Communications par thème > Tiers-Lieux : Les nouveaux lieux de l’innovation ?

Étude exploratoire des Tiers-Lieux comme dispositif d'incubation libre et ouvert de projet

C'est article présente les Tiers-Lieux comme des dispositifs permettant le partage de savoirs, la mutualisation de ressources et la création collective de biens communs pour favoriser la résolution de problèmes de société. Il interroge en filigrane la transférabilité des systèmes de partage et de co-création propres au monde du logiciel libre pour la conception, la création et la production de nouveaux produits ou services à valeur ajoutée.

L'évolution actuelle dans le champ de la recherche en entrepreneuriat tend à prendre en considération la dimension sociale de l'acte d'entreprendre. L'angle purement technique et mécanique est délaissé au profit d'une approche prenant en compte des facteurs intangibles tel que l'apprentissage collectif, le travail en réseau, l'exploration et la part d'inconnue inhérente à l'acte de création. Cet variation justifie l'attention portée actuellement sur certains types de dispositifs émergents tels que les espaces de travail collectif/collaboratif et par extension les Tiers-Lieux. Cependant il existe un amalgame terminologique entre les espaces de travail collectif/collaboratif et les Tiers-Lieux. En effet, si initialement le terme Tiers-Lieu a été introduit pour commenter la naissance de nouveaux lieux, intermédiaires entre le domicile et le travail, adaptés à un style de vie urbain, individualisés et mobiles, la constitution d'un réseau francophone des Tiers-Lieux offre de nouveaux éléments. L'observation du parcours de création de ce réseau, de son mode de travail ainsi que l'analyse de son document manifeste, permet d'affiner la compréhension de ce concept et de ses modalités d'applications. Il apparaît ainsi qu'un lien ténu relie les Tiers-Lieux et le monde du libre notamment au niveau des licences et dans la manière dont les savoirs intègrent un patrimoine informationnel commun sur lequel tout un chacun peut s'appuyer.

A partir de ces données, cet article analyse une expérience menée autour et par les Tiers-Lieux à Saint-Etienne sur l'accompagnement de projets entrepreneuriaux et associatifs dans une logique libre et ouverte. Cette expérience vise a générer de nouvelles valeurs en articulant les ressources préexistantes d'un territoire autour de situations collaborative de travail et d'un même système d'information. L'étude du cas d'un entrepreneur, relate la manière dont, par les Tiers-Lieux, les porteurs de projets parviennent à s'organiser en réseau et à consolider un socle commun de savoir sur lequel ils s’appuient pour ensuite développer leurs propres produits ou services. Cette approche évoque éminemment les pratiques de création et de production à l’œuvre dans le champs des technologies libre. Elle offre également un axe de réflexion original sur la manière dont les Tiers-Lieux peuvent permettre aux organisations privées, publiques et associatives de repenser leurs approches stratégiques à l’aune des transformations qu’opèrent les technologies numériques sur notre société.

Institutional innovation practices of cluster governance. A comparative analysis of French innovation clusters

Governance is an issue often neglected by studies on clusters even though recent empirical studies point out the potential role of cluster governance in the creation and integration of innovation networks within cluster. However, no insight is provided as to how, concretely, cluster governance manages to sustain innovation. Drawing on the concept of institutional work, we develop an integrative framework of institutional practices that cluster governance can implement to create a specific environment conducive to institutional dynamics and enhanced collaboration for innovation. Three levers – political, normative and cognitive – and 8 sets of institutional innovation practices are suggested. We apply this conceptual grid to the comparative analysis of three French innovation clusters: one technopole and two competitiveness clusters. The findings show that 1) the three cluster governances activate all institutional levers but with a high variation of intensity and engagement, and 2) the differences in intensity match the innovative performance of the clusters.

