Communications non classées

Construction d'une échelle de mesure de la capacité d'absorption

Auteur

Vincent CHAUVET

Résumé

L’importance de la capacité d’absorption ne cesse de croître depuis le premier article de Cohen et Levinthal (1990). Cependant, ce concept assez largement étudié d’un point de vue théorique, n’a pas fait l’objet d’une opérationnalisation. Après une analyse en profondeur de ce concept, le but de cet article est de créer une échelle de mesure, basée sur les quatre dimensions mises en avant par Zahra et George (2002): acquisition, assimilation, transformation et exploitation.
Nous allons lancer des Analyses en Composantes Principales (ACP) pour observer les dimensions de ce concept, puis nous allons tester la fiabilité de nos échelles de mesure à l'aide de l'alpha de Cronbach. Enfin, dans un souci de confirmation de nos échelles, nous procédons à des Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC). En utilisant une méthode d’équations structurelles pour estimer la validité de construit nous souhaitons faire le choix d’une structure factorielle adaptée, tant du point de vue statistique que conceptuel.
L’ensemble des analyses que nous avons menées nous permet de confirmer la fiabilité et la validité des échelles de mesure de la « capacité d’absorption ». La méthode des équations structurelles nous a permis de vérifier la validité de contenu de notre questionnaire et de confirmer la structure factorielle de nos construits.
Les apports de cette recherche résident dans la construction d’une échelle de mesure de la capacité d’absorption qui devrait permettre de mesurer le niveau d’apprentissage d’une entreprise en évaluant la capacité d’absorption des employés de façon individuelle.
La construction d’une échelle de mesure de la capacité d’absorption ouvre des perspectives importantes en terme de recherche sur l’apprentissage organisationnel et son efficacité, que ce soit à travers une création de connaissances qui conduit à taux d’innovation plus élevé ou à une meilleure flexibilité stratégique pour l’entreprise.

Adaptation internationale des écelles de mesure entre universalisme et culturalisme: application à la mesure de l'environnement de l'entreprise

Auteurs

Dominique Besson

Slimane Haddadj

Résumé

Dans le cadre de recherches en stratégie impliquant une dimension internationale, la question de l’utilisation d’échelles de mesure ayant une validité dans plusieurs pays se pose. On se rend compte que souvent des chercheurs utilisent des instruments de mesure venus des Etats Unis sans se soucier de leur fiabilité et validité. Plus précisément, faute d’une réflexion sur les construits et de test sur les énoncés des items, les écarts de validité ou les différences de facteurs dans les résultats de l’administration de mêmes échelles de mesures dans des pays différents sont souvent expliqués par des différences culturelles irréductibles. Une démarche méthodologique plus rigoureuse doit dépasser le constat de la différence culturelle, souvent prétextée pour éviter de rechercher la fiabilité et la validité d’un instrument de mesure. Une telle démarche permet d’utiliser les apports des tenants de chacune des deux thèses du débat entre universalisme et culturalisme dans l’adaptation des échelles de mesures.
Après une réflexion sur ces questions, ce travail adapte en français une échelle de mesure de l’environnement de la firme à partir de travaux nord-américains (Miller, Friesen, 1982, 1983), en appliquant une méthode rigoureuse. L’apport de cette communication est triple. Cette échelle de mesure pourrait devenir un outil de mesure pour les recherches qui se font enFrance. Traduite dans plusieurs langues, cette recherche pourrait permettre dans le cadre de recherches comparatives au niveau international de disposer de données construites sur des instruments fiables et validés, et ainsi permettre aux chercheurs de pouvoir appréhender les mêmes construits sur le plan conceptuel dans plusieurs pays. Enfin, le travail que nous proposons, inspiré du paradigme de Churchill (1979) sur le plan de sa méthodologie pourrait servir de guide aux chercheurs en gestion qui voudraient développer des échelles de mesure.


Abstract
In the international Business Administration research, the question of using scales of measure that have validity in several countries should be asked. In fact very often, researchers use scales of measure coming from the U.S., but they did not take into account the reliability and the validity of the measure in their translated scale. In this case, it is important to overcome the idea of the cultural difference, which is invoked in order to avoid to look for reliability and validity.
Based on problems related on reliability and validity, this article proposes to develop a French scale measure from scales that already have been used in North America. The interest of this article is to provide a French questionnaire for researches in France. Moreover, translated in several languages, the questionnaire could be used in international researches that are looking to measures constructs that possess reliability and validity. At last, inspired from the paradigm of Churchill (1979), this article provides the opportunity to use a rigorous methodology in order to develop scales of measure.

Stratégies des acteurs : prolongements méthodologiques des matrices d’impacts croisés. Application au cas français de la prestation spécifique dépendance

Auteur

Ali SMIDA

Résumé

Introduite par des chercheurs américains vers la fin des années 1960, la technique des matrices d’impacts croisés se révéla assez rapidement comme un outil puissant pour comprendre les interactions et permettre la hiérarchisation des variables. Elle a ainsi cherché à répondre à l’une des préoccupations majeures du management stratégique : hiérarchiser les informations pour mieux agir sur l’environnement interne et externe de l’entreprise.
Les recherches qui ont porté par la suite sur cette technique ont exploré différentes pistes qui ont donné naissance à trois variantes principales de matrices d’impacts dont chacune a connu des améliorations successives et a rencontré des problèmes spécifiques: l’analyse structurelle, l’analyse des jeux d’acteurs et les matrices d’impacts probabilistes.
Mais ces recherches ne distinguent pas, dans la typologie des variables, les impacts négatifs de ceux qui sont positifs pour calculer les motricités et les dépendances. Pourtant, les impacts négatifs sont des forces de freinage, d’opposition,… alors que les impacts positifs sont des forces d’accélération, d’adhésion, de soutien,…
Notre travail se penche exclusivement sur les apports de la matrice d’impacts croisés à l’analyse structurelle et propose des prolongements méthodologiques de ces apports. Il a pour but d’affiner la typologie des variables, en tenant compte de leur nature accélératrice ou inhibitrice, accélérée ou freinée. Nous obtenons ainsi une classification plus fine de ces variables et donc des actions plus ciblées deviennent alors possibles. Les prolongements méthodologiques que nous proposons projettent ainsi de mettre à la disposition de la stratégie (science dite de l’action) des leviers pour agir sur les variables de l’environnement interne et externe de l’organisation.
Les variables utilisées par les acteurs de la prestation spécifique dépendance ( PSD ) en France pour essayer de réaliser leurs stratégies serviront à illustrer la méthode proposée dans ce travail.

Le sacrifice dans les stratégies de partenariat : Le cas nortel-géodis

Auteurs

Pierre-Guy HOURQUET

Olivier MASCLEF

Résumé

L’objectif de l’article est de mettre en évidence, grâce à l’analyse du partenariat entre deux sociétés (Nortel et Géodis), l’existence de dépenses et de destructions de richesses sans compensations immédiates effectuées par le plus petit à l’attention du plus puissant. Pour expliquer l’existence de ces prestations très particulières, nous ferons référence à la théorie du sacrifice religieux développée par Hubert & Mauss que nous adapterons pour proposer une définition du sacrifice en management. Dans cette perspective, nous présenterons la nature du sacrifice managérial et nous en développerons les fonctions, dont la principale est la communion c’est-à-dire la construction et la restauration du lien social entre les parties prenantes. Nous montrerons ainsi que le partenariat Nortel-Géodis a pu se développer malgré des crises très graves, parce que Géodis a su effectuer des sacrifices pour conserver de bonnes
relations avec Nortel.

Les conflits dans les partenariats d'innovation : essai de propositions

Auteur

Marc Fréchet

Résumé

Les partenariats sont devenus un point de passage obligé pour toutes les entreprises innovantes. Cependant, des difficultés relationnelles sont souvent rencontrées par les décideurs. Or il existe peu d'article qui traite concrètement de cette question. L'objet de cet article a donc été d'estimer quels pouvaient être les facteurs susceptibles d'influer sur les risques de conflit dans les partenariats d'innovation. Trois ont été retenu et décrit: l'asymétrie d'interdépendance, les normes et valeurs partagées par les organisations et les ressources/compétences relationnelles dont elles disposent.

Un essai de clarification des stratégies entrepreneuriales collectives : Application au secteur des métiers d’art

Auteur

Stéphanie LOUP

Résumé

Les stratégies entrepreneuriales élaborées dans le secteur des métiers d’art montrent une relation très forte entre l’acte individuel et le collectif. Les petites entreprises de métiers d’art doivent défendre une image commune face aux nouveaux entrants en mettant en oeuvre différentes stratégies  entrepreneuriales collectives.
L’objectif de cette communication sera d’essayer de clarifier la notion de stratégies entrepreneuriales collectives.
Le modèle basé sur les ressources, complété par les travaux sur la coopération et le capital social, offre un cadre conceptuel adéquat pour mieux comprendre les stratégies entrepreneuriales. Compte tenu de la nature de la problématique et des objectifs de ce travail, l’outil d’analyse retenu sera l’étude de cas. La stratégie entrepreneuriale collective peut être définie comme la stratégie d’un ensemble de dirigeants renonçant à leur propre stratégie individuelle au bénéfice d’une action collective nouvelle dans le but de saisir une opportunité jusqu’alors inexploitée ou d’éviter une menace de l’environnement jusqu’alors inexistante, avec l’espoir de retirer ultérieurement et individuellement les bénéfices d’un tel choix, c’est à dire de prendre, de conserver ou de créer un avantage compétitif. Afin que ce renoncement soit possible et que le risque d’opportunisme soit limité il est important que la stratégie soit réalisée entre dirigeants à « proximité » géographique ou professionnelle les uns des autres.
Une stratégie entrepreneuriale collective peut être réactive en réponse à la demande d’un tiers ou proactive, si elle émerge des seuls acteurs du secteur. La constitution d’une stratégie entrepreneuriale collective nécessite la constitution d’une identité collective permettant le partage des représentations et des valeurs. Ce partage est facilité si les identités individuelles sont similaires. La trajectoire socioprofessionnelle des acteurs est un indicateur intéressant de l’identité individuelle. Au vue des cinq cas présentés nous pouvons définir au moins 4 types de stratégies entrepreneuriales collectives : corporatiste ; communautaire ; coopérative ou collaborative.

Exploration des spécificités et des enjeux de l’essaimage en PME

Auteur

Eric Michael LAVIOLETTE

Résumé

L’essaimage couvre toutes les situations de création d’entreprise par les salariés avec un appui de leur ex-employeur. Relativement peu étudié, l’essaimage a fait l’objet d’une attention plus soutenue ces dernières années. Toutefois, l’angle privilégié reste systématiquement celui de la grande entreprise. Notre recherche explore les spécificités et les enjeux de ces processus en petite et moyenne entreprise et nous défendons la thèse que l’essaimage peut être un levier stratégique dans ce contexte. En appui sur des  études de cas, nous ferons valoir que si l’essaimage s’inscrit dans des enjeux de la gestion communs à toute entreprise : innovation, externalisation ou encore mobilité, il reste néanmoins particulièrement adapté au contexte de la PME de par sa capacité de réponse à des problématiques propres à cette dernière. Cette adéquation nous l’expliquons aussi par les congruences entre les dimensions de l’essaimage et les spécificités du management stratégique de la PME.

La légitimité d'accompagnateur des organismes institutionnels de conseil en management auprès des TPE

Auteur

Olivier CULLIERE

Résumé

Partant du constat du manque de recours au conseil en management de la part des dirigeants de TPE, l’idée principale de l’article soutient que les prestataires institutionnels de ce type de services souffrent d’un déficit de légitimité aux yeux des entrepreneurs. Le concept central qui est développé est celui de la légitimité d'accompagnateur. Celle-ci désigne le caractère désirable, juste ou approprié d’un organisme de conseil. Conformément à l’approche managériale de la légitimité organisationnelle, nous proposons donc que ces derniers ont le pouvoir de provoquer une incitation au recours à leurs services en manipulant certains de leurs attributs organisationnels évocateurs. Sept attributs jugés sources de légitimité sont
énumérés : l’expertise, la finalisation, l’empathie, l’interactivité, l’implication, la lisibilité et la réputation. Par ailleurs, la valeur accordée à chacun d’eux variera en fonction du contexte propre au demandeur de conseil. Ainsi, quatre facteurs de distinction des TPE sont proposés : les types d’activité, d’environnement, de motivations entrepreneuriales et de besoins de conseil. Attributs et facteurs situationnels sont en somme réunis dans un modèle d’incitation au recours au conseil en management. Ils sont ensuite croisés dans une grille d’analyse de la légitimité d'accompagnateur plus adaptée à la prise de décision des institutions de conseil. La grille vise à renseigner sur le type de légitimité qui est privilégié par les différentes catégories de TPE retenues. Il est enfin fait référence à la dimension communicationnelle du métier de conseil, notamment grâce aux théoriciens de l’Impression management.

Transfert de compétences techniques et managériales dans les partenariats asymétriques - Le cas des alliances interentreprises franco-libanaises

Auteur

Serge EDOUARD

Résumé

L'économie des organisations – approche contractuelle et approche par les ressources et les compétences – fait de l'existence de portefeuilles de compétences équivalentes et complémentaires pour chaque partenaire la condition nécessaire du transfert interorganisationnel de compétences au sein des alliances. Doit-on en conclure qu'aucun transfert n'intervient au sein d'un partenariat asymétrique, entre une firme multinationale et une firme locale d'un pays émergent, où les dotations en compétences sont inégales ? L'étude exploratoire menée sur 12 partenariats interentreprises franco-libanais montre clairement l'existence de tels transferts, à des degrés différents. Ces transferts sont en général unilatéraux et hiérarchiques, de la firme française vers le partenaire libanais ou l'alliance, rarement séquentiels. On constate également que le transfert de compétences managériales n'a rien de systématique, produit joint, parfois contraint, de celui de compétences techniques. Il s'agit alors d'expliquer ce paradoxe entre la théorie et le terrain. Notre recherche nous conduit à considérer le niveau et le différentiel des capacités dynamiques, entre la capacité d'absorption de la firme libanaise et la capacité d'adaptation de la firme française, comme variable explicative de la qualité et complétude des transferts de compétences. Il ressort en effet que le transfert de compétences est d'autant plus complet que (1) chaque partenaire a développé un niveau élevé de sa capacité dynamique clé et (2) capacité d'absorption et capacité d'adaptation sont proches. Enfin, on met en évidence une relation positive entre performance de l'alliance et degré de complétude des transferts de compétences.

Le management des connaissances : état des lieux et perspectives

Auteurs

Mohamed BAYAD1

Serge Francis SIMEN

Résumé

Malgré son intérêt stratégique pour la gestion des organisations dans un environnement de plus en plus compétitif, la question du management des connaissances reste relativement limitée et manque de supports empiriques convaincants. C'est pourquoi nous nous proposons, dans cette communication, de survoler l’ensemble des résultats des recherches portant sur les différentes approches du management des connaissances afin de positionner et de mettre en perspective les activités et les dimensions du management des connaissances qui en découlent pour les entreprises. Cette communication suggère un axe de progrès, propose de développer des initiatives selon quatre grandes orientations.
En particulier, il nous semble que la question du management des connaissances a très peu fait l’objet de travaux empiriques, les recherches se limitant à l'étude des transferts de technologies. En effet, l’objet de notre étude implique un niveau d’analyse original au vu des différents travaux portant sur le sujet et réalisés dans des pays développés.
De fait, toute la dimension cognitive de cette dynamique reste à explorer, en interrogeant le processus organisationnel mis à l’oeuvre lors de l’introduction d’un système de capitalisation des connaissances.
De plus en plus d’études organisationnelles appréhendent l’entreprise comme un corps de connaissances. Ainsi, lors des tentatives de mise en place de système de Management des connaissances, il a été constaté qu’il existe souvent un conflit entre l’approche « ressources humaines » et l’approche « technique ou informatique ». Autrement dit, entre une approche qui met l’accent sur la personnalisation des connaissances et une autre qui s’intéresse à la codification de celles-ci.

Perspectives internationales pour le management stratégique des entreprises de services : construction d’un cadre heuristique de type « framework »

Auteur

Paul Marc COLLIN

Résumé

Un des phénomènes actuels les plus marquants est celui de l’internationalisation des services (Tersen et Bricout, 1996). Réputés difficilement exportables (Segal-Horn, 1993), ils prouvent pourtant jour après jour leur capacité à se développer à l’international (Vandermerwe, 1989 ; Campbell et Verbeke, 1994 ; Gadrey, 1994 ;). Pourtant, les chercheurs en gestion se sont relativement peu intéressés à cet objet. Cette limite du corpus international usuel a motivé la présente recherche sur le déploiement international des services à forte infrastructure technique organisés en réseau. Afin de pallier les limites du corpus usuel nous avons entrepris d’introduire une approche alternative : celle de la traduction (Callon, 1986 ; Callon et Latour, 1991 ; Latour, 1989). Sensible à l’analyse des processus de transformation des organisations dans la durée, cette école offre en outre l’avantage d’introduire la notion d’actant non humain (parmi d’autres concepts), objet technique essentiel au fonctionnement des réseaux sociotechniques internationaux. Nous avons commencé par soumettre notre matériau  empirique (études de cas dans le secteur des réseaux bancaires électroniques internationaux) au cadre
théorique de l’école de la traduction, dans une visée interprétative. Toutefois, cette étape interprétative nous semble devoir être complétée par une étape de conception d’un cadre opératoire de type « framework » (Porter, 1991, p.95). Cette démarche ingéniérique (Claveau, Martinet et Tannery, 1998, p.70 ; David, 1998, p.44) a pour but de mettre à la disposition des cadres dirigeants de ces entreprises de services internationales un outil présentant trois qualités centrales : une capacité d’aide à la conception, une capacité de conception « ex ante » des problèmes, et une capacité de conception collective (Claveau et Tannery, 2000, p.86). Notre travail comporte un double enseignement : d’une part, l’enrichissement de l’interprétation d’un objet important, singulier et générique à la lumière d’une sociologie de l’innovation encore relativement peu utilisée en sciences de gestion ; d’autre part, la conception d’un outil à l’usage des dirigeants pour les aider à construire collectivement leur stratégie.

La contribution des managers à l’acquisition d’un avantage concurrentiel par la compagnie. Une étude fondée sur le concept d’action collective

Auteur

Rodica Corina MICU

Résumé

Il est généralement admis que les processus responsables de l’acquisition et de la conservation d’un avantage concurrentiel sont marqués par une causalité ambiguë. Pourtant, il existe une multitude de modèles explicatifs : les explications fondées sur l’organisation de l’industrie, sur les ressources, sur les compétences, sur les capacités dynamiques, sur les connaissances et sur l’apprentissage organisationnel, sur les rentes organisationnelles, et l’unicité d’un phénomène causal, à la base de ces modèles explicatifs n’a pas été établie. De plus, les définitions de la notion d’avantage concurrentiel sont difficile à trouver. Dans la première section de l’article, nous présentons et discutons la synthèse d’une revue raisonnée de la littérature spécialisée. La discussion aboutit à la conclusion que le phénomène causal recherché est lié à l’action humaine et que la quasi-totalité des modèles explicatifs passés en revue peuvent être rattachés à la problématique de la création d’une compétence distinctive,
par les managers, même si toutes les valences de cette problématique ne sont pas considérées dans ces modèles. Dans la deuxième section nous présentons quelques caractéristiques fondamentales de l’action humaine à partir d’une approche plurielle : économique, psychologique et sociologique comme le fait qu’elle soit une modalité fondamentale de relation de l’être humain à ces environnements naturel et social et que toute action soit codéterminée par la cognition et par la motivation. Nous nous intéressons également à deux méthodes utilisées en sociologie pour étudier les faits sociaux. Dans la troisième section, des emprunts faits à la méthode sociologique nous permettent de passer l’obstacle de l’ambiguïté causale et d’esquisser un modèle explicatif de la contribution des managers à l’acquisition d’un avantage concurrentiel. Elle consiste à générer le modèle collectif d’action qui permet à la fois l’intégration de la compagnie dans son ou ses systèmes d’échange et l’intégration du groupe humain en tant qu’ensemble.

La réalité des déclarations des dirigeants : formalisation de la stratégie ou stratégies de formalisation ?

Auteur

Loubna MOURTAJJI

Résumé

Cet article reprend le débat du lien entre le discours des dirigeants et leurs actions stratégiques. Il s'interroge sur les raisons de l'incohérence entre le mot et l'acte et les conditions de leur cohérence. L'analyse du contenu effectuée sur une cinquantaine de discours met en évidence deux points essentiels : d'une part, le caractère volontaire de cette incongruance et d'autre part l'existence des stratégies communicatives permettant de bien la gérer. Ces stratégies peuvent aller du simple "maquillage" de la réalité jusqu'à sa déformation totale.

