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L’apprentissage émotionnel à distance de l’échec : Le cas de la Cité Mondiale du Vin et des Spiritueux

Sous l’impulsion d’auteurs tels qu’Abraham Carmeli, Amy Edmondson ou Dean Shepherd, la littérature sur les échecs organisationnels est en plein essor depuis une douzaine d’années. Pourtant, certaines questions relatives à ce champ théorique restent non résolues à ce jour. C’est le cas, par exemple, de l’effet d’un échec sur l’attitude ultérieure des individus. En effet, la thèse du choc thérapeutique (Greve, 2003) s’oppose à celle du choc psychologique (Välikangas et al., 2009). En particulier, on ne sait pas si l’échec stimule les comportements innovants ou, au contraire, s’il inhibe l’action. Cet article s’inscrit dans cet agenda de recherche, en marquant toutefois une opposition avec la littérature traditionnelle sur les échecs organisationnels. En effet, nous nous intéressons ici à l’articulation entre deux projets n’appartenant pas à la même trajectoire d’innovation (Ben Mahmoud-Jouini, 2004). Par ailleurs, nous concentrons notre étude sur des individus non décideurs, pour lesquels le projet n’est pas un objet d’investissement affectif (Dubouloy, 2005). Ainsi, nous cherchons à savoir quel impact l’échec d’un projet de grande ampleur peut avoir sur des individus non-décideurs, qui sont impliqués dans un projet ultérieur a priori différent. Pour répondre à cette question, nous étudions les liens, dans la durée, entre deux projets bordelais bien distincts : la Cité Mondiale du Vin et des Spiritueux (un marché permanent du vin pour les professionnels, qui a échoué) et le Centre Culturel et Touristique du Vin (un équipement culturel sur la civilisation mondiale du vin à destination du grand public, qui verra le jour en 2016). Nous montrons finalement l’existence d’un apprentissage émotionnel à distance de l’échec, qui est le fruit des démarches heuristiques utilisées par des professionnels pourtant compétents dans leur domaine. Nous soulignons, à ce titre, que leurs raisonnements simplifiés sont liés à leur très faible niveau d’implication dans le projet ayant échoué.

Les conditions d’une persistance appropriée dans un projet : le cas du Centre Culturel et Touristique du Vin

La littérature en sciences de gestion offre une vision très contrastée de la persistance en situation d’adversité. Si la plupart des auteurs portent un regard plutôt négatif sur ce comportement – associé à l’inertie organisationnelle (Finkelstein et Hambrick, 1990) ou à l’escalade de l’engagement (Staw, 1976) – d’autres suggèrent, au contraire, que la persévérance est un facteur clef de succès en matière d’innovation (Lynn et al., 1996). De telles divergences soulignent l’ambiguïté du terme de persistance dans le langage courant, qui renvoie autant à l’obstination et à l’acharnement qu’à la ténacité et à la détermination. La question se pose alors de savoir à quelles conditions la persistance dans un projet se révèle
– ou non – appropriée dans une organisation. Pour répondre à cette question nous étudions, de façon qualitative et longitudinale, le projet de la Ville de Bordeaux de lancer un Centre Culturel et Touristique du Vin (CCTV) dont l’ambition est de sensibiliser le public au secteur vitivinicole et ainsi de développer l'œnotourisme sur le territoire aquitain. Ce projet a été initié en 1995, à l’occasion du premier mandat de Maire d’Alain JUPPÉ, et verra enfin le jour en 2016 – sous le nom de « Cité des Civilisations du Vin » – après avoir connu plusieurs échecs. Il ressort finalement de notre étude processuelle (Langley, 1999 ; Langley et al., 2013) que persister dans un projet peut avoir du sens : 1) si un leader emblématique fait du projet une priorité stratégique et est capable d’imposer le consensus parmi toutes les parties prenantes,
2) si l’environnement externe change et voit notamment émerger de nouvelles opportunités de choix pour relancer le projet et 3) si le projet marque une rupture assez nette avec les tentatives passées et se trouve renforcé par des succès de projets similaires en termes de vision stratégique.

Territorial dynamics: Economic impacts and returns

Referring to territorial innovation models, we studied Grenoble-GIANT, a geographical network. The past 60 years of investment (€2.81 billion) have catalyzed the concentration of knowledge resources toward economic specialization, SME competitiveness, knowledge spillovers, and economies of scope. Support of research centers and universities positively affects patent and spin-off development, strengthening economic growth. Our microeconomic methodology measures the economic effects of GIANT with respect to budget, employment and spin-off generation. The eight GIANT partners directly employ 7,500 individuals. In 2008, the annual direct economic impact was evaluated at €655 million, and the annual total induced economic impact was evaluated at €1.2 billion. Factoring in the economic impact of jobs in the microelectronics, software, and related industries/services, the total impact is approximately €3.2 billion. The originality of our study lies in the comparison between the amount of investment (€2.81 billion) and the annual total economic impact (€3.2 billion).

L’intégration des entreprises des pays en développement dans les CGV permet-elle l’apprentissage environnemental ? Une application aux entreprises oléicoles tunisiennes

La présente recherche examine les possibilités d’apprentissage environnemental qui s’offrent aux entreprises des pays en développement dans les Chaînes Globales de Valeur. Pour ce faire, une enquête a été menée auprès d’entreprises oléicoles tunisiennes fortement intégrées dans le marché international. Nos résultats indiquent que même si les entreprises bénéficient d’un apprentissage environnemental, sa portée reste limitée en raison de la modalité de collaboration choisie par les entreprises occidentales à savoir l’imposition de standards. Accompagner les entreprises des PVD dans la mise en place de standards environnementaux semble aujourd’hui nécessaire.

Le processus de construction de frontières pour les activités économiques émergentes - Le cas des nanotechnologies en France

Cette recherche a pour objectif d’étudier le processus de construction de frontières pour les activités émergentes afin de contribuer à la discussion sur la création des nouveaux secteurs économiques, notamment par des innovations technologiques.
Le concept de frontière suscite un intérêt croissant en management. Cependant, les définitions de frontière proposées dans la littérature varient en fonction des courants théoriques ainsi que des niveaux d’analyse adoptés. De plus, la plupart des travaux antérieurs étudient le concept de frontière en tant qu’élément contextuel et s’intéresse peu au processus de construction de frontière. Nous avons donc proposé d’analyser le processus de création de frontières en mobilisant trois courants de littérature : la théorie néo-institutionnaliste, les travaux en stratégies ainsi que la sociologie des professions.
Nous avons choisi une démarche qualitative basée sur une étude de cas longitudinale sur les nanotechnologies (NT) en France. Les résultats de cette recherche montrent que deux types de processus existent pour la construction de frontière d’une activité économique : le processus interne et le processus externe de création de frontières. Le processus interne se caractérise par une prise de conscience mutuelle de l’intérêt commun entre les parties prenantes de l’activité, une théorisation des connaissances, et la revendication d’une différenciation entre les parties prenantes. Le processus externe se reflète dans l’effort des parties prenantes pour la légitimation des NT. Les processus interne et externe de construction de frontière dans le cas des NT interagissent de façon à se renforcer mutuellement. Ce travail débouche sur des recommandations en direction des entrepreneurs afin de gérer au mieux l'acceptation de leur activité en émergence.

Dompter la vérité dans l'organisation : La subjectivation comme production de l'animal confessant

Entretiens d’autoévaluation, bilans de compétences et goal settings incarnent les visages gestionnaires les plus quotidiens des procédures et dispositifs de vérité parcourant les organisations. Comment altèrent-ils le comportement des acteurs de l’organisation par différentes mises en scène de la narration de soi? Par quels dispositifs confessionnels parviennent-ils à désamorcer résistances et stratégies opportunistes?
En faisant de ces dispositifs des moments de l’aveu, la présente contribution fait de l’acception foucaldienne de la confession une lentille conceptuelle pour concevoir de façon originale les termes pratiques de la subjectivation. Alors qu’elle permet de saisir les dimensions discursives, rituelles et subjectivantes de la confession, elle éprouve et opérationnalise la thèse de l’organisation confessante caractérisée par la quête permanente de la vérité et la production du sujet comme animal confessant, confirmant Foucault (1976: 79) lorsqu’il affirme « L’aveu est devenu, en Occident, une des techniques les plus hautement valorisées pour produire le vrai. Nous sommes devenus, depuis lors, une société singulièrement avouante ».
Dans son versant empirique, la présente contribution se propose d’étudier la production du sujet confessant dans l’organisation au moyen de l’étude ethnographique de l’intégration d’un collaborateur au sein d’un Big Four.
L’examen permet de révéler une promesse d’élévation, un discours marquant les principes qui la conditionnent ancré dans le couple chargeabilité-feedback, et un ensemble de pratiques ritualisées par lesquelles l’individu met continuellement en discours et autoévalue ses actions à distance et dans son lien avec son confesseur, le performance manager. Observant et discutant l’ambivalence qui sous-tend la dynamique de production du sujet confessant, la contribution conclut en ouvrant à une approche réflexive et émancipatrice de ces dispositifs organisationnels de vérité.

Quelles leçons peut-on tirer de la fusion Sanofi-Aventis ?

Ce papier retrace l’histoire des différentes facettes de l’OPA Sanofi-Synthélabo sur Aventis sous la projection de la recherche scientifique en se concentrant d’avantage sur trois périodes : avant, pendant et après l’opération. Ainsi, il met en avant la stratégie de fusion-absorption adoptée par l’acquéreur en étudiant le choix de la cible, le déroulement de l’OPA, la stratégie de communication et de riposte, la création de valeur actionnariale, le choix du futur management, la stratégie d’intégration et la performance post-fusion. Enfin, le classement mondial et la taille de l’initiateur par rapport à la cible rendent cette opération plus riche en enseignements.

Information financière, juste valeur et contrôle interne : La corporate governance comme illusion rationnelle ?

Pour les principes dominants de la « bonne » gouvernance depuis le rapport Cadbury de 1992, le gouvernement d’entreprise se définit comme un conflit d’agence entre actionnaires et managers. L’information financière, avec la juste valeur, incarne alors un moyen privilégié de résoudre par la transparence et la discipline de dispositifs de contrôle interne cette opposition.
La présente contribution se propose en conséquence de répondre à la question de recherche suivante : dans quelle mesure la comptabilité à la juste valeur, en se voulant une représentation plus précise de l’activité d’une entreprise, participe-t-elle à la résolution du conflit d’agence au cœur de la corporate governance ?
Après avoir fait de la corporate governance le produit de rationalisations successives au moyen des principales références de la théorie néo-institutionnelle ; les concepts d’événementialisation de Foucault (1990, 47) et de « technologie invisible » de Berry (1983) sont mobilisés pour montrer comment ces formes rationnelles doivent faire l’épreuve de leur mise en pratique dans les organisations à travers des dispositifs de gestion.
Au moyen d’une observation participante prolongée, nous mettons en évidence qu’en reposant sur des instruments de gestion faisant de l’expertise technicienne le fondement incontestable de la représentation de la performance, la juste valeur apparaît comme le vecteur de nouvelles situations d’aléa moral, nous obligeant à changer notre conception de l’information financière dans la gouvernance d’entreprise.

La régénération stratégique d'un territoire : les enseignements d'une étude de cas issue de la filière cidricole

Adoptant une stratégie abductive, cette recherche s’intéresse à la régénération stratégique (strategic renewal). A ce sujet, la littérature a notamment montré comment des organisations, évoluant dans des secteurs présumés matures, pouvaient éviter le déclin de manière individuelle et collective. Situé à un niveau d’analyse différent, notre travail cherche à analyser le processus selon lequel un territoire s’est régénéré. Pour cela, nous avons étudié la filière cidricole à partir du début des années 2000, filière traditionnelle et localisée, menacée par le départ de son leader et par des difficultés récurrentes en termes de volumes de vente.

Parallèlement à la construction d’une grille d’analyse fondée sur les recherches portant sur la régénération stratégique, le territoire et la proximité, une étude qualitative consacrée à la filière cidricole a été réalisée. Trente entretiens ont été menés auprès de dirigeants d’entreprises cidricoles et d’observateurs privilégiés de la filière. Ces données primaires ont été complétées par un corpus de données secondaires. L’ensemble a alors fait l’objet d’un codage pratiqué sur le logiciel Nvivo.

L’analyse qualitative des données fait ressortir trois types de régénération (régénération fondée sur le territoire subi ; régénération fondée sur le territoire construit ; régénération fondée sur le territoire intégré) selon le rôle joué par la proximité géographique et les proximités dites non-géographiques au cours du processus. Ces trois types de régénération se succèdent durant le déroulement du processus étudié.

Coordination verticale dans les filières agroalimentaires : Un examen du Programme d’Appui aux Eleveurs de Danone Djurdjura Algérie

La coopération interentreprises et la mise en réseau des chaines de valeur, allant de la coordination par le marché à une intégration verticale, deviennent une nécessité de survie pour les entreprises agroalimentaires. Dans sa stratégie de déploiement internationale, DANONE diversifie son portefeuille produits/marché. En créant sa filiale algérienne, la compagnie a développé une coopération avec ses fournisseurs de lait dans le cadre du Programme d’Appui aux Eleveurs. L’objectif de cet article est d’examiner les avantages et les limites du modèle de coopération avec les éleveurs adopté par Danone en Algérie. Pour ce faire, des entretiens qualitatifs ont été conduits auprès de deux responsables de cette entreprise et de treize agriculteurs. Nos résultats montrent que si le mode de coopération adopté permet une amélioration de la qualité du lait fourni ainsi qu’une modernisation des exploitations agricoles, il pose néanmoins un problème de fidélisation des agriculteurs.

Pour une clarification du concept d’Open Marketing : de la proposition théorique au résultats empiriques

La question de la performance marketing est cruciale et actuelle (Ambler et Roberts, 2008 ; Homburg, Artz et Wieseke, 2012). Cependant, on constate que la plupart des recherches se polarisent autour de l’étude de la contribution des activités et des investissements marketing à la performance de l’entreprise (e.g., O’Sullivan et Abela, 2007 ; Rust et al., 2004). Cette question est importante car parvenir à mesurer et à prouver la contribution des activités mar-keting à la performance globale de l’entreprise permettrait de justifier le maintien du statut de la fonction marketing et de son budget par rapport aux autres fonctions de l’entreprise (Webs-ter, Malter et Ganesan, 2005). Néanmoins, bien que l’étude de la performance des activités et des investissements marketing soit cruciale, d’autres voies permettant d’améliorer la perfor-mance marketing pourraient être considérées.
Notamment, l’étude des pratiques et des modes de travail des équipes marketing permettant de développer leurs ressources, leurs capacités et leurs compétences marketing est quelque peu omise dans la littérature actuelle. La littérature de gestion, et a fortiori de GRH, reconnait l’existence de compétences collectives (e.g., Dejoux, 1998 ; Bataille, 2001). La compétence collective s’analyse comme la présence d’un facteur permettant d’apporter un élément sup-plémentaire à la seule addition de compétences individuelles, et comme l’existence d’une coopération et de transferts de savoir-faire au sein du collectif permettant aux individus ap-partenant au groupe d’accroitre leurs propres compétences individuelles (Retour, 2006). L’étude du développement des ressources, des capacités et des compétences collectives de l’équipe marketing représente ainsi une piste prometteuse pour améliorer sa performance, et in fine probablement la performance marketing pour l’entreprise.
En nous appuyant sur le récent concept d’Open Marketing proposé par Day (2011), nous con-sidérons l’ouverture de l’organisation marketing à des réseaux comme un moyen potentiel de développer les ressources, les capacités et les compétences collectives de l’équipe marketing et, ainsi sa performance. L’objectif de la recherche est alors de proposer une définition révisée du concept d’Open Marketing, puis de mettre à jour ses dimensions et ses formes.
Dans un premier temps, une partie théorique permet l’étude de trois champs de la littérature : l’organisation marketing, l’apprentissage en marketing, et les actifs marketing (soit les res-sources, capacités et compétences marketing). La mise à jour des lacunes de ces champs per-met de dégager des opportunités pour positionner clairement le concept d’Open Marketing dans la littérature, et ainsi en faire un concept distinctif et précis. A l’issue de cette première phase, une définition de l’Open Marketing est proposée, en vue d’être confrontée aux pra-tiques des entreprises. Dans une seconde partie, une étude exploratoire qualitative est donc menée. Elle permet tout d’abord de confirmer et même d’enrichir la définition proposée de l’Open Marketing. Les dimensions et indicateurs du concept sont ensuite mis à jour, en vue de faciliter l’identification de l’Open Marketing. Pour finir, nous proposons une matrice per-mettant de distinguer deux types d’Open Marketing (l’Open Marketing organisé et l’Open Marketing intuitif) ainsi que deux modes d’Open Marketing (l’orchestration et la maîtrise opérationnelle), ce qui permet d’identifier les formes possibles du concept.

le dirigeant de PME de croissance serait-il altruiste?

Dans le contexte national, la plupart des dirigeants de PME ne désirent qu’une croissance mesurée (Chabaud, 2013). Une des brides managériales avancées pour expliquer ce complexe de Peter Pan se situe dans la présence d’effets de seuil. Les contraintes administratives déclenchées par l’atteinte du cinquantième salarié auraient des effets psychologiques dévastateurs sur les aspirations du dirigeant. De nombreux rapports ont donc préconisé le lissage des effets de seuil pour libérer la croissance des PME (Attali, 2008, 2010 ; Retailleau, 2010). Pour autant, une étude INSEE de Ceci-Renaud et Chevalier (2011) démontre que les effets de seuil ne seraient pas un facteur explicatif du déficit de taille des PME françaises. Ce manque de consensus autour de l’impact des effets de seuil nous amène à investiguer davantage la question de la relation entre les effets du seuil de 50 salariés et la volonté de croissance du dirigeant. Nous nous intéressons ici à ce que Wright et Stigliani (2012) nomment les microfondations de la croissance. L’objectif est, d’une part, d’identifier, l’impact des effets de seuil sur la volonté de croissance du dirigeant et, d’autre part, de comprendre pourquoi, dans un contexte égal, certains dirigeants franchissent les seuils et d’autres non. Pour ce faire, nous mobilisons la littérature sur les profils du dirigeant. Ces travaux ont distingué l’artisan de l’opportuniste et conduisent à entrevoir un entrepreneur de croissance individualiste, expérimenté et dont les compétences sont vouées à la saisie et à l’exploitation des opportunités.
A partir d’une étude qualitative réalisée auprès de 23 dirigeants de PME, nous identifions, dans une première étape, trois stratégies adoptées face aux seuils : le renoncement, qui consiste en l’anéantissement de la volonté de croissance du dirigeant, le contournement, qui consiste en une volonté de croissance persistante et en un évitement du seuil et, enfin, le franchissement qui signifie que le seuil est quasiment sans effet sur la volonté de croissance du dirigeant. Puis, dans une démarche explicative, nous rapprochons ces stratégies des profils rencontrés. Outre le focus mis sur une problématique managériale peu explorée dans le cadre de la croissance des entreprises, notre contribution est de dresser le portrait d’un entrepreneur plutôt bienveillant, voire universaliste, qui ne répond pas aux critères individualistes habituellement retenus dans les typologies de dirigeants : le dirigeant de PME de croissance serait-il altruiste ?

Logistique, chaîne logistique et SCM dans les revues francophones de gestion : quelle dimension stratégique ?

L’objectif de cette communication est de cerner le caractère stratégique de la logistique et du Supply Chain Management (SCM) tel qu’il apparaît dans les revues généralistes de gestion, afin d’avoir une vision de la nature de la diffusion de la connaissance logistique dans les sciences de gestion. Il s’appuie sur l’analyse de 62 articles parus entre 2001 et 2011 dans quatre revues de la base Cairn, accessible en ligne dans la plupart des universités : Gestion, Revue Française de Gestion, Management et Avenir, La Revue des Sciences de Gestion. Il met en relief la richesse de la fonction, de l’organisation et de la démarche logistique et leur valeur stratégique.

Initiating political corporate social responsibility: publicized scapegoats as catalysts of collective action between multinational corporations and fringe stakeholders

Since the much-publicized Nike scandal of 1997 concerning working conditions in the sweatshops of Indonesia, several similar cases have hit the headlines – for example, Total in Burma and (more recently) the Rana Plaza textile factory in Bangladesh. Each time, these corporate scandals feature asymmetric struggles between giant corporations and fringe stakeholders – workers, local residents and communities – the very existence of whom the scandal reveals. Many authors suggest that these corporate scandals are an essential part of the current phase of globalization. However they have received little attention in the two developing theoretical frameworks that propose to explain the relationships between multi-national corporations (MNCs) operating in emergent countries and their fringe stakeholders: the research streams of stakeholder politics and political corporate social responsibility (political CSR). Our objective in this article is to investigate the role played by corporate scandals and scapegoating processes for counterbalancing, at least for a while, the asymmetric relationship between MNCs and fringe stakeholders. The ideas of the anthropologist René Girard occupy a central place in our reasoning. We follow Girard’s thoughts, which emphasize that scapegoating processes explain how conflicts may be regulated when political institutions and cultural systems are weak and encounter difficulties in mediating conflicting relationships. We view scandals, media lynchings and corporate scapegoats as essential elements in political processes between MNCs and their fringe stakeholders. Our contributions for organizational scholars are threefold. First, we contribute to the perspectives of stakeholder politics and political CSR by revealing the processes through which publicized scapegoating helps catalyse collective action between an MNC and its fringe stakeholders. We identify three main processes: convergence on a single corporate target, publicization of deviant behaviour, and organizational contagion. Our second contribution concerns the moderation of the agentic vision proposed by stakeholder politics and political CSR. We argue that the emergence of fringe stakeholders on the agendas of MNCs hinges on complex processes comprising strategic actions and spontaneous unanticipated organizational dynamics. Lastly, we delineate future works for organizational scholars working on political CSR by highlighting the importance of organizing public spaces for dialogue and deliberation.

