail institutionnel au sein d’un champ organisationnel. Les formes matérielles mobilisées par un groupe d’acteurs favorisent elles le travail institutionnel notamment à travers l’expérience individuelle ? Pour répondre à la problématique, nous avons effectué une étude de cas qualitative exploratoire en nous inspirant de l’étude de cas en profondeur (Corley & Gioia 2004), sur la base d’une série d’entretiens et d’observations effectués auprès de créateurs de food truck. Nos résultats confirment ainsi le rôle de la matérialité dans les phases initiales de travail institutionnel : les dispositifs matériels, mobilisés comme des ressources, permettent l’affirmation et la création d’une identité et favorisent la légitimité des acteurs à travers la duplication d’expériences via un modèle exemplaire. La principale contribution de notre étude empirique a trait à la mise en évidence du rôle de la matérialité dans les phases initiales du travail institutionnel.

Organisations et pressions institutionnelles : constitution d’un portefeuille de ressources pour se défendre

Les changements de l’environnement remettent souvent en question la raison d’être et la légitimité de certains métiers. Les entreprises qui font face à de telles situations s’investissent dans un type particulier de réponses que la théorie néo institutionnelle désigne par travail institutionnel défensif (Maguire & Hardy 2009). Jusqu’à récemment, les travaux sur le sujet avaient mis en exergue la nature discursive du travail institutionnel défensif (Ben Slimane 2012). Cependant, des appels de plus en plus pressants invitent à élargir la conception des ressources utilisées par les organisations dans leur travail défensif. Ce travail répond à cet appel et a pour objectif d’étudier et d’explorer la diversité des ressources utilisées dans le travail défensif. Pour ce faire, nous convoquons le concept de portefeuille institutionnel (Viale & Suddaby, 2009) dont l’originalité tient à une vision intégrative de plusieurs types de ressources inspirés du capital économique, culturel, social et symbolique. Ce travail s’appuie sur une étude de cas unique d’un grossiste en fruits et légumes. La légitimité du champ des grossistes est remise en question par plusieurs changements dans l’environnement. Il s’agit principalement de l’apparition des centrales d’achat et de la perception sociale négative de ce métier. Les résultats de cette étude permettent de proposer une conceptualisation du portefeuille institutionnel des ressources qui se dessinent autour de trois types : intermédiaires, critiques, et symboliques.

Relocalisation des approvisionnements chinois : une typologie des motivations des entreprises françaises

De nombreuses entreprises occidentales font aujourd’hui le choix de relocaliser leurs approvisionnements chinois vers des zones géographiquement plus proches. Si ce phénomène fait l’objet de nombreuses communications dans la presse, les recherches académiques, portant notamment sur les raisons qui poussent les entreprises à ce choix, restent relativement rares. De plus, les recherches existantes divergent quant à l’importance respective des raisons qui peuvent prévaloir à ces choix, à savoir la correction de la décision initiale, considérée a posteriori comme une erreur stratégique, l’évolution des conditions commerciales avec la Chine, ou encore la volonté d’améliorer la réactivité en termes d’innovation.
Pour tenter de combler cette lacune, nous avons réalisé une étude auprès de 270 entreprises occidentales, très majoritairement Françaises, dont les trois-quarts approvisionnent des produits manufacturés depuis la Chine. Parmi ces dernières sociétés, plus de la moitié ont rapproché récemment tout ou partie de leurs approvisionnements chinois, et nous montrons que ce phénomène s’accélère.
L’analyse des motivations de ces entreprises fait apparaître que la première cause de rapprochement des approvisionnements (à 53%) est l’évolution des conditions commerciales avec la Chine, en raison de l’effet conjugué de la hausse des salaires chinois et de la chute de l’Euro face au Dollar. La deuxième raison (à 33%) est le changement de stratégie des entreprises, en particulier de celles qui souhaitent monter en gamme, ou adopter une stratégie RSE. Au terme de notre recherche, seules 14% des sociétés qui rapprochent leurs approvisionnements chinois le font pour corriger une erreur stratégique initiale.
Au-delà de cette lecture univariée des motivations des sociétés, nous avons ensuite réalisé une classification hiérarchique des entreprises en fonction de leurs motivations, et identifié 5 classes différentes d’entreprises : les « cost killers » (23% de l’échantillon), qui ne rapprochent leurs approvisionnements que pour des raisons de coûts. Les « réalistes » (50% de l’échantillon au total), qui, constatant la hausse des coûts Chinois, se détournent de ce pays pour trouver des fournisseurs qui leur assurent pour le même coût une plus grande satisfaction sur le plan de la qualité au sens large. Parmi eux, 28% représentent les « réalistes en recherche de qualité des produits et de fournisseurs plus respectueux de la propriété intellectuelles et de la RSE», quand le second sous-groupe (22%) regroupe les « réalistes en recherche de réactivité ». Enfin, les deux derniers groupes (13% chacun de l’échantillon), que nous qualifions de « volontaristes », sont constitués d’entreprises beaucoup plus préoccupées que la moyenne par la qualité (au sens large) de leurs approvisionnements, et beaucoup moins par la hausse des coûts Chinois. Nous montrons que les entreprises du premier sous-groupe sont préoccupées par la qualité des produits et la recherche de fournisseurs respectueux de la RSE et de la propriété industrielle, quand celles du second sous-groupe sont davantage en recherche de réactivité.
Ainsi, la réduction du différentiel de coût entre produits Chinois et produits fabriqués dans des zones géographiques plus proches, surtout dans la perspective de la continuité de la chute de l’Euro face au dollar, ne va plus obliger les entreprises à choisir entre des produits fabriqués en Chine à bas coût et des produits plus chers, mais plus proches. A prix d’acquisition équivalent, le choix s’élargit donc pour les managers.