Gouvernance par le réseau dans les PME intensives en recherche : un enjeu stratégique

Auteurs

David CATHERINE

Frédéric COROLLEUR

Vincent MANGEMATIN

Résumé

Cet article analyse comment les actionnaires des entreprises intensives en recherche influencent les capacités de l’entreprise pour acquérir les ressources nécessaires à sa survie et à sa croissance. Les entreprises intensives en recherche basées sur la science ne génèrent pas de chiffre d’affaires ou bien un chiffre d’affaires très faible sans rapport avec les coûts engendrés par l’activité. Elles doivent ainsi s’appuyer sur les investisseurs pour financer leur activité. Ces derniers peuvent être découragés par les incertitudes concernant l’activité de l’entreprise et les asymétries d’information inhérentes à ce type d’activité. Cet article analyse le rôle du conseil d’administration dans le processus de contrôle et d’orientation des entreprises risquées. Les liens entre les membres externes du conseil d’administration permettent une communication informelle entre les membres et la direction. C’est une des manières pour limiter l’asymétrie informationnelle. La communication informelle, ainsi que la participation à plusieurs conseils d’administration est aussi un moyen pour confronter les anticipations sur le futur et bâtir des anticipations communes. Enfin, ce texte montre comment les PME intensives en recherche et financées par haut de bilan sont gouvernées par les réseaux d’actionnaires pour limiter le risque et l’asymétrie d’information. Le réseau joue le rôle d’une assurance.

Stabilité et évolution du cadre conceptuel en gouvernance d’entreprise : un essai de synthèse

Auteurs

Céline CHATELIN

Stéphane TRÉBUCQ

Résumé

Nous proposons d’examiner la stabilité et l'évolution du cadre conceptuel en gouvernance. Il s'agit, dans un premier temps, d'exposer la remarquable stabilité des thèmes de fond abordés tels que les conflits d'intérêts ou l'opportunisme des individus. On peut cependant relever, dans un deuxième temps, une évolution sensible des approches théoriques et pratiques de la gouvernance. Ce double constat conduit à mieux saisir le mode d'élaboration d'un cadre conceptuel en gouvernance. Ainsi, lorsque l'on aborde le rôle du système de gouvernance, celui-ci pourra être conçu non seulement selon une optique disciplinaire classique, mais aussi, et de façon plus originale, selon une approche «habilitante» en matière de création de valeur.
C'est là une illustration de l’ambivalence actuelle de la gouvernance d’entreprise qui nous amène à identifier diverses voies de recherche transdisciplinaires, au travers des approches cognitiviste et institutionnelle. Ces dernières peuvent utilement aider à l'élaboration d’une théorie générale de la gouvernance des organisations, à même d'intégrer les processus de gestion et les choix de répartition de la valeur.

Changement stratégique et gouvernance

Auteur

Imen KHANCHEL

Résumé

Dans cette étude nous examinons l’évolution de la gouvernance (propriété managériale, la propriété institutionnelle, la fraction des administrateurs externes, le marché des cadres dirigeants, l’âge du dirigeant, son ancienneté et le nombre de dirigeants et administrateurs) à court et moyen termes et sa relation avec le changement stratégique.
En nous basant sur un échantillon de 321 firmes américaines (extraites de Fortune 1000) cotées, pour la période 1994-2000, nous avons d’abord pu mettre en évidence la stabilité de la gouvernance à court terme (d’une année à une autre). Nos résultats montrent aussi que la gouvernance est dynamique à moyen terme et nous avons pu expliquer cette évolution en nous basant sur le changement stratégique (expansion, innovations, investissement, croissance et flexibilité de la structure de capital). Enfin nous avons pu démontrer qu’il existe des correspondances entre les deux changements considérés.

Abstract
In this paper we examine the stability of governance (insiders shareholding, institutions shareholding, percentage of outside directors, the managerial labour market, age of executive and his tenure and the number of executives and directors) in short and medium terms and its relation to strategic change.
Based on a sample of 321 American listed firms (selected from Fortune 1000 database), for the period 1994-2000, we find that while from one year to the next governance seems rather stable. In the longer run there seems to be much less stability leading us to conclude that governance is dynamic over the longer run. The change is partly explained by strategic change. There also seems to be a close correspondence between both changes.

L’impact de l’investissement écologique sur la performance : le cas des entreprises tunisiennes

Auteur

Ahmed TURKI

Résumé

Ce travail de recherche étudie l’impact de l’investissement écologique sur la performance de l’entreprise. Trois facteurs ont été pris en considération comme facteurs susceptibles d’influer la relation investissement vert-performance à savoir les technologies environnementales, la taille de l’entreprise et le niveau d’intégration de la dimension environnementale au sein de l’entreprise. A cet effet, une enquête a été effectuée auprès de 33 entreprises industrielles tunisiennes ayant procédé à ce type d’investissement. Les résultats montrent que l’impact de l’investissement écologique sur la performance de l’entreprise dépend de la taille de la firme, des technologies environnementales utilisées et du niveau d’intégration de la dimension environnementale. Cette recherche révèle aussi que la majorité des entreprises tunisiennes
utilisent des technologies curatives. Les difficultés financières constituent la principale barrière pour l’implantation des technologies environnementales.

Quel niveau d'éco-stratégie? What Level of Ecostrategy ?

Auteur

Caroline GAUTHIER

Résumé

The demand for environmental preservation is growing, but is difficult to measure. Knowing ex-ante the price consumers are ready to pay for environmental preservation could be of great help for implied managers.
The Contingent Valuation Method is based on consumers’ direct revelation in contingent scenario situations. This permits revealing people’s willingness to pay for non-marketed goods or services like a program of environmental preservation.
This paper presents an application of the Contingent Valuation Method on a public sector case for environmental preservation. A contingent valuation survey was carried out on a local sample (402 individuals) to reveal the value these individuals give to a particular biodiversity program. Methodology and results are explained in the aim they can become a tool for managers developing strategies that have an eco advantage.

Les caractéristiques de la dynamique structurelle des moyennes entreprises françaises : étude de cas.

Auteur

Grégory REYES

Résumé

Au travers de l’étude de l’activité commerciale de huit moyennes entreprises françaises, cette recherche s’interroge sur la structuration des organisations. L’objectif est l’identification des facteurs-clés du processus de structuration des moyennes entreprises françaises. En répondant à la question « Quelles sont les caractéristiques de la dynamique structurelle de l’activité commerciale des entreprises moyennes ? », cette analyse empirique établit les premières pistes d’une recherche sur les composants du processus d’organisation des PME. Cette étude tente une définition de la constitution des structures grâce à un système comprenant les orientations du processus, son management et le comportement des acteurs.

Structuration de la coopération au sein d’équipes projet

Auteur

Stéphanie Dameron

Résumé

Nous cherchons dans cet article à définir les relations entre deux formes de coopération, l’une fondée sur une rationalité stratégique, l’autre sur une rationalité identitaire. L’objet est finalement de dépasser la dichotomie classique entre deux logiques de comportement, deux formes du lien social.
Pour cela, nous étudions le développement dans le temps de relations coopératives dans le cas d’équipes projet pluridisciplinaires. Sans qu’il y ait exclusion d’une forme de coopération par une autre, le processus repéré démarre essentiellement par la construction de la coopération communautaire, pour ensuite se concentrer sur la coopération complémentaire et finalement
revenir vers une forme majoritairement communautaire. Trois modalités de passage d’une coopération à une autre sont dégagées. Une certaine ambiguïté des objectifs, la construction de rôles en terme de fonctions et de status et la définition du périmètre du collectif apparaissent comme des vecteurs de la dualité coopérative. Nous concluons cette analyse sur une conceptualisation de la génération de la coopération comme un phénomène de structuration lié à la récursivité de la coopération complémentaire et communautaire. Nous nous inspirons pour cela du cadre théorique d’A. Giddens tout en marquant notre spécificité.

La crise de la fonction sociotechnique chez Renault : diagnostic et logiques d'évolution

Auteur

Hazem BEN AISSA

Résumé

Nous analysons dans ce travail la crise que vit la fonction sociotechnique chez Renault. La fonction sociotechnique a pour mission la prise en compte des conditions de travail dans le processus de conception.
Nous présentons dans cet article deux niveaux d'analyse. Tous d'abord, nous partons de cette problématique de recherche qui s'articule autour de la place de la question des conditions de travail dans une organisation industrielle et nous regardons la façon dont est prise en compte cette question. Du fait de la limite de l'ancienne logique d'action basée sur une intervention en production et de la rationalisation croissante du processus de conception, nous nous intéressons aux logiques d'action au sein des projets.
Ensuite, nous effectuons un diagnostic de la démarche sociotechnique au sein du processus de conception. Nous nous focalisons sur un projet essentiellement : le projet M2S. Ce diagnostic permet d'analyser la crise de la fonction sociotechnique et de proposer de nouvelles voies d'évolution.

Apports de la philosophie du procès au management stratégique

Auteur

Faouzi BENSEBAA

Résumé

L’objectif de cette communication est d’examiner la philosophie du procès comme posture épistémologique et approche ontologique, alternative et/ou complémentaire à la tradition platonicienne transcendantale présente dans le champ du management stratégique. Cette philosophie du procès est appropriée pour traiter des situations fluides, évolutives et complexes grâce à l’attention portée au changement, à la nouveauté et au devenir. La contribution de la philosophie du procès au management stratégique est surtout conceptuelle et offre des intuitions permettant de comprendre les phénomènes stratégiques tels qu’ils sont mis en scène par les acteurs dans le temps.

Langage, discours et initiation du changement stratégique : de l’intersubjectivité à l’intrasubjectivité

Auteur

Jean Louis MAGAKIAN

Résumé

L’objectif de notre article est d’incorporer la dimension intra-subjective du langage issue de la psychologie socio-constructiviste de L. Vygotsky dans le cadre d’un processus intentionnel d’initiation du changement organisationnel. Les échanges de discours et les différentes formes de communications visent à accompagner les individus dans la conscientisation des enjeux stratégiques pour l’organisation. Cependant, si le sens objectif contenu dans ces communications peut en effet créer une tension favorable entre le présent et le futur pour les acteurs du changement, rien n’autorise cependant à prédire que la finalité sera acceptée, intériorisée pour être mis en actes, c’est-à-dire suivies d’une intention volontaire et réflexive sur elle-même en agissant au niveau des représentations premières afin de réaliser les premières étapes nécessaires initiant un processus de changement effectif. Dans le raisonnement d’une préparation au changement intégrant la conscience réflexive de ce
changement et des actions qui lui sont liés, nous proposons ici d’inclure une autre forme de discours, le langage exprimé pour soi-même (les soliloques). Cette forme de langage nous permet d’examiner les échanges discursifs dans leurs fonctions intrasubjectives et non pas seulement intersubjectives dans le processus de conscientisation des buts et des enjeux du changement. C’est également en parlant entre eux et à voix haute que les acteurs intériorisent le sens de ce qu’ils perçoivent : les situations d’échanges au cours des réunions formelles et informelles et de commentaires provoquent autant de prétextes pour se parler à soi-même (dimension intrasubjective du langage) que pour communiquer (dimension intersubjective).
Dans cette optique, nous exposons une démarche de préparation et d’initiation au changement qui puisse s’inscrire dans le cadre d’une épistémologie socio-constructiviste pour laquelle le langage en société exerce ce rôle capital de tuteur de la conscientisation, d’analyseur des possibles, d’intermédiaire entre la pensée chaotique par nature et le son de la voix comme moyen phonique matériel pour l’expression des idées. Il s’agit pour nous d’initier cette prise de conscience,  individuellement et collectivement au travers d’une tension dialectique entre ces deux niveaux. Notre proposition s’appuie sur le discours et la parole comme « signes » et « interfaces » du changement entre deux formes organisationnelles et deux situations dans le temps.

Une structuration de la recherche en stratégie fondée sur la théorie des ressources et des compétences

Auteurs

Jean-Pierre BOISSIN

Jean-Claude CASTAGNOS

Gilles GUIEU

Résumé

Ce document s’inscrit dans les débats actuels sur la structuration de la discipline. A travers les 4944 références bibliographiques annexées aux 97 communications de la conférence de l’aims qui s’est tenue à Québec en 2001, les auteurs proposent une analyse bibliométrique de la stratégie. Ils mettent en évidence le mode de structuration de la recherche francophone à l’aide de réseaux de cocitations. La théorie des ressources et des compétences domine largement les bibliographies.

Analyse stratégique des relations entre PME et grande distribution

Auteur

Karim MESSEGHEM

Résumé

Cette contribution s’intéresse aux relations entre PME et grande distribution. Certains courants théoriques tels que la théorie des coûts de transaction et la théorie de la dépendance des ressources permettent de souligner la vulnérabilité des PME. Ce dernier courant contribue également à montrer qu’il existe une forme d’interdépendance entre PME et Grande distribution. Dans leur stratégie de différenciation, les grands distributeurs cherchent à proposer un assortiment original à partir de produits typiques ou innovants. Les marques de distributeurs qui ont connu au cours des vingt dernières un profond changement d’un point de vue quantitatif et qualitatif s’inscrivent dans cette stratégie. Les distributeurs peuvent s’appuyer sur le savoir-faire des PME pour concevoir et réaliser leurs produits. En ce sens les
MDD offrent des perspectives de coopération aux PME. Cette politique qui se généralise peut être interprétée en termes de recherche de légitimité à l’aide du courant sociologique de l’approche néo-institutionnelle. L’objectif de cette contribution est de montrer que les relations entre PME et grande distribution peuvent dépasser l’affrontement en s’inscrivant dans une logique de coopération.

L'impact du mode de croissance sur la relation tailleperformance : l’exemple de la grande distribution au niveau mondial

Auteurs

Valérie MOATTI

Pierre DUSSAUGE

Résumé

La relation taille – performance a fait l’objet de nombreux travaux en économie et en stratégie, notamment sous les deux angles majeurs des économies d’échelle d’une part, et du pouvoir de marché d’autre part. Or, la croissance de la firme peut être obtenue par le biais de trois manoeuvres stratégiques principales : la croissance organique, les fusions-acquisitions horizontales ou les alliances de capacité. Peu d’auteurs se sont néanmoins intéressés à l’efficience comparée de chacune de ces stratégies sur la croissance.
Nous apportons, dans cette recherche, une première contribution à la fois théorique et empirique sur la question de l’influence du mode de croissance sur le lien classique tailleperformance.
La réflexion théorique nous amène à formuler une série d’hypothèses sur les bénéfices comparés de chacun des modes de croissance sur les deux effets principaux de la taille : économies d’échelle et pouvoir de marché. Plus spécifiquement, nous pensons que la croissance interne permet une performance accrue par rapport aux fusions-acquisitions à la fois au niveau global et face à la réalisation d’économies d’échelle. Concernant les alliances, nous anticipons qu’elles permettent une amélioration globale de la performance ainsi que des effets accrus du pouvoir de marché par rapport à ce que la taille de chacune des entreprises impliquées dans l’alliance supposerait.
Les premiers résultats empiriques, statistiquement obtenus à l’aide d’un échantillon de 15 entreprises appartenant au secteur de la distribution sur une période de 17 années, confirment le lien général taille-performance, la supériorité globale de la croissance interne par rapport aux fusions-acquisitions, ainsi que la capacité des alliances à générer un pouvoir de marché accru. Cette étude constitue une phase préliminaire et exploratoire d’une recherche appelée à se poursuivre sur un échantillon plus étendu et examinant un ensemble de facteurs plus large.

Vers une nouvelle conceptualisation de la relation d’échange fournisseurs – grands distributeurs

Auteur

Xavier LEPERS

Résumé

Construites historiquement dans un cadre conflictuel, les relations d’échange entre les grands distributeurs et leurs fournisseurs semblent avoir amorcé une inflexion depuis le milieu des années 1990 : d’un état transactionnel et statique, elles se métamorphosent pour prendre un caractère relationnel et dynamique. Depuis une dizaine d’années, de nombreuses recherches empiriques, notamment en marketing sont venues compléter ou préciser les antécédents des normes relationnelles dans les relations dyadiques. Elles permettent ainsi de mieux
comprendre les déterminants de l’engagement (Morgan & Hunt, 1994), de l’orientation à long terme d’une relation (Ganesan, 1994), de la dépendance (Lusch & Brown, 1996) ou encore de la confiance (Donney & Cannon, 1997) qui apparaît comme une variable incontournable de l’équation relationnelle tant par ses aspects institutionnels (Granovetter, 1985 ; Uzzi, 1997) qu’interpersonnels (McAllister, 1995 ; Mayer et al., 1995). S’inscrivant dans cette perspective, notre recherche a pour vocation de cerner les contours de la relation d’échange entre la grande distribution et ses fournisseurs. Afin d’y parvenir, notre cadre théorique s’articule autour des concepts fondamentaux qui structurent la littérature de recherche liée aux relations dyadiques. La théorie du pouvoir et de la dépendance, l’échange relationnel et les travaux portant sur le thème de la confiance sont donc abordés. Notre méthodologie, qualitative, comprend 70 entretiens effectués d’une part avec un grand distributeur français, d’autre part avec ses fournisseurs « alimentaires » (produits alimentaires et ménagers). Nos
premiers résultats laissent apparaître quatre types de relation d’échange distributeur – fournisseurs. Trois sont liés à la nature des fournisseurs (entreprises multinationales, entreprises nationales et entreprises de produits agricoles frais) tandis que le dernier type est associé au niveau de l’échange (local en hypermarché par opposition à central en centrale d’achat). Afin de prendre en compte les quatre types d’échange identifiés, nous proposons les notions d’échange substantiel lorsque toute la relation n’est focalisée que sur les résultats et la notion d’échange procédural lorsque les procédures de la relation sont perçues comme importantes

Stratégies d’externalisation et valorisation boursière

Auteur

Arnaud GUILLEMIN

Résumé

Alors que de nombreuses études se sont intéressées à la question de la création de valeur dans le cadre de formation d’alliances ou de stratégies d’acquisition, aucune, à notre connaissance, n’a porté cette question au niveau des stratégies d’externalisation. Or cette problématique nous semble pertinente en ce sens que ces stratégies sont à la fois porteuses intrinsèquement de valeur mais également de nombreux risques qui peuvent détruire de la valeur. Afin de percevoir l’idée de potentialité de création de valeur pour l’actionnaire, nous avons donc utilisé la méthode des études d’événements. Notre étude s’est faite sur un échantillon de 34 annonces de contractualisation. Il ressort de notre analyse que l’annonce d’une externalisation a un effet significativement positif et de relativement forte ampleur sur le cours de bourse
mais sur une durée fortement focalisée sur les deux jours suivants la date de l’annonce. En outre, il n’apparaît aucun signe d’anticipation de la part du marché. Ces résultats ne valide que partiellement les théories mobilisées (théorie des coûts de transaction, RBV) mais se rapproche plus des résultats obtenus sur les désinvestissements que sur les autres formes telles les acquisitions ou les alliances.

Analyse positive et normative de l’externalisation par la théorie des coûts de transaction et la théorie de l’agence

Auteur

Guillaume CHANSON

Résumé

Cette étude exploratoire aborde l’externalisation d’un double point de vue positif (les décisions prises par les dirigeants) et normatif (la performance réelle des fonctions externalisées). Elle recourt pour cela à un double cadre conceptuel : la théorie des coûts de transaction et la théorie de l’agence. Cette dernière a été très peu utilisée pour cette problématique, elle propose donc une méthode originale afin de l’appliquer. Une étude empirique est conduite sur un échantillon d'entreprises françaises de tout secteur issu du "Baromètre Outsourcing" d'Andersen. Elle teste les hypothèses de ces deux théories à travers
deux régressions logistiques. L'une cherche à expliquer le recours à l'externalisation et l'autre la performance des fonctions externalisées. Les relations d'agence marquées par l'incertitude des résultats, la difficulté à mesurer les résultats, ou la programmabilité des tâches semblent moins externalisées. En outre, l'externalisation de fonctions caractérisées par l'incertitude des résultats rencontre plus d'échec. A partir de ces résultats, une interprétation en terme de « governance alignment » est proposée. Celle-ci montre la difficulté à concrétiser un concept pourtant central dans la théorie des coûts de transaction. Des implications d'ordre managerial sont proposées.

Quels déterminants pour les frontières de la firme ? Le cas du calcul scientifique

Auteurs

Jérôme BARTHELEMY

Thierry GONARD

Résumé

Dans cet article, nous analysons le choix d’internaliser ou d’externaliser le développement des outils de calcul scientifique dans quatre grands groupes industriels européens. L’Economie des Coûts de Transaction (ECT) est un cadre théorique utile pour analyser de telles décisions.
Toutefois, certains aménagements doivent lui être apportés pour comprendre les décisions réellement prises par les entreprises.

Morale et Management Stratégique : Concilier l’Inconciliable ?