Risque d’opportunisme de la banque : le rôle de la compétence relationnelle du dirigeant d’entreprise dans l’accompagnement financier. Une application aux PME PMI aéronautiques

Dans une situation de crise économique et financière, nous avons souhaité démontrer en quoi l’engagement et le mode de gestion de la relation financière par le dirigeant de PME consolide sa capacité de négociation et facilite son accompagnement financier. A travers une étude quantitative, cette recherche permet d’identifier le rôle et l’origine du pouvoir de négociation de la PME dans sa relation financement. Celui-ci est en mesure de faciliter son accompagnement financier en créant une valeur relationnelle : la confiance. Cette recherche n’établit pas de lien entre la multibancarité et le pouvoir de négociation. Ce n’est pas tant le nombre de banques mais le mode de gestion de sa relation avec son banquier principal qui est en soi déterminant dans la construction d’une capacité de négociation.

PRATIQUES DE GRH STRATEGIQUES ET PERFORMANCE : ROLE MODERATEUR DE LA STRATEGIE DE DIFFERENCIATION MARKETING.

L’objet de cet article est de proposer, dans le cadre théorique de l’approche de la contingence, un modèle conceptuel mettant en exergue les liens entre trois concepts : les pratiques de GRH stratégiques, la stratégie de différenciation marketing et la performance. Ce modèle conceptuel met en évidence le rôle modérateur de la stratégie de différenciation marketing dans la relation de causalité entre les pratiques de GRH stratégiques et la performance des entreprises tunisiennes appartenant au secteur des T.I.C.

Analysis of risk management strategies: A proposition for risk management model

This research analyzes the different strategies of financial risk management, based on the results of an empirical survey on the practices of financial risk management implemented by non-financial French firms. Financial risks are the risk of commodity, currency risk and interest rate risk.

Four different management strategies are defined and identified; the internalization of risks, the management with operational tools as the netting, the management with linear derivatives as forwards and management with optional derivatives.

After identifying these strategies, a strategic choice model is developed. This model seeks to identify the determinants and predictors of choosing a strategy rather than another one. The Multinomial logistic model explains these strategic choices by financial and structural characteristics of firms. This model is tested and an alternative is developed with the logistic nested model.

Beyond these models, the purpose of this research is to develop a management model. This model explains which financial risk management strategy, the firm implement according to their characteristics. The empirical results show that the sophistication of the hedging strategy increases as business and size growth. Finally, the discussion focuses on the difference between the two concurrent models and their explanatory power. This analysis shows that the superiority of the nested logit model is relative and evaluating the marginal effects of the explanatory variables on the choice of strategies according the two competitors models indicates that the choice of one or the other may change conclusions of this analysis.

Une approche douglasienne de la prudence comme origine morale de pratiques organisationnelles émergentes

En 2011, 48% des risk managers prennent leurs fonctions dans le cadre d’une création de poste. La proportion de directeurs du développement durable ayant pris leurs fonctions dans le cadre d’une création de poste l’année suivante est voisine. Ces chiffres sont la quantification d’un constat : les structures de « risk management » et de « développement durable » se généralisent au sein des entreprises tout comme les pratiques managériales qui leur sont associées. Ce
travail de recherche propose des facteurs explicatifs de niveau macro à cette constatation méso grâce à la mobilisation de la sociologie
culturelle de Mary Douglas combinée à la notion de prudence.

Les contextes intra- et inter-organisationnels pour les innovations environnementales : un modèle conceptuel

La littérature relative aux innovations environnementales (ou vertes) est en forte progression depuis quelques années. Toutefois, les connaissances théoriques restent insuffisantes pour comprendre les spécificités de ces innovations ainsi que celles liées au contexte, tant intra qu’inter organisationnel, favorable à leur émergence. Dans quelle mesure les contextes intra- et inter- organisationnels influencent-ils la production d’innovations environnementales ? L’articulation des littératures théoriques sur la RSE, l’innovation environnementale et les contextes organisationnels en interne et en externe nous permet de proposer un modèle conceptuel intégré. Une étude exploratoire auprès de l’entreprise Adixen Pfeiffer Vacuum nous permet d’illustrer ce modèle et de conforter l’importance de réaliser des recherches empiriques futures plus approfondies sur les organisations hybrides et les interactions entre contextes intra- et inter-organisationnels pour les innovations environnementales.

Les modalités d’apprentissage organisationnel de la RSE : une perspective interactionniste. Le cas de la norme Iso 26000.

Notre communication a pour objectif de cerner les modalités d’apprentissage organisationnel de la RSE. En mobilisant la vision interactionniste de l’apprentissage organisationnel (Nonaka et Takeuchi, 1995; Nonaka et Konno, 1998), nous proposons d’étudier, par le biais d’une recherche intervention (David, 2000), la mise en oeuvre d’une démarche Iso 26000 au sein d’une entreprise spécialisée dans les métiers de la rencontre professionnelle. Notre analyse nous permet d’identifier trois modalités d’apprentissage organisationnel de la RSE qui sont : la création d’un contexte organisationnel favorable, l’existence d’espaces d’apprentissage, et, la légitimité du projet RSE au niveau stratégique. Ce travail de recherche s’inscrit dans le cadre d’un travail doctoral Cifre axé sur les dynamiques d’innovation induites par la RSE dans les projets évènementiels.

Implication du conseil d’administration dans le processus stratégique et performance d’entreprise : le cas des entreprises du SBF 250

L’objectif de ce papier est d’étudier l’implication du Conseil d’Administration (CA) dans le processus stratégique afin de mieux comprendre son influence sur la performance de l’entreprise. En réalisant une étude empirique par questionnaire de recherche sur un échantillon des entreprises du SBF 250, nous avons identifié trois dimensions de ce phénomène : l’implication du CA dans l’initiation stratégique ; l’implication dans la mise en œuvre de la stratégie ; l’implication dans le contrôle.
Les résultats mettent en exergue l’impact positif de l’implication des administrateurs dans les activités d’initiation stratégique sur la performance de l’entreprise. Cependant, une forte implication dans les activités de mise en œuvre et de contrôle aurait un effet contreproductif.

Innovation et performance des PME : une approche par la contribution des technologies de l’information

La performance des entreprises est le résultat de nombreux facteurs, parmi lesquels leur innovativité, c’est-à-dire leur capacité à innover. Les investissements en technologies de l’information sont également vus comme un gage de compétitivité. Notre recherche teste ces deux sources de performance et étudie les synergies possibles liées à l’accompagnement de l’innovation par les TIC. Une enquête a été menée auprès de 1992 PME sur leurs pratiques en la matière, complétée par une investigation sur leurs performances financières. Sur un échantillon final de 1088 entreprises, nous testons alors les effets directs de l’innovativité et des ressources TIC (degré d’informatisation et niveau de compétences TIC) ainsi que l’effet combiné de l’innovativité accompagnée par des TIC spécifiquement dédiées. Ce recours à une variable mesurant les capacités TIC directement mobilisées pour soutenir l’innovation (par des investissements TIC spécifiques ou un usage accru des TIC) constitue le principal apport conceptuel de notre recherche.
Nous montrons que les technologies de l’information ne contribuent à augmenter la performance des PME qu’au travers de l’accompagnement des innovations. Ainsi, l’innovativité des firmes aura des retombées sur la performance à la seule condition qu’elle soit accompagnée par des investissements TIC dédiés ou un usage plus poussé des technologies existantes. Lorsque innovativité et TIC ne sont pas combinées, la modélisation économétrique montre un pouvoir explicatif direct négatif de la capacité à innover et du niveau d’informatisation des PME sur leurs performances.

Quels modes de pilotage en place pour les alliances Nord-Sud Euro-méditerranéennes ?

L’objectif de cet article est de comprendre le rôle des systèmes d’information dans le pilotage des alliances stratégiques entre le Nord et le Sud de la méditerranée. Nous adoptons une démarche qualitative en analysant neuf alliances entre l’Union Européenne et la Tunisie. La diversité des alliances stratégiques nous amène à affiner nos recherches sur le lien entre la nature des alliances et les systèmes d’information retenus par les partenaires. Il s’agit plus particulièrement d’analyser dans quelle mesure les systèmes d’information impactent les activités, les processus métiers et les mécanismes de pilotage des alliances. Les résultats de notre étude ont mis en évidence que le choix en matière de configuration des processus et d’infrastructure des systèmes d’information doit être effectué en cohérence avec la nature et les processus organisationnels et structurels effectués dans le cadre de l’alliance.

Les leviers de la création de valeur partagée en contexte PME: étude exploratoire dans la région Rhône-Alpes

La notion de création de valeur partagée (Porter, Kramer, 2011) invite les entreprises à replacer les démarches de responsabilité sociétale (RSE) au cœur de leur stratégie, tout en recherchant la compétitivité.
Parallèlement, les travaux académiques sur la RSE dans l’univers des PME demeurent marginaux en dépit d’un regain d’intérêt récent (Spence, Perrini, 2009). Ce papier exploratoire propose d’interroger la pertinence de la création de valeur partagée au travers de ses trois leviers : (1) l’intégration à un réseau territorialisé ; (2) la remise à plat des produits/services et marchés de l’entreprise et (3) la redéfinition de sa chaîne de valeur dans le contexte des PME.
Une enquête par questionnaire a été réalisée dans la région Rhône-Alpes auprès de 488 PME. Les résultats des analyses statistiques montrent que la notion de création de valeur partagée telle que présentée par Porter et Kramer (2011) nécessite des aménagements de manière à mieux refléter les réalités des PME. De nature exploratoire, cette étude invite à approfondir les résultats notamment en termes de renforcement potentiel des différents leviers mobilisés par les PME au travers d’une analyse dynamique, par exemple.

La théorie de l'effectuation en pratique : utilisation dans un cas d'incertitude non radicale

En challengeant les modèles causaux traditionnellement utilisés par les académiques et les praticiens, l’effectuation a ouvert la voie pour un nouveau paradigme de l’entrepreneuriat. Cependant, le faible nombre de tests empiriques (Perry, Chandler, Markova, 2011) n’a pas permis d’en explorer toutes les facettes, car les études de cas réalisées ne concernent a priori qu’une seule catégorie d’opportunités entrepreneuriales, celles à l’incertitude knightienne qui émergent en l’absence de produits et de marchés. Or les hypothèses d’utilisation de la théorie effectuale s’appliquent également à d’autres types d’opportunités qui naissent dans des conditions d’incertitude moins élevée du couple produit-marché (Sarasvathy, Dew, Velamuri, Venkataraman, 2003). L’objectif de cette contribution est de poursuivre les travaux empiriques précédents en réalisant un test de la théorie effectuale sur une opportunité entrepreneuriale émergeant dans une situation caractérisée par l’existence d’une demande potentielle et une offre de produits/services à découvrir. Une première analyse des résultats des études de cas précédentes conduit à la remise en question de certaines des hypothèses d’utilisation de la théorie. En effet, l’effectuation peut être majoritaire même dans des cas d’incertitude non radicale du couple produit-marché. Ce résultat est corroboré par l’étude d’un nouveau cas de création, celui de l’entreprise CDA qui émerge à partir d’une demande potentielle pour des formations artistiques en ligne et une offre à développer. En effet, 51% des traces de principes d’action repérés dans les narrations et les documents de CDA sont des principes effectuaux et non causaux. Une seconde analyse des données empiriques suggère que le recours à la logique effectuale ou causale ne dépendrait pas exclusivement des conditions d’existence de l’offre ou de la demande précédant l’émergence de l’idée ou de l’opportunité entrepreneuriale, mais bien des sources d’incertitude pouvant survenir durant tout le processus de création, après que l’opportunité entrepreneuriale ait été reconnue, découverte ou exploitée.

LA PROFESSIONNALISATION DES CONSEILS D’ADMINISTRATION DANS LES PME : UN LEVIER DE RENFORCEMENT DE LEUR PARTICIPATION AU PROCESSUS STRATEGIQUE

Dans cette recherche, nous examinons les effets de la professionnalisation du conseil d’administration (CA) dans les PME sur sa participation au processus de décision stratégique. A partir d’un échantillon de 123 moyennes entreprises indépendantes françaises, nous montons que tant la formalisation du fonctionnement du CA que la présence de connaissances et compétences collectives sont des déterminants majeurs de sa participation au processus de décision stratégique. Ces résultats contribuent à la littérature émergente en mettant l’accent sur l’importance des caractéristiques cognitives et comportementales lors de l’étude des organes de gouvernance.

De quoi les parties sont-elles prenantes

Les contributeurs à la théorie des parties prenantes de l'entreprise s'attachent généralement à définir la notion de partie prenante plus que celle d'entreprise. Mais si l'on s'intéresse à l'entreprise, de quoi s'agit-il de dire que les parties sont prenantes ? Et comment le sont-elles ? A cette question, l'article répond en distinguant l'entreprise réelle, l'institution financière définie par le droit, et le pouvoir managérial. A partir de cette clarification, sont alors envisagées les situations différentes, voire contrastées, des parties prenantes financières à l'égard de l'institution financière et de l'entreprise réelle et, dans ce contexte, la médiation du pouvoir managérial. La discussion s'engage alors sur un nécessaire approfondissement de la compréhension du concept d'entreprise réelle, à la fois projet et construit, en même temps que le rôle du pouvoir managérial est précisé.

La chute des « trois géants de Chicago » : une analyse du déclin d’un écosystème d’affaires

La notion d’écosystème d’affaires (ESA) initialement proposée par Moore (1993, 1996) suscite depuis quelques années de nombreuses recherches en management stratégique. Un ESA est une communauté stratégique d’intérêts, constituée d’organisations issues de secteurs différents (Torrès-Blay, 2000) et co-produisant une prestation. Cet ensemble est piloté par une ou plusieurs entreprises.
Cependant, peu de recherches ont été menées sur l’évolution dans le temps des ESA. L’objectif de cette recherche est ainsi de contribuer à une meilleure compréhension de la dynamique des ESA et, plus particulièrement, de mieux comprendre les mécanismes qui peuvent conduire à leur déclin. Pour atteindre cet objectif, nous avons réalisé une étude historique sur l’ESA des « Flippers » qui, après avoir connu un fort développement pendant près de soixante ans sous l’impulsion de trois firmes de Chicago, Bally, Gottlieb et Williams, est aujourd’hui en plein marasme.
La première partie de l’article permet de revenir sur le cadre théorique et les objectifs de la recherche. La deuxième partie de l’article est dédiée à la présentation du cas et du dispositif méthodologique retenu pour l’analyser.
Trois types de données ont été collectés sur cet ESA. Tout d’abord, nous disposons de différents ouvrages et encyclopédies dédiés à son histoire. Ces sources ont permis d’aboutir à une chronologie extrêmement détaillée de la naissance au déclin avec l’intégralité des modèles proposés, les quantités fabriquées par fabricants, les technologies utilisées et les innovations introduites. Ensuite, nous avons collecté de très nombreux articles issus de la presse économique (essentiellement anglo-saxonne) et spécialisée. Enfin, nous avons pu récupérer des entretiens réalisés avec 26 personnes ayant travaillé chez les fabricants, les gérants de salle, les cabinets de design, etc.
L’analyse de ces données permet tout d‘abord de repérer les types d’acteurs au sein de l’ESA et l’évolution de ce dernier. Quatre périodes sont mises en exergue. La première s’étend du début des années 1930 au milieu des années 1940. Elle correspond à la naissance de l’ESA. La deuxième période s’étend de 1947 au début des années 1980. Elle est marquée par l’acceptation collective d’un design dominant puis la levée de l’interdiction des Flippers sur le continent nord-américain. C’est pendant cette période que les « trois géants de Chicago », imposent leur leadership mondial. L’ESA est alors en expansion. La troisième période débute au début des années 1980 et s’étend jusqu’au début des années 1990. On y observe l’arrivée des jeux vidéo et la perte de leadership des fabricants sur les autres membres, notamment les opérateurs. La quatrième phase enfin correspond au déclin de l’ESA. A partir du début des années 1990, les ventes de Flippers déclinent et les trois leaders quittent l’ESA.
L’analyse du comportement des membres de l’ESA tout au long de ce processus et les traitements réalisés sur les entretiens permettent de mettre en évidence deux facteurs explicatifs du déclin : l’incapacité des "keystones" à changer de modèle d’affaires et leur dépendance trop forte vis à vis des "dominators". Ces résultats sont détaillés dans la troisième partie de l’article. Ils font l’objet d’une discussion dans la conclusion.

Communication sur la RSE dans le processus de légitimation de la banque

Basé sur l’approche de Suchman et la théorie de la légitimité, cet article conceptualise le lien entre la RSE et les dynamiques de légitimation dans le cadre du secteur bancaire, établissant une grille de lecture de la légitimité multidimensionnelle et intégratrice de la RSE.
L’étude qualitative et longitudinale porte sur les discours présents dans les rapports annuels des quatre plus grandes banques françaises (BNP Paribas, Banque Populaire Caisse d'Épargne, Crédit Agricole et Société Générale). Elle est réalisée en deux temps au moyen de tests du Khi deux et d’une Analyse Factorielle des Correspondances.
Les résultats comparatifs entre les modèles de banques, les types de rapports et les périodes 2004-2007 et 2008-2011, montrent que la théorie de la légitimité est vérifiée dans le secteur bancaire, les banques communiquant plus sur leur volet sectoriel (RSB) depuis leur crise sectorielle. Ils mettent en avant que la communication sur la RSE et le choix du rapport sont des outils différenciés de légitimation au sein de ce secteur pourtant très institutionnalisé.
Cette étude permet enfin une mise en relation des volets de RSE aux dynamiques de légitimation dans le cas spécifique de la banque. Ainsi, dans le secteur bancaire français, les volets communicationnel et sociétal sont associés à la dynamique pragmatique sur laquelle est positionnée la Banque Populaire Caisse d'Épargne. Les volets, économique et social, sont associés à la dynamique normative, privilégiée par le Crédit Agricole et la Société Générale. Les volets, sectoriel et environnemental, sont associés à la dynamique cognitive, par laquelle se différencie la BNP Paribas.

ENTRE RÉCURRENCE ET ALIGNEMENT ; QUEL ANCRAGE MULTI-NIVEAUX DES CAPACITÉS DYNAMIQUES INTERNET ? ESSAI DE CARACTÉRISATION DANS LE CAS DE LA DISTRIBUTION HÔTELIÈRE

En s’inscrivant dans le courant de la théorie des ressources (Resource-based view, RBV), cet article tente d’explorer la variété des capacités organisationnelles dont la recherche peine à prendre pleinement en considération. L’objet de ce travail consiste à caractériser les capacités Internet dans le secteur de la distribution hôtelière ainsi que leur impact sur la performance organisationnelle.
Le concept de Capacités Dynamiques (CD) est investi dans cet article comme une perspective présentant une innovation aussi théorique que managériale. Le concept de CD est perçu dans la littérature comme une réponse aux critiques adressées à la RBV et comme une voie prometteuse pour maintenir la performance de l’organisation dans un environnement de concurrence mondialisée. Cependant la littérature demeure divergente au niveau de la définition, de l’approche retenue, managériale ou organisationnelle, ainsi que le niveau d’ancrage, individuel ou collectif, des CD. La précision de ces différents éléments n'est pas aussi facile, et ce, en raison de l'interdépendance et de la complexité sous-jacentes aux CD, impliquant des parties prenantes hétérogènes.
Dans le but de rendre intelligible le spectre des CD et leur maturité, cette recherche explore un cadre conceptuel au croisement de deux domaines de recherche en sciences de gestion à savoir les systèmes d’information et le management stratégique. Deux perspectives sont investies en l’occurrence l’alignement et la récurrence. 11 entretiens exploratoires menés auprès de professionnels de l’e-business dans le secteur hôtelier ont permis d’opérationnaliser les trois construits utilisés dans cette recherche : la maturité d’alignement stratégique Internet, la maturité des capacités dynamiques Internet et la performance organisationnelle. L’enquête réalisée par un questionnaire auprès des managers de déploiement stratégique et des managers de déploiement technologique d’une centaine d’hôtels au Maroc a permis de tester les trois hypothèses de cette recherche. H1 La maturité de l’alignement stratégique affecte directement et positivement la maturité des capacités dynamiques Internet.; H2 La maturité des capacités dynamiques Internet est liée significativement à la performance organisationnelle. H3 La maturité de l’alignement stratégique Internet est liée significativement à la performance organisationnelle.
Le test des hypothèses a montré l’existence d’un lien très fort entre la maturité des capacités dynamique Internet et la performance organisationnelle. Ceci étant dit, le rôle de la maturité de l’alignement stratégique Internet est crucial dans l’optimisation de la maturité des capacités dynamiques Internet.