Une coordination structurée pour développer les ventes dans les pays émergents asiatiques

Cette recherche vise à comprendre la coordination de la firme multinationale au niveau régional dans les pays émergents asiatiques. Elle s’appuie sur les mécanismes de coordination identifiés dans la littérature, comprenant les mécanismes formels (coordination par les personnes, par les résultats et bureaucratique) et ceux informels (relations latérales, communication informelle et culture organisationnelle). Elle étudie aussi les liens entre la coordination et la configuration en analysant l’organisation régionale. L’étude empirique porte sur le cas d’un fabricant français de produits industriels pour sa vente en Asie Pacifique. Ce choix a été réalisé du fait de la situation particulière de l’entreprise qui a une faible part de marché sur la zone et un nouveau manager depuis deux ans, recruté avec un objectif de croissance des ventes. Il est donc intéressant d’analyser la coordination qu’il va déployer. La sélection du cas répond aussi aux manques identifiés en recherche pour les travaux de management régional dans les pays émergents asiatiques et à l’intérêt marqué des firmes multinationales pour cette zone considérée comme un relai de croissance dans un contexte économique mondial difficile. Les résultats obtenus montrent la prépondérance de la coordination par les personnes et celle par les résultats alors que l’objectif prioritaire de l’entreprise est la croissance des ventes à un stade de développement peu important sur la zone. Un autre résultat est l’appropriation de la coordination par le manager et sa conséquence, soit le lien fort entre les changements de managers et ceux de la coordination. Aussi, les spécificités de la coordination des pays seraient autant liées aux managers en place qu’aux aspects culturels propres. En termes d’organisation régionale, le regroupement récent pour plus d’efficacité des pays d’Asie du Sud-Est en un seul « pays » avec un general manager est un bel exemple de l’appartenance de la configuration à la coordination. Le rôle du siège régional est aussi mis en avant en tant qu’intermédiaire entre le siège et les filiales. Plus classiquement, ce cas montre la complémentarité des mécanismes formels et informels. Il confirme aussi le résultat de recherches récentes que la coordination formelle peut générer de la coordination informelle, comme le reporting par exemple, et donc la porosité de la frontière de ce classement. Pour la coordination informelle, ont été développées des formations données par des personnes du siège du fait de l’importance stratégique croissante de l’Asie Pacifique. Enfin, l’utilisation importante des outils numériques est à souligner, liée tout particulièrement à l’étendue géographique de la zone. En conclusion, c’est un réel effort de structuration de la coordination qui a été accompli pour augmenter les ventes dans la région.

Absorptive capacity and the exploration–exploitation dilemma: Research on biopharmaceutical firms

Firms’ internal capacity to absorb external knowledge or technology play a critical role in open innovation implementation. Using data from 51 US bio-pharmaceutical firms between 1995 and 2006, we explore the extent to which firms’ absorptive capacity influences exploration (patenting and preclinical trials) and exploitation (human clinical trials and NDA). Results show that firm’s cumulative experience is positively associated with the exploitation, and negatively with the exploration. Results also indicate that knowledge diversity has a significant positive effect on exploitation but not exploration.

The Articulation Between Formal and Informal Channels of University-Industry Knowledge Transfer: A Longitudinal Approach

We aim to study the interplay among formal and informal channels of university-industry knowledge transfer (UIKT) through time. To do so, we adopt two different methodologies. In the first one we resort to a cross section analysis based on a survey of French academic researchers to capture the correlation between these activities in a static setting. To capture the dynamics of these interactions, we complement it with a longitudinal and qualitative interview data analysis allowing us to observe the remarkable research and technology transfer trajectories of two reputable researchers in the fields of robotics and pharmacy. First findings suggest that formal and informal UIKT activities are highly interdependent and mutually reinforcing. The multiplication of transfer activities, flow and the capitalization of knowledge in academic teams over time lead therefore to new combinations of knowledge across different research thematic and open the door to further possible technology transfer activities. This suggests that there is not only one single pattern of interaction among UIKT channels but many different ones.
The longitudinal approach shows the critical role played by the social networks of researchers in the success of technology transfer projects, suggesting that technology transfer offices of universities can play wider role than managing intellectual property. The cases also reveal the important role of PhD students or post-docs to accompany the technology transfer from academic research to firms or to create start-ups. Depending the technological fields considered, the interaction between formal and informal technology transfer channels are not the same, but in each case the patent plays an important role and make the technology transfer possible. The patent protects the inventions and constitutes a tangible proof of credibility for potential partners or funders. However, the role it plays is not the same in the two cases studied. Depending on the nature of the technology and the importance of tacit knowledge, the actors adopt different strategies to protect intellectual property.

