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Le Management Stratégique de Transition à l’économie de marché dans les PVD ou la mort organisationnelle des entreprises Cas usine produit-en-main de Tissus Industriels TINDAL (Algérie)

Entre les impératifs politiques et économiques, les crises financières, les crises sociétales, les évolutions technologiques, les mauvaises gestions des entreprises… le Management Stratégique de Transition (MST) appliquant des stratégies tantôt d’assainissement et tantôt de restructuration se fraye un parcours de plus en plus important dans le domaine du management des entreprises. A l’intersection avec le management des crises il se développe en apportant de réelles solutions à la survie des entreprises en s’appuyant sur des démarches et méthodes de gestion très novatrices.
L’objectif du présent article est de présenter d’une part, une analyse théorique et une caractérisation des divers aspects de la réalité du MST et la proposition de cinq grands leviers du MST pour améliorer le « pricing » des entreprises, et, d’autre part, une recherche touchant une usine algérienne de textile technique.
La technologie textile est considérée comme faible (OCDE) mais ces dernières années le développement technologique textile a connu un bouleversement et des ruptures technologiques très importants pour contrecarrer le coût de main d’œuvre faible des Pays en Voie de Développement (PVD). En effet, la plupart des PVD et émergents disposent d’unités de production de textile car ces pays cherchent à diminuer le taux de chômage important dans leur économie. Le textile absorbe une main d’œuvre importante avec une faible instruction. Pour cela l’industrialisation par le textile est privilégiée pour répondre aux besoins de l’emploi mais aussi il s’agit de vêtir sa population et répondre aux besoins de leurs sociétés. Les points cités ci-dessus conditionnent et souvent affaiblissent le management des entreprises. Le résultat est souvent le passage vers le MST.
Dans cette recherche, la démarche terrain est constituée de deux phases : la phase préliminaire et la phase administration des questionnaires. La phase préliminaire a abouti à la confection d’un guide d’entretien dont un volet consacré aux stratégies appliquées lors des restructurations et ensuite à la réalisation d’un questionnaire soumis à des cadres du complexe textile industriel Tindal (Algérie). Les entretiens semi-directifs et administration de questionnaires avec questions ouvertes ont été réalisés avec neuf responsables de l’entreprise de Tindal dont quatre en retraite, l’un d’à peine un mois. Deux PDG comptabilisant 25 ans de gestion du complexe industriel ont participé à cette recherche.
Le résultat des analyses des données a confirmé la difficulté du MST dans les PVD. L’étude de cas est approchée en huit évènements constituant des crises majeures ayant eu une influence sur le management des entreprises algériennes. Chaque évènement a ses enseignements et ses pratiques. Le MST est faible et sous l’influence des décisions politiques des gouvernants du pays et, souvent, des organisations internationales telles que le FMI ou la banque mondiale. La mort organisationnelle des entreprises est fréquemment constatée et parachève la disparition pure et simple des entreprises. Les stratégies du « pricing » notamment marketing et financier sont ignorées.

Mots clés : mort organisationnelle, surendettement, restructuration, assainissement, textile

Comment initier une gouvernance territoriale entre stations de montagne ? La charte de développement durable comme objet frontière.

Si le lien entre gouvernance territoriale et diverses formes de proximités (géographique, organisationnelle et institutionnelle) est aujourd’hui affirmé, il reste toutefois à déterminer comment de telles proximités peuvent être construites en stations de montagne. L’objectif de cette recherche est de déterminer si et comment un objet frontière peut créer les proximités nécessaires à la mise en place d’une gouvernance territoriale en stations de montagne. L’étude qualitative porte sur la création d’une charte de développement durable entre les stations de Combloux, Cordon et Praz-sur-Arly en Haute-Savoie. Les résultats montrent, qu’au-delà de la proximité géographique entre les stations, la charte a permis de créer une proximité institutionnelle avec le support d’un intermédiaire extérieur (ici, un cabinet d’études) menant à une forme de gouvernance territoriale inter-stations capable de soutenir l’action collective.

Organizational context and innovation ambidexterity: Is creativity the missing link?

Creativity might be a prerequisite of technological innovation or an element of it. This article seeks to extend both prior studies that analyse which organizational contexts foster innovation ambidexterity without considering creativity and research that demonstrates a mediating effect of creativity on organizational performance without accounting for innovation ambidexterity. An empirical study of 307 French firms reveals that creativity is a missing link between the organizational context and ambidexterity, a result with interesting implications relative to the prerequisites for creativity and innovation ambidexterity. Managers thus should implement an organizational context that encourages creativity, rather than directly emphasising innovation ambidexterity.

Evolution de l’intention entrepreneuriale durant une formation en entrepreneuriat: Cas des étudiants de l’Institut Supérieur de Technologie (IST) au Gabon

L’entrepreneuriat est incontestablement la principale solution aux maux tels que le chômage, la faible diversification de l’économie. Il faut donc créer des entreprises. Mais un grand préalable doit être étudié, l’intention entrepreneuriale chez les potentiels futurs patrons car c’est l’état qui précède l’acte de création d’une entreprise. L’objectif de ce papier est d’étudier la dynamique de l’intention entrepreneuriale avant et pendant une formation en entrepreneuriat. Un échantillon de 322 étudiants de licence professionnelle en entrepreneuriat au Gabon de 2008 à 2015, a été exploité. Nous avons mobilisé, la théorie du comportement planifié de Ajzen (1991, 2002, 2008) et le modèle de l’événement entrepreneurial de Shapero et Sokol (1982) présenté par Krueger (1993) comme modèle d’intention entrepreneuriale, que nous avons modifié en ajoutant deux (2) variables : l’exposition et la détermination. En outre, nous avons mobilisé la modélisation par des équations structurelles pour appréhender cette dynamique de l’intention entrepreneuriale. Les résultats de cette étude révèlent qu’avant l’entrée dans le cursus en entrepreneuriat, 17,30% de candidats veulent devenir entrepreneurs. Ce taux évolue notablement pendant la formation à 47,19%. De plus, l’intention entrepreneuriale évolue significativement et positivement de 31,9% entre avant et pendant la formation. L’attitude, la norme subjective perçue, l’auto-efficacité perçue, l’exposition et la détermination influencent significativement et positivement l’intention entrepreneuriale avant et pendant la formation. Chaque déterminant progresse positivement pendant le processus d’acquisition de connaissance en entrepreneuriat dont les plus importants sont l’exposition, la détermination et l’attitude respectivement de 77,3%, 68,4% et de 60%. L’auto-efficacité perçue et la norme subjective perçue progressent respectivement de 57,8% et de 57,1%.

Une nouvelle approche des relations entre la gouvernance d'entreprise, la RSE et performance financière

Cet article explore les liens mutuels entre la responsabilité sociale des entreprises (RSE), la gouvernance d'entreprise (GE), et de la performance financière de l'entreprise (PF). Nous analysons dans mesure les structures de gouvernance d'une entreprise peuvent influer sur ses pratiques en matière de RSE et avoir un impact sur ses performances financières. Pour prendre en compte les interactions mutuelles entre ces variables, nous proposons un modèle global, fondé sur l’approche « partial least squares path modelling » (PLS-PM), en utilisant un échantillon de 486 grandes entreprises américaines et européennes pour la période 2002-2011.
Nos résultats mettent en évidence un impact positif de la gouvernance d'entreprise et des variables financières sur la RSE. Le principal déterminant de la RSE est la gouvernance des firmes dans le cadre de leurs contraintes financières (majoritairement l’effet de levier) L'effet de levier leur permet d'obtenir plus de ressources financières et affecte positivement leurs pratiques en matière de RSE. Cela confirme également l'hypothèse qui stipule que l'effet attendu des pratiques de RSE est une diminution de la perception du risque par les investisseurs et l'amélioration de la performance financière de l'entreprise, ce qui conduit les banques à appliquer de meilleures conditions de prêt à ces entreprises.
L'adoption des principes de RSE augmente principalement la performance comptable de l'entreprise et, secondairement, sa performance boursière. Cependant, dans notre modèle, nous avons un double effet. Nous identifions le lien direct entre la gouvernance et la performance financière d’une part et un lien indirect entre ces deux variables médiatisé par la RSE d’autre part. Cette deuxième relation, qui n’est pas explorée dans la littérature, renforce l'impact de la bonne gouvernance sur la performance financière.

La carte cognitive négociée : un outil efficace d’aide à la décision publique locale ?

L’utilisation des cartes cognitives comme outil d’aide à la décision est à présent reconnue (Axelrod 1976; Bougon, Weick, and Binkhorst 1977; Eden 1992; Eden, Ackermann, and Cropper 1992; Allard-Poesi 1996; Cossette 1996; Verstraete 1996; Verstraete 1997; Cossette 2004). La carte cognitive négociée, en particulier, qui consiste à construire un consensus à travers le débat, pourrait se montrer utile pour favoriser la créativité et l’appropriation des décisions par les acteurs. Cependant, les structures des organisations peuvent avoir un impact sur les processus organisationnels (Simoni 2008). Les collectivités locales, qui ont à la fois certaines caractéristiques de la bureaucratie (Weber 1921; Crozier 1963; Crozier and Friedberg 1977; Mintzberg 1979; Mintzberg 1982; Mintzberg 1993), disposent également d’espaces où s’installe l’anarchie organisée (Cohen, March, and Olsen 1972; Chevallier 1997; Huault 2009). Suite à une étude empirique dans trois communes, j’ai pu constater que ce cadre institutionnel, qui détermine les processus de décision, a un impact sur l’implémentation d’un outil cognitiviste. En effet, là où les procédures sont rigides, les cartes cognitives rencontrent des résistances fortes, tandis que là où l’organisation a des formes plus souples, plus informelles, des « slacks », ou « jeux dans les rouages » se forment, et la carte cognitive négociée devient bien plus efficace.

Emotions and Institutional Work within the organization: the case of a fruit and vegetables wholesaler

This paper aims at exploring emotions under fantasmic frames to better understand interactions between organizations and institutions in the context of organizational survival. We use the concept of “fantasmic frames” (Voronov & Vince, 2012) to analyze emotions driven by scripts at field level which are causes and consequences of institutional work. Our exploration of institutional work follows new studies considering these efforts within the organization to maintain (gain or rebuild) its survival (e.g. Washington et al. 2008). This mechanism was analyzed with an in-depth case study of a fruit and vegetables (F&V) wholesaler. This actor and other F&V wholesalers need to re-acquire the importance of their intermediary activity to survive after a disintermediation event during the 1990s. Our findings describe the process of legitimization with a focus on actions driven by emotional and cognitive commitment in field scripts. We describe efforts of maintenance and then disruption of dominant institution to play a larger and more positive role as an intermediary. Our results contribute to refine the concept of fantasmic frames regarding its link with emotions. Moreover it proposes a conceptualization of emotion crossing interests of research concerning institutions and emotions with the literature on institutional work at an individual-organizational level. Last but not least, it provides managerial contributions to deal with the emotional institutional pillar in relation to the combination of cognitive and emotional mechanisms.

Le profil du dirigeant dans un environnement hyper-turbulent (EHT) : le cas du dirigeant tunisien dans un environnement post-révolution

Ce travail de recherche consiste à palier au déficit de recherches portant sur le profil du dirigeant tunisien dans un environnement hyper-turbulent (post-révolution) et de construire son profil psychologique type. Les résultats de cette recherche conduite dans les trois secteurs d’activités (industries textiles et habillement, industries agro-alimentaires et industries des matériaux de construction céramique et verre) en Tunisie en se basant sur l’adaptation et la validation d’échelles de mesure en s’appuyant sur une analyse factorielle exploratoire via le logiciel SPSS 18.0 et sur une analyse factorielle confirmatoire via le logiciel AMOS 16.0, nous ont permis de démontrer que le profil psychologique du dirigeant tunisien dans un environnement hyper-turbulent est quadridimensionnel et que ses quatre dimensions (la tolérance à l’ambigüité et à l’incertitude, l’attitude face aux risques, la confiance en soi et le locus de contrôle) sont unidimensionnelles.

