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Bonardi Jean-philippe
Processus de marché et rôle de l’entrepreneur : l’apport de l’école autrichienne au management stratégique

Auteur

Jean-Philippe BONARDI

Résumé

Au sein de la littérature concernant la théorie économique de la firme, le « néoinstitutionnalisme » est aujourd’hui communément utilisé pour qualifier toutes les approches se démarquant du corpus néo-classique. Il est toutefois surprenant que ce terme ne soit le plus souvent compris que comme une filiation avec l’institutionnalisme américain de Veblen (1919) ou Commons (1934). En effet, si les institutionnalistes américains s’appuient bel et bien sur une critique de l’approche néo-classique, ils dénigrent aussi toute forme de théorie en économie, préférant une approche historiciste où l’introduction des institutions rend toute causalité relative à une période donnée (Langlois, 1991). L’étude comparative des institutions fondée sur l’analyse économique remonte en fait à Adam Smith (1776), bien plus qu’aux institutionnalistes américains. Or, les seuls économistes de la période moderne à reprendre le programme de recherche de Smith furent ceux de l’Ecole autrichienne (Vaughn, 1990). Il semble alors important d’étudier ce courant de recherche, dont les apports n’ont pas encore été totalement exploités.

[…]

L’objectif de cet article n’est toutefois pas de mettre en lumière l’injuste oubli de la contribution autrichienne dans les développements actuels concernant la théorie de la firme, mais plutôt de montrer en quoi elle permet de les enrichir. Les auteurs en management stratégique ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, un certain nombre d’articles récents se réclamant explicitement de l’Ecole autrichienne (Jacobson, 1992 ; Hill et Deeds, 1996 ; Young, Smith et Grimm, 1996). Peu de ces travaux tentent pourtant d’exploiter complètement ses apports, qui permettent de dépasser certaines limites des approches modernes de la firme (coûts de transaction, théorie de l’agence, théorie de la ressource, économie évolutionniste,...).