L’oursin Paracentrotus lividus : voie de diversification pour les ostréiculteurs de la Baie de Bourgneuf ? Approche par la Théorie de l’Acteur-Réseau

Dans le cadre d’une recherche bidisciplinaire (sciences de la vie et sciences de gestion), cette communication aborde la première phase d’accompagnement d’une petite entreprise du milieu ostréicole engagée dans une stratégie d’innovation pour développer l’élevage d’une nouvelle espèce –l’oursin violet Paracentrotus lividus- dans la Baie de Bourgneuf (Vendée, France). Engagées dans des expérimentations relatives à l’élevage de l’oursin, le choix de la Théorie de la Traduction est apparu pertinente pour suivre l’action et ainsi mieux saisir le contexte, les acteurs et les difficultés soulevées par l’introduction de cette innovation. Aux côtés de cette TPE, quels sont les acteurs concernés et engagés ? Quels sont leurs points de vue quant à l’introduction de l’élevage de l’oursin ?En quoi convergent ou divergent-ils pour être en mesure de cerner les freins et les appuis pour cette innovation ?
Cette recherche s’est appuyée sur le suivi des expérimentations menées par la TPE et des entretiens semi directifs avec les organismes d’encadrement, les acteurs de la filière ostréicole et avec les acheteurs potentiels.
Cette communication retrace les résultats dégagés lors de la phase de problématisation, première phase de l’ANT. Avec l’analyse des controverses qui voient le jour au cours du processus de traduction mis en jeu par chaque acteur concerné, la recherche met en évidence les difficultés pour une TPE ostréicole de s’engager dans une stratégie d’innovation sans la maîtrise de cet art de l’intéressement – à savoir le développement d’une démarche collective pour innover -. Si la diversification de l’ostréiculture (par l’échiniculture) apparaît constituer un levier possible pour combattre les problématiques du secteur ostréicole (mortalités, surproduction), nous avons cherché à préciser le point de passage obligé pour réussir la traduction.
A cet effet, des facteurs et des dispositifs d’intéressement identifiés sont présentés pour engager la prochaine phase de la traduction. Des préconisations sont également discutées afin d’envisager comment poursuivre cette démarche d’accompagnement et dégager des enseignements quant au recours à l’ANT dans le cadre d’une démarche entrepreneuriale.

Le rôle de l’identité collective dans les alliances issues de la société civile. Le cas du spectacle vivant du tiers secteur

La littérature sur les organisations de la société civile observe que le nombre d’alliances, de partenariats et de collaborations augmente dans ce secteur. La littérature a fortement insisté sur les motivations économiques qui poussent les organisations à s’allier entre elles. Dans cette recherche, nous mettons en lumière que la construction d’une identité collective peut également être un facteur qui pousse les organisations à rejoindre un réseau. Plus spécifiquement, nous étudions la formation d’un réseau d’organisations françaises issues du tiers secteur dans le domaine du spectacle vivant. Nous décrivons comment le réseau s’engage dans une lutte pour obtenir la reconnaissance des pouvoirs publics et comment cette lutte les conduit à s’engager encore plus dans la mise en réseau des organisations. Ce mouvement entraine une multiplication des réseaux (et le développement de réseaux de réseaux) qui interviennent à différentes échelles géographiques dans le but de s’adresser au plus grand nombre d’interlocuteurs politiques possibles. Nous avançons que le réseau crée ce que nous appelons de la « fragmentation organisée » afin de conserver une hétérogénéité à l’échelle locale malgré le désir d’être reconnu à l’échelle nationale. En d’autres termes, le réseau se fragmente à l’échelle locale afin d’intégrer les identités et les spécificités des acteurs hétérogènes alors qu’en parallèle il développe une identité globale au mouvement, identité qui permet d’entrer en dialogue avec les pouvoirs publics.

L’innovation environnementale : un atout pour l’export ?