Construire l’évaluation d’un réseau de tiers-lieux : le cas du dispositif « Initiative Télécentres »

Deux orientations semblent se dégager dans l’étude des espaces collaboratifs de travail, qu’il s’agisse de tiers-lieux, espaces de coworking, ou télécentres. La première a pour objet d’analyser l’émergence de nouvelles pratiques de travail, et les relations entre parties prenantes dans la structuration, la gouvernance et l’animation de ces espaces. La seconde orientation met l’accent sur les effets induits de ces espaces sur les territoires où ils sont implantés, que cela soit sous l’angle de l’innovation, de l’attractivité économique, ou bien encore du développement durable. Cette communication se situe à la frontière entre ces deux approches, en proposant une analyse de la démarche d’évaluation poursuivie dans la constitution d’un réseau de tiers-lieux. Elle s’appuie sur une recherche-intervention menée auprès d’une association loi 1901 accompagnant la création de tiers-lieux sous forme de télécentres sur un territoire. A la demande faite par cet acteur d’un outil permettant de procéder à une évaluation de la performance des télécentres, nous répondons par la proposition de développement d’un tableau de bord visant à réconcilier la diversité des objectifs poursuivis par les différentes parties prenantes, en l’articulant par une démarche de type balanced scorecard. En nous centrant sur un acteur à la fois en position de « chef de file » dans le développement du réseau, et pour autant dénué de véritable pouvoir décisionnel sur les parties prenantes, nous mettons en évidence un triple intérêt de l’instrumentation de gestion dans le pilotage de la performance. A des fins de communication externe, l’existence d’une évaluation permet de rendre visible l’intérêt des télécentres et d’élargir le réseau à de nouveaux partenaires susceptibles de le renforcer. Ensuite, pour l’acteur accompagnateur du développement des tiers-lieux sur le territoire, elle permet d’asseoir la légitimité de son action auprès de l’ensemble des parties prenantes. Enfin, pour les membres du réseau associés dans la mise en place des télécentres, elle contribue à la définition d’objectifs communs.

Exploring the everyday life of entrepreneurs in a coworking space

We examine how a collective workspace hosting entrepreneurs may influence their practices and sustain the development of their ventures. We use the conception of space as a social process introduced by Hall (1966) and combine the perspective of entrepreneurs who located their business in such a workspace with that of the designers. We conducted a qualitative and inductive case analysis of a coworking space for social entrepreneurs in Paris. We propose a model differentiating three components: physical place – mode of operation – hosted population and show how these components jointly contribute to the development of collaborative relations and facilitate access to external resources for the companies located in such a workspace.

Les pôles de compétitivité en tant que vecteur de création des connaissances : Cas du pôle véhicule du futur

Cet article étudie le rôle des pôles de compétitivités en matière de création des connaissances. L’analyse porte sur la procédure de labellisation des projets collaboratifs d’innovation (PCI). Cette procédure structurante de l’activité des pôles permet d’identifier et de caractériser les connaissances créées ou transférées au cours de chacune des étapes de la procédure. L’approche conceptuelle adoptée se base sur les travaux de Nonaka et Takeuchi. L’approche empirique porte sur le pôle véhicule du futur. Dans le cadre de ce pôle plusieurs entretiens ont été menés avec différents acteurs intervenant au niveau de la procédure de labellisation. Ces entretiens ont permis de bien cerner le déroulement de la procédure, de bien identifier les acteurs les interfaces et leurs rôles et surtout de représenter la dynamique de création des connaissances. Compte tenu des interactions entre ces acteurs, il ressort de cette analyse que la connaissance au début se crée de manière aléatoire dans les réseaux, elle est plus tacite et évolue vers une forme plus explicite tout au long de la labellisation. Ainsi, les connaissances supportées par les projets se transforment en suivant un cycle qui débute par la socialisation se poursuit par l’externalisation et s’achève par la combinaison. Nous montrons que l’internalisation n’apparait pas dans ce cycle car les conditions de son expression ne sont pas réunies.