Auteur

Michel MARCHESNAY

Résumé

Dans la littérature de management stratégique, éthique et morale sont le plus souvent confondues. Cette confusion des termes est dommageable, dans la mesure où la notion de morale a évolué au cours des siècles, passant successivement du domaine « théologique » au domaine « scientifique », puis « technicien », avant d’atteindre le niveau du libre- arbitre. De plus, l’approche « rationnelle » de la gestion prônée par l’idéologie libérale se veut amorale.
En conséquence, les discours relatifs à l’éthique des affaires doivent être interprétés différemment, selon le « sens » prêté au terme de morale, depuis l’impératif catégorique jusqu’au propos moralisateurs.

Performance sociétale de l’entreprise & apprentissage organisationnel : vers un modèle d’apprentissage sociétal de l’entreprise ?

Auteur

Jean-Pascal GOND

Résumé

Cette contribution se propose d’étudier le concept de performance sociétale de l’entreprise
(PSE) sous un angle dynamique et de s’appuyer sur les théories de l’apprentissage
organisationnel pour développer la modélisation de la performance sociétale. Après avoir
passé en revue les limites théoriques auxquelles se heurtent les modèles de PSE et mis en
évidence les difficultés de rendre compte de la dimension temporelle de ce construit, nous
questionnons la littérature relative à la dynamique de la PSE. A partir de cette analyse et en
nous appuyant simultanément sur les théories de l’apprentissage organisationnel, les apports
de modèles récents de PSE et sur les travaux relatifs au développement moral de
l’organisation, nous proposons un modèle d’apprentissage organisationnel « sociétal »
susceptible de mieux rendre compte du caractère dynamique de la PSE.

« Le véritable voyage de découverte… » : la dynamique des apprentissages interculturels dans un groupe international

Auteur

Anne BARTEL-RADIC

Résumé

Par quels processus une entreprise peut-elle acquérir et développer des compétences interculturelles, souvent stratégiques pour un groupe international ? Un design de recherche inductif, centré autour d’une étude de cas approfondie dans le groupe international Techni-Co et combinant des méthodes qualitatives et quantitatives, a permis d’observer des apprentissages interculturels inégaux chez les salariés. Des recoupements entre les données ont montré que l’interaction interculturelle est déterminante pour l’apprentissage interculturel, et que l’interaction interculturelle au sein même du groupe recèle d’un potentiel d’apprentissage particulièrement fort. Des rapprochements de ces résultats avec la littérature
indiquent que la diversité culturelle interne à une entreprise est susceptible d’engendrer un apprentissage organisationnel en double boucle sur le plan interculturel, grâce à l’interaction prolongée, l’émotion positive mais aussi le conflit. Cette recherche à visée exploratoire suggère donc une application de la « loi de la variété requise » (Ashby, 1964) au domaine de l’interculturel.

La stratégie, entre jeux d'acteurs et institutions. Des réflexions issues des travaux de Mark Granovetter

Auteur

Didier CHABAUD

Résumé

Ce papier s’interroge sur l'apport des travaux de Granovetter pour l'analyse stratégique des firmes, à partir de l'étude du cas de la construction sociale de l'industrie électrique américaine entre 1880 et 1925. Nous montrons que les travaux conduits autour de Granovetter permettent de souligner le rôle joué par les réseaux sociaux dans le succès des stratégies. Après avoir insisté sur leur impact dans la mobilisation de ressources auprès de partenaires financiers et politiques, le papier montre comment les jeux d'acteurs appuient les stratégies des firmes en influençant les prescriptions des institutions. Ce faisant, l'analyse permet de nuancer et de compléter des visions de la stratégie essentiellement focalisées sur la détention de compétences clé ou de sources objectives d'avantage concurrentiel, en insistant sur le rôle complémentaire de l'encastrement des firmes.

La prise en compte de l’environnement politique par les entreprises françaises et anglaises : des stratégies de lobbying plurielles mais récurrentes

Auteur

Madina RIVAL

Résumé

L’action politique des entreprises peut être considérée comme une stratégie en réaction à l’influence d’un environnement politique. Le lobbying auprès des décideurs publics est une pratique managériale de plus en plus courante mais encore peu étudiée en Europe. Cet article cherche à déterminer si la prise en compte de l’environnement politique par les entreprises diffère suivant les pays. La recherche compare en particulier la situation des entreprises lobbyistes françaises et anglaises.
A cet effet, une base de données sur les actions de lobbying menées de 1995 à 2000 est créée à partir de l’information contenue dans des journaux de référence (la Tribune et les Echos en France, le Financial Times en Grande-Bretagne). Les 679 actions politiques des entreprises françaises et anglaises ainsi relevées et catégorisées sont décrites par les techniques statistiques de l’analyse des données.
Les résultats de l’analyse des données pour les échantillons français et anglais mettent en évidence une structuration du phénomène du lobbying des entreprises. Sur les périodes considérées, on observe en effet un nombre limité de stratégies d’action politique. Trois dominantes de lobbying se retrouvent en France et en Grande-Bretagne. Cela semblerait indiquer que la réaction des entreprises à leur environnement politique ne dépend pas de leur pays d’origine mais de la problématique à résoudre. Cependant, des spécificités nationales existent.

Les difficultés soulevées par le management d’une technologie émergente dans le cadre d’une politique scientifique locale : Le cas des matériaux biodégradables en Champagne-Ardenne

Auteurs

Marie Delaplace

Richard Guillemet

Résumé

De nombreuses politiques scientifiques locales en France comme à l'étranger, tentent de développer des technologies susceptibles de générer localement une croissance. Pour autant, la pertinence, la possibilité même de mener ce type de politique à l’échelon local et son efficacité doivent être démontrées. Dans cette communication, à partir de l’étude d’une politique scientifique locale (les matériaux biodégradables destinés à l’emballage en Champagne-Ardenne), nous nous focaliserons sur les difficultés que pose le management au niveau local d’une technologie émergente non stabilisée, ayant recours à des connaissances scientifiques et mobilisant des acteurs différents, tant en ce qui concerne leur nature juridique (publics/privés, coopératives, entreprises, organismes de recherche universitaires), leurs espaces d’intervention (local ou non local), que leurs objectifs, leurs temporalités et leurs processus de prise de décision. Nous montrerons que le management local de cette technologie émergente a conduit les acteurs locaux à privilégier un couple marché/technologie qui n’est pas nécessairement pertinent compte tenu des différentes technologies possibles, des nombreuses incertitudes relatives à la technologie privilégiée et de la difficulté à manager une technologie non stabilisée. Cette étude de cas pose donc de façon aiguë la question du management possible et des modalités de ce management dans le cas de technologies émergentes fondées sur la science.

Structure concurrentielle et stratégies des entreprises

Auteur

Ababacar MBENGUE

Résumé

Cette recherche étudie le lien entre la structure concurrentielle et les stratégies des entreprises.Elle s’inscrit de ce fait dans le sillage des nombreux travaux de management stratégique consacrés à l’interaction concurrentielle (Porter, 1980, 1985; Bettis et Weeks, 1987). Mais, alors que les travaux antérieurs consacrés à cet important thème ont généralement porté exclusivement soit sur les aspects économiques, soit sur les aspects cognitifs, cette recherche a voulu intégrer ces deux dimensions. La structure concurrentielle est ainsi définie comme la combinaison d’une structure économique (« groupes stratégiques ») et d’une structure cognitive (« groupes concurrentiels cognitifs »). Les groupes stratégiques sont des groupes d’entreprises qui suivent des stratégies proches ou similaires. Quant aux groupes concurrentiels cognitifs, ils désignent des entreprises qui sont perçues par les acteurs comme étant en concurrence les unes avec les autres (Mbengue, 1992 ; 1995). Quant aux stratégies
des entreprises, elles sont conceptualisées en termes de « postures » et de « mouvements » (Mbengue, 1992). La posture stratégique représente la stratégie de l’entreprise à un moment donné ou, plus exactement, sur une période donnée. Quant aux mouvements stratégiques, ils sont révélés par les variations, dans le temps, de la posture stratégique. Sur la base de la distinction entre posture et mouvement stratégiques et de celle établie par Mintzberg & Waters (1985) entre stratégies intentionnelles et stratégies réalisées, il a été possible de conceptualiser les stratégies des entreprises en termes d’intentions de mouvements stratégiques, de réalisations de mouvements stratégiques et de postures stratégiques passées, actuelles (atteintes) et visées. Les résultats empiriques obtenu sur un échantillon issu du secteur français des parfums et cosmétiques montrent que les facettes économique et cognitive de la structure concurrentielle ont des impacts différents et complémentaires sur les décisions stratégiques des entreprises. L’article présente ensuite une discussion approfondie
de ces résultats ainsi que de leurs implications.

Conversation sur l’analyse stratégique d’une industrie « provisoire » : le cas des nutraceutiques et aliments fonctionnels au Québec et au Canada

Auteurs

Anne-Laure SAIVES

L. Martin CLOUTIER

Résumé

Quels sont les concepts utiles pour l’étude de la création de valeur dans le secteur des nutraceutiques et aliments fonctionnels (NAF) au Canada ? Très peu de données permettent de cerner les enjeux managériaux et les déterminants qui influencent la structure et l’organisation d’une industrie émergente au Canada. Une série d’études exploratoires a été menée sur les firmes de ce secteur. L’article propose ici d’utiliser les résultats de ces études au regard des cadres théoriques et construits empiriques existants dans la littérature de l’organisation industrielle et de l’analyse stratégique. Il a pour but de faire une synthèse des cadres théoriques actuels et de leurs articulations empiriques afin de mieux comprendre leur pertinence dans l’étude de la création de valeur dans un secteur émergent. Il a également pour but d’esquisser les pistes théoriques prometteuses pour une meilleure compréhension d’un secteur en transition, voire « provisoire », marqué par un environnement en évolution rapide et un cadre réglementaire spécifique. Cet article comprend trois sections. Dans un premier temps, il présente l’objet d’analyse, l’alimentation-santé et montre les difficultés reliées au choix de cet objet d’analyse. Dans un deuxième temps, à partir des cadres théoriques de l’Organisation Industrielle (OI) et de l’Analyse Stratégique (AS), il fait le point sur les résultats de recherche obtenus sur les mécanismes de création de valeur dans ce secteur.
Enfin, dans une dernière partie, il identifie les limites empiriques des cadres théoriques et des travaux menés, et propose des pistes de recherche complémentaires plus adaptées à l’objet d’analyse. Les courants actuels de la flexibilité stratégique, de la cartographie de la performance, et de la dynamique des systèmes apparaissent utiles pour comprendre les problématiques de l’évolution d’un secteur que les cadres théoriques de l’OI et de l’AS ne permettent d’aborder que de façon statique, et en phase le plus souvent stabilisée de maturité.

Changement institutionnel, stratégie concurrentielle et performance : le cas de l’industrie des équipements télécommunication en Amérique du Nord

Auteurs

Taïeb Hafsi

Imad-eddine HATIMI

Résumé

Dans cet article nous étudions les liens qui existent entre les stratégies concurrentielles, leurs performances et les institutions en prenant le cas des entreprises d’équipements de télécommunications en Amérique du Nord. Comme cette industrie a connu un changement institutionnel majeur entre 1995 et 2000, nous examinons comment ce changement a affecté les stratégies des firmes et par conséquent leur performance. Afin d’analyser l’évolution des stratégies concurrentielles des entreprises et leurs performances, nous faisons appel au concept des groupes stratégiques. Les résultats révèlent, ainsi, les liens entre stratégies et institutions. Comme la performance suit la stratégie, le lien institutions-performance est aussi très fort. Nous en avons alors tiré des conclusions importantes pour la relation institutions-stratégies en suggérant notamment que pendant des périodes où les institutions sont stables,
elles déterminent les stratégies des entreprises. Lorsqu’elles sont en changement, elles évoluent conjointement avec celles-ci. De manière incidente, nous avons déduit des conclusions sur les stratégies des entreprises non dominantes et sur la situation de la relation dans les pays en transition.

Commerce électronique alimentaire : diversification ou recentrage stratégique ?

Auteur

Gilles MAROUSEAU

Résumé

Ces dernières années ont été l’occasion de voir apparaître en France (et quelquefois disparaître) des sites de vente et de distribution en ligne de produits d’épicerie concurrençant les hypermarchés. L’histoire de ces sites que nous nommerons des cybermarchés est aujourd’hui caractérisée par un arrêt de leur croissance. L’objet de notre réflexion est donc de préciser les conditions de la stratégie des groupes français en grande distribution, partagés entre la persévérance (stratégie de diversification avec acquisition de nouvelles compétences) ou l’abandon d’une activité Internet (stratégie de recentrage).

Du côté de l’offre des sites, il apparaît que les distributeurs français présents sur Internet ont aujourd’hui adopté une stratégie défensive de recentrage adoptant diverses modalités : (1) recentrage de métier avec la fermeture de site, (2) recentrage géographique avec la rétrécissement des zones de livraison ou (3) recentrage d’assortiment avec la réduction du nombre d’articles proposés. Mais c’est du côté du comportement des clients que les limites semblent les plus importantes. L’avenir des  cybermarchés se joue dans l’acceptation par les consommateurs de ce nouveau canal de vente et de distribution. Les principaux obstacles à surmonter sont le peu d’intérêt pour le magasinage en ligne (surtout en matière alimentaire) et la sensibilité aux prix de livraison.

Parcours Professionnels et perceptions des nouveaux entrants : le cas du système concurrentiel français de la production de voyages outgoing

Auteur

Raphaël DORNIER

Résumé

Un courant de recherches en fort développement dans le domaine de la stratégie explore dans une perspective socio-constructiviste les structures concurrentielles en privilégiant les perceptions des acteurs de l’industrie. Ce courant est parvenu à démontrer que les dirigeants tendent à développer des représentations de groupes stratégiques basées sur des processus de catégorisation. Cependant, dans la plupart des cas, ces études se sont focalisées sur des industries mûres confrontées à des bouleversements environnementaux de faible ampleur.
L’objectif central de cette communication est dès lors d’examiner comment les managers considèrent, au regard de leurs propres catégorisations concurrentielles « historiques », de nouveaux types de firmes pénétrant leur marché domestique. Dans cette optique, nous analyserons les perceptions de 43 dirigeants opérant dans divers voyagistes outgoing français concernant cette nouvelle forme de concurrence ayant trois origines distinctes : la grande distribution (ex : Carrefour, Leclerc), la distribution exclusive sur internet (ex : Karavel, Travelprice) et le tour-opérating étranger notamment Anglais et Allemand (ex : TUI, First Choice). Recourant à la technique de la taxonomie cognitive hiérarchique (Porac & al., 1989) et à la « visual card sorting technique » (Calori, 1995) en tant que moyens pour amener les dirigeants à révéler leurs propres perceptions de leur environnement concurrentiel, nous sommes en mesure 1) de caractériser les perceptions des managers au regard de leur manière d’insérer ces nouveaux entrants dans leurs regroupements existants de concurrents et 2) d’explorer les éventuels liens entre le degré d’intégration des nouveaux entrants dans les perceptions concurrentielles et le parcours professionnel des dirigeants. Le résultat principal est que la plupart des dirigeants de voyagistes disposant d’une longue expérience dans le domaine de la production de voyages ont tendance à se reposer sur des schémas cognitifs reflétant des frontières obsolètes de leur industrie plutôt que sur des configurations prenant en compte de nouvelles menaces concurrentielles.

Comment localiser les unités de son réseau de distribution : entre évitement de la concurrence et recherche de proximité

Auteur

Sébastien LIARTE

Résumé

L’objectif de cette communication est de montrer dans quelle mesure la prise en compte de la localisation des réseaux concurrents peut être primordiale pour une entreprise à l’heure de construire spatialement son propre réseau de distribution. La localisation est ici appréhendée comme un mouvement concurrentiel traduisant une stratégie qui peut être guidée par une volonté d’évitement ou d’affrontement. Un état de l’art pluridisciplinaire des travaux portant sur la problématique de la localisation en tant que mouvement concurrentiel nous a permis de délimiter quatre grandes étapes dans la création d’un réseau de distribution. Les firmes doivent tantôt passer par l’isolement de leurs points de vente tantôt par la recherche de proximité des concurrents.

La gestion du temps mise en question Etude de deux projets aux côtés des consultants

Auteurs

Corentin CURCHOD

Fabien SERAIDARIAN

Résumé

Dans le présent article, nous nous interrogeons sur les rapports entre le temps construit, c’est à dire mis en forme et géré par des plannings, et le temps vécu par les individus dans les organisations, autrement dit le temps du travail quotidien des acteurs soumis à l’imprévu.
Pour cela, nous nous appuyons sur le récit et l’analyse de deux expériences réelles de gestion de projet aux côtés de cabinets de conseils. Nous avons pour ambition de comprendre pourquoi les organisations concentrent tant d’énergie à construire le temps alors que le temps vécu échappe toujours aux démarches de planification, et comment elles réagissent face aux dérapages inévitables entre temps vécu et construit. Nous aboutissons à quatre résultats. Tout d’abord, le planning, apparemment rigide, s’avère en fait malléable, et sert à de nombreuses fonctions au-delà de l’organisation du temps. De plus, face à des dérapages temporels prévisibles, les réactions conduisent à contraindre encore plus l’action à se conformer au temps construit. Ensuite, la difficulté à articuler le temps construit et le temps vécu semble s’expliquer par la capacité des acteurs à manipuler le construit en fonction de leurs intérêts.
Enfin, en corrélation avec les dérapages temporels, les contours mêmes du périmètre du projet sont mouvants et difficiles à identifier au cours du temps. La gestion du temps consistant à articuler temps construit et temps vécu apparaît donc très insatisfaisante. Mais, dans les organisations, il semble aussi difficile de se passer d’un « planning ». Nous proposons finalement de résoudre l’opposition temps construit vs. temps vécu par une révision de la référence au temps inscrite dans les plannings. Une première solution est de construire des plannings à granulométrie croissante, une seconde est de remettre en cause l’usage de la structure projet pour promouvoir un processus de coordination émergent.

Organizational commitment in innovative companies

Auteurs

Hédia ZANNAD

Victoria ROUET

Abstract

Innovative firms, like start-ups or high technology industries, and innovative projects attract more and more people looking for exciting places to learn rapidly and make a personal impact, for a low number of hierarchical levels, an informal organization chart a weak role differentiation or cross- functional oriented teams.
The first issue we would like to investigate in this paper refers to the nature of the psychological contract, e.g. the beliefs held by individuals about the terms and conditions of a reciprocal exchange relationship between them and their organization : are they transactional contracts - short term agreements with limited involvement, oriented towards economic and performance based considerations - or relational contracts - agreements based on exchanges of both monetizable and socio-emotional elements (affection, loyalty, support) with an openended duration, longer-term arrangements and a wide range of obligations on the part of both the organization and its employees?
Our second question, closely tied to the first one, refers to the nature of organizational commitment which prevails in innovative firms : affective commitment (attachment and involvement in the work organization), continuance commitment (commitment due to the costs associated with leaving) or morale commitment (feeling of obligation to remain in the organization)?
On the basis of on our literature review and exploratory empirical study, we argue that the psychological contract linking innovative companies to their employees is a “hybrid” contract composed of transactional and relational contract, with a dominance of the first one because the employee’s identity isn’t closely tied with the organization, but rather derived from his skills and competencies and because there isn’t as much room for mutual loyalty, support, training and career development as in large and established firms.
We also support that affective commitment is dominating in innovative structures although a certain lack of loyalty. We also believe that continuance commitment, representing the opportunity to take advantage from an interesting experience for the future, has decreased since the end of the “new economy dream” but is still higher than morale commitment, due to little job security in the new economical environment.

L’implantation des ERP et ingénierie du changement : Les déterminants de la satisfaction des utilisateurs d’un ERP dans les entreprises tunisiennes

Auteurs

Imen MAALOUL

Lassaâd MEZGHANI

Résumé

Le présent article propose et teste un modèle pour évaluer le succès d'un système « Enterprise Resource Planning » (ERP) en se basant sur une mesure de la satisfaction des utilisateurs. En se référant au modèle de DeLone & McLean (1992) et aux travaux de Seddon & Kiew (1994), les critères susceptibles d’influencer la satisfaction des utilisateurs, afin d’assurer le succès de mise en place du système ERP, sont identifiés.
Les résultats de l’enquête empirique, effectuée par questionnaire administré à 60 utilisateurs appartenant à 30 entreprises tunisiennes, révèlent que la satisfaction des utilisateurs d’un ERP est expliquée par la qualité du système ERP, la qualité de l’information fournie par ce type de système et l’utilité perçue.
L'enquête révèle aussi que la qualité de l’ingénierie du changement représente une variable explicative de la satisfaction mesurée par l’implication des utilisateurs dans la mise en place d’un ERP, la qualité de la communication au sein d’un tel projet et la qualité de la formation accordée aux utilisateurs.

