Le monde des entreprises connaît aujourd'hui d'importantes
transformations affectant leur environnement concurrentiel, leurs stratégies
compétitives ainsi que leurs modes de gestion des ressources productives. Les conditions
de concurrence se caractérisent par une forte turbulence, les positions acquises étant
constamment remises en cause par l'apparition de nouveaux concurrents, de nouveaux
produits, de nouvelles technologies ou de nouveaux marchés. Ces tendances ne sont pas
nouvelles, puisqu'on peut situer leur émergence dans les années 1960 et 1970. Elles
tendent toutefois à se renforcer mutuellement et à s'amplifier au cours du temps,
générant de nouveaux enjeux compétitifs pour les entreprises et de nouvelles sphères
d'investigation pour les chercheurs en Gestion.
Dans cet environnement complexe et turbulent, la flexibilité et
l'adaptabilité des entreprises sont devenues des concepts-clés de la gestion, des
principes incontournables pour le développement d'un avantage compétitif durable. Les
entreprises les plus performantes, qui cernent avant les autres, et avec plus d'acuité,
les enjeux associés aux transformations de leur environnement, appliquent ces principes
dans de nouvelles stratégies organisationnelles qui remettent en cause bien des idées
reçues concernant l'entreprise et de sa gestion. Les nouvelles formes d'organisation
s'appuient sur une décentralisation des décisions et une coordination horizontale des
activités, non seulement dans l'entreprise mais aussi dans ses relations externes avec
les clients, fournisseurs et concurrents. Le principe de la coopération tend ainsi à
s'appliquer non seulement au sein de l'entreprise (relations d'emploi), mais aussi à
l'extérieur de cette dernière (relations inter-entreprises). Parallèlement, les
entreprises se recentrent sur leurs compétences distinctives et recourent de façon
croissante au principe du marché pour coordonner les activités qui ne relèvent pas de
leur sphère de compétences. Les relations de marché, traditionnellement associées aux
relations inter-entreprises, s'étendent ici à des catégories d'emplois
"externalisés", tels que les emplois temporaires, pour lesquels la relation
entre employé et employeur est strictement délimitée dans son contenu et sa durée.
On assiste ainsi à une interpénétration des principes de
l'organisation et du marché: les relations de coopération s'étendent à l'extérieur de
l'entreprise par le biais des alliances et partenariats inter-entreprises, tandis que les
relations de marché pénètrent au sein de l'entreprise par le biais des emplois
externalisés. Ces évolutions simultanées ne peuvent être appréhendées qu'en
dépassant la conception traditionnelle de l'entreprise, fondée sur un ensemble d'emplois
stables à l'intérieur et un ensemble de relations de marché à l'extérieur de
l'organisation.
Il appartient aux chercheurs en Gestion de développer de nouvelles
grilles de lecture de ces changements organisationnels, pour aider les entreprises à
développer un avantage compétitif durable sur la base d'une stratégie appropriée de
gestion des ressources, et pour fournir aux acteurs institutionnels des éléments
d'adaptation de leur politique de développement économique. Dans cette perspective, il
est intéressant d'observer les transformations en oeuvre non seulement dans notre propre
pays, mais aussi dans d'autres contextes économiques et institutionnels, tels que celui
des Etats-Unis, où les stratégies concurrentielles s'exercent plus librement qu'en
France, ou celui du pôle asiatique, dont la forte croissance a redéfini la carte de
l'économie mondiale au cours des dernières décennies. Notre contribution se situe ainsi
dans un contexte d'étude américain, et porte sur les transformations en oeuvre au sein
d'une industrie particulière, l'industrie new-yorkaise de l'habillement.
Le choix de l'industrie de l'habillement peut sembler inattendu pour
explorer les nouvelles formes d'organisation des entreprises. L'image qui vient à
l'esprit est celle d'une industrie traditionnelle, où la machine à coudre constitue
encore le principal outil de production. De par sa technologie relativement rudimentaire
et la faible qualification de ses emplois de production, cette industrie n'exerce pas sur
le public ou les chercheurs une fascination similaire à celle des industries nouvelles
telles que l'informatique ou les services financiers.
