Communications non classées

Accompagnement entrepreneurial et construction des facteurs clés de succès

Auteur

Gérard A.Kokou DOKOU

 

Résumé

Les études qualitatives et statistiques de l'OCDE et de l'APCE (OCDE, 1998; APCE, 1998) confirment le nécessaire et évident besoin d'accompagnement des jeunes entreprises et montrent, par ailleurs, que l'accompagnement tous azimuts n'est pas suffisant. En effet, le terreau de la création, représenté par "l'écosystème", peut obscurcir la voie de l'accompagnement efficace de par la pléthore de ses composantes et produire "l'effet massue" au lieu du levier à la création. Il en résulte une nécessaire sélection parmi les organismes d'aide à la création. Cette sélection doit allier impérativement le besoin de suppléer aux insuffisances de compétences du créateur à la représentation personnelle que se fait celui-ci de son entreprise et de sa trajectoire de réussite. Autrement, l'accompagnement s'inscrit dans un processus d'apprentissage individualisé de l'entrepreneuriat. Dès lors, il est possible de déduire de chaque situation, les déterminants spécifiques de réussite de la création: soient les facteurs clés de succès (FCS). Au travers de ceux-ci, il est possible d’établir une meilleure connaissance des besoins d’accompagnement des créateurs. Finalement, une telle connaissance conduit progressivement à une démarche d’aide type en matière d’accompagnement à la création d’entreprise.

Telles sont les conclusions que dégage l'étude qualitative de ce papier, faite sur 64 entreprises du Littoral Dunkerquois (Nord de la France) de moins d'un an à plus de trois ans réparties entre l'industrie (13), le commerce (36) et les services (15). Elle montre que l'accompagnement aide à la maîtrise de 5 obstacles (à la création) de type stratégique, administratif, financier, marketing et de gestion du personnel. Les structures d'accompagnement appropriées étant les structures institutionnelles, bancaires, familiales et consultatives. Le croisement de ces différents éléments combinés aux attributs et valeurs personnelles des dirigeants a permis d'établir une typologie de 6 classes d'entrepreneurs avec des FCS spécifiques, en fonction des pratiques d’accompagnement observées.

Agressivité concurrentielle, taille de l’entreprise et performances

Auteur

Frédéric LE ROY

 

Résumé

Dans de nombreuses études récentes, centrées sur les grandes entreprises, il est considéré que les entreprises les plus performantes sont celles qui se comportent de façon agressive avec leurs concurrents. L’objet de cette recherche est d’évaluer si cette proposition normative est valable quelque soit la taille de l’entreprise. Plusieurs hypothèses de recherche sont proposées et testées sur un échantillon de 105 entreprises industrielles. Le résultat le plus important de l’étude empirique est le suivant : pour les entreprises de petite taille, plus l'agressivité des concurrents est forte et plus l'agressivité de l'entreprise est forte, plus les performances sont faibles.

Alliances et processus de croissance internationale des firmes : le cas de l’hôtellerie

Auteur

Faouzi BENSEBAA

 

Résumé

Cet article considère la place des alliances dans le processus de croissance internationale des firmes hôtelières. Il examine, dans un premier temps, la nature et les caractéristiques des alliances dans le secteur du tourisme. Dans un second temps, il étudie l’importance de la dimension internationale dans la croissance des firmes hôtelières et les différentes formes des alliances qu’elles établissent. Les résultats, obtenus au moyen de l’observation sur quatre années (1996-1999) des comportements des cinq premières entreprises hôtelières internationales (Cendant Corporations, Bass Hotels & Resorts, Marriott International, Accor et Choice Hotel International), indiquent que la croissance conjointe des firmes hôtelières repose sur cinq types d’alliances : la franchise, le contrat de gestion, la joint-venture, les accords commerciaux, la prise de participation minoritaire. Les firmes étudiées semblent cependant privilégier la franchise, la joint-venture et dans une moindre mesure le contrat de gestion. Les résultats laisseraient entendre ainsi que l’élargissement de l’espace géographique stratégique peut être obtenu par la mise en place de démarches contractuelles, ne nécessitant pas d’engagements financiers significatifs et risqués.

Analyse comparée de méthodes de Gestion des connaissances pour une approche managériale

Auteur

Françoise BARTHELME-TRAPP

Béatrice VINCENT

 

Résumé

La gestion des connaissances est un domaine encore peu formalisé dans les sciences de gestion. Développée au travers de démarches pragmatiques, elle recouvre aujourd’hui un vaste ensemble de méthodes, d’outils et de pratiques organisationnelles. Au travers d’une présentation des principales démarches opérationnelles mises en oeuvre en France à la fin de la dernière décennie, il est possible de souligner l’intérêt et les objectifs mais surtout les difficultés, limites et risques d’un management des connaissances au sein d’une entreprise. Au premier rang de ces derniers, on trouve l'impossibilité de dissocier la connaissance de son application et la nécessité d'intégrer la dynamique dans cette gestion. Cette analyse nous conduit à proposer le développement d'une analyse transversale orientée par des objectifs manageriaux, apte à fonder le développement de nouveaux modèles de gestion des connaissances.

Apports et limites des programmes de recherche aux sciences de gestion

Auteur

Julie TIXIER

Thomas JEANJEAN

 

Résumé

Dans cet article, nous étudions la méthodologie des programmes de recherche de Lakatos (1978) et ses apports aux sciences sociales et en particulier à la recherche en gestion. Notre objectif est triple. Il s'agit d’abord de préciser la nature des programmes de recherche, de les critiquer et de les situer par rapport aux thèses défendues par Popper, Feyerabend et Kuhn. Par ailleurs, nous étudions la transférabilité de la méthodologie de Lakatos aux sciences sociales. Enfin, nous analysons l’intérêt des programmes de recherche pour l’épistémologie de la recherche en gestion.

L'esprit de la méthodologie (refus de condamner un programme de recherche dégénératif, acceptation de noyaux durs métaphysiques, acceptation et revendication de la pluralité des courants de recherche, …), plus que sa description par Lakatos, nous semble important pour la recherche en gestion. De plus, nous suggérons quelques adaptations au schéma théorique de Lakatos pour tenir compte des spécificités des sciences sociales (redéfinition de l’heuristique positive, programmes de recherche complémentaires).

Cohérence épistémologique et recherche en management stratégique

Auteur

Sandra CHARREIRE

Isabelle HUAULT

 

Résumé

L’objectif de cet article est de s’interroger sur la cohérence entre les pratiques de recherche en management stratégique et le positionnement constructiviste revendiqué. Dans cette perspective, une analyse de seize thèses de doctorat est proposée. La difficulté de cette posture épistémologique est mise en évidence puis discutée grâce à l'analyse de la démarche de recherche, de l'instrumentation utilisée, et du statut des connaissances ainsi produites.

Comment expliquer les stratégies de diffusion volontaire d’informations environnementales ? Une lecture du cas de la COGEMA à travers le cadre de la théorie de la légitimation

Auteur

Nicolas ANTHEAUME

 

Résumé

Parmi les cadres théoriques mobilisés pour expliquer la diffusion volontaire d'informations environnementales, nous proposons d’utiliser celui de la théorie de la légitimation et de l'appliquer au cas de la Cogema, entreprise de retraitement de combustibles nucléaires. Après avoir identifié les thèmes sur lesquels la légitimité de cette entreprise est mise en cause, nous analysons les stratégies de légitimation qu'elle poursuit dans les rapports annuels et le rapport environnement publié sur la période 1997-1999.

Comment le profil des compétences est-il lié à la persistance de l’avantage concurrentiel? Les leçons d’une étude empirique

Auteur

Grégory DENGLOS

 

Résumé

Dans cette recherche, nous avons choisi de nous intéresser aux facteurs déterminant la pérennité d’un avantage concurrentiel au sein du secteur très concurrentiel qu'est l'informatique par le biais d'une approche centrée sur les ressources. Après avoir indiqué les limites d'une explication de la disparité des profits par la structure de concentration des marchés, nous montrons que les organisations informatiques peuvent obtenir un avantage concurrentiel persistant lorsque leurs compétences ont pour propriété d'être complexes - spécialisées, transverses et combinées - ou spécifiques - fondées sur le partage de l’expérience-.

Compétences centrales : Premier pas vers une définition opérationnelle

Auteur

Emmanuelle REYNAUD

 

Résumé

Cet article propose une opérationalisation du concept de compétences centrales. Les ouvrages ou les articles méthodologiques (Evrard, Pras et Roux, 00) soulignent la nécessité d’opérationalisation des concepts pour permettre la mesure. Les concepts en général et les compétences centrales en particulier se trouvent à un niveau théorique et ne sont donc pas des phénomènes directement observables. L’étude d’une relation théorique entre deux concepts non observables (ex : les compétences centrales et la performance) est alors estimée par l’étude de la relation empirique entre les dimensions de ces deux concepts. Trouver les dimensions d’un concept permet donc de rendre le phénomène mesurable.

La stratégie basée sur les ressources connaît un intérêt croissant. De nombreuses études s’intéressent aux multiples avantages concurrentiels (Barney 86b, Barney et Hansen 94 ; Rowell et Dent-Micalleff 97) ou aux sources de diversification (Chatterjee et Wernerfelt 91, Markides et Williamson 96) qui en découlent. Les recherches portent, ainsi, davantage sur l’exploitation des compétences que sur leur identification. Pourtant cette phase est autant cruciale que difficile. Afin de faciliter cette première étape, il convient de repérer les caractéristiques des compétences. Il s’agit là, selon Wernerfelt (95), d’une étape clé pour le développement de l’approche resource-based : « Afin de rendre plus opérationnelle l’approche resource-based, nous devons dessiner le contour des ressources avec plus de précisions. » Si des recherches ont déjà permis de spécifier certains aspects des actifs stratégiques (Barney 86, Dierickx et Cool 89, Reed et de Fillippi 90), peu ont opté pour une approche synthétique. Or, « la théorie a besoin de quelques définitions concrètes ». (Black et Boal 94, p 132) C’est pourquoi, cette étude basée sur quatre-vingt articles de la littérature a mis en évidence les dimensions des compétences centrales que voici […].

Concept de « géostratégie » de l’entreprise

Auteur

Paul SIMION

 

Résumé

Le concept de géostratégie appliqué à l’entreprise dispose d’éléments clés lui permettant une clé de lecture heuristique et originale des modalités de genèse des stratégies d’entreprise. Les facteurs d’analyse géographiques abordés avec certains des concepts et des théories de la stratégie sont divers (couverture géographique, saisonnalité, localisation, et ressources diverses) ; ils permettent notamment d’appréhender les stratégies d’internationalisation et de globalisation des entreprises. D’autres corpus, tels que l’économie géographique, les champs de la géographie, ou l’économie des firmes apportent aussi leur contribution, mais sans suffisamment répondre à la l’hypothèse géographique. De plus, la mondialisation joue le rôle d’accélérateur de la prise en compte des données de l’espace géographique et de la répartition des ressources au niveau de l’entreprise. La dialectique qui s’opère entre les éléments du triptyque - élaboration stratégique, facteurs d’environnement et géographie, et construction cognitive des dirigeants - est l’objet même de la géostratégie d’entreprise. Notre préoccupation concerne plus particulièrement le niveau pertinent de raisonnement stratégique et de développement de l’entreprise de type PME en intégrant des facteurs géographiques. Ces entreprises sont souvent condamnées à opter pour des stratégies de survie. Le « géostratège » doit effectuer des choix pour un « champ de bataille » spécifique répondant à quelques principes maximisant les types de marchés, les ressources géographiques, la logistique, le pilotage, et les types de concurrences. Ainsi différents facteurs paradigmatiques peuvent expliciter le concept de géostratégie d’entreprise : son caractère holistique, sa force prospective, son produit spécifique, et sa nature dynamique.

Configuration et coordination des activités internationales de Recherche-Développement

Auteur

Patrice HOUDAYER

Frédéric FONTANE

 

Résumé

Cet article tend à démontrer la pertinence de l’application du modèle développé par Porter (1986) en matière de stratégie internationale aux activités de Recherche-Développement (R-D). De fait, s’il est généralement admis de la pertinence de différents modèles en matière de stratégie internationale (Porter, 1986 ; Prahalad & Doz, 1987 ; Bartlett & Ghoshal, 1987…), de trop rares études empiriques ont été réalisées pour confirmer ou infirmer ces approches. Dans le but de pouvoir identifier les quatre types de stratégie internationale en R-D, les deux axes (coordination et configuration de la R-D) ont été opérationnalisés. Ainsi, la principale question de recherche de cet article est d’identifier la stratégie internationale en R-D en fonction du continuum configuration/coordination.

Il a ensuite été réalisé une analyse empirique sur 127 entreprises internationales correspondant à 1527 centres de R-D répartis à travers le monde. Cette analyse met en oeuvre une analyse factorielle (Analyse en Composantes Principales) et une analyse typologique dans le but d’identifier la typologie proposée en matière de stratégie internationale de R-D (Exportation, Multidomestique, Globale Simple et Globales Complexe).

Les résultats démontrent qu’il est possible de distinguer quatre types de stratégies internationales en R-D. Cette distinction est réalisée grâce à l’identification des variables suivantes : les méthodes de gestion internationale en R-D, l’interaction entre les centres locaux de R-D et les autres fonctions des entreprises étudiées, le rôle des différentes directions de l’entreprise dans la définition des objectifs de R-D et des budgets alloués ainsi que le degré de liberté accordé aux unités locales de R-D.

Construire et défendre une ressource intangible par l’action managériale : Le cas de la Grande Cuisine Française

Auteur

Rodolphe DURAND

Phillipe MONIN

Hayagreeva RAO

 

Résumé

La recherche sur le Courant des Ressources a démontré sa qualité à enrichir l’explication de problématiques stratégiques par rapport aux théories antérieures, principalement économistes et positionnistes. En revanche, elle a glosé sur l’origine des ressources. Dans cet article, nous cherchons à expliquer comment des managers, à partir de leurs actions concrètes, et mobilisant des ressources basiques, imitables et substituables, créent, puis défendent une ressource unique des plus intangibles : la réputation.

La recherche porte sur l’Industrie de la Grande Cuisine française, entre 1968 et 1997, et concerne tous les chefs étoilés au Guide Michelin. Nous formulons un ensemble d’hypothèses expliquant la promotion – gain d’une étoile – ou le déclassement – perte d’une étoile, par l’activation par les chefs de ressources techniques, physiques et institutionnelles. Les résultats empiriques sont robustes, et les hypothèses sont validées dans leur ensemble. Les résultats montrent l’impact différencié des trois types de ressources sur la promotion ou le déclassement des chefs. Ils montrent aussi l’asymétrie dans la dynamique de l’amélioration, et de la décrépitude, de la ressource. Nous discutons de ces résultats. In fine, cet examen attentif, sur une longue période, de l’influence d’actions managériales concrètes sur l’amélioration et la décrépitude d’une ressource intangible, constitue l’une des premières contributions à la compréhension des mécanismes à l’origine des ressources.