En dépit d’apports récents, il n’existe que peu de littérature sur l’innovation environnementale des PME en lien avec l’export. Or, les PME innovantes en matière environnementale sont de plus en plus nombreuses et restent peu connues, notamment au niveau des stratégies qu’elles mettent en œuvre. Une meilleure connaissance de ces stratégies est pourtant de nature à approfondir les effets positifs associés à l’innovation environnementale. Basée sur les perspectives liées aux ressources et aux connaissances (RBV et KBV), cette recherche s’intéresse à l’effet d’une stratégie d’innovation environnementale sur une stratégie d’exportation, si les PME mènent ces deux stratégies de manière conjointe. Les littératures relatives à l’innovation technologique et à l’innovation environnementale en lien avec l’export des PME ont été mobilisées. Les résultats obtenus sont issus d’une base de données originale composée de 311 PME françaises innovantes technologiquement ou environnementalement, avec une stratégie d’export ou non. Notre partie empirique quantitative fait appel à un modèle probit bivarié récursif qui permet d’estimer l’adoption de l’innovation environnementale vis-à-vis de l’innovation technologique afin de comparer l’effet d’une stratégie d’innovation environnementale et d’une stratégie d’innovation technologique sur la stratégie d’exportation. A la différence de l’innovation technologique qui influe positivement sur une stratégie d’exportation, l’innovation environnementale a un impact négatif sur la propension à exporter de ces PME. Du fait des contraintes liées à leurs ressources limitées, les PME effectuent un arbitrage entre une stratégie d’innovation environnementale et une stratégie d’export voire avec une stratégie de fusion et acquisition. Ces travaux permettent de formuler des recommandations adaptées aux PME innovantes environnementalement en lien avec une stratégie d’exportation mais également aux acteurs en charge de leur développement.

Décision d’imitation, vers une dimension stratégique

Cet article fait suite à la multiplication des travaux sur l’imitation depuis les vingt dernières années. Ce travail s’intéresse à l’aspect stratégique de la décision d’imitation concurrentielle. Théoriquement, nous avons montré un lien entre les caractéristiques de l’imitation et celles d’une décision stratégique. Ce qui a déclenché notre partie empirique en s’appuyant sur une méthodologie qualitative basée sur trois études de cas. L’analyse thématique et schématique des données collectées (21 entretiens semi-directifs et données secondaires) a fait apparaitre 3 éléments associés à une décision d’imitation stratégique : (1) l’aspect intentionnel de l’imitation ; (2) la rationalité des imitateurs ; (3) l’aspect processuel de l’imitation.

La dimension Sociale des modes de contrôle et dynamique du changement: un cas du secteur public marocain

Ce travail de recherche porte sur la question fondamentale de la nature et du rôle des modes de contrôle social dans une situation de changement. En effet, par mode de contrôle social nous entendons l’ensemble des forces et d’influences exercées sur les ressources humaines en vue de créer l’ordre. Ainsi, nous montrons, à travers une étude de cas qualitative du secteur public marocain, que ces modes de contrôle, lorsqu’ils portent sur la dimension sociale, octroient une aide et une contribution aux organisations qui sont face à une situation de changement à gérer. Cette contribution, démontrée dynamique, reste toutefois dépendante de la nature du changement (intentionnalité et son mode de diffusion) et de la phase de son processus (maturation, déracinement, enracinement).

Processus de maintien de la légitimité par la philanthropie d’entreprise dans un contexte de nouveau rapport à l’information et aux valeurs. Cas des Caisses d’Épargne.

