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Communications par thème > ST-AIMS 07 : Coworkers, makers, hackers - communautés, mouvements et espaces collaboratifs

Is selling caring? Norms regulating commercialisation and sharing behaviour with the open hardware RepRap community

Founded in 2005 by Dr Adrian Bowyer, the RepRap open source/open hardware community has been highly instrumental in the democratisation of 3D printing technologies. By designing a ‘self-replicating’ 3D printer made of 3D printed elements (for 70% of it) and readily available parts and electronics, the RepRap team was able to bring down the cost of a 3D printer from well above €35,000 to less than €500. Yet, the first RepRap printers were notoriously finicky and unreliable, but because hardware blueprints and computer codes were released under the “open source” GPL licence, this gave birth to a large community that improved the original printer model and created new ones (over 70 models nowadays). Two of the current desktop 3D printing market leaders, Makerbot and Ultimaker, have emerged from the RepRap community and the work of this community has been an inspiration for countless startups and companies, to the point that it can be argued that virtually all desktop 3D printers commercialised today owe something to the RepRap community.
While this is not the first time commercialisation and sharing coexist within a large-scale open innovation community, such communities have been generally related to software and content (e.g. open source software). Because RepRap is related to hardware, this causes two significant issues. The first one is that Intellectual Property is of little relevance (unlike for software and content, where copyright offers a relatively strong protection). The second one is that, in contrast with software and content, for which diffusion is essentially costless, hardware entails significant diffusion costs. Simply putting a blueprint of a new 3D printer online makes it highly unlikely that anyone will adopt it, as a substantial investment (sourcing and manufacturing of the parts, product assembly) is required. Thus, unless the innovators invest in diffusion, by commercialising their invention (as a kit or assembled product), it is doubtful that diffusion will take place.
Thus, in contrast to software and content, commercialisation in open hardware communities is an option, but a requirement. Because commercialising and free sharing do not usually go along well, this is a source of conflict within the community that undermines its viability.
This paper argues that in such a context, norms within the community play a fundamental role, as they enable to define what forms of commercialisation are acceptable and, as a result, promote free sharing. The methodology used is explorative. 15 semi-structured interviews of funders of companies that commercialise desktop 3D printers were conducted to identify the norms related to commercialisation and sharing. To confirm the existence of the norms identified, a detailed case study of MakerBot commercialisation history and a content analysis of resulting blog posts from community members were conducted. Results are that while norms related to commercialisation and sharing, as well as punishments when not conforming to the norm, indeed exist, they are multidimensional and encompass a variety of factors. This enables us to explain while companies that seemingly abide the ‘rules’ were shunned, while other that did not conform to the norm were not.

Hacker l’organisation : Entrelacer activisme et organisation au sein d’un hackerspace

Les chercheurs critiques ont souligné ces dernières années toute l’actualité d’une étude des organisations alternatives (Parker et al., 2014 ; Hjorth, 2005 ; Segrestin, 2006 ; Rothschild, 1979). La multiplication des hackerspaces donne alors un bon exemple de ce pourrait être une initiative alternative permettant de challenger des ordres établis tels que la propriété, la consommation ou encore le travail, tant dans ses finalités que dans ses moyens (Lallement, 2015). Plus particulièrement, les chercheurs mettent en évidence toute la complexité d’organisation et de pérennité d’une action purement militante sur le long terme (Taylor, 2016) tout autant que les difficultés qu’ont les mouvements sociaux plus organisés à maintenir et à renouveler leur visée radicale lorsqu’ils deviennent institutionnalisés (Parker et al., 2014). Conformément à cette hypothèse, notre travail vise à considérer les organisations alternatives comme un lieu de tensions entre activisme et enjeux d’organisation. Dans cette optique, les principales questions de recherche auxquelles cette contribution tentera de répondre adressent la manière dont les mouvements alternatifs parviennent à combiner les logiques d’organisation et d'activisme afin de produire des résultats durablement alternatifs et véritablement transformateurs ? Quelles tensions peuvent surgir lorsque les organisateurs et les activistes tentent de travailler ensemble pour rompre avec l'ordre dominant sans reproduire in fine ses logiques propres ? Afin de répondre à ces questions, notre recherche empirique se base sur une étude ethnographique, toujours en cours, du hackerspace le Bib, créé en 2013 à Montpellier dans l’objectif de proposer un véritable laboratoire de recherche citoyen et de rencontres conviviales autour des questions numériques. Nos données s’appuient alors sur 180 heures d’observation, une participation à 50 réunions et autres événements organisés par le hackerspace, ainsi que sur 16 entretiens non directifs et 2 enregistrements de réunions collectives avec les hackers. Nos résultats s’articulent alors autour de deux points ; premièrement comment et à partir de quelle(s) volonté(s) se structure un hackerspace, pour ensuite observer les tensions qui émergent au cours du temps et les épreuves qui apparaissent entre d’un coté la volonté de certains de créer un lieu de support aux luttes montpelliéraines et ceux qui souhaitent un lieu organisé permettant d'accueillir des bricoleurs souhaitant lutter contre la société de consommation.