Contrôle et stratégie en situation d’incertitude. Le cas du sport spectacle

Auteur

Lionel TOUCHAIS

 

Résumé

L’incertitude, qui traduit l’ignorance des événements à venir, est croissante dans notre société en perpétuelle évolution. Elle appelle des réponses stratégiques particulières. L’organisation a notamment le choix entre les principales attitudes suivantes : rester passif, être acteur de son environnement (notion de proaction) ou chercher à s’y adapter grâce à une capacité de prévision efficace (prospection) et de réaction rapide. Le contrôle de gestion étant un outil devant garantir la mise en oeuvre de la stratégie, on peut se demander s’il répond aux impératifs stratégiques qui découlent de ces nouvelles conditions environnementales et de quelles manières. Son efficacité dépendant de sa capacité à induire l’action appropriée, on peut également s’interroger sur sa pertinence dans un contexte où la définition et la mise en oeuvre de la stratégie s’avèrent plus problématiques. En situation d’incertitude, son rôle principal n’est-il pas plutôt de contribuer à la formation de la stratégie émergente ?

Le sport spectacle, en raison de résultats financiers qui dépendent fortement des performances sportives jamais acquises avant la fin de la compétition, constitue un terrain d’étude intéressant. L’analyse s’appuie sur des monographies portant sur cinq clubs français de football professionnel de première et deuxième divisions.

Cet article montre que leur système de contrôle intègre, de manière sélective, les différents comportements stratégiques retenus par l’organisation pour faire face à un tel contexte. Par ailleurs, même si le contrôle de gestion remplit toujours les deux rôles qui lui sont dévolus (sauf pour la D2), il semblerait qu’un des deux soit prépondérant selon le degré d’incertitude de l’organisation et plus précisément le niveau de risque attaché à la stratégie retenue pour y faire face. Ainsi, deux entreprises avec une même incertitude font un usage différent de leur contrôle selon la façon dont elles appréhendent leur incertain d’un point de vue stratégique.

De l’entreprise creuse à l’entreprise cohérente. Enseignements d'une analyse stratégique processuelle

Auteur

Alain ASQUIN

Marielle PAYAUD

 

Résumé

Les recherches fondées sur les ressources s'intéressent aux efforts réalisés par le management des entreprises pour valoriser et préserver l'avantage stratégique issu de ressources clés. Les auteurs développent alternativement différents concepts comme les ressources, les compétences ou les capacités pour expliquer les fondements de la soutenabilité de l'avantage concurrentiel. Dans la présente contribution, ces trois attributs organisationnels deviennent constitutifs d'une cohérence qui permet à la firme de préserver dans le temps la qualité de ses réponses à l'environnement. A la différence d'autres travaux, ils sont présentés comme coévolutifs et pas seulement inscrits dans une dépendance hiérarchique univoque. Nous discutons alors une grille d'analyse qui propose que la cohérence est un processus de structuration dans lequel une firme peut engager sa recherche de cohérence à partir de la maîtrise de l'un des composants seulement, notamment en fonction de sa formule stratégique. Cependant elle ne pourra développer sa performance initiale que si elle parvient à acquérir les deux attributs complémentaires. Dans une démarche abductive, nous développons cette représentation au travers de deux cas, British Airways et Questoo.com. L’objectif est de comprendre comment British Airways contrainte à la privatisation au début des années 80, a pu construire une cohérence à partir de ses ressources. Questoo.com est une entreprise créée en 2000, positionnée dans l'offre d'un marketing adapté au prospect internaute engagé dans une démarche d'achat en ligne. La difficulté rencontrée par les dirigeants a été de construire leur cohérence à partir de leurs capacités organisationnelles. Au travers de ces expériences, nous interprétons la performance stratégique des deux entreprises comme issues de l'aptitude relative à maîtriser les trois attributs de la cohérence et à entretenir leur coévolution. Ces éléments conduisent à discuter une représentation de la performance et le rôle du management associé à l'obtention de la cohérence.

De la localisation à la territorialisation : la compétitivité à base territoriale des firmes agroalimentaires en pays de la Loire

Auteur

Anne-Laure SAIVES

 

Résumé

Ce papier expose en 3 temps une démarche d’analyse des comportements stratégiques de territorialisation des entreprises agroalimentaires des Pays de la Loire et aboutit à la caractérisation de 4 logiques distinctes de construction d’une compétitivité à une base territoriale. La première partie expose les enjeux pratiques d’une telle recherche. La deuxième partie propose une définition, alternative au modèle classique de la localisation en stratégie, du modèle de la territorialisation des firmes à partir des approches d’économie industrielle et régionale ainsi que des théories transactionnelle et évolutionniste de la firme. Il consiste à penser une firme mobile ancrée sur un territoire - substrat de ressources et d’aptitudes spécifiques d’acteurs locaux - activé par des logiques de construction, fondées sur l’interaction et l’apprentissage et facilitées par les proximités géographique et organisée des acteurs. L’enjeu théorique de la recherche repose sur le triple apport 1) d’un regard stratégique portant sur la nature et sur les propriétés stratégiques de ressources et d’aptitudes tirées d’un lien au local et des processus de leur mobilisation, 2) d’un regard contingent stipulant que les mécanismes d’activation par les firmes de R&A territoriales diffèrent selon les facteurs de contingence classiques (environnement, stratégie, logique entrepreneuriale, technologie, taille) et selon le territoire administratif « donné » des firmes, 3) d’un regard dynamique axé sur les processus organisationnels de la firme, capable d’interactions et d’apprentissages. Ce document restitue enfin quelques résultats de la démarche empirique employée (exploitation typologique par analyses statistiques multifactorielles d’enquêtes par entretien menées auprès de 92 industries agroalimentaires des Pays de la Loire et des administrateurs de leur commune d’implantation). La dernière partie est consacrée la caractérisation des 4 logiques de territorialisation dominantes observées. Ces logiques instruisent un outil d’aide à la décision pour les institutions préoccupées du développement local et pour les industriels susceptibles de tirer profit de leur localisation en y activant les R&A nécessaires à la compétitivité de leurs processus clés.

De la quasi-filiale à la coentreprise : quels processus évolutifs en action? Le cas de la coentreprise franco-brésilienne Algar-Bull (1983-1997)

Auteur

Frederic PREVOT

Pierre-Xavier MESCHI

 

Résumé

Des processus d’essaimage différenciés : l’analyse des logiques des firmes essaimantes

Auteur

Hervé DAVAL

 

Résumé

Droits de propriété, changements d’environnement et processus d’adaptation stratégique des banques

Auteur

Pierre-Charles PUPION

 

Résumé

Nous présentons une théorie générale du processus d’adaptation qui intègre les théories usuelles traitant de la capacité d’une firme à s’adapter et permet d’apprécier l’impact de la nature des droits de propriété et de la relation actionnaire-dirigeant sur les choix stratégiques de la firme. Ce modèle est testé sur le secteur bancaire européen, secteur qui a connu de profondes mutations au cours de la période 1988-1997 et comprend toutes formes de structure de propriété. L’étude a permis notamment d’établir que la propension à se diversifier et les modes de diversification sont conditionnés par certains facteurs environnementaux et caractéristiques internes des firmes telles que la taille, le niveau de slack ainsi que par la nature des droits de propriété.

Du développement durable à l’écologie industrielle, ou les métamorphoses d’un « concept caméléon »

Auteur

Olivier BOIRAL

Gérard CROTEAU

 

Résumé

La promotion du développement durable dans les entreprises a donné lieu à des approches et à des interprétations multiples, qui traduisent l’éclectisme d’un concept souvent galvaudé. Après une analyse critique de ces interprétations qui tendent, pour la plupart, à conforter les principales hypothèses du mythe économique dominant, les principales approches sur l’application du développement durable dans les entreprises seront analysées à partir d’un schéma intégrateur. Ce dernier permettra de montrer les aspects ontologiques, épistémologiques, axiologiques et praxéologiques du développement durable, ainsi que la pertinence de l’écologie industrielle comme outil d’analyse et d’application de ce concept dans les entreprises.

Dynamique territoriale et compétitivité de l'entreprise

Auteur

Hadj NEKKA

 

Résumé

Le développement des territoires est une préoccupation majeure de tous les acteurs, qu’ils soient politiques ou économiques. Les entreprises doivent véritablement intégrer cette dimension dans leurs choix stratégiques. La présente étude repose sur une enquête par interview auprès de 15 hôtels situés dans l’hexagone, en grandes et petites agglomérations. L’hypothèse de la présente recherche suppose une existence d’un lien entre performance et dynamique territoriale. Les résultats confirment cette relation et invitent les dirigeants à développer des capacités à prendre des décisions dans le domaine de la stratégie et de l’organisation en intégrant davantage le territoire en tant que cadre propice à l’apprentissage managerial et à la construction et au renforcement de leurs avantages concurrentiels.

E-business et industrie automobile : quels enjeux pour les concessionnaires ?

Auteur

Carole DONADA

 

Résumé

Les spéculations sur l'avenir du système de la distribution automobile en Europe vont bon train et de nouveaux distributeurs préparent déjà leurs stratégies d’entrée dans le secteur. Que ce soit la grande distribution, les nouveaux intermédiaires sur Internet ou les constructeurs, tous affinent leurs armes pour investir ce secteur en mutation. Cet article discute des enjeux de ces stratégies sur les concessionnaires. La réflexion proposée est essentiellement empirique et descriptive. Elle aboutit au résultat que les combats menés actuellement par les concessionnaires, et notamment celui pour la reconduction du règlement Européen 1475/95 qui leur assure un statut particulier de distributeurs sélectifs et exclusifs, sont peut être dépassés face à la nécessité stratégique de réinventer leur métier.

Échanges de connaissance dans le cadre d’un projet coopératif entre établissements bancaires

Auteur

Caroline SARGIS

 

Résumé

La gestion de la connaissance est devenue l’une des préoccupations prioritaires des organisations. La littérature en rend compte en mobilisant de manière accrue des courants tels que la ‘Knowledge-based View’ ou les théories de l’apprentissage organisationnel. Notre recherche s’inscrit dans ce contexte et a pour objet l’étude de la dynamique des échanges de connaissance dans le cadre d’un projet coopératif.

La première partie de notre travail définit la notion de connaissance dans un essai de synthèse. La revue de la littérature réalisée permet de mettre à jour trois groupes de facteurs influençant les échanges de connaissance : les facteurs liés aux caractéristiques de la connaissance elle-même, les facteurs liés aux caractéristiques des partenaires, les facteurs liés aux caractéristiques de la relation entre les partenaires.

La seconde partie de notre recherche présente une étude de cas longitudinale, notre méthodologie et nos premiers résultats. Notre investigation empirique s’inscrit dans le cadre d’un projet coopératif entre établissements bancaires, d’un même groupe, en vue de créer un nouveau système d’information. La méthodologie développée est qualitative et peut être qualifiée d’abductive. Cette étude de cas nous a permis d’enrichir notre modèle conceptuel en mettant en évidence l’importance de facteurs tels que la structure du projet, la culture des partenaires et les facteurs politiques dans les échanges de connaissance. Elle nous a également permis d’identifier les principaux outils servant de supports aux échanges de connaissance tels que l’intranet, la mise en place de comité ou la participation à une phase d’appropriation.

La richesse du cas étudié et de son contexte ainsi que l’adoption d’une approche dynamique pour appréhender les échanges de connaissance constituent les principaux apports de notre travail. En outre, l’étude des échanges de connaissance dans le cadre d’une coopération avec une structure projet nous permet d’aborder la notion de communauté de pratique ainsi que les conditions de sa mise en place, ce qui nous semble être une perspective de recherche intéressante.

Fonctionnement et performance des équipes autonomes : Le cas des ateliers de soudure des Chantiers de l’Atlantique

Auteur

Mathieu DETCHESSAHAR

Lionel HONORÉ

 

Résumé

Gestion des relations amont/aval et nature des compétences : une étude exploratoire dans le secteur bancaire

Auteur

Sami BACHA

 

Résumé

L'objectif de ce papier est de mettre en évidence l'importance du management relationnel dans l’établissement de relations externes avec les clients et les prestataires de service. Nous montrerons que l’efficacité de tels projets dépend de la nature, de la gestion et de l’organisation des compétences disponibles. À partir des résultats d’une étude menée dans le secteur bancaire, nous proposons une méthode de gestion de projets relationnels basée sur la consolidation des compétences.

Histoire du droit de la faillite en France : une approche des représentations de la défaillance

Auteur

Elisabeth ROUCOLLE

 

Résumé

La progression simultanée des difficultés que connaissent les start-up, et des scandales attachées à la résolution de ces difficultés, replace la défaillance au centre des débats tant juridiques qu'économiques. Il apparaît que le problème n’est plus aujourd’hui d’expliquer les raisons de l’essor des faillites d’un point de vue macroéconomique, ou ses causes en retenant une approche micro économique, mais plutôt de comprendre l’échec d’un système économico-juridique organisé dans un objectif de sauvegarde des entreprises. L’objet principal de cette analyse porte sur les représentations que les acteurs concernés peuvent avoir du processus de défaillance et leurs implications dans leurs prises de décision. L’objectif est ici de préciser, au regard des textes législatifs, événements économico-politiques, et littérature, les perceptions attachées en France à la notion de défaillance : en rappelant les évolutions juridiques dans une constante mouvance économique ; en relevant les liens particuliers qui unissent théoriciens et législateur. Ainsi, il sera montré que la complexité de la faillite ne peut permettre à un corps de règles de n’envisager le système que de façon incomplète et temporaire. La loi n’est que le reflet de la société dont elle marque les transformations.

Impact des pratiques de GRH administrative et stratégique sur les performances : Proposition et test d’un modèle causal

Auteur

Mohamed BAYAD

Jacques LIOUVILLE

 

Résumé

Cette contribution s’inscrit dans le prolongement du Forum que l’Academy of Management Journal a consacré en 1996 à la relation entre les pratiques de GRH et les performances des entreprises. Cet article s’intéresse aux conditions sous lesquelles les pratiques de GRH qualifiées d’administratives et stratégiques se répercutent positivement ou négativement sur les performances des entreprises. L’article montre en particulier que l’influence des pratiques de GRH est modulée par la stratégie de l’entreprise, confirmant ainsi l’intérêt des approches en termes de « configurations ». Cet article est particulièrement innovant dans la mesure où la relation entre les pratiques de GRH et les performances est appréciée à l’aide d’un modèle causal (modèle en cascade). Le modèle en cascade permet en particulier de caractériser les liens existants entre différents indicateurs de performance. De ce fait, cet article aide à comprendre les conclusions paradoxales issues de travaux antérieurs. Par ailleurs, les hypothèses développées dans cet article permettent d’approfondir la connaissance des relations entre les pratiques de GRH et les performances. Par conséquent cet article débouche sur des conclusions utiles tant pour l’évolution de la théorie que de la pratique.

Initiatives entrepreneuriales des associations dans le cadre des emplois-jeunes : vers une nouvelle approche de l’accompagnement

Auteur

Gérard A. Kokou DOKOU

David DEWAELE

 

Résumé

A travers une étude empirique réalisée auprès de 36 responsables de projets de développement associatif dans le cadre des emplois - jeunes, des traits saillants du nouvel entrepreneuriat socioéconomique sont mis en évidence. Il s'agit de principaux éléments qui permettent de mieux caractériser l'entrepreneuriat socio-économique et qui se diffusent progressivement au sein du "tiers secteur" comme le définit l'OCDE. Ces mêmes éléments portés par une certaine particularisation de l'accompagnement permettent d'expliquer au mieux les logiques stratégiques des dirigeants associatifs en situation de création et/ou de développement de nouvelles activités. Ainsi émergent deux logiques d'actions déterminantes dans la perspective de professionnalisation et de pérennisation des activités projetées: les logiques stratégiques ou entrepreneuriales et les logiques opérationnelles. Une nouvelle méthode d'accompagnement du fait entrepreneurial socioéconomique est proposée pour passer d'une logique opérationnelle ou administrative à une logique entrepreneuriale. Elle s'appuie sur trois actions d'intervention prioritaires. Il s'agit de dresser un état global d’évolution de la structure « porteur du projet » et dégager les perspectives de pérennisation des activités en construction et/ou projetées au travers des principes d'apprentissage entrepreneurial, de prendre en compte des besoins et attentes des jeunes recrutés, en terme d’informations, aussi bien sur leur statut de salarié que sur le programme et leur participation à la construction du service dans l’esprit de la charte qualité et de faciliter le développement de la professionnalisation des jeunes, en améliorant son organisation et en participant activement à la création de réseaux locaux d’information sur le territoire visé, tant au niveau de la qualité des services qu’au niveau du parcours professionnel des jeunes et des nouvelles fonctions mises en place.