Ce papier conceptualise la philanthropie d’entreprise comme un outil de maintien de la légitimité et l’explore dans le cas des Caisses d’Épargne. Cette exploration soulève des variables fondamentales (NTIC, logiques d’efficience…) qui challengent la philanthropie des Caisses d’Épargne et mettent sous tension leur légitimité (Deegan, 2006 ; Guthrie et Parker, 1989 ; Brown et Deegan, 1998 ; Djelic, 1998 ; Campbell, 2007 ; Lim et Tsutsui, 2012). La philanthropie d’entreprise comprend les dons financiers et en compétence, les produits partage, les partenariats sociaux et les logiques inclusives « Bottom of the Pyramid » (BOP)
(Gautier et Pache, 2015 ; Varadarajan et Menon, 1988 ; Seitanidi et Ryan, 2007 ; Prahalad, 2006). Elle est une pratique de RSE socialement désirable (Carroll, 1991). La théorie de la légitimité stipule une plus grande communication sur la RSE suite à une menace de délégitimation (Deegan, 2006 ; Guthrie et Parker, 1989 ; Brown et Deegan, 1998). Nous concevons au contraire la philanthropie d’entreprise comme un outil de maintien de la légitimité de l’entreprise, en la protégeant du risque de délégitimation lors d’une attaque. Un tel maintien est stratégique, la légitimité étant plus difficile à acquérir ou à restaurer qu’à maintenir (Suchman, 1995). Ce maintien est nécessaire à la survie de l’entreprise, car il lui garantit une autorisation légale et sociale à opérer ses activités (Suchman, 1995 ; Fasterling et Demuinjck, 2016 ; Wilburn et Wilburn, 2011). Cette proposition est explorée dans le cas unique des Caisses d’Épargne (Yin, 1989) et dans le cadre d’un nouveau rapport à l’information et aux valeurs (Lipovetsky, 1992). Le rapport se caractérise par la démocratisation, la facilitation et l’accélération de l’accès à l’information ainsi qu’à la production de son contenu et à sa diffusion (Bateson, 1973, 1996 ; Morin, 1973, 1977 ; Comberousse, 1999 ; Shank et Dewald, 2003 ; Zhou, 2003). Le rapport aux valeurs, plus contextuel et intégrateur des générations futures, fait évoluer le construit d’intérêt général vers celui de développement durable et vers le construit plus pragmatique d’efficacité sociale (Engels, Hély, Peyrin et Trouvé, 2006 ; Jonas, 1995 ; Lipovetsky, 1992). Les analyses contextuelle et structurelle (Godet, 1997) montrent un emploi de la philanthropie de l’entreprise comme un outil de maintien de la légitimité, par des dynamiques différenciées de légitimation pragmatique, morale et cognitive. Huit propositions de recherche sont élaborées à partir de ces résultats exploratoires, et proposées en voies de recherche. La légitimation par la philanthropie d’entreprise des Caisses d’Épargne s’exprime au travers d’un processus différencié de légitimation pragmatique par conformité aux attentes d’efficacité sociale des Français, de légitimation morale par conformité aux valeurs humanistes, et de légitimation cognitive par diffusion d’une culture philanthropique d’épargne populaire, d’utilité publique, de proximité et d’inclusion. Nous mettons en évidence que les facteurs qui influencent le plus la légitimation par la philanthropie des Caisses d’Épargne sont les nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) et les logiques d’efficience. Il apparait stratégique pour la légitimité des Caisses d’Épargne de poursuivre l’emploi des NTIC dans la démonstration de leur efficacité sociale et la modernisation de leur culture d’épargne populaire, aujourd’hui opérée par le Livret A Connecter, Espace Don et le développement de l’omnicanal.

Success factors of Inter-organizational Collaboration with Non-For-Profit organizations: the case of the renewable energy sector

Developing the renewable energy sector is a major societal challenge to limit climate change. This study departs from the postulate that the collaboration between private companies and non-for-profit organizations (non-governmental organizations, associations, public universities and research institutions, governmental agencies etc.) is a fertile ground for the implementation of projects aiming the production of renewable energy. But the reality of these collaborations is poorly known.
The aim of this study is two-folded: firstly, it aims to empirically explore inter-organizational collaboration between companies and non-for-profit organizations in the renewable energy sector, in order to give a panorama of such collaborations worldwide. Secondly, it raises the question of success factors of these collaborations.
The empirical data on which this research is based is secondary data collected on the internet. Company and organizational reports describing such collaborations were identified mainly through funding agencies, but also through open search. Qualitative data on 30 cases has thereby been collected and gives substance to the first objective of this study. To answer the question raised as the second and main objective, concerning success factors of inter-organizational collaboration, the method of Qualitative Comparative Analysis (QCA) was used to study tests a simplified model including three categories of success factors. We aimed to find out what combinations of conditions lead to successful projects.
Advantage of QCA lies the possibility to combine the richness of qualitative data with systematic cross-case comparison. Additionally, unlike statistical analysis, QCA allows the identification of multiple causal pathways which leads to outcome. This study tests whether three conditions (incentives to collaborate, conflict over national resources, international collaboration) influence the success of renewable energy projects the absence of conflicts over national resources is a sufficient condition for success. The ideal configuration for successful collaboration includes the presence of incentives, the absence of conflict, and an international composition of collaborative actors.

Quel est l'impact du capital social sur la performance des hôtels tunisiens ?

Etant considéré comme une ressource précieuse mise à la disposition des acteurs sociaux, le concept du capital social n'a cessé de dévoiler ses avantages par rapport à la performance des entreprises. Les résultats avancés par ses approches internes et externes paraissent ainsi contradictoires et peu concluantes par rapport au rôle de chacune dans la réalisation des objectifs sociaux. De leurs contradictions, une nouvelle approche centrale est apparue. L'évaluation de sa contribution à la performance des entreprises manque encore d’assises fortes notamment dans un contexte émergent tel que le contexte tunisien.
A cet égard, l'objectif de ce travail est d'expliquer la portée du capital social consensuel à la performance des hôtels tunisiens. A l’issue de nos analyses, les résultats obtenus par une approche quantitative basée sur un échantillon de 110 hôtels Tunisiens confirment que la complémentarité entre les approches internes et externes du capital social peut mieux entrainer la performance des entreprises. Néanmoins, la contribution de chacune de leurs dimensions à ce résultat est très déviée.