Mimétisme et stratégie : Apports de René Girard à la compréhension du mimétisme inter-organisationnel et au champ de la stratégie d’entreprise

Le mimétisme inter-organisationnel joue un rôle important dans de nombreuses théories des organisations sans avoir pour autant fait l’objet d’une conceptualisation bien développée. L’objectif de cet article est d’améliorer la compréhension du phénomène de mimétisme inter-organisationnel en faisant appel à la théorie mimétique de René Girard. Notre travail s’inscrit largement dans le cadre d’une exploration théorique. En effet, Nous cherchons à explorer le mimétisme inter-organisationnel en faisant appel à une recherche interdisciplinaire. Sans réfuter les apports de la théorie néo-institutionnelle, de la théorie des conventions, des travaux sur l’apprentissage organisationnel, des travaux sur la diffusion des innovations et de l’approche basée sur les ressources, la transposition de la thèse girardienne au comportement des organisations nous a permis d’intégrer de nouvelles variables jusqu’ici ignorées par les chercheurs en stratégie: le désir mimétique, la distance entre le sujet et le modèle, la rivalité mimétique et la crise mimétique.

L’adoption des TIC dans les entreprises d’un pays en développement : l’exemple du Cameroun

L’objectif de ce travail est d’analyser les facteurs responsables de l’adoption des TIC dans un pays en développement. Pour cela, nous estimons un modèle probit ordonné bivarié sur un échantillon de 1008 entreprises industrielles au Cameroun. En plus des déterminants traditionnels cités par les modèles de diffusion technologique et de profitabilité attendue (effets de rang, stock-ordre et épidémiques), nous mettons en évidence le facteur de complémentarité des pratiques organisationnelles cité par la théorie de la supermodularité d’une part, et les caractéristiques des dirigeants d’autre part. Nos résultats économétriques montrent que l’adoption des TIC par les entreprises dépend principalement des pratiques organisationnelles, de la taille, du statut juridique, du capital humain du dirigeant et de l’adoption des pairs. Nous trouvons ainsi qu’il existe un lien positif et bidirectionnel entre l’adoption des TIC et le niveau de pratiques organisationnelles. Ce travail met également en évidence l’importance du dirigeant, rôle très souvent négligé dans la littérature d’adoption des TIC dans les entreprises.

L’Engagement dans la Responsabilité Sociétale des Entreprises et la Performance Financière : une Étude dans le Contexte Tunisien

L’objectif de l’étude consiste à mesurer l’impact de l’engagement dans la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) sous ses différentes formes (altruiste, intégrée, innovatrice) sur la performance financière (PF) telle que mesurée par certains ratios. Ainsi, sur la base d’un questionnaire théoriquement construit et administré auprès de 82 responsables (directeurs généraux, directeurs des ressources humaines, responsables de la RSE) opérant dans quatre secteurs d’activités, nous avons développé deux mesures de l’engagement global (étendue et intensité de la RSE globale) et de l’engagement par nature d’action RSE (étendue et intensité de : la RSE altruiste, la RSE intégrée, la RSE innovatrice). Le problème du lien de causalité entre les deux concepts n’était pas posé dans notre étude étant donné que notre objectif est de démontrer l’impact de la RSE (sous ses différentes formes) sur la performance financière. La régression multiple est mise en œuvre afin d’évaluer la nature de la relation entre la performance financière et chacune des actions responsables. Il s’agit de mesurer la capacité de chaque type d’action d’influencer la PF. Différents modèles sont alors estimés afin de tirer des résultats conclusifs.
L’examen de l’impact de l’engagement RSE sur la performance financière a approuvé partiellement l’hypothèse de l’impact social stipulant une association positive entre la PF et l’engagement responsable en effet, seulement l’effet positif de la RSE altruiste est démontré. Par ailleurs, pour les actions intégrées et innovatrices, la faible implication dans ces actions par rapport aux actions altruistes pourrait expliquer l’absence de lien significatif. Mais ce résultat est aussi important puisqu’il marque l’absence d’effet négatif. Même si elles ne résultent pas en une performance financière meilleure, ces engagements n’apportent pas dommage à l’entreprise. Quant à la prédominance de l’approche stratégique sur l’approche altruiste, cette hypothèse n’est vérifiée que dans le cas des entreprises opérant dans le secteur de la chimie.

Le syndrome du Prince : l’entrepreneur et la transgression

La sociologie des organisations et les sciences de gestion ont abondamment montré l’omniprésence des pratiques transgressives en entreprise. Cet article cherche à étudier les formes précises prises par ces pratiques dans le cas particulier de l’entrepreneur, en mettant en relation ces pratiques avec le profil psychologique des acteurs souligné par la littérature. De nombreuses recherches ont associé des traits particuliers à la psychologie de l’entrepreneur, qui entretient des relations complexes et parfois difficiles avec ses parties prenantes au cours de son parcours entrepreneurial. Beaucoup des traits soulignés comme étant caractéristiques des entrepreneurs suggèrent une propension à entrer en relation avec l’environnement sur le mode de la transgression. Dans son combat quotidien pour développer son activité (faire accepter ses idées, surmonter les difficultés financières, générer de l’adhésion, explorer sans cesse de nouvelles pistes stratégiques, etc.), l’entrepreneur est confronté à de nombreux contraintes dont beaucoup prennent la forme de normes (officielles ou officieuses). La littérature suggère que l’un des moyens utilisés par l’entrepreneur pour faire face à ces contraintes est, dans certains cas, de les contourner, c’est-à-dire de transgresser sciemment certaines normes (fiscales ou sociales par exemple). A la suite de cette revue de littérature, le présent article cherche à conforter deux hypothèses : la première, celle selon laquelle les entrepreneurs sont en effet auteurs de pratiques transgressives spécifiques dans le cadre de leur activité ; la seconde que ces pratiques peuvent être liées à certains traits particuliers de leur profil psychologique. L’étude empirique réalisée auprès d’un échantillon d’une vingtaine d’entrepreneurs de la région bordelaise par entretiens semi-directifs centrés permet de mettre en évidence l’existence d’un rapport singulier des entrepreneurs à la transgression. Il apparaît tout d’abord que, tout au long de leur parcours, la transgression des règles auxquelles ils ont été confrontés est l’un des traits communs aux entrepreneurs. Nous mettons en particulier en lumière ici l’irrespect volontaire ou le détournement d’obligations administratives et fiscales. Le second élément mis en évidence est que ces transgressions semblent étroitement liées à un état d’esprit particulier des entrepreneurs : les pratiques de contournement des règles, sciemment réalisées, sont légitimées parce qu’ils se sentent investis d’un rôle particulier en tant qu’entrepreneur. Nous proposons de qualifier cette disposition de syndrome du Prince, par référence au livre éponyme de Machiavel dans lequel ce dernier donne au Prince le privilège de pouvoir légitimement déroger aux règles communes, du fait du destin particulier qui est le sien. Nous discutons enfin des limites, implications et prolongements de la présente recherche.

Entrepreneuriat social et bricolage: perception d'entrepreneurs sociaux

L'entrepreneuriat social joue un rôle important dans le développement de l'économie, en particulier dans les situations de crise, et dans les pays en voie de développement comme la Tunisie. Cependant, les entrepreneurs sociaux sont souvent confrontés à des contraintes de ressources. Le manque de ressources, notamment financières, est un obstacle pour le développement et la croissance des entreprises sociales. Les entrepreneurs sociaux doivent à la fois, répondre aux besoins sociaux, rembourser leurs activités sociales et assurer la durabilité financière. A cet effet, cette étude vise à explorer les stratégies de mobilisation de ressources, opérées par les entrepreneurs sociaux, à travers la théorie entrepreneuriale du bricolage. Dans le cadre de cette recherche, nous avons mené une étude qualitative auprès de 11 entrepreneurs sociaux. Ils mobilisent les ressources à travers les stratégies du bricolage social, notamment la persuasion, l’implication des parties prenantes et l’improvisation.

Usage marchand et administratif de l’internet : une étude économétrique sur données camerounaises

Cet article étudie les facteurs qui déterminent l’usage joint du commerce électronique et de l’administration en ligne afin de déterminer si au Cameroun, les services e-administratif et e-commerce sont sollicités davantage par certaines catégories de la population internaute. Pour ce faire nous faisons l’hypothèse que l’utilité individuelle à pratiquer ou pas le commerce et/ou l’administration en ligne repose sur trois types de variables : les variables socioéconomiques et démographiques, les variables liées au style de vie et de compétence informatique des individus et les variables liées à leur influence sociale. Les résultats économétriques montrent que les usages sont significativement et fortement corrélés. Aussi, la probabilité jointe de pratiquer le commerce et l’administration électronique augmente avec le niveau d’études, la résidence dans une métropole, un caractère technophile, un usage plus diversifié de l’informatique, un réseau social internaute et diminue avec l’âge. Par contre, le revenu n’a aucune influence significative.

La réponse sociétale : le cas des PME tunisiennes

Aujourd’hui, les entreprises tunisiennes, qui sont généralement des PME, sont confrontées à des pressions sociétales intenses en provenance de plusieurs parties prenantes autrefois quasi inexistantes. Conséquence, ces PME sont obligées de gérer cette nouvelle contrainte en développant des réponses sociétales. En effet, mettre en œuvre de telles réponses pour le cas des PME tunisiennes n’est pas une tâche aisée avec le manque d’expérience dans la gestion sociétale d’une part et la rapidité de la réponse exigée par les parties prenantes d’autre part.
C’est dans ce cadre que s’inscrit cette recherche qui vise un double objectif. Le premier est d’identifier la nature des réponses sociétales apportées par les PME tunisiennes. Le second est d’analyser la manière dont elles les développent et les mettent en œuvre.
Afin d’atteindre ces objectifs, une enquête a été réalisée sur 10 PME. Les résultats montrent que l’environnement a complétement changé pour les PME tunisiennes. Non seulement les pressions sociétales sont devenues intenses, mais leurs sources sont devenues nombreuses. En plus, la nature même des revendications a changé. Suite à la révolution, l’intérêt des parties prenantes s’est porté sur les revendications sociales. Face à ce changement, les entreprises ont adopté soit une approche tactique soit une approche stratégique. La première approche, qui est valable à court terme, se base sur une négligence des parties prenantes. Alors que la seconde est fondée sur une négociation conjointe avec les parties prenantes afin d’aboutir aux actions sociétales acceptées par toutes les parties.

Usages de la banque en ligne et qualité des échanges Entreprises - Banques

Les services bancaires en ligne se sont développés au cours des dernières années. Cette recherche investigue les usages de ces services dans le cadre des relations d’échange entreprises-banques. En Tunisie, la majorité des banques offrent divers services en ligne. Cette recherche s’interroge sur la façon dont ces possibilités offertes sont exploitées par les entreprises et sur leurs effets sur la qualité des échanges entre les entreprises et leurs banques. La revue de la littérature sur les usages d’Internet et les relations inter firmes a permis d’élaborer une typologie des usages possibles de l’Internet banking. L’impact de ces usages sur les échanges entreprises-banques est appréhendé en termes de qualité de service, de communication et de confiance. Neuf entreprises clientes de banques tunisiennes ont fait l’objet d’une investigation selon une démarche qualitative. Les résultats empiriques de la recherche soutiennent la typologie développée dans ce papier. Ils permettent aussi de constater que les usages des services bancaires en ligne sont plutôt basiques. Les effets des usages des services bancaires en ligne sur la qualité des échanges inter firmes sont plutôt positifs en termes de qualité de service et globalement nuls en termes de communication. En termes de confiance, aucun effet n’a été identifié.

Le salarié authentique et identifié : une approche longitudinale

Les organisations demandent aux salariés d’être à la fois identifiés et authentiques – au sens de la cohérence entre ce que le salarié ressent et ce qu'il exprime. La liaison entre identification positive à l’organisation et authenticité perçue par le salarié est établie. Pourtant, la cohérence des deux concepts n’est pas univoque : l’identification repose aussi sur un stéréotypage et une dépersonnalisation qui remettent en cause l’authenticité du salarié. Le discours organisationnel officiel sollicite aussi l’identification des salariés par la création d’émotions, destinées à renforcer leur authenticité. On sait aussi que les émotions sont largement régulées, ouvrant sur la prise de distance du salarié et des conséquences possibles sur son authenticité.

Cette recherche cherche à comprendre l'articulation que les salariés vont opérer entre les deux concepts et les conséquences attitudinales et comportementales qui vont découler d'éventuels décalages perçus entre l’identification et l'authenticité dans leurs rapports à l'organisation. Elle vise aussi à comprendre le rôle des émotions dans cette articulation. Cette recherche s’établit dans une perspective temporelle : la dimension longitudinale est importante à la fois dans l’identification organisationnelle et dans l’authenticité. Son terrain est celui du changement de marque opéré par France Télécom en 2006 et 2007 ; l’entreprise a transformé son identité et changé sa marque pour Orange, en cherchant à stimuler à la fois l’identification et l’authenticité des salariés.