Intelligence économique : acception française et multidimensionnalité

Auteur

Sophie LARIVET

 

Résumé

L’expression « intelligence économique » pose un double problème de flou conceptuel et de mise en oeuvre sur le terrain. Nous présentons dans cet article les définitions et concepts centraux fondant son acception française, plus large que la définition anglo-saxonne. Nous précisons notamment le rapport entre veille stratégique et intelligence économique, réfutons l’assimilation pure et simple de l’intelligence économique à l’espionnage industriel, et insistons sur sa dimension pro-active que constitue l’influence. Puis, grâce à une revue synthétique des définitions existantes, nous proposons l’opérationnalisation du concept en huit dimensions permettant une meilleure compréhension de l’intelligence économique, ainsi que le repérage des pratiques en entreprise, et plus particulièrement en PME. Nous mettons ainsi en évidence les trois fonctions de l’intelligence économique : le renseignement, l’influence, la contre-intelligence, et ses supports : organisation, réseaux, technologie, existence d’un projet stratégique et éthique.

ISO 14 001 : d’une exigence commerciale aux paradoxes de l’intégration

Auteur

Olivier BOIRAL

 

Résumé

Le développement de la nouvelle norme internationale sur les systèmes de gestion environnementale soulève de nouveaux défis pour les entreprises, en particulier pour les firmes multinationales. Adoptée par plus de 15 000 entreprises à travers le monde quatre ans seulement après son lancement, ISO 14 001 pourrait devenir, à l’image des normes ISO 9 000, une sorte de passeport pour accéder à certains marchés. Bien que le nombre d’entreprises certifiées soit très disparate suivant les pays, plusieurs entreprises ont décidé d’adopter la norme dans l’ensemble de leurs activités internationales. Les motivations de cette démarche sont moins environnementales que commerciales, institutionnelles ou encore organisationnelles. La standardisation des systèmes de gestion environnementale peut cependant soulever des résistances dans les entreprises. D’une part, les exigences documentaires et la vocation universelle de la norme s’accomodent mal de la philosophie de gestion de certaines entreprises et des différences culturelles dans le management. D’autre part, la norme repose en définitive sur des principes de management traditionnels qui risquent de susciter une intégration rituelle plus qu’une véritable remise en cause des pratiques à l’origine des impacts environnementaux. L’article examine ces défis et les paradoxes entre les internal et external issues du système ISO 14 001.

L’analyse structurale des organisations : le cas de la théorie des conventions

Auteur

Olivier MASCLEF

 

Résumé

L’objectif de cet article est de comparer le modèle conventionnaliste des organisations à l’épistémologie structuraliste. Cette comparaison doit nous amener à enrichir les fondations théoriques de ce modèle de gouvernement d’entreprise et nous présenter, sous un autre angle, le mode d’accès au réel de celui-ci.

Dans une première partie nous présentons le structuralisme et nous essayons plus particulièrement de définir le concept de structure en faisant une revue de la littérature des principales références théoriques. Puis nous en discutons les principaux enjeux épistémologiques et méthodologiques. Dans une seconde partie, en prenant appui sur notre définition, nous montrons en quoi une convention d’effort peut être qualifiée de structure, et en quoi le modèle conventionnaliste de l’organisation peut être présenté comme une théorie structurale de l’organisation. Cela nous permet finalement d’inviter le chercheur conventionnaliste à un prolongement en assumant les conséquences épistémologiques et méthodologiques de cette proposition.

L’apport de la théorie des parties prenantes au management stratégique : une synthèse de la littérature

Auteur

Samuel MERCIER

 

Résumé

Cette communication a pour objectif de présenter une revue de la littérature portant sur la théorie des parties prenantes. Tout particulièrement, il s’agit d’examiner l’intérêt de cette approche récente pour le management stratégique. La théorie des parties prenantes fait en effet l’objet d’une attention croissante dans la littérature managériale et se trouve au coeur des débats qui traitent du rôle de l’entreprise dans nos sociétés. Elle recouvre un ensemble de propositions qui suggèrent que les dirigeants ont des obligations éthiques envers leurs parties prenantes. Ce terme de partie prenante est apparu dans les années soixante mais son origine remonte aux travaux de Dodd (1932) et Barnard (1938). La théorie est encore en phase de développement, ce qui peut expliquer l’existence de controverses concernant la définition du concept de « Stakeholder » et son utilité pour le management. Ainsi, en se référant à la typologie de Donaldson et Preston (1995), on peut considérer que les approches descriptive et instrumentale font de la théorie des parties prenantes un outil au service du management stratégique. La branche normative de la théorie conduit, par contre, à reformuler les objectifs de l’organisation. Cette approche partenariale ne pourra se substituer à la vision actionnariale de l’entreprise qu’à la condition de gommer les incohérences qui subsistent entre les dimensions descriptive, empirique et normative. Elle doit également surmonter les différentes critiques qui portent, d’une part, sur le manque de clarté de ses implications managériales, et, qui, d’autre part, contestent la validité de ses fondements normatifs.

L’apprentissage stratégique dans les coentreprises internationales : proposition d’un modèle intégrateur

Auteur

Elie Virgile CHRYSOSTOME

Zhan SU

 

Résumé

L’apprentissage stratégique est l’un des moyens pouvant permettre à la coentreprise internationale d’avoir une meilleure position compétitive. En effet, il favorise un développement de nouvelles compétences qu’il est difficile pour les concurrents d’imiter ou de rattraper. Toutefois, l’apprentissage stratégique continue d’être un phénomène qui n’est pas bien connu, en particulier lorsqu’il s’agit de coentreprises internationales. Dans le cadre de la présente recherche, nous avons essayé de fournir un éclairage théorique sur ce phénomène et proposé un modèle qui intègre différents éléments existant de manière très éparse dans la littérature scientifique. Ce modèle théorique devra toutefois être testé sur un échantillon de coentreprises internationales afin de prouver sa validité empirique.

L’évolution des représentations et de l’interprétation des règles dans l’entreprise en transition

Auteur

Mihsylova STEFKA

 

Résumé

Pendant la période de transition de l’économie centralisée vers l’économie de marché l’évolution des représentations des acteurs commence a jouer un rôle très important, car la réussite ou l’échec sont étroitement liée aux résultats du changement cognitif. Une des caractéristiques de cette période est la transformation de l’ancien fonctionnement de l’entreprise communiste. Cela suppose l’adaptation aux nouvelles conditions politiques et économiques, afin de rendre l’entreprise autonome, apte à répondre aux conditions du marché libre. La construction de nouveaux fonctionnement est à la fois le produit et le support réel des représentations qu’ont les acteurs. Notre étude porte sur l’interaction entre le changement organisationnel et le changement cognitif qui s’avère la condition nécessaire pour que l’entreprise survive et soit efficace dans le cadre de l’économie de marché.

L’entreprise post-communiste est un contexte favorable et riche en informations pour une analyse concernant la transformation des représentations. La dynamique des représentations est présentée comme résultat du changement révolutionnaire de l’environnement politicoéconomique dans les ex-pays communistes et notamment en Bulgarie, en Macédoine et en Ukraine.

Les résultats de la recherche sur le terrain mettent en évidence que l’obstacle essentiel pour la mise en oeuvre du nouveau fonctionnement de l’ancienne entreprise communiste s’avère être la divergence des représentations des managers et des salariés concernant ce nouveau fonctionnement. Si il n’y a pas de cohérence entre les représentations de ces deux groupes d’acteurs le changement organisationnel demeure bloqué pour un certain moment. La liaison entre la dynamique des représentations sociales et l’interprétation des règles officielles par les exécutants est réciproque. En s’appuyant sur leurs propres représentations les acteurs interprètent et/ou créent les règles en introduisant la dynamique de l’action collective. Donc les règles sont formées à partir des représentations des acteurs. Les représentations, pour leur part, subissent l’influence des règles et sont modifiées et corrigées selon cette influence.

L’exercice du contrôle dans le cadre des joint-ventures internationales : état de l’art et perspectives

Auteur

Nizar BECHEIKH

Zhan SU

 

Résumé

Cet article présente une analyse critique des principaux travaux ayant traité de la problématique du contrôle dans le cadre des joint-ventures internationales (JVI). En effet, en dépit du nombre important de recherches sur le contrôle des JVI, cette variable clé pour la réussite de cette forme particulière d’alliance demeure ambiguë à cause principalement de l’état d’effritement qui caractérise les recherches dans le domaine. Par l’exploration du contrôle des JVI sous ses aspects majeurs et par l’intégration de ses principales dimensions, notre travail se veut un premier pas vers une approche intégrative de l’étude du contrôle des JVI et vers une meilleure canalisation des efforts réflexifs et conceptuels des recherches futures dans le domaine.

L’odyssée du comprendre. Chemins vers une compréhension pour les études de cas

Auteur

Jean-Luc MORICEAU

 

Résumé

Quand dans une étude de cas nous disons vouloir comprendre plutôt qu'expliquer, à quelle compréhension peut-on atteindre ? L'étude d'un cas ne peut nous mener dans l'univers des lois générales, à l'image du type de compréhension que propose M. Weber. Mais il peut être une odyssée où nous cherchons au contraire à nous rapprocher du singulier tel qu'il prend forme et vie dans le cas.

Ces horizons auxquels nous invitent la compréhension nous apparaissent d’abord étranges, mais uniquement parce qu’ils sont peu fréquentés. La-bas, notre but ne pourra consister en une représentation : un tableau, mais sera une approche continuée, un itinéraire dans un paysage – selon un mouvement non plus de réduction, mais d’agrandissement. La-bas, nous emporterons une part de subjectivité, qui n'est pas à bannir, mais à régler. Notre chemin ne rencontrera pas de règles gouvernant ce qui est, mais éclairera des problématiques afin de discerner des possibles. Nos modèles seront loin des sciences de la nature, plutôt à proximité de celles de l'esprit pour s'inscrire et s'ouvrir à leur tradition. La-bas, deux chercheurs ne nous guideront pas vers la même compréhension, chacun s'étant embarqué avec ses questions personnelles, faisant avancer sa pensée dans un dialogue avec le cas.

Pour mieux saisir les possibilités, les limites et la validité de ce qu’ici un cas nous permet de comprendre, nous gagnerions à écouter les récits de ces explorateurs qui sont partis à la recherche de l’“art de comprendre”.

La coopération interfirmes : mode de coordination hybride ou générique ?

Auteur

Tamym ABDESSEMED

 

Résumé

Si le thème de la coopération interfirmes (CI) mobilise de nombreux chercheurs tant en économie qu’en management stratégique et fait l’objet de travaux de plus en plus nombreux, la question du statut théorique des processus de coopération interfirmes est relativement peu traitée, de sorte que nous ne disposons pas de cadre théorique pour appréhender ces phénomènes dans leur diversité et dans leur spécificité. Cet article a pour objectif, sur la base d’une revue de littérature, de proposer une réflexion sur le caractère institutionnelle de la CI et plaide pour son statut de mode de coordination générique. En outre, il propose des éléments préliminaires de réflexion sur ce qui constitue la marque distinctive de la CI.

La création d’entreprise en contexte universitaire : les facteurs de l’engagement

Auteur

Sandrine EMIN

 

Résumé

En dépit de l’intérêt porté à l’entrepreneuriat, les questionnements sur ce qui incite les chercheurs à être plus entrepreneuriaux demeurent. Dans ce contexte, l’objectif poursuivi par cette communication est de préciser, à partir d’une revue de la littérature, les facteurs principaux affectant le choix de créer une spin-off universitaire. La présentation repose sur la différenciation de trois facteurs au rôle particulier : (1) explicatifs du désir d’entreprendre (“ désirabilité ”), (2) facilitateurs ou inhibiteurs de la décision entrepreneuriale (faisabilité), et (3) déclencheurs de l’acte entrepreneurial (variables de situation, déplacements). Même si chacune de ces conditions a un statut particulier, il semble certain que c’est leur combinaison qui explique les trajectoires suivies par les individus et en l’occurrence, dans notre cas, les changements de trajectoire – soit l’événement entrepreneurial.

Les principaux résultats montrent l’importance des éléments personnels (motivations et valeurs) mais aussi de l’environnement culturel (normes locales de comportements, importance des autres mécanismes de transfert) et des réseaux. Le débat reste, par contre, ouvert en ce qui concerne le poids des politiques et infrastructures universitaires.

La dynamique concurrentielle : défis analytiques et méthodologiques

Auteur

Faouzi BENSEBAA

 

Résumé

Les recherches portant sur la dynamique concurrentielle des firmes sont examinées dans cet article sous deux angles : le niveau d’analyse adopté et la méthodologie employée. Quatre niveaux d’analyse sont ainsi mis en évidence - la concurrence multi-marchés, la dyade action-réaction, le couple firme leader-firme challenger, l’événement concurrentiel – ainsi que trois caractéristiques méthodologiques principales - l’observation directe et longitudinale des comportements concurrentiels, la constitution de bases de données essentiellement secondaires et l’emploi d’outils quantitatifs sophistiqués pour tenir compte de la nature dynamique et processuelle de la concurrence. Le travail mené montre que les recherches étudiées constituent un ensemble cohérent dont l’objectif commun est l’explication de la nature dynamique des stratégies concurrentielles. Cet ensemble nécessite cependant d’être enrichi par des contributions abordant la stratégie comme processus émergent, adaptatif et incrémental et éclaircissant la manière dont les managers construisent mentalement la concurrence et identifient les acteurs rivaux. Les travaux réalisés méritent également d’être complétés, sur le plan méthodologique, par des outils de type qualitatif pour saisir d’une manière pertinente le caractère holistique, longitudinal et processuel de la concurrence.

La dynamique de l’adaptation d’industries

Auteur

Manuel CARTIER

 

Résumé

Cette recherche plaide en faveur de la prise en compte d’un système dans son ensemble pour aborder les problématiques d’adaptation. C’est en particulier le cas de l’adaptation d’industries à une rupture technologique qui est ici étudié. Les théories traditionnelles invoquent la flexibilité des organisations et les caractéristiques de la rupture pour en comprendre l’impact. Elles découlent d’une vision statique, linéaire et non liée de l’adaptation. Pour apporter une réponse nouvelle, trois pans de recherche sont mobilisés : l’approche ressources dynamisée comme théorie de la firme, l’équilibre ponctué comme modèle de changement et les théories de la complexité comme loupe d’analyse. Ces courants convergent vers la nécessaire prise en compte de l’interdépendance. Le tout n’est pas la somme des parties, les relations sont récursives. Ces liens causaux multiples impliquent une profonde réflexion théorique et méthodologique. De nouveaux concepts sont tout d’abord mis en place : sensibilité aux conditions initiales, émergence, changement brutal d’équilibre et coévolution. Ensuite, la simulation, à partir de systèmes adaptatifs complexes, est considérée comme une alternative méthodologique innovante. Un modèle générique est proposé : l’algorithme génétique, où les compétences des organisations évoluent sous forme de chromosomes sur un « terrain d’adaptation ». Ceci devrait permettre de répondre à de nombreuses questions intégrant les interdépendance multiples au sein d’une industrie.