Les fusions dans le champ associatif : du design organisationnel au travail institutionnel. Une étude de cas dans le secteur des addictions

De nombreux travaux soulignent le développement quantitatif des regroupements interassociatifs ainsi que la diversification des formes de coopération au cours des dernières années. Ce phénomène est essentiellement attribué aux mutations institutionnelles auxquelles font face les associations, à la contraction des financements publics, ainsi qu’à des impératifs de rationalisation. Nous nous proposons d’apporter un éclairage complémentaire sur ce phénomène, au travers d’une étude de cas approfondie portant sur la fusion de deux associations nationales ayant donné naissance à la fédération des intervenants en addictologie (la Fédération Addiction). Cette fusion fait suite à la formation du secteur des addictions au cours des années 2000, mettant fin à la séparation qui prévalait jusqu’alors en termes de politique publique et de dispositifs de soins entre, d’une part, la prise en charge de la toxicomanie et, d’autre part, le traitement de l’alcoolisme. Nous proposons une lecture de cette fusion combinant la théorie néo-institutionnelle et les concepts de la sociologie de la traduction. Nous montrons ainsi que la décision de fusionner apparaît avant tout motivée par les mutations profondes du cadre institutionnel dans lequel opèrent les organisations impliquées et par une recherche de légitimité. Il ressort toutefois d’une étude plus approfondie du design organisationnel de la nouvelle fédération, que celui-ci repose sur des dispositifs visant à assurer l’enrôlement d’une plus grande diversité de parties prenantes. Il s’est alors agi d’assurer leur participation au sein des instances de gouvernance et d’une démarche de travail participative. Le réseau ainsi constitué est mobilisé afin de développer des pratiques communes, de proposer une expertise à l’ensemble des acteurs du champ des addictions et, finalement, de contribuer à l’évolution des politiques publiques en la matière, dans une logique de travail institutionnel.

Maintenir la fiabilité en situation extrême : une approche dynamique du slack organisationnel

De nombreuses organisations font face à des situations extrêmes dont les conséquences peuvent être catastrophiques à une échelle locale, voire à l’échelle de la société entière. Vu ces conséquences, ces organisations doivent chercher à assurer un haut degré de fiabilité dans leur fonctionnement et être résiliente. Si la littérature souligne l’importance du slack organisationnel pour assurer la fiabilité et la résilience, elle reste muette sur l’utilisation et la mobilisation concrète du slack ne pratique. Ce papier ambitionne donc d’étudier et d’analyser comment concrètement le slack se créé et se mobilise dans un contexte extrême et à un niveau intra-organisationnel pour assurer la résilience. Au travers d’une recherche de type ethnographique dans un service des urgences vitales français pendant 14 mois, nous identifions deux processus de création et de consommation de slack qui participent à la gestion des situations extrêmes. Nos résultats soulignent également le caractère dynamique de ces processus et leurs liens, notamment autour de points d’inflexion, qui permettent à l’organisation de se stabiliser ou de se diriger au contraire vers des situations de crise. Nous montrons enfin qu’à des processus organisés de production et de consommation de slack prévus par l’organisation (slack officiel), se mêlent des processus ad hoc, apparaissant dans les situations de travail et mis en place par les acteurs de terrain lors de la gestion de ces situations extrêmes (slack situationnel). Cette distinction entre slack officiel et slack situationnel nous permet d’articuler pratiques de slack, rôles du slack face aux perturbations, et rôles des acteurs par rapport au slack.

L’innovation environnementale : du projet d’un acteur à une transformation plus large d’un système

Les innovations environnementales apparaissent comme une réponse aux défis environnementaux et aux enjeux de croissance économique et d’emploi. La politique environnementale s’appuie largement sur l’innovation comme ingrédient de la transition écologique. Pourtant le concept d’innovation environnementale, qui vise un effet positif sur l’environnement, recouvre des intentions différentes et porte sur des éléments différents (produits, process, effets). La « théorie multiniveaux » et le « management stratégique de niche » sont deux approches qui tentent d’apporter une réponse en s’appuyant sur le rôle de l’innovation. L’innovation y est étudiée comme le vecteur d’une transformation plus large d’un régime sociotechnique ; elle participe à l’orientation des transitions écologiques. Ceci justifie alors de créer des « niches », espaces de protection et d’expérimentation où l’innovation peut se développer. Une étude fine des connexions entre la niche et le régime permet alors de comprendre comment les évolutions s’opèrent. Cependant, ni le projet d’innovation, ni l’agencéité individuelle qui en est le motif, ne sont réellement analysés en tant que tels dans ces travaux. Par un travail de comparaison, nous mettons en évidence les changements entrainés par deux projets différents d’innovation environnementale dès la phase de conception. Nous montrons que la niche créée par un acteur du régime selon ses propres routines et objectifs, abrite des innovations incrémentales plutôt que radicales. Au contraire, une niche créée à l’initiative d’un entrepreneur environnemental permet le développement d’une innovation radicale. Nous montrons également que le type de ressources mobilisés et le choix et le mode d’implication des acteurs, pendant le développement de l’innovation préfigure la portée des changements futurs.