Différentes trajectoires d’identification sont révélées sur la période, proposant maintien de l’identification originale et changement d’identification. Ces différentes trajectoires d’identification amènent les salariés à porter des regards différents sur l’authenticité de leur identification, qui sont analysées via les trois caractéristiques de l’authenticité proposées par Barrett-Lennard (1998) : cohérence entre l’expérience et les états ressentis, expression des émotions en accord avec ce que la personne ressent et enfin acceptation de l’influence des autres sur soi.

Ces résultats permettent de présenter différentes configurations dans les relations entre identification organisationnelle et authenticité du salarié, allant au-delà de la forme originelle entre l’identification organisationnelle positive et la perception d’authenticité du salarié. Ils mettent aussi en évidence, via une typologie attitudinale, l’importance de la cohérence et de l’adaptation que le salarié met en œuvre pour maintenir son authenticité dans les changements d’identification. Enfin, ils montrent les possibilités mais aussi les limites pour les organisations, des politiques de génération continue d’émotions en vue de façonner des salariés identifiés et authentiques, compte tenu des mécanismes de régulation des émotions par les salariés.

Le rôle des communautés de pratiques et leur combinaison dans le déploiement d’innovations inter-filiales au sein d’une multinationale

Les innovations fondées sur des connaissances tacites et complexes se déploient difficilement au sein d’une multinationale (FMN), surtout si elles émergent et sont développées localement au niveau d’une filiale. La littérature sur les communautés de pratiques a mis en évidence leur rôle de ces dernières dans la constitution et le partage de connaissances ancrées dans des pratiques. Cependant, une question persiste : ont-elles un impact positif ou négatif dans la combinaison des connaissances inter communautés ? Or les processus d’innovation supposent la combinaison de connaissances. Nous souhaitons ainsi dans cet article contribuer à ce débat en éclairant le rôle des communautés de pratiques et leur combinaison dans les processus d’innovation des FMNs. A partir d’une analyse détaillée du développement et du déploiement d’une innovation dans une multinationale qui met en scène différentes communautés de pratiques, nous discutons le rôle des communautés de pratiques et de la combinaison de leurs implications dans la construction et le partage des connaissances nécessaires au développement et au déploiement d’une innovation. Nous enrichissons ainsi la littérature en management international et en management des connaissances.

Le modèle d’affaires : de la quête d’une synthèse à la synthèse de l’enquête.

La littérature des vingt dernières années foisonne de contributions pour décrire la notion de modèle d’affaires. Qu’est-ce que ce foisonnement révèle de la richesse du concept ? Quelle synthèse pouvons-nous établir aujourd’hui à la fois des questionnements contemporains que pose cette notion dans le champ du management stratégique et de la portée du concept pour la pratique stratégique ? Pour répondre à ces questions, nous avons fait le recensement des principales définitions scientifiques du modèle d’affaires dans les textes des cinquante auteurs les plus cités dans la littérature académique (à partir de la base de données Scopus). Suite à une mise en contexte de l’évolution contemporaine du monde des affaires, l’analyse statistique du contenu textuel de ces définitions (à l’aide du logiciel Alceste) met en évidence une série de catégories de discours sur le BM qui : 1) nous invite à réfléchir sur le cadrage idéologique pour créer, livrer (voire partager) et capter de la valeur en fonction des parties prenantes choisies et 2) reflète quatre dimensions de l’action stratégique (enactment) : le positionnement (positioning), le choix (choosing), la performance (performing) et finalement la systématisation (systematising). Ce papier s’efforce de repérer les principales idées véhiculées sous chacun de ces thèmes et de les associer à des questionnements concrets pour aider le designer de modèle d’affaires tant dans sa conception, sa réalisation que dans son évaluation.

Interaction Culture, structure et comportement des individus : le fonctionnement organisationnel adéquat

Ce travail de recherche traite de la relation entre les trois principales composantes d’une organisation au sens d’Allaire et Firsiritou (1993), à savoir : la culture, la structure et le comportement des individus. En s’appuyant sur une analyse factorielle exploratoire effectuée avec le logiciel SPSS 18.0 et une analyse factorielle confirmatoire effectuée avec le logiciel AMOS 16.0 sur la base d’un échantillon de 287 entreprises tunisiennes spécialisées dans l’industrie de l’agro-alimentaire, nous avons pu élaborer et valider un modèle conceptuel mettant en exergue la nature et le sens des relations entre la culture, la structure et le comportement des individus. Ainsi, nous avons pu conclure qu’il existe une interaction entre la culture et la structure et que cette dernière influence le comportement des individus. De même, cette étude montre que la culture n’influence pas le comportement des individus dans l’entreprise tunisienne.

L’ambidextrie contextuelle des clubs de football : La réponse au pressing de l’environnement ?

Cet article s’intéresse au processus de décision stratégique des entreprises de spectacle sportif et à leur capacité d’ambidextrie. Une analyse quantitative appliquée aux clubs de football français ayant évolué en Ligue 1 entre 2005/06 et 2013/14 permet de différencier trois situations : la stratégie projetée est réalisée ; la stratégie projetée n’est pas réalisée du fait du pressing de l’environnement causé par la glorieuse incertitude du port ; l’intention stratégique évolue du fait de la prise en considération d’un phénomène émergent. L’analyse met à jour la capacité d’ambidextrie contextuelle des organisations qui leur permet de jongler entre des objectifs divergents en orchestrant les phénomènes émergents à l’intention stratégique initiale. Les résultats montrent que cette capacité d’ambidextrie n’est pas nécessairement source d’avantage concurrentiel. Les organisations doivent disposer des actifs complémentaires nécessaires à la mise en œuvre de la nouvelle stratégie pour que l’adaptation prenne toute sa valeur. La modélisation des comportements ambidextres fournit une nouvelle explication théorique aux déficits récurrents du sport spectacle.

Le rôle des compétences sociales du successeur dans la réussite de la succession au sein des entreprises familiales

Les qualités et les attributs du potentiel successeur sont parmi les principaux facteurs qui assurent la réussite de la succession dans les entreprises familiales. L’objectif de ce travail de recherche est de tester l’effet des compétences sociales du successeur dans la réussite de la transmission d’une génération à une autre. A cette fin, une étude quantitative est conduite auprès de 77 entreprises tunisiennes ayant subi au moins une succession. Nous montrons que certaines dimensions des compétences sociales ont un impact positif sur la réussite de la succession, tout en intégrant des variables sociodémographiques relatives au genre et à l’éducation, et des variables de contrôle relatives à la taille et au secteur d’activité

La relation bancaire de proximité : une étude partenariale en contexte coopératif

Alors que certains groupes bancaires réalisent depuis déjà quelques années des plans d’économies se traduisant par la fermeture d’agences de proximité, des enseignes bancaires mutualistes sous statut coopératif, telles que le Crédit Mutuel Arkéa, optent quant à elles pour une refonte de leur organisation territoriale. Ces établissements se caractérisent historiquement par un système de valeurs mettant la personne au cœur des préoccupations économiques (proximité institutionnelle), une forte implantation géographique au sein des territoires et un modèle de gouvernance original, basé sur le principe « une personne, une voix » (proximité géopolitique). Néanmoins, la digitalisation de la relation client et l’hybridation grandissante du modèle coopératif sont toutes deux susceptibles de remettre en question la spécificité mutualiste au sein de la relation bancaire de proximité. Comment les acteurs mutualistes appréhendent-ils dès lors cette (ces) proximité(s) entre les sociétaires-clients et leurs caisses locales ? Existe-t-il des écarts de perception susceptibles d’exister au sein de ces partenaires concernant leur vision de la relation bancaire de proximité ? Notre méthodologie, qualitative, se veut largement exploratoire. Après avoir identifié, sur la base de la littérature, les modalités de la proximité en contexte coopératif, nous mesurons, à partir d’entretiens semi directifs menés auprès des partenaires, les différentes sensibilités qui s'expriment. Les résultats nous permettent de confirmer un recul des proximités institutionnelle et géopolitique de l’institution face à l’émergence d’une relation de proximité davantage digitalisée.

Mise en œuvre de la responsabilité sociétale : ressources ordinaires, stratégiques ou négatives ?

Le développement d’une démarche responsable engendre des changements organisationnels et, par conséquent, des problématiques managériales. Cette recherche s’intéresse à la mise en œuvre de la responsabilité sociétale par les entreprises en se posant la question du type et de la valeur des ressources mobilisées (Weppe et al. 2013). A partir de l’étude de trois entreprises issues du secteur de l’imprimerie, cette contribution montrent qu’une même ressource peut selon la perception du dirigeant, être perçue comme stratégique, négative ou encore ordinaire. Ces conclusions corroborent ainsi les propos de Weppe et al. (2013).

L’amélioration de l’intercompréhension : un levier pour réduire l’asymétrie au sein des alliances stratégiques ?

Plusieurs difficultés d’intercompréhension émergent quand des partenaires issus d’alliances stratégiques asymétriques interagissent. Ces difficultés sont d’autant plus importantes avec leur asymétrie culturelle et géographique, associée aux incompatibilités organisationnelles et managériales. L’idée de réduire cette asymétrie, grâce à l’amélioration de l’intercompréhension entre partenaires, fera l’objet de la présente recherche. Il s’agit plus particulièrement d’analyser le rôle des artefacts comme remède efficient aux difficultés d’intercompréhension dans les alliances asymétriques grâce à une étude qualitative fondée sur l’analyse de six cas d’alliances entre des PME tunisiennes et des Multinationales européennes. Il ressort que la mise en place des artefacts s’avère propice pour réduire les difficultés d’intercompréhension au sein des alliances stratégiques asymétriques. Ainsi, la multiplication des réunions tant présentielles que virtuelles contribue à améliorer la compréhension mutuelle entre partenaires et par la même réduire leur asymétrie culturelle et géographique.

Performance globale de la station de montagne : un essai de modélisation

Véritables sources de richesses à l’échelle locale et nationale dont le développement a été ininterrompu pendant plus d’un demi-siècle grâce à la manne de l’or blanc, les stations de montagne se retrouvent désormais sous la pression de nouveaux enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Paradoxalement, la littérature sur la performance des stations de montagne ne parvient pas à proposer de modélisation convaincante de la performance globale de la station en réponse à ces enjeux. Cette communication se donne donc pour objectif de contribuer à définir une nouvelle conception de la performance globale de la station de montagne. Elle combine, à l’instar de Mason et Simmons (2014), une approche multidimensionnelle de la performance (économique – social – environnemental) héritée des modèles de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) et une approche orientée sur les Parties Prenantes (PP). Cette conception présente deux avantages ; celui d’intégrer toutes les dimensions de la performance dite globale et celui de prendre en compte l’ensemble des PP qui composent la station et qui contribuent à cette performance. Au plan empirique, le modèle élaboré a été confronté au terrain par l’étude du cas de Val d’Isère en Savoie. Pour cette recherche qualitative à portée exploratoire, des entretiens ont été conduits auprès de représentants des sphères économique, politique, civile et clientèle de la station (Gerbaux, Marcelpoil, 2006) ; 25 acteurs internes et 20 clients de la station. Les résultats montrent la portée du cadre d’analyse pour appréhender la performance globale de la station de montagne et son lien avec les PP. Dans le contexte particulièrement complexe de la station, les résultats montrent également tout l’enjeu que représente le management de cette performance, que la notion de gouvernance ne parvient, toutefois, pas à capter parfaitement. Enfin, les résultats ont permis de mettre en lumière des voies de recherche prometteuses concernant le management de la performance globale des stations de montagne, notion clé mais encore sous explorée.