Performance Sociétale de l’Entreprise : développement d’un cadre d’analyse

Ce travail de recherche se propose de contribuer à l’étude du concept de Performance Sociétale de l’Entreprise (PSE), dont les modélisations jusqu’à présent fournies demeurent largement controversées. En effet, les modèles existants représentent certes des tentatives pertinentes pour appréhender la dynamique de la PSE, mais demeurent majoritairement très abstraits et ne s’accommodent que partiellement à la réalité sociétale de l’entreprise.
Le cadre d’analyse proposé décline la PSE en trois dimensions. Une dimension normative qui inclut les principes et les convictions en faveur de la PSE. Une dimension managériale ou la réceptivité sociétale qui renvoie aux acteurs impliqués ou les stakeholders à l’égard desquels l’entreprise se trouve responsable. Et enfin une dimension instrumentale qui se traduit dans les instruments mis en place pour maintenir le dispositif sociétal. Ce modèle prévoit que la pratique sociétale de l’entreprise se veut être une démarche pilotée par des principes et des convictions et soutenue par des instruments et des mesures sociétales.
Au-delà de représentations conventionnelles de la PSE, ce modèle se propose de revisiter les travaux existants dans un effort de conciliation selon une perspective théorique simplifiée.

L’entreprise comme tuteur de résilience : le cas d’un dispositif RSE chez Suez Environnement

Au-delà des critiques théoriques désormais classiques sur la visée essentiellement instrumentale des politiques RSE, il apparaît que certaines pratiques parmi les plus volontaristes – telles que l’aide au « rebond » des personnes éloignées de l’emploi – sont délaissées par les entreprises. Pourtant, ce rôle de tuteur de résilience semble correspondre à ce que souhaite l’entreprise pour elle-même, en matière d’engagement RSE. Dans ce contexte, nous interrogeons ce rôle de tuteur de résilience à travers le cas d’une structure associative, lancée par le groupe Suez Environnement en novembre 2011 : La Maison pour rebondir. Ce dispositif, testé à Bordeaux, se fixe l’objectif de favoriser l’accès à l’emploi durable pour des personnes en grande difficulté d’insertion professionnelle, via un accompagnement de longue durée. L’analyse qualitative des données permet d’établir plusieurs résultats intéressants. Tout d’abord, nous montrons qu’un dispositif d’aide au rebond comme celui-ci aide à produire du sens suite à ses échecs passés et à (re)construire un projet professionnel, mais est de peu d’utilité en termes d’absorption du choc consécutif à l’exclusion du marché du travail. Ensuite, en soulignant l’impuissance d’une structure isolée pour favoriser le rebond des personnes éloignées de l’emploi, le cas révèle l’existence d’un « système de résilience », venant ainsi enrichir les connaissances antérieures sur le « tuteur de résilience », traditionnellement évoqué dans la littérature. Enfin, notre texte met en exergue les risques d’une surprotection de ces publics fragiles, qui peut aboutir à leur stigmatisation dans l’entreprise.

Lecture critique sur les approches objectivistes de mesure de la performance des alliances et proposition d’une approche intégrative

La performance est un sujet qui attire depuis plusieurs décennies les efforts de nombreux chercheurs et dirigeants, mais qui demeure à ce jour un concept controversé. Dans le cas des alliances, où les objectifs des acteurs ne sont pas intégralement exprimés et encore moins parfaitement convergents, la construction d’un outil de mesure de la performance est un exercice encore plus délicat. Dans un tel contexte, il apparaît à notre sens essentiel de s’appuyer sur les attentes concrètes des parties prenantes afin de déployer des normes de mesure qui reflètent les différents enjeux latents du rapprochement. A partir d’une revue de la littérature sur le sujet et une étude empirique de cas d’alliances dyadiques tuniso-françaises, cet article présente les postulats et les limites des approches objectivistes et définit une approche intégrative susceptible de constituer l’architecture de base d’un instrument d’évaluation de la performance des alliances.

Processus d’adoption pour les Achats Responsables : l’étude du cas SNCF

L’objectif de cette recherche est de mieux comprendre le processus d’adoption d’une démarche d’Achats Responsables. Si de telles démarches sont de plus en plus répandues, notamment dans les grandes entreprises, toutes ne semblent pas avoir atteint le même stade d’avancement. Pourtant, peu de travaux se sont intéressés à l’adoption d’une démarche d’Achats Responsables en tant que processus et aux antécédents intra-organisationnels et inter-organisationnels expliquant le passage d’une phase à l’autre. L’étude du cas exemplaire SNCF, basée sur une approche multi-acteurs, permet d’aboutir à deux résultats principaux. Premièrement, le processus d’adoption d’une démarche d’Achats Responsables se décompose en trois principales phases : sa mise en place, son déploiement, et son maintien. Deuxièmement, les antécédents ne sont pas identiques au cours du processus d’adoption, les antécédents intra-organisationnels précédant les antécédents inter-organisationnels dans la mise en œuvre de la démarche. Ces résultats ont de fortes implications pour le management stratégique avec la création d’un benchmark en matière d’adoption d’une démarche d’Achats Responsables, et ce, selon les différentes phases du processus.

Capacités dynamiques d’imitation

Nous défendons l’idée que les organisations développent des capacités pour imiter. Dans cet article théorique, nous avons développé une perspective de recherche nouvelle et ce par les capacités dynamiques des stratégies d’imitation. Nous avons repéré dans les travaux sur les capacités dynamiques certaines capacités que les organisations imitatrices peuvent développer ; nous les avons surnommées « les capacités dynamiques d’imitation ». Les propositions suggérées peuvent faire l’objet d’études empiriques sur des terrains différents afin d’éventuellement les confirmer ou de faire émerger d’autres capacités.

Antécédents des phénomènes de rattrapage dans les industries de basse technologie: une analyse intergroupe de la distribution par hypermarché en Chine 1992-2011

Cette étude examine la dynamique de rattrapage intergroupe (groupe d’entreprises chinoises et groupe d’entreprises étrangères) dans une industrie de basse technologie (la grande distribution alimentaire par hypermarché). Ce faisant, elle vise à étendre notre compréhension des phénomènes de rattrapage au-delà de ce qui est aujourd’hui bien compris des chercheurs en économie et en stratégie : le rattrapage de haute technologie analysé entre pays, entre entreprises, ou au niveau de l’industrie. Sur la base de données d'archives et 49 entretiens, nous périodisons l’émergence et le développement de l'industrie de vente de détail par hyper-marché en Chine de 1992 à 2011. Nous examinons les facteurs qui ont permis au groupe d’acteurs nationaux de rattraper le groupe de concurrents étrangers qui avaient littéralement ‘exporté’ l'industrie de l'hypermarché en Chine continentale. Quatre principaux facteurs expliquent le rattrapage: l'apprentissage, la mobilité des cadres (intermédiaires), les interventions gouvernementales et les avantages locaux. La littérature existante – dont nous présentons une revue extensive - suggère que les facteurs technologiques, politiques et de marché influencent le rattrapage. A la différence des travaux antérieurs, et comme attendu dans une industrie de faible intensité technologique, nous constatons que les facteurs liés à la technologie n'ont pas joué de rôle dans les processus rattrapage - mais la gestion de la chaîne logistique, elle, jour un rôle. Conformément à la littérature existante, nous constatons que les facteurs liés à la politique (les interventions gouvernementales) et au marché (l'apprentissage) mais aussi deux facteurs plutôt occultés dans la littérature existante : la mobilité des cadres et les avantages locaux, ont aussi joué un rôle majeur. Enfin, nous suggérons que l'influence de ces antécédents varie avec le temps, au cours des cinq périodes identifiées : l'exportation d'une nouvelle industrie ; la naissance d'une industrie ; les changements politiques gouvernements, la réforme et la mise à niveau; et la convergence. Ce faisant, nous proposons une perspective temporelle que les études empiriques antérieures ont rarement adoptée. Nos résultats contribuent à la recherche en mangement international, en management des services de basse technologie, aux travaux sur l’apprentissage inter-organisationnel en management stratégique, et intéresseront tous les lecteurs attentifs au développement économique des pays.

Job Satisfaction, Work Performance and Turnover Intention: A Study on Chinese Family Enterprises

Selon une enquête dans 121 entreprises familiales en Chine, cet article fournit un nouveau modèle empirique pour décrire la relation entre la satisfaction au travail, la performance du travail et l’intention de la démission des employées. Les points de vue précédents soutiennent qu'un degré plus élevé de satisfaction au travail apporte de meilleure performance de travail. Considérant le « family-business embeddedness perspective » et la théorie de l’agence, nous constatons que la différence entre les membres familials et les membres extérieurs joue un rôle clé comme le modérateur. En particulier, nos résultats montrent que cet effet est faible pour les membres de la famille, mais significatif pour les membres non-familiaux. De plus, notre étude montre également que la relation entre la satisfaction au travail et l'intention de la démission n'est pas significative pour les membres familiaux, mais significative pour les membres extérieurs. Notre étude enrichit la littérature de l'entreprise familiale en examinant un modérateur importante --- les différences entre les membres familiaux et non-familiaux vis-à-vis la gouvernance de l'entreprise familiale.

Quelles stratégies pour gérer les asymétries d’interdépendance ? Une application aux studios de jeu vidéo français

S’appuyant sur la théorie de la dépendance des ressources, cet article propose une analyse des asymétries d’interdépendance au sein des relations dyadiques verticales. Partant du constat théorique qu’une relation d’interdépendance entre un acteur A et B peut être déséquilibrée en fonction (1) du niveau de pouvoir de A sur B et B sur A et (2) du niveau de dépendance de A envers les ressources détenues par B et inversement, nous identifions deux types d’asymétrie : l’asymétrie de pouvoir et l’asymétrie de dépendance. L’objectif de ce papier est d’apporter une contribution quant aux stratégies permettant de gérer ces asymétries au sein d’une relation d’interdépendance symbiotique. Nos résultats, basés sur l’analyse de quatre relations d’interdépendance entre studio et éditeur dans l’industrie du jeu vidéo, montrent que les asymétries de pouvoir et de dépendance peuvent être maîtrisées. Elles peuvent même diminuer par la mise en place de stratégie de coopération horizontale ou d’intégration de ressources et compétences verticales. Nous mettons également en exergue le lien d’influence entre l’interdépendance concurrentielle et l’interdépendance symbiotique, montrant ainsi que le type de partenaire a une importance stratégique cruciale dans la gestion de l’interdépendance. Au final, notre étude fournie une meilleure compréhension des déséquilibres au sein d’une relation d’interdépendance et des mécanismes stratégiques auxquels les PME peuvent recourir pour les gérer et diminuer.

Firm's openness and organizational innovation

Little research has addressed the effects of firms’ openness on Organizational Innovation (OI) This paper aims at bridging the institutional and the open innovation perspectives to analyse the external antecedents of OI. Using the French COI (Organizational Change and Computerization) survey for the period of 2003-2006, we find that OI is not only influenced by external pressures but also by an active external search strategy. Our results also show the existence of a substitution effect between external search activity and absorptive capacity when OI is concerned. Thus, while openness is beneficial for manufacturing firms seeking to adopt OI, internal obstacles still prevail in French manufacturing firms.

Performing Leadership “In-Between” Earth and Sky

This research aims to understand how leaders co-perform distributed leadership. Following Spillane’s (2006) definition of distributed leadership as located “in-between” leaders, we analyze the interactions in-depth (through e-mail and phone calls) between the forecasters (the “earth”) and the team leaders during the summit attempts (the “sky”) of two commercial expeditions: one to Broad Peak, and one to Mt. Everest via the northern ridge. Our research contributes to the understanding of the construction of distributed leadership. First, it describes the discursive practices through which team leaders and forecasters co-perform distributed leadership. Second, it shows that while facing relatively similar natural, technological, task-related and human conditions, leaders co-construct two different forms of distributed leadership: coordinated distribution (Spillane, or sequential, Thompson, 1967) and collaborated distribution (or reciprocal). Finally, it underlines that different leadership configurations may result in similar, favorable outcomes, thereby inviting us to take distance with a determinist concept of leadership.

Explorer collectivement le potentiel d’une technologie issue de la recherche universitaire : le cas Mott-RAM

La valorisation des activités de recherche est désormais une mission à part entière de l’université, explicitement inscrite dans la loi. Cet article examine la variété des problématiques soulevées par cet impératif et la nature des dispositifs organisationnels susceptibles d’être déployés pour y répondre. Il présente une technologie prometteuse dans le secteur des semi-conducteurs, Mott-RAM, le projet initial de sa valorisation ainsi que ses risques et ses limites. Il témoigne ensuite un dispositif collaboratif, mis en place au cours d’une recherche-accompagnement, pour élargir les perspectives de valorisation de cette technologie en matière d’applications et de marchés. Nos travaux montrent que ce dispositif peut être généralisé et que ce type d’atelier collaboratif permet : 1) de guider l’exploration d’un concept tant sur les dimensions technologique que valeur, 2) de mieux gérer cette phase très en amont des projets d’innovation et 3) d’identifier les collectifs à mobiliser.

Dynamique des règles de sécurité des systèmes d’information et modes de contrôle

Dans cet article, nous nous intéressons aux processus de négociation des règles de sécurité liées à la gestion et à l’utilisation des systèmes d’information. À partir d’une collecte de données qualitatives réalisée dans une entreprise du secteur bancaire où cette sécurité est d'importance stratégique, nous analysons à l’aide de la Théorie de la Régulation Sociale (TRS) la manière dont se créent et se transforment les règles de sécurité. Nous identifions quatre modes successifs : la sécurité autonome, la sécurité obligatoire, la sécurité négociée et la sécurité contrôlée. Ces modes suivent une dynamique dépendant à la fois d'un système de contrôles que nous mettons en évidence et des enjeux des acteurs de la sécurité qui, en situation, négocient et construisent les pratiques effectives.
Le cas sélectionné nous sert de point d’ancrage et de révélateur des relations sociales qui se développent entre les acteurs. Dans le domaine industriel des banques et des paiements électroniques, la sécurité et le contrôle sont au cœur de l’activité économique, et la sécurisation des systèmes d’information est un souci permanent pour sa pérennité. En effet, de la fabrication des cartes aux paiements dans les points de vente, l’activité de paiement électronique est totalement informatisée ; une défaillance sécuritaire peut avoir des conséquences importantes pour l’ensemble des acteurs de la chaine.
La méthode d’investigation est l’étude de cas et la collecte des données repose sur l’observation participante et non participante, sur l’étude de données secondaires telles que des documents internes, ainsi que sur la conduite d’entretiens semi-directifs. Cette approche qualitative est idéale pour montrer comment les acteurs font d’abord émerger un nouveau concept pour redéfinir les frontières des nouvelles règles du jeu, convenant ensuite des règles de sécurité compatibles, d’une part, avec leurs enjeux d’autonomie et de contrôle, et d’autre part, avec les exigences de la norme de sécurité.

Le community manager et son système d’action : analyse de son rôle dans la construction de la réputation organisationnelle

Dans cet article, nous souhaitons examiner comment un acteur, le community manager, participe à la construction de la réputation organisationnelle. Les travaux sur la réputation organisationnelle ont principalement étudié les antécédents et les effets de la réputation, négligeant l’analyse de la construction de la réputation. Les recherches à ce sujet se sont concentrées principalement sur les acteurs externes ou le top management. Pourtant, d’autres acteurs dans l’organisation sont clés dans la construction de la réputation. C’est le cas des community managers. Ainsi, dans ce projet nous nous intéresserons à la manière dont les community managers participent à la construction de la réputation organisationnelle. Notre méthodologie est duale et vise à étudier plusieurs cas de community managers avec qui nous avons mené des entretiens semi-directifs centrés. Puis, une ethnographie virtuelle a été réalisée pour mieux comprendre comment ces acteurs participent à la construction de la réputation sur Internet. Les premiers résultats de notre étude exploratoire indiquent que le community manager interagit dans un système où il y a des jeux d’acteurs. Ce système ne se limite pas à l’organisation mais s’étend dans l’environnement pertinent de l’organisation. En effet, le community manager développe plusieurs pratiques selon les phases de la réputation (antécédents et construction), et selon l’environnement pertinent avec lequel il agit (interne et/ou externe à l’organisation). Nous dressons ainsi une typologie des rôles du community manager dans l’organisation. Enfin, nous précisons les tactiques et pratiques notamment au travers des relations sociales utilisées dans ce système afin de construire cette réputation et faciliter la diffusion d’information aux différents niveaux de l’organisation. Notre contribution est multiple : 1) nous participons à la compréhension du rôle d’un acteur dans la construction de la réputation organisationnelle, 2) nous identifions des pratiques spécifiques à ces rôles et prolongeons les résultats de Stenger et Coutant (2011), 3) nous apportons des éléments sur les sources de motivations et tactiques mises en œuvre par les community managers et 4) nous proposons une méthodologie atypique : l’ethnographie virtuelle couplée à la réalisation d’entretiens semi-directifs centrés.

Les mécanismes à l’origine de la reconstruction de la légitimité : le cas d’un grossiste en fruits et légumes...

La survie est une problématique majeure des entreprises face à l’instabilité croissante de l’environnement et l’importance accordée à l’opinion publique qui les oblige à renouveler la légitimité de leur activité pour continuer de se développer. La recherche de légitimité n’est pas un sujet nouveau des travaux de gestion qui se sont notamment appuyés sur la théorie néo-institutionnelle (TNI) pour qui la survie des organisations dépend de leur légitimité sociale (Rizza, 2008). La légitimité est en effet un concept central de la TNI (Colyvas & Powell, 2006), pour souligner les pressions de l’environnement institutionnel sur la position des entreprises mais également pour appréhender les actions de ces dernières sur leur processus de légitimation. Le niveau micro de ce processus reste cependant peu illustré par la TNI alors qu’il permettrait d’explorer plus finement les moyens par lesquels la légitimation a lieu. Par ailleurs, peu de travaux se sont intéressés à ce processus face à une situation de crise (Patriota et al. 2012) alors qu’elle amplifie la problématique de survie. Dans cette perspective, deux questions centrales se posent : Comment une entreprise parvient-elle à se reconstruire lorsque la légitimité de son activité est questionnée ? Quels sont les mécanismes à l’origine de la dynamique des ressources mobilisées pour se reconstruire?
Pour cela, l’étude repose sur le cas unique d’un grossiste en fruits et légumes. L’existence du grossiste est presque paradoxale lorsque l’on constate son image de « parasite » de la Société (Mackeown, 2007) et les nombreuses remises en cause qui ont amené à annoncer sa disparition (Gadde, 2012). On retrouve ce paradoxe dans le domaine spécifique des fruits et légumes à la suite de la plateformisation de la grande distribution, dans les années 90, qui conduisait à prévoir le déclin des grossistes en fruits et légumes. Ces entreprises pourtant, ont survécu et continuent de jouer leur rôle d’intermédiaire.
L’analyse du cas d’Orchade, leader de ce domaine, met à jour un processus de reconstruction complexe qui aboutit à une revalorisation de son rôle de grossiste par l’institutionnalisation de la qualité. Nous proposons deux mécanismes au cours de ce processus : le bricolage et le leadership institutionnel qui appréhendent la dynamique sur les ressources mobilisées. Ces mécanismes découlent d’une analyse interne à l’entreprise qui permet au final, d’apporter un éclairage nouveau sur la notion des ressources et la dimension politique du processus de reconstruction de la légitimité.

Outil de gestion et transfert de connaissances entre expert et dirigeant : Dynamique instrumentale et coopération en TPE

Comment le dirigeant de TPE s’approprie-t-il des connaissances externes ? Tel est le propos de cette recherche. Plus précisément, nous cherchons à comprendre quels sont les processus à l’œuvre entre outil, expert et dirigeant autour de ce transfert de connaissances. Pour ce faire, nous mobilisons d’une part le cadre théorique proposé par Nonaka et Takeushi (1997) considérant que les connaissances sont dynamiques, et d’autre part les travaux sur la médiation des connaissances à travers les outils. Nous privilégierons donc une approche instrumentale, dans une perspective structurationniste. Cette recherche s’appuie sur une étude de cas centrée autour de l’histoire d’un dirigeant de TPE, - une société de conseil en stratégie dans le secteur de la santé -, avec ses trois experts successifs, les outils, les connaissances et les décisions stratégiques qui y sont liées. Nous formulons ainsi trois propositions éclairant les mécanismes de l’internalisation de connaissances par le dirigeant de TPE : 1/ Pour que le dirigeant de TPE internalise les connaissances transmises par un expert, il faut que les acteurs coopèrent de manière claire et régulière afin qu’une relation stable se tisse ; 2/ Trois éléments sont essentiels à la transmission de connaissances entre ces acteurs : flexibilité, accessibilité, expérience ; 3/ le dirigeant de TPE internalise les connaissances transmises par son expert en s’appuyant sur des outils de gestion personnalisés et adaptés par lui aux spécificités organisationnelles. Finalement, les connaissances du dirigeant de TPE s’internalisent à partir de sa relation avec ses experts externes, tant dans sa dimension interpersonnelle à travers la confiance, que dans sa dimension instrumentale à travers la dynamique d’outils de gestion qu’il mobilise. En cela, cette recherche contribue à la compréhension de l’hybridation du système d’information et de décision du dirigeant de TPE, soulignant ainsi ses qualités d’improvisation et de bricolage.

