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Jeanblanc Pierre, Verdie Jean-françois
Des stratégies de rupture à l’hypercompétition. Une analyse du groupe André dans l’industrie des biens d’équipement de la personne

Auteur

Pierre JEANBLANC

Jean-François VERDIE

Résumé

L'observation du contexte concurrentiel de la plupart des secteurs vient remettre en question le paradigme classique de l’économie industrielle selon lequel, au sein d’une industrie, le comportement des acteurs, régulé par le marché en fonction des caractéristiques propres à cette industrie, détermine l’émergence de structures qui doivent contribuer à maximiser le niveau de performances micro-économiques des firmes et, du même coup, le niveau de performance macro-économique des nations.

En effet, la situation économique des pays de la Triade ne cesse de se dégrader. Aucun état ne parvient à véritablement endiguer le chômage. Les déséquilibres budgétaires ne peuvent être réduits que par augmentation de la fiscalité et réduction des dépenses des nations, ce qui se traduit notamment par une remise en question des acquis sociaux. Si l’offre augmente qualitativement et quantitativement, elle ne trouve face à elle qu’une demande timide et anxieuse, c’est-à-dire limitée par une propension à épargner excessive. Nous semblons être dans une situation paradoxale dans laquelle la valeur créée par les firmes pour leurs clients n’a jamais été aussi forte, mais dans laquelle les modes de création de cette valeur engendrent les conditions d’une non consommation.

Si les stratégies de croissance mises en oeuvre par les firmes de l’après-guerre ont engendré du progrès économique et social jusque dans les années 80, il semble que celles des firmes de la décennie 90 contribuent largement à une dégradation du niveau de performance macroéconomique.

L’explication qui nous semble la plus cohérente - ce qui constitue l'objet de cette recherche - réside dans le fait que les nouvelles approches de la stratégie ont permis à des entreprises de pénétrer des secteurs oligopolistiques en brisant les barrières à l’entrée érigées par les firmes en place mais ne leur ont pas permis de valoriser d’avantages suffisamment significatifs pour déboucher sur un nouvel équilibre de marché.