Les recherches sur le phénomène d'accompagnement de 1996 à 2013

L'objectif de cette communication est de présenter une revue de littérature des principales recherches sur le phénomène d'accompagnement des jeunes entreprises. Cette dernière permettra de mettre l'accent sur l'importance ce phénomène pour la réussite des entreprises à l'ère du digital

Simulation mentale et anticipation des freins à l’engagement du consommateur dans la proposition de valeur : une application aux produits réellement nouveaux

Les produits réellement nouveaux (Really New Products ou RNP) impliquent un état de nouveauté important dans lequel les conditions de marché sont incertaines. Cet état de nouveauté induit une modification des comportements d’usage du consommateur, ce qui engendre du risque et des freins à l’achat et à l’adoption future. L’enjeu stratégique consiste alors à créer un business model avec une proposition de valeur suffisamment informative et pédagogique pour engager le consommateur dans l’achat du produit, ce qui reste complexe. Dans cette optique, cette étude analyse le rôle des freins à l’engagement du consommateur dans la proposition de valeur d’un business model basé sur les RNP. Deux études ont été réalisées : l’étude qualitative exploratoire (12 entretiens semi-directifs) identifie les sources d’incertitude inhérentes à un RNP (un appareil photo 3D) et l’étude expérimentale (impliquant 165 consommateurs) montre que la simulation mentale anticipative (SMA) peut améliorer les prévisions de l’engagement du consommateur dans la proposition de valeur d’un RNP et ainsi renforcer la performance du business model.

impact de l'enseignement de l'entrepreneuriat sur l'intention d'entreprendre

L’enseignement de l’entrepreneuriat agit-il sur les attitudes et les croyances des étudiants tunisiens vis-à-vis de leur intention de se lancer dans une affaire ? Cette problématique est traitée depuis un certain temps par plusieurs chercheurs de diverses nationalités puisque l’intention d’entreprendre présente l’acte qui précède directement le comportement entrepreneurial. Ainsi, pour parvenir à comprendre le phénomène de la création d’entreprise nous devons tout d’abord comprendre sa phase amont ‘l’intention d’entreprendre’. Dans cette article, nous avons proposé une opérationnalisation du concept d’intention d’entreprendre ainsi que ses divers antécédents en se basant sur le modèle de la théorie du comportement planifié d’Ajzen (1991) et du concept de l’enseignement de l’entrepreneuriat. Des résultats obtenus ont été retirés d’une enquête par questionnaire auprès de 300 étudiants tunisiens. En faisant recours à une modélisation en équations structurelles à l’aide du logiciel AMOS 19.0, nous trouvons que l’intention est influencée seulement par l’attitude qui n’est pas le cas pour le contrôle perçu et la norme sociale. De même, l’attitude et la norme sociale sont influencées par l’enseignement. Toutefois, le contrôle perçu n’est pas influencé par l’enseignement. Nous avons trouvé aussi que la culture entrepreneuriale influence positivement l’intention d’entreprendre.

LA STRUCTURE DE LA GOUVERNANCE : FACTEURS DE STRESS DANS LES ALLIANCES STRATEGIQUES

Si les alliances stratégiques ont fait l’objet de plusieurs recherches en management stratégique, l’appréciation de ce phénomène en situation de stress demeure peu explorée. Cet article sera l’introduction du concept d’alliances stratégiques stressées, qu’il développera en élargissant la perspective stratégique de stress des organisations. Une revue de la littérature de l’échec et de l’instabilité des alliances sera établie en rapport avec les sources de stress.
Cet article a choisi de se pencher sur le rôle de gouvernance de l’alliance dans le stress de la relation inter-organisationnelle. La démarche adoptée s’appuie sur l’analyse de 40 entretiens semi-directifs réalisés auprès d’alliances managers, de directeurs d’alliances et de consultants. Les résultats de notre recherche démontrent que le stress de la coopération peut être dû aux difficultés d’alignement des objectifs, des structures, des méthodes et des ressources. Ce travail présente comme intérêt, un apport conceptuel, celui d’une alliance stressée ainsi que de ses différents facteurs de stress liés à la gouvernance. L’intérêt managérial réside dans le diagnostic de la situation de stress des alliances.

Outils de gestion et population de non-salariés dans une organisation de l'ESS : une mission impossible ? Le cas d'une boucle téléphonique pour des militants MAIF

Les outils de gestion sont principalement étudiés dans le cadre de leur efficacité pour la performance économique des organisations dans lesquelles ils sont déployés, que ces organisations se revendiquent de l'économie sociale et solidaire (désormais ESS) ou non. Ils sont très rarement étudiés pour leur efficacité dans l'atteinte d'objectifs à finalité sociale que les organisations de l'ESS poursuivent pourtant à égalité avec l'atteinte de leurs objectifs de réussite économique. Après avoir rappelé le cadre d'analyse qui permet de replacer les outils de gestion dans les organisations de l'ESS et souligné l'insuffisance des travaux sur les outils de gestion à destination d'une population particulière de l'ESS que constituent les militants, l'article propose l'analyse exploratoire d'un cas de mise en place d'un outil de gestion d'une activité « militante » au sein d'une importante mutuelle d'assurance française. Il montre le rôle des espaces de création et de liberté dans la mise en place de cet outil.

Reprise d’entreprises et poursuite d’opportunités : nouvelles perspectives de recherche

Nous proposons un état de la littérature sur le transfert externe sous la perspective du repreneur personne-physique. Dans un premier temps, nous revenons sur la méthodologie employée, et plus précisément sur la collecte et le traitement des données. Ensuite, nous montrons que le repreneur est un entrepreneur et que le processus repreneurial correspond en réalité à un processus de poursuite d’opportunités. Enfin, nous modélisons la capacité d’identification des opportunités du repreneur personne-physique. Cette recherche met en avant des voies d’insertion du repreneuriat dans le champ de l’entrepreneuriat et permet de développer la notion d’opportunité dans le contexte spécifique du rachat.

Quelle gouvernance pour une organisation de professionnels ? L’apport d’une redéfinition du concept d’autonomie de champ dans la recherche publique

La recherche publique n’est pas étudiée par les sciences de gestion, que ce soit comme objet ou sujet. Pourtant, c’est un archétype d’organisation professionnelle. Or, l’autonomie de champ est un concept central des études qui portent sur le monde de la science. Cette recherche se propose d’étudier comment les laboratoires de recherche publique d’aujourd’hui s’adaptent à un contexte changeant en matière d’autonomie de champ et comment à partir de ces données empiriques il pourrait être possible d’utiliser le concept d’autonomie de champ pour enrichir la question du management des professionnels. Cette recherche repose sur une étude de cas multiples menée avec une méthode ethnographique et analysée de manière inductive.

Le rôle des capacités dynamiques de l’entreprise dans le choix rationnel du type d’imitation

Ce papier étudie la dialectique entre les capacités dynamiques et le choix rationnel du type d’imitation. Compte tenu de l’insuffisance des travaux antérieurs traitant ce sujet, l’objectif de notre recherche est d’enrichir la littérature relative à l’imitation en spécifiant sa nature en tant que décision rationnelle d’une part, et en apportant un éclaircissement sur le rôle des capacités dynamiques dans le choix rationnel du type d’imitation d’autre part. Sur le plan empirique, nous avons réalisé une étude qualitative basée sur dix entretiens individuels semi-directifs auprès des entreprises tunisiennes opérant dans l’industrie. Sur la base de ces entretiens, nous avons pu avancer quelques propositions répondant à notre question de recherche. Les résultats de notre travail montrent qu’il existe deux raisonnements différents quant à la dialectique entre les capacités dynamiques et le choix rationnel du type d’imitation. Le premier souligne un rôle déterminant des capacités dynamiques disponibles dans l’entreprise dans le choix du type d’imitation. Le deuxième postule que c’est le choix du type d’imitation qui fait appel au développement des capacités dynamiques manquantes. Ces aboutissements sont ainsi importants lorsque nous nous intéressons à l’étude de la décision du Manager au sein d’une entreprise imitatrice.

How to evaluate end-user performance of a business using wikis to share knowledge in IT projects? A contribution to a behavioral model to predict collaborative management process success with structural equations and phantom methodology

Abstract
Despite the popularity of wikis in public and subsequently in the corporate environment, an empirical investigation of their benefits is still lacking. This study performs an empirical investigation with 174 corporate wiki end-users to evaluate their performance with wiki use in an information technology development project, based on a knowledge management task. Enterprise wiki end-user performance is evaluated by measuring user’s project efficiency, effectiveness and capacity development. Phantom Modeling, with a Structural Equation Model, is used to empirically test specific direct and indirect effects. The findings suggest that end-user’s efficiency and effectiveness is positively affected by information and system quality of enterprise wikis mediated via wiki use and user satisfaction. Moreover, end-user capacity development is positively associated with collaboration quality and knowledge sharing.
Keywords: Enterprise Wikis, Collaboration, Knowledge Management, Employee Productivity, Web 2.0, Information Technology (IT), Individual Performance, IT Evaluation, Phantom Modeling, Structural Equation Modeling

Le succès indicateur de mesure de l’efficacité de l’accompagnement : Une étude empirique dans le domaine entrepreneurial

Cette recherche vise à montrer que le succès est un indicateur de mesure de l’efficacité de l’accompagnement entrepreneurial. Quatre facteurs principaux expliquent l’accompagnement à savoir le networking, l’infrastructure, le coaching et l’apprentissage. Une analyse quantitative a été réalisée auprès d’un échantillon de 120 entrepreneurs accompagné par sept pépinières tunisiennes. L’analyse des données à l’aide du logiciel AMOS et en utilisant la méthode des équations structurelles, nous confirme que le succès est un indicateur pertinent pour juger l’efficacité de l’accompagnement.

Convergences et divergences entre les ressources théoriques de la RBV et les ressources empiriques des sous-traitants tunisiens en habillement

Ce travail de recherche a deux objectifs. Premièrement, nous essayons de contribuer à expliquer la compétitivité des sous-traitants tunisiens face à la concurrence des pays à bas coût de main d’œuvre et la manière dont elles s’adaptent aux contraintes des donneurs d’ordres européens. Dans cette perspective, le courant de recherche relatif aux perspectives basées sur les ressources (RBV) nous a paru particulièrement approprié. Il considère que la compétitivité de l’entreprise est à rechercher dans la maîtrise et la gestion de certaines ressources et pas uniquement dans son positionnement sur son marché. Deuxièmement, nous confrontons nos résultats à la littérature : ce qu’ils confirment, ce qu’ils remettent en cause et éventuellement ce qu’ils apportent. En effet, plusieurs travaux de recherche sont consacrés à la validation empirique de lien entre la compétitivité et la détention d’un stock de ressources stratégiques. Pour autant, une autre question reste relativement inexplorée : celle de savoir si les ressources recommandées par cette théorie sont les mêmes que celles appréhendées comme stratégiques par les organisations.
La démarche est de nature qualitative, elle repose sur des études de cas multiples auprès de neuf sous-traitants tunisiens en habillement.
Les résultats obtenus font apparaître, d’une part, une quasi-convergence entre les ressources évoquées pas les praticiens et celles listées par les auteurs académiques. Toutefois, pour certaines ressources, une divergence sur leurs enjeux a été constatée. D’autre part, les ressources stratégiques identifiées bénéficient des barrières à l’imitation considérées par les tenants de la RBV comme nécessaires pour garantir un avantage concurrentiel soutenable. Tandis que, nous source d’évidence empiriques affirment qu’aussi l’ambiguïté inhérente à certaines combinaisons de ressources faisant intervenir des éléments culturels et sociaux de la firme rend l’imitation de ces ressources extrêmement difficile.

EFFET MIROIR ET (RE)CONFIGURATION DU MARCHÉ : LA PERSPECTIVE DE LA COOPÉTITION ET DE LA FIDÉLITÉ OPPOSITIONNELLE

L’objectif de notre étude est d'attirer l'attention des chercheurs sur la possible interaction entre le comportement stratégique des firmes (coopétition et action/réaction) et celui des consommateurs (fidélité oppositionnelle). Ce travail s’appuie, d'une part, sur la littérature sur la coopétition et la dynamique compétitive (action/réaction) et, d'autre part, sur la littérature sur la fidélité oppositionnelle des consommateurs. Notre étude de cas porte sur le marché des Smartphones et a été réalisée par triangulation des sources de données primaires et secondaires. Deux principaux résultats ont été obtenus. Primo, la coopétition et la fidélité oppositionnelle permettent une reconfiguration et une polarisation du marché. Secundo, la dynamique de coopétition entre les entreprises est répliquée au niveau des consommateurs par un comportement de fidélité oppositionnelle de ces derniers. C’est ce que nous appelons ici l’«Effet Miroir".

Les compétences émotionnelles des enseignants universitaires et l’apprentissage par l’enseignement : une étude exploratoire dans une institution universitaire

Nous nous intéressons dans cette recherche à la portée des émotions et des compétences émotionnelles chez les enseignants universitaires étant donné qu’elles affectent l’apprentissage et la relation pédagogique. Notre objectif étant d’identifier les compétences émotionnelles chez les enseignants universitaires, d’examiner le portail des facteurs émotionnels et son association avec l’apprentissage, de discerner le style d’enseignement qui valorise les compétences émotionnelles chez les enseignants universitaires, et de construire un modèle d’enseignement basé sur l’apprentissage émotionnel, qui met en valeur les compétences émotionnelles des enseignants. Pour ce faire, nous avons mené une analyse exploratoire appuyée par une méthodologie inductive. La collecte des données s’est faite à travers des entretiens semi-directifs auprès de 16 enseignants universitaires de différents grades et appartenant à une institution universitaire (ISCAE) en Tunisie. Une analyse de contenu thématique a été mobilisée et les résultats démontrent que les émotions sont au cœur de la relation enseignant-étudiant, la dimension affective influe les émotions de l’enseignant au travail, ses croyances, ses attitudes, sa motivation pour enseigner. Il est donc opportun de privilégier les facteurs émotionnels pendant l’apprentissage. Nos résultats confortent également l’idée que les compétences émotionnelles telles que la gestion de soi, la gestion des relations et le savoir-faire social sont des qualités fondamentales qui participent à la réussite de l’apprentissage par l’enseignement.