PRENDRE DU TEMPS POUR INNOVER PLUS VITE : LE ROLE CLE DES START-UPS INTERNES AU SEIN D’UN GROUPE INDUSTRIEL INNOVANT.

Innovate require time and it seems to be quiet not easy to be creative under the gun (Amabile et al., 2002). To date, scholars point some useful elements to make this possible (Sheremata, 2000). It does require integrative forces that support rapid routinized practices that can be combined with some generative forces to capture new knowledge’s and foster novelty. A growing number of academic publications on organizational ambidexterity bring some key elements on how to manage these two opposite mechanisms. These streams of research recently advise that business venturing could bring together these forces in organization (Hill and Birkinshaw, 2012). In line with these researches, we hypothesize that this specific organizational form might have positive consequences to fast innovation. However, this literature did not explain how these two opposite mechanisms can be managed. The longitudinal study of four Internals business venturing hosted within an SBU of a multinational firm, highlight how to combine the two opposite forces in a specific time pressure context. We show how the organizational ambidexterity based on internal business venturing strengthens generative forces and fosters explorative innovation under time pressure. However, when project objectives are not clear and that innovative knowledge is too close to core business, integrative forces can drive out the positive effects of generative forces. In that case, specific managerial mechanisms are required to protect generative forces.

LA CAPACITÉ D’ABSORPTION : FACTEUR CLES DE SUCCES DES ALLIANCES STRATEGIQUES INTERNATIONALES

Le présent travail de recherche hypothético-déductive, présente une étude exploratoire visant à découvrir l’impact de la capacité d’absorption sur le succès des alliances stratégiques internationales en Tunisie sur le plan de l’efficacité et de l’innovation. A la lumière de la revue de la littérature et selon les théories de la Knowledge Based View, de l’apprentissage organisationnel, des ressources et compétences et de l’innovation les hypothèses de recherche sont proposées et testées sur un échantillon de 119 alliances stratégiques internationales en Tunisie.
La présente recherche a pu vérifier l’impact de la capacité d’absorption sur le succès des alliances stratégiques internationales à travers ses dimensions recherche et développement (R&D), capacité des employés et motivation des employés. Les entreprises engagées dans des alliances stratégiques internationales ont intérêt à stimuler leurs activités de R&D, à améliorer la capacité de leurs employés et à stimuler leur motivation pour arriver à l'internalisation des savoirs transférés et réussir leurs alliances.

Le Rôle Médiateur De L’échange Réticulaire De Connaissances Dans La Relation Entre La Confiance Relationnelle Et La Performance Non Financière

Le présent travail étudie le rôle de l’échange réticulaire de connaissances dans la transformation des externalités de la confiance relationnelle en performance non financière dans les secteurs à forte avancée technologique. Il soutient la thèse selon laquelle la confiance relationnelle affecte considérablement l’échange réticulaire de connaissances, qui à son tour explique la performance non financière. Nous avons choisi la théorie du capital social comme cadre de référence pour notre recherche. Notre analyse a nécessité la mise à l’épreuve de cinq hypothèses sur un échantillon composé de 102 salariés exerçant dans des entreprises tunisiennes. Les résultats révèlent que, premièrement, le contexte Tunisien est un contexte de sur-encastrement, où la confiance relationnelle affecte négativement l’échange réticulaire de connaissance. Deuxièmement, malgré cette incidence négative, cette dernière affecte positivement la performance non financière. Troisièmement, l’échange réticulaire de connaissance revêt un statut médiateur entre la confiance relationnelle et la performance non financière.

Barriers to Environmental Innovation in SMEs: Empirical Evidence from French Firms / Les barrières à l'innovation environnementale des PME : Eléments empiriques sur des entreprises françaises

Recent literature explores the determinants of environmental innovations, though with little attention on their obstacles. This article identifies the extent to which small and medium-sized enterprises (SMEs) perceive obstacles to innovations with environmental benefits versus obstacles to technological innovations, taking into account the types, number, and intensity of those barriers. Using a novel, original database of 518 French SMEs matched with the Orbis database, the authors test for differences in the effects of a given set of barriers on the probability of environmental innovation and non-environmental technological innovations. They also assess the effect of barriers to innovation on the probability of introducing environmental innovations, using a non-experimental method based on matching estimators. The results show that obstacles to environmental innovations are not only more numerous but also more important than those to traditional technological innovations.

La littérature récente a exploré les déterminants de l'innovation environnementale, en portant cependant peu d'attention aux obstacles.
Cet article identifie dans quelle mesure les petites et moyennes entreprises (PME) perçoivent les obstacles à l'innovation avec des
bénéfices environnementaux, par rapport aux obstacles liés aux innovations technologiques, en prenant en compte le type, le nombre et
l'intensité de ces barrières.
En utilisant une base de données neuve et originale de 518 PME françaises appariées avec la base ORBIS sur ces entreprises, les
auteurs testent l'effet d'un ensemble de barrières sur la probabilité d'introduire des innovations environnementales et des innovations technologiques non-environnementales.
Ils évaluent aussi l'effet des barrières à l'innovation sur la probabilité d'introduire des innovations environnementales, en
utilisant une méthode non-expérimentale basée sur de l'appariement.
Les résultats montrent que les obstacles à l'innovation environnementale ne sont pas seulement plus nombreux mais aussi plus
importants que ceux relatifs aux innovations technologiques traditionnelles.

Proposition of an actor-centered measurement instrument for dynamic capabilities research

Strategic management research increasingly seeks to identify processes and activities that constitute dynamic capabilities. At this juncture, researchers try to open the ‘black box’ of a complex, causal ambiguous construct. Thus, the micro-foundations view goes along with sev-eral empirical challenges. In our study, we propose a quantitative measurement approach that uses action-based operationalizations to get to the core of actions and interactions that under-pin dynamic capabilities. We develop an actor-centered measurement instrument that address-es individual and organizational capabilities alike. We argue that surveying employees pro-vides a reliable and parsimonious way of analyzing the collective mind of organizational members which is supposed to be an adequate method to deal with the causal ambiguity ar-gument. Psychometric properties are tested in a sample of 486 employees in five German or-ganizations. We present results concerning dimensionality, reliability and validity. Finally, we briefly discuss recommendations for further developments and practical use of the instrument.

Gérer l’empreinte d’un modèle dominant : le cas de l’influence du modèle PFI dans le champ du management stratégique de l’innovation et de la propriété intellectuelle

Dans ce papier, nous nous posons la question de la place du modèle « Profiting from innovation » proposé par David J. Teece. Celui-ci s’est imposé comme le modèle de référence dès lors qu’il s’agit d’évaluer la capacité d’une entreprise à tirer elle-même bénéfice des innovations qu’elle peut être amenée à introduire et les stratégies qu’elle peut mettre en œuvre pour le faire. Ce modèle donne une importance particulière aux « régimes d’appropriation » et donc à la propriété intellectuelle (et plus particulièrement aux brevets). Dès lors, il apparaît comme quasiment incontournable dès lors que l’on aborde le management stratégique des droits de la propriété intellectuelle (désormais PI).
S’il en est ainsi, c’est qu’il éclaire de manière « sobre » (sans complexité excessive) et puissante une problématique classique en économie et en management de l’innovation. Il a également le mérite d’établir un lien entre les moyens d’appropriation (secret, brevet essentiellement) et d’autres actifs que détiendrait l’entreprise (les fameux « actifs complémentaires »). Cette approche s’avère tout à fait compatible avec l’approche par les ressources qui va dominer la recherche en stratégie à partir des années 1990 et il s’intégrera donc très naturellement dans les autres apports théoriques de son auteur, en particulier le concept de « capacités dynamiques » (Teece et al., 1997). Mais il focalise l’attention sur une certaine approche des droits de PI, alors même que Teece a contribué à montrer que leur rôle ne se limitait pas à celui d’outil d’appropriation directe des bénéfices d’une innovation.
Nous proposons donc un élargissement de ce modèle PFI en introduisant la recherche directe d’un autre type de rente économique mais aussi un type de rente de nature totalement différente. Cet élargissement s’appuie notamment sur les travaux de Kay (2010) dont la thèse principale est que les buts sont le plus souvent mieux atteints indirectement, avec un raisonnement « oblique », plutôt que directement. Bien qu’il conserve les fondements du modèle de Teece, cet élargissement permet selon nous de mieux prendre certains phénomènes récents ou dont la prise de conscience dans la recherche en management stratégique est récente.

Émergence et construction d’un pôle de compétitivité - Une lecture par la Théorie de la régulation sociale

L'émergence et la construction d'un pôle de compétitivité sont ici envisagées à travers la Théorie de la régulation sociale de J.-D. Reynaud. L'article pose directement la question de l'émergence du pôle comme expression de la problématique contrôle-autonomie fondatrice de la lecture régulationniste retenue. Dans ce cadre, se pose ensuite la question de l'émergence même des projets qui naissent de la sélection de situations problématiques par les acteurs des pôles. La dynamique projet d'ensemble / projets partiels par laquelle le pôle se construit conduit alors à mesurer l'importance du rôle de la structure de pilotage.

THE CONSTRUCTION PROCESS OF A CLUSTER: CHANGING THE RULES TO ADAPT TO NEW PROBLEMS

This paper studies the construction of a French competitiveness cluster (“pôle de compétitivité”). We question the appropriation by the actors of the public policy regarding French competitiveness clusters, by proposing a new interpretation built on the Theory of Social Regulation (Reynaud, 1989). This framework considers the public policy as a control regulation, and the effort from the actors to seize this cluster policy as an autonomous regulation. This work is based on a qualitative research conducted from January 2010 to March 2012 and takes the form of a case study analysing the history of the French cluster iDforCAR . This approach helps to clarify the emergence and the construction process of a French competitiveness cluster by showing the appropriation of the public policy by the recipients of this national cluster policy. The uniqueness of these clusters is then illustrated, each cluster being built from singular problems that give rise to a singular project.

Beyond economic rationale: psychological dimension as a complement perspective to understand the strategic motivation of near-retirement CEOs

Are all CEOs driven by wealth maximization at the last stage of their career? Although extant literature based on economic rationale suggests that near-retirement CEOs are more likely to be risk averse and tend not to initiate a long-term risky strategy, we argue that at the top position and this life stage they are more likely than other individuals to be satisfied with their wealth and driven by psychological needs. It is therefore crucial to incorporate their psychological characteristics into the analysis of near-retirement CEOs’ motivation behind strategic decisions. This conceptual paper proposes three such psychological characteristics and suggests the direction and degree of their impacts on near-retirement CEOs’ strategic decision. It extends the present knowledge on CEO career horizon and decision making literature, and contributes to corporate governance practice.

Eco-innovation. Quelle stratégie de coopération pour les grandes entreprises et les PME ?

Les entreprises sont poussées à mieux prendre en considération les impacts écologiques, sociaux et sociétaux de leurs activités, ceci afin d’assurer un développement plus durable (Freeman, 1984). Le développement durable engendre de nombreux enjeux managériaux et stratégiques pour les entreprises, dont certains peuvent trouver des réponses dans l’innovation, sous forme d’éco-innovations (OCDE, 2009). Or, aujourd’hui pour innover les entreprises sont amenées à développer des partenariats ou des stratégies de coopération afin d’obtenir les ressources et compétences nécessaires. De nombreuses recherches ont montré que la coopération est un des moyens stimulant l'innovation. Hall and Vrendenburg, 2003 soulignent la difficulté pour les firmes de mettre en place des innovations dans une logique de développement durable, du fait de la complexité d’intégrer ses multiples facettes. Pour cette raison, Ayuso and al. (2011) affirment que les firmes doivent construire de la connaissance avec leurs parties prenantes et développer des stratégies coopération. Le but est d’obtenir des ressources et d’acquérir les capacités nécessaires pour innover (Nieto and Santamaria 2007). Le type d’alliance avec des partenaires non concurrents a été largement étudié sous le concept « d’Open innovation » (Chesbrough, 2003). Toutefois, des partenariats peuvent être également réalisés entre concurrents. Ce type de coopération a été étudié sous le concept de « coopétition » (Le Roy et al. 2013 ; Gnyawali et Park, 2009 ; Bengtsson et Kock, 2000 ; Brandenburger et Nalebuff, 1996).
Fort de ce constat, entre la nécessité pour les entreprises d’adopter des comportements responsables, et par la même d’éco-innover, et pour ce faire, la nécessité de coopérer, cette recherche questionne les meilleures stratégies relationnelles possible.
Notre recherche vise à déterminer quel type de coopération est lié favorablement à l’apparition d’éco-innovation dans les grandes entreprises mais également dans les PME ?
Afin de répondre à cette question de recherche, nous avons utilisé la base de données française sur l’innovation CIS-04 (Community Innovation Survey) concernant la période de 2002 à 2004. Cette base de données nous a permis d’obtenir des informations concernant les différents objectifs poursuivis lors de la mise en place d'innovation afin de répondre aux enjeux du développement durable. Ce travail présente une contribution originale car à notre connaissance, le lien entre la mise en place « des éco-innovations » et l’utilisation « des stratégies de coopération » n’a pas été testée empiriquement. De plus, les travaux antérieurs sur les éco-innovations ont traité de la question de leurs déterminants et de leurs moteurs sans faire la distinction entre les différents types d’entreprises, les grandes entreprises et les PME.
Cette étude montre que les entreprises, selon leur taille, ne doivent pas développer les mêmes types de stratégies de coopération afin de développer des éco-innovations. Les grandes entreprises françaises doivent coopérer avec leurs concurrents, tandis que les PME, au contraire, doivent favoriser les relations avec leurs clients et/ou leurs fournisseurs. Nous montrons également que le secteur d’activité est un déterminant de l’éco-innovation. D’autres résultats montrent que les fonds publics distribués par les instances européennes et nationales ne favorisent pas l’apparition d’éco-innovation, quelle que soit la taille des entreprises. En ce qui concerne les grandes entreprises, seuls des fonds locaux (ou régionaux) augmentent la propension des entreprises à réaliser des innovations acceptables dans le cadre du développement durable.

Is any organizational form superior in terms of financial performance? Theoretical analysis and evidence from the fashion retail sector

This paper deals with the governance and financial performance issues in the context of French Fashion retail companies. The research has for purpose to analyze the ultimate effect of organizational form choices on retail network’s financial performance. In this study, we analyze the influence of the organizational choices on the financial performance at the network level. We consider (i) three forms used in isolation: networks operating company-owned stores, franchisee-owned stores or stores-within-a-store, (ii) three dually-organized forms i.e. dual forms mixing two of the three forms: networks operating company-owned and franchised stores, company-owned and stores-within-a-store or franchised stores and stores-within-a-store and (iii) a combined form associating the three ones: networks operating company-owned units, franchisee-owned units and stores-within-a-store. In doing so, the research considers a broader range of organizational forms than the ones usually analyzed in the literature.
How can we explain theoretically that an organizational form yields a better financial performance? Prior research provides indirect theoretical arguments and evidence of how each organizational form may affect financial performance. The benefits and drawbacks associated to company-ownership and franchising as dominant organization forms have been extensively studied, mainly in the light of three theoretical views – the resource scarcity theory, the contractual theories and the resource based view. They suggest three reasoning on how resources can be acquired and spread out thanks to the various organizational forms. When comparing dual forms to dominant forms, we suggest extending the synergistic view of dual franchising forms to the two other dually-organized forms. Finally, as the advantages and draw-backs of forms associating the three pure forms have not been analyzed in the literature so far, the rationale for such combined form is analyzed in the light of the theoretical view used for the choice of internationalization modes used in combination. They could allow to increasing substantially the flexibility of the strategic decisions as well as the marketing efficiency with more customer targets being served. But too much diversification could generate problem of operational efficiency with a network being too dispersed and requiring too much capabilities. With this theoretical framework, the research extends existing views on retail organizational forms and their expected outcomes in terms of financial performance.
To test our hypotheses, we study a sample of mostly privately-held French retail companies from the fashion sector (n= 170), using two criteria of performance - profit margin ratio and return on assets. The issue consists in distinguishing the two different dimensions of a retail organisation form – its nature and its degree of concentration – in a consistent manner. To do so, we follow a two-steps approach on the basis of a conventional mathematical method yet uncommon in business academic research. First, we transform the triplet of the percentage of stores in each organizational form in Cartesian coordinates; second, we transform Cartesian coordinates in polar coordinates in order to allow studying the two dimensions of concentration and nature of a retail organization form. In doing so, the research uses an innovative empirical method. Descriptive statistics and ordinary least squares (OLS) regression model are used to empirically examine the influence of the organizational forms on the financial performance at the network level.
Main results show that none of the purely or dual forms tends to generate better financial performance than any other, even though descriptive statistics exhibit important differences in terms of performance among organizational forms. But the results highlight that networks combining company-ownership, franchising and stores-within-a-store generate better financial performance (higher profit margin ratio and higher return on assets), up to a certain point, compared to dual forms and pure forms. In doing so, the research provides further evidence on the question if any organizational form is superior in terms of financial performance.

Knowledge brokerage: Towards an integrative conceptual framework

The goal of the present paper is to advance the comprehension of knowledge brokerage by integrating various streams of research into an integrated conceptual framework. We identify and build upon two main streams of literature: the first views knowledge brokers primarily as facilitators of knowledge transfer, and the second considers knowledge brokers as innovators. Based on an extensive review of the existing literature, we frame these two traditions as two levels of knowledge brokerage, which differ in purpose and knowledge assimilation intensity, and we propose a process model that includes antecedents, brokerage activities, and outcomes of knowledge brokerage.

Adaptation, Expérimentation, Effectuation : Un essai de typologie des formes d’approche émergente du processus entrepreneurial

Les chercheurs semblent s’accorder sur le fait que la détermination progressive de leurs produits et de leurs marchés est une approche pertinente pour les entrepreneurs dans les marchés naissants. Ils ont toutefois des vues différentes sur la forme que prend cette détermination et proposent des approches – adaptation, expérimentation et effectuation - dont les contours théoriques ne sont pas clairs et dont les prescriptions semblent contradictoires. L’objet de cet article est de résoudre cette difficulté. Nous reconceptualisons ces approches sur la base de la notion d’engagement et proposons un cadre associant chaque approche à un contexte particulier de la pertinence.

Fab lab en entreprise : proposition d’ancrage théorique

La multiplication de Fab labs, récents dispositifs d’innovation, au sein de nos sociétés, a apporté une nouvelle dynamique au travail de conception. Aujourd’hui cette pratique fait son apparition dans certaines grandes entreprises industrielles, il s’agit du Fab lab interne. Ce dispositif devenu outil organisationnel a pour ambition de stimuler la créativité et l’innovation au sein des entreprises. Or, la littérature en Sciences de gestion fait état d’une absence d’étude de ce phénomène. Cet article propose donc un ancrage théorique pour accompagner les managers dans le développement de cet outil organisationnel. Ainsi, après avoir (1) décrit l’idée du Fab lab en interne, ses objectifs et ses enjeux, (2) nous analyserons son rattachement à l’approche par les ressources (Ressource-based view) et plus précisément à l’approche par les capacités dynamiques. Ensuite, en troisième partie, après avoir établi un rapprochement entre l’approche des capacités dynamiques et le champ de l’intelligence collective, (3) nous proposerons une perspective du Fab lab en interne en caractérisant les critères favorisant l’émergence de l’intelligence collective au sein d’une communauté. Enfin, en quatrième lieu, (4) nous présenterons notre démarche d’étude en cours au sein de l’entreprise RENAULT.

“Mais de quoi s’agit-il au juste?” Nouveau champ et construction d’une logique institutionnelle

Cet article examine le processus d’émergence et de stabilisation d’un nouveau champ institutionnel, en se concentrant sur les négociations multi-niveaux d’une logique institutionnelle pour ce champ. Considérant que l’interdépendance duale entre catégories et pratiques constitue le fondement d’une logique institutionnelle, il propose de mieux comprendre comment cette dualité est construite. Les résultats sont fondés sur une analyse multi-niveaux du champ de ‘la vente professionnelle sur les plateformes électroniques’ en France, entre 2005 et 2010, lorsque le champ a progressivement émergé et gagné en légitimité. L’article développe deux principaux arguments à partir des résultats. Premièrement, les acteurs à différents niveaux s’ajustent à la logique promue par les autres acteurs, selon la manière dont ils comprennent la catégorisation du champ et les pratiques qui lui sont associées. Deux modes d’ajustement sont identifiés – recadrage pragmatique et recadrage notionnel – qui, chacun, contribue à la construction d’une dualité entre catégorisation et pratique. Deuxièmement, il montre que de multiples ajustements sont réalisés par une série de mouvements centrifuges et centripètes, avec quelques acteurs émergeant comme des entrepreneurs institutionnels centraux, et simultanément une multitude d’autres réalisant un travail institutionnel de manière décentralisée.