Développement d’une compétence : étude du cas de la compétence en management de l’intégration postacquisition au sein du Groupe Lafarge

Auteurs

Frédéric PREVOT

Gabriel GUALLINO

Résumé

La réflexion sur le développement des compétences organisationnelles est au coeur des problématiques du management stratégique. Les opérations de fusions et acquisitions représentent un autre élément clé du management stratégique des firmes. Cependant ces opérations sont montrées du doigt du fait de leur faible taux de réussite. Savoir mieux manager l’intégration post-acquisition apparaît donc capital. Il semble ainsi opportun d’appliquer au management de l’intégration post-acquisition un cadre d’analyse du développement d’une compétence. C’est l’objet de cet article, qui est structuré en quatre parties. Une étude des éléments de définition de la compétence organisationnelle et une proposition de leur application au management de l’intégration post-acquisition sont présentées dans la première partie. Dans la deuxième partie, la méthodologie de l’étude du cas du Groupe Lafarge est exposée. Cette étude de cas est présentée dans la troisième partie suivant quatre étapes chronologiques. A chaque étape, une organisation en trois temps est suivie : présentation des informations du cas, présentation d’éléments théoriques sur la base des recherches sur l’apprentissage organisationnel, commentaire des informations du cas à la lumière de ces éléments théoriques. Dans la quatrième partie, les résultats de la recherche sont discutés et utilisés pour proposer un modèle d’étude du développement de la compétence.

Les déboires de la démographie organisationnelle sont-ils faits pour surprendre ? Une discussion méthodologique à partir de deux cas de fusion –acquisition : Carrefour-Promodès et France Télécom-Orange

Auteur

Olivier JOFFRE

Résumé

L’objectif de cet article est de vérifier les conditions d’application du courant de la démographie organisationnelle.
L’approche positiviste de la démographie organisationnelle cherche à mettre en évidence des régularités entre des variables démographiques faciles à objectiver (observables et décontextualisables) et les performances de l’organisation. Ces variables sont généralement traitées en terme de dispersion afin de mesurer l’hétérogénéité/homogénéité d’une équipe.
Au delà des critiques sur la démarche méthodologique parfois qualifiée de « boîte noire » pour la sécheresse dans l’explication des mécanismes sous-jacents aux phénomènes étudiés, c’est la discussion sur l’utilisation de ces variables démographiques qui a mobilisé notre attention.
On peut identifier deux grandes questions relatives à cette utilisation :
– peut-on décontextualiser les variables démographiques ?
– Comment fonder le jugement d’hétérogénéité ?
Pour nous appuyer sur un terrain propice à la réflexion, Nous nous sommes basés sur deux études de cas de fusions (France Télécom/Orange et Carrefour/Promodès) réalisées à partir d’une trentaine d’entretiens. Les observations ainsi que les perceptions des membres des équipes révèlent de nombreuses difficultés rendant la position méthodologique de la démographie organisationnelle difficile à opérationnaliser avec rigueur.
Il nous semble délicat d’arrêter une liste des dimensions pertinentes de l’hétérogénéité. Celle-ci dépend des contextes et des situations.

Processus d’intégration et logiques de reconfiguration organisationnelle dans les fusions-acquisitions

Auteur

Frédéric Leroy

Résumé

Cette recherche porte sur le profil de la nouvelle entité résultant du processus d’intégration post-fusion. Nous étudions comment se combinent dans la nouvelle entité les caractéristiques des deux entreprises dont elle résulte et les critères qui régissent cette sélection et cette combinaison. Nous identifions plusieurs types de combinaison organisationnelle (coordination, absorption, combinaison par complémentarité, combinaison par exclusion, combinaison par métissage et création organisationnelle). Ces différents modes de composition portent sur les structures organisationnelles, les procédures, les outils, les modes de fonctionnements, les styles managériaux, les caractéristiques culturelles, les savoir-faire et les compétences. Ils ont pour but d’améliorer les performances du nouvel ensemble en
concrétisant les synergies entre les entreprises impliquées dans la fusion.

Capital social entrepreneurial, performance de l’entreprise et accès aux ressources externes

Auteur

Ghassen AYDI

Résumé

Les PME occupent une place centrale dans l’économie de la Tunisie. Pour ces entreprises, la véritable concurrence ne se base pas seulement sur les prix et la qualité de leurs produits, les relations personnelles de leurs dirigeants jouent aussi un rôle très important dans leur réussite.
Cette recherche examine l’impact de diverses dimensions du capital social entrepreneurial sur la performance et l’accès aux ressources externes des PME tunisiennes oeuvrant dans le secteur des chaussures.
Les résultats montrent que pour les entrepreneurs: 1- avoir un réseau relationnel plus large favorise la performance organisationnelle et l’accès aux ressources informationnelles; 2- entretenir des relations interpersonnelles plus étroites avec son banquier permet d’avoir un meilleur accès aux ressources financières; 3- Entretenir d’avantage de liens avec des personnes haut placées favorise la performance de l’entreprise.

L’intelligence économique au service de L’identification d’opportunités entrepreneuriales

Auteur

Amine CHELLY

Résumé

L’identification d'opportunité (IO) est un nouveau domaine de recherche extrêmement important en entrepreneuriat. En effet, les chercheurs en entrepreneuriat commencent à s’y intéresser de plus près même si beaucoup de zones d’ombre persistent encore pour la compréhension de comment des individus identifient-ils des opportunités et pas d’autres, quel processus suivent-ils pour arriver à leur fins et par quel(s) moyen(s) nous pouvons les aider pour y arriver. L’objectif de cette communication est de proposer un début de réponse à cette question. Pour cela, nous nous sommes basés sur la notion d’IE et de ses outils pour démontrer qu’il serait possible d’aider un entrepreneur potentiel, d’une part, à identifier des opportunités entrepreneuriales viables et, d’autre part, à élargir la zone de cohérence de la Configuration Stratégique Instantanée Perçue (C.S.I.P).

Les incubateurs d'entreprises innovantes : un réseau entrepreneurial reconfiguré ?

Auteurs

Didier CHABAUD

Sylvie EHLINGER

Véronique PERRET

Résumé

Les travaux sur l’entrepreneuriat se sont multipliés ces dernières années, mettant l’accent sur  les traits de l’entrepreneur mais aussi sur les réseaux d’aide à la création d’entreprise.
Cependant, ces travaux se sont peu intéressés aux incubateurs et pépinières d’entreprises, alors que ces acteurs se sont multipliés, en particulier dans le domaine de la création d’entreprises innovantes. Notre objectif sera donc dans un premier temps d'éclairer le rôle des réseaux dans la dynamique de développement des jeunes entreprises. Pour cela, nous mobiliserons la théorie des réseaux sociaux, dans la lignée de Granovetter et de Burt. Puis en nous appuyant sur une étude exploratoire menée auprès de 4 incubateurs /pépinières, nous tenterons de reconstituer les réseaux mobilisés par ces structures d’accompagnement particulières et de déterminer leurs caractéristiques.

Les innovations en tant qu’objets d’apprentissage organisationnel : une mise en perspective

Auteur

Sandra CHARREIRE

Résumé

Cet article propose une mise en perspective du processus d’apprentissage organisationnel avec deux types d’innovation : l’une au caractère clairement managérial et l’autre au caractère technique affirmé. Ces innovations constituent-elles des objets d’apprentissage distincts ? Et le processus d’apprentissage est-il contingent du type d’innovation ? Telles sont les deux interrogations auxquelles cette recherche se propose de répondre. Deux études empiriques qualitatives du processus d’apprentissage sont ré interrogées à cette fin. L’article montre, qu’en dépit des propositions de dépassement entre ces deux types d’innovation dans la littérature, des différences demeurent marquées notamment dans l’esprit des acteurs au coeur des processus de transformation. Pour autant, l’approche en termes d’apprentissage permet de montrer que le processus qui sous-tend l’innovation est plus significatif que la nature de
l’innovation elle même ; des innovations dont on peut montrer les différences suivent un processus similaire.

Vers un dépassement de l’antinomie entre rupture et continuité : le cas Valéo

Auteurs

Richard PIN

Emmanuel METAIS

Régis DUMOULIN

Résumé

Tour à tour effet d’un choc, choc lui-même, manoeuvre, stratégie, les ruptures se sont aussi parfois vues qualifiées ex-post après analyse longitudinale d’une entreprise considérée comme disruptive dans son secteur. De plus, l’effet des ruptures ajoute à la confusion liée à la notion : évolution, changement, déstabilisation ou destruction ont pu être successivement évoqués. De la même manière, leur soudaineté ou imprévisibilité ont pu connaître plusieurs lectures. Les travaux sur les ruptures apparaissent très tôt dans la littérature stratégique. Après avoir en opéré une synthèse, il est possible de mettre en évidence certains points clés sur lesquels se focalisent les développements théoriques récents. Il en ressort que la proposition de nouveaux process de production peut être aujourd’hui une voie de recherche intéressante parce que peu étudiée. Pourtant, certaines entreprises sont considérées comme disruptives en se montrant aptes à générer des améliorations incrémentales de ceux-ci. Ces améliorations se révèlent peu spectaculaires, non radicales et ne créent pas de nouveaux marchés ou de nouvelles industries. En revanche, elles peuvent permettre à une entreprise en imbrication avec son environnementde résister à des disruptions ou de les provoquer en radicalisant sa capacité et sa vitesse d’adaptation, en inscrivant le changement dans sa stratégie et son organisation. Au final, ces méthodes finissent par remettre en cause une partie de la théorie sur les ruptures et par proposer une voie alternative associant rupture avec process, incrémentation, imbrication et continuité. Au cours des années quatre-vingt-dix, les constructeurs automobiles vont exiger de leurs fournisseurs qu’ils prennent en charge la conception des produits et systèmes et la gestion de la chaîne  d’approvisionnement, qu’ils introduisent en permanence de nouvelles technologies. L’étude menée va montrer que, grâce à des innovations et à une capacité à intégrer des fonctions dans des systèmes complexes, le Groupe Valeo va non seulement répondre avec efficacité à ces besoins, mais va parvenir aujourd’hui à se positionner comme une force de proposition pour les constructeurs et l’industrie.

Or, la rupture introduite par Valeo au cours de cette période n’a pas consisté dans de réelles révolutions sur le plan de l’offre. Elle se situe davantage dans la modification et l’amélioration des méthodes de management, qui ont induit des différentiels de compétitivité substantiels avec la concurrence. Au final, l’étude de cas illustre une catégorie particulière de ruptures dans la continuité, objet central de cet article.

Stratégies d’innovation, diversification et gestion des résultats

Auteur

Souad SEBOUI

Résumé

En nous basant sur un échantillon de 319 firmes américaines cotées, de la liste Fortune 1000, pour la période 1994-2000, nous nous sommes intéressés à montrer que les stratégies d'innovation et de diversification facilitent l'émergence de conditions favorables à la gestion des résultats. Un classement hiérarchique des firmes selon les accruals discrétionnaires et les dépenses de recherche et développement, révèle, d'une part, que la stratégie d'innovation crée un terrain adéquat à la gestion des résultats et elle en est un outil pour les secteurs technologiques. D'autre part, la stratégie de diversification, nécessitant des innovations soutenues et continues, semble encourager ce phénomène. Nos résultats montrent que les interactions entre ces deux stratégies paraissent renforcer la gestion des résultats et influencer son sens et son intensité. Nous concluons que l'innovation et la diversification, pour les firmes de notre échantillon, semblent être des décisions managériales, pouvant assurer, à la fois, des objectifs stratégiques et opportunistes.

Management des savoirs et modèle de structure en "N" : le cas TLN

Auteurs

Nizar MANSOUR

Chiha GAHA

Résumé

Le domaine du management des connaissances est actuellement dominé par les approches centrées sur les TIC. De telles démarches, bien que pertinentes et donc utiles, offrent une acception tronquée de la problématique de gestion des savoirs dans l’organisation. L’approche retenue dans cette recherche s’intéresse au rôle de la structure comme levier organisationnel qui exerce une action positive sur les démarches de gestion des connaissances. Le modèle de structure en N adopté des travaux de Hedlund (1994) est considéré comme modèle type d’une structure apprenante. La présentation du cas de l’entreprise TLN offre de nouveaux éclairages sur la relation entre structure de l’entreprise et la gestion des savoirs.

Étude de cas : Une initiative de gestion des connaissances dans le contexte de la fonction publique au Québec : Le processus de création et d’exploitation des fiches de dossiers stratégiques au Ministère des Transports du Québec

Auteurs

Amel MANKAÏ

Albert LEJEUNE

Suzanne LEBEL

Résumé

Cette étude de cas vise à rendre compte d’une initiative de gestion des connaissances dans le contexte de la fonction publique au Québec. De nos jours, l’importance des actifs immatériels est croissante. De plus en plus d’entreprises sont conscientes de l’importance de la mise en place d’une bonne gestion de leurs patrimoines de connaissances. L’économie du savoir reflète une accélération du changement dont la mise en oeuvre, quoique facilitée par l’usage des NTIC, ne peut être assurée par le seul recours à ces technologies. En effet, dans la création et la diffusion des savoirs dans l’organisation, l’élément humain est un facteur très important.
L’étude de cas porte sur le projet de « révision du processus de création et d’exploitation des fiches de dossiers stratégiques » au Ministère des Transports du Québec (MTQ). Ces fiches sont des documents en format papier, utilisés à la base du processus décisionnel au niveau des cabinets politiques par les ministres et les attachés politiques. Elles leurs servent dans ce sens de véhicule de connaissances stratégiques provenant des experts de l’organisation.
L’étude se présente comme une réflexion ex-post sur le processus à l’étude dans une optique de gestion des connaissances, étant donné l’importance stratégique que représentent ces fiches en tant qu’outil de prise de décision ainsi que l’importance du capital intellectuel dans le contexte économique actuel. En effet, la pratique de la gestion des connaissances présente d’importants défis à relever et des gains escomptés considérables pour le MTQ. L’analyse met en évidence toute l’ambiguïté de la dimension du continuum « donnée – information – connaissance », de la distinction entre connaissances tacites et connaissances explicites, et entre gestion de l’information et gestion des connaissances.

Une étude de cas sur le partage des connaissances : la Direction des Systèmes d’Information d’un constructeur automobile face à l'évolution des TIC

Auteurs

Luciana CASTRO

Amaury GRIMAND

Eléonore MOUNOUD

Isabelle VANDANGEON

Résumé

Le déploiement des TIC au sein des organisations engendre sinon des « ruptures » de compétences, du moins une nécessaire évolution des organisations. Ces évolutions concernent plus particulièrement la Direction des Systèmes d’Information (DSI) qui développe et exploite les applications et les infrastructures informatiques de l'entreprise. L'évolution des technologies de l’information et de la communication (TIC) remet en cause les connaissances et les savoir-faire individuels au sein de la DSI mais aussi les compétences collectives nécessaires pour s'engager dans les relations avec les clients internes et les fournisseurs et prestataires de services. Cet article présente les dispositifs organisationnels mis en place au sein de la DSI d'un constructeur automobile français pour acquérir et partager de nouvelles connaissances. Nous distinguons les dispositifs de socialisation qui produisent un savoir tacite et fragmenté des outils de capitalisation, qui, en inscrivant la connaissance dans des normes, des référentiels, contribue à la mémoire collective. Nous identifions les difficultés rencontrées et les relions aux règles de l'organisation pour finir par nous interroger sur la place des communautés de pratique.


L'importance de la conception dans la détermination de la valeur : entre vision stratégique et traduction

Auteurs

Christophe SCHMITT

Mohamed BAYAD

Résumé

Dans un contexte qui se caractérise par sa complexité, la valeur des produits et des services provient-elle, comme l'ont souvent suggéré les auteurs dans le domaine, du client ou au contraire de l'entreprise ? Ne serait-elle pas plutôt issue d'une confrontation entre ces deux approches ? A l'heure où les entreprises doivent relever le défi de la valeur pour assurer leur pérennité, il a nous semblé pertinent de nous pencher sur cette notion afin d'interroger les approches conceptuelles retenues traditionnellement sur ce thème. Les nombreux sens de la notion de valeur laissent envisager une pluralité de regards. Bien que cette pluralité de regards soit une richesse, les différentes approches de la valeur souffrent sur certains points de l'absence d'un cadre fédérateur rendant difficile le rapprochement entre ces différents sens.
Dans une perspective scientifique, un de l'objectif de notre contribution est d'éclairer, par rapport aux paradigmes et aux hypothèses sous-jacentes, les différentes approches de la notion de valeur. De façon synthétique, la grande majorité des auteurs qui se sont exprimés sur le domaine ont recours à deux modèles de la valeur : le premier envoie à des approches endogènes de la valeur et le second à des approches exogènes. A partir des limites de ces différentes approches, nous envisageons la valeur à partir d'un cadre dialectique. L'utilisation de la dialectique pour aborder la valeur, nécessite d'introduire une notion au carrefour des aspects stratégiques et opérationnels et souvent négligées en gestion : la notion de conception.
La contribution se termine par la proposition d'un modèle prenant en compte les aspects dialectiques de la valeur et par la mise en évidence des défis liés à cette approche.

Les modes de coordination et d’organisation des partenariats inter firmes : exploration du rôle et de l’impact respectifs du contrôle et de la confiance au travers du courant « intégratif »

Auteurs

Franck BRULHART

Christophe FAVOREU

Résumé

Bien que répandues et en constante augmentation, les manoeuvres de partenariats connaissent
un taux d'échec relativement important. Cet état de fait associé à la faiblesse des recherches
portant sur les processus de gestion et la mise en oeuvre des partenariats légitiment un
questionnement sur les facteurs de réussite des manoeuvres de partenariat. En effet si un
nombre conséquent de travaux existe sur les différentes formes de partenariats ainsi que sur
les facteurs explicatifs de leur constitution, plus rares sont les études portant sur leur condition
de gestion et de mise en oeuvre. Sur ce thème une problématique plus précise retient notre
attention : la place et l'impact respectifs occupés par la confiance et le contrôle dans la
coordination et l'organisation des relations de partenariats et in fine dans leur réussite. Ainsi
la question centrale du débat entre la confiance et les mécanismes de contrôle n'est pas de
savoir si la confiance est un mécanisme de contrôle mais plutôt de savoir si l'utilisation des
mécanismes formels de contrôle entrave ou non le développement de la confiance entre les
partenaires. L'objet de cet article est donc d'une part de mesurer l'influence du contrôle sur la
confiance. D'autre part, une analyse plus détaillée nous pousse à évaluer l'impact et
l'importance respectifs des différentes composantes du contrôle (le suivi et l'audit, la
certification exante, la formalisation du contrat) sur la formation de la confiance afin d'en
déterminer les plus significatives. Pour cela, nous avons recours à une analyse causale et
présentons un modèle LISREL permettant de tester nos hypothèses. En conclusion, notre
étude cherche à trancher parmi les différents courants théoriques s'interrogeant sur le lien
confiance-contrôle dans une relation de partenariat et à vérifier, notamment, la pertinence du
courant dit intégratif.

Les politiques de prix de cession interne : un outil de changement stratégique et d’apprentissage organisationnel

Auteur

Jean Gilles MBIANGA

Résumé

Etudier les politiques de prix de cession interne (PCI) dans le contexte du changement organisationnel offre l’occasion de s’intéresser à la relation stratégie-contrôle et aux liens subtils et ambigus qu’ils entretiennent. L’objet de cet article est de montrer, à l’aide de deux études de cas, comment les organisations se servent de leurs politiques de prix de cession interne pour mettre en oeuvre leurs nouvelles stratégies et favoriser l’apprentissage organisationnel.

Les facteurs déterminants des stratégies de développement des groupes privés tunisiens

Auteur

Samir SRAIRI

Résumé

Dans le but d’analyser les décisions stratégiques dans le contexte des groupes tunisiens, nous avons articulé la présente recherche autour de trois axes. Tout d'abord, l’analyse a concerné les styles de réflexion stratégique adoptés par les groupes. Ensuite, il a été question d'étudier leurs stratégies de développement. Enfin, l'intérêt a porté sur l'identification des facteurs conditionnant leurs choix stratégiques.
L'enquête menée auprès des 32 groupes a montré que le développement de la plupart des groupes n'a pas fait l'objet d'une planification préalable. Ces groupes pensent, en effet, que leur stratégie s'est développée par un processus d'apprentissage.
Quant aux types de stratégies adoptées, la plupart des groupes sont nés par diversification autour d’une activité centrale profitable. Ces groupes ont investi essentiellement dans les secteurs encouragés par l'Etat. Cette stratégie est imprégnée d'une logique financière plutôt que d'une recherche des synergies.
Jusqu’à 1986, les groupes en Tunisie ont évolué dans une économie protégée caractérisée par une concurrence faible et une croissance forte. Cet environnement stable n’a pas incité les groupes à se doter d’un système adéquat de surveillance et d’évaluation de l’environnement.
Cependant, avec la libéralisation de l’économie, certains groupes ont été amenés à opérer à des changements stratégiques en utilisant les méthodes prospectives. D’autres groupes, dans le but d’augmenter la réactivité de leurs filiales, ont permis à ces dernières de jouir d’une certaine autonomie sur les plans technique et commercial. Cette action a été conjuguée par une participation, qui reste encore timide, de certains membres du groupe dans les décisions stratégiques.
Le changement stratégique repose aussi sur les individus. A cet effet, certains groupes et dans l’objectif d’accroître l’adhésion de leurs personnels ont insisté sur les actions de formation, sur la création de structures telles que les cercles de qualité, et sur l’élaboration d’un projet d’entreprise qui reflète la vision du groupe.