Organisations-Non-Gouvernementales (ONG), initiateurs des stratégies Bottom of the Pyramid (BoP) ? Le cas de l’ONG Entrepreneurs du Monde

Cet article met en avant un acteur clef des stratégies Bottom of the Pyramid (BoP) mais pourtant peu représenté dans la littérature : les Organisations-Non-Gouvernementales (ONG).
L’objectif de cette recherche est d’appréhender la manière dont une ONG peut, au même titre qu’une FMN, être initiateur d’une stratégie BoP.
Pour ce faire, une étude de cas unique a été menée sur l’ONG Entrepreneurs du Monde (EdM) et son programme d’énergie converti en l’entreprise sociale Nafa Naana au Burkina Faso.
La stratégie BoP mise en place a été analysée au regard des propositions et du modèle « Framework pour un management stratégique BoP » formulés par Martinet et Payaud (2010) à l’égard des FMN qui souhaitent intégrer un marché BoP.
Le cas d’EdM nous montre qu’une ONG peut effectivement mener une stratégie efficace sur les marchés BoP en capitalisant notamment sur son expérience des marchés BoP et son acceptation auprès des populations locales. Elle peut ainsi créer un écosystème bénéfique à l’ensemble des communautés locales. A l’inverse, ses efforts doivent se concentrer sur l’élaboration d’une politique marketing et commerciale viable, qui peut souffrir d’une trop forte dépendance envers ses pratiques ONG. Ces constats confirment les possibles conflits que peuvent rencontrer les organisations de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), et plus particulièrement les ONG, entre performance sociale et performance économique. L’adoption d’une identité d’entreprise sociale indépendante de son incubateur ONG semble offrir une meilleure flexibilité qui bénéficie à la gestion entre valeurs économiques et sociales.
L’analyse d’un cas d’ONG via le « Framework pour un management stratégique BoP » de Martinet et Payaud (2010) initialement conçu à l’attention des FMN, permet d’élargir la portée de ce modèle aux organisations de l’ESS.

Le Lean management, source d’accélération de l’accompagnement entrepreneurial ?

L’accompagnement entrepreneurial connaît des évolutions majeures depuis ces dernières années. 235 nouveaux accélérateurs d’entreprises, présents au niveau international (seed-db.com), viennent s’ajouter à un environnement qui compte déjà de très nombreuses structures d’accompagnement (Bruneel et al, 2012 ; Barbero et al, 2014 ; LabEx Entreprendre, 2014 ; Pauwels et al, 2015). A tel point que l’on parle désormais d’ «industrie» de l’accompagnement entrepreneurial (Messeghem et al, 2013). L’explication de cette évolution est multifactorielle. D’une part, la multiplicité des acteurs est manifeste : aujourd’hui, les entrepreneurs sont accompagnés par des dirigeants de structures publiques d’accompagnement, des mentors, des entrepreneurs, des salariés d’espaces de coworking, des salariés d’accélérateurs d’entreprises, etc. D’autre part, les entrepreneurs ont des profils singuliers. Ce sont des Mampreneurs (Ekinsmyth, 2013), des étudiants entrepreneurs (Adomdza, 2014), des entrepreneurs par nécessité (Block et al, 2015b), des entrepreneurs sociaux (Zahra et al, 2014), des dirigeants de spin-offs académiques (Fryges et Wright, 2014)... Ils sont exigeants, pressés, collaboratifs et avides de nouvelles technologies (Fielden et Hunt, 2011 ; Richomme-Huet et d’Andria, 2013). Cette industrie très concurrentielle, est également en proie à des évolutions technologiques. Le e-accompagnement s’y est développé (Richomme-Huet et d’Andria, 2013).
Dès lors, se posent une multitude de questionnements : comment les acteurs de cette industrie font-ils face à cette évolution ? Des capacités dynamiques (Teece and Pisano, 1994 ; Teece et al, 1997 ; Eisenhardt et Martin, 2000 ; Teece, 2007 ; Zollo and Winter, 2002) développées par des structures d’accompagnement pourraient-elles permettre la création d’avantages concurrentiels ? Plus précisément, le lean management (Bortolotti et al, 2015b) n’est-il pas devenu une source de capacités dynamiques pertinente pour ces acteurs (Anand et al, 2009) ? L’objectif de notre recherche est de répondre à ces interrogations. Une revue de la littérature étendue, appuyée par une étude qualitative exploratoire réalisée auprès de 27 personnes (dirigeants de structures d’accompagnement et entrepreneurs) entre janvier 2015 et décembre 2015, permettra de mieux comprendre cette évolution majeure de l’accompagnement entrepreneurial.
Cette communication apporte une contribution dans la littérature de l’accompagnement entrepreneurial et des business incubators (Hackett et Dilts, 2004a), ou des structures d’accompagnement, en mettant en avant les changements d’une industrie. La théorie des capacités dynamiques donne un éclairage nouveau sur les mécanismes stratégiques mis en œuvre par les structures d’accompagnement. Le lean management et la stratégie d'amélioration continue représentent alors des sources de capacités dynamiques (Anand et al, 2009 ; Glover et al, 2015) au sein de l’industrie. Cette analyse permet également de réaliser un apport managérial. Notre communication pourrait permettre aux dirigeants de structures d’accompagnement de mieux se positionner par rapport à l’évolution que connait leur industrie. Les pratiques de lean management représentent alors des processus et des pratiques à mettre en œuvre pour s’adapter aux pressions de leur environnement et de générer des avantages concurrentiels durables (Barney, 1991 ; Eisenhardt et Martin, 2000).

Un framework pour repérer les pratiques de RSE d’une même industrie : cas des dix plus grandes entreprises pharmaceutiques mondiales

Cet article propose un framework permettant de définir les pratiques de RSE dans un même secteur d’activité. Il propose une extension de la taxonomie des stratégies de RSE de Martinet et Payaud (2008) qui placée au regard de la chaîne de valeur, permet d’identifier les logiques dominantes empruntées par les entreprises d’une même industrie afin de répondre aux attentes sociétales. Cet outil de repérage des pratiques de RSE offre une méthode heuristique permettant de caractériser les responsabilités et obligations que ces entreprises pensent devoir assumer envers la société. Notre cadre théorique place la RSE comme un ordre négocié, en construction permanente. Ainsi, les partenariats entre des acteurs privés et publics peuvent devenir une solution pour l’intérêt général. Identifier la mise en œuvre de ces partenariats le long de la chaîne de valeur permet de placer la RSE comme une opportunité d’affaires pouvant enrichir le potentiel stratégique de l’entreprise. Le framework sollicité et modifié offre une lecture descriptive et compréhensive. Nous le mobilisons au travers d’une étude exploratoire qualitative à partir des sites internet et rapports RSE de 2013 des dix plus grandes entreprises pharmaceutiques mondiales, témoignant du savoir-faire de ce secteur en matière de durabilité industrielle. Le framework révèle que l’engagement de ces firmes tourne essentiellement autour de leur métier et de leur mission, celle de découvrir et mettre à la disposition de tous, des médicaments innovants répondants à des besoins médicaux encore insatisfaits. Enfin, les contributions montreront que ce framework en tant qu’outil de management de RSE est un outil extensible, en mesure d’être utilisé à différents niveaux de l’analyse stratégique, au service de managers soucieux de prendre en compte les répercussions de leurs activités sur la société.

Le business model des entreprises sociales inclusives : le cas des SIAE, des EA et des ESAT en France.

Cette recherche s’inscrit dans le prolongement des travaux sur le social business model et les approches BoP, en explorant les business models inclusifs en matière d’emploi, en faveur de personnes socialement exclues. Elle démontre l’intérêt théorique de l’exploration empirique des entreprises sociales inclusives. Notre intervention au sein de structures d’insertion par l’activité économique (SIAE), d’entreprises adaptées (EA) et d’établissements et services d’aide par le travail (ESAT) en France nous amène à traiter dans cet article, la question de recherche suivante : Quelles sont les caractéristiques du business model des entreprises sociales inclusives ? Nos résultats caractérisent le business model des entreprises sociales inclusives par : la mobilisation volontaire de ressources humaines délaissées par les entreprises ; l’organisation délibérée de cette inclusion par des processus et des compétences spécifiques ; et la formulation de propositions de valeur économiques à intention(s) sociale(s) explicite(s). En discussion, nous proposons dans un premier temps le concept de business model inclusif, et revenons sur le business model des entreprises sociales. Enfin, dans un second temps, cette recherche suggère la centralité de l’intention stratégique dans la configuration du business model, et l’intérêt d’approfondir l’investigation de ce lien.

Le processus d’engagement d’une équipe entrepreneuriale

Le passage de l’intention de création à l’acte entrepreneurial passe par l’engagement. Dans cette recherche, un survol des théories d’engagement sera fait afin d’étudier le processus d’engagement entrepreneurial collectif. L’étude laisse paraitre cinq dimensions : dimension affective, dimension cognitive, dimension comportementale, dimension de construction de sens et dimension de continuité. L’engagement est freiné par le risque social de regroupement en équipe ainsi que les autres attraits pour chacun des membres. Par contre, l’engagement est accéléré par l’irréversibilité de l’acte et la diminution du risque d’échec et du risque financier dans le cadre d’une équipe. Trois cas ont été traités comme illustrations de trois types d’équipes et de leurs processus d’engagement respectifs.

"C'est le cancer pour un éditeur ce truc là". Travail institutionnel, identité et résistance : les éditeurs français face à l'édition numérique

Comment les acteurs d’un champ organisationnel font-ils face aux pressions en faveur du changement, notamment dans le cas d’une innovation disruptive comme celle du livre numérique ? Le marché de l’édition numérique est sous-développé en France, et la plupart des acteurs et des analystes s’accordent à dire que la responsabilité des éditeurs est importante dans ce sous-développement. Comment expliquer cette résistance si l’on considère qu’on ne peut se contenter d’une explication par la routine et l’aversion au changement ?
Cette étude de cas exploratoire de l’attitude de résistance des éditeurs face au numérique a une double visée : 1) produire une description empirique concrète de ce champ et des enjeux qui le traverse ; 2) émettre quelques propositions théoriques en se situant dans le cadre d’analyse néo-institutionnaliste, plus spécifiquement celui du travail institutionnel, qui étudie comment les acteurs prennent en main les changements ou la maintenance institutionnelle.

L’effet modérateur des mécanismes de gouvernance sur la relation entre l’enracinement des dirigeants et l’endettement des entreprises

Nous cherchons, à partir de ce papier, de mettre en évidence la relation qui peut exister entre l’enracinement des dirigeants et le niveau d’endettement de l’entreprise et d’intégrer l’effet de modération de la structure de propriété et du conseil d’administration sur cette relation. L’étude menée sur un échantillon de 230 entreprises françaises cotées sur Euronext Paris sur une période de 9 ans, montre que l’effet de l’enracinement des dirigeants sur le niveau d’endettement de l’entreprise est positif et significatif. Les résultats dégagés montrent que la taille du conseil d’administration affecte négativement cette relation. Alors que, la présence de bloc de contrôle a un impact positif et significatif sur cette relation. L’actionnariat salarié et l’indépendance des administrateurs n’ont pas d’effet sur la relation entre l’enracinement des dirigeants et l’endettement de l’entreprise.
Mots clés : Enracinement des dirigeants – Endettement – Structure de propriété –Conseil d’administration.