Identité professionnelle du pharmacien et identité organisationnelle de la pharmacie

Ce travail propose d’étudier la relation entre l’identité organisationnelle d’une TPE et l’identité professionnelle de son propriétaire dirigeant. A cet effet l’analyse se concentre sur le pharmacien d’officine dont la double facette du métier (santé et commerce) en font un objet d’étude pertinent pour traiter ce sujet. Le cadre théorique mobilisé correspond aux travaux sur l’identité organisationnelle initiée par Albert et Wetthen (1985). Ils sont complétés avec le concept d’identité professionnelle en sociologie (Dubar, 1991 ; Sainsaulieu, 1985). L’objectif de ce travail est de comprendre comment le propriétaire dirigeant de TPE gère une situation d’identité multiple sur le plan professionnel et organisationnel. La relation entretenue entre le propriétaire-dirigeant et sa TPE peut s’expliquer au travers de la relation entre son identité professionnelle et organisationnelle. En effet, cette recherche vise à analyser le lien entre l’identité que l’individu construit à partir de la pratique d’un métier et le sens commun qu’il donne à son organisation en fonction de cette pratique. Pour traiter cette question dix sept pharmaciens titulaires et leur environnement de travail sont étudiés. Les résultats permettent d’établir un lien entre l’identité professionnelle du titulaire et l’identité organisationnelle de l’officine puis de comprendre comment est gérée une situation d’identité multiple sur le plan individuel et collectif. Selon la nature de la relation entretenue entre le dirigeant et son entreprise trois types d’identité organisationnelle sont relevés. Les résultats montrent qu’elles découlent de la construction de l’identité professionnelle du propriétaire dirigeant.

L’impact du comportement coopératif sur le comportement concurrentiel: une étude de l’industrie de la téléphonie mobile en Asie-Pacifique

Les liens entre le comportement coopératif d’une entreprise et son comportement concurrentiel sont l’objet d’un nombre restreint de recherches et sont de ce fait mal connus. Afin de combler ce vide, dette recherche propose et teste un modèle qui établit une relation positive entre le comportement coopératif de l’entreprise et son comportement agressif. Le travail empirique est mené à partir d’une analyse longitudinale, sur une période de six ans, des actions stratégiques de soixante opérateurs de téléphonie mobile de la région Asie/Pacifique. Les résultats montrent l’existence d’une relation entre le comportement coopératif d’une entreprise (le nombre d’actions coopératives et la variété des actions coopératives de l’entreprise) et son comportement concurrentiel (le nombre d’actions compétitives et la variété des actions compétitives de l’entreprise). Les résultats montrent, également, l’effet modérateur de la présence à l’international et de la concentration du secteur.

The role of KIBS in the clients’ knowledge absorption process: the case of exploration innovation

It is well known that absorptive capacity facilitates innovation performance. And yet, despite the growing importance of service firm in innovation activities, extant literature has neglected the influence of service suppliers in this process. We contribute to the literature by identifying how knowledge-intensive business service may affect the knowledge absorption process of their clients. Using an empirical study based on three exploration innovation contracts, our results suggest KIBS may affect the absorption process. The framework highlights three decisive roles played by KIBS, which are seen to function as trigger, developer and teacher of their client’s absorptive capacity. We underline the interdependencies between KIBS and clients in this process and discuss the idea of an “insemination capacity” developed by KIBS, leading to enhanced clients’ absorption process. Important managerial implications for both KIBS and innovative firms are given.

MYTHES ET REALITES SUR LES STRATEGIES DE CROISSANCE DES ENTREPRISES ARTISANALES

La croissance est un thème central de la recherche en entrepreneuriat et en stratégie d’entreprise (Delmar et al, 2003). Un grand nombre d’études existent en effet sur la croissance des PME (entreprise de plus de 20 salariés), des « high growth firms » ou des « start up », leurs antécédents et leurs effets (Davidsson et al, 2006). Cependant très peu de travaux concernent les très petites entreprises, et, a fortiori, les entreprises artisanales. Or on peut légitimement penser que les moyens plus restreints dont disposent ces entreprises de plus petite taille et leur plus grande focalisation sur le métier colorent fortement leurs choix de croissance et nécessitent des recherches spécifiques. En outre, peu de chercheurs travaillant sur la croissance s’intéressent aux modes de croissance utilisés par les entreprises, considérant implicitement le seul développement par croissance organique. Cette communication a donc pour objectif d’enrichir la littérature sur la croissance, d’une part, et sur l’entreprise artisanale, d’autre part, en levant le voile sur les stratégies utilisées par les entreprises artisanales pour croître. Pour ce faire, la grille d’analyse retenue, issue de la littérature sur la croissance des entreprises de plus grande taille, est tout d’abord présentée. Puis afin d’appréhender les stratégies réellement utilisées par les entreprises artisanales et le contexte dans lequel ces stratégies ont été sélectionnées, onze cas d’entreprises artisanales sont étudiés. Les résultats obtenus permettent de mettre en exergue la variété des stratégies de croissance utilisées par ces entreprises. Ils montrent notamment qu’une entreprise artisanale peut utiliser des stratégies trop souvent considérées comme étant l’apanage des grandes entreprises, telles que la diversification ou les acquisitions. Ils montrent également que les modes de croissance ne sont pas mutuellement exclusifs (McKelvie et Wiklund, 2010). En effet, en dépit de leur petite taille, les entreprises artisanales peuvent mener de front plusieurs stratégies de croissance. Le recours à des partenaires externes (alliances, partenariats verticaux) permet notamment à ces petites entreprises de lever les traditionnels dilemmes liés au manque de ressources et de compétences qui pourraient les contraindre à ne poursuivre qu’un seul projet de développement à la fois.

RESEAUX SOCIAUX ET REPUTATION : le cas de la SNCF

Le rôle croissant joué par les réseaux sociaux impose désormais à l’entreprise d’adopter une veille stratégique. Cet article étudie la nature et la gestion de la e-réputation par l’entreprise. Une étude statistique a été réalisée sur des indices de présence sur les réseaux sociaux et les déterminants de cette e-réputation. Les résultats mettent en évidence la nécessité pour l’entreprise étudiée, la SNCF, de préserver activement sa réputation suite à tout événement indésirable. Un processus de co-création avec les communautés de consommateurs semble indispensable.

L'impact de l'intensité des liens interorganisationnels sur l'attribution des marchés publics

Plusieurs études empiriques, dans la littérature en stratégie, affirment que des alliances répétées entre les mêmes partenaires ne sont pas déterminantes sur leurs résultats économiques. Or la présente communication étudie, justement, l'impact de l'environnement relationnel d'une entreprise sur sa performance. A partir de l'observation de 10.377 liens de coopération au sein de 4.203 alliances stratégiques, les résultats mettent en évidence une influence significative de l'intensité des liens sur l'attribution des marchés publics. Plus une entreprise travaille avec le même partenaire au sein d'une alliance, plus elle augmente ses chances d'être retenue dans un appel d'offres par un acheteur public. Ces résultats soulignent qu'une alliance répétée entre les mêmes partenaires favorise l'apprentissage organisationnel nécessaire pour s'adapter à l'environnement complexe des marchés publics.

Gouvernances coercitive et cognitive : une lecture des représentations des dirigeants-fondateurs de start-up innovantes

Certaines start-up accompagnées par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) connaissent de très grandes réussites. On note cependant une très forte hétérogénéité des trajectoires de croissance de ces entreprises.
Cette recherche s’appuie sur l’idée que ces rythmes de croissance peuvent être analysés à la lumière de différents aspects relevant des représentations des dirigeants en matière de gouvernance, comme la structure de l’actionnariat ou les relations avec les parties prenantes. En effet, souvent par peur de perdre le contrôle de leur société, les dirigeants ont des relations complexes avec certaines parties prenantes, notamment les investisseurs en capital. Pour réaliser cette étude, nous proposons l’utilisation d’un modèle élargi de la gouvernance d’entreprise s’appuyant à la fois sur les prismes coercitifs et cognitifs qui permet de décrypter la situation spécifique des start-up.
Les résultats obtenus s’appuient sur des entretiens réalisés avec seize dirigeants de start-up, créées entre 1999 et 2013, et confirment notamment l’impact de la structure de l’actionnariat de ces entreprises sur leur système de gouvernance.

Etude de la construction des Business Models des fournisseurs d’ « Infrastructure-as-a-Service » : l'étude de deux « purs players » français

L’objectif de notre communication est de comprendre la construction des Business Models des fournisseurs de services nécessitant des infrastructures lourdes dans l’industrie de l’informatique, suite à l’apparition du Cloud Computing. Notre étude se porte plus particulièrement sur les fournisseurs de services d’infrastructure Cloud computing. Après une revue de littérature sur le Cloud computing, aucun travail de recherche sur le Business Model n’a été effectué, et nos discussions avec les professionnels du secteur ont conforté notre projet de recherche. Nous avons effectué une revue des éléments constitutifs du Business Model dans la littérature afin de mener notre recherche sur le terrain. Nous avons choisi les 9 blocs de base du "Business Model canvas" proposé par (Osterwalder and Pigneur, 2010). Nous avons choisi d’étudier 2 cas selon la démarche proposée par (Eisenhardt, 1989) : Numergy et Cloudwatt, 2 fournisseurs d’IaaS français. Notre étude montre que la valeur ajoutée principale d’un fournisseur d’IaaS était le développement de son catalogue de service. La création de valeur par le fournisseur d’IaaS repose sur la création de plusieurs écosystèmes de partenaires : les "partenaires fournisseurs" pour la mise en place du catalogue de service, et "les partenaires produits" pour chercher de la valeur complémentaire. En ce qui concerne les flux de revenu, il est croissant au niveau global même s’ils varient en fonction de la consommation du client.

Open creation: A way to manage creativity in publishing industry.

This paper is devoted to the pattern of creative activities in the publishing industries. A key concern is about vertical control or not. An empirical research is conducted in the French educational book publishing industry. From the 352 studied managerial functions, it appears that companies, and especially subsidiaries, contract out more their functions characterized by creativity requirements. This way to use the creativity of the external providers through outsourcing constitutes an original pattern. Thanks to the qualitative material collected, we propose a deep explanation of this “open creation” phenomena.

L’expérimentation stratégique du Business Model par les fonds d’investissement

L’ouverture du champ d’expérimentation pour intégrer le business model (BM) d’une entreprise donne naissance à la notion d’expérimentation stratégique (ES) en tant que méthode proactive pour le test de BM alternatifs. Les méthodes expérimentales citées dans le corpus théorique, notamment dans le cadre de test de produits fournissent une base relativement riche pour appréhender les mécanismes à travers lesquels les entreprises s’engagent dans une ES. Aujourd’hui, les nouveaux acteurs que sont les fonds d’investissement sont sensibles à cette problématique d’expérimentation, notamment dans une logique de réinvention du BM. Nous visons à explorer la démarche d’expérimentation de BM chez les fonds d’investissement. Suivant une démarche qualitative, nous conduisons des entretiens avec 12 fonds d’investissement spécialisés en LBO et en capital développement. Cette recherche a permis de mettre en exergue 5 moments clés d’analyse de l’ES : la conception, le cadre ou le contexte de déroulement, l’organisation et le contrôle.

Les Acheteurs « Modérateurs » de la Financiarisation : L’Echange Social pour Pallier au Sentiment d’Injustice

Cet article s’intéresse à la financiarisation des relations client - fournisseur, et au rôle des acheteurs en tant que médiateurs désignés par la direction pour mettre en œuvre ce processus. Par une étude qualitative de terrain, nous avons tenté de comprendre l’impact de la financiarisation sur le travail des acheteurs et la gestion des relations avec les fournisseurs. Nous avons pour cela mobilisé les théories de la justice organisationnelle et de l’échange social. Notre analyse montre que les acheteurs ne sont pas neutres face aux dispositifs, aux manières d’être et d’agir et plus généralement au système de signification imposés par la direction pour financiariser les relations d’achats. Pour les acheteurs, la financiarisation crée un sentiment d’injustice distributive car elle modifie la répartition des revenus entre le client et le fournisseur ; d’injustice procédurale par les modes de pilotage qu’elle utilise ; et d’injustice interactionnelle par la nature des liens qu’elle incite à établir entre l’acheteur et le fournisseur. En réaction, les acheteurs mobilisent des stratégies d’action pour initier et développer un échange social avec les fournisseurs, afin de palier aux sentiments d’injustices générés par les mécanismes de la financiarisation.

Ombres et lumières chinoises : Discours et justifications des (més)aventures d’entreprises françaises en Chine. Le cas de Danone.

Cet article s’intéresse à la façon dont les activités (succès et déboires) de grandes entreprises françaises en Chine sont présentées dans les média. Il s’appuie plus particulièrement sur le cas de Danone, qui est traité à partir de données tirées de la presse économique, et en recourant à l’analyse critique du discours. Il retrace au travers des articles de presse les activités de Danone en Chine et montre que le discours médiatique à ce sujet est principalement axé sur les particularités culturelles de l’environnement des affaires chinois. Ces particularités servent de fondement à la justification des difficultés rencontrées par les entreprises françaises plutôt que d’éventuelles erreurs stratégiques. Les différentes formes de discours sont ainsi toutes subordonnées à un discours culturel. Ces résultats apportent une perspective critique aux études sur les activités stratégiques internationales des grandes entreprises et leurs représentations dans les média.

Reconciling the irreconcilable! How cognitive hybridization and gateways enable the dialog between Mutualist, business and capitalist logics in retail banking

This research explores the conditions for reconciling multiple logics in hybrid organizations. Actually, hybrid organizations are particularly exposed to conflicting logics since they embody diverse and, to some extent, contradicting institutional logics. Moreover, they are subjected to two symmetric risks; either they can lose their hybridity by giving prevalence to a dominant logic at the expense of the other, or on the contrary they can succumb to intractable conflicts between the carriers of contending views. Therefore, their ability to deal with logic pluralism appears as a key determinant to maintain hybridity and thus ensure their efficiency and survival.
A longitudinal research of 10 years length was carried out in the retail banking of Agro Bank Group to bring insights as regards this question. Among the European leaders, this retail bank forms a hybrid system from a twofold point of view. On the one hand, this 100-years-old federation of cooperative independent regional banks offers a mature profile of hybridity with the long-lasting coexistence of both cooperative and commercial logics. On the other hand, institutional complexity has recently increased by the public listing of the central level and a subsequent massive inclusion of executives coming from centralized and capitalist banks. As a result, three logics simultaneously coexist and frequently oppose in ABG: cooperative ethic, business logics and financial market perspectives.
This work belongs to interpretive tradition and relies on grounded theory approaches. It aims at documenting the research question at the organizational level through a mixed-qualitative design that combines participant observation with in-depth interviews and document analysis. We construe organizations as political systems composed of subgroups that commit to specific values, goals and interests, and rely on symbolic systems to make-sense of circumstances and define their action. Thus, three forms of agency are considered: routines, sense-making, and strategies.
A first finding identify the cognitive compatibility of arguments as a prerequisite for reconciling divergent perspectives, since chains of cognitive gateways help to establish a dialog and form agreements, possibly cumulative. This result augments the abundant literature that underlines the benefits of cognitive dynamics and proximities, in general and for hybrids in particular. A second finding, noteworthy for the understanding of sustainable hybrids, indicates that over time, a cognitive hybridization occurs which neither suppresses the specificities of divergent logics nor harmonizes the beliefs of their carriers, but rather stabilizes cognitive gateways that bridge some of their core values and beliefs. It must be emphasized that cognitive hybridization exists in ABG despite the clear-cut collective identities and preferences of the subgroups. This suggests a significant contribution of cognitive hybridization to the persistence of hybrids which facilitates cooperation and agreements while preserving subgroups’ singularity.

Les politiques d'achats responsables : facteurs explicatifs, mise en oeuvre et changements apportés. L'exemple de trois enseignes du secteur de l'ameublement

La globalisation de l’économie a conduit les grandes entreprises ces vingt dernières années à recourir à des réseaux étendus de sous-traitants. Parallèlement, depuis les années 90 on assiste au développement de la notion de responsabilité sociale des entreprises (RSE) en réaction aux pressions exercées par les différentes parties prenantes.
Face à ces évolutions, le management des entreprises est devenu plus complexe puisqu’il doit concilier à la fois des exigences économiques et des exigences sociales. Nous étudions les politiques RSE dans les achats menées par trois enseignes du secteur de l’ameublement. En prenant appui sur une analyse de la littérature relative au management responsable de la chaîne d’approvisionnement, sur une étude qualitative réalisée auprès de ces trois donneurs d’ordre et sur une enquête par questionnaire visant à interroger leurs fournisseurs, cette communication se propose de répondre aux questions suivantes : quels sont les facteurs explicatifs des politiques d’achats socialement responsables ? quels sont les changements apportés par ces démarches RSE chez les donneurs d’ordre et chez leurs sous-traitants ?
Les deux études réalisées font ressortir l’importance de deux facteurs explicatifs des politiques d'achats responsables, la recherche d’avantages et la culture organisationnelle, et confirment le rôle joué par le type de relation de sous-traitance pour l’intégration des fournisseurs dans la démarche RSE des donneurs d’ordre. L’étude comparative des trois enseignes fait également ressortir des différences importantes sur le plan des dispositifs RSE mis en place et des changements organisationnels apportés. Enfin, l’enquête par questionnaire montre que les démarches RSE des donneurs d’ordre ont entraîné des changements réels mais inégalement perçus côté fournisseurs et se sont accompagnés pour plus de 48,5% d’entre eux par une augmentation de leurs coûts.

Une fresque théorique pour le Management stratégique : Application au concept d'orientation entrepreneuriale.

L’élaboration d’un cadre d’analyse regroupant une analyse interne permise par la théorie des ressources et une analyse externe par la théorie basée sur la structure de l’industrie devient de plus en plus nécessaire en Management stratégique afin de dépasser les limites inhérentes aux deux approches. Une théorie intermédiaire s’impose afin de permettre une intégration définitive de ces deux grandes théories en stratégie. Pour ce faire, nous proposons une fresque théorique intégrant la prise en compte des compétences, capacités et connaissances combinant une analyse interne et externe pour un changement stratégique regroupant les ressources de l’entreprise ainsi que les stratégies d’adéquation à l’environnement.

En dépassant une des principales critiques faite à la RBV à savoir la nature des ressources trop large conduisant à l’avantage concurrentiel, nous proposons un modèle conceptuel qui se positionne sur le concept d’orientation entrepreneuriale (OE). Nous développons à cet effet les liens existant entre les éléments de la fresque théorique (compétences, capacités et connaissances) avec les dimensions de l’OE (innovation, prise de risque et pro activité) pour une meilleure prise en compte de l’industrie de la firme.
Dans l’optique de tester notre modèle, une méthodologie basée sur l’exploration théorique a été suggérée en raison de l’objet qui se propose de mettre en avant des résultats théoriques novateurs, ainsi que l’adoption de méthodes qualitatives car elles paraissent plus adéquates et plus efficaces à cet effet.

Le management à la lumière de Ricœur: entre justice et amour ? Une exploration des pratiques dans l’Ordre religieux des Dominicains.

Le management est aujourd’hui critiqué en tant qu’exercice du pouvoir, tout comme l’était plus tôt la bureaucratie. Le commandement par les règles formelles a cédé la place à la stimulation par le défi à relever, la performance à atteindre, l’implication à l’égard de l’organisation. L’individu gagnait en autonomie, en plaisir dans son travail, mais risquait aussi de s’impliquer de manière pathogène (i.e., dépendance au travail, épuisement), d’être trop sous l’emprise de l’organisation. A la lumière d’une lecture à partir du philosophe Paul Ricœur, ces évolutions semblent s’inscrire dans une tension entre deux logiques de pouvoir, le commandement par la règle et les statuts, et le commandement intérieur par le cœur : la justice et l’amour. Comment comprendre les difficultés du management au regard de la tension nécessaire, dans l’exercice du pouvoir, entre ces deux logiques ? Les critiques à l’égard des dérives de la bureaucratie et du management peuvent être lues comme le glissement de l’articulation entre justice et amour. Les organisations religieuses, comme celles de l’Ordre Dominicain, partagent avec les autres organisations des enjeux de coordination de l’action. Tout en évoluant, l’autorité formelle, les règles ou « Constitutions », y demeurent essentiels et assumés, tout autant que l’attention aux personnes. L’objectif de cet article est décrire cet exercice de l’autorité, l’articulation entre justice et amour et d’interroger sa spécificité par rapport aux théories et pratiques du management qui limité les contraintes explicites au profit d’une contrainte par l’adhésion à l’organisation et à ses défis.
La théorie enracinée a été utilisée pour analyser des entretiens avec des Dominicains, leur règle de fonctionnement et des textes qu’ils ont produits.
Il en résulte que le management des Dominicains articule la justice et l’amour, au service de la finalité de prédication. Des limites sont prévues dans les constitutions elles-mêmes quant à l’exercice de la justice. Ainsi, les constitutions peuvent évoluer. Des limites apparaissent aussi quant à l’espace laissé à l’amour comme l’exigence d’un tiers dans la prise de décision sous la forme d’une consultation. La règle elle-même organise le débat entre l’amour et la justice en laissant de l’autonomie à chaque échelon, en prévoyant des espaces de discussion, des votes et des élections avec une limite à deux mandats.
Les dispositifs de management articulent justice et amour. Peu se rattachent uniquement à l’amour ou uniquement à la justice. L’amour limite et complète la justice et donc l’accomplit. Chez les Dominicains, chaque être humain est considéré comme une personne valorisée. La justice limite l’amour. L’attention à l’autre est limitée par la prudence, la distance qui permet d’éviter l’injustice en faveur de l’un par rapport à un autre. Les Dominicains ont un modèle de management articulant justice et amour. Leur modèle montre qu’il est possible de dépasser les approches critiques du management. Alors que le management moderne se montre centré sur l’amour et cache le dispositif de justice, chez les Dominicains la règle est première et permet une ouverture vers l’amour.

