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Amburgey Terry, Arregle Jean-luc, Dacin Tina
Rôle des routines organisationnelles dans le développement des réseaux d'entreprises : une application aux alliances

Auteur

Jean-Luc ARREGLE

Terry AMBURGEY

Tina DACIN

Résumé

Face aux changements de l’environnement et de la dynamique de la concurrence, de nouvelles formes d’organisation ont été avancées pour répondre à ces nouveaux défis. Dans les différentes solutions proposées, les modes d’organisation (entreprise virtuelle, constellation, entreprise réseau...) basés sur des coopérations interentreprises se sont fortement développés mettant, par la même occasion, en avant ces mécanismes de coopération tels que les alliances.

Ceci se traduit par le fait que, à présent, il est possible de considérer que « les choix de coordination des activités et des transactions économiques et industrielles ne se posent pas en termes d’alternative entre marché et hiérarchie mais par référence à trois solutions de base : marché, hiérarchie et coopération entre firmes » (Desreumaux, 1996, p. 89).

Accompagnant l’essor des alliances auprès des entreprises (Dussauge et Garrette, 1991 ; Menguzzato et Renau Piqueras, 1992 ; Hagedoorn, 1993), les recherches sur ce thème ont connu un essor important (Noël et Zhang, 1993). D’un point de vue conceptuel, elles se sont appuyées sur plusieurs théories : les coûts de transaction (Hennart, 1988), la dépendance de ressources (Pfeffer et Nowak, 1976), la théorie des jeux (Parkhe, 1993), les systèmes sociaux (Gulati, 1995) ou encore l’apprentissage organisationnel (Teece, 1986).

Pour la plupart de ces travaux, l’alliance correspond à la mise en oeuvre d’un objectif stratégique (Dussauge, 1990 ; Koenig, 1990 ; Doz, 1996) clairement défini, l’alliance est un moyen de le réaliser parmi d’autres.

Parmi les travaux récents, les alliances ont été abordées avec une perspective différente s’intéressant plus à des caractéristiques du réseau d’alliances comme sa forme, la position de l’entreprise ou les relations de pouvoir et de dépendance (Puthod, 1996) ... L’intérêt se porte moins sur l’étude de l’objectif stratégique poursuivie dans l’alliance que sur sa mise en œuvre et sur les effets induits par le réseau d’alliés.

Par exemple, cette approche à mis en avant l’importance de la confiance (Gulati, 1995a ; Gulati 1995b ; Ring et Van de Ven, 1992) entre partenaires pour expliquer la nature et le développement des alliances. Le contexte social dans lequel deux partenaires ont développé des alliances a un impact sur le développement de futures alliances.

Cette dimension joue donc un rôle pour expliquer le nombre d’alliances (contractuelles ou non) que deux partenaires feront, ainsi que la forme de l’alliance. Elle fournit des informations sur l’évolution et la structure des réseaux d’entreprises et sur les liens, directs et indirects, qui peuvent s’y développer.

Selon une approche similaire visant à mettre en avant la dimension organisationnelle et s’intéressant à la structure du réseau, nous proposons d’utiliser l’approche basée sur les ressources pour étudier les relations entre les routines organisationnelles des entreprises et le réseau d’alliances.