La réflexion stratégique dans le contexte tunisien : une étude contingente

Auteur

Kaïs LASSOUED

Résumé

Ce papier présente les résultats empiriques d’une enquête réalisée auprès de 50 entreprises industrielles tunisiennes. Le premier objectif de ce travail est de créer une typologie de comportements des entreprises tunisiennes en matière de réflexion stratégique par rapport à deux facteurs (la formalisation et l’anticipation). Le deuxième objectif consiste à analyser la relation de certaines variables de contingence (les valeurs des dirigeants, la taille et la dépendance institutionnelle de l’entreprise) avec l’adoption d’un style de réflexion stratégique. Il en ressort quatre styles : la planification stratégique, la planification
opérationnelle à court terme, le style adaptatif et le style entrepreneurial. La plupart des entreprises de notre échantillon adoptent une planification opérationnelle à court terme. Ces entreprises sont plutôt de grande taille et sont contrôlées par une entreprise mère ou par l’Etat.
Les dirigeants de ces entreprises ont une forte volonté de développement. L’analyse d’association entre les facteurs contextuels étudiés et le type de réflexion stratégique adopté par l’entreprise n’a pas donné des résultats catégoriques. Seule la relation se rapportant aux valeurs des dirigeants semble être sans équivoque. Ainsi, à partir de notre échantillon limité, il apparaît nettement que, s’il existe une relation entre la réflexion stratégique et les variables contextuelles, celle-ci est moyennement importante.

Le réseau d’entreprises : aboutissement d’une trajectoire organisationnelle ou forme transitoire d’organisation

Auteurs

Isabelle Géniaux

Sylvie Mira-Bonnardel

Résumé

Certains auteurs comme Ettighoffer et Van Beneden (2000) ou Livian (1998) considèrent que le réseau est devenu le mode d’organisation dominant. Le réseau d’entreprise apparaît comme la forme organisationnelle combinant souplesse, flexibilité, richesse et dynamisme. De ce fait, le réseau est particulièrement adapté à un environnement mondial, global et ayant un rythme d’évolution rapide.
Fréry (1997) affirme que « la grande entreprise capitaliste intégrée n’aura été qu’un épisode de l’histoire……..épisode qui semble désormais clos ».
Pour Livian (1998), le réseau se présente comme l’idéal type qui s’imposera comme mode d’organisation dominant dans les décennies.
L’objet de cette communication est, à travers une analyse approfondie de quatre réseaux d’entreprises de vérifier si la forme organisationnelle réseau représente une forme définitive d’organisation ou un état contextuel et daté.
Après être revenues sur les facteurs déterminants dans la constitution de réseaux d’entreprises, nous analyserons le cycle de vie de quatre réseaux. Cette analyse révèle des facteurs clés de pérennité des réseaux ainsi que des facteurs de bifurcation au cours de leur évolution. En effet, trois des quatre réseaux étudiés sont revenus à une forme plus intégrée avec rapprochement capitalistique.
Mais si l’entreprise capitalistique intégrée est en voie de disparition, et si le réseau est une forme transitoire, nous pouvons alors nous interroger sur le nouveau mode organisationnel dominant pour les prochaines années.

Proposition d’une analyse du processus de développement des filiales extérieures

Auteurs

Fidel LEON DARDER

Martina MENGUZZATO BOULARD

Résumé

L’objectif de ce papier est de contribuer à une meilleure compréhension de l’évolution à laquelle sont soumises les filiales étrangères des entreprises multinationales.
Bien que l’évolution d’une filiale dépende des décisions prises dans le cadre de la stratégie internationale de l’entreprise, certaines caractéristiques de la filiale pourraient aussi influencer sa propre évolution.
A partir d’une révision des principaux travaux sur internationalisation, et en particulier sur les différents rôles stratégiques des filiales, et nous situant dans une perspective de processus auquel nous donnons la structure de cycle de vie de la filiale, nous formulons un ensemble d’hypothèses reliant différentes variables caractéristiques de la filiale avec l’évolution de  celle-ci dans le temps, soit son développement et sa continuité.
Nous utilisons alors les données primaires de 284 filiales espagnoles d’entreprises multinationales européennes, américaines, et japonaises, pour confirmer ou rejeter les hypothèses proposées.
Les résultats nous montrent que, bien que la forme d’incorporation détermine en partie le niveau de compétences et d’autonomie de la filiale, il existe une relation entre certains facteurs internes de la filiale, et le développement de ses compétences au long de son existence, et la possibilité d’être détachée de la multinationale. Ceci encouragerait un rôle plus actif des filiales dans le dessein de leur évolution, pouvant ainsi contribuer au développement des pays auxquels elles appartiennent.

Pourquoi et Comment Sortir d’une Alliance ?

Auteur

Pierre-Xavier Meschi

Résumé

L’objectif de cet article est de montrer que la fin d’une coentreprise (ou joint venture) n’est pas systématiquement synonyme d’échec mais recouvre également d’autres significations distinctes de l’échec. Cette question a été traitée à partir d’une analyse des correspondances au sein d’un échantillon de 222 coentreprises cédées, dissoutes ou scindées entre 1994 et 2002 et impliquant au moins un partenaire européen. Il ressort tout d’abord des résultats que l’échec de la coentreprise est loin d’être la seule raison significative motivant les partenaires à interrompre l’alliance. Ensuite, Ce papier souligne qu’opter pour une cession, une dissolution ou une scission n’est pas un choix qui se fait indistinctement ou de manière aléatoire. Bien au contraire, une stratégie sous-jacente au mode de sortie existe chez la plupart des partenaires sortant d’une alliance.

Changement de paradigmes et formation au management stratégique : Plaidoyer pour une transversalité pédagogique

Auteurs

Guy SOLLE

Evelyne ROUBY

Résumé

Cette communication vise à défendre une thèse de type “ processus éducatif versus programme éducatif ” en prenant appui sur les prémisses suivantes : l'évolution du contenu des enseignements dans les sciences de gestion ne peut être totalement distanciée d’une part, de l'évolution observable dans la réalité entrepreneuriale et d’autre part, de la représentation qui en est faite par les enseignants et chercheurs. Ainsi, et à l’inverse du programme éducatif, un processus éducatif, dont les modalités de mise en oeuvre restent à définir, ne peut être réduit à la simple agrégation de disciplines ou de matières enseignées de façon cloisonnée se superposant les unes aux autres sans s’enrichir mutuellement par interactions dynamiques.
Décloisonnement et recouplage, caractéristiques des innovations organisationnelles actuelles, sont supposés être transposés dans nos enseignements et notamment dans l'enseignement du Management Stratégique, lequel est susceptible de conditionner nombre de modules "disciplinaires" de formation en sciences de gestion.

Grammaire stratégique

Auteurs

Valérie CHANAL

Michel AUTHIER

Michel CASTAN

Résumé

La méthode présentée dans cet article a pour but d'aider les managers d'une entreprise à écrire et à lire les textes stratégiques et à parler entre eux de stratégie. Nous l'appelons une "grammaire stratégique". Elle vise à définir des propositions stratégiques types qui représentent des engagements à agir stratégiquement dans un contexte d'action donné. Le modèle théorique qui sous-tend cette méthode est présenté. Il s’appuie sur la sociologie de l'action de Habermas, et intègre les logiques stratégiques formalisées par Martinet. La méthode a été implémentée grâce à un outil de cartographie (logiciel See-K de Trivium) pour fournir une représentation cartographique de l'ensemble des documents stratégiques des régions du Groupe EDF. La pertinence des énoncés produits automatiquement sur ce corpus conduit à valider le mode d'indexation proposé. Ce travail débouche en outre sur des propositions de déploiement d'une telle approche au sein de EDF, afin de régénérer la production de discours stratégiques, aussi bien sur le fond que sur la forme, et de favoriser le partage de connaissances entre les managers autour de problématiques stratégiques communes.

La structure financière des PME De la haute technologie

Auteurs

Et-taoufik FATHI

Benoît GAILLY

Résumé

Cette recherche étudie les déterminants de la structure financière de 351 PME innovantes belges sur la période 1997-2000. Nous avons utilisé, dans cette étude, un modèle d'équations structurelles afin de déterminer les facteurs explicatifs de la structure financière de ces PME innovantes. Notre recherche supporte les résultats de plusieurs autres études et montre que l'explication de la structure financière relève de différentes théories et non d'une seule.
Néanmoins, les résultats de notre étude révèlent une « capacité explicative » plus importante de la POT et de la théorie des contraintes financière.

Quelle stratégie pour la mise en place des réseaux de business angels ? Quelques leçons des pratiques internationales

Auteurs

Frédéric NLEMVO

Bernard SURLEMONT

Hélène WACQUIER

Résumé

Dans son rapport « Stimuler l’esprit d’entreprise », l’OCDE souligne la nécessité de promouvoir le développement d’une culture entrepreneuriale dans les pays membres afin de soutenir la croissance et l’emploi. Se donner les moyens de s’appuyer sur une telle culture suppose d’examiner le problème du financement de la création et du développement des startups.
Or, conformément à la théorie de la hiérarchie des financements, dans son cheminement vers la croissance la PME en quête de financement passe généralement par une étape cruciale pour sa survie, dite financing gap. Au cours de celle-ci, la PME peine à trouver un écho favorable auprès des banquiers et du marché formel du capital-risque. Les motivations du refus de financement sont généralement l’absence de garanties et les risques.
En réponse aux inquiétudes des PME en prise à ce financing gap, les business angels sont susceptibles de leur apporter du capital ainsi que leur éventuelle expérience du monde des affaires. Mais, la discrétion de ces business angels ne facilite pas la tâche des entrepreneurs en quête de leur soutien.
En raison de l’importance potentielle des business angels dans la dynamique du développement économique, cette difficulté à faire se rencontrer de manière plus efficace offre et demande de financement est apparue comme une barrière stratégique à surmonter.
Pour répondre à ce besoin résultant de l’inefficacité du marché du capital informel, des réseaux de Business Angels (BAN) se sont progressivement organisés. Leur mission principale consiste à favoriser la rencontre de l’offre et de la demande de financement pour des projets en démarrage et/ou de très jeunes entreprises. Mais tant les modes de fonctionnement de business angels que de leurs réseaux sont assez mal connus et peu traités dans la littérature.

Par une approche de benchmarking, la présente étude analyse le fonctionnement d’un échantillon de BAN européens et américains. De ce fait, l’étude permet de mieux comprendre les rationalités des business angels, l’organisation, le fonctionnement et les objectifs de leurs réseaux ainsi que de ce mode de financement. Par ailleurs, à l’issue d’une analyse prospective des métiers de BAN, l’étude propose un cadre de référence, assorti de recommandations, de nature à éclairer les décideurs intéressés, quant aux actions et moyens à mettre en oeuvre en vue d’un meilleur fonctionnement de ces réseaux. Et ce, dans la perspective, d’une part, de faciliter le financement de la croissance de PME et, d’autre part, de susciter des vocations entrepreneuriales – le financement, perçu comme obstacle rédhibitoire à l’acte d’entreprendre, pouvant être surmonté.

Rivaliser et coopérer avec ses concurrents : le cas des stratégies collectives « agglomérées »

Auteur

Frédéric LE ROY

Résumé

L’objectif de cette recherche est de mieux comprendre les stratégies collectives « agglomérées ». En se fondant sur l’étude de l’industrie de la conserve de poissons (1960 – 1990), cette étude permet, d’une part, de définir les conditions dans lesquelles ce type de stratégie peut émerger et se stabiliser, et, d’autre part, de montrer le caractère endogène de sa dissolution.

La mode comme processus de coordination dans un secteur : Le cas du Prêt-à-Porter

Auteurs

Vanessa WARNIER

Xavier LECOCQ

Résumé

Les phénomènes de mode touchent aujourd’hui de nombreux secteurs économiques et constituent l’essence même de certains marchés comme ceux du prêt-à-porter, de la Haute- Couture, de la maroquinerie ou du conseil en management. Si cette association entre modes managériales et modes dites « esthétiques » peut a priori déconcerter, c’est que les chercheurs en gestion ont traité des premières et rarement des secondes. Comme le précise Abrahamson (1996), les travaux sur la mode dans les secteurs de l’habillement, de la gastronomie ou de la décoration sont souvent jugés futiles et peu sérieux. Ces considérations parmi la communauté des chercheurs en sciences de gestion ont conduit à laisser l’étude des phénomènes de mode à d’autres disciplines des sciences sociales telles que la psychosociologie, la sociologie, l’ethnologie ou encore la sémiologie.
Pourtant, le poids économique des secteurs concernés est considérable. A titre indicatif, la seule industrie de la Mode représente 5% de l’industrie manufacturière française (SESSI, 2002). Notre objectif est de proposer une perspective stratégique de la mode. Pour ce faire, notre analyse se situe essentiellement au niveau interorganisationnel. Plus spécifiquement, nous nous intéressons à l’organisation de l’industrie et à son rôle dans l’émergence d’une mode. Le terrain retenu est le secteur du prêt-à-porter, largement influencé par la mode. Après avoir présenté les travaux menés sur la mode en sciences sociales, nous définissons une perspective gestionnaire de celle-ci. Le cas du prêt-à- porter permet de montrer le fonctionnement de l’industrie et notamment l’influence d’un acteur, le bureau de style, dans l’émergence des modes. Les implications économiques de l’organisation de ce secteur sont largement discutées. En effet, celle-ci présente un certain nombre d’avantages pour lesentreprises comme pour les consommateurs : obsolescence rapide et disparition des produits des saisons précédentes, augmentation de la demande, production en circuit court (petites séries), baisse des coûts de transaction tout au long de la chaîne de valeur et finalement, meilleure adéquation en l’offre et la demande.

Les réseaux ont-ils un avenir dans le secteur de la santé?

Auteur

Michèle ST-PIERRE

Résumé

Nous sommes à l’ère des réseaux. Aujourd’hui, la stratégie de réseau devient souvent la solution privilégiée qui permet aux organisations de faire face au caractère multidimensionnel des situations; elle est une solution créative pour gérer la complexité. Dans le monde de la santé, cela se traduit par l’émergence, depuis quelques années, des réseaux de services intégrés. Mais comment peut-on passer d’un fonctionnement dit en « silo » où chaque établissement répond encore à ce que Poulin et al. (1994) qualifient d’entreprise château, à un fonctionnement en réseau où l’emphase est mise sur l’intégration des services offerts à la population plutôt que sur les structures? C’est à partir de l’évaluation de certaines expériences menées au Québec que nous avons examiné la dynamique de structuration des réseaux. Ainsi, il est apparu que si les transformations des cadres d’action influençaient les logiques et les interactions entre les acteurs vers l’adoption des comportements souhaités, les logiques en place influençaient autant l’adoption ou non des modalités structurelles en réseau. Un véritable jeu entre les modes de coordination ou les mécanismes structurels instaurés et
l’action des acteurs s’est installé, de telle façon qu’une médiation entre structure et action s’est organisée. Cette médiation repose sur certains facteurs qui semblent incontournables : le respect d’une période de maturation, la réactualisation des compétences axées davantage vers les dynamiques de travail collectif et la circulation adéquate des informations signifiantes et cohérentes avec l’organisation en réseau. Le facteur temps est devenu une condition essentielle afin que les acteurs puissent sanctionner le fonctionnement en réseau et que celui-ci puisse être appuyé par des cadres d’action qui légitiment les réseaux. De la même façon, l’acquisition de compétences axées sur le développement des partenariats institutionnels et professionnels et la transmission de l’information adaptée aux pratiques communes font état des espaces de régulation à aménager entre structure et action.

Les enjeux stratégiques de la qualité dans les établissements médico-sociaux : le cas des établissements d’accueil pour personnes âgées

Auteur

Sandra BERTEZENE

Résumé

La réforme de la tarification de 1999 a initié l’engagement des établissements d’accueil pour personnes âgées dans une démarche qualité continue formalisée lors de la signature d’une convention tripartite qui engage l’établissement, le Conseil Général et la DDASS. Cette convention permet de formaliser la stratégie et de l’articuler à une démarche d’amélioration continue de la qualité pour obtenir les ressources nécessaires au fonctionnement et les autorisations à fonctionner. Dans ce contexte, notre problématique est centrée sur la nature des défauts de qualité et le pilotage stratégique de la démarche qualité. Nous développons ici une double hypothèse. D’une part, les défauts de qualité et le manque de traçabilité peuvent remettre en question la survie des établissements dans le cadre de la réforme de la tarification.
D’autre part, les établissements peuvent définir et formaliser une stratégie qualité basée sur ses propres exigences et celles du référentiel qualité fourni par la tutelle. Notre rechercheintervention, menée au sein de deux établissements d’accueil pour personnes âgées du secteur privé associatif, nous a permis de mettre en évidence différents résultats : le premier établissement tend à mettre en oeuvre les critères qualité imposés par le référentiel qualité transmis par la tutelle, mais que la prédominance de la culture de l’oral ne permet pas la traçabilité exigée par l’assurance qualité, ce qui constitue un risque pour la survie et le développement des établissements ; l’expérimentation du programme stratégique qualité rédigé par les établissements suite à l’évaluation qualité montre la formalisation de la stratégie de l’établissement dans une perspective de qualité totale qui permet d’allier les objectifs propres à l’établissement et ceux de la tutelle.

Modèles de diffusion des technologies de l’information et de la communication dans les districts industriels : le rôle des entreprises guide

Auteur

Elena Ragazzi

Résumé

Les technologies de l’information et de la communication ne suivent pas le même modèle de diffusion dans tous les districts industriels. Beaucoup de variables peuvent aider à expliquer les différences entre les façons où ces technologies sont employées. En particulier, la spécialisation productive, la localisation et la taille des firmes sont liées à la diffusion de certaines technologies, mais ne sont pas suffisantes à expliquer l’attitude envers l’adoption des nouvelles technologies.
Ce papier se base sur une recherche qui a mesuré la diffusion des technologies de l’information et de la communication dans les districts du Piedmont et veut évaluer l’hypothèse que la présence d’entreprises guide puisse influencer la demande et l’emploi des systèmes de communication les plus avancés.

Chaînes logistiques et modèles d’affaires du commerce électronique : Le cas de la vente en ligne de produits informatiques

Auteurs

Mathieu DETCHESSAHAR

Benoît JOURNE

Emmanuel KESSOUS

Résumé

L'étude montre que les commerçants en ligne ne peuvent pas échapper aux questions classiques du commerce que sont: le stock, la gamme, la mise à disposition du client, la nature des relations avec leurs partenaires. Ces quelques variables clefs structurent en profondeur les supply chain comme les modèles d'affaires des commerçants en ligne. Trois types de modèles d'affaires sont ainsi repérés

Une approche exploratoire de l’externalisation de la R&D : vers une modélisation des paramètres nécessaires

Auteurs

Régis DUMOULIN

Aude MARTIN

Résumé

Notre étude qui est avant tout exploratoire vise à comprendre le phénomène de l’externalisation de la R&D. L’analyse des deux cadres théoriques habituellement mobilisés pour appréhender l’externalisation (TCT et RBV) et de la vision plus spécifique de Kay concernant l’externalisation de la R&D soulève un certain nombre de questions auxquelles nous chercherons à répondre au long de ce travail : Quelles sont les activités de R&D que l’on peut confier à l’extérieur ? Pourquoi les entreprises prennent-elles cette décision ? Comment se déroule une externalisation de R&D ? L’analyse des douze entretiens réalisés sur le terrain avec des responsables de R&D d’entreprises différentes nous permet de définir les projets de R&D qui peuvent être confiés à des prestataires en mettant en évidence l’existence de projets périphériques et de projets considérés comme clés pour l’entreprise. Les entreprises externalisent leur R&D dans le but de réorganiser leur R&D interne, d’accéder à un savoirfaire indisponible à l’interne et de répondre à l’évolution de l’environnement. L’étude terrain révèle certaines convergences et certaines divergences avec le cadre théorique : les entreprises n’externalisent pas leur R&D dans le but de réaliser une économie de coûts mais plutôt pour obtenir des compétences. Le terme d’externalisation ne semble pas adéquat lorsque l’on s’intéresse à la R&D, la notion d’impartition qui s’étend de la sous-traitance au partenariat est mieux appropriée. Le terrain met en évidence un modèle présentant quatre paramètres à prendre en compte pour une externalisation réussie qui sont : les contrats, la propriété intellectuelle, la confiance et la gestion du transfert d’informations.