Différencier les rôles des filiales d’une multinationale en matière d’innovation

La littérature en management international a mis en évidence les différents rôles que peuvent jouer les filiales au sein des firmes multinationales (FMN). Néanmoins, ces différentes typologies ne prennent pas en compte spécifiquement les processus d’innovation alors que l’optimisation du processus d’innovation à l’échelle globale de la FMN est un enjeu majeur pour leur compétitivité. Nous proposons ici un cadre théorique original s’appuyant sur la typologie de Bartlett et Ghoshal (1991), en différenciant les rôles des filiales composant une FMN selon deux dimensions clés constituées de plusieurs variables. La première dimension, que nous appelons « l’attrait de l’écosystème en matière d’innovation », permet de caractériser les effets liés aux spécificités de l’environnement local de la filiale (clients, concurrents, institutions…) et qui encourage l’innovation de façon plus ou moins attractive pour la FMN. La seconde dimension, appelée « capacités locales en innovation », précise les compétences locales d’une filiale en spécifiant les compétences permettant de générer et/ou prendre en main des innovations. Nous mobilisons ensuite ce cadre théorique pour analyser le cas d’une grande FMN française. Cela nous permet de caractériser quatre idéaux types de filiales. Deux idéaux types ont particulièrement retenu notre attention : les « Accelerator » et les « Potential new big ». En effet, les spécificités liées à leur double encastrement global/local leur donnent un rôle particulier dans le processus d’innovation des FMNs. L’ « Accelerator » peut être vue comme une filiale test ou « lead user » dans laquelle des innovations ciblées peuvent être développées rapidement du fait de compétences très spécifiques. Les « Potential new big » sont des filiales qui s’inscrivent dans le contexte de grands pays émergents dans lesquels le processus d’innovation de la firme doit être repensé à l’instar de l’ « innovation frugale ».

Eventail de capacités et résilience des entreprises en période de crise de longue durée

Cette recherche tente de comprendre comment certaines entreprises tunisiennes ont réussi à survivre dans le contexte mouvementé de transition démocratique caractérisant le pays depuis la fin 2010. La résilience des entreprises a essentiellement été analysée lors de crises violentes et ponctuelles. Dans de tels contextes, les chercheurs ont montré l’importance des capacités d’improvisation à partir des capacités possédées au sein du répertoire organisationnel de la firme. Cette improvisation consiste à développer des capacités d’absorption du choc et de renouvellement. Mais nous savons peu sur la résilience pendant des périodes longues de trouble. C’est pourquoi nous avons testé la transposition des résultats de recherche au cas de la crise tunisienne, à partir d’une analyse de 6 cas d’entreprises résilientes. Nos investigations tendent à montrer l’importance de deux capacités possédées, la prudence financière et le capital social de l’organisation. Si le cadre d’analyse de la résilience s’applique au cas d’une crise longue parsemée de chocs multiples et divers, notre recherche montre que la nature et l’éventail des capacités possédées et actionnées mérite d’être prise en compte pour comprendre la façon dont les entreprises font face à une succession d’événements menaçants.

La pré-appropriation d'un outil de gestion à l'hôpital

Cette recherche analyse la phase de pré-appropriation du processus d’introduction d’un outil de gestion, le benchmarking, dans un établissement de santé à partir d’une observation participante. Après une analyse chronologique des étapes de la pré-appropriation, une analyse par acteur est proposée. La perspective dominante lors de la pré-appropriation est socio-politique, mais d’autres dimensions sont également identifiées. Les acteurs les plus liés aux soins montrent une appropriation symbolique prégnante de l’outil qui permet de comparer des coûts non liés aux soins. Cette recherche permet de comprendre davantage la pré-appropriation, phase encore peu étudiée de l'appropriation des outils de gestion.

Les capacités dynamiques dans un contexte inter-organisationnel: une étude dans les réseaux territorialisés de la région PACA

Le but de ce papier est de montrer que la démarche abductive est nécessaire pour l’analyse et la compréhension des capacités dynamiques. La littérature sur le concept étant dense et la manière dont le concept est appréhendé théoriquement , ne nous permet pas de voir en quoi constitue réellement une capacité dynamique.
La capacité dynamique d’une entreprise est son aptitude à constamment modifier et faire évoluer ses ressources, ses compétences et ses processus (bonnes pratiques organisationnelles et managériales) afin de répondre aux exigences de son environnement, et d’être proactive vis-à-vis de celui-ci (eece et al., 1997 ; Eisenhardt et Martin, 2000 ; Teece, 2007). Cependant,il est constaté que le lien entre Capacités Dynamiques et relations inter-organisationnelles reste peu développé dans la littérature (Leoncini et Montresor, 2007). Pourtant, beaucoup d’auteurs connus dans l’approche par les ressources et compétences ont démontré l’importance des relations inter-organisationnelles. A titre d’exemple, nous pouvons citer Gulati, (1999), Dyer et Singh (1998) et Lavie (2006) sur les rentes relationnelles, et Häkansson (1993) qui a caractérisé le réseau comme un mécanisme pour développer des ressources. Josserand (2007) a aussi indiqué dans son article introductif que le réseau pouvait consister en une « trame de fond » pour développer des capacités dynamiques. Le réseau ayant des propriétés qui permettent des interactions entre individus et organisations.
Pour ces raisons, notre questionnement est de savoir si l’environnement réticulaire, de par ses caractéristiques structurelles et contextuelles, est propice au déploiement et à la création des capacités dynamiques pour les entreprises. Il s’agit de s’interroger sur les processus qui permettent le déploiement, la détection et la création de capacités dynamiques, de voir si elles opèrent individuellement ou en combinaison, et comprendre comment elles évoluent.
Aussi, nous nous interrogeons sur le caractère inter-organisationnel des capacités dynamiques. Peuvent-elles être construites ou émerger de l’interaction ? Pour répondre à ces questions, nous avons choisi de mener notre étude dans des Pôles de Compétitivité dans la région PACA. Les entretiens menés montrent la nécessité de prendre en compte les actions collectives initiées par les pôles et le rôle de la proximité (au sens large) comme leviers à la mise en œuvre des capacités dynamiques des entreprises adhérentes ou de construction des « capacités dynamiques réticulaires ». Des allers-retours entre le terrain et la théorie nous ont permis de mieux définir le concept et de mieux appréhender la réalité managériale. Nous mettons en évidence l’importance de procéder par abduction en nous fondant sur la méthode de Gioia et al., (2012), en présentant la méthode et en indiquant comment nous la mettons en œuvre pour notre étude.

Co-design : de l’organisation au service de l’innovation à l’innovation au service de l’organisation

De plus en plus d’organisations se tournent aujourd’hui vers des activités de conception collaborative, mieux connues sous le nom de co-design, pour concevoir de nouveaux produits, services, processus ou politiques publiques avec les usagers, employés, citoyens et autres parties prenantes (Sanders & Stappers 2008; Berger et al. 2005). La complexité des enjeux auxquels font face les organisations stimule le développement d’approches et de dispositifs capable de croiser les connaissances et d’orchestrer la diversité des perspectives nécessaires à l’émergence de solutions durables (Eisenhardt & Brown, 1998). Cet article empirique se penche sur l’étude des conditions initiales (contextes) du co-design. Plus précisément, il vise à répondre à la question suivante : quelles sont les caractéristiques des contextes dans lesquels émergent le co-design ? Une posture constructiviste de type «grounded-theory» (Glasser et Strauss, 1967) caractérise notre travail et nos choix méthodologiques pour mener à bien cette démarche ; l’article s’appuyant sur une méthode de cas multiples, à la fois rétrospectifs et actuels, dans lesquels sont étudiés les caractéristiques de 12 différents contextes. Est défendue ici l’hypothèse, comme fil conducteur et conviction profonde de ces recherches, que le co-design est plus qu’une bonne pratique de conception, mais gagne plutôt à être appréhendé comme une intervention à visée transformative qui permet de piloter un changement et de (re)créer des collectifs innovants. Finalement, nous proposons une taxonomie permettant de mieux qualifier les crises - de collectifs, connaissances ou compétences - dans lesquelles s’insèrent ces démarches de co-design.

L’impact de l’entreprise apprenante sur la performance des nouveaux produits et effets intermédiaires de la turbulence de l’environnement et de l’apprentissage organisationnel

Plusieurs auteurs postulent qu’au même moment que les connaissances deviennent une ressource stratégique pour les entreprises, l’apprentissage devient le processus le plus capital et le plus porteur dans la course à l’innovation et à la performance. Dès lors, la théorie des ressources fait de la capacité à activer les phénomènes d’apprentissage la base de la performance stratégique. Dans ce cadre, la réflexion sur l’entreprise apprenante a pour ambition de fournir un cadre organisationnel propice à l'apprentissage permanent à tous les niveaux. Il a été montré que le fonctionnement en entreprise apprenante affecte positivement la performance organisationnelle et ce via la capacité d’innovation. De même, des études stipulent que les performances réalisées ne sont que le reflet de l’efficacité et de l’efficience des processus d’apprentissage au sein de l’entreprise, et que l'apprentissage joue un rôle clé en permettant aux entreprises de rendre leurs processus d’innovation plus flexibles, plus rapides et plus efficaces. Ainsi, quelques auteurs (Baker et Sinkula, 1999 ; Alegre et Chiva, 2008) présument que l’EA est un cadre propice à la génération des innovations performantes des produits. Cependant, les études empiriques confortant cette relation sont plutôt rares. Ce papier s’inscrit dès lors comme une contribution à la mesure de ce lien entre entreprise apprenante et performance des nouveaux produits. Nous cherchons également à mettre au clair les effets intermédiaires joués par la turbulence de l’environnement des entreprises d’une part et par l’apprentissage organisationnel d’autre part, sur le lien en question.
En suivant une démarche quantitative, nous avons mobilisée la méthode des équations structurelles avec l’approche PLS (Partial Least Square) afin de tester nos hypothèses de recherche sur un échantillon de 100 entreprises françaises actives en biotechnologie. Les résultats montrent l’importance du fonctionnement en entreprise apprenante pour la génération des innovations performantes de produits. L’apprentissage organisationnel médiatise positivement la relation entre l’entreprise apprenante et la performance des nouveaux produits. Toutefois la turbulence de l’environnement n’a aucun impact sur cette relation.

Le « manager enquêteur » : apports d’une perspective attentionnelle aux situations de gestion

Comme le soulignent Journé & Raulet-Croset (2012), la notion de situation de gestion (Girin, 1990a, b) est particulièrement pertinente pour rendre compte des aspects émergents et dynamiques des situations gérées par les managers, marquées par l’ambiguïté, l’équivocité et l’incertitude. Pour y faire face et parvenir à appréhender au plus juste ce dont il retourne dans les situations, les managers mettent en œuvre un processus d’enquête (Dewey, 1993). Dans ce processus, l’attention du manager joue un rôle clé : pour détecter des anomalies, pour nourrir l’enquête en indices, pour identifier et qualifier les changements dans la tournure des évènements, etc. Or, l’attention est une ressource cruciale du manager en même temps qu’une ressource rare (Laroche, 2001 ; Ocasio, 1997). Cette attention est par ailleurs fortement sollicitée du fait de la brièveté, variété et fragmentation qui caractérisent le travail managérial (Stewart, 1967 ; Mintzberg, 2009). Dans ce contexte qui lui est propre, comment le manager peut-il mener à bien l’enquête lui permettant de résoudre les situations de gestion dont il a la responsabilité ?
En nous appuyant sur quatre vignettes empiriques présentant plusieurs situations de gestion issues du shadowing d’un manager, nous analysons le processus d’enquête au prisme de l’attention que le manager mobilise. Ces résultats apportent trois contributions à la littérature sur les situations de gestion : (1) le manager, loin d’être passif vis-à-vis des situations, les recherche activement en portant son attention sur des indices précis issus de son expérience de situations récurrentes ; (2) nous montrons qu’une des caractéristiques des enquêtes managériales est leur fragmentation, ce qui induit un travail d’agrégation par le manager des différents épisodes d’une enquête ; (3) en outre, une enquête ne se déroule jamais seule : dans son quotidien, le manager est engagé simultanément dans plusieurs situations. Une partie de l’activité managériale peut ainsi être appréhendée comme la conduite d’un flux de situations de gestion enchevêtrées.

REUSSITE ET ECHEC D’INSTITUTIONNALISATION DES DISPOSITIFS DE GESTION AU SEIN DES ORGANISATIONS : L’EFFET DES PRESSIONS EXTERNES ET LE ROLE DES ACTEURS

Influencés par les pressions externes, les organisations adoptent de plus en plus de dispositifs de gestion. Cette adoption est soutenue par des entrepreneurs institutionnels qui, du fait de leur position sociale, sont plus attentifs aux pressions globales de leur environnement. Ils se désencastrent et œuvrent ainsi pour conduire et accompagner l’adoption. Les autres acteurs qui restent encastrés et conditionnés par les anciennes institutions, résistent à ce changement. En mobilisant des ressources, leur réseau et leur pouvoir, les entrepreneurs institutionnels réussissent à convaincre les autres acteurs des avantages du changement et réussissent ainsi l’institutionnalisation du nouveau dispositif au sein de l’organisation.

LES AMBIGUÏTES DE LANGAGE COMME RESSORT DE LA STRATEGIE? UNE ETUDE EXPLORATOIRE AU SEIN DU GROUPE HOSPITALIER MUTUALISTE

L’objectif de cette communication, est, en étudiant le traitement des ambiguïtés de langage par les sciences de gestion, de déterminer dans quelle mesure il est possible de considérer ces dernières comme une ressource pour l’organisation. Le modèle dominant de la culture organisationnelle (Swildler, 1986) admet communément que la production langagière, et plus largement la culture d’entreprise constitue une ressource stratégique, car elle constitue un « ciment organisationnel » (Hafsi et Demers, 1997), source de cohésion du personnel et d’orientation de son comportement via des bibles ou projets d’entreprise. Cette conception majoritaire passe cependant sous silence la place prépondérante de l’ambiguïté, et plus particulièrement celle de l’ambiguïté de langage dans son analyse. Ce faisant, elle contribue à en évacuer le caractère transgressif et innovateur, pourtant indissociable d’un questionnement stratégique en termes de ressources.

Nous verrons dans la partie théorique, en nous centrant sur l’étude des ambiguïtés de langage au travers du modèle dominant, puis de deux modèles alternatifs de la culture d’entreprise, comment ces aspects, souvent considérés comme déviants par la direction, peuvent au contraire constituer une ressource pour l’organisation, si elles sont utilisées par les différentes parties prenantes pour élargir leur marge de manœuvre, et qu’elles donnent lieu à des pratiques innovantes (ou transgressives pour la direction), devenant peu à peu pérennes, formalisées et institutionnalisées (ou du moins admises par la direction).

Nous illustrerons cette optique à travers l’étude du groupe hospitalier mutualiste, constitué de six cliniques, dont cinq ont été rachetées entre 1996 et 2003. Afin d’étudier les ambiguïtés de langage, nous avons mené une analyse qualitative entre 2008 et 2009, auprès du personnel (une soixantaine d’entretiens), qui a donné lieu à une analyse de discours.
Nous montrerons comment l’émergence spontanée d’une communauté d’entraide entre blocs opératoires, construite sur la représentation d’une culture mutualiste comme mode d’organisation alternatif du travail, peut constituer une ressource idéelle à caractère stratégique, pouvant cependant être considérée comme transgressive par la direction.

Motion and Emotion: An Integrative Approach of Cognition and Emotion in IS Usage

In recognition of the importance of emotions as well as cognition in decision and behaviors of individuals, there has been growing interest and research on emotions in informational system (IS) literature. Studies incorporating emotions in IS literature have mainly considered discrete emotions such as anxiety and comfort, focusing on temporal reaction to changes. Moreover, most studies considered emotion effects in isolation from cognition effects. However, given the fact that emotion and cognition co-exist in influencing IS usage, integrating both emotion and cognition could give us a more comprehensive understanding of the drivers of IS usage. Therefore, adapting theories of cognitive appraisal and affective event theory, we propose an integrative model of emotion and cognition in IS usage. By doing so, this paper highlights the complementarity of these two constructs in IS usage.

Pécher par excès de confiance ? Illustrations par l’analyse du processus de création d’une coopérative d’activités et d’emploi

Les bienfaits de la confiance dans une relation de collaboration font l’objet de nombreuses études. Nous savons ainsi que la confiance se fonde sur quatre éléments : le calcul (Lorenz, 2001 ; Nielsen, 2004), la compétence, la bienveillance et l’intégrité (Mayer et al, 1995). Le processus de construction de la confiance permet également de comprendre le transfert de confiance entre le niveau interindividuel et le niveau interorganisationnel (Ring et Van de Ven, 1994 ; Schilke et Cook, 2013). Les méfaits de confiance sont plus rarement décrits. S’ils sont évoqués comme étant à l’origine de conflits et de rupture de confiance, leurs causes semblent peu attirer l’attention des chercheurs. Ce papier se donne donc pour objectif de questionner les effets de la confiance institutionnalisée, et notamment les mécanismes de reproduction automatique de la confiance entre partenaires.

Pour atteindre cet objectif, nous nous appuyons sur une étude de cas unique, dont les données qualitatives sont issues d’entretiens semi-dirigés. Les données sont analysées en recourant à une démarche abductive, et leur contenu est classé par thème. A travers cette analyse, nous proposons un historique des différents niveaux de collaborations à l’origine de la création et de l’échec de l’organisation étudiée, une coopérative d’activités et d’emploi d’échelle régionale. La décomposition temporelle (Langley, 1997) nous a permis de mettre en évidence la spécificité des relations interindividuelles et interorganisationnelles propres à cinq temps forts de la vie de la coopérative : le pré-projet, le développement, l’apparition de tensions, le changement de gérance et la liquidation. L’analyse en profondeur des effets induits, aux différents stades d’évolution de la CAE, par la confiance octroyée nous a conduits à identifier les mécanismes contribuant à dénaturer le processus de création de la confiance.

Ces mécanismes apparaissent comme étant autant de biais affectifs, cognitifs et conatifs qui agissent sur la phase de sélection et de contrôle du processus de création de la confiance. L’étude de cas a ainsi contribué à enrichir les connaissances sur les travers contre-productifs d’une relation fondée sur non plus sur de la confiance, mais sur un excès de confiance. La définition de l’excès de confiance est ainsi précisée, et les mécanismes à l’origine de son émergence dont détaillés. Ce papier présente comme principal résultat une remise en cause des bienfaits de la confiance idéale propre aux organisations claniques (Bornarel, 2007), celle-ci ne suffisant pas en soi à garantir la réussite des collaborations.

Les capacités dynamiques : un concept multidimensionnel en construction

L’approche par les capacités dynamiques ou la Dynamic Capability View (DCV) s’impose de plus en plus comme le cadre théorique de référence en ce qui concerne l’analyse de l’avantage concurrentiel durable des firmes. Initiée à la fin des années 1990 avec les travaux de Teece, Pisano et Shuen (Teece et Pisano, 1994; Teece et al., 1997), l’approche connaît un développement rapide. La prolifération des travaux scientifiques la concernant en témoigne. Si l’engouement pour le concept de capacité dynamique contribue fortement à son développement, notamment au sein du management stratégique, il suscite également un certain nombre de critiques. En effet, la DCV souffre d’un manque de clarté dans la définition de ses concepts qui entraîne de la confusion et des difficultés d’opérationnalisation. Ces critiques majeures remettent en question l’utilité du concept (Arend et Bromiley, 2009) en considérant que les phénomènes expliqués par la DCV peuvent l’être par d’autres approches déjà développées. Le soutien au développement de ce cadre théorique passe donc par un effort de synthèse des différents débats conceptuels ainsi qu’un travail de recentrage par rapport aux différentes approches théoriques qu’il mobilise (approche ressources et compétences, approche évolutionniste…). Fondé sur la littérature, cet article a pour objet de contribuer au développement du champ de recherche des capacités dynamiques en clarifiant ce que recouvre ce concept. Nous défendons l’idée que le caractère multidimensionnel et intégrateur des capacités dynamiques, lui permettant de développer une vision holiste d’un phénomène complexe, représente une vraie force d’explication. Cependant, il est nécessaire de souligner certaines limites et de proposer des perspectives d’amélioration, étant donné le stade de développement de l’approche.

