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Haddadj Slimane
Si je trouve un successeur je meurs, si je ne trouve pas de successeur je meurs aussi

Auteur

Slimane HADDADJ

Résumé

C'est en août 1989 que nous nous sommes rendus pour la première fois à la SICAMI, et cette première visite a été suivie d'entretiens successifs avec les acteurs et les témoins des événements qui ont marqué cette entreprise jusqu'en 1995. Puisque les études qui interrogent les acteurs et les témoins de la scène successorale sont rares (Bauer 1993), la nôtre va tenter de mettre en relief la façon dont l'entreprise ayant servi à notre étude a vécu sa succession.

Pour explorer les discours des divers acteurs de la succession - discours qui constituent la toile de fond de notre étude - nous avons interrogé - sans prétendre à l'exhaustivité - les personnes ayant vécu cet événement de l'intérieur et qui sont restés dans l'entreprise après le départ du fondateur. Nous faisons allusion au dirigeant-repreneur de l'entreprise, monsieur Audily, à trois des membres de la nouvelle équipe dirigeante, ainsi qu'à neuf salariés. Nous avons également donné la parole à des acteurs que l'on ne retrouve quasiment jamais après que la succession s'est réalisée et qui pourtant ont occupé ici, à divers degrés, un rôle durant l'étape de la transmission (et aussi bien avant celle-ci). Ces acteurs sont le fondateur de l'entreprise (monsieur Piovalano) ainsi que deux de ses trois enfants (Bernard et Alexandra). Ensuite, pour avoir une vision externe de la SICAMI, nous avons interrogé des acteurs externes à cette entreprise, qui, pourtant ont un rôle influent tant auprès des repreneurs qu'auprès de celui qui a cédé l'entreprise. Nous faisons allusion en l'occurrence à la B.N.P, à l'une de ses filiales spécialisée dans la transmission de P.M.E (la BANEXI). et au C.E.P.M.E.

La diversité des informations recueillies auprès des différents acteurs permet de rendre plus riche l'analyse des événements qui ont marqué une entreprise, et elle permet surtout de ne pas privilégier le discours unique du dirigeant. Dans notre étude, lorsque des contradictions sont apparues dans les discours des personnes interrogées nous avons utilisé (non pas pour les effacer mais au contraire pour mieux les saisir dans leur contexte) les propos des uns pour retourner demander un complément d'information aux autres, ce qui nous a permis, en affûtant nos entretiens au fur et à mesure des rencontres, de restituer la réalité. Dans la mesure où chaque acteur et témoin organisationnel possède son propre vécu, il n'était pas question pour nous de poser les mêmes questions à chacun, ce qui aurait été au détriment de la pertinence de notre analyse. Ne sachant pas par avance ce que nous allions découvrir, notre véritable questionnement s'est forgé au fur et à mesure de notre investigation sur le terrain. C'est pour cela que notre étude rapporte des faits qui sont confirmés par d'autres acteurs et témoins de la succession de la SICAMI, mais elle peut également faire apparaître des discours qui se contredisent ; c'est certainement le prix à payer si l'on ne veut pas se contenter de contes de fées.