Nature, enjeux et effets stratégiques de l'externalisation : éléments théoriques et empiriques

Auteur

Eric FIMBEL

Résumé

Cette contribution répond aux deux questions suivantes :
- Une décision d'externalisation est-elle stratégique ? Si oui, en quoi l'est-elle, et avec quelle intensité ?
- Cette éventuelle nature stratégique est-elle homogène pour toutes les catégories d'externalisation ?
Les résultats de notre travail bibliométrique (réalisé sur plus de 500 publications) montrent que la grande majorité des travaux de recherche considère l'aspect stratégique de l'externalisation soit comme un postulat, soit comme un acquis définitif, et ceci indépendamment de l'activité et/ou de la fonction concernée(s) au sein de l'entreprise.
Dans le cadre d'une recherche doctorale (1998-2001), nous avons réalisé une investigation directe auprès de 140 dirigeants et responsables d'entreprises européennes ayant réussi ce'type d'opération. Contrairement à de nombreuses études, nous avons :
- inclus l'ensemble des parties prenantes, y compris les sociétés prestataires de services externalisés,
- corrélé la dimension stratégique d'une telle décision à la nature (logistique, informatique, service après-vente, comptabilité, maintenance industrielle) et au périmètre (partiel ou total) de l'activité concernée.
Une des questions-clés est : « par rapport à la solution antérieure interne estimez-vous que, pour l'entreprise qui externalise, telle externalisation est intrinsèquement porteuse de ……. ». Les différents traitements quantitatifs croisent les données obtenues selon six types d'effets stratégiques positifs (gains) et négatifs (pertes) : compétitivité, flexibilité, compétences et expertises stratégiques, résultats financiers, résultats commerciaux, identité.Parmi les nombreuses conclusions obtenues, nous démontrons que :
-  Aucune des cinq catégories d'externalisations n'a la même configuration stratégique qu'une autre ( en nature comme en intensité des effets). Donc toute approche monomorphe ou homothétique basée sur le postulat de l'homogénéité de la nature stratégique de l'externalisation est porteuse d'erreurs importantes.
- Dans chaque catégorie d'externalisation, on ne peut constater aucune symétrie entre les gains et les pertes, ces dernières se révélant d'ailleurs nettement moins intenses que les gains.

 

Innovations technologique et organisationnelle au sein de P.M.E. innovantes :complémentarité des processus, analyse comparative des mécanismes de diffusion

Auteur

Cécile AYERBE-MACHAT

Résumé

L’innovation est un domaine de recherche vaste, que privilégient non seulement la gestion mais aussi l’économie et la sociologie. Empruntant à différentes disciplines des sciences sociales, elle se caractérise par un foisonnement de thématiques. Les travaux contemporains, aussi divers soient-ils, semblent toutefois converger sur un point majeur : l’urgence d’appréhender les phénomènes intra-organisationnels dans les processus d’innovation (Ménard 1994). La reconnaissance de l’innovation organisationnelle constitue une avancée significative pour l’analyse des processus d’innovation. Elle introduit toutefois un certain nombre d’interrogations, la littérature en la matière restant encore largement exploratoire.
Parmi ces questionnements, la complémentarité entre les innovations technologique et organisationnelle ainsi que l’étude comparative des mécanismes de diffusion de ces innovations apparaissent encore peu explorées. Nous nous sommes donc intéressée à ces deux volets afin de rendre compte de la complexité de la dynamique d’innovation dans son ensemble. Plus précisément, notre article se propose de répondre aux questions suivantes :
– comment les innovations technologique et organisationnelle évoluent-elles et s’influencent-elles dans le temps ?
– quels sont les mécanismes de diffusion de l’innovation à l’oeuvre en matière de technologie et d’organisation ?
Pour cela, nous avons eu recours à une analyse qualitative reposant sur une stratégie de cas multiples centrée sur des P.M.E. innovantes. Les principaux résultats de notre recherche ont souligné l’existence de plusieurs phases, caractéristiques de l’évolution temporelle des différentes innovations technologiques et organisationnelles réalisées sur longue période par les entreprises innovantes. Ils permettent en outre de spécifier leurs influences mutuelles. De plus, l’étude des mécanismes de diffusion des innovations, au-delà des différences entre les processus technologique et organisationnel, autorise une compréhension plus fine del’imbrication entre les différentes innovations réalisées par la firme. En particulier, le détour par les connaissances et / ou les acteurs impliqués dans chaque type d’innovation nous permet de souligner l’importance des choix opérés en matière de technologie dans les évolutions organisationnelles et de souligner la co-évolution entre les changements technologique et organisationnel.

La décentralisation des processus stratégiques : Proposition d’un cadre d’analyse

Auteur

Christophe TORSET

Résumé

La littérature sur les processus stratégiques utilise fréquemment la notion de décentralisation.
Pourtant, celle-ci n’est pas définie de façon homogène et les processus décentralisés prennent de multiples formes. La décentralisation peut alors être envisagée de manière générique comme la participation d’acteurs organisationnels non décideurs dans la formation de la stratégie.
Pour mieux comprendre l’intérêt que porte la littérature à cette notion, nous proposons dans un premier temps une analyse des principaux enjeux de la décentralisation. Trois principaux enjeux émergent de la littérature : l’amélioration de la pertinence stratégique, de l’efficience stratégique et de l’efficience organisationnelle.
Dans une deuxième étape, nous proposons d’approfondir les principales caractéristiques des processus décentralisés. La synthèse de ces caractéristiques nous amène à construire un cadre d’analyse de la décentralisation constitué de quatre dimensions : la localisation (mesure de la ‘hauteur’ hiérarchique du processus), la concentration (la participation, le périmètre de la démarche stratégique au sein de l’organisation), l’ascendance (pour distinguer les processus ‘bottom-up’ et ‘top-down’) et l’émergence organisationnelle (selon que la décentralisation est organisée, structurée par les dirigeants ou qu’elle résulte d’une initiative volontariste d’un cadre opérationnel).

Le middle manager dans la formation de la stratégie : repère théorique et précision empirique

Auteur

Marielle PAYAUD

Résumé

L'entreprise de services de réseau est particulièrement intéressante car du fait de la nature des services et du fort ancrage territorial, les managers de terrain (middle ?) participent directement à la co-construction des services et (peut-être) à leur évolution, et donc nous pouvons supposer qu’ils agissent à la formation des stratégies « opérationnelles ». En effet, l'entreprise de services de réseau de par sa dispersion géographique est confrontée à des marchés multiples et mouvants. Ces entreprises fondent leur performance sur celles des centres de résultats dont la dispersion des sites sur le territoire nécessite un ajustement au marché local. La diversité, la variété et la dynamique de la demande requièrent de la part de l'entreprise de l'ambition, une capacité de perception, d'adaptation, de cohésion, de cohérence.
Dès lors, la prise en compte des stratégies émergentes se fonde à la fois sur la conséquence de l'élaboration de la prestation de services en coproduction renforcée par une structure de réseau. La formation de la stratégie des entreprises de services de réseau conduit alors à s'intéresser à l'intervention des middle managers dans le processus d'émergence. Le questionnement sous-jacent est comment le middle manager contribue à la formation des stratégies et de fait à la construction de l'avantage concurrentiel via des capacités dynamiques dans l'entreprise de services de réseau.
A partir d'abord de la description des missions des fonctions contenues dans des outils de gestion d'une entreprise de travail temporaire tels que le manuel de qualité et le contrat de travail, ensuite de la perception des acteurs rencontrés sur leur propre mission et celle de leur collègue, et enfin en témoignant d'initiatives prises, trois types de managers ont été repérés et peuvent potentiellement jouer le rôle du "middle manager" : le responsable d'agence(s), le directeur d'agences ou le directeur de secteur et le directeur régional qui participent respectivement à la co-production de l’offre, à la co-construction des compétences et à la coévolution de la stratégie.

La construction narrative de la stratégie, de l’entrepreneuriat et du management de projet

Auteur

Thierry BOUDÈS

Résumé

L’approche narrative se développe actuellement dans les sciences de gestion. Récemment, plusieurs travaux ont été consacrés à la place des récits dans la stratégie, l’entrepreneuriat, et la gestion de projet, mais en s’ignorant partiellement les uns par rapport aux autres. Cet article vise à intégrer ces différentes approches en soulignant les proximités qu’entretiennent stratégie, entrepreneuriat, et gestion de projet avec les structures narratives. Il montre les conséquences d’une approche narrative de ces trois champs sur trois aspects clefs de la stratégie, de l’entrepreneuriat, et la gestion de projet : la compréhension des parties prenantes, la place des objectifs, l’intérêt des propositions formulées aux acteurs.

Apprentissages et confiance au sein d’une alliance technologique

Auteurs

Marc INGHAM

Caroline MOTHE

Résumé

Le rôle joué par la confiance dans l'apprentissage organisationnel a été mis en exergue, tant par les chercheurs en management stratégique que par les gestionnaires. Cependant, les études empiriques restent relativement rares, en particulier dans le domaine des alliances interentreprises.
Cet article tente de combler partiellement ce vide grâce à une exploration d’une alliance technologique. L’analyse met l’accent sur les interactions entre confiance et apprentissages, tant au niveau inter-individuel que collectif. Nous cherchons à individualiser les influences respectives de la confiance sur l’apprentissage (et vice-versa) et à en illustrer les mécanismes de renforcement mutuels. L’analyse montre notamment que :
– La confiance et les apprentissages collectifs se fondent sur la confiance et les apprentissages individuels ;
– Les apprentissages individuels et collectifs revêtent une dimension cognitive et une dimension comportementale, qui s’appuient respectivement sur une confiance de compétence et de bonne volonté;
L’apprentissage et la confiance naissent et se renforcent mutuellement au travers des interactions sociales et de la coopération avec les membres de l’organisation partenaire.

Les accords de cooperation : Une strategie pour toutes les entreprises?

Auteurs

Martina MENGUZZATO-BOULARD

Alejandro ESCRIBA-ESTEVE

Luz SANCHEZ-PEINADO

Résumé

L’utilisation des accords de coopération inter-entreprises ou alliances stratégiques s’est transformée, au long des deux dernières décades, en une option stratégique de plus en plus appréciée, dans la mesure où elle offre, aux entreprises qui y ont recours, d’importants avantages potentiels, contribuant ainsi à une amélioration de la compétitivité. Cependant, telle option n’est pas exempte de risques et inconvénients, et de certains conflits dont les conséquences peuvent être graves, non seulement pour l’alliance, sinon aussi pour les entreprises impliquées.
C’est pourquoi, dans ce papier nous nous posons la question de savoir si, réellement, les alliances constituent une alternative stratégique valable pour n’importe quel type d’entreprise.
Et nous essayons d’y répondre à partir d’une analyse de la possible influence de certaines caractéristiques des entreprises sur la propension de celle-ci à nouer des alliances, et sur l’intensité de leur utilisation.
Pour ce, nous proposons des hypothèses sur la possible relation entre l’utilisation d’accords de coopération et la taille de l’entreprise, son caractère familial o non, si celle-ci est internationalisée ou pas, et si c’est une firme diversifiée ou spécialisée.
Les hypothèses sont amenées par une argumentation théorique basée sur la littérature existante, et sont ensuite testées à partir d’un échantillon de 266 entreprises espagnoles.
Nos résultats montrent que les PMEs et les entreprises familiales sont moins prédisposées à utiliser la coopération, alors que l’on n’apprécie pas de différence significative selon l’orientation stratégique de l’entreprise.
Ces résultats sont interprétés et commentés, et de nouvelles voies de recherche sont ouvertes.

Stratégies génériques : test de trois modèles descriptifs et perspectives théoriques

Auteurs

Sandrine CUEILLE

Saïd YAMI

Christophe BENAVENT

Résumé


Cet article est centré sur l'étude de la pertinence des modèles théoriques classiques permettant de décrire les stratégies génériques, en prenant comme champ d'analyse les entreprises françaises du secteur agro-alimentaire. Trois modèles descriptifs des stratégies génériques sont testés : le modèle de Porter (1980), le modèle de Mintzberg (1988) et le méta-modèle établi par Campbell-Hunt (2000) à partir d'une agrégation empirique de dix-sept descriptions des stratégies génériques proposées dans la littérature. La méthode utilisée est fondée sur la réalisation d'une enquête par questionnaire auprès des dirigeants des entreprises françaises du secteur agro-alimentaire. Cette enquête a permis de constituer un échantillon de 306 entreprises. Les traitements statistiques reposent sur la réalisation d'analyses factorielles confirmatoires qui permettent de vérifier que les facteurs mis en évidence par des études antérieures s'ajustent bien aux données empiriques. Les résultats obtenus montrent que les modèles théoriques testés ne s'ajustent pas de manière satisfaisante aux données empiriques. Sur la base de ce constat, un modèle descriptif « ad hoc », issu d'une analyse factorielle réalisée à partir des items du questionnaire, est testé. Ce modèle, constitué de sept facteurs permettant de décrire les stratégies génériques formulées par les dirigeants des entreprises étudiées, présente la particularité de comporter une dimension spécifique à la différenciation par la qualité et regroupant les différentes facettes de la notion de qualité dans l'industrie agro-alimentaire : qualité du produit et du service, qualité du processus de transformation,qualité obtenue par le biais des procédures de contrôle, qualité du personnel. La pertinence du modèle ad hoc est alors vérifiée par la réalisation d'une analyse factorielle confirmatoire. Les indices d'ajustement obtenus sont meilleurs que ceux relatifs à chacun des trois modèles théoriques testés. Cette étude conduit alors à une réflexion sur le thème de l'universalité des stratégies génériques et à la mise en évidence des spécificités des stratégies concurrentielles dans le secteur agro-alimentaire français.

Quand l’environnement devient stratégique ?

Auteur

Emmanuelle REYNAUD

Résumé

Le management de l’environnement a longtemps omis la stratégie environnementaliste en se consacrant tour à tour aux raisons du comportement environnemental puis à la mise en oeuvre et au contrôle de cette politique. Pourtant, Porter, van der Linde (1995) et Martinet, Reynaud (2001) nous apprennent que la protection de l’environnement devrait faire l’objet de réflexion stratégique. Pour mener cette réflexion, le seul matériau disponible concerne les écrits sur les raisons du comportement de protection. Aussi, s’inscrivant à contre-courant de cette approche dominante cet article identifie une typologie des raisons présentes dans la littérature correspondant à des stratégies implicites.
A partir des principales contributions du domaine un modèle des stratégies génériques est proposé. Sans prétendre résumer l’éventail des possibles, ce modèle permet dans le secteur des produits biologiques de dresser trois stratégies archétypiques.


Les trois stratégies archétypiques

L’idéologue

− forte présence de standards,
− forte sensibilité à l’environnement,
− faible sensibilité au prix.


Le pragmatique

− forte présence de standards,
− sensibilité à l’environnement de faible à moyenne,
− sensibilité au prix de faible à moyenne.

Le novateur

− faible présence de standards,
− sensibilité à l’environnement de faible à moyenne,
− sensibilité au prix de moyenne à forte.

L’idéologue (cas de la boulangerie Valdenaire) conduit une stratégie de niche en accord avec ses valeurs. Le pragmatique (ici « Le Goût de la Vie ») mène une stratégie de domination du marché tandis que le novateur (Danone) tente de s’extraire des standards contraignants et de la pénurie des matières premières de l’agriculture biologique en se positionnant sur le créneau de l’agriculture raisonnée.

Cette dernière stratégie va à l’encontre d’une idée communément admise selon laquelle les stratégies de masse seraient conduites par les grands groupes. Le secteur biologique vit un étrange paradoxe. La demande est là mais les agriculteurs biologiques sont trop peu nombreux pour répondre à l'explosion du marché. Cet article montre donc la place privilégiée offerte aux stratégies des entreprises de taille moyenne.

Stratégies de dépollution et compétitivité : Pour une approche contingente de « l’hypothèse de Porter »

Auteur

Olivier BOIRAL

Résumé

La réduction des impacts environnementaux représente souvent des investissements considérables pour les entreprises industrielles. Confrontées, d’une part, à des pressions réglementaires ou sociétales favorisant l’adoption de systèmes de dépollution efficaces et, d’autre part, à des contraintes économiques et concurrentielles qui limitent les investissements non productifs, ces entreprises ont souvent une marge de manoeuvre très étroite. Les implications économiques des actions environnementales semblent d’autant plus difficiles à appréhender que les études sur ce thème donnent des résultats souvent contradictoires.
L’objectif de ce texte est de montrer à quelles conditions et dans quelles circonstances les politiques environnementales des entreprises peuvent ou non avoir des effets positifs sur la productivité. La réflexion développée tend à remettre en cause l’opposition souvent simpliste entre les hypothèses « win-win » et « win-loose » qui dominent les débats sur ce thème. Les effets des politiques environnementales sur la productivité doivent en particulier tenir compte de plusieurs aspects contingents et spécifiques à chaque entreprise : le rôle de l’excellence manufacturière sur la performance environnementale, la distinction entre les actions préventives et palliatives, l’efficacité marginale décroissante des actions environnementales, l’anticipation des normes réglementaires et la durée du cycle de renouvellement des investissements.

Mémoire organisationnelle, technologies de l’information et capacité organisationnelle de traitement de l’information

Auteurs

Mohamed EL LOUADI

Imen TOUNSI

Fouad BEN ABDELAZIZ

Résumé

Les résultats de cette étude ont été obtenus par le biais de l’étude de 43 unités organisationnelles dans cinq filiales différentes. L’analyse de données a permis d’observer des effets d’interaction entre les dimensions déclarative, procédurale et de jugement de la mémoire organisationnelle et les dimensions technologiques mesurées. Les technologies de stockage interagissent avec la mémoire déclarative pour réduire les besoins en informations des entreprises. Mais, contrairement à nos attentes, les technologies de stockage et la mémoire déclarative, tout comme les technologies de réseau et la mémoire de jugement, interagissent négativement sur la disponibilité des informations. Ces résultats soulèvent des questions qui ont rarement été abordées dans la littérature.

Pour une approche globale du transfert de connaissance : une illustration empirique à l'intra-organisationnel

Auteur

Boris BERTHON

Résumé

La transversalité conceptuelle du transfert intra-organisationnel de connaissance ne manque pas de troubler le chercheur, qui tantôt y verra un processus d’apprentissage social et émergent, tantôt un processus formalisé, instrumentalisé dans le cadre d’un projet. Face à ce constat et un intérêt grandissant pour la connaissance organisationnelle appréhendée comme ressource stratégique durable de l’organisation, Argote & Ingram (2000) proposent un cadre conceptuel embrassant les dimensions sociale, politique, technologique et organisationnelle du transfert aussi bien à un niveau individuel que collectif.
Ils proposent ainsi de voir le transfert comme un déplacement et/ou une modification des combinaisons de réservoirs génériques de connaissance de la firme que sont ses acteurs, ses technologies et ses tâches.
Au travers d’un cas d’entreprise et d’une démarche qualitative par entretiens semi-directifs, nous proposons une illustration de cette approche en soulignant la complémentarité dynamique des deux types de transfert s’appuyant sur une organisation sociale différente. Le premier formalisé, instrumentalisé à un niveau organisationnel, est le fruit du réseau mis en place pour la gestion du projet, efficace pour transférer des connaissances non ambiguës. Le second, aléatoire, émergent, supplée le premier, reposant sur une organisation recréant les conditions d’interactions sociales propres à la création collective d’une connaissance ambiguë, complexe, proche de l’original, nécessitant une base commune de compréhension.
Au travers de cette communication, nous souhaitons encourager une approche globale du transfert tenant compte de sa complexité dans un souci de réalisme scientifique. Elle suppose une hétérogénéité des champs théoriques mobilisés en se souciant de leur compatibilité.
Elle nous semble aujourd’hui capitale dans la recherche d’une compréhension fine et exhaustive de phénomènes organisationnels aussi complexe que le transfert de connaissance.

La décentralisation de la réflexion stratégique : Questions de méthodes

Auteur C. DORSET

Présentation- Méthodes - Processus

Comment se déroule le processus coopératif au sein d’équipes projet?

Auteur

Stéphanie DAMERON

 

Analyse de processus

"Esprit de géométrie et esprit de finesse". Pourquoi les sciences sociales nous sont utiles ?

Auteur

Rolland REITTER

Résumé

Pour mener à bien cette tâche difficile qui consiste à définir et à faire vivre une stratégie, le dirigeant doit, non seulement appréhender la dynamique des marchés, mais également comprendre en profondeur le fonctionnement de son organisation, c'est-à-dire du système social qu'elle constitue.
Il y a cinquante ans, les pères fondateurs de notre discipline en avaient bien conscience, leurs livres en
témoignent. Mais leurs héritiers semblent être plus à l'aise dans le maniement des abstractions que dans l'observation du terrain.
C'est pourquoi il nous revient peut-être aujourd'hui, dans ce colloque d'universitaires de langue française, de rappeler avec Pascal la nécessité d'allier, en toute chose, l'esprit de finesse à l'esprit de géométrie. Dans cette optique, le management stratégique relève, non pas seulement de l'économie industrielle, mais aussi des sciences sociales, voire de la littérature romanesque.
J'essaierai donc d'abord, par des exemples, de convaincre les « géomètres » réticents. Puis je donnerai
quelques clés théoriques empruntées à la sociologie, à l'anthropologie ou à la psychanalyse : je parlerai, par exemple, d'identité collective, en me référant à divers travaux, anciens ou récents – l'oeuvre de Paul Ricoeur en particulier – et en distinguant bien culture et identité. Enfin, je m'efforcerai de montrer la pertinence de ce type d'analyse pour l'intervention en entreprise.