The dynamics of ethical judgment: an essay of modelization

A growing body of research has been drawing on the sensemaking perspective in order to modelize ethical judgment. Nevertheless, these sensemaking models do not account for how sensemaking can further our conceptualisation of the evolution of ethical judgment over time. In this study, we build on an interview-based design to develop a process model that accounts for the dynamics of ethical judgment. We then identify the mechanisms and influences of this process. Finally, we discuss the practical implications of our findings for ethical decision-making and for the teaching of business ethics.

L’ambidextrie, un mode de gestion des paradoxes ? Une étude comparative de cas

Remplaçant la logique linéaire, rationnelle et prescrite, les paradoxes sont de plus en plus communément admis comme correspondant à une des formes centrales du management des organisations. Néanmoins, les modes de gestion de ceux-ci restent encore à préciser. La gestion par le dilemme (qui consiste à privilégier l’un des éléments du paradoxe) et la gestion par le compromis apparaissent comme des perspectives limitées. Cet article propose d’explorer la capacité de la notion d’ambidextrie à constituer un mode innovant de gestion des paradoxes. Après avoir distingué les différentes formes de l’ambidextrie (structurelle, temporelle, de réseau et contextuelle), cet article présente trois études de cas complémentaires portant sur la problématique des logiques habilitantes et contraignantes. La première souligne les limites de la gestion des paradoxes par le dilemme. Cet organisme de formation a choisi, dans son processus de transformation organisationnelle, de ne retenir que la dimension « contrainte » de ses outils de gestion. Les données recueillies montrent que cette gestion par le dilemme est déstabilisatrice et contre-productive pour les salariés. La seconde étude de cas met en évidence les difficultés de construire une forme stable de compromis. Cette entreprise pétrochimique a tenté de construire un compromis entre les dimensions contraignantes et habilitantes de son outil de gestion des compétences. A nouveau, les salariés déstabilisés demandent une clarification de la situation et éventuellement la création d’un nouvel outil. La troisième étude de cas réalisée dans une PME distributrice de légumes et de fruits issus de l’agriculture biologique montre que l’ambidextrie, saisie sous ses différentes formes, constitue une voie possible de gestion des paradoxes. Ces résultats permettent finalement d’engager des perspectives de discussion aussi bien sur la gestion des paradoxes que sur la notion d’ambidextrie.

Stratégie collective entrepreneuriale et capacités dynamiques

Ce travail s’inscrit dans la continuité des travaux menés sur les stratégies collectives entrepreneuriales (SCE) et s’intéresse aux capacités dynamiques de ces stratégies. Cette communication développe un double objectif : 1) Identifier le cadre des capacités dynamiques dans le cadre particulier des SCE en contexte de développement durable ; 2) Analyser les compétences développées par ces SCE dans le cadre des capacités dynamiques. Cette analyse permet de comprendre la précarité de certaines stratégies et propose des pistes de réflexion sur le management et l’animation des SCE. Dans un premier temps, nous allons nous intéresser à la littérature des SCE afin de comprendre quel est l’intérêt et le contexte et les caractéristiques cette stratégie. Puis, nous présenterons les compétences relatives aux capacités dynamiques des organisations. Dans un second temps, notre démarche méthodologique sera présentée autour des trois cas de SCEE que nous avons étudié de manière longitudinale sur 8 ans. Enfin, nous présenterons les résultats de l’étude en deux temps. Premièrement, nous présenterons le cadre des capacités dynamiques dans le cadre des SCE en contexte de développement durable.
Dans ce contexte particulier, les capacités dynamiques s’articulent à trois niveaux: individuel (PME-PMI), groupe et parties prenantes. Deuxièmement, nous présenterons les compétences relatives aux capacités dynamiques. Les capacités dynamiques des SCE sont liées à leur encastrement institutionnel et social. Cet encastrement permet de développement des autres compétences identifié par Teece (2007) : Savoir identifier les occasions d’affaires, savoir saisir les occasions, et savoir gérer.

“Not all multilingual teams are created equal”: Conceptualizing language diversity management

Language diversity is an inherent aspect of international work, and multinational companies have been described as multilingual communities by definition. Recent research has made progress in demonstrating the ways in which language diversity can affect teams and organizations by significantly influencing communication and knowledge-sharing, group dynamics, and power relations, all pointing to the necessity of organizations taking a strategic approach to language management. However, current research does not tell us much about which team language management practices are most effective for specific team configurations and organizational contexts. The aim of this paper is to contribute to fill this knowledge gap through a review of literature in order to build a conceptual model which lays groundwork for studying the connections between a multilingual team’s characteristics, the processes by which the team overcomes or deals with language barriers, and the team’s performance.
Language diversity can be compared with other kinds of diversity, differences among individuals which can play a role in organizational outcomes. We first examine the concept of language diversity and language management through the lens of diversity literature.
Teams can differ significantly in terms of their purpose, their composition, ways they interact, the duration of their collaboration, the institutional context in which they are embedded, and language management practices are to be adjusted to these team characteristics. As a secondary contribution of this paper, we propose the notion of team language configuration that is to say, the number of native and “foreign” languages present and the team members’ proficiency and experience in using them. The team language configuration is one aspect of the team’s characteristics to which a company’s approach to language management ought to be adjusted.
Anchored in diversity theory as well as in research on multicultural teams and in the growing body of work on language diversity in international management, this article then proposes a conceptual model. We aimed at developing a model that, when followed up with empirical studies will lead us to better understand: 1) whether certain language management practices are best suited to particular types of teams, in particular institutional contexts 2) how it is that that some teams handle language diversity more effectively and with a greater degree of satisfaction than others. This knowledge is important if research is to support team leaders and organizations in effective management of multilingual teams.

Boundary work et production de l’espace : le cas du théâtre subventionné français.

Au cours de ces dernières années le théâtre subventionné a été confronté à une triple crise : politique, sociale et esthétique. Pour tenter de sortir de cette impasse, certains acteurs remettent en question les postulats principaux du champ dans lesquels ils ne se retrouvent plus. Afin de pouvoir exprimer leur vision du théâtre subventionné, ils vont entamer un travail sur les frontières du champ organisationnel ou boundary work permettant d’intégrer -entre autres- de nouveaux types d’acteurs et de nouvelles pratiques. Ce travail se traduit directement par la création de nouveaux espaces au sein du champ. Quels sont les processus de production de l'espace mis en œuvre? Dans quelle mesure vont-ils modifier ou non les frontières du champ? Pour éclairer ce phénomène, la théorie de « la production de l’espace » d’Henri Lefebvre est mobilisée. Elle nous permet d’appréhender l’espace selon trois dimensions : l’espace conçu, vécu et perçu. Cette conception de l’espace nous permet d’aborder non seulement ses dimensions symboliques et cognitives mais surtout dans sa matérialité. Cette approche nous permettra de découvrir comment les tensions au sein d’un champ peuvent se refléter physiquement dans l’espace. Au niveau micro, les acteurs réclamant du changement évoluent dans des théâtres appelés « fabriques de culture » ou « lieux intermédiaires ». Ils vont se servir de ces théâtres en agissant sur leurs dimensions conçues, vécues et perçues. Ainsi, ils vont construire une démarcation entre eux et les lieux institutionnels. C’est grâce à ces théâtres que les acteurs inventent leur manière de pratiquer le théâtre subventionné. Au niveau meso, on constate que ces lieux intermédiaires deviennent des leviers à partir desquels les acteurs vont poursuivre leur travail de boundary work en travaillant le territoire qui les entoure. En effet, en développant leur propre territoire, les acteurs des lieux intermédiaires créent un rayon d’action différent de celui des acteurs du reste du champ.

La transmission d’une nouvelle expression artistique : le cas de l’académie du spectacle équestre de Versailles

La recherche en gestion des connaissances dans les entreprises s’est principalement centrée sur l’exploration des mondes industriels et les activités de recherche et développement (Paraponaris, Ermine, Guittard, et Lièvre, 2012). À l’expression des recherches autour des communautés de création (Cohendet et Simon, 2007; Grandadam, Simon, Marchadier, et Tremblay, 2010), peu de recherches se sont intéressées à la transmission des connaissances dans le cadre des activités de la création. Cet article explore une voie alternative des dispositifs de transmission : la formation des talents créatifs. Il s’appuie sur le cas de la formation des écuyers de l’académie du spectacle équestre de Versailles, une école de spectacle équestre créé par l'artiste Bartabas, qui s’inscrit dans la continuité des grandes écoles d’équitation tout en étant libérée des contraintes de la tradition équestre. L’originalité de l’approche de Bartabas est de mettre en contact l’écuyer avec des disciplines artistiques et sportives afin de développer sa propre sensibilité. L’analyse explore la transmission des connaissances à travers la relation entre l’artiste et son matériau qui passe par le développement de techniques et de la sensibilité du cavalier. Après la présentation et l’analyse de cette formation, nous discuterons les enseignements de cette formation: une mise en contact avec d’autres disciplines et des créateurs, une transmission dans la durée et un apprentissage en horizon incertain.

Transgression et régulation sociale - Le cas des artistes de la blanchisserie de l’hôpital C. Foix

L’objet de cet article est d’étudier les multiples stratégies mobilisées par un collectif d’artistes pour tenter de légitimer, instituer et maintenir leur présence au sein de l’espace de l’ancienne blanchisserie de l’hôpital Charles Foix. Nous mobilisons la théorie de la régulation sociale pour montrer en quoi la formalisation de l’informel ne peut se penser comme un phénomène linéaire, stable et homogène. Le formel et l’informel se constituent au regard de règles en permanente reconstruction et leurs existences, entre ombre et lumière, s’opèrent suivant des tactiques, des alliances et des négociations constantes et multiples. Cette étude de cas offre l’opportunité d’enrichir l’étude d’une régulation trop souvent considérée comme cohérente et homogène dans ses dimensions stratégiques et temporelles.

Vers un management des situations extrêmes

L'émergence d'une économie de l'innovation fondée sur la connaissance amène les managers à être confrontés à des situations extrêmes de gestion. Un manager doit affronter ce type de situation lorsqu'il pilote une action collective prenant la forme d'un projet, intensif en connaissance, dans un contexte évolutif, incertain et risqué. Nous explorons différentes pistes pour dégager des règles de gestion propres à cette classe de situation. Nous travaillons aussi bien sur des situations extrêmes de gestion voulues que subies, mais aussi des situations d’urgence et/ou de crise. Nous investissons différents terrains où des collectifs ont dû faire face à ce type de situation : expéditions polaires, services secours incendie, exploration spatiale… Nos résultats mettent en évidence trois registres qui doivent faire l’objet d’une attention soutenue de la part des managers : la construction du sens au sein des collectifs, les capacités d’ambidextrie organisationnelle et les dispositifs d’expansion des connaissances expérientielles et scientifiques. In fine, le management des situations extrêmes apparait comme le management des ruptures qui obligent à un apprentissage organisationnel. Nous sommes alors conduits à construire une théorie « sociale » de l’apprentissage dans les projets.

La conception de service innovant : le cas d'un modèle de mutualisation de services Ressources Humaines pour des PME et TPE

Les différents travaux sur la Gestion Stratégique des Ressources Humaines (GSRH) en PME mettent en évidence un besoin fort de ces dernières en expertise RH tout en n’ayant pas les moyens financiers de se l’offrir. Face au problème, en tant que Centre de Recherche, nous avons donc eu l’idée de proposer une nouvelle forme d’organisation : fédérer ces PME et leurs proposer des services RH mutualisés. Par mutualisation de services RH, nous entendons une mise en commun de moyens entre plusieurs PME pour accéder à des services peu ou pas accessibles individuellement.
Ce papier se propose de présenter et discuter le déploiement d’une méthode de conception de service innovant et durable appliquée à ce problème concret. Notre travail s’inscrit dans le cadre d’une recherche ingénierique, sur laquelle nous nous sommes appuyés pour concevoir et développer notre modèle de mutualisation de services en Ressources Humaines pour les PME et TPE luxembourgeoises. Nous avons pour cela déployé une méthode scientifique de conception de service innovant et durable, proposée et utilisée dans notre Centre de Recherche. Le modèle de mutualisation de services RH proposé est une approche complémentaire aux démarches existantes qui tentent de répondre au problème visé. Il est co-construit avec les différents acteurs : nous avons ainsi travaillé en coopération constante avec les différentes parties prenantes d’un tel projet, à savoir des entreprises clientes des services RH, les experts fournisseurs de ces services et différents organismes pouvant faciliter la coordination. Notre Centre de Recherche, en tant qu’organisme neutre, a coordonné le projet tout en analysant la valeur d’un tel modèle pour les différentes parties prenantes.
Ainsi, après avoir défini la notion retenue de PME, de RH en PME et de mutualisation de services RH, nous présentons la démarche générale de conception scientifique d’un service que nous utilisons dans notre Centre de Recherche, qui s’inspire des approches du Design Science. Nous nous attardons ensuite sur l’application de cette démarche dans la conception de notre service de mutualisation de services RH en PME. Enfin, nous terminons par une discussion en deux points : d’une part, sur les apports en termes de connaissances nécessaires à la compréhension du processus de mutualisation de services RH dans les PME et TPE, d’autre part sur la capitalisation sur l’expérimentation de la méthode scientifique proposée par notre Centre de Recherche

La satisfaction professionnelle, une ressource pour le stress entrepreneurial

Le processus entrepreneurial présente différentes retombées, parmi elles se trouve la
satisfaction professionnelle. Elle est considérée comme une conséquence qui contribue à compenser
les effets négatifs associés à l’entrepreneuriat. Les entrepreneurs reconnaissent que leur contexte
professionnel est éprouvant et qu’il les amènent à vivre des épisodes de stress professionnel. La
satisfaction professionnelle peut représenter une ressource capable de réduire les effets exercés par
les demandes professionnelles. Ces dernières engobent les stresseurs issus du contexte de travail.
Elles sont fortement associées à l’épuisement émotionnel. Les tensions de rôles font partie des
demandes professionnelles pertinentes chez les entrepreneurs. L’objectif de cette étude est
d’explorer le potentiel de la satisfaction professionnelle en tant que ressource entrepreneuriale.
Quatre hypothèses sont formulées pour y répondre. L’hypothèse centrale est celle de la modération
exercée par la satisfaction sur les effets des tensions de rôles sur l’épuisement émotionnel. Les trois
autres hypothèses sont celles qui représentent les effets induits par le conflit, l’ambiguïté et la
surcharge de rôles sur l’épuisement émotionnel de l’entrepreneur.
Une enquête en ligne rassemblant 280 entrepreneurs en France a été réalisée pour étudier les
relations entre les stresseurs de rôles et l’épuisement émotionnel. Les résultats permettent de valider
les hypothèses selon lesquelles le conflit, l’ambiguïté et la surcharge de rôles conduisent à
l’épuisement émotionnel. L’hypothèse de modération exercée par la satisfaction professionnelle
n’est que partiellement validée. Cette relation se confirme dans l’interaction entre l’ambiguïté de
rôles et la satisfaction professionnelle. La satisfaction professionnelle n’est donc pas la ressource
principale responsable de lutte contre le stress entrepreneurial et ses conséquences. Son importance
pourrait se trouver dans l’alimentation d’autres ressources qui auraient un pouvoir modérateur plus
important.
1Les tensions de rôles et l’épuisement émotionnel sont des conséquences néfastes du
processus entrepreneurial. Ils peuvent entraver son avancée mais aussi réduire les retombées
positives qu’il peut porter. La satisfaction professionnelle en tant que ressource entrepreneuriale ne
parvient pas à réduire les effets portés par le stress professionnel. À ce niveau les résultats
soutiennent l’idée selon laquelle le contexte professionnel des entrepreneurs affecte négativement
leur état de santé. Néanmoins, ils n’explicitent pas clairement le rôle de ressource de la satisfaction
professionnelle. De plus, d’autres recherches intégrant d’autres ressources potentielles sont
nécessaires

Performance des partenaires locaux dans les coentreprises internationales en Turquie : La notion d’asymétrie partenariale a-t-elle du sens ?

La question de l’asymétrie dans les alliances stratégiques continue à faire débat dans la littérature en management stratégique. Les effets des différences de profils stratégiques et organisationnels entre les partenaires sur les performances des coentreprises sont encore peu connus. Fondée sur une étude de 123 coentreprises internationales implantées en Turquie, nous analysons la performance perçue du partenaire local sous le prisme de l’asymétrie partenariale. Aucun lien significatif n’a été trouvé entre l’asymétrie des parents et la performance de la coentreprise internationale.

How can real options help define optimal timing in business model dynamics ? An application to the mobile telecommunications industry

When a disruptive technology emerges, it is difficult for the inventor as well as for incumbents to figure out the unique business model that will enable to fully realize the economic potential of the new technology. The literature has established that it is hardly possible to design the right business model from the outset, as firms do not have data on markets that do not exist. Rather, firms should conduct real experiments, and progressively refine their business model through “trial-and-error” learning.
However, little is said in the current research on how to conduct these experiments. Business model experimentation requires investment. In the case of a disruptive technology, the first investment required for the experimentation of the business model will be the costs generated by the market introduction of the new technology. The decision to launch the new technology is facing two issues:
(1) a timing issue: when the success of the business model depends on exogenous sources of uncertainty that are beyond the control of the innovative firm, is it better to launch the technology early, in order to experiment the business model ahead of the competitors, or should the firm better wait to avoid deploying a technology that will never take-off ?
(2) a scale issue: is it preferable to launch the technology and experiment the business model on a large scale to improve the fidelity of the test, or should the technology deployment rather take place on a limited scale in order to reduce the cost of the test ?

In this paper, we argue that real options can help to support decisions regarding the investment necessary for business model experimentation, and in first place regarding the deployment of the new technology. Compared to conventional discounted cash-flows (DCF) methods, real options are a more dynamic framework, which takes into account the value of flexibility that managers can use as uncertainty gets resolved.
We show that the timing issue in the technology deployment decision can be supported by calculating the value of the option to wait. This option takes into account exogenous sources of uncertainty, which affect the efficiency of the business model, yet are beyond the control of the innovative firm. The scale issue can be supported by calculating the value of the option to learn, which takes into account endogenous sources of uncertainty, which the innovative firm can resolve to fine-tune its business model.
We illustrate our findings with a case study in the European mobile telecommunications industry, whose dominant business model has been profoundly changed following the introduction of the 3G technology.

Strategising routines as the missing link between strategy practices and praxis

Strategy-as-practice (S-A-P) perspective aims at complementing process and content approaches of strategy by studying how specific communities (the practitioners) engage in strategic episodes (praxis) by drawing on socially accepted strategy practices, this process in turn leading to the change or reinforcement of practices. However, no study so far has tried to uncover how strategy practices are implemented within specific organisational settings, and how individual and collective praxis affect these implementation processes. In particular, the recursive link between strategy praxis and practices remains problematic.
In this paper, we propose to answer the question of their interactions with a theoretical discussion of the links between praxis, and practices, by introducing strategy routines as an intermediate level between praxis and practices. In doing so, we draw on the insights provided by the micro-approaches of organisational routines to complement the S-A-P perspective. Our paper provides a conceptual model of the interactions between strategy praxis, routines and practices. It explains why and at which conditions the performative aspects of strategising routines can be associated with collective and repeated strategy praxis; and why and at which conditions their ostensive aspects can be associated with a situated understanding of a particular strategy practice. It also argue that strategy routines result from praxis’ institutionalisation and from practices’ appropriation, and gives insights on how those processes unfold.
This research contributes to the current debates on the search for micro-foundations in strategy (Whittington, 2006a) and routines (Felin and Foss, 2011). It also addresses the need, within the S-A-P perspective, for exploring how strategy practices are instantiated in particular organisations rather than in individual praxis.

Les politiques de promotion sociale en question : conditions d'efficacité et perspectives pour de nouveaux modèles de "carrières positives"

La crise de ce qui est couramment appelé l' "ascenseur social" revient régulièrement dans les médias. Elle interroge les politiques de RSE et de manière plus générale les modèles de cohésion sociale des grandes entreprises dans un contexte mêlant crise de l'emploi, allongement des carrières, problématiques d'intensification du travail et de santé. Deux grands types d'institution influent particulièrement sur le devenir professionnel des individus : l'école et l'entreprise. Le rôle de l'entreprise a été traditionnellement suivi à travers l'évolution de la composition de la catégorie des "cadres". En France le terme de "promotion sociale" est resté très associé aux pratiques de promotion interne de cadres. Si des enquêtes de grande envergure décrivent l'évolution d'ensemble et sectorielle de la promotion sociale, elles ne permettent pas de distinguer les mouvements et leurs explications au niveau d'une entreprise dans le temps. Or la compréhension de la composition de facteurs pluriels qui peuvent influer sur les résultats des politiques de promotion sociale est très structurante pour comprendre la capacité des entreprises à les inscrire dans leurs politiques de RSE et de performance économique.
L'objectif de notre communication est d'appréhender l'évolution de la promotion sociale au niveau d'une entreprise. Dans quelle mesure et à quelles conditions les entreprises peuvent-elles agir sur la promotion sociale de leurs salariés ? Nous souhaitons ainsi expliquer la manière dont une politique de promotion sociale prend corps ou au contraire est freinée. Afin d'appréhender un phénomène multifactoriel, nous adoptons une démarche de modélisation puis de simulation. Nous élaborons un modèle qui s'appuie sur la théorie des files d'attente et dont le choix des paramètres a été élaboré à partir d'une étude approfondie d'une grande entreprise française. Dans un second temps, nous procédons à des simulations afin de montrer des effets stylisés du phénomène.
Un premier résultat est de proposer une modélisation à 4 dimensions (structure hiérarchique de l'entreprise, répartition de la couverture des besoins d'encadrement entre recrutement et promotion, durée des carrières et volume de recrutement au niveau exécutant) et 3 paramètres (les 3 premières dimensions). Les simulations permettent de montrer le fort conditionnement de la réussite d'une politique de promotion sociale par l'espace d'encadrement disponible par rapport au facteur d'allongement de carrière. La compensation d'une éventuelle diminution de la structure d'encadrement par une augmentation de la part de promotions demande d'autant plus d'efforts que le niveau d'encadrement initial est faible.
Nos résultats explicitent ainsi les conditions historiques de réussite des politiques de promotion sociale. Ils invitent également à ouvrir un nouvel agenda de recherche autour de modèles de "carrières positives" qui enrichissent et renouvellent les possibilités de mobilité des niveaux d'exécution dans les grandes entreprises.