La finance de marché chinoise. La longue marche vers la globalisation

Auteur

Jean-Jacques PLUCHART

 

Résumé

La recherche soulève la problématique de l’adaptation des bourses émergentes à la nouvelle finance internationale. Elle est appliquée au terrain des marchés de capitaux de la République Populaire de Chine. Elle s’efforce de vérifier l’hypothèse selon laquelle la finance de marché chinoise est sous-tendue par deux représentations contradictoires : celle de l’économie socialiste de marché, construite par les autorités centrales et locales, et celle de l’économie globale, développée par les investisseurs collectifs et individuels. Elle fait appel à une méthodologie de recherche croisée reposant à la fois sur l’analyse critique de documents (communications académiques, rapports officiels des institutions financières chinoises, publications professionnelles, revues de presse économique), et sur des entretiens semi-directifs avec deux experts officiels, trois stratégistes et trois gestionnaires de fonds asiatiques à Hong- Kong et à Paris. La recherche met en lumière la complexité du phénomène et la multiplicité des concepts utiles à son exploration. Elle révèle notamment la diversité des théories mobilisables (évolutionniste, institutionnaliste, régulationniste, culturaliste…), afin de mieux comprendre le phénomène de globalisation des marchés financiers. Il apparaît, après une lecture critique des restitutions de l'enquête, que la spécificité du marché chinois réside moins dans sa structure et ses procédures que dans le mode de gouvernance de l’économie chinoise. C’est donc moins le marché en soi que le triangle « Etat-banque-entreprise » - resitué dans son environnement idéologique et culturel - qui constitue la grille d’analyse la plus éclairante du phénomène de globalisation financière.

La gestion des alliances interentreprises : précision des enjeux à partir d’une revue de littérature ordonnée en trois pôles de problématiques

Auteur

Pascal PHILIPPART

 

Résumé

La gestion des alliances interentreprises a fait et fait encore l’objet de nombreux travaux. La revue de cette littérature abondante ne peut prétendre à l’exhaustivité (plus de 170 articles ou ouvrages ont été étudiés ici), mais elle doit permettre d’ordonner les problématiques afférentes, afin de mieux saisir les enjeux qu’une entreprise engagée dans une telle démarche stratégique doit comprendre.

De façon synoptique, le contenu de la littérature sur la gestion des alliances peut être regroupé autour de trois pôles d’étude : la constitution de l’alliance, son fonctionnement et enfin sa performance. Notre communication, outre qu’elle complète les études des auteurs anglo-américains par celles des chercheurs francophones, se démarque de l’analyse de Gulati (1998) d’une double manière : elle ne s’attache qu’aux travaux portant sur la gestion de l’alliance, sans aborder ceux qui traitent de ses causes, et elle n’effectue pas une relecture des thèmes abordés dans ce champ à la lumière d’une perspective “ réseau social ”.

Ainsi, les enjeux de la gestion d’une alliance seront présentés à partir des problématiques relatives à la constitution qui traitent de l'engagement dans la démarche d'alliance et de sa configuration, la négociation entre les futurs partenaires permettant de passer de l'un à l'autre, puis de celles relatives à son fonctionnement au travers des caractéristiques que revêt un tel comportement stratégique et de ses modalités, et enfin de celles ressortant à la performance, lesquelles renvoient d’une part à ce qu’il convient de mesurer et comment et, d’autre part, aux prescriptions en la matière, selon une approche factorielle ou processuelle.

La gestion discursive des paradoxes de l’identité

Auteur

Nicole GIROUX

 

Résumé

Au cours des dernières années, le concept d'identité a retenu l'attention des chercheurs tant en sciences humaines qu'en sciences de gestion. Les perspectives fonctionnaliste, interprétative, processuelle, critique, poststructuraliste et postmoderne de l'organisation décrivent respectivement l'identité soit comme une “présentation de soi” élaborée et inscrite dans des manifestations observables; soit comme une interprétation du monde organisationnel vécu qui est transposée dans des représentations; soit comme l'enjeu et le résultat d'une “conversation” entre acteurs humains et institutionnels; soit enfin comme une coquille vide de substance ou encore une illusion.

Dans ce texte, est présentée une perspective discursive de l'identité, perspective basée sur une conception de l'organisation comme une réalité sociale en construction. L'accent est alors mis sur la dimension communicationnelle de l'identité. A partir des paradoxes de l'identité inventoriés dans la littérature une grille d'analyse est élaborée pour mettre à jour les stratégies discursives utilisées dans les organisations pour présenter l'évolution de l'identité organisationnelle dans le contexte d'un changement stratégique. Les différentes stratégies proposées pour concilier les paradoxes de la continuité, de l'unicité et de la singularité sont : la négation, la coexistence et le recadrage.

La prise en compte des menaces par les grandes entreprises dominantes : revue de littérature et proposition d’un cadre théorique

Auteur

Thierry BOUDÈS

 

Résumé

Les entreprises dominantes, mêmes grandes, ne parviennent pas toujours à prendre la mesure en temps opportun des événements qui peuvent les menacer. Une telle entreprise se trouve à la rencontre de deux dynamiques contradictoires et asymétriques. La suprématie justifie le maintien du statu quo. Les menaces appellent sa remise en cause et la recherche d’alternatives. Mais elles sont virtuelles. A partir de la revue de littérature traitant de cette problématique, le présent article montre que la plupart des recherches convergent vers une même conclusion : tant que les menaces ne se concrétisent pas le statu quo perdure, ce qui amènent les grandes entreprises dominantes à évoluer selon le modèle de l’équilibre ponctué.

La Recherche Doctorale en Management Stratégique : quelques propositions pour définir et apprécier une « bonne thèse »

Auteur

Jacques LAURIOL

 

Résumé

L’analyse des comptes-rendus des ateliers doctoraux organisés par l’AIMS, Association Internationale de Management Stratégique (et d’autres Écoles Doctorales), permet de mettre à jour un certain nombre de « constantes » sur les difficultés que rencontrent des doctorants dans la conception et la conduite de leurs projets de recherche doctorale.

Ces « constantes » gravitent autour d’une question, certes essentielle mais délicate à traiter, qui est la suivante : qu’est-ce qu’une « bonne thèse » ? Cette communication tente à répondre à cette question : tout d’abord, en rappelant les caractéristiques du contexte institutionnel dans lequel s’effectue une recherche doctorale (1ère partie) ; ensuite, en proposant trois thèmes de réflexion (la définition du projet de la recherche, le déploiement du projet, l’évaluation des résultats).

Elle propose également quelques éléments de réponse (construire un positionnement par rapport aux connaissances établies, s’insérer dans des dispositifs d’accompagnement, développer une « structuration discursive » adéquate) avant de conclure sur cette tension (qui apparaît au fondement même de toute recherche scientifique) entre « dissidence » (ie, la capacité à interroger la « science normale ») et « conformité » (la capacité à s’insérer dans un contexte institutionnel qui contraint toute pratique scientifique de recherche).

La relation « environnement institutionnel - coentreprises » dans le développement international des PME dans les Pays en transition

Auteur

Stéphan BOURCIEU

 

Résumé

Pour les PME, le choix des modalités de présence sur les marchés étrangers est au centre de la problématique d'internationalisation. Entre une internalisation fortement consommatrice de ressources et le recours à l'exportation ou à des agents externes difficilement maîtrisables, la coentreprise peut apparaître comme une solution médiane. Plusieurs études démontrent cependant leur difficulté de réalisation dans les environnements turbulents. Les difficultés de coordination, les distances culturelles et le risque politique sont autant de facteurs explicatifs de cette réalité. Allant à l'encontre de cette position, nombreuses sont les PME françaises à avoir engagé une démarche internationale dans les pays en transition en s'appuyant sur les coentreprises. Si les avantages en termes concurrentiels de l'intérêt d'un partenaire local dans ces pays sont bien identifiés dans la littérature. En revanche, l'intérêt de recourir à cette modalité pour agir sur l'environnement institutionnel local reste à établir. Dans un contexte aussi instable et incertain que celui des pays en transition, les actions sur les facteurs institutionnels locaux peuvent en effet être un levier d'orientation [dans un sens plus favorable] de l'environnement concurrentiel. Notre problématique sera donc de comprendre comment les coentreprises contribuent-elles au développement de telles actions, généralement inaccessibles aux PME. A travers la restitution d'une étude exploratoire et longitudinale conduite en collaboration avec trois PME internationalisées, ces travaux vont s'attacher à identifier les facteurs d'influences des partenaires locaux sur l'environnement institutionnel.

La spécificité des coopérations interculturelles : une approche par les processus d’apprentissage

Auteur

Anne BARTEL-RADIC

Frank RAUTENBERG

 

Résumé

L’objectif de la présente communication est d’analyser la spécificité des coopérations interculturelles (au sens de coopérations entre entreprises originaires de pays différents). Celle-ci se manifeste notamment dans les processus d’apprentissage auxquels la coopération donne lieu. La réflexion menée sur ce thème se base sur une revue de la littérature, illustrée par trois mini cas. Son apport se situe dans une combinaison novatrice de la littérature mobilisée et le développement d’un modèle.

Les coopérations interculturelles, et notamment celles à caractère stratégique, donnent lieu à deux processus d’apprentissage. Un objectif majeur de ces coopérations est l’acquisition de nouvelles connaissances : les entreprises partenaires coopèrent pour apprendre. Parallèlement, les interactions interorganisationnelles et interculturelles font elles aussi l’objet d’apprentissages : les entreprises apprennent à coopérer, en développant dans le meilleur des cas une compétence interculturelle. Ces deux processus d’apprentissage sont intimement liés aux caractéristiques sociales de la coopération, et notamment à la confiance et la proximité entre les entreprises partenaires.

La diversité culturelle joue sur chacun de ces éléments : elle rend l’apprentissage de la  coopération et dans la coopération plus difficiles, et influe sur la confiance et la proximité entre les entreprises partenaires.

L’article conclut sur un modèle qui tente de tenir compte des complexités de l’apprentissage interorganisationnel en contexte interculturel. Ce modèle intègre le concept d’avantage interorganisationnel. Il montre ainsi comment les processus d’apprentissage dans les coopérations interculturelles peuvent contribuer à la création d’un avantage concurrentiel.

La stratégie discursive d'Hydro-Québec dans la controverse écologique de Grande-Baleine

Auteur

Christiane DEMERS

Michèle CHARBONNEAU

 

Résumé

Cette recherche exploratoire porte sur le discours construit par Hydro-Québec lors de la période de controverses ayant marqué le projet hydroélectrique de Grande-Baleine. Il trouve une expression d'ensemble dans le dernier chapitre du résumé du Rapport d’avant-projet rédigé par Hydro-Québec et publié en août 1993, peu de temps avant l'arrêt du projet. Utilisant une grille analytique inspirée de la théorie de la traduction telle que développée par Callon (1986) et Latour (1993,1995), nous analysons ce texte pour mettre au jour les stratégies utilisées par Hydro- Québec pour légitimer le projet Grande-Baleine. Nous tentons alors de démontrer qu'Hydro- Québec poursuit, d’abord, une stratégie réactive visant à se dissocier des principales accusations portées contre son projet. Par la suite, Hydro-Québec adopte une stratégie visant à enrôler des alliés qui lui permet de déplacer le problème en s’engageant dans l'univers des valeurs. Ainsi, Hydro-Québec ne s’avoue pas vaincue et semble même vouloir se hisser dans une position forte si on en venait à relancer le projet.. Nous discutons de ces observations à la lumière de la théorie de la traduction.

La veille stratégique chez les PME de haute technologie: une étude de cas par comparaisons inter-sites

Auteur

Josée AUDET

 

Résumé

L'objectif de cette étude était d'identifier des caractéristiques de veille stratégique susceptibles d'être associées à la performance des PME oeuvrant en haute technologie. La stratégie de recherche favorisée pour atteindre cet objectif a été l'étude de cas par comparaisons inter-sites. Les résultats ont permis d'ébaucher un profil des activités de veille caractérisant les PME de haute technologie connaissant du succès. Parmi ces caractéristiques se retrouvent la forte propension à l'innovation des membres de l'équipe dirigeante et la gestion stratégique de leurs réseaux d'information. De plus, la veille de ces PME est motivée par la recherche d'occasions et elle vise principalement l'horizon à long terme. Les résultats suggèrent également l'existence d'un lien entre les activités de veille, l'apprentissage organisationnel et la performance. Le succès des PME de haute technologie observées s'expliquerait ainsi par un processus d'apprentissage supérieur qui serait appuyé par des pratiques de veille favorisant cet apprentissage.

Le caractère stratégique des compétences relationnelles

Auteur

Eric PERSAIS

 

Résumé

Les récents articles publiés en Sciences de Gestion tendent à montrer l’importance des ressources intangibles, en particulier des capacités relationnelles, dans l’acquisition d’un avantage compétitif par la firme. Néanmoins, les chercheurs focalisent généralement leur attention sur les alliances qualifiées de stratégiques et qui conduisent deux ou plusieurs firmes à mettre en commun, par le biais d’accords juridiques ou de créations d’entités spécifiques, leurs compétences pour parvenir à bénéficier d’économies d’échelle ou d’effets de synergie. Peu de travaux se sont jusqu’ici intéressés aux réseaux de relations entretenues par les entreprises avec leurs multiples partenaires directs et à leur incidence sur la compétitivité des firmes. L’auteur propose ici de montrer que les compétences mises progressivement en oeuvre par les acteurs dans la relation avec les diverses parties prenantes contribuent à la performance des entreprises et peuvent par conséquent être qualifiées de stratégiques. Il cherche, ce-faisant, à donner un véritable contenu à la notion de compétence relationnelle et étudie les conditions de leur émergence et de leur développement au sein de la firme.

Le cheminement stratégique des entreprises polonaises dans la période de transition entre l’économie centralisée et l’économie de marché

Auteur

Renata KAMINSKA-LABBÉ

Franck MOREAU

 

Résumé

L'objet de cet article est d'analyser le cheminement stratégique des entreprises polonaises dans le contexte particulier de la transition entre l'économie centralisée et l'économie de marché. Le cadre conceptuel mobilisé combine les apports des travaux traitant de la complexité, le processus de formation des stratégies, les approches théoriques par les ressources et les compétences ainsi que les travaux sur les particularités de l'économie en transition et de la gestion en Pologne. Suite à une étude qualitative des interactions entre les différents éléments de l’environnement externe, les compétences et les réponses stratégiques de trois entreprises représentatives du contexte polonais, nous proposons une modélisation de leurs cheminements respectifs.

Le design d’environnement : un outil stratégique pour le dirigeant de PME ?