 

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From Reading… to the Construction of Strategic Facts : A Methodological Issue

Auteurs

Boualem ALIOUAT

Bachir MAZOUZ

Abstract

This article deals with the origins of the diversity of findings in the strategic research field and its conceptual instability. An attentive reading of papers published between 1970 and 1996, in distinguished management sciences journals such as the Academy of Management Review, the Journal of Management Studies, Strategic Change, and the Strategic Management Journal, clearly reveals the interchangeability of certain concepts related to strategy. For example, the concepts of strategy, strategic management, general policy, strategic decision, and strategic process, among others, have become interchangeable. But, this interchangeability is not without consequences, positive and negative, on the evolution of the strategic discourse. There is a positive consequence, in the sense that through multiple uses of analytical concepts and tools, researchers end up retaining only the models having a descriptive, explanatory, and/or predictive capacity higher than the others, therefore cumulable.
There is a negative consequence, insofar as the interchangeability generates misunderstandings (Martinet : 1991) and overall contradictory results (Koenig :1993), which leads to reservations about their replicability and generalisability. So, certain authors evoke disciplinary proximities (Snow and Thomas : 1994) and/or the virtual character of the strategy frontiers. Many others see in this philosophical, epistemological, and ontological embroilment the instability factors of knowledge. However, for Lee G. Bolman and Terrence E. Deal, this instability reveals a necessary conceptual pluralism “to conceptualize, focus, and order the world of organizational behavior.” (Bolman and Deal :1985) Our reflection is limited to the methodological factors, that is, to the determinants of a methodological configuration that are guarantors of the relative stability of knowledge in the strategy field. The cumultativity, the replicability, and the generalisability of the results obtained by various researchers in management sciences form a part of these determinants of relative stability. In targeting this methodological approach to strategy, our objective is simple. It is to show that whatever the philosophical, epistemological, and ontological preferences of the researchers, the relative stability of knowledge in strategic management depends on two requirements being combined during the reading and/or the conceptualisation of strategic facts. In other words, it is essential to establish methodological criteria that can lead to a certain stability of knowledge in strategic management without risking the loss of the advantages of a conceptualisation confrontation (Desreumaux : 1996), thereby avoiding too great a dilution of the results.
Initially, we will try to present methodological elements for a shared strategic environment. These are scientific evaluation criteria (internal and external) that, by a selective effect, allow us to arrive at a certain stability of knowledge in strategy. The second part of our paper will be devoted to general information on recommendations and to the integrated and integrative approach as a reliable research method that is compatible with what appears, at least to some researchers, to be the fuzzy nature of strategic practices and reflections.

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Les places de marché : entre capitalisme et communautarisme

Auteurs

Oihab ALLAL-CHERIF

Marc FAVIER

Joseph HEILI

Résumé

Les places de marché ont déjà une histoire très chaotique. Les difficultés qu'elles ont affrontées montrent leur incapacité initiale à s'appuyer sur un modèle économique solide. Elles ont du mal à concilier deux aspirations apparemment contradictoires : optimiser les transactions entre des entreprises clientes et fournisseurs et devenir une référence informationnelle pour l'ensemble des acteurs de leur secteur d'activité. Par la comparaison des différentes définitions des places de marché, nous allons commencer par montrer en quoi elles constituent une nouvelle forme de communautés virtuelles et répondent non seulement à un besoin des entreprises, mais aussi à une exigence du contexte socio-économique ou l'information et le réseau occupent une place de plus en plus importante. Puis nous allons nous intéresser aux contradictions qu'implique le regroupement au sein de communautés virtuelles fondées sur l'entraide et le partage d'entreprises concurrentes qui n'ont eu de cesse de se nuire les unes aux autres. L'examen des nombreuses barrières à l'entrée de professionnels dans des communautés d'échange nous permettra d'aboutir à une synergie possible entre capitalisme et communautarisme. Enfin nous mettrons en évidence l'importance de la gratuité dans le cadre d'une « méta-entreprise » virtuelle, et nous tenterons de décrire les moyens de rémunération possibles d'une place de marché, lieu de « coopétition » entre les membres d'une même communauté virtuelle.

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L'enchevêtrement des modes d'organisations dans la dynamique des entreprises

Auteurs

Christophe ASSENS

Alessandro BARONCELLI

Résumé

En théorie des organisations, la plupart des travaux s'efforcent de déterminer la suprématie d'une forme d'organisation, selon les circonstances. Pour Williamson (1991), cette suprématie s'établit en fonction du niveau des coûts de transaction, en comparant la solution la plus économique entre le marché et la hiérarchie. De façon intermédiaire, figure une troisième forme d'organisation, « pure » (i.e le réseau - selon Lorenzoni et Baden Fuller (1993)), ou « impure » (i.e - l'hybride selon Eccles (1989) ou Williamson, (1985)). Cette forme intermédiaire devient économiquement viable, à partir du moment où la nature des actifs échangés le permet, en tenant compte du risque d'opportunisme (Thorelli 1986). Alors que certains auteurs campent sur cette vision idéal-typique de l'organisation (Williamson 1975, ou Powell 1990), d'autres au contraire (Granovetter 1985, Bradach et Eccles 1989) n'ignorent pas le fait que dans la "réalité" les différents types (i.e réseau, marché, hiérarchie) coexistent et s'entremêlent. Cet article souscrit à cette idée, selon laquelle aucune entreprise ne peut être assimilé à un type organisationnel aussi idéal soit il. Selon nous, les firmes sont polymorphes car elles tendent à se diviser dans des segments stratégiques, à l'intérieur desquels cohabitent plusieurs modalités d'organisation :
– l'intégration des activités pour obtenir un avantage décisif sur les concurrents par l'intégration de facteurs clés de succès comme des compétences uniques ou des ressources rares ;
– la sous-traitance des activités pour obtenir une rente de situation sur un marché en se protégeant de la compétition par la recherche d'une domination par les coûts ou la différenciation, d'après Porter (1980) ;
– la co-traitance des activités, pour neutraliser les concurrents en occupant une position centrale au sein d'un réseau d'alliances stratégiques récurrentes et durables, d'après Osborn et Hagedoorn (1997).
La dynamique de l'organisation est alors perçue en fonction du dosage de ces différentes modalités d'actions.
Pour étayer cette approche, nous avons réalisé une étude de cas sur le groupe Vivendi Universal, qui montre que chaque segment d'activité (cinéma, TV, téléphonie…), exploite simultanément plusieurs modalités d'organisation. Ces modalités sont pilotées sur plusieurs niveaux ; au niveau corporate sur les grands choix d'internalisation ou d'externalisation des métiers ; au niveau business sur les choix des partenaires et des soustraitants
; au niveau médian sur la mise en réseau des entités du groupe. L'étude montre que Vivendi Universal
ne peut fonctionner correctement qu'en tirant parti de la diversité des possibilités d'organisation.
Ce travail de recherche représente une première étape dans les possibilités d'investigation autour du concept d'enchevêtrement organisationnel. En élargissant le champ à d'autres cas d'entreprises, il sera sans doute possible d'expliquer en quoi la dynamique d'une firme permet de comprendre la manière dont les différents types d'organisation se combinent.

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L'impact de la coopération inter-firmes sur l'organisation « Etude de trois cas d'alliances stratégiques dans le secteur touristique tunisien »

Auteur

Haythem BEN AMOR

Résumé

Dans un environnement de plus en plus complexe, certains modes de développement stratégique comme la croissance interne et la croissance externe ne sont plus suffisantes. Conscientes de ce constat, les entreprises tunisiennes ont cherché à nouer des alliances stratégiques avec des firmes européennes dans le but d'avoir accès aux moyens de développement (capitaux, technologie, savoir-faire, logistique, informations,…) et à de nouveaux marchés.
Or, les alliances stratégiques sont une forme particulière des relations inter-organisationnelles qui influencent la situation interne des firmes partenaires surtout dans le cas d'une relation asymétrique entre une PME et une grande entreprise.
Cette recherche pose donc, la question de l'impact des alliances stratégiques sur l'organisation interne des entreprises tunisiennes. En d'autres termes, elle essaye de déterminer comment les entreprises tunisiennes font adapter les composants de leur organisation pour pouvoir appliquer les accords d'alliances nouées avec des firmes européennes.
Pour apporter des éléments de réponses à cette question, cette recherche s'est basé sur la méthode des cas définie par R. Yin comme « une analyse spatiale et temporelle d'un phénomène complexe par les conditions, les évènements, les acteurs et les implications » et ce en étudiant trois cas d'alliances développées dans le secteur touristique tunisien.
A cet effet, l'étude a été centrée sur les deux axes de recherche suivants :
– l'identification des transformations organisationnelles après la mise en oeuvre de l'accord d'alliance ; – le repérage du degré d'adaptation des composants de l'organisation au nouveau contexte d'échanges et de relations.
Ceci nous a permis de constater que le choix des alliances comme mode de relation peut générer une sorte de dépendance vis à vis du partenaire surtout sur les plans stratégique, technique et technologique et une perte partielle d'identité surtout lorsque le partenaire est doté d'une identité et d'une culture fortes.
Par ailleurs, les alliances sont plus qu'un simple arrangement contractuel, elles mettent en jeu l'ensemble des dimensions de la firme engagée et provoquent une remise en cause de ses frontières. Ainsi, les entreprises tunisiennes ont été amenées à faire adapter les structures de leurs organisations au nouveau contexte de relations et d'échange dans le but d'avoir une cohérence organisationnelle avec leurs partenaires dont la taille dépasse largement la leur. Cette adaptation, qu'elle soit choisie ou imposée par le partenaire, a été accompagnée par des adaptations, plus ou moins profondes, des autres composants de l'organisation (la culture d'entreprise, la motivation des acteurs internes, le style de management et de prise de décision…).
En outre, bien que la plupart des alliances tuniso-européennes aient connu à leur début des problèmes qui reviennent au choc dû à la rencontre de deux cultures et de deux systèmes organisationnels différents, ces problèmes ont été vite dépassés par la multiplication des contacts et des rencontres. La fréquence de ces contacts a permis un transfert tacite de savoirs et de savoir-faire et ainsi un apprentissage inter-organisationnel ; d'où une grande source de motivation pour les acteurs de l'organisation mais elle a généré à l'entreprise tunisienne, inévitablement, une certaine dépendance vis à vis de son partenaire surtout sur le plan stratégique et a provoqué chez les employés une certaine perte d'identité due au sentiment d'appartenance au partenaire.

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Entre innovation radicale et innovation tirée par le marché : simulation de l'évolution d'une population de projets

Auteur

Manuel CARTIER

Résumé

Le dilemme entre innovation radicale et innovation tirée par le marché est éclairé par une démarche reposant sur la simulation. A partir des théories évolutionnistes et en management de l'innovation, un modèle basé-agents dérivé de l'algorithme génétique est construit. Dans ce monde idéalisé, transformation et sélection créent dynamique et émergence dans la population d'agents. L'examen de l'évolution de cette population, représentation stylisée de projets en gestation dans l'organisation, apparaît riche d'enseignement. Des résultats éclairent les mécanismes darwinien et lamarckien d'adaptation, leur relation à l'environnement et leurs interactions. Les simulations dévoilent l'existence d'un niveau optimal d'expérimentation et de sélection des projets jugés comme les plus porteurs en amont du processus. Un niveau modéré de transformation relève ainsi d'un arbitrage optimal entre amélioration rapide et amélioration continue. Dans le cas d'un modèle de sélection pure, l'innovation émerge de l'interaction des groupes et projets divers de l'organisation. La meilleure performance suit une courbe en U en fonction du nombre d'agents. De plus, la diversité d'alternatives issue d'un niveau modéré de sélection apparaît comme un atout pour l'entreprise. Il ressort également des simulations que l'efficacité des processus évolutionnistes est influencée par la complexité de l'environnement. Enfin, le modèle permet d'explorer les interdépendances entre ces deux voies d'évolution et donne ainsi les conditions de leur coexistence. La validité du modèle est approchée par comparaison à des théories admises et à des données primaires et secondaires concernant le groupe Renault. Les projets et le processus d'innovation de cette organisation apparaissent en effet comme un terrain auquel les résultats du modèle peuvent être confrontés. La robustesse du modèle est approchée et des pistes de raffinement du modèle sont proposées en conclusion.

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Stratégies des ressources humaines dans un contexte de mondialisation : Application au cas tunisien

Auteur

Jamel CHEKIR

Résumé

A la lumière de la dynamique de la mondialisation, la gestion des ressources humaines occupe de plus en plus une place centrale dans le débat managérial. Plusieurs manuels et ouvrages (Dejours, 1995 ; Besseyre, 1988 ; Bradet, 1995 ; Edvinsson et al. ; Savall, 1989 ; Alouane, 1997) de référence font état d'un intérêt grandissant à la GRH ainsi que d'une légitimité renouvelée. Nous partons de l'interrogation suivante : A l'instar d'autres économies, la mondialisation a imposé aux entreprises tunisiennes des ajustements à travers des mesures dont le programme de mise à niveau (PMN) ; cette dynamique contribue-t-elle à une uniformisation de la gestion des ressources humaines et ce à travers l'adoption d'un ensemble de recettes (perspective instrumentaliste et fonctionnaliste des RH) : réduction massive des effectifs, précarisation des emplois, externalisation de la fonction ressources humaines, intensification de la charge de travail ou polyvalence ou bien implique-t-elle plutôt l'émergence et le développement d'une vision propre ?
L'objectif de ce papier est de comprendre l'envahissement du domaine des ressources humaines par la logique de la rationalisation, entravant ainsi le déploiement d'une vision, au sens d'une intention stratégique (Hamel, Prahalad, 1989, 1995) ou d'une démarche stratégique ( Learned, Christensen, Andrews et Guth, 1965; Ansoff, 1989). Mais cette perspective est, certes, dominante ; elle est loin de représenter la seule tendance. D'autres pratiques émergentes sont en voie de définition. Nous soutenons que les explications de la prédominance des stratégies des coûts réduits sont à rechercher plus dans les variables contextuelles que dans celles intraorganisationnelles.
Autrement dit, les spécificités contextuelles sont déterminantes des stratégies des ressources humaines au sein des entreprises tunisiennes.
La recherche utilise une méthodologie qualitative dans une démarche exploratoire. Elle repose sur une enquête menée auprès de vingt entreprises tunisiennes s'inscrivant dans la dynamique des ajustements et des adaptations.
Les résultats de la recherche ont mis en évidence trois réponses stratégiques en gestion des ressources humaines : la minimisation des coûts et l'optimisation des ressources, le partenariat et la mobilisation et la vision dont les référents théoriques sont les approches fondées sur les ressources (Arrègle et Quélin, 2000) et la théorie systémique. Paradoxalement à l'intérêt manifesté à l'endroit du facteur humain, l'enquête nous a également permis d'identifier la persistance de plusieurs mythes et pratiques douteuses en matière de gestion des ressources humaines.

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Coordination et Trajectoire pour comprendre la structuration entre technologie et réseau – cas d'un réseau de soin

Auteur

Corinne GRENIER

Résumé

L'article s'inscrit dans une recherche intervention actuellement en cours, dont l'objet est de concevoir et piloter un réseau de soin collaboratif et apprenant, dédié à la prise en charge globale de la personne âgée souffrant de troubles mémoire. Notre question générale est de comprendre et mettre en évidence quelques modèles de construction d'un réseau de soin dont les activités sont supportées en tout ou partie par des technologies de l'information et de la communication. Nous faisons l'hypothèse que c'est en adoptant comme niveau d'analyse la coordination (ou interaction) entre les acteurs que nous pourrons élaborer un ou plusieurs modèles pertinents. La théorie de la structuration de Giddens est privilégiée pour comprendre le réseau dans sa double dimension structurante organisationnelle et technologique. Mais ce cadre théorique doit être enrichi au cas particulier de la structuration entre des formes réticulaires et des technologies d'information avancées d'apprentissage et de collaboration. Cet enrichissement nous a conduit à proposer une définition ancrée (Glaser et Strauss, 1967) du réseau de soin, et d'adapter la notion de trajectoire du patient (Strauss, et al. 1985 ; Grosjean et Lacoste, 1999) pour analyser le développement du réseau dans le temps et opérationnaliser plus finement les travaux de la structuration technologique (Orlikowski, 1992 ; DeSanctis et Poole, 1994).
Tenant compte des nombreuses caractéristiques et expériences des réseaux ainsi que des attentes des acteurs du terrain, nous avons défini « le réseau comme un ensemble complexe d'acteurs, de ressources, d'outils dédiés à des fonctions de coordination, de pilotage et de gestion des connaissances, appelés en tant que de besoin en raison des cas de plainte mémoire examinés ». Nous considérons que ce réseau va peu à peu se construire autour de 5 briques réticulaires (qui traduisent la diversité représentationnelle des acteurs sur « qu'est ce qu'un réseau et pourquoi faire ? ») : 1) Sociabilité ; 2) Organisation et Management ; 3) Connaissances et Information ; 4) Outils de gestion ; 5) Esprit et Enjeux.
Chez Strauss, la trajectoire décrit la dimension temporelle de l'action, au cours d'interactions (en face à face), le résultat étant une organisation vue comme un ordre perpétuellement négocié entre les acteurs. Appliquée au travail du médecin et de son équipe autour d'un malade, la trajectoire renvoie à l'évolution de la maladie, mais surtout à l'organisation du travail nécessaire pour la suivre (en vertu d'un principe de mutuelle influence). Elle s'analyse comme une imbrication entre la trajectoire globale, sur laquelle on peut repérer des périodes, des allures, des moments de ruptures et de redémarrage, et le travail d'organisation et de gestion de la trajectoire (en particulier le travail d‘articulation, entre les acteurs, toujours nécessaire en raison des nombreux aléas à gérer).
C'est donc au niveau de la trajectoire globale, structurée et structurant des interactions entre acteurs, réseau et technologies, que nous pourrons suivre la construction du réseau au travers de l'importance relative et du contenu de chacune des 5 briques.
Pour ce faire, nous entendons adapter la notion de trajectoire au cas particulier de notre terrain, à savoir :
– en considérant le réseau comme un espace distribuée d'un point de vue cognitif et social (en partant des travaux de Hutchins, 1994), dans un contexte de travail également asynchrone et à distance ;
– qui se construit selon le principe multi point de vue de mondes professionnels/théoriques qui peuvent dialoguer et coopérer sans forcément passer par un point de passage obligé (Star, 1989).
Notre point de vue sera différent de celui adopté par Strauss dans ses travaux, qui d'une part voit  l'organisation hospitalière comme un système fortement hiérarchisé net taylorien et qui surtout cherche à comprendre la construction d'un collectif (de médecins autour du malade), du point de vue du médecin, « directeur » de trajectoire. Nous voulons clairement adopter le réseau comme unité d'analyse (collective).

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La connaissance par l'action : Le cas de l'analyse d'un outil de contrôle organisationnel

Auteur

Ivan PASTORELLI

Résumé

Le grand mérite des approches constructivistes ont permis d'interposer entre l'information et l'action la notion de représentation, largement validées par de nombreuses études empiriques. Mais, et cela nous semble un aspect fondamental, la compréhension, est dans ses études la plupart du temps une "compréhension en bocal", en ce que le sujet ne s'insère pas dans une histoire relative au problème qu'on lui soumet, et deuxièmement parce que dans la plupart des études, ceux-ci ne sont pas mis dans une situation où ils doivent agir. Or, dans une situation de gestion, les participants ne découvrent jamais totalement une situation. Ils ont par rapport à celle-ci un objectif de compréhension orienté vers la satisfaction de leur objectif, et cherchent à atteindre un niveau de cohérence dans l'explication juste suffisant pour l'atteindre. Les limites des recherches menées à distance sont en grande partie dépassées par les recherches participatives, notamment les recherches action. Celles-ci permettent de comprendre en profondeur un contexte organisationnel particulier, mais le chercheur a dans ce cadre une double contrainte de légitimité : celle de l'organisation, qui le rémunère pour résoudre un problème perçu, et celle de ses pairs, qui le jugent à sa capacité à produire des connaissances scientifiques. La conciliation de ses deux objectifs lui impose alors de se doter d'un dispositif apte à "objectiver des informations subjectives." Grâce à une recherche de ce type menée dans un établissement subissant de sa tutelle une réforme de ses modes de gestion, nous avons montré l'inexistence des leviers d'action organisationnels sur lesquels pensait pouvoir s'appuyer la Tutelle, et mis en évidence des effets pervers remettant en cause les objectifs même de cette réforme.