Does CEO overconfidence always hurt organizational performance? A social and deception-based theory

Recent research posits that (i) many CEOs are overconfident in that they overestimate their abilities, their knowledge and their firm’s future outcomes, and (ii) CEO overconfidence hurts organizational performance. In this paper, we explore the possibility of a curvilinear relationship between CEO overconfidence and organizational performance by developing a new theory that explains how and when moderate CEO overconfidence increases performance. Our basic argument is that CEO overconfidence impairs the accuracy of decisions and leads the focal firm to overinvest, but may in counterpart increase the firm’s capacity to extract value from selected projects. These potential benefits come from the fact that CEOs with moderate levels of overconfidence are better than unbiased CEOs or highly overconfident at deceiving others, and that this capacity to deceive others may generate social firm-level benefits by inducing favorable reactions in allies (e.g., employees, providers of resources) and in rivals (e.g., competitors). Overall, our theory permits to delineate the conditions under which firms benefit (or suffer) from having leaders with inflated self-views.

Apports potentiels de l’effectuation à l’étude de l’avantage du pionnier : une étude de cas

Nous proposons une approche renouvelée de la problématique classique de l’avantage du pionnier en nous appuyant sur les théories récentes de l’entrepreneuriat. En basculant d’une logique implicite de prise de décision selon des modèles classiques de cause à effet pour introduire le concept d’effectuation, nous aboutissons à une approche donnant toute sa place aux tâtonnements du pionnier. Une étude de cas approfondie sur l’un des pionniers du livre numérique en France nous permet d’avancer un certain nombre d’implications susceptibles selon nous d’enrichir le corpus de connaissances sur l’avantage du pionnier. Ainsi, dans le cas de Numilog, si le point de départ de la création de l’entreprise peut s’analyser dans une logique causale classique, ses diversifications connexes successives, s’analysent mieux dans une logique d’effectuation. Cela n’est pas sans conséquence car si l’entreprise réunit effectivement un portefeuille de ressources et compétences complémentaires qui ont permis d’assurer sa survie pendant 17 ans (cas très rare parmi les pionniers du livre numérique), cette grande diversité de métiers opérés à partir d’une base de ressources très limitée la fragilise également, tant sur le plan stratégique (pas d’avantage concurrentiel significatif) que financier. Cette étude de cas nous permet également d’alimenter la littérature émergente sur l’effectuation, notamment en montrant que l’approche effectuale peut aussi apparaître postérieurement à une approche causale plus classique.

Des motivations par nécessité et par opportunité aux comportements des entrepreneurs

Cet article propose une analyse dynamique des motivations et comportements des entrepreneurs dits de nécessité et d’opportunité. L’objectif est de comprendre la pertinence des motivations (nécessité et opportunité) pour rendre compte des comportements. La littérature sur les motivations et les comportements des entrepreneurs de nécessité et d’opportunité est alors mobilisée sans chercher pour autant à élaborer un cadre théorique stabilisé eu égard à l’objectif du papier. Nous nous appuyons sur une étude longitudinale qualitative de deux cas d’entrepreneurs en phase de démarrage. Les données collectées mensuellement pendant une année ont été codées sur NVivo 11 puis analysées selon le contenu thématique. Les résultats montrent d’abord que l’état et la nature des motivations sont dynamiques. Ils montrent ensuite que les comportements sont aussi dynamiques. Nos résultats remettent donc en cause les recherches prédisant les comportements des entrepreneurs de nécessité et d’opportunité en se basant sur les motivations initiales. La recherche indique la nécessité d’une délimitation temporelle des recherches sur les processus entrepreneuriaux en général et celles sur les motivations et les comportements en particulier. Ainsi, nous proposons des pistes, notamment conceptuelles et empiriques, en vue de rendre pertinemment compte de l’entrepreneuriat.

Représentations et pratiques de valorisation de la recherche dans le contexte français : une approche fondée sur les modèles de cognition entrepreneuriale