Auteur

Gaëlle DECHAMP

 

Résumé

L’environnement physique de l’entreprise ne focalise pas l’attention des chercheurs en gestion, et plus particulièrement en management stratégique, alors que lorsqu’il est analysé au travers du prisme du design management, il semble représenter un potentiel important d’aide à la gestion, notamment en PME. Cette communication a pour objet de définir les fonctions de l’environnement physique grâce à une analyse factorielle, puis de proposer une typologie de dirigeants de PME, selon leurs pratiques de gestion du design d’environnement. Nous comprendrons alors ce que les dirigeants de PME attendent du design d’environnement, et nous verrons que certains l’utilisent à des fins de gestion stratégique.

Le design d’environnement :un outil stratégique pour le dirigeant de PME ?

Auteur

Gaëlle DECHAMP

 

Résumé

L’environnement physique de l’entreprise ne focalise pas l’attention des chercheurs en gestion, et plus particulièrement en management stratégique, alors que lorsqu’il est analysé au travers du prisme du design management, il semble représenter un potentiel important d’aide à la gestion, notamment en PME. Cette communication a pour objet de définir les fonctions de l’environnement physique grâce à une analyse factorielle, puis de proposer une typologie de dirigeants de PME, selon leurs pratiques de gestion du design d’environnement. Nous comprendrons alors ce que les dirigeants de PME attendent du design d’environnement, et nous verrons que certains l’utilisent à des fins de gestion stratégique.

Le dispositif des incubateurs régionaux, catalyseur de l’essaimage universitaire ?

Auteur

Sandrine BERGER-DOUCE

 

Résumé

Le dispositif français des incubateurs régionaux lancé par la Loi sur l’Innovation de juillet 1999 vise à stimuler la valorisation économique de résultats de la recherche universitaire par la création d’entreprise (essaimage universitaire). L’objectif de ce papier est de présenter ce dispositif pluriel au travers de l’exemple de l’incubateur régional de Champagne-Ardenne et du cas LCM, première entreprise incubée dont le porteur de projet est une jeune Docteur en biologie végétale. L’approche adoptée est résolument exploratoire en raison du caractère de découverte du dispositif. Le questionnement porte sur le rôle de catalyseur potentiel de l’essaimage universitaire joué par les incubateurs régionaux.

Le rôle de l’acteur tiers dans la construction d’un réseau stratégique : le cas d’un syndicat professionnel

Auteur

Sébastien GEINDRE

 

Résumé

L’objectif de cet article est de montrer comment un syndicat professionnel agit comme un acteur tiers dans la construction d’un réseau stratégique de P.M.E.. A partir d’une étude de cas unique, nous détaillons le rôle de cette structure, dans le cadre particulier d’un district industriel, à la fois en tant qu’initiateur, facilitateur et garant de la confiance et de la coopération.

Dans la première partie de notre article, nous nous positionnons d’un point de vue théorique. Nous insistons sur les deux éléments fondamentaux de la définition des réseaux : l’objectif de coopération et la confiance comme mécanisme principal d’organisation des relations. Nous insistons ensuite sur la nécessité d’intégrer la notion de tiers dans la conceptualisation même des réseaux.

A partir de cette réflexion théorique, nous proposons d’appréhender l’action d’un syndicat professionnel en faveur de la création de relations de réseau entre entreprises situées au sein d’un district industriel. Un syndicat professionnel peut-il agir comme un acteur tiers dans les relations de réseau qui unissent plusieurs entreprises ?

Nous montrons que ce rôle de tiers peut-être tenu par un syndicat professionnel. Nous mettons en évidence que son action peut être décomposée en trois moments. Une première phase où le syndicat se positionne comme tiers initiateur en créant les conditions favorables à la réunion des différents acteurs susceptibles de coopérer. Ensuite, le rôle du tiers est de faciliter l’échange entre les parties prenantes. Enfin, son rôle est de garantir la confiance entre les coopérateurs.

Le rôle du don dans les processus d’alliances stratégiques. Le cas Renault-Nissan

Auteur

Pierre-Yves GOMEZ

Harry KORINE

Olivier MASCLEF

 

Résumé

La confiance est un thème de recherche essentiel pour comprendre le fonctionnement des partenariats . Les conditions d’émergence et de construction de cette confiance sont devenues un thème central dans l’analyse des négociations entre partenaires potentiels. Or la question est particulièrement difficile à résoudre lorsque les entreprises ne se connaissent pas au moment où elles enclenchent un processus d’alliance. Tel fut le cas entre le Français Renault et le Japonais Nissan qui ont réussi à créer le 4ème producteur mondial d’automobile bien que les sociétés n’avaient jamais été en contact avant le début des négociations. Comment un niveau de confiance suffisant s’est-il constitué entre ces entreprises pour aboutir à ce résultat spectaculaire ? Cette recherche utilise pour cela la théorie du don développée par Mauss puis Lévi-Strauss. En nous appuyant sur un cas réalisé à partir de l’interview extensive de tous les négociateurs de l’alliance entre juillet 1998 et mars 1999 (CEOs, chairman, responsables de la stratégie) nous montrons que l’accord a été consisté grâce à un flux ininterrompu de dons et contre-dons d’énergie, d’information et de capital réputationnel qui a construit la confiance et donc l’alliance. Nous montrons que la distinction que fait Mauss entre dons sollicitoires et dons de verrouillage est particulièrement appropriée pour décrire le déroulement des négociations et les différentes étapes du processus.

Légitimité, contenu et nature du management stratégique public : le cas des démarches stratégiques urbaines

Auteur

Christophe FAVOREU

 

Résumé

Cette recherche s’interroge sur l’existence, la nature et le champ du management stratégique public. Bien que légitimée par les récentes transformations de l’environnement et du cadre d’action des organisations publiques, l’approche stratégique en milieu public demeure un domaine relativement peu exploré où s’expriment de nombreuses visions contradictoires. L’existence reconnue au sein du secteur public d’enjeux et de défis stratégiques proches de ceux du privé suscite néanmoins un certain nombre d’interrogations fondamentales portant sur le contenu conceptuel et méthodologique, le contour et la nature du type de management stratégique applicable aux organisations publiques. Sur cette problématique et face aux divergences théoriques et aux faiblesses révélées par la littérature existante, une étude empirique est conduite. L’étude approfondie de démarches stratégiques mises en place par trois villes européennes permet, aussi bien d’un point méthodologique que conceptuel et managérial, de mettre en évidence les similitudes mais aussi les particularismes du management stratégique public par rapport aux méthodes du privé. Nos observations confirment l’idée d’un modèle intermédiaire, d’un management public à la fois adaptatif et autonome disposant de ses propres fondements conceptuels et théoriques.

Les alliances comme mode de mise en œuvre de la stratégie des hôpitaux publics français : construction d’un modèle d’analyse

Auteur

Sandrine CUEILLE

 

Résumé

Comment analyser le processus stratégique des organisations soumises à une évolution importante des conditions d’exercice de leur activité? Comment décrire ce processus? Comment expliquer sa formation? Quels enseignements en tirer au niveau des pratiques de gestion? Le cas des hôpitaux publics français (HPF) est à ce sujet exemplaire : l’environnement de ces organisations se caractérise en effet par l’existence de mutations à la fois récentes, de diverses natures et de grande ampleur. Le recours à des alliances avec d’autres acteurs du système de santé semble constituer un élément saillant des stratégies récemment mises en oeuvre par les HPF. Cette communication a pour objet de proposer un modèle susceptible d’expliquer l’émergence de ces alliances. Ce modèle est fondé sur la prise en compte de variables relatives aux caractéristiques de l’environnement et au mode de fonctionnement organisationnel des HPF. Plus précisément, nous établissons des liens entre la façon dont les principaux décideurs des HPF interprètent l’environnement de leur établissement (en termes de sources d’opportunités et d’intensité concurrentielle), la capacité d’adaptation au changement de la structure organisationnelle, et différentes composantes du processus stratégique des HPF (autonomie décisionnelle perçue, attention portée aux ressources stratégiques, recours aux stratégies d’alliance).

Les compétences clés de l’entrepreneur innovateur : l’influence de l’expérience pré-entrepreneuriale

Auteur

Karim HEBBAR

 

Résumé

L’entrepreneur joue un rôle important en matière d’innovation, il est fréquemment à l’origine de l’idée, mais il n’innove pas à partir de rien. Toutes créations nécessitent une gestion des ressources et de leurs emplois. Dès lors, l’entrepreneur innovateur se situe à l’interface de différents pôles attracteurs qu’il doit gérer de manière simultanée et cohérente. Notre étude s’est attachée à démontrer que l’expérience professionnelle accumulée par un entrepreneur avant la création d’une entreprise, confère une cohérence à la gestion des pôles. C’est un facteur qui permet à l’ensemble des paramètres nécessaires à la réussite d’une innovation, de former un tout cohérent, c’est-à-dire dans le souci des interrelations entre les variables de l’environnement clés de l’évolution. Les modèles dominants d’analyse de l’environnement partagent la conception fondamentale de celui-ci comme un système dans lequel des acteurs et des forces interagissent. Concernant sa compréhension par l’entrepreneur, ces caractéristiques suggèrent deux dimensions nécessaires au succès de produits innovés : la différenciation des éléments perçus dans le système et l’intégration entre les éléments du système. Quel que soit l’entrepreneur et quelle que soit son entreprise, l’environnement considéré peut être plus ou moins complexe intrinsèquement. Dès lors, comme la diversité d’expériences est source d’apprentissage pour l’entrepreneur, il sera apte à saisir la complexité de son milieu. La complexité intrinsèque de l’environnement influence la structure cognitive des dirigeants d’entreprise. Le rôle de l’expérience est un rôle intégrateur. L’entrepreneur innovateur capable d’innover avec succès, est celui dont l’expérience antérieure a permis d’intégrer à son schéma cognitif la complexité de son milieu. Sa perception sera alors congruente à son environnement.

Les comportements stratégiques des entreprises innovantes : Une approche par l’Ingénierie Financière

Auteur

Karine RAVON

 

Résumé

L'innovation résulte de la construction d'un réseau de partenaires hétérogènes aux compétences, intérêts et objectifs divers. De nombreuses recherches en économie, sociologie ou gestion étudient les jeux de relations entre ces différents acteurs mais aucune ne prend réellement en compte le rôle central des mécanismes juridiques et financiers dans la stratégie d'innovation. L'utilisation de techniques d'ingénierie financière dépasse en effet largement la problématique du financement de l'innovation. Elle constitue bien plus qu'un simple outil ; elle agit en "ciment" des relations entre les différents acteurs et l'entreprise et permet la solidification du réseau.

L’objectif de ce travail est de montrer que parce que les pratiques juridiques et financières ont un rôle fondamental dans le développement du processus d’innovation, elles peuvent être utilisées comme cadre d’analyse des comportements stratégiques des « start up » technologiques.

Les conclusions se fondent sur une enquête qualitative menée auprès d'acteurs des réseaux d'innovation et de sept entreprises innovantes.

Nous proposons de croiser les différentes configurations des réseaux d’innovation, les comportements stratégiques qui s’y rapportent et les pratiques d’ingénierie financière mises en oeuvre. Le rôle de l’ingénierie financière dans le développement du processus d’innovation peut alors être mis en évidence. L’observation de l’ingénierie financière permet de caractériser les comportements stratégiques. En s’adaptant aux objectifs stratégiques, en mettant en œuvre des montages qui répondent aux besoins, aux attentes de l’entreprise et des acteurs qui participent au processus d’innovation, elle reflète les comportements stratégiques des entreprises innovantes.

Les Coûts de Transaction et Olivier E.Williamson : Retour sur les fondements

Auteur

Olivier LAVASTRE

 

Résumé

Les deux conceptions du développement de relations coopératives dans l’organisation

Auteur

Stéphanie DAMERON

 

Résumé

Les mutations récentes dans l’organisation interne des entreprises ont de multiples visages. Un principe commun préside cependant à ces évolutions structurelles : le développement de relations coopératives. L’objet de cet article est de démontrer la pertinence d’une analyse dialectique des relations coopératives pour comprendre les mécanismes de génération de la coopération dans l’organisation.

Deux formes de coopération peuvent être définies théoriquement. L’une est générée par une rationalité calculatoire, nous la qualifions de « coopération complémentaire ». L’autre est engendrée par une rationalité identitaire, nous la nommons « coopération communautaire ».

A travers une grille de lecture transversale, nous confrontons cette double perspective au cas de deux équipes projet dans deux entreprises différentes. La coopération complémentaire et la coopération communautaire s’avèrent être présentes dans les deux cas, sans qu’aucune apparaisse sensiblement dominer l’autre. L’analyse des verbatims et des journaux de recherche permet de mettre en exergue cinq descripteurs de la génération de la coopération complémentaire et cinq descripteurs de la coopération communautaire. Nous précisons, lorsque nous les avons observées, les conditions dans lesquelles leur développement est favorisé, ou au contraire perturbé. Un retour à la théorie permet de commenter et de discuter ces résultats.

Nous concluons cette recherche sur les applications managériales de notre travail comme outil de pilotage d’équipes projet et sur une discussion des perspectives de recherche ouvertes par notre grille de lecture.

Les frontières de l'entreprise : Opérationalisation dans le cadre d'une stratégie d'externalisation

Auteur

Bérangère GOSSE

Caroline SARGIS

Pierre-Antoine SPRIMONT

 

Résumé

Les phénomènes de 'rétrécissement' de l'entreprise sont de plus en plus nombreux. L'externalisation en est l'une des origines. Elle peut être définie comme l'achat d'un bien ou d'un service qui était auparavant réalisé en interne auprès d'un prestataire et qui concerne des fonctions qui restent indispensables à la chaîne de création de valeur de l'entreprise. Notre étude cherche à apporter des éléments de réponse à la question suivante : quels sont les facteurs qui définissent les frontières de l'entreprise dans le cadre d'une stratégie d'externalisation. Dans une première partie, nous confrontons les deux cadres théoriques (TCT et RBV), fréquemment mobilisés par la littérature, pour appréhender l'externalisation. Un cadre conceptuel original vient prolonger cette présentation en intégrant théorie des coûts de transaction et approche par les ressources comme cadre d'analyse de l'arbitrage entre la zone de propriété et la zone d'externalisation. L'étude de cas d'une entreprise industrielle constitue la seconde partie de notre travail, à travers le compte-rendu de sa démarche d'identification du coeur de compétences. L'administration d'un questionnaire concernant l'ensemble des fonctions de cette organisation nous permet de confronter la logique de définition des frontières de l'entreprise observée avec le cadre conceptuel préalablement établi. L'analyse de nos entretiens avec les différents responsables de l'entreprise nous permet ensuite d'apporter un éclairage complémentaire au cadre conceptuel. En effet, la recherche d'efficience opérationnelle, première étape d'une stratégie d'externalisation, valorise les conclusions du modèle heuristique. Toutefois, l'approche par les ressources supplante le pouvoir explicatif de la théorie des coûts de transaction dans la seconde phase de l'externalisation, c'est à dire la recherche d'efficience stratégique. Cependant, ces deux cadres théoriques montrent leurs limites dans la définition des frontières de l'entreprise par leur manque de contextualisation. Ainsi, les leviers sociaux et juridiques sont absents de leurs conceptualisations. Dans le même temps, notre étude empirique confirme que les logiques de mimétisme atténuent la rationalité des décideurs et nous écartent des comportements efficients du cadre théorique. De plus, notre étude de cas montre que le noyau technologique de l'entreprise constitue un élément central de la définition des frontières et que les outils d'information et de communication produisent un effet non négligeable sur le rétrécissement de l'organisation.