Le projet associatif, multidimentionnel et obsolescent

L’étude du projet associatif en sciences de gestion mobilise une partie de la littérature sur le projet. L’association étant une organisation à projet (Boutinet, 1990), notre positionnement sur cette littérature sera de considérer le concept de projet dans son sens le plus fondamental (Desreumaux, 2011). Boutinet (1990) précise que le choix d’utiliser la préposition « à » insérée avant le terme projet « souligne la visée intentionnelle propre à tout projet », tandis que la préposition « de » renvoie d’abord au contenu du projet et la préposition « par » « entend signifier le recours à la démarche projet comme méthodologie ».C’est pourquoi nous écartons toute une partie de la littérature qui s’intéresse à la méthodologie de projet ou au contenu du projet pour nous intéresser essentiellement à ses intentions. Elle mobilise également une littérature sociologique (Laville, 2013) sur l’association de loi 1901, mettant particulièrement en exergue sa dimension institutionnelle. La notion de projet associatif est relativement récente, on peut placer son apparition en France à partir des années 1980. Les praticiens du monde associatifs (bénévoles, salariés, organismes d’accompagnement, revues spécialisées) se sont emparés du projet associatif et participent à leur large diffusion jusqu’à le rendre aujourd’hui incontournable. Pour ces acteurs associatifs, le projet associatif est une déclinaison de l’objet social, justifiant l’existence de l’organisation et la guidant dans son développement par la fixation de grandes lignes directrices, d’objectifs et de moyens. Pour une association parvenue à maturité, il est souvent question de renouveler le projet. Cet article a pour vocation à comprendre pourquoi il devient nécessaire à un moment donné d’actualiser le projet. L’étude théorique apporte des éléments de réponses quant au caractère multidimensionnel et obsolescent du projet associatif, en mobilisant en particulier le concept de règles (Romealer, 1998) pour qualifier le projet associatif comme étant une règle (Joffre et Loilier, 2015). L’étude de cas permet d’identifier des facteurs humains et organisationnels qui influent sur cette obsolescence ainsi que sur le potentiel d’actualisation du projet associatif.

Principaux acteurs organisationnels : Quelle action sur l’activisme managérial ? Cas des Entreprises Tunisiennes Cotées

Cette communication se propose d’étudier le lien entre les principaux acteurs organisationnels et l’enracinement managérial. A partir d’un échantillon de 45 entreprises tunisiennes observées sur un axe de temps de 9 ans (2005- 2013), nous avons cherché à savoir si les principaux acteurs organisationnels avaient une action sur la discrétion managériale. Sur l’échantillon concerné, nous avons pu démontrer que les employés, comparativement aux clients, assurent un meilleur contrôle de l’entité dirigeante. Pour ce qui est des actionnaires, ils favorisent l’étalement de l’espace discrétionnaire

Proposition d’un cadre conceptuel centré sur l’apprentissage individuel et organisationnel d’une capacité organisationnelle

Dans cette communication, nous proposons un cadre conceptuel centré sur l’apprentissage individuel et organisationnel d’une capacité organisationnelle afin de préciser ce qu’il recouvre. D’autre part, nous explicitons un ensemble de facteurs qui se rapportent à l’un ou l’autre de ces types apprentissages et qui vont s’avérer être des catalyseurs ou des inhibiteurs de l’apprentissage d’une capacité organisationnelle. De plus, ce dernier est envisagé tout autant dans le cadre d’une stratégie d’exploitation que d’exploration.

Organiser l’imitation d’un business model innovant : Quatre propositions pour les entreprises.

Cette recherche se focalise sur l’imitation en matière de Business Model (BM) afin de comprendre comment les entreprises s’organisent pour imiter un BM innovant. Quatre organisations de l’imitation d’un BM par les entreprises sont identifiées. Les résultats contribuent à placer le BM comme un objet d’étude central dans la littérature sur l’imitation. Par ailleurs, les opérationnalisations présentées résolvent les problématiques de coexistence et de séparation des BM auxquelles doivent répondre les entreprises qui imitent. Le travail mené propose enfin une réflexion sur les déterminants des choix des imitateurs. D’un point de vue pratique, cette recherche offre aux décideurs poursuivant des stratégies d’imitation des pistes pour s’organiser. Ce faisant, nous clarifions les situations opérationnelles pour lesquelles il convient de séparer ou non le BM imité du reste de l’entreprise. Enfin, nous espérons que l’article participe à redresser la perception négative de l’imitation que peuvent encore avoir certains praticiens et chercheurs en sciences de gestion.

Composition et rôles du conseil d'administration : quels effets sur l’innovation d’exploitation et l’innovation d’exploration ? Cas des entreprises tunisiennes cotées en bourse

L’objet de cet article est d’examiner la relation entre les rôles et la composition du conseil d’administration (CA) et l’innovation. Une revue de la littérature montre que ce thème a été peu traité jusqu’à présent et que les résultats empiriques des recherches ayant analysé les liens entre ces variables restent controversés. En particulier, cette recherche apporte un éclairage sur l’effet de la présence de femmes et d’administrateurs indépendants au sein du CA ainsi que des rôles de cet organe sur deux types d’innovation à savoir l’innovation d’exploitation et l’innovation d’exploration. Ces relations ont été testé au moyen d’une étude quantitative menée auprès d'un échantillon d'entreprises tunisiennes cotées en bourse sur la base d’un questionnaire incorporant en particulier les items mesurant les deux types d’innovation et d’autres questions posées aux membres des CA. Nous nous sommes aussi fondés sur une base de données publiée par la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis (BVMT), le Conseil du Marché Financier (CMF) ainsi que sur les rapports annuels des entreprises cotées. Les données collectées ont été traitées par des analyses de régression. Les résultats mettent en exergue que l’innovation d’exploration est tributaire de la proportion des femmes administrateurs et du rôle de service du CA. L’innovation d’exploitation est, quant à elle, positivement liée au rôle de stratégie du CA mais négativement liée au rôle de contrôle du CA. En outre, l'indépendance du conseil n'affiche pas d'effets statistiquement significatifs avec les deux types d’innovation. Cette recherche met en valeur les implications managériales afin d’améliorer la gouvernance des entreprises tunisiennes cotées en bourse et soutenir l’innovation.
Mots-clés: Composition, rôles, conseil d’administration, innovation.

Tensions dans le cadre de relations interorganisationnelles pour la gestion du risque de terrorisme biologique

L’un des enjeux majeurs des relations interorganisationnelles réside dans la capacité de coopération des acteurs en raison des divergences potentielles en termes d’objectifs et de contraintes. Dans cet article, nous nous intéressons aux relations de coopération liant plusieurs structures publiques. Nous étudions le cas spécifique de la gestion du risque de terrorisme biologique, qui se gère en même temps qu’il se construit. Nous mettons en évidence le fait que l’enjeu de la coopération est davantage lié à la maîtrise des tensions chemin faisant qu’à l’équilibre des relations, qui sont asymétriques par nature et fluctuantes dans le temps.

Les valeurs stratégiques des activités de co-création comme axe de développement commercial : enjeux et perspectives

La présente recherche s’attache à déterminer les valeurs perçues d’une expérience de co-création et à repérer les valeurs les plus stratégiques susceptibles d’influencer la performance commerciale d’une entreprise. Nous nous sommes intéressés en particulier au cas d’un restaurant (bar à salade) qui a la particularité d’offrir à ses clients la possibilité de créer leur propre recette de salade (co-conception de produit) et de la commander (co-production de service) par eux-mêmes. Pour servir les objectifs de notre recherche, nous avons procédé à trois études.
La première étude est qualitative et nous a permis d’identifier 14 valeurs perçues par le client lors de son engagement dans une expérience de co-création avec l’entreprise. Après épuration par experts, uniquement 9 valeurs sont distinguées : récréative, émotionnelle, ésthético-sensorielles, psychologique, spirituelles, de liberté, d’optimisation, d’évasion et de lien social.
La deuxième étude est quantitative et nous a permis de valider la structure de notre mesure sur un échantillon de 290 clients du restaurant suscité. Cinq dimensions représentatives de la valeur perçue d’une expérience de co-création sont retenues : récréative, psychologique, sociale, d’évasion et de liberté.
La troisième étude, également quantitative, nous a permis de tester, sur le même échantillon, un modèle conceptuel mettant à l’épreuve l’influence de ces 5 valeurs perçues sur la satisfaction, l’intention de fidélité et l’intention de payer plus. Ces trois dernières variables sont considérées comme indicatrices de l’efficacité des stratégies de co-création et révélatrices de la performance commerciale de l’entreprise.
Les résultats ainsi obtenus nous permettent de soulever toute l’importance des valeurs psychologique, récréative et d’évasion. En effet, la valeur psychologique a un effet positif direct sur la satisfaction et la fidélité et un effet indirect sur l’intention de payer plus par la médiation de la satisfaction. La valeur récréative quant à elle, a un effet direct sur la satisfaction et un effet direct et indirect sur la fidélité par la médiation de satisfaction Enfin, seule la valeur d’évasion présente un effet positif direct sur l’intention de payer plus. Au vu de ces résultats, nous pouvons recommander aux entreprises de services qui ont choisi les stratégies de co-création comme axe de différenciation, de privilégier des dispositifs simples et faciles à utiliser et de valoriser leurs caractères ludiques et divertissants. L’usage de la technologie dans les stratégies de co-création peut constituer un élément facilitateur pour faire preuve de créativité et de plus de performance. Dans de futures recherches, nous préconisons de valider nos résultats sur d’autres types d’expériences et de contextes de co-création (ex. avec des dispositifs technologiques et digitaux).

Étude de l’influence de la capacité de changement sur les processus explicatifs du changement: Proposition d’un modèle

Les premiers travaux de recherche traitant du changement organisationnel mettent l’accent sur l’importance de la gestion du changement et proposent une panoplie de pratiques et d’actions managériales permettant à l’organisation de réussir la planification de ses changements. Toutefois, les résultats de recherches empiriques antérieures montrent que malgré l’application des pratiques de gestion de changement recommandées, le changement ne poursuit pas un processus planifié. Il était plutôt marqué par différentes caractéristiques qui relèvent d’autres processus explicatifs du changement à savoir le processus politique, le processus interprétatif, le processus incrémentiel et le processus complexe. Les résultats diffèrent en fonction du contexte dans lequel le changement évolue. Ce constat marque l’évolution de la pensée d’« une gestion de changement » vers une « capacité à changer ». En effet, les travaux récents mettent l’accent sur l’importance de la capacité de changement des organisations.
Par ce travail de recherche, nous cherchons à comprendre et à expliquer les résultats relatifs à l’existence de différentes caractéristiques qui relèvent des différents processus explicatifs du changement dans le cadre d’un changement décidé et planifié par la direction d’une entreprise. Nous étudions précisément la contribution de l’étude de la capacité de changement à l’explication du changement. Cette recherche se propose d’élaborer un modèle présentant les composantes de la capacité de changement pouvant influencer les processus explicatifs du changement. Pour ce faire, une étude qualitative par étude de cas est menée au sein de Basic Bank , établissement bancaire leader sur le marché tunisien. Les résultats montrent que, la capacité leadership, la communication, la reconnaissance du personnel, l’apprentissage organisationnel et le recrutement, composantes de la capacité de changement de Basic Bank, peuvent influencer les processus explicatifs de ses changements.

Les entreprises en difficulté désinvestissent-elles ? Une étude exploratoire du risque de faillite perçu dans les PME françaises

La littérature s'est traditionnellement attachée à expliquer le risque de défaillance de l'entreprise. Les recherches avancent l'idée qu'en raison de sa connotation très négative, ce risque est un sujet de préoccupation essentiel pour les dirigeants. De sorte que la simple perspective d'un risque de faillite apparaît susceptible d'influencer les décisions de gestion. A cet égard, les interrogations sur la place du désinvestissement sont prépondérantes. Compte tenu des conséquences particulièrement négatives d'une défaillance, les dirigeants peuvent apparaître comme incités à diminuer les investissements si un risque de faillite se dessine. Dans le même temps, la littérature souligne la force des phénomènes d'inertie et d'escalade susceptibles d'exercer une influence contraire. Ces deux hypothèses rivales, et le fait qu'aucune étude empirique n'existe, justifie notre projet de recherche. Sur la base d'un échantillon de 501 PME, nous étudions l'influence d'un risque de faillite perçu sur d'éventuels désinvestissements en termes de variation des actifs (immobilisations) de ressources (personnel, production) et en termes de marché (client, produits). Les résultats montrent que le risque de défaillance perçu diminue le taux de variation des immobilisations, excluant ainsi l'idée de surinvestissement ou même de persistance. De même il provoque un désinvestissement en ressources, essentiellement par la diminution du personnel. En revanche, aucun impact n'est décelable sur le désinvestissement de marché.