Le rapport ADNOT, déposé en 2006 au nom de la commission des finances, souligne que la valorisation de la recherche, en tant que maillon central des processus d’innovation, est un enjeu fondamental de la compétitivité de la France. Si de nombreux dispositifs ont été mis en place par les pouvoirs publics ces dernières années pour encourager la valorisation, il n’en reste pas moins que l’acte même de valoriser n’est pas le fruit d’un processus automatique. Les pratiques de valorisation sont en effet intimement liées aux chercheurs qui les développent, en tant que fruits d’initiatives indépendantes de professionnels autonomes très qualifiés (Perkmann et al., 2013).
Considérant la valorisation comme une opération de construction sociale, qui dépend fortement des modèles mentaux développés par les personnes concernées, cette recherche a pour objectif d’éclairer la genèse des pratiques de valorisation : comprendre les fondements, afin d’être ensuite en capacité d’agir de façon pertinente, dans le cadre de politiques publiques ou organisationnelles notamment.
Avec un ancrage dans le champ de la cognition entrepreneuriale, cet article propose une modélisation du processus de constitution des modèles mentaux développés par les chercheurs en matière de valorisation. A partir de ce modèle théorique, une étude empirique est réalisée auprès des chercheurs de deux universités françaises parmi les plus engagées en termes de valorisation – Strasbourg et Grenoble, avec 315 réponses complètes obtenues. Les résultats ont permis de construire une classification des représentations développées par les chercheurs concernant les pratiques de valorisation, laissant apparaître quatre profils : celui du « valorisateur entrepreneur », celui du « valorisateur académique », celui de « l’opposant suspicieux » et celui du « non-valorisateur ». Les catégories ainsi obtenues sont ensuite discutées, afin de fournir un certain nombre de repères en vue de mieux comprendre l’état d’esprit des chercheurs français, et notamment d’être en capacité d’œuvrer de façon pertinente pour développer la valorisation dans les universités françaises.

Construire la démocratie organisationnelle: Le cas de la Louve

Cet article s’appuie sur une recherche ethnographique de deux ans au sein de la Louve, un supermarché marché coopératif et participatif analysé comme exemple d’organisation alternative et démocratique (Cheney et al., 2014). Ces concepts, bien que parfois flous, servent dans ce cas à comprendre la place possible dans notre monde pour des manières alternatives d’organiser l’activité économique (Gibson-Graham 2008). Pour comprendre la singularité des organisations alimentaires dans ce contexte d’économies diverses, nous nous appuyons sur une théorie politique des relations de marché (Reinecke, 2010) dans laquelle les produits alimentaires sont perçues comme sources de débats politiques. Dans ce cadre, nous pensons que l’émergence de nouvelles démocraties organisationnelles peut être mieux comprise en observant comment leur objet social est politiquement chargé. Nos données nous permettent de comprendre la Louve comme une organisation alternative et un projet politique avec ses détracteurs en dehors mais également au sein même de l’organisation. Pour rendre compte de l’organisation, nous la racontons du point de vue de ses frontières. Plus particulièrement, nous analysons la difficulté à définir une direction commune dans une démocratie organisationnelle à travers le flou de ses frontières. Nous regardons ensuite comment la démocratie est réintégrée dans l’environnement de travail par des micro pratiques des membres et les discours portés par l’organisation. Enfin, nous montrons que la politisation de la gouvernance de l’organisation ne peut être penser séparément de la politisation des conditions de production et de consommation des produits vendus. En tant que telle, cette alternative ouvre la voie pour mieux comprendre la structuration de la démocratie dans les organisations représentant l’économie diverse.

La gestion des projets de “proto-ecosystèmes”- deux cas d’étude dans l‘industrie de la mobilité intelligente

Mobilité intelligente, villes intelligentes, maisons intelligentes, conduite autonome etc. Les disruptions de l’énergie et du digital promettent des expériences client homogènes, qui intègrent plusieurs produits et services. Les entreprises privées et les autorités publiques investissent pour faire avancer les projets collaboratifs dans ces environnements flous, mais prometteurs. Des entreprises comme Tesla ou Bolloré intègrent ce changement radical en une seule entreprise, en investissant des milliards avec une profitabilité directe incertaine. Les acteurs traditionnels voient les mêmes défis et ils doivent collaborer pour faire passer les produits actuels à l’échelle de ces futurs concepts, loin de leur business principal. Comment gérer ces projets afin de pouvoir réellement atteindre un avantage compétitif pour les parties prenantes du projet? Nous rapprochons la littérature en gestion de l’innovation et en écosystème, pour définir la notion de “projet de proto-écosystème”, en soulignant comment des acteurs différents coconstruisent des offres et des actifs dans le contexte de projet commun systémique et ambitieux. Nous utilisons ce cadre pour analyser deux projets auxquels nous avons participé, et qui incluent plusieurs acteurs industriels et publics, qui ont investi plusieurs millions de euros dans l’infrastructure de recharge électrique (cas 1) et de marché de la donnée (cas 2). Les résultats indiquent que les “projets de proto-écosystème” sont à la fois critiques et trompeurs pour chaque partenaire. Nous expliquons ce paradoxe, en montrant que les partenaires nécessitent de tel projet d’écosystème pour avancer et actualiser ses compétences et les feuilles de route; mais en même temps, le focus dominant de « respecter collectivement le business plan initial » a tendance à déconnecter le management de projet du riche apprentissage atteint par les partenaires et de l’évolution d’agenda de chaque partenaire. Nous concluons par positionner le concept de proto-écosystème comme un objet intermédiaire de gestion pour le management de l’innovation, et par indiquer plusieurs implications pour gérer ces projets avec plus de flexibilité afin de permettre aux partenaires d’acquérir des avantages compétitifs.