Les interactions entre outils de gestion et connaissances. Application à une cellule de veille concurrentielle

Auteur

Cécile BELMONDO

 

Résumé

Les travaux issus du courant de recherche Knowledge Based (et en particulier ceux se réclamant des travaux de Nonaka, 1994) postulent pour la plupart que la possession de la connaissance adéquate suffit à la résolution des problèmes rencontrés par un groupe ou une organisation. Il nous semble cependant que la seule possession de la "bonne" connaissance, même au moment et à l'endroit adéquats, n'est qu'une partie de l'explication de la performance de certains groupes : nous nous proposons ici d'étudier les mécanismes de mise en oeuvre des différents types de connaissances dans l'action collective. Après avoir présenté les limites du modèle de Nonaka, nous proposons une typologie des connaissances en revenant aux définitions des connaissances tacites et explicites de Polanyi (1962) et justifions la prise en compte d'une étape de mise en oeuvre des connaissances en nous fondant sur des travaux de Cook et Brown (1999).

Nous nous intéressons en particulier aux interactions entre les connaissances individuelles ou collectives et les outils de gestion utilisés, en précisant les modalités de ces interactions, leurs effets sur l'action collective et en dernier ressort sur l'organisation même du groupe.

Nous étudions cette question de recherche dans le cadre particulier que constitue l'activité d'une cellule de veille concurrentielle en cours de structuration. Ce cadre est intéressant car les cellules de veille sont créatrices de connaissances ; et une cellule de veille venant d'être créée est confrontée au défi de se doter des outils et des savoir-faire nécessaires à son activité tout en se constituant elle-même comme un groupe. Ce cadre permet donc d'étudier la problématique dans le cadre d'apprentissages simple boucle et double boucle (Argyris et Schon, 1978) au cours de la structuration du groupe.

A ce stade, la cellule de veille a été observée pendant un an. Nous présentons une partie des observations issues des six premiers mois et discutons des éléments de corroboration des propositions présentées dans le papier.

Les intranets, occasions de renforcement et de transformation des communautés de pratique : Quatre études de cas

Auteur

Emmanuelle VAAST

 

Résumé

Les communautés de pratique sont définies comme des groupes d’individus qui effectuent des tâches communes ou interdépendantes, interagissent fréquemment, partagent des connaissances et rencontrent des problèmes proches, au sein d’une même organisation.

La conception des communautés de pratique fait l’objet d’un intérêt croissant. Pourtant, peu de recherches empiriques leur ont été spécifiquement consacrées. Cet article constitue une exploration de quatre de ces communautés de pratique. Plus précisément, il s’intéresse aux façons dont des intranets sont utilisés par les membres de communautés de pratique. Tout comme l’introduction d’une nouvelle technologie d’imagerie médicale dans les deux départements de radiologie étudiés par Barley (1986) a constitué une « occasion » de transformation des manières de travailler et des relations entre membres de ces départements, les intranets apparaissent comme des occasions de transformation des communautés de pratique.

Les intranets, réseaux internes des entreprises fondés sur les standards technologiques du web, présentent des caractéristiques qui font d’eux, potentiellement, des instruments de renforcement des communautés de pratiques.

Pour étudier la transformation des communautés de pratique par les pratiques des intranets, quatre études de cas ont été réalisées. Chaque étude de cas correspond à une communauté de pratique – au sein d’entreprises différentes - dont les membres utilisent un intranet qui leur est spécifique.

Les investigations réalisées montrent que les pratiques des intranets soutiennent les principales dimensions des communautés de pratique. Par ailleurs, les pratiques des intranets ne se développent pas de façon dissociée du fonctionnement quotidien des communautés de pratique. Au contraire, les façons dont les intranets sont utilisés par les membres des communautés de pratique dépendent du contexte, des types d’activités et des interactions directes qui s’y déroulent. Les pratiques des intranets s’inscrivent donc dans le fonctionnement quotidien des communautés de pratique. Ce faisant, elles contribuent également à leur transformation et à la transformation même des autres pratiques de la communauté.

Les pratiques des intranets dans les cas étudiés renforcent les communautés de pratique concernées. Ce renforcement provient en partie de l’image commune que l’intranet renvoie aux membres de la communauté de pratique, et en partie de complémentarités qui apparaissent entre les pratiques des intranets et les relations directes entre membres de la communauté. Toutefois, même si les pratiques des intranets renforcent les CP, elles peuvent également contribuer à l’émergence de clivages en leur sein.

Les mesures de restructuration comme sources de restauration de la compétitivité et de la performance des entreprises : une première approche qualitative-inductive

Auteur

Sylvie SCOYEZ-VAN POPPEL

Éric SEVERIN

 

Résumé

Les chercheurs qui se sont penchés sur le problème de la performance ont montré qu’il existait un panel important de mesures capables de restaurer la compétitivité de la firme. Ces mesures peuvent être organisationnelles, managériales, financières ou encore stratégiques et se rattachent aux concepts de réactivité, de flexibilité et d’ouverture. Cet article se propose dans un premier temps de présenter la méthode de recueil de données et dans un second temps d’analyser et de conceptualiser les résultats obtenus. Notre échantillon se compose de six entreprises ayant connu des difficultés et mis au point des mesures de restructuration. Notre démarche se veut essentiellement être qualitative dans la mesure où elle a consisté en un ensemble d’entretiens semi-directifs ayant pour objectif d’identifier et d’expliquer les différentes mesures de restructuration engagées par ces six entreprises lorsqu’elles ont connu des difficultés. Notre objectif est d’une part, de mettre en exergue l’ensemble des mesures de restructuration utilisées par les entreprises en difficulté et de vérifier les complémentarités de ces actions et d’autre part, de tenter de conceptualiser ces premiers résultats. De cette étude il ressort que, dans ce contexte, des mesures incontournables existent (réduction d’effectifs ou des coûts de structure) et ont pour objectif de favoriser la réactivité de firme dans son environnement. A ces premières mesures s’en ajoutent d’autres, tout aussi vitales, telles que la recherche de partenaires ou le désinvestissement, mais dont l’objectif est la recherche de la flexibilité et de l’ouverture. D’autres mesures, moins fréquentes mais complémentaires aux premières, apparaissent, il s’agit : de la réorganisation interne, du changement de dirigeant, de la renégociation, de la modification de la politique de dividendes. Il s’avère, par ailleurs, qu’aucune de ces mesures n’est incompatible avec l’autre. L’objectif ultime de ces mesures est bien de régénérer la performance d’entreprise et au delà le processus de création de valeur. Toutefois, cette étude est entachée de certaines limites. En effet, pour pouvoir s’intégrer dans un concept de downsizing, comme nous l’entendons, il est non seulement nécessaire d’appréhender l’ensemble de ces mesures et pas seulement de se limiter à la réduction d’effectifs mais il est également utile de repenser l’organisation du travail. Cette limite que nous reconnaissons à notre étude est source de pistes de réflexion pour l’avenir.

Les motivations de l’individu pour reprendre une entreprise

Auteur

Bérangère DESCHAMPS

 

Résumé

Le reprise d’entreprise par une personne physique constitue une modalité entrepreneuriale au même titre que la création ex nihilo. Cette contribution montre le comportement entrepreneurial du repreneur. Etudier les motivations des entrepreneurs conduit à identifier les raisons qui poussent les individus, à condition que le choix existe réellement, vers la reprise plutôt que vers la création ex nihilo, dans la mesure où la motivation première est de devenir dirigeant d’entreprise. Notre enquête montre que le choix est rarement envisageable. Les repreneurs sont, par conséquent, déterminés vers le rachat d’une structure existante. Les motivations qui poussent le repreneur à agir peuvent être rapprochées de celles de l’entrepreneur (titre 1), bien que notre enquête révèle que la plupart des repreneurs s’est tournée vers la reprise, sans hésitation avec la création ex nihilo. Des situations mettent en avant des motivations « repreneuriales » marquées (titre 2).

Les phénomènes de « spin-offs universitaires » : élaboration d’un cadre de référence conceptuel

Auteur

Fabrice PIRNAY

 

Résumé

Le concept générique de « spin-off universitaire » recouvre une variété importante de phénomènes différents. Au départ d’une analyse de la littérature qui leur est consacrée, nous développons dans ce papier un cadre de référence homogène permettant non seulement de déterminer les limites de leur domaine de validité (analyse du contenant), mais aussi d’appréhender leur diversité en construisant une typologie originale (analyse du contenu).

Nous proposons un cadre de référence conceptuel qui s’articule sur trois critères que sont (1) l’attitude de l’université à l’égard de l’entrepreneuriat (favorable ou non), (2) le statut des individus concernés (étudiants ou chercheurs), et (3) la nature des connaissances transférées de l’université vers la spin-off (produit ou service). Cette typologie permettra aux nombreux chercheurs de ce domaine de spécifier plus précisément la portée de leurs recherches, ce qui améliorera la comparabilité de leurs résultats respectifs et évitera des généralisations abusives.

Lutter contre l’éparpillement des connaissances actuellement produites dans ce domaine, atténuer ce sentiment de cacophonie aisément perceptible au sein de la littérature et faire en sorte que les auteurs parlent davantage les avec les autres et moins les uns après les autres, telles sont les principales contributions auxquelles cette communication aspire. L’avenir nous dira si ces efforts sont restés lettre morte ou si au contraire ils ont été salutaires pour le développement de ce courant de recherche… !

Les pratiques de vigilance au sein des projets de conception de produits

Auteur

Sébastien BRION

 

Résumé

Les disciplines de gestion parlent de plus en plus d’hyperturbulence, ou d’hypercompétition pour caractériser les contextes au sein desquels les entreprises évoluent aujourd’hui. Si ces environnements sollicitent davantage la vigilance des décideurs, on trouve peu de recherches sur le sujet. Cet article propose de faire le point sur cette notion en étudiant les pratiques de vigilance au sein des processus d’innovation. L’étude détaillée des processus de conception chez Philips permet ainsi de révéler les dimensions clés qui favorisent la vigilance au sein des projets.

Les stratégies d’implantation dans les pays en transition, le cas des multinationales japonaises en Chine et en Europe de l'Est

Auteur

Jacques JAUSSAUD

Johannes SCHAAPER

 

Résumé

Les pays d'Europe Centrale et Orientale (PECO) et la Chine s’ouvrent quasi simultanément dans le cadre d’un processus de transition vers des modèles économiques d’inspiration plus libérale. Cependant, les PECO ont tous abandonné le système communiste, alors que la Chine pratique une politique de libéralisation et d’ouverture tout en conservant les références au socialisme et une certaine planification centralisée. La transition attire les entreprises occidentales, japonaises, et même coréennes, qui voient là de nouvelles opportunités tant en termes de marchés qu’en termes de réduction de coûts par délocalisation. Nous étudierons dans cette contribution comment les multinationales structurent et contrôlent leurs implantations dans les économies en transition, Chine et pays d’Europe Centrale et Orientale, en nous concentrant sur le cas des firmes japonaises pour lesquelles nous disposons de statistiques appropriées (Tôyô Keizai, 1999).

Les styles de décision en action

Auteur

Bachir MAZOUZ

Jean-Michel VIOLA

 

Résumé

Un des nombreux paradigmes de recherche qui continuent à nourrir les approches faites autour des dirigeants et de la place que ces derniers occupent dans l’évolution de leurs entreprises, est le cognitivisme. Plus précisément, une des interrogations émergentes qui explore la nature des relations entre la diversité des trajectoires d’évolution des firmes et la diversité cognitive de leurs dirigeants. L’hypothèse fondamentale qui sous-tend nos travaux peut être formulée de la façon suivante : la diversité des trajectoires d’évolution des firmes trouverait une explication pertinente dans la diversité des mécanismes cognitifs impliqués dans leurs comportements décisionnels.

L’examen des trajectoires d’évolution de 34 PME siégeant dans le Nord de la France, révèle que 26 bifurcations sont marquées par un recours intensif des décideurs à des Styles Conjecturaux de Décision (SCD) versus Style Analytiques de Décision (SAD).

Ces mêmes résultats nous autorisent à avancer trois suggestions : (1) Il existe des conditions environnementales particulières qui favorisent le recours intensif aux SCD ; (2) Il existe des activités managériales pour lesquelles les SCD sont particulièrement efficaces ; (3) Il existe des profils socioprofessionnels de décideurs conjecturaux.

Nos apports académiques et professionnels plaident respectivement en faveur (1) du développement de programmes de recherche et d’enseignement orientés vers la créativité, l'intuition, l'aptitude au qualitatif et à l’holistique ; (2) de la reconnaissance explicite du rôle que jouent les capacités conjecturales dans la conduite des affaires et la pratique du management aux plus hauts niveaux des firmes.

Les temporalités des nouveaux entrepreneurs. Pressions temporelles, rites socio-organisationnels et conflits intra psychiques dans la nouvelle économie

Auteur

Jean-Jacques PLUCHART

 

Résumé

La recherche soulève la problématique des interactions entre la temporalité organisationnelle des start-up et la temporalité psychique de leurs créateurs. Elle s’efforce de tester l’hypothèse selon laquelle les organisations, systèmes et valeurs de la nouvelle économie sont de plus en plus soumis à la “ dictature du temps ” et sont générateurs de tensions intra psychiques croissantes chez les entrepreneurs. La recherche est mise en perspective par une revue des approches managériale, sociologique et psychique des temporalités des nouvelles organisations et de leurs acteurs. La méthodologie de la recherche – dont la visée est exploratoire - repose sur l’étude de six micro-cas relevant de trois secteurs de hautes technologies et de trois cultures socio-organisationnelles. La relation au terrain passe par une série d’entretiens ouverts avec les porteurs de projets, réalisés au cours du troisième trimestre de 1999. Les résultats de la recherche laissent apparaître que les systèmes d’action des start-up induisent une nouvelle relation de sens entre l’acteur, l’organisation et son environnement, qui ne peut être réduite aux seuls concepts socio-économiques, mais qui appellent le concours de notions psycho-affectives.

Logique de constitution des équipes projet et apprentissage organisationnel dans les projets de R&D

Auteur

Laurent BOURGEON

 

Résumé

L’évolution du contexte concurrentiel a consacré la capacité des entreprises à développer rapidement et dans de bonnes conditions économiques de nouveaux produits, produits ne cherchant plus seulement à satisfaire des besoins mais à apporter de la valeur au client, comme un facteur clé de leur compétitivité. Par ailleurs, la complexification et l'incertitude accrues de l'environnement des entreprises expliquent leur souci de mettre en oeuvre des apprentissages rapides et efficaces au cours des projets de R&D. L’objet de cette recherche est de mettre en évidence en quoi la logique de constitution des équipes en charge des projets de R&D influe sur les conditions d’apprentissage au cours de ces projets. Cette recherche montre que les entreprises privilégiant la rotation du personnel fonctionnel comme logique de constitution des équipes projet sont mieux à même de développer des apprentissages au cours de ces projets.

Mini-cas. Dissolution de l’Assemblée nationale en France (1997). Cas pédagogique (parties I et II) et note pédagogique

Auteur

Tamym ABDESSEMED

 

Résumé

Le Cas Dissolution de l’Assemblée nationale en France s’intéresse à la fabrique de la décision de dissolution de l’Assemblée Nationale par le président français Jacques Chirac en 1997. Le cas relate les faits et le contexte dans lequel est intervenue cette décision. La note pédagogique propose, sur la base d’un scénario pédagogique adapté, une analyse de la décision afin d’illustrer les modèles de décision que l’enseignant présentera.