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Vertus et vices des stratégies collectives en PME : une étude de cas

Auteur

Saïd YAMI

Résumé

De nombreux travaux et discours indiquent que l'avenir des Petites et Moyennes Entreprises (PME) réside dans les stratégies collectives. Ainsi, ces dernières années ont vu émerger de multiples références aux alliances, aux réseaux interorganisationnels, aux « hypogroupes », aux districts, aux Systèmes Productifs Locaux (SPL), aux labels, etc.
Pourtant, peu de recherches posent la question de la portée et des limites des stratégies collectives au sein d'un secteur, même si certains auteurs identifient les facteurs d'explication de leur succès, par exemple la régulation de l'espace de marché ou une explication à partir de la création d'un système d'offre.
C'est pourquoi nous proposons d'appréhender un type particulier de stratégie collective, la stratégie « fédérée », au travers de l'étude approfondie du cas de la filière lin dans le Nord de la France, celle-ci étant composée principalement de PME, laquelle est exemplaire d'une stratégie collective explicitement recommandée par les instances de pilotage.
L'analyse des discours des dirigeants des entreprises du Nord de la France montre que, même si les instances de pilotage de la filière industrielle lin décident de mettre en oeuvre une stratégie collective acceptée dans son principe par l'ensemble des acteurs économiques et leurs représentations professionnelles, on se heurte à un facteur important, véritable frein constitué par la cognition des dirigeants des entreprises.
En effet, leurs cadres de référence étant principalement tournés vers leur segment et leur métier de base, la mise en oeuvre d'une stratégie collective de « filière », telle qu'elle est proposée par les instances de pilotage, ne semble pas être pertinente à l'échelon de la filière, mais seulement au niveau des métiers. Selon la position dans la filière industrielle et en fonction du caractère captif ou non vis-à-vis de la fibre linière, les intérêts au sein de la filière industrielle lin sont en effet divergents, les objectifs poursuivis par les différents acteurs sont centrés sur des questions liées à la survie économique, d'autant que le secteur lui-même est en phase de déclin.
Il est paradoxal de constater des comportements individualistes et opportunistes, alors que la pénurie devrait pousser à plus de comportements solidaires et collectifs. Les facteurs explicatifs de l'échec de ce type de stratégie ne résideraient pas seulement dans la structure du marché ou la culture dominante, mais dans les aspects cognitifs qui n'aboutissent pas à la construction d'une identité ou d'une communauté cohérente. Ce cas réclamerait sans doute une véritable « révolution cognitive » au niveau des différents acteurs de la filière, c'est-àdire des dirigeants des entreprises comme des instances représentatives et de pilotage, dans une perspective de co-évolution, que nous qualifierons même de « co-révolution ».
Notre étude renvoie ainsi aux limites de l'auto-organisation ou des approches « filière », qui proposent, certes, un cadre structurel fondé sur des logiques techniques d'organisation des processus de production au niveau d'un secteur, mais qui n'accorde finalement pas un si grand poids aux acteurs, et notamment aux toutes petites structures et aux PME, dans les orientations stratégiques. Les stratégies des firmes se décident essentiellement au niveau individuel, le collectif sert simplement de support à l'activité.

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Hommage à Roland CALORI

COORDINATEUR

Alain Charles MARTINET

INTERVENANTS (par ordre alphabétique)

Tugrul ATAMER

Rodolphe DURAND

Philippe MONIN

Henry SAVALL

DEROULEMENT/THEMES

Introduction générale : Biographie de R. CALORI
Tugrul ATAMER

Parcours intellectuel et scientifique de R. CALORI
Philippe MONIN

Présentation de deux papiers reflétant les deux derniers travaux en cours de réalisation avec la
collaboration de R. CALORI
– "Anatomie des réseaux transnationaux du développement de nouveaux produits", Tugrul ATAMER

– "Philosophie et Management", Rodolphe DURAND

Commentaires et débat

Conclusion
Henry SAVALL

L'apport de l'Ecole autrichienne au management stratégique

COORDINATEURS (par ordre alphabétique)
Nathalie JANSON

Arnaud PELLISSIER-TANON

INTERVENANTS (par ordre alphabétique)
Jean-Philippe BONARDI (à confirmer)

Frédéric LE ROY

Jihene SHAIEK

DEROULEMENT/THEMES
Introduction
Arnaud PELLISSIER-TANON
Première partie : des théories plus réalistes

Processus du marché « Processus Market » : Une vision alternative de l'analyse stratégique, Jihene SHAIEK
L'Ecole autrichienne et la concurrence : une approche pour les sciences de gestion, Frédéric LE ROY

Débat

Seconde partie : des faits mieux pris en compte

Diversification, information et coûts de coordination. Comment réconcilier théorie et recherche empirique dans le secteur bancaire, Nathalie JANSON

Les apports de l'Ecole autrichienne à la théorie de la firme : une analyse empirique, Jean-Philippe BONARDI

Débat

Les stratégies des firmes familiales

COORDINATEUR
Jean-Luc ARREGLE
Professeur
EDHEC
393 Promenade des Anglais, 06202 Nice cedex 3
Email : jean-luc. arregle@edhec.edu
Tél : 04.93.18.34.91 - Fax : 04.93.18.32.74
INTERVENANTS (par ordre alphabétique)
Khalil AFFES
Directeur Général Adjoint, CDS, Sfax
Wafa KHLIF
Professeur, LIGUE – ISCAE Tunis
Isabelle MARI
Professeur, EDHEC, Nice
Lassaâd MEZGHANI
Professeur, Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Sfax
DEROULEMENT/THEMES

Les firmes familiales jouent un rôle prépondérant dans la plupart des économies : dans les pays occidentaux, environ les deux tiers des entreprises peuvent être définis comme familiales et contribuent à plus de 50% des PNB respectifs. Aux Etats-Unis, les affaires familiales représentent plus de 90% des entreprises (Ibrahim et Ellis, 1994 ; Astrachan et Kolenko, 1994); en Allemagne, 80% des entreprises sont familiales (Reidel, 1994) (85% dans le secteur industriel, Kayser et Wallau, 2002), et leurs poids dans le PNB s'élève à 66%. Selon l'étude d'Allouche et Amann (1995) le nombre des entreprises familiales françaises est aussi important : sur les 500 plus grandes entreprises industrielles à actionnariat français, 59% sont familiales.
Cependant cette importance ne se retrouve pas dans les recherches en stratégie où elles ont une place
beaucoup plus faible. Ainsi, ce type d'entreprise a souvent été négligé au détriment des grandes entreprises.
Pourtant, depuis une quinzaine d'années, des recherches sur les firmes familiales se sont développées de façon notable (en particulier dans la recherche francophone), tout en restant minoritaires, bénéficiant de l'apport varié de nombreuses disciplines (psychologie, sociologie, économie, management stratégique, entrepreneuriat…). Ces études soulignent généralement la spécificité des firmes familiales.
La contrepartie de cette richesse disciplinaire est le manque de cohérence et la fragmentation de ces études.
De fait, malgré un certain développement des recherches sur les firmes familiales ces dernières années, il n'y a pas de paradigme en stratégie les unifiant.
Cette table ronde a pour objectif :
– de faire un point sur l'état des recherches actuelles sur la stratégie des firmes familiales,
– proposer un cadre d'analyse s'appuyant sur la notion de Capital Social qui peut permettre de proposer une approche intégrative des recherches sur ce thème, en supposant qu'une telle unification soit souhaitable ce qui peut donner lieu à débat,
– apporter des témoignages de chercheurs et managers connaissant bien ce thème notamment avec un éclairage sur les entreprises Tunisiennes.

Concurrence internationale, mise à niveau et transformation des systèmes de gestion des entreprises tunisiennes

COORDINATRICE
Riadh ZGHAL
Professeur
Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Sfax
riadh.z@planet.tn
INTERVENANTS (par ordre alphabétique)
Ridha BEN MOSBAH
Directeur du comité de pilotage du PMAN
Ministère de l'Industrie
Hajer KHEDHER OUINNICHE
Assistante
FDSEP Sousse
Moncef MARRAKCHI
CDS Sfax
Mokhtar MHIRI
Inter-Métal
DEROULEMENT/THEMES
La signature des Accords du Gatt puis celle des accords de création d'une zone de libre échange avec l'Union Européenne ont été accompagnés en Tunisie par un programme de modernisation des entreprises au plan technologique et de gestion en vue de les rendre plus compétitives. Ce programme dit « Programme de mise à niveau » (PMAN) géré et financé par l'Etat qui reçoit une aide internationale à cet effet, a été mis en place par une structure de pilotage rattachée au Ministère de l'industrie.
La conception du programme et des mécanismes y afférant, la sensibilisation puis la gestion du partenariat avec les entreprises habilitées à s'engager dans le programme, le suivi du programme et les adaptations successives qui ont été conçues au fur et à mesure de son fonctionnement feront l'objet d'une présentation par Ridha BEN MOSBAH directeur du comité de pilotage du PMAN.
Une enquête menée dans le cadre du réseau CRANET en 1999-2000 relative à la gestion des ressources humaines a révélé des changements de cette gestion dans les entreprises engagées dans le programme. Une présentation de cette enquête et de ses principaux résultats sera faite par Riadh ZGHAL professeur à la FSEG de Sfax.
Deux chefs d'entreprise témoigneront de leur expérience dans la mise en place d'un programme de mise à niveau de leur entreprise.

Les choix stratégiques des PME/PMI tunisiennes en matière de technologies de l'information

COORDINATEUR
Mohamed EL LOUADI
Maître de Conférences, ISG de Tunis
41, Rue de la Liberté - Cité Bouchoucha, 2000 Le Bardo, Tunisie
Mohamed.ellouadi@isg.rnu.tn
INTERVENANTS (par ordre alphabétique)
Serge BAILE
Professeur Agrégé des Sciences de Gestion, IAE Toulouse
IAE-CRG/Toulouse 1, Projet PAI PROTIC Tunisie
Place Anatole France - F-31000 Toulouse
Serge.baile@univ-tlse1.fr
Mondher BEN HAMIDA
Consultant, Deloitte Consulting, San Francisco
160 Brannan St # 221, San Francisco, CA 94107, USA
mondher@mondher.com
Maher KALLEL
Directeur de Développement
Groupe Poulina - GP1, Km 12, 2034 Ezzahra, Tunisie
maher.kallel@poulina.com.tn
Maledh MARRAKCHI
Chargé de Mission au Cabinet du Ministre
Ministère des Technologies de la Communication et du Transport
3 Bis rue d'Angleterre, 1000 Tunis
Maledh.Marrakchi@sei.gov.tn
DEROULEMENT/THEMES
Le thème concerne les choix stratégiques offerts par les vraies nouvelles technologies de l'information de la
communication aux entreprises industrielles tunisiennes, et particulièrement aux PME/PMI des secteurs
porteurs, créateurs d'emplois et exportateurs.
Le déroulement proposé pour cette table ronde :
Modèles globaux d'évolution du couple Entreprises-TIC
Mohamed LOUADI
Divers avis
Mondher BEN HAMIDA
Maher KALLEL
Maledh MARRAKCHI
Serge BAILE
Débats

Développement durable et entreprise : Une ébauche de structuration du champ

COORDINATRICE
Emmanuelle REYNAUD
Professeur des Universités
UFR Sciences Economiques, Université de Caen, Esplanade de la Paix 14032 Caen Cedex
Chercheur à Euristik, UMR CNRS 5055, Université Jean Moulin Lyon 3
Responsable de l'Atelier de Recherche AIMS : Développement Durable
Email : emmanuelle.reynaud@wanadoo.fr
INTERVENANTS (par ordre alphabétique)
Philippe GRILL
Maître de Conférences, GREQAM, Aix-Marseille
Jacques LAURIOL
Directeur de la recherche, ESC Rouen
Alain Charles MARTINET
Professeur, UMR CNRS 5055, Université Jean Moulin Lyon 3
Eric SIMON
Professeur, ESSCA d'Angers
DEROULEMENT/THEMES
Cette table ronde visera à présenter les différents aspects du développement durable. Les problématiques sélectionnées correspondent aux mots clés les plus souvent cités.
La première partie de la table ronde s'attachera aux aspects conceptuels : Une définition suivie d'une présentation des dimensions environnementales, sociales et intergénérationnelles sera donc proposée. La seconde partie s'occupera de la traduction opérationnelle : Un contrat réalisé pour le compte du ministère, le lien entre développement durable et développement local ainsi que les enseignements de la journée d'Angers seront tour à tour exposés.

Première partie
Jacques Lauriol présentera une définition conceptuelle du développement durable. Afin d'appréhender ce nouveau concept, il repèrera les liens qui l'unissent aux approches généralement mobilisées en stratégie : responsabilité de l'entreprise, théorie des parties prenantes… Alain Charles Martinet s'attachera à l'aspect protection de l'environnement. Il exposera sa conception du management stratégique vert ainsi que quelques outils. Philippe Grill se centrera sur l'intergénérationnel. C'est cet aspect du développement durable qui semble le plus difficile à appliquer au niveau de l'entreprise. Pour ce faire, l'auteur appuiera sa discussion sur les obligations du dirigeant

Seconde partie
Emmanuelle Reynaud exposera ensuite les résultats d'un contrat de recherche réalisé par Florence Depoers, Grégory Schneider-Maunoury et elle-même pour le compte du ministère de L'Economie de l'Industrie et des Finances, Observatoire des stratégies industrielles concernant la mesure de la performance durable. Ce travail propose des indicateurs permettant d'évaluer des entreprises pour l'intégration dans des fonds de développement durable. Eric Simon conclura en présentant les principaux enseignements de la journée réalisée sur ce thème.

Comment publier ? Les suggestions de six rédacteurs en chef de Revues

COORDINATEUR
Thomas DURAND
Professeur
Laboratoire Stratégie & Technologie, Ecole Centrale Paris
thd@ecp.fr
INTERVENANTS (par ordre alphabétique)
Youssef ALOUANE
Professeur, Président Université El Manar
Directeur et Fondateur de la Revue Tunisienne des Sciences de Gestion
Pierre DUSSAUGE
Professeur, Groupe HEC
EURAM
dussauge@hec.fr
Taïeb HAFSI
Professeur
HEC-Montréal
Management International
taieb.hafsi@hec.ca
Frédéric LE ROY
Professeur des Universités
Directeur de l'E.R.F.I., Université de Montpellier I, ISEM RIMS
f.le_roy@isem.univ-montp1.fr
Jean-Claude TARONDEAU
Professeur
ESSEC
Revue Française de Gestion
tarondeau@essec.fr
Alain-Raymond THIETART
Professeur
Université Paris IX – Dauphine / ESSEC
M@n@gement
Raymond-Alain.Thietart@dauphine.fr

L'après thèse…

COORDINATEUR
Jamil CHAABOUNI
Professeur
Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Sfax – URGE
jamil.chaabouni@fsegs.rnu.tn
INTERVENANTS (par ordre alphabétique)
Mohamed EL LOUADI
Maître de Conférences
ISG de Tunis
41, Rue de la Liberté -- Cité Bouchoucha, 2000 Le Bardo, Tunisie
Mohamed.ellouadi@isg.rnu.tn
Ababacar MBENGUE
Professeur
Université de Reims, UFR des Sciences Économiques et de Gestion - Laboratoire E.U.R.O.P.
57 bis, rue Pierre Taittinger – 51096 REIMS Cedex
E-mail : mbengue@univ-reims.fr
Alain NOEL
Professeur Titulaire
HEC Montréal
alain.noel@hec.ca
Robert PATUREL
Professeur
Université de Toulon et du Var
robert.paturel@univ-tln.fr
Diane POULIN
Professeur
Directrice exécutive du centre de recherche Centor
Université Laval – Québec
diane.poulin@fsa.ulaval.ca
DEROULEMENT/THEMES
La préparation d'une thèse est un projet qui accapare souvent le doctorant l'amenant à repousser parfois la réflexion sur ‘la vie après la thèse' dans l'attente de l'achèvement de l'oeuvre de doctorat.
Si la thèse est en soi un projet mobilisateur dont la réalisation marque une étape importante dans la vie du futur enseignant, chercheur ou praticien, la recherche post-doctorale soulève la question de la motivation personnelle pour continuer sur la lancée. Est-ce que le virus de la recherche a frappé le nouveau porteur du titre qui le transmet à son entourage de jeunes étudiants et potentiels enseignants/chercheurs ? Ou est-ce la fin d'une étape ?
Si le jeune docteur choisit de continuer sur la voie de l'enseignant, de l'enseignant/chercheur ou de celle du chercheur, quel est l'environnement institutionnel qui s'offre à lui ou qui reste à conquérir pour pouvoir pratiquer la recherche post-doctorale, s'insérer dans des réseaux et trouver les financements nécessaires ?
Certes, la thèse ouvre la voie à une carrière dans l'enseignement supérieur ; néanmoins l'accès et l'évolution dans cette voie supposent des qualifications supplémentaires, des concours à passer et l'accommodation avec des critères de sélection. La carrière est aussi un projet à gérer concomitamment avec sa propre activité de recherche et celle des autres.
Quoique l'après thèse ne peut être vécu que d'une seule façon, c'est-à-dire d'une façon linéaire dans le temps, elle n'a pas à être vécue dans un seul espace. Vivre une expérience dans plusieurs pays soulève plusieurs questions : Est-ce que la thèse a une valeur intrinsèque ? Y a-t-il d'autres diplômes qui lui succèdent dans d'autres pays ?

Les théories institutionnelles et le développement économique

COORDINATEUR
Taïeb HAFSI
Professeur
HEC-Montréal
INTERVENANTS (par ordre alphabétique)
Michel BOYER
Professeur
Université de la Réunion
Mehdi FARASHAHI
Professeur
Concordia University
Charbel MACDISSI
Maître de conférence habilité
Université des Antilles-Guyane de Pointe-à-Pitre
DEROULEMENT/THEMES
Introduction aux théories institutionnelles et à leur application au développement
Taïeb HAFSI
Administration et développement : une synthèse (présentation en anglais)
Mehdi FARASHAHI
La dynamique entre le Global et le Local
Taïeb HAFSI
Les théories et les particularités du développement des entreprises dans l'île de la Réunion
Michel BOYER
Les théories et les particularités du développement des entreprises en Guadeloupe
Charbel MACDISSI
Débat

'Etat de l'art' sur "L'économie des coûts de transaction et les sciences de gestion"

COORDINATEUR
Bertrand QUELIN
Professeur
Groupe HEC
quelin@hec.fr
INTERVENANTS (par ordre alphabétique)
Rodolphe DURAND
Professeur
EL Lyon
Ali EL MIR
Professeur
ISG Tunis
DEROULEMENT/THEMES
Cette table ronde est consacrée aux apports de l'économie des coûts de transaction au management. Un état des avancées de ce courant sera rapidement brossé suivi d'un examen des principales faiblesses et limites.
Cette table ronde s'appuie naturellement sur un certain nombre d'ouvrages publiés dans les deux dernières années, mais aussi sur le contenu du numéro spécial de la RFG publié à l'occasion de cette conférence.
Elle offre aussi trois contributions qui aborderont les thèmes suivants :
– Faut-il ‘développer une stratégie' ou bien ‘économiser les coûts' ?
– La gouvernance est-elle une question de management ?
– Le croisement de l'économie des coûts de transaction et de l'approche par les ressources est-il fécond ?
Un jeu de questions – réponses et une discussion avec la salle suivront les exposés préliminaires et aideront à cerner les liens entre l'économie des organisations et le management.

Les processus organisationnels : questions de méthode

COORDINATEUR
Valérie CHANAL
Professeur
ESA Grenoble, Cerag
valerie.chanal@esa.upmf-grenoble.fr
INTERVENANTS (par ordre alphabétique)
Stéphanie DAMERON
Maître de Conférences
Université Paris IX Dauphine – CREPA
stephanie.dameron@dauphine.fr
Bernard LECA
ATER
Université Paris II – Assas
Christophe TORSET
Maître de Conférences
CNAM (sept. 2003)
ctorset@aol.com
DEROULEMENT/THEMES
La dynamique de l'organisation trouve sa source dans de multiples processus ; ces derniers recouvrent
cependant des réalités bien différentes selon leur temporalité, leur dimension individuelle ou collective, leur
caractère répétitif ou au contraire unique. A cette ambiguïté s'ajoute la difficulté méthodologique et
conceptuelle à saisir le mouvement, l'évolution, le changement.
Cette session-débat cherche ainsi à rentrer dans l'analyse processuelle par le biais du repérage de méthodes de
recherche qui permettent de saisir des processus organisationnels. L'objectif est double : définir très
concrètement des pratiques d'investigation et éclairer la notion de processus organisationnel.