Peut-on planifier l'innovation ? Influence des stratégies formalisées sur l'innovation dans les PME françaises

Nous nous interrogeons sur l’influence de la formalisation de la stratégie sur la capacité des entreprises à développer des innovations. Dans un premier temps, nous cherchons à déterminer, ou rappeler, quels peuvent être les facteurs explicatifs de la mise en place d’une stratégie délibérée. Dans un second temps, nous nous attachons à déterminer dans quelle mesure cette formalisation est susceptible d’influer à son tour sur les innovations de produit ou de procédé. Nous testons nos hypothèses sur un vaste échantillon de 644 PME ayant répondu à une enquête par questionnaire dans la région Rhône-Alpes. Les résultats montrent que la mobilisation d'un large éventail d'intervenants, l'expérience du dirigeant et la taille de l'entreprise agissent positivement sur le caractère délibéré des stratégies. Le caractère délibéré influe à son tour positivement sur l'émergence des innovations de produit. Les innovations de procédé, en revanche, sont plus marginalement influencées dans le même sens : c’est le cas des innovations de procédé en matière de fabrication, à l’inverse de celles qui concernent la logistique et l'approvisionnement. Nous discutons les implications de ces résultats.

Breaking the Outsourcing Path: An Exploratory Study of Generative Mechanisms of Backsourcing Process

This article aims at contributing to the development of theories of the firm by answering the question about how firms can switch from one mode of governance to the other, despite organizational rigidities. In particular, given the strong adoption of outsourcing among firms, we choose to explore the mechanisms that enable firms to reintegrate activities that have been previously outsourced, or in other words to backsource activities.

We draw our research on transaction cost economics, capabilities-based view of the firm and organization theories. Using the case study methodology, we have analysed processes related to the backsourcing of Information Technology activities in two large firms of the telecommunications and housing industries. The studies show that in presence of organizational rigidities, backsourcing processes can be broken down into four consecutive phases: the firm lock-in in outsourcing; the creation of a deadlock situation; the constrained partial backsourcing; and the deliberate deployment of backsourcing. In final, the studies shed lights on the intertwined actions of context, structure and individuals in the definition of firm boundaries.

L’apport des capacités dynamiques relationnelles à l’évaluation des modes de gouvernance du partenariat « sourcing »

Quelles sont les capacités dynamiques relationnelles qui permettent d’évaluer les modes de gouvernance d’une stratégie d’affaires basée sur le partenariat en matière de « sourcing ? Cette interrogation appelle un questionnement sur la nature et la description de capacités distinctives que doivent mobiliser les partenaires. Cette interrogation, posée par projet important d’évaluation des pratiques de « sourcing », entre 2004 et 2005, au sein d’un Groupe Industriel International de l’Aéronautique, a conduit à délimiter le cadre de la RBV, et à formuler un modèle de recherche offrant une Vue basée sur les Capacités Dynamiques (VSD). Ce modèle est formalisé par une conception de la Gouvernance du Partenariat d’Affaires empruntées aux travaux en Marketing Relationnel. Il emprunte et adapte la VCD aux capacités relationnelles introduites par une triple gouvernance des relations de partenariat, de communication et de pouvoir, dans un contexte réel de « sourcing ». La mise à l’épreuve du terrain de ce modèle fait l’objet (1) de trois hypothèses partielles destinées au test des trois sous-structures de gouvernance, et (2) d’une hypothèse générale destinée au test de la structure du modèle et de son « fit » aux données. La mise à l’épreuve des données (1) recueillies auprès d’un échantillon de 93 entreprises clientes du Groupe, et (2) traitées avec des méthodes statistiques de 1ère et 2ème génération (équations structurelles sous AMOS 18.0), confirme la validité et la fiabilité des variables de recherche et les trois niveaux de gouvernance, ainsi que celle d’une structure optimale du modèle et des poids significatifs des capacités dynamique relationnelles étudiées. Les résultats confortent les prémisses de recherche établis par la théorie basée sur les ressources, et son orientation « capacités dynamiques », pour décrire les trois modes de gouvfernance. Ils ouvrent la voie à de futures orientations de recherche dans les domaines de l’évaluation des conséquences de transformations organisationnelles, de modification de modèle d’affaires, de restructuration d’activités et de conduite du changement.

Mobiliser le territoire créatif pour stimuler la créativité organisationnelle : Un nouvel enjeu pour les PME

Pour développer leur inventivité, et trouver de bons partenaires, la littérature récente en stratégie montre que les entreprises, et particulièrement les PME, doivent s’ouvrir sur leur environnement. Ainsi, les entreprises adoptent de plus en plus un modèle d’innovation ouvert en utilisant des sources externes d’information, ce qui est d’autant plus crucial pour une PME qui est limitée en ressources. Le territoire créatif au sens de Florida (2002, 2005) mérite alors d’être articulé à ces conclusions. En effet, cet auteur défend l’idée que la compétitivité d’un territoire passe par la créativité de sa population ; cela implique l’existence d’une richesse et d’un dynamisme de la vie artistique locale, ce qui maintient, attire et créé une force de travail productive et adaptable. Trois niveaux créatifs coexistent sur un territoire : l’upperground (la partie visible du territoire créatif avec les organisations institutionnelles et les travailleurs des secteurs technologiques, de l’art/culture, et de l’éducation), l’underground (les personnes engagées de manière informelle dans des activités créatives comme la peinture, le design, l’art et le divertissement), et le middleground (les collectifs/associations regroupant ces personnes).
Ainsi, deux propositions sont construites puis étudiées à travers une étude de cas. La première souligne que le territoire créatif est une opportunité pour les PME de développer de multiples relations avec des acteurs innovants et ainsi de développer leur créativité. La seconde avance que, pour que la créativité des PME soit stimulée, le territoire créatif rend visible aux PME les trois niveaux du territoire créatif et leurs interactions.
Ces propositions sont instruites à travers une étude de cas prenant place sur le territoire de Saint-Etienne Métropole, labellisé « ville créative design » par l’UNESCO. Nous étudions précisément un dispositif institutionnel original, le « Concours Design Concept». Ainsi, nous considérons quatre projets en compétition où des PME locales, des designers et des clusters coopèrent dans la création d’un nouveau produit. Ce travail met en avant plusieurs résultats, comme l’importance pour les acteurs de rester vigilants sur plusieurs aspects, tels que la forme du dispositif institutionnel mobilisé (un concours ou non), la clarté des règles du jeu tout au long des relations, l’existence de relations de confiance au préalable, ou encore la formalisation du partage de la propriété intellectuelle. Enfin, nous soulignons l’importance de définir la créativité organisationnelle au regard du contexte, ce qui explique, entre autres, la difficulté de proposer un outil de mesure de ce concept.

Territoire, légitimité et entreprise mutualiste

Cette communication s’attache à comprendre comment la notion de territoire est mobilisée dans les stratégies de légitimation de l’entreprise mutualiste. Le travail se situe dans l’approche de la légitimité et de la territorialisation via les proximités. A l’issue d’une analyse de contenu d’un discours prononcé par les présidents de trois grandes firmes mutualistes, nous dégageons : 1) les modalités de la légitimité selon lesquelles le territoire est mobilisé ; 2) une stratégie de territorialisation mutualiste ; 3) des stratégies de mobilisation du territoire propre à chacune des entreprises en fonction de sa stratégie de légitimation.

Le manager et son supérieur : Méfiance, confiance négative ou confiance positive ? Les trajectoires de relations managériales

Alors que les managers constituent une figure centrale des organisations, ils sont souvent vus comme déconnectés de leur hiérarchie. Or, ils ont des supérieurs. Cette communication se fixe pour objectif d’aborder la construction de la relation entre le manager et son supérieur à partir d’une démarche qualitative, ce qui nous permettra de réinterroger la théorie Leader-Member Exchange (LMX). Cette dernière est fréquemment retenue pour modéliser les relations entre supérieurs et subordonnés, elle démontre que qualité et dynamique par phases de la relation hiérarchique sont liées. Les tenants de cette approche ont principalement mobilisé des approches quantitatives pour aborder cette question. L’approche qualitative choisie repose sur des entretiens semi-directifs avec vingt-six managers d’organisations, de niveaux hiérarchiques et de fonctions variés. Un codage multithématique a été réalisé. L’analyse des entretiens montre que quatre phases peuvent apparaitre dans la construction de la relation entre un manager et son supérieur, avec des points de basculement éventuels de l’une à l’autre : (1) la phase de mise en route et d’apprentissage (durant laquelle le manager met en place des stratégies permettant de réduire l’incertitude quant aux attentes souvent floues du supérieur sur les tâches à accomplir et sur le mode de fonctionnement) ; (2) la phase d’établissement d’une confiance que nous qualifions de négative (caractérisée par des interactions peu fréquentes et peu développées, un feedback inexistant et un investissement minimal du manager dans la relation) ou d’une confiance que nous qualifions de positive (relation riche et auto-entretenue, se développant souvent sur le plan affectif et bien vécue par le manager) ; (3) une phase éventuelle de détérioration de la confiance (conduisant à de la méfiance ou à une confiance négative) et (4) une phase éventuelle de retour à la confiance. Ces différentes trajectoires conduisent à des qualités de relation différentes, ce qui nous permettra de mettre en évidence l’existence de trois groupes de subordonnés. Nous enrichissons la théorie LMX en montrant que la construction de la relation entre un supérieur et un subordonné n’est pas aussi linéaire que la théorie LMX le laisse supposer et qu’il y aurait trois, et non pas deux, groupes de subordonnés. Ces résultats sont synthétisés sous la forme de propositions.

Le rôle des compétences sociales dans le développement du capital social entrepreneurial et l’accès aux ressources externes clés. Essai de validation empirique

Le capital social constitue un outil pertinent non seulement pour développer le réseau de relations sociales que détient l’entrepreneur avec les parties prenantes clés au développement de son entreprise nouvellement créée, mais également pour favoriser son accès aux ressources externes stratégiques, à savoir le financement et les informations requises.
Or, la rareté des recherches consacrées aux antécédents du capital social entrepreneurial nous a interpellés et amenés à tenter d’approfondir notre appréhension du processus par lequel l’entrepreneur pourrait contribuer à faire perdurer son entreprise nouvelle. Il serait donc judicieux de porter une attention particulière aux facteurs qui sont susceptibles de faciliter la formation et le développement du capital social entrepreneurial.
Une étude menée auprès de 120 entrepreneurs de Sociétés de Services et d’Ingénierie Informatique-SSII- tunisiennes illustre le rôle que jouent les compétences sociales de l’entrepreneur dans le développement de son capital social entrepreneurial (découlant d’un réseau de relations étendu, riche en liens faibles et non redondants) propice à un accès plus facile aux informations et au financement requis. Ces compétences sociales renferment le management de l’impression via la valorisation d’autrui, la persuasion sociale et l’intelligence émotionnelle de soi.

Interaction of Economic and Social Factors in Strategic Legitimation of New Ventures

In this paper we explore the phenomenon of strategic legitimation of new ventures. We depart from two assumptions: firstly, that legitimacy is an intangible resource that affects organizations’ opportunities to establish resource exchange relations with external actors; secondly, that new ventures suffering from liabilities of newness and smallness are in particular need for this resource. Given that the entry requirements vary for resource exchange relations of different nature, we focus on legitimacy conferred by a specific audience, namely potential technology collaborators of a new venture. Looking at legitimacy as a product of social judgment, we explore in search of particular strategies new ventures could implement in order to manage the social judgment. Assuming different judgmental processes underlying cognitive and sociopolitical types of legitimacy, we therefore assume two broad veins by which legitimacy is conferred. We adopted the grounded theory approach to collect and analyze interview data from founders and executives of thirty-five small and medium enterprises operating in telecommunication industry sector in France. We discover that, first, new ventures gradually expand available variety of choices of legitimation strategies as their resources and success record accumulate. Second, there is a discernable pattern of priority among these strategies of legitimation. Third, a number of company- and network-specific variables affect the availability and choice of a specific legitimation strategy. Fourth, the strategies of legitimation applied by new ventures are each consistent with a specific social role an organization defines for itself. Overall, our findings highlight a potential for fruitful integration of social role theory into the discussion of organizational legitimacy.

Relations ONG/entreprises: vers de nouvelles formes de coopérations génératrices d'innovations sociétales

Cette recherche a pour objectif d’étudier en quoi la RSE peut constituer un cadre de collaboration participative entre entreprises et ONG. Au-delà de l’analyse des partenariats classiques engendrant des bénéfices pour les deux parties, la réflexion porte sur l’émergence de nouvelles formes de coopération entre les secteurs privés, publics et les ONG, dans la mouvance du social business, visant à inclure les populations les plus vulnérables dans des activités économiques soutenables, bénéfiques pour l’ensemble de la collectivité.
Notre étude s’appuie sur une revue de la littérature académique et institutionnelle française et anglo-saxonne portant sur le thème de RSE et plus spécifiquement sur celui les relations ONG-entreprises La démarche de recherche qualitative comprend deux volets : le premier consistant à analyser des données secondaires issues de sites internet d’ONG afin de proposer une typologie des différentes formes de relations entre entreprises et ONG, le deuxième reposant sur une observation participante au sein de plusieurs ONG en Europe et en Amérique du Sud permettant d’illustrer par des cas concrets des formes innovantes de partenariats multi-parties prenantes dans le cadre de projets de développement.

Fêter son anniversaire ; une manière, pour l’entreprise familiale, de voir et donner à voir son temps comme une ressource.

Il s’agit ici de comprendre comment une ressource intangible devient visible pour une entreprise au point d’en faire un véritable avantage concurrentiel. A cette fin nous interrogeons la théorie des ressources sur l’identification et le développement des ressources de l’entreprise. Le terrain d’observation que nous retenons pour étudier cette question est l’entreprise familiale. Ce modèle d’entreprises a été choisi compte tenu du fait qu’on lui reconnaît une très bonne résilience face à la crise ce qui donne à penser qu’elles disposent d’avantages concurrentiels certains eu égard aux entreprises managériales. A travers un événement a priori banal, à savoir la fête d’anniversaire, nous proposons d’examiner comment les entreprises en général et familiales en particulier peuvent identifier et développer une ressource intangible. Le cas de deux entreprises familiales de 4ème et 5ème génération qui ont fêté leur anniversaire de 100 ans est étudié. La fête d’anniversaire permet aux entreprises familiales de donner une visibilité et donc une valeur à leur âge et implicitement à la vieillesse vue ici comme une preuve de résistance face aux difficultés, à l’inverse de l’homme. La fête d’anniversaire de l’entreprise familiale donnerait une certaine éternité à ces hommes et ses femmes, qui eux sont mortels. Ce serait un moyen de donner tort à la notion de cycle de vie. En même temps la fête d’anniversaire de l’entreprise familiale permet de combiner l’histoire de l’entreprise en tant qu’institution avec celle de la famille fondatrice et propriétaire et celle de ses salariés. Elle participe donc a renforcer le familiness qui est lui-même reconnu comme une ressource par la littérature sur les facteurs de pérennité des entreprises familiales. En observant la fête d’anniversaire de l’entreprise familiale on a pu voir que pour identifier une ou des ressources et les développer il faut que l’entreprise agisse dans ce sens. Les ressources peuvent être là mais il faut que l’entreprise décide de les activer pour les rendre tangibles, visibles pour elle comme institution mais aussi pour les différents acteurs qui sont en lien direct et indirect avec elle. Il faut donc une démarche volontariste.

From hybrid to schizophrenic categories: emerging market categories as battlefields for status and meaning.

Market categories have attracted considerable interest over the last few years. However, as the literature has mostly focused on the disciplining role of existing categories, it faces difficulty to explain the emergence and transformation of market categories. Accordingly, this article focuses on the negotiation of meaning and status of an emerging market category in the camera industry: mirrorless interchangeable lens cameras (MILC). MILC emerged in 2008, as an hybrid between the two institutionalized categories in the camera market: compact cameras (typically cheap, compact, and easy to use) and reflex cameras (typically more expensive, better quality, bigger, and meant for expert users). Despite considerable initial interest of audiences for the emergent category, and considerable investment in R&D and marketing from different manufacturers, the category lags behinds industry expectations, and remains weakly institutionalized.
To analyse the difficulty to institutionalize the new market category, we link the concepts of status, framing, and category currency, and introduce the notion of category schizophrenia. We show that emerging market categories constitute arenas of competition, where manufacturers try to frame the meaning and status of the category according to their own status and interests in the field. In the absence of institutional forces, this process leads to increasing dissonance and heterogeneity within the category. In the case of the MILC category, this process leads to a situation that we call category schizophrenia, where audiences face increasing difficulties to make sense of the frontiers, meaning and identity of the category.
We make different contributions to the literature. First, by exploring how actors struggle to frame the status of emerging categories, we unveil the political issues inherent in the emergence of new market categories. Secondly, we discuss the generality of the notion of category schizophrenia and its link to category emergence and dissolution. Last, we discuss the implications of this perspective for both innovation management and research on market categories.

Analyser les activités coopératives pour concevoir les instruments de gestion : Application à un centre de traitement des appels d'urgence médicale

Les instruments de gestion qui portent les indicateurs sont généralement orientés vers les résultats et principalement quantitatifs. Cela pose des problèmes au regard de l’activité réellement déployée par les acteurs. Il y a donc un besoin de concevoir des instruments de gestion davantage orientés activités. Cette communication se propose de mobiliser les enseignements de l’ergonomie de langue française et du courant du Travail Coopératif Assisté par Ordinateur (Computer-Supported Cooperative Work) pour analyser l’activité et pour concevoir des outils adaptés. Nous nous appuierons sur un travail en cours qui étudie les activités coopératives en situation d’urgence, au centre d’appels du SAMU 91. Nous montrerons le décalage entre le travail prescrit et le travail réellement mis en œuvre par les opérateurs, notamment au travers du concept d’intelligibilité mutuelle. Nous proposerons enfin des pistes pour la conception d’un outil de gestion adapté aux activités coopératives dans ce centre d’appels.

Alliance Employment Mode, Characteristics of External Human Capital and Firm Performance

This work contributes to advancement of the theory of human capital allocation and development by examining of relation between human capital employment modes and firm performance. Using the resource orchestration and HR architecture framework, this paper conceptualizes the contribution of external human capital in alliance employment mode to competitive advantage. We suggest that the relationship between the alliance employment mode and firm performance depends on the characteristics of external human capital flows: the volume of human capital stocks engaged in interaction and the half-life of specialized knowledge. Selected cases from hospitality industry, intensive in human capital, illustrate attributes how alliance employment mode can vary and when they may provide the necessary value isolating mechanisms for competitive advantage. When external human capital has the characteristics cited, an alliance employment mode can contribute to competitive advantage. In the contrary case, the conditions are insufficient for alliance employment mode to become a source of superior firm performance.

LA SYNERGIE ENTRE IE ET KM : UNE NOUVELLE PERSPECTIVE POUR L’AMELIORATION DE LA CAPACITE D’ABSORPTION DE L’ORGANISATION

Aujourd’hui, dans un environnement en pleine mutation, la gestion des actifs intangibles est devenue un immense défi pour l’organisation afin de créer de la valeur et maintenir leur avantage compétitif (Teece et al. 1997). De nombreuses entreprises se sont vu obligées, durant ces vingt dernières années, d'abandonner les vieux modèles et d'adopter de nouvelles démarches capables d’absorber les informations et les connaissances dispersées. Le processus d’absorption de l’information interne et externe est devenu une condition de survie dans un environnement incertain. Malgré une littérature abondante sur la capacité d’absorption, une ambiguïté théorique demeure en ce qui concerne la spécification de sa définition et la délimitation de ses dimensions. L'objectif de cette recherche est de contribuer à cette littérature sur la capacité d'absorption. Nous montrons que la complémentarité entre l’IE et le KM permettent l’amélioration la capacité d’absorption.

Facteurs clé de succès du transfert de technologie Inter-Firm

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