Mode de gouvernance et « création de valeur » en petite entreprise. Application au secteur agroalimentaire du Languedoc-Roussillon

Auteur

Hervé REMAUD

 

Résumé

L’objectif de cette communication est double. D’une part proposer puis valider empiriquement les typologies proposées des comportements stratégiques-types du dirigeant ainsi que des structures de propriété de la Petite Entreprise (PE). D’autre part, mettre en évidence les différences de "création de valeur" résultant de cette typologie des modes de gouvernance. La question centrale que l’on se pose est donc la suivante : la création de valeur en PE dépend-elle de son mode de gouvernance ? Ou, pour préciser notre propos, la création de valeur en PE est-elle contingente du comportement stratégique-type du dirigeant et/ou de la structure de propriété de la PE ? Nous prendrons appui, afin de tester cette proposition de recherche, sur une enquête menée auprès de Petites Entreprises Agroalimentaires du Languedoc-Roussillon.

Les comportements stratégiques stylisés retenus sont des comportements qualifiés de patrimonial, entrepreneurial et managérial. En ce qui concerne les structures de propriété, nous avons retenu trois types de concentration du capital : aux mains d’une seule personne (et de sa famille) pour les PE indépendantes ; aux mains de plusieurs personnes physiques pour les PE adossées ; aux mains d’une personne morale pour les PE contrôlées.

Les indicateurs de mesure de la création de valeur ont été "contextualisés" aux spécificités des PE non cotées : la valeur ajoutée et le résultat net – normés par le chiffre d’affaires – puis le taux de rentabilité financière.

Les typologies des modes de gouvernances ont été validées statistiquement sur l’échantillon représentatif de PE agroalimentaires du Languedoc-Roussillon. Sur cette base, nous avons mis en lumière une relation de contingence entre ces modes de gouvernance et la création de valeur générée. Ainsi, globalement, la validation des hypothèses posées nous permet de répondre par la positive à la question de recherche "la création de valeur en PE dépend-elle de son mode de gouvernance ?"

Organisation professionnelle : la gestion des compétences clés dans les Grands Restaurants

Auteur

Carole DRUCKER-GODARD

Isabelle BOUTY

Marie-Léandre GOMEZ

 

Résumé

Pourquoi le meilleur des apprentis ne parviendra-t-il jamais exactement au même niveau de maîtrise que son maître ?

La question de l’application et du transfert des compétences est essentielle pour beaucoup d’organisations. Dans les organisations qualifiées de « professionnelles », cette question est véritablement fondamentale, d’autant plus que les compétences clés sont entre les mains d’un nombre restreint d’acteurs, parfois même d’un ou deux individus seulement. C’est le cas dans les grands restaurants, où le problème de la nature des compétences du chef, de son second et du reste de son équipe, est central.

Dans ces restaurants, dirigés par des chefs au talent internationalement réputé, les caractéristiques des organisations professionnelles sont exacerbées. Ainsi, il existe un très petit nombre de ces restaurants. La qualité exceptionnelle de leur cuisine est un indicateur de la rareté des compétences au sein du secteur. Ces restaurants présentent des niveaux d’excellence comparables mais leur cuisine sera toujours différente : deux chefs, deux cuisines. Enfin, Ces différences reposent sur les compétences distinctives d’un homme, le chef.

Cette communication présente les premiers résultats d'un projet de recherche plus large autour des compétences dans les grands restaurants français (soit la vingtaine d’établissements ayant trois étoiles au guide Michelin). Dans un premier temps, nous présentons notre projet de recherche global (centré autour de l’identification des compétences, leur dynamique et la création collective de valeur autour de compétences personnelles) et notre méthodologie qui s’appuie essentiellement sur des entretiens directs, des observations en cuisine et des données secondaires. Puis, nous identifions les compétences au travers de l’analyse d’un cas, en différenciant les compétences du chef, de son second, et des autres cuisiniers. Nous caractérisons les compétences spécifiques du chef et analysons leur coordination avec les compétences des autres cuisiniers ainsi que leur intégration dans l’activité collective.

Orientations stratégiques de la PME et influence de l’environnement : entre déterminisme et volontarisme

Auteur

Gaël GUEGUEN

 

Résumé

Notre travail se propose d'être une contribution à l'étude du choix des comportements stratégiques des entreprises de petites tailles dans un secteur émergent, celui de l'Internet. L'adoption ou non de certaines stratégies est vue de diverses manières dans la littérature en management stratégique. Soit l'on se place dans une perspective où l'environnement va conditionner fortement la stratégie adoptée (approche déterministe), soit l'on envisage que l'organisation peut choisir un comportement stratégique indépendamment de son milieu d'évolution, voire permettant de le transformer (approche volontariste). D'autres auteurs, vont envisager la mixité des deux approches dans l'adoption de l'orientation stratégique de l'entreprise. L'éventail des possibilités semble moins étendu lorsque l'organisation est de petite dimension. En effet, bien souvent, les recherches menées auront tendance à considérer que la PME subit sont environnement plus qu'elle ne le façonne. Cependant, la notion d'environnement est toute relative et permet d'englober une diversité d'analyses laissant place à un regard plus critique sur la relation PME - environnement. L'environnement pertinent de la PME peut s'avérer très proche et contrôlable. De ce fait, nous pouvons penser que le rapport de la PME à son environnement ne se limite pas à une simple vision déterministe mais nécessite une compréhension en terme d'interactions permettant d'introduire dans notre réflexion la présence de volontarisme.

Performance risque-rentabilité, mode de diversification et profils stratégiques

Auteur

Frantz MAURER

 

Résumé

A partir d’un échantillon de 42 entreprises industrielles Françaises diversifiées, cet article analyse la relation entre la performance risque-rentabilité et le mode de diversification (lié versus non lié). La performance "efficiente" ayant été définie comme la réalisation conjointe d’une rentabilité élevée et d’un niveau de risque faible, quatre groupes risque-rentabilité homogènes sont formés en utilisant des méthodes de classification hiérarchique (Ward) et non hiérarchique (K-means). Les résultats indiquent que les firmes engagées dans une stratégie d’activités non liées génèrent une rentabilité moyenne plus élevée et un risque moyen plus faible que celles poursuivant une stratégie liée. Cependant, la répartition équivalente des firmes diversifiées liées entre les groupes efficients et inefficients suggère que si la diversification non liée semble plus favorable que la stratégie liée à la réalisation d’une performance risquerentabilité efficiente, elle n’en est pas pour autant la garantie absolue. Afin d’établir une différence à caractère stratégique entre les groupes risque-rentabilité, sept variables exploratoires, en rapport avec les caractéristiques spécifiques de la firme et celles de son industrie d’appartenance, sont ensuite mesurées au niveau des groupes. Deux profils stratégiques particulièrement dissemblables sont alors isolés. L’un correspond à des "firmes leaders présentes dans des industries attractives et détenant une position stratégique dominante". L’autre correspond à des "firmes vulnérables en position stratégique défensive".

Peut-on concilier logiques manageriale et entrepreneuriale en PME?

Auteur

Karim MESSEGHEM

 

Résumé

L’entrepreneuriat est une notion qui a fait l’objet d’un vif intérêt, au cours des années 90, dans la littérature francophone en gestion. Les travaux se sont focalisés sur la création d’entreprise, mais l’entrepreneuriat peut être appréhendé de façon beaucoup large comme la recherche active de nouvelles opportunités. Nous avons retenu cette conception, défendue dans les travaux sur le « corporate entrepreneurship », pour montrer que les PME confrontées à une structuration de leur activité peuvent maintenir une orientation entrepreneuriale. Pour vérifier cette hypothèse, nous nous sommes appuyé sur une étude empirique auprès de dirigeants de PME. Nous avons identifié deux groupes d’entreprises selon l’intensité de leur orientation entrepreneuriale, et nous avons mis en évidence des différences significatives entre ces entreprises du point de la structure organisationnelle.

Policy Capturing et modèles linéaires hiérarchiques: une démarche de collecte et d’analyse des décisions managériales

Auteur

Jean-Luc ARREGLE

 

Résumé

Une des caractéristiques centrales de nombreuses recherches en management et en sciences de gestion est de travailler sur des modèles de décision d’individus. La collecte d’information et la mise en évidence de ces modèles posent de nombreux problèmes. Cet article présente la démarche de Policy Capturing qui permet de collecter de façon efficace des informations sur les modèles de décisions individuels, ainsi que la méthode d’analyse statistique des modèles linéaires hiérarchiques qui permet d’analyser ces informations et d’identifier les modèles de décision. Bien que très peu utilisées et peu connues en sciences de gestion, elles ont un fort potentiel que cet article a pour objectif de présenter en l’illustrant par les résultats d’une recherche sur les joint ventures internationales.

Politique d’investissement, stratégies de couverture et coûts d’agence

Auteur

Sami BACHA

Fatna HARRAR

 

Résumé

Cet article met l’accent sur les coûts potentiels liés à l’utilisation des stratégies de gestion des risques et de couverture des cash-flows. Ces stratégies permettent aux entreprises d’éviter les coûts élevés des financements externes en contractant des produits dérivés garantissant un autofinancement en fonction d’un niveau d’investissement prédéterminé. En présence de conflits d'agence, les dirigeants, profitant de l’absence du contrôle exercé par les investisseurs externes, sont incités à privilégier leurs intérêts privés au dépens de la création de valeur pour les actionnaires.

Pour une gestion stratégique des ressources humaines au Maghreb

Auteur

Kais GANNOUNI

 

Résumé

Pour acquérir une place dans ce nouvel environnement économique global, le Maghreb est appelé à développer le potentiel compétitif et technologique de l’entreprise locale [G. Mc Robie,1996], et ce en dépassant certaines difficultés organisationnelles. A ce niveau, la gestion de ressources humaines joue un rôle important. Elle génère un potentiel humain exploitable au niveau des choix stratégiques. Cependant, la fonction ressources humaines reste encore mal structurée dans les entreprises au Maghreb pour jouer un rôle moteur de création des compétences nécessaires à la maîtrise de l’innovation technologique [M. Ben Ferjani, 1992]. Reste à savoir comment la gestion de ressources humaines peut dépasser ses limites et contribuer à l'adaptation de l'entreprise maghrébine au contexte de la globalisation tout en considérant les spécificités économiques et culturelles du Maghreb. On choisi d'étudier le Maghreb, parce qu'il a déjà des similarités politiques, économiques, géographiques et socioculturelles constituant les germes favorables à la création d'une union maghrébine. En outre, la coopération et l'échange surtout scientifique entre ces pays peut déboucher sur l'amélioration de leur potentiel créatif, élément essentiel à la conception des solutions adéquates et "sur mesure" aux problèmes communs. Par ailleurs, on présentera dans ce papier, une étude comparative entre la Tunisie, l'Algérie et le Maroc. On commencera par l'analyse des caractéristiques organisationnelles de l'entreprise au Maghreb pour étudier la gestion de ressources humaines dans ces pays et identifier ses caractéristiques.

Processus de décision en groupe restreint : application du modèle du groupthink à une fusion

Auteur

Bénédicte VIDAILLET

Grégory GAMOT

 

Résumé

L’hypothèse sur laquelle s’appuie cette recherche est que, dans le cadre d’une fusion, la qualité du processus de décision de l’équipe chargée de définir la future organisation est susceptible d’avoir un impact sur la qualité des choix faits, et, ultimement, sur les performances de la nouvelle organisation. Nous avons analysé le processus ayant conduit un groupe restreint à effectuer les principaux choix concernant la future organisation, suite à une fusion. Les éléments de ce cas sont analysés à la lumière du cadre fourni par le groupthink, ce qui permet d’évaluer la pertinence de ce modèle dans l’analyse de décisions en entreprise, et d’adapter la théorie du groupthink à ce cadre particulier d’analyse.

Processus de socialisation lors de la phase d’intégration post-fusion : modalités de partage de connaissances tacites et construction de narration commune

Auteur

Frédéric LEROY

 

Résumé

Nous étudions ici les processus de socialisation lors de la phase d’intégration opérationnelle d’une fusion. La socialisation constitue un de des éléments majeurs à maîtriser pour le manager et un thème central pour le chercheur qui étudie les fusions-acquisitions.

Elle peut être définie comme un processus d’acculturation réciproque. Elle peut aussi être comprise sous l’angle de l’apprentissage de compétences difficiles à formaliser. La socialisation est alors traitée comme un moyen d’intégration mais aussi comme une occasion de partager des connaissances et de les enrichir.

Dans le cas présenté, nous étudions deux modalités de socialisation. D’une part, celle qui se produit au sein de communautés de pratiques et d’autre part celle qui se réalise dans le processus d’élaboration commune de récits.

Ces deux modalités de socialisation sont analysées dans les fonctions commerciales et dans la R&D. La socialisation s’y est traduite par un processus d’acculturation mutuelle qui a permis aux équipes de travailler ensemble. Elle a aussi pris la forme d’un apprentissage et d’un partage de compétences dans l’interaction. Le processus d’apprentissage s’est ainsi déroulé au sein de communautés de pratiques.

Mais l’apprentissage ne s’est pas fait seulement par observation, imitation ou par la pratique et l’acquisition d’expérience au contact d’experts. Il s’est aussi réalisé selon un processus de narration, de création d’histoires communes. L’utilisation de métaphores, d’histoires ou d’images a donc été appréhendée comme une forme de socialisation. La construction d’un récit collectif a aussi permis l’élaboration d’un sens commun et d’une communauté d’interprétations. La narration est donc posée ici comme un mode de construction collective du savoir, des pratiques et des identités. Ces deux processus de socialisation, par partage de compétences dans des communautés de pratiques et par construction commune de récits ont facilité la fusion des équipes des deux entreprises étudiées.

Profil du dirigeant et représentation des mécanismes du gouvernement d’entreprise

Auteur

Laurence BILLARD

Jean-Pierre BOISSIN

Bérangère DESCHAMPS

 

Résumé

A la suite des travaux de Charreaux (1997 pour une synthèse), la recherche sur les mécanismes de gouvernement d’entreprise s’est inscrite dans une vision globale des acteurs de l’entreprise, face à une représentation réductionniste centrée sur la seule relation actionnaires - dirigeant. Dès lors, le management stratégique se doit de mieux intégrer cet objet de recherche en rappelant les acquis de la discipline en la matière. Ainsi, la dimension plurielle des acteurs dans les processus de décisions stratégiques a déjà été soulignée (Martinet, 1984 et 1997). La définition du gouvernement d’entreprise de Charreaux (1997, p.1) intègre ce processus collectif à partir des mécanismes organisationnels : « Le gouvernement des entreprises recouvre l’ensemble des mécanismes organisationnels qui ont pour effet de délimiter les pouvoirs et d’influencer les décisions des dirigeants, autrement dit, qui “ gouvernent ” leur conduite et définissent leur espace discrétionnaire ».

Toutefois, le dirigeant n’occupe pas un rôle passif face aux mécanismes qui contraignent son pouvoir discrétionnaire et qui gouvernent sa conduite. Aussi est-il pertinent de réfléchir à l’influence du dirigeant sur ces mécanismes.