Le management collaboratif en réseau numérique, comme levier d’innovation d’usage : le cas d’un produit innovant chez Décathlon

Le management collaboratif en réseau numérique reste un sujet inexploité. Cependant au sein de certaines stratégies d’innovation nous apercevons clairement que l’utilisation des TIC, occupe une place de premier plan. La culture numérique ne s’est pas limitée à porter des changements organisationnels, elle a aussi véhiculé des usages et des comportements nouveaux. Ce management utilise les avancés en matières de technologie et d’outils élaborés qui permettent à l’organisation de récupérer et de diffuser les données et les savoirs, pour être à la portée des collaborateurs (Baudoin et Smadja, 2009). Selon l’approche de Drucker (1993), le travail collaboratif peut représenter une organisation du travail qui favoriserait une forme d’intelligence collective. Ainsi des individus travaillant autour d’un projet, peuvent surmonter des difficultés par le partage d’informations offrant de nouvelles expériences et de riches connaissances. Le Roux (2009) parle de globalisation pour désigner la mise en commun des activités autonomes des participants. C’est notamment le cas dans le domaine de fabrication et de distribution d’articles de sport, pour lesquelles les équipes en R&D essayent de bénéficier de l’ensemble des informations incluses dans un espace numérique pour en dégager de la valeur ajoutée. Comment le management collaboratif en réseau numérique favorise-t-il l’innovation d’usage ? Et comment cette politique collaborative en réseau numérique, entre employés, managers, ingénieurs, clients, utilisateurs… se transforme en un véritable système managérial ? Notre papier tente, ainsi, de définir ce management désigné comme collaboratif en réseau numérique et d’en saisir certains facteurs. Nos résultats dévoilent un ensemble de facteurs, issus (1) d’une organisation managériale du travail en lien avec les TIC, et (2) d’un comportement organisationnel, assurant l’efficacité de la collaboration numérique dans l’innovation. Pour cela, nous abordons nos questionnements au travers d’une étude de cas réalisée en observation-participante, afin d’exposer le management opérationnel établi par l’entreprise observée pour favoriser un travail collaboratif en réseau numérique et par là-même, l’innovation d’usage. La discussion permet de placer nos avancées en relation avec les recherches antérieures. La conclusion décrit les limites, les apports et nombreuses voies futures de recherche portant sur ce management et l’aspect intrinsèque de ses facteurs, Ces investigations futures sont également issues d’un concept peu étudié, malgré son expansion fulgurante dans la pratique.

La création de sens dans les espaces de coworking : analyse sémiotique du discours

Cette recherche s’inscrit dans les travaux s’intéressant à un phénomène émergent, les espaces collaboratifs. Notre travail se focalise sur les espaces de coworking. Il a pour objectif de comprendre le sens et les valeurs véhiculés par leur discours. Ces espaces sont souvent associés à des communautés véhiculant des valeurs partagées. Mais ils sont également considérés comme des organisations marchandes proposant des services et des événements à leurs membres. Ces deux perspectives sont distinctes. La première a une visée altruiste et fondée sur le don/contre-don, alors que la seconde a une visée marchande et transactionnelle. Cette recherche a pour but d’analyser comment ces perspectives divergentes se combinent dans la production des discours de communication des espaces de coworking. Dans ce travail, nous avons mobilisé une méthodologie fondée sur l’analyse sémiotique. Elle postule que le sens se construit dans la différence et se structure autour d’un système d’oppositions. En s’appuyant sur les différents médias de communication utilisés par les espaces de coworking (sites Internet, Facebook, Instagram, Twitter), nous avons analysé le système de signification produit par les espaces de coworking. Nos résultats identifient un carré sémiotique autour duquel s’articulent différentes propositions de valeur, le pratique, l’utopique, le ludique et le traditionnel. Les discours peuvent effectivement valoriser les espaces de coworking, comme des lieux efficaces et professionnels. La dimension utopique renvoie explicitement à la promesse d’une communauté autour d’un partage de valeurs affectives. La dimension ludique valorise les liens informels autour de la sphère professionnelle. Enfin, la dimension traditionnelle ancre les espaces de coworking dans la sphère domestique du proche. Ces quatre positions peuvent s’articuler autour de différents discours.
Nous en avons présenté quatre: le conte positiviste qui mélange le pratique et l’utopique pour valoriser le rôle précurseur et technologique des espaces de coworking. La chronique de l’ordinaire propose une association entre le ludique et le traditionnel en créant une temporalité quotidienne faite d’incitations et d’événements. Le manifeste artistique mêle l’utopique et le ludique et met en avant la créativité et le génie artistique des espaces de travail. Enfin, les espaces de coworking peuvent s’apparenter à des guides d’un territoire lorsqu’ils mêlent l’opportuniste et le pratique. Le carré va permettre d’émettre des recommandations managériales en amont à destination des community manager pour aménager leur communication en fonction des valeurs que les espaces de coworking souhaitent transmettre.