The paradoxes of fighting Ploutopia: the case of Local Exchange Trading Systems

Local exchange trading systems (LETS) are often conceptualized as a form of social innovation, aimed at exchanging goods and services within a given group without the intermediation of money. From the standpoint of alternative economics, they are viewed as manifestations of anti-capitalism and anti-monetary systems, while often also carrying a strong political dimension, as analyzed by the literature on social mouvements. We build on these two existing bodies of work and the particular case of French LETS – its specific literature and empirical vignettes for illustration – to discuss the organizational and everyday paradoxes underlying the fight against Ploutopia, the reign of money and neoliberal capitalism. LETS appear as socially beneficial arrangements, attempting to foster alternative practices within the mainstream economy. Our working paper explores the difficulties faced by LETS by our analysis of four paradoxical mechanisms underlying their everyday practices: 1) meaning duality, 2) substitution reasoning, leading to 3) moral ambiguity and 4) purpose ambiguity. These reveal not only paradoxical uses of language and significations, but also a paradoxical purpose of LETS. Rather than a strong opposition and radical alternative to Ploutopia, they appear as emergent forms of organization, struggling to perform spaces for alternatives not so much to economic mechanisms themselves, but rather to the social links that go with neoliberal capitalism. Thus, Money, market and monetary logics are not so much refused and replaced as they are reinterpreted and enriched both in practice and at the conceptual level through discourse in view of reinforcing social ties in a world linked predominantly by commercial ones.

Les innovations d’exploration et d’exploitation : Le rôle de la capacité d’absorption

Comment la capacité d’absorption de connaissances influence-elle la performance d’innovation d’une entreprise ? Cet article analyse la relation entre les dimensions de la capacité d’absorption et les innovations d’exploration et d’exploitation. Nous avons testé les hypothèses de recherche sur un échantillon de 43 entreprises de biotechnologie aux Etats-Unis pour une période de 1995-2006. Nos résultats montrent que la diversité de connaissances et le capital humain intellectuel sont associés à l’exploration. En revanche, l’expérience collaborative est liée à l’exploitation.

Internal determinants of the Determinants of the Early and Rapidly Internationalizing Firms: Fresh evidence from the Cognitive Mapping of the Entrepreneurs-Managers

The objective of this study is to draw an average cognitive map of 106 Tunisian entrepreneurs-managers in order to contribute to the understanding of the Early and Rapidly Internationalizing of their businesses. By using the MICMAC program, the empirical results show that the cognitive approach is a relevant way for interpreting this phenomenon. Our study extends entrepreneurship literature and previous studies by proposing a new approach to building an average cognitive map for the explanation of the early and rapidly internationalizing firms.

Etude bibliométrique sur l’Orientation Entrepreneuriale (2001-2013) : Enseignements et voies futures de recherches

Le développement exponentiel des publications sur le thème de l’orientation entrepreneuriale (OE) nous a conduit à entreprendre cette étude bibliométrique. A ce jour, seules quelques études se sont intéressées aux articles qui examinant le lien entre l’OE et la performance mais aucune étude bibliométrique n’a tenté de dresser le paysage des publications sur le sujet. Ce travail vise donc à recenser, examiner et évaluer les connaissances produites sur l’OE (au niveau organisationnel) pendant la période 2001-2013. Au total, 312 articles publiés ont été examinés. Les indicateurs univariés, issus des analyses descriptives, ont permis de cerner les principales revues qui se sont intéressées à l’OE, les méthodologies les plus utilisés ainsi que les pays dans lesquels l’OE a été étudiée par les chercheurs. Parallèlement, les indicateurs relationnels élaborés à l’aide du logiciel Freeplane nous ont permis d’identifier tous les déterminants et les conséquences de l’OE telles que décrits et étudiés dans les 312 articles. La distinction claire entre les articles conceptuels, qualitatifs et quantitatifs publiés sur l’OE a permis de dégager les principales limites et les voies futures de recherche pour chaque catégorie d’articles.

La responsabilité sociale de l’entreprise et la performance financière des entreprises tunisiennes : Rôle médiateur de la réputation et du capital humain

L’objet de cette recherche est d’explorer sous l’angle de l’approche par les ressources le rôle de la réputation et du capital humain dans la profitabilité de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE). Pour ce faire, une investigation empirique a été menée auprès d’un échantillon de 100 entreprises tunisiennes adoptant des démarches RSE. Les résultats issus d’une analyse des équations structurelles ont montré que la responsabilité sociale de l’entreprise est reliée positivement à la performance financière. De plus, la réputation et le capital humain assurent un rôle médiateur dans cette relation en favorisant l’avantage concurrentiel.

Pour une modélisation systémique des équipes entrepreneuriales dans une perspective d’accompagnement

Ce texte propose une modélisation de l’Equipe Entrepreneuriale sous le spectre de l’approche systémique en ambitionnant de livrer aux accompagnateurs, un outil pédagogique pour appréhender les dynamiques des équipes entrepreneuriales qui soit dans la même veine que le modèle des 3 E (Paturel, 1997) ou le modèle des 3 P (Levy-Tadjine, Paturel, 2006). Ancré dans le paradigme systémique (Le Moigne 1977), notre proposition de modélisation consiste à expliquer l’équipe entrepreneuriale sous trois pôles (ontologique, fonctionnel et génétique) et a articuler ceux-ci avec les apports et connaissances de la littérature sur l’entrepreneuriat collectif.

Le pilotage des processus d’innovation amont à l’ère du digital : vers de nouvelles modalités de couplage des explorations des connaissances et des valeurs d’usage

Une des questions cruciales qui se posent en matière de management de l’innovation technologique est celle du couplage entre deux dynamiques d’apprentissage : l’exploration de la valeur associée à une innovation d’un côté, et le développement des savoirs scientifiques et techniques nécessaires à la conception de nouveaux objets, services ou systèmes technologiques de l’autre. De nombreuses recherches se sont attachées à cette question. Certains ont caractérisé des principes de couplage, différents selon les auteurs et les périodes (science push, market pull, exploration concourance). D’autres se sont attachées à mettre en avant, au-delà des principes, des modalités concrètes de couplage, également variées. Les réponses qu’apporte la littérature sont nombreuses, mais elles sont souvent partielles du fait de la focalisation fréquente des travaux sur un type de modalités de couplage, et parfois contradictoires quant à la manière d’organiser un tel couplage. Il ne s’agit donc pas d’une question qui aurait été « réglée » du fait que des travaux s’y intéressent depuis longtemps, et il faut de plus considérer comment elle se pose en des termes plus vifs que jamais compte-tenu de l’environnement qu’affrontent aujourd’hui les entreprises. Ainsi, dans le contexte actuel de compétition par l’innovation, repère-t-on dans les pratiques empiriques des entreprises technologiques des évolutions par rapport aux modalités de couplage déjà mises en lumière dans la littérature, ou alors des combinaisons entre plusieurs modalités, souvent analysées isolément, ou encore le déploiement de nouvelles approches ? Comment ces mécanismes de couplage s’appuient-ils sur des dynamiques individuelles et collectives de compétences ? Tel est le projet poursuivi dans ce travail qui étudie pour ce faire le cas d’une grande entreprise du secteur des technologies de la communication et de l’information, lequel est marqué par une très forte intensité concurrentielle. Cette entreprise qui était initialement positionnée sur les télécoms est également entrée de plein fouet dans l’ère du digital. En réponse à ce contexte, elle a engagé une refonte de l’organisation et des principes de pilotage de sa R&D dans l’objectif d’accélérer le processus d’innovation et de mieux répondre aux besoins des clients. Un nouveau type d’activités – dit de « ciblage prospectif » - a ainsi été créé, lequel vient s’insérer au milieu des activités plus traditionnelles de recherche et de développement, afin de favoriser le passage des innovations développées par la R&D vers les unités d’affaires et le marché et, réciproquement, de mieux orienter les projets de R&D en fonction des domaines clés identifiés par les unités d’affaires. L’analyse empirique a permis de caractériser cette activité qui opère une incarnation des concepts définis par la recherche dans des prototypes logiciels notamment, lesquels permettent de « tester » ces concepts auprès de clients et d’en évaluer la pertinence, et le cas échéant d’intéresser des alliés pour pousser plus loin les travaux. Les résultats montrent le caractère original et combinatoire de cette modalité de couplage, mais également son caractère inachevé, et les problématiques d’apprentissage individuel et collectif qui persistent.

LE PORTEFEUILLE D’ALLIANCES : UNE EXTENSION DE LA RELATION DYADIQUE

S’appuyant sur des approches de réseaux et de portefeuille d’alliances, cette recherche vise à montrer les déterminants de la formation, par les firmes, de portefeuilles d’alliances denses et riches de relations. L’analyse quantitative et longitudinale (2000-2014) sur un échantillon global de 1331 observations relatives à 100 entreprises liées par 1717 relations inter-organisationnelles, a permis de faire ressortir trois types de déterminants : la complémentarité des ressources, l’importance des dépenses en R&D et la position centrale de la firme. Ces résultats affirment le glissement de perspective en reconnaissant l’approche de portefeuille d’alliances comme une extension de la relation inter-organisationnelle dyadique.

Non-monetary costs and the interdependence of players in B2B multi-sided markets: a study into the adoption of a dematerialization platform

Cet article s’intéresse au cas d'une plate-forme de dématérialisation pour les transactions B2B entre entreprises du BTP et collectivités. Nous avons utilisé une méthodologie qualitative et récolté des données au cours de vingt-huit entretiens semi-directifs sur une période de deux ans. Nos résultats mettent en évidence deux principales contributions à la littérature existante sur les marchés bifaces (ou plus généralement les marchés multi-faces). Tout d’abord, ce travail remet en cause le rôle de la politique de prix dans le processus d’adoption d’une plateforme de dématérialisation. Il souligne l’importance de la coordination des utilisateurs. La collaboration inter-organisationnelle dans le choix d'une plate-forme unique apparaît comme une condition essentielle pour produire des externalités croisées de réseau. En second lieu, nous démontrons que les gains liés à l’adoption d’une plate-forme de dématérialisation ne sont pas linéaires. Plus précisément, une augmentation du nombre de nouveaux utilisateurs d’un côté du marché réduit, dans un premier temps, l'utilité de la plate-forme de l'autre côté du marché. En effet, les entreprises engagées dans le processus doivent faire face à une phase difficile avant de pouvoir tirer pleinement profit de l’adoption de la nouvelle technologie.

La question de l’identité dans les structures d’intermédiation

L’objectif de la communication est de proposer un cadre conceptuel qui identifie diverses formes d’identité organisationnelle pour différentes structures d’intermédiation. Les structures d’intermédiation sont nombreuses. Pourtant, la question identitaire a été relativement peu explorée pour ce type d’organisation. L’identité organisationnelle correspond aux attributs centraux, distinctifs et durables d’une organisation (Albert et Whetten, 1985). La présente communication s’intéresse en particulier au caractère distinctif d’organisations favorisant l’innovation. Parmi les structures d’intermédiation, les formes traditionnelles comme les clusters jusqu’aux plus récentes telles que les structures d’innovation ouverte sont étudiées. L’analyse des travaux existants a abouti à l’identification de quatre types d’identités : l’identité unique, l’identité collective, l’identité duale et les identités multiples. A chaque structure d’intermédiation est associé le type d’identité le plus probable. Des perspectives de recherches sont proposées dont des suggestions méthodologiques et empiriques.

Examining the Impact of Organizational Culture on IS Strategic Alignment under a qualitative perspective

The aim of this paper is to explore the impact of the organizational culture on the IS strategic alignment. Our quantitative and qualitative analyses of the literature show very weak awareness of this dimension.
This impact was tested among a selection of European and local firms operating in Tunisia and which were in the post-changeover phase of their ERP systems. Four case studies were carried out from semi-structured interviews among General Managers (GM), IT and Business Department Executives. The results of the content analysis highlight the need to take organizational culture into account as a potential stimulator for strategic alignment. A “Clan Culture” that is sufficiently based upon the values of transparency, cooperation and partnership are likely to promote IS strategic alignment.