Une revue de la littérature permet de resituer la place du dirigeant dans la conception des mécanismes du gouvernement d’entreprise et d’intégrer, à partir des typologies d'entrepreneurs issues de recherches précédentes, les critères propres aux représentations du pouvoir et des objectifs à la fois individuels et collectifs des dirigeants (section 1). Le protocole d’une enquête quantitative concentrée sur des entreprises situées dans un district industriel (Plastics Vallée, France) est ensuite décrit (section 2). Le traitement du questionnaire fait apparaître une taxinomie de quatre groupes de dirigeants dont les profils semblent influencer les discours sur la conception et les attitudes en matière de mécanismes de gouvernement d’entreprise (section 3).

Proposition de modélisation du processus d’internationalisation de la PMI

Auteur

Blandine AGERON

 

Résumé

L'objectif de cet article est de proposer une modélisation du processus d'internationalisation pour les dirigeants de petites et moyennes entreprises. Cette communication est issue d'une recherche doctorale.

Propositions pour un méta-modèle de gestion de projet de changement. Le cas des établissements de santé publics en France

Auteur

Isabelle FRANCHISTÉGUY

 

Résumé

Changer l’organisation des établissements de santé français semble être devenu une nécessité. La succession de lois, ordonnances et décrets mis en application au cours de la dernière décennie montre bien l’intention du législateur d’obtenir une « maîtrise médicalisée des dépenses de santé ». Toutefois, ce changement « prescrit sur ordonnance » n’est pas un gage d’efficience, d’efficacité ni même d’effectivité ! Le secteur de la santé est un secteur d’activité que nous qualifions de complexe tant il est marqué par des spécificités qui nous semblent structurantes quant à l’organisation de l’activité où le changement parfois arrive de façon inattendue. La simple adaptation d’outils gestionnaires ayant fait leur preuve dans d’autres secteurs d’activités nous semble donc insuffisante, voire même inadéquate. Nous proposons au travers de cet article un modèle de gestion de projet de changement organisationnel spécifique au secteur de la santé qui permette d’intégrer les aspects de prescription et d’émergence s’inscrivant dans la perspective de la mise en oeuvre de l’amélioration continue. Cinq axes ont été dégagés après l’identification et le regroupement de « facteurs structurants » quant à la réalisation du changement organisationnel au travers de diverses expériences de recherche-action. Cinq axes à gérer de façon concomitante et qui constituent un « meta-modèle » qui doit permettre aux dirigeants ou responsables de projet de changement organisationnel de s’assurer que toutes les conditions sont réunies dans la perspective de mettre en oeuvre et surtout pérenniser la mise en oeuvre du changement organisationnel.

Quelle méthodologie de recherche appropriée pour une construction de la recherche en gestion?

Auteur

Hazem BEN AISSA

 

Résumé

Nous présentons dans ce papier une démarche générale de choix de méthodologie de recherche en gestion. Cette démarche permettra d’éclairer les facteurs qui permettent d’influencer le chercheur dans le choix d’une méthodologie appropriée. Cette démarche prend comme base deux éléments essentiels dans le choix de la méthodologie appropriée : la spécificité de la recherche en science de gestion (type d’informations à la disposition du chercheur) et le statut philosophique et épistémologique du chercheur.

Notre but n’est pas de donner une procédure de choix systématiques mais d’éclairer le chercheur sur les différentes voies possibles pour la conduite du processus de recherche et ceci dans un objectif d’efficacité dans son choix de méthode.

Quelles stratégies pour gérer la sûreté ? Le cas des centrales nucléaires françaises

Auteur

Benoît JOURNÉ

 

Résumé

Ce texte aborde la question de l’amélioration des très hautes performances dans des organisations placées sous la menace du « paradoxe d’Icare ». Une étude de cas pose le problème de la gestion de la sûreté des centrales nucléaires, par ailleurs au coeur d’un débat théorique qui oppose la théorie des accidents normaux au courant des organisations à haute fiabilité. Schématiquement deux systèmes de gestion de la sûreté, l’un « mécaniste » l’autre « organique » s’opposent termes à termes. Chacun repose sur une stratégie spécifique d’amélioration de la sûreté (Anticipation vs résilience) et sur un processus d’élaboration de la stratégie (planification vs émergence). Les deux systèmes s’opposent sur leur rapport à l’imprévu et sur les relations qu’ils établissent entre l’action et la réflexion. La très haute performance résiderait dans la capacité à articuler ces systèmes qui s’opposent et se complètent à la fois.

Notre approche « ressource based » fonde la légitimité micro organisationnelle et comportementale de la stratégie de résilience qui, au niveau global continue pourtant de souffrir d’un manque de légitimité. Ce pont établi entre les données micro et l’articulation macro des deux stratégies vient combler un vide théorique. L’amélioration de la sûreté passerait par une meilleure articulation entre la stratégie d’anticipation et la stratégie de résilience ; entre la planification et l’émergence. Cela ne signifie pas qu’il faille abandonner la stratégie d’anticipation mais plutôt qu’il devient nécessaire de légitimer la stratégie de résilience et de penser globalement leur articulation : la stratégie d’anticipation définit un cadre et fixe des repères à l’intérieur desquels une stratégie de résilience peut se développer.

Réagir à l’entrée de nouveaux concurrents : le cas du secteur bancaire français

Auteur

Lionel HONORÉ

Frédéric LE ROY

 

Résumé

L’objectif de cette recherche est de mieux comprendre les déterminants, les modalités et les implications de la réaction à de nouvelles entrées. En se fondant sur l’étude des comportements des firmes dans le secteur bancaire en France, nous montrons, tout d’abord, que les possibilités de réaction à une nouvelle entrée sont fonction du caractère différencié de cette entrée (plus l’offre est différenciée, moins les firmes en place ont la capacité de réagir). Nous montrons, ensuite, que, en cas d’entrée de firmes fortement innovantes, les firmes en place ont tout intérêt à tenter d’imiter le plus rapidement possible ces nouveaux entrants : moins elles imitent rapidement et efficacement les nouveaux entrants innovants et plus elles risquent de se retrouver durablement exclues des opportunités de marché à forte rentabilité créées par les nouveaux entrants.

Recentrage, élimination de synergies négatives et potentiel de croissance

Auteur

Claire FAVERJON

 

Résumé

Cet article s’intéresse aux recentrages d’entreprise et à leur impact sur la richesse des actionnaires. Traditionnellement, le recentrage est présenté comme une opération essentiellement défensive visant à éliminer une diversification en excès source de synergies négatives entre des activités disparates. Nous postulons que les recentrages peuvent présenter un aspect dynamique avec la volonté de croître sur le métier de base en vue d’atteindre une taille critique. Nous étudions les recentrages français sur la période allant de 1989 à 1998. Pour repérer la création de valeur associée à ces recentrages, nous utilisons la méthodologie des études d’événement appliquée à l’annonce d’un recentrage. Cette méthode vise à mesurer l’impact du recentrage au moment de son annonce au marché financier. Nous testons ensuite nos hypothèses concernant les sources possibles de la création de valeur obtenue.

Résultats, limites et perspectives de la recherche en management interculturel : quelques apports de la théorie des représentations sociales

Auteur

Nicolas LESCA

Anne BARTEL-RADIC

 

Résumé

Durant ces vingt dernières années, le management interculturel s’est affirmé pour s’établir en courant de recherche propre. Les avancées réalisées sont déjà importantes et on reconnaît maintenant presque unanimement que chercher un mode de gestion idéal et universel n’a pas forcément beaucoup de sens. Beaucoup de travail reste encore à faire pour permettre au domaine du management interculturel d’atteindre sa maturité. On constate notamment que le concept de culture nationale est trop limité pour décrire la diversité entre individus telle qu’on l’observe actuellement dans les équipes interculturelles.

Face à ces limites, il n’est pas inutile de recherche d’autres directions de recherche, en mobilisant notamment concepts et théories développés dans d’autres champs. La théorie des représentations sociales n’est pas sans intérêt alors qu’elle n’a pratiquement pas été prise en compte par les chercheurs en gestion. Cette théorie offre pourtant un éclairage nouveau sur la notion de culture. Une meilleure connaissance des représentations sociales permet alors de tirer quelques enseignements génériques qui s’appliquent autant à la culture nationale qu’à toute autre forme de culture de groupe.

Le rapprochement entre ces deux champs de recherche fait ressortir des similitudes et des complémentarités qui permettent d’entrevoir la théorie des représentations sociales comme fondement théorique possible pour certains travaux en management interculturel. Quelques pistes méthodologiques possibles, en sus de celles utilisées couramment en management interculturel, sont envisagées. L’esprit dans lequel certaines analyses sont menées pourrait également évoluer. Selon l’objet de l’étude, les regroupement d’individus devraient davantage se faire en fonction de leur représentations, qu’à priori, en fonction de leur nationalité. Des perspectives de recherche se profilent alors, parmi lesquelles compte le développement de possibles outils de management pour la gestion des équipes interculturelles.

Revue de littérature : Le transfert intra-organisationnel de connaissance

Auteur

Boris BERTHON

 

Résumé

Stratégie d’adoption du commerce électronique par les PME

Auteur

Nathalie AUCLAIR

François BERGERON

 

Résumé

Cette étude visait à identifier les facteurs d'adoption du commerce électronique dans les PME. Des études de cas auprès de six entreprises manufacturières ont permis de conclure que les facteurs importants sont: l’accès à des ressources humaines spécialisées, les bénéfices à retirer, les pressions externes à incidence économique et l’harmonisation stratégique du commerce électronique avec la stratégie d’affaires.

Stratégie de conception : quels rôles pour la fonction Achats?

Auteur

Richard CALVI

Marie-Anne LE DAIN

Slim HARBI

 

Résumé

Il est devenu commun d'affirmer que c'est au stade de la conception que les services Achats peuvent obtenir les meilleurs gains et dégager la plus grande valeur pour leur entreprise. Cette recherche, de nature exploratoire, se propose d'analyser les rôles que peuvent jouer les acheteurs pour susciter, contrôler et gérer l'innovation dans un contexte interorganisationnel. Cette approche conceptuelle débouche sur la proposition d’un outil de gestion permettant d’identifier les différentes problématiques d’intégration des fournisseurs dans le cas spécifique des projets de développement de produits nouveaux (PDPN). Pour chaque cas d’intégration, des préconisations managériales sont proposées.

Stratégie de rente dans les services urbains et la communication. Le cas Vivendi - Universal

Auteur

Christophe ASSENS

Alessandro BARONCELLI

 

Résumé

Cet article s’attache à découvrir si la notion de rente a encore une signification au sein de la nouvelle économie et plus précisément sur Internet, c’est-à-dire dans des domaines où les barrières à l’entrée restent fragiles et où la clientèle demeure versatile. À partir de l’étude biographique de Vivendi - Universal, 2ème groupe mondial de communication, nous montrons qu’il est possible, sous certaines réserves, de transposer le concept de rente économique de l’industrie traditionnelle vers les NTIC. Pour cela, il s’agit de diversifier et de personnaliser une offre de services autour du client, en cherchant à capitaliser sur des relations de fidélité.

Stratégies d’accession aux marchés lointains des petites entreprises

Auteur

Pascale BLANDIN

 

Résumé

Stratégies de croissance et gouvernement des entreprises de biotechnologies

Auteur

Jean-Pierre BOISSIN

Michel TROMMETTER

 

Résumé

Dans le cadre des analyses sur la nouvelle économie, et en particulier sur les entreprises de haute technologie, deux secteurs sont particulièrement cités : les technologies de l’information et les biotechnologies. Alors que les entreprises de biotechnologies sont décrites, en général, comme un secteur d’activité, elles font en réalité référence à de nombreuses activités différenciées (pharmacie, agroalimentaire etc.). De même, alors que l’on présente ces entreprises comme des entreprises de haute technologie à forte potentialité de croissance, on peut trouver différents types d’organisations industrielles dont les objectifs de croissance sont variables. C’est pourquoi dans la continuité de ces derniers résultats, nous allons étudier les contextes et les pratiques de gouvernement d’entreprise de 60 PME de biotechnologies en France, à partir d’entretiens avec leurs dirigeants. Trois grandes dimensions ont été retenues pour cette analyse : les stratégies de croissance, les structures de propriété afférentes et les signaux incitatifs émis pour le financement de projets innovants. La première section présente la méthodologie retenue pour notre enquête et pour le choix des entreprises. La deuxième section analyse le contexte du gouvernement d’entreprise avec le lien entre type d’activité et structure de propriété de l’entreprise en s’efforçant d’intégrer la diversité de management. Si un lien apparaît entre structure de propriété et stratégie de croissance, il relève d’abord du profil de l’entrepreneur et de ses besoins de financement. Enfin, dans une troisième section, la démonstration est faîte de pratiques de signaux différenciés selon les structures de propriété. Les signaux traditionnels s’avèrent peu adaptés. De nouveaux signaux émergent pour assurer les financements des entreprises à fort potentiel de croissance. A partir de ces signaux émis, il ressort des pratiques différenciées de gouvernement de ces entreprises.

Une formation universitaire en gestion en alternance comme levier de développement des petites entreprises : Le cas de l’IUT Lumière de l’Université de Lyon 2

Auteur

Isabelle BARTH

Isabelle GENIAUX

 

Résumé

Une nouvelle perspective sur le développement de compétences dans les industries émergentes

Auteur

Valérie CLAUDE-GAUDILLAT

 

Résumé

Dans ce papier, nous discutons du développement de nouvelles compétences dans le cadre d’industries émergentes. Après avoir donné une définition d’une industrie émergente, nous expliquons pourquoi de nouvelles compétences doivent être mises en oeuvre et identifions deux catégories d’acteurs : les nouvelles firmes et les acteurs établis. Nous identifions trois modes de développement de compétences : le développement interne, les alliances, les acquisitions. Nous analysons ensuite l’adéquation de chacun de ces modes à l’environnement spécifique d’une industrie émergente. Le modèle intègre trois catégories de facteurs pour expliquer les stratégies mises en oeuvre par les firmes pour développer de nouvelles compétences dans les industries émergentes : les caractéristiques de la firme, ses objectifs stratégiques et le comportement des autres firmes.

Vers un traitement collectif de la lutte contre l’illettrisme en entreprise

Auteur

Pascal MOULETTE

 

Résumé

Beaucoup d’entreprises rencontrent des difficultés pour faire évoluer les compétences de leurs salariés faiblement qualifiés et particulièrement ceux en situation d’illettrisme. Plusieurs causes peuvent expliquer ces lacunes. Le premier est le constat d’une accélération de l’évolution des technologies et des marchés qui provoque une remise en cause permanente de l’organisation du travail et du travail attendu. Le second est le manque d’apprentissage organisationnel qui amènerait à penser que l’illettrisme de certains salariés est lié à l’illettrisme relatif des entreprises en termes de management des connaissances et des compétences. Le manque de formalisation et de capitalisation des connaissances, le manque d’approche globale dans les actions menées pour favoriser le relèvement des compétences, le manque d’anticipation, le manque de visibilité sur les coûts de la non-action sont ainsi des révélateurs de ce manquement. Il se traduit par la difficulté des dirigeants ou de l’encadrement à pouvoir faire évoluer les compétences et connaissances de leurs salariés par manque de repères structurés. Le manque de médiation, d’exigence et d’accompagnement des salariés tout au long de leur vie au travail nous paraît être ainsi un facteur explicatif des routines défensives et de blocage à l’apprentissage organisationnel. Le succès de la lutte contre l’illettrisme par une action à dimension organisationnelle, constaté dans une entreprise de traitement et de conditionnement de poissons, nous indique pourtant que des solutions peuvent apparaître autant économiquement que socialement adaptées.