Les communautés collaboratives au service de l’innovation sociale : l’exemple d’un living lab en zone rurale

Bouleversements technologiques et sociétaux, défiance vis-à-vis des institutions, volonté des citoyens de participer à la vie politique autrement qu’à l’occasion des élections mais aussi contraintes budgétaires obligent la sphère publique à innover mais surtout à redéfinir les relations entre acteurs publics et acteurs privés, citoyens et institutions. Les territoires ruraux souffrent davantage que d’autres et ne voient d’issue qu’à travers le développement territorial. Or ce dernier passe par la coopération entre les différents acteurs qui y sont implantés (Michaux 2011). L’objectif de cette communication est d’analyser une nouvelle forme d’interactions entre acteurs publics et privés, citoyens et institutions, le living lab. Un LL peut être compris comme un «éco-système d’innovation ouverte, centrée sur l’utilisateur, basée sur une approche de co-création systématique intégrant des processus de recherche et d’innovation dans une configuration de vie réelle. Ils opèrent en tant qu’intermédiaires entre citoyens, institutions, entreprises et instituts de recherche.» (définition d’ENoLL, réseau de plus de 400 living labs européens). Destinés au départ à l’innovation de produits ou de services, nous les étudions sur leur capacité à produire de l’innovation sociale. A travers une revue de littérature et la mobilisation de la sociologie de l’acteur-réseau (Callon 1986 ; Latour 1987), nous identifions sept dimensions caractéristiques des LL : (1) la multiplicité et l’hétérogénéité des parties prenantes, (2) une finalité centrée sur l’innovation, (3) un processus basé sur l’environnement naturel et quotidien des usagers, (4) la co-création, (5) une relation de long terme entre les participants (6) un système de gouvernance et (7) un dispositif sociotechnique. Puis nous mettons en évidence ces dimensions sur Brie’Nov, un living lab rural de Seine et Marne mêlant des entreprises, des acteurs publics et des citoyens autour de nombreux projets numériques à visée sociale, économique ou encore touristique. Sa finalité est de faciliter le développement territorial grâce à l’innovation liée à l’essor des technologies numériques. Nous décrivons les efforts opérés par les membres fondateurs du LL pour intéresser, enrôler puis mobiliser un large réseau d’acteurs hétérogènes (Callon 1986). L’analyse de l’échec d’un des projets et de la réussite partielle de l’autre projet nous permet de mettre en évidence la capacité du LL à intéresser un large réseau d’acteurs et à agir comme intermédiaire d’innovation ouverte (Charue-Duboc et Fabbri 2016). En revanche cette force se révèle une faiblesse lors de l’enrôlement. Les artefacts et la gouvernance participative semblent alors deux dimensions qui favorisent l’existence de liens forts entre les membres du réseau nécessaire à l’innovation sociale.

Sociomaterial features of interorganizational workplaces. Affordances of a coworking space

Our theoretical concern centers upon the way workplaces afford the development of business relationships in an interorganizational work environment. We adopt a sociomaterial perspective of a coworking space to better understand new organizational contexts of work. In a case study, we elaborate on Fayard and Weeks’ concept of affordance (2007) at two levels: place and space. We identify six affordances that are rooted in social and spatial properties of some bounded places and of the coworking space as a whole that may support interorganizational interactions on a regular basis. We highlight the importance of taking into account the temporal dimension in the affordance approach. We conclude on the role of the management team that operates the coworking space in nurturing these affordances.