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ST-AIMS 11 : Nouvelles pratiques de travail et nouvelles formes de solidarité

Depuis plusieurs années, on observe le développement de nouvelles formes de travail, de collaboration et de production qui s’inscrivent dans des projets de transformation sociale (Dubuisson-Quellier, 2013). Ces initiatives ont cours dans des champs aussi divers que le commerce équitable, l’entrepreneuriat social, la finance solidaire, les circuits courts alternatifs, etc. Elles s’inscrivent aussi bien dans des mouvements à l’histoire déjà longue - tels l’économie sociale ou l’économie solidaire - que dans des mouvements beaucoup plus récents – comme l’économie collaborative ou le mouvement des makers. Ces initiatives ont en commun de chercher à élaborer et maintenir dans le temps des relations d’échanges renouvelées créatrices de nouvelles solidarités et fondées sur des pratiques de travail rénovées. Elles s’appuient en outre sur des formes inédites d’engagement dans l’espace public (Cefai, 2010).
Prenant acte de ces nouvelles façons d’articuler pratiques de travail et engagement social, le Groupe Thématique « nouvelles pratiques de travail, nouveaux modes de vie » invite à étudier les questions relatives à l’émergence de nouvelles pratiques de travail qui participent à la transformation de l’espace social. Il s’agit d’éclairer les mutations en cours et de chercher à développer de nouveaux appuis conceptuels tant pour comprendre que pour accompagner ces mutations. 
L’objectif est d’explorer ces nouvelles pratiques de travail (opérationnel, d’organisation, stratégique) sous l’angle des formes concrètes de solidarité qu’elles construisent tant entre les membres des collectifs de travail qu’au sein de la société.
Nous proposons tout d’abord un espace de réflexion autour de la caractérisation de ces nouvelles solidarités :
- Comment se caractérise l’élaboration de nouvelles formes de solidarités ? Constate-t-on au sein de ce processus des régimes d’action stratégiques spécifiques ?
- Les nouvelles pratiques de travail s’inscrivent-elles dans la continuité des expériences solidaires passées ou supportent-elles la création de formes d’action distinctes ?
- Les organisations engagées dans un projet de transformation sociale par les pratiques opèrent-elles à l’aide d’outils stratégiques originaux ? Développent-elles de nouveaux cadres évaluatifs de l’action collective ?
- Les nouvelles formes de solidarités sont-elles construites sur la base de nouveaux modèles organisationnels et nouveaux modèles d’affaires ?
- Comment les pratiques de travail et nouvelles solidarités sont-elles mises en discours ? Quelle importance les discours stratégiques revêtent-ils dans les initiatives conduites ?
- Les projets de transformation sociale revendiqués sont-ils des projets de rupture par rapport aux logiques d’exploitation en vigueur ou bien sont-ils une expression plus raffinée (ou cachée) de ces logiques ?
De manière plus particulière ensuite, le GT invite à s’intéresser à la question de la pérennité des pratiques de travail solidaires. La littérature en Sciences de Gestion a montré les difficultés que rencontrent les projets d’autonomisation des collectifs. Les organisations tendent généralement à banaliser leurs pratiques ou bien, à l’inverse, à rencontrer de graves crises de gestion lorsqu’il s’agit pour elles d’élaborer leurs stratégies et déployer leurs projets de changement (Béji-Bécheur, 2015).
- Comment les acteurs parviennent-ils à stabiliser les solidarités élaborées ?
- Quelles sont les difficultés que rencontrent les acteurs lorsqu’il s’agit pour eux de faire évoluer les solidarités initialement construites ?
- Quels sont les voies et moyens qu’ils empruntent pour ce faire ?
- Dans quelle mesure l’étude des nouvelles pratiques de travail nécessite-t-elle de réviser nos cadres de compréhension du politique et du stratégique ?
Le GT-AIMS encourage les soumissions d’articles à fort contenu empirique.

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