Reconnaissance d’une opportunité entrepreneuriale et besoins en ressources stratégiques

Les travaux de recherche en entrepreneuriat ont largement posé la question des ressources stratégiques requises tout au long du processus entrepreneurial : la reconnaissance d’une opportunité entrepreneuriale, la création et le développement. Ceci revient à ce que les entrepreneurs manifestent souvent des difficultés à se procurer les ressources dont ils ont besoin dès qu’ils se trouvent emportés par le désir de reconnaître une opportunité afin d’entreprendre pour leur propre compte. Dans cette perspective, nous proposons de centrer notre réflexion, d’une part, sur la démarche soutenue par les entrepreneurs pour reconnaître une opportunité entrepreneuriale et d’autre part, sur les types de ressources stratégiques mobilisées dans cette démarche. C’est ainsi, cette communication vise à répondre à deux questions qui restent encore en suspens : Quelle démarche suivent les entrepreneurs pour reconnaître une opportunité entrepreneuriale? Et à quels types de ressources stratégiques fontils appel dans leur démarche ? La réponse à ce questionnement va nous permettre d’atteindre successivement deux objectifs : 1) cerner les étapes de la phase de reconnaissance d’une opportunité entrepreneuriale et 2) se renseigner sur les types des ressources stratégiques mobilisées par l’entrepreneur dans chaque étape identifiée. Pour parvenir à nos objectifs, un modèle de recherche a été développé à partir d’une revue de la littérature puis confronté au terrain à travers des études de cas menées auprès de six entrepreneurs tunisiens opérant dans le secteur de service. Les données collectées par le biais d’entretiens semi-directifs ont fait l’objet d’une analyse thématique inter-cas. Les résultats de notre investigation soutiennent les propositions théoriques développées. En effet, les résultats de la recherche témoignent que la reconnaissance d’une opportunité entrepreneuriale est loin d’être une phase instantanée, comme il a été préconisé par les tenants de l’école autrichienne. Mais au contraire, elle constitue une phase dynamique marquée par deux étapes distinctes : la perception d’une idée de projet et l’évaluation de l’idée de projet. Chacune de ces étapes présentent leurs propres caractéristiques et exigent de différents besoins de ressources stratégiques. D’ailleurs, les résultats ont révélé que les entrepreneurs expriment essentiellement des besoins accrus d’informations stratégiques et de visibilité durant l’étape de perception d’une idée de projet alors qu’ils manifestent un besoin important d’informations stratégiques, de conseils, de soutien moral et de soutien instrumental lors de l’étape d’évaluation de leur idée de projet.

Evolution du capital social de l’entreprise familiale suite à l’entrée du successeur : quel impact sur la création de valeur ?

L’importance de l’entreprise familiale (EF) n’est plus à démontrer. L’EF s’avère non seulement une forme dominante de plusieurs tissus économiques, mais une forme ayant une performance supérieure (Charreaux, 1991). L’étude de l’EF selon l’approche par les ressources (RBV) suggère que cette performance ne résiderait pas seulement dans les spécificités de sa gouvernance, mais dans un ensemble de ressources distinctives lui conférant un avantage compétitif (Habbershon et Willimans, 1999). Les auteurs infèrent que l’interaction de la sphère familiale avec celle des affaires serait à l’origine de ressources distinctives de l’EF. Le capital social serait une ressource fortement caractérisée par l’enchevêtrement des sphères de l’EF (Arrègle et al, 2007). Le capital social est également une ressource qui se situe en amont de la création de la valeur (Nahapiet et Ghoshal, 1998). L’entrée du successeur, à l’occasion de la transmission de l’EF, est un évènement qui affecte inéluctablement son capital social. Il en résulte que les changements engendrés au niveau du capital social affecteraient la création de valeur de l’EF suite à l’entrée du successeur. Notre recherche ambitionne d’explorer l’évolution de la relation entre le capital social et la création de valeur de l’EF, suite à l’entrée du successeur. Quatre EF tunisiennes ont été observées suivant une étude de cas longitudinale. A la fin de nos observations, notre étude de cas multiple a révélé deux groupes de cas suivant le niveau d’évolution de la création de valeur. Le premier groupe s’est caractérisé par une évolution remarquable de la création de valeur et du capital social. Les cas du deuxième groupe se sont caractérisés par une évolution timide de la création de valeur et une évolution limitée du capital social.

LES MOTIVATIONS DES ENTREPRENEURS AUX PIEDS NUS AU CAMEROUN

Les entrepreneurs aux pieds sont encore qualifiés d’entrepreneurs ambulants qui exercent des activités informelles (Torrès, 2001 ; Imas et al., 2012 ; Nizet et Pichault, 2014). Le secteur informel qui regorge ces entrepreneurs débrouillards occupe une part importante des économies africaines (LaPorta et Shleifer, 2011 Mbaye et al. 2014). Si la littérature dominante a porté sur la contribution des entrepreneurs informels à la réduction de la pauvreté, des inégalités par la création de l’auto-emploi ou d’emplois (Onana, 2009 ; Bernajee et Duflo, 2011 ; Benjamin et Mbaye 2012), peu d’études se sont intéressées, en particulier dans les pays africains de l’espace francophone, aux motivations qui amènent les individus à créer des acti-vités informelles. Partant de la littérature sur les motivations entrepreneuriales et la perspective critique de l’entrepreneuriat, nous avons adopté une approche compréhensive (Leger-Larnou et al. 2015) pour mener une étude exploratoire basée sur une étude de cas de 60 entrepreneurs aux pieds nus dans la ville de Douala (Cameroun). Les résultats de cette étude empirique permettent de caractériser les motivations des hommes et des femmes ayant créé des micro-entreprises informelles.

Les alliances stratégiques : proposition d’une typologie en s’appuyant sur une approche intégrative « SMOCS »

Si les alliances stratégiques ont fait l’objet de nombreuses recherches en management stratégique, ce phénomène reste complexe. Bien que les chercheurs aient proposé des typologies d’alliance stratégique, une connaissance globale de l'ensemble de ses typologies reste peu explorée.
L’objet de cet article est d’étudier les différentes configurations d’alliance. Une revue de la littérature des typologies d’alliances sera établie. En effet, nous proposons une typologie d’alliance, qui se base sur une articulation entre trois dimensions: Objectifs, ressources et contexte. Nous avons dégagées à travers la combinaison de ces dimensions 48 types d’alliances allant de l’alliance unidimensionnelle à l’alliance multidimensionnelle. Ce travail, à visée théorique, présente comme un double intérêt, un apport conceptuel, celui d’étudier les différentes configurations d’alliance et de proposer une typologie exhaustive d’alliance stratégique, et un intérêt managérial aidant les managers à choisir le type d’alliance le plus adéquat.

Performance des PME à l’international et environnement : les résultats d’une étude empirique menée au Cameroun

Cet article a pour principal objectif de décrire et d’expliquer la performance des PME à l’international à partir d’une étude menée au Cameroun. Cette préoccupation est motivée par les résultats de nombreuses études qui font des PME camerounaises des organisations archaïques et non compétitives. Pourtant, ces entreprises parviennent à se maintenir sur les marchés étrangers et ont des performances appréciables. Pour mener notre travail, nous avons utilisé la méthode hypothético-déductive. Ainsi, à partir de la littérature existante, nous avons émis deux (02) hypothèses qui mettent en relation la performance des PME à l’international et leur environnement. Les résultats obtenus dans cette étude révèlent que la performance des PME camerounaises à l’international est influencée par les contraintes environnementales auxquelles elles font face. Cette influence les pousse à modifier leur comportement pour s’adapter à leur environnement. Ce qui confirme le caractère dénaturant de l’internationalisation dans la gestion des PME.

Des business models inclusifs en faveur de personnes en situation de handicap : le cas APF Entreprises

Cette recherche investigue les business models des entreprises adaptées (EA) et les établissements et services d’aide par le travail (ESAT), en France. Incluant, à hauteur de 80 % de leur effectif, des travailleurs en situation de handicap, les business models de ces entreprises sociales sont inclusifs i.e. ils reposent majoritairement sur des ressources délaissées par le marché de l’emploi. Les résultats de l’étude empirique menée au sein d’EA et d’ESAT du groupe APF Entreprises, sont présentés au travers le cadre d’analyse « SIRCOV framework », issu de l’hybridation de modèles existants dans la littérature et de la spécificité du terrain. Ils font apparaître : des propositions de valeur à attribut social explicit, des ressources et compétences spécifiques, organisés de manière à simultanément créer de la valeur économique pour les clients-entreprises, et de la valeur pour la société via l’emploi délibérément majoritaire de travailleurs handicapés. L’incidence de l’intention stratégique, ici inclusive, sur l’ensemble des éléments du business model, confirme l’intérêt, et suggère le potentiel théorique et pratique du cadre d’analyse proposé.

La culture organisationnelle revisitée : esquisse d’une culture située

S’intéresser à la culture d’entreprise n’est pas un phénomène original. Cette curiosité s’inscrit dans un mouvement continu depuis une trentaine d’années qui confronte les approches managériales à la réalité d’une entreprise, plus seulement abordée comme un système fonctionnel mais aussi comme une culture. Cela pose immédiatement la question de la définition de la culture (Thévenet, 2010 ; Denison, 1995). Comme la plupart des concepts en sciences humaines et sociales, les définitions varient pour chacun et sont parfois confuses comme le démontre l’abondante littérature (Maitland, 2015 ; Zheng et al., 2010 ; Alvesson, 2002 ; Detert et al., 2000) sur le sujet. Une perspective situationnelle nous permettra de redéfinir la notion et l’analyser sous un autre angle, la situation. L’objectif de cette recherche en cours est en effet de revisiter le concept en mettant la situation vécue et l’action au centre de l’analyse. Une enquête a été menée auprès des « cheminots » afin de répondre à ce questionnement problématique. Notre approche ne se veut ni explicative ni descriptive, mais un mode d’analyse, de recherche et d’interrogation du réel à partir d’un grand nombre de données. Une approche s’intéressant au sens donné par les acteurs aux situations auxquelles ils sont confrontées et faisant émerger un nouveau concept, la culture située.

la capacité d'absorption de l'entreprise: conceptualisation et mesure

la présente recherche a pour objet d'étudier le concept de la capacité d'absorption et d'analyser ses différentes dimensions. nous concevons la capacité d'absorption comme un ensemble de capacités individuelles et collectives. le partage d'une nouvelle connaissance externe entre les membres d'un groupe est considéré comme une capacité collective essentielle pour la capacité d'absorption de l'entreprise. nous appréhendons la capacité d'absorption comme étant composée de cinq dimensions distinctes: la valorisation, l'assimilation, le partage, la transformation et l'application de nouvelles connaissances externes dans la réalisation de nouveaux produits ou processus. une mesure de ce concept est alors proposée et validée par un test sur un échantillon d'entreprises industrielles tunisiennes.

La marque Personnelle des Travailleurs Indépendants

Cet article a pour objectif d’approfondir la notion de la marque personnelle des travailleurs indépendants et d’explorer ses composantes. Le cadre conceptuel s’est basé sur un double cadre théorique : la théorie de la pratique de Pierre Bourdieu et la théorie dramaturgique d’Erving Goffman. La collecte des données s’est faite à travers les entretiens semi-directifs auprès de 15 travailleurs indépendants. L’analyse de contenu thématique a permis d’opérationnaliser les six composantes de la marque personnelle : le capital culturel, le capital social, la présentation de soi médiatisée, la présentation de soi verbale, l’authenticité et l’apparence.

Exploration de la relation stratégie orientée client-performance globale de l’entreprise

La présente communication a pour objectif d’explorer la relation stratégie orientée client-performance globale de l’entreprise suivant une démarche hypothético-déductive. En ce sens la revue de la littérature nous a permis de retenir le modèle de « Custor-Scale » et de la « Balanced ScoreCard » pour appréhender respectivement la stratégie orientée client et la performance globale de l’entreprise. Par ailleurs, l’étude qualitative exploratoire réalisée auprès de 25 dirigeants tunisiens nous a permis d’élaborer 25 verbatims que nous avons étudiés par la méthode d’analyse de contenu. Nos analyses nous ont permis de retenir les différentes variables dégagées à partir de la littérature et qui forment nos deux construits. Ainsi, la performance globale portera sur quatre axes : le client, la finance, le processus et l’apprentissage organisationnel. De même, la stratégie orientée client portera sur quatre dimensions : l’intimité client, la rétention client, la transparence de l’activité et l’amélioration continue de l’activité. En outre, nos analyses nous ont permis de retenir l’engagement de la direction comme variable modératrice de la relation traitée. Ces résultats ont fait l’objet d’une étude quantitative confirmatoire et qui est sur le point d’être finalisée.

The impact of competitive market embeddedness and diversity of institutional environment on MNE performance

We examine the impact of competitive market embeddedness on MNE performance. Using a sample of 53 grocery MNEs from 28 countries covering the period from 2007 to 2014, we find that competitive market embeddedness has a U-shaped relation with firm performance, and the positive effect is stronger when formal institutional environment of foreign country markets in which MNEs operate is more diverse.Our empirical findings suggest that understanding the competitive market structure among multiple rivals is important for explaining the consequence of multimarket contact. We discuss the implications of the findings for extant literature on multimarket competition.