La réalité de l'industrie de l'habillement, et plus particulièrement
de son pôle new-yorkais, est toutefois plus complexe. Elle offre un mélange de
modernisme et de tradition, où l'on peut trouver un fil conducteur entre les origines du
développement industriel des pays occidentaux et les nouvelles stratégies
organisationnelles qui transforment aujourd'hui leurs industries. L'histoire de
l'industrie new-yorkaise de l'habillement est, par exemple, étroitement associée à
l'instauration du New Deal dans les années 1930, qui a jeté les bases du système
institutionnel de régulation de l'économie américaine fondé sur l'intervention de
l'Etat et des syndicats dans la définition des conditions d'emplois (Piore et Sabel,
1984). L'étude des transformations actuelles de l'industrie new-yorkaise peut ainsi nous
aider à comprendre certaines des causes du déclin actuel de ce système, et certaines de
ses implications au niveau des modes de fonctionnement des entreprises.
Plus généralement, l'environnement compétitif des entreprises de
l'habillement connaît aujourd'hui un ensemble de transformations similaires à celles qui
affectent une majorité d'industries, incluant l'évolution vers des marchés plus
instables et diversifiés, la diffusion des nouvelles technologies de l'information, ainsi
que la mondialisation de la concurrence. Les nouveaux styles vestimentaires reflètent
l'émergence de ce que certains appellent la société postmoderne (Harvey, 1990), fondée
sur une compression du temps et de l'espace. Le marché de l'habillement est ainsi
transformé par la diffusion accélérée des phénomènes de mode et la diversité accrue
des styles vestimentaires. Si les techniques d'assemblage des vêtements demeurent
relativement traditionnelles, les nouvelles technologies de l'information transforment
également les activités de conception, de marketing, de distribution et de gestion de la
production, ainsi que certaines étapes du processus de production telles que la coupe des
vêtements. Enfin, l'industrie de l'habillement est parmi les plus touchées par la
mondialisation: les grandes marques américaines pénètrent de façon croissante les
marchés étrangers, tandis que les produits vendus aux Etats-Unis sont fabriqués dans
une multitude de pays. L'étude des entreprises new-yorkaises de l'habillement peut ainsi
nous renseigner sur les stratégies d'adaptation à ces nouvelles conditions de
concurrence.
L'industrie new-yorkaise de l'habillement présente des spécificités
très marquées, qui en font un cas d'étude unique dont on ne saurait généraliser les
caractéristiques à d'autres industries dans d'autres espaces économiques. Ces
spécificités constituent toutefois une source d'enseignement particulièrement riche,
car elles constituent des manifestations accentuées de phénomènes qui s'exercent de
façon plus diffuse dans d'autres contextes économiques. Les sociologues Mollenkopf et
Castells (1991) considèrent ainsi New York comme un laboratoire de l'économie
postindustrielle:
L'industrie de l'habillement se trouve au coeur de
ces spécificités new-yorkaises, et nous l'aborderons comme un cas d'école concernant
certaines transformations majeures des stratégies concurrentielles et organisationnelles
des entreprises. Parce qu'elle opère dans un marché très évolutif et diversifié,
cette industrie s'est organisée dès le début du siècle sur la base de réseaux
d'entreprises spécialisées. A une époque où les réseaux inter-entreprises tendent à
se diffuser dans une variété d'industries, l'étude de l'industrie new-yorkaise peut
apporter des éléments de réponse aux multiples questions soulevées par ces nouvelles
formes organisationnelles. Elle peut ainsi nous aider à comprendre comment s'organise la
coordination des activités au sein des réseaux, comment les entreprises utilisent les
réseaux pour développer leur avantage compétitif, et comment s'exercent les relations
de pouvoir et de dépendance entre les entreprises au sein des réseaux.
Les entreprises new-yorkaises de l'habillement opèrent également dans
une industrie dont les ramifications s'étendent dans de multiples parties du globe. A
travers leurs stratégies, nous pouvons analyser comment se structure une industrie
mondialisée en termes de localisation et de coordination des activités, et quels enjeux
locaux sont associés à la mondialisation. D'après Sassen (1991a), la mondialisation de
l'économie s'accompagne d'une concentration des fonctions-clés de commande dans les
mégalopoles telles que New York, Londres et Tokyo, de sorte que le pôle new-yorkais
apparaît comme un lieu d'investigation privilégié des nouvelles dynamiques mondiales de
l'industrie de l'habillement.
Enfin, l'industrie new-yorkaise de l'habillement se caractérise par
des pressions concurrentielles particulièrement fortes, qui résultent de facteurs
économiques, tels que la faiblesse des barrières à l'entrée dans l'industrie, la
concurrence des nouveaux pays producteurs, et le pouvoir accru de la grande distribution,
ainsi que de facteurs sociaux, tels que l'affaiblissement des syndicats et l'abondance de
la main d'oeuvre immigrée disponible pour les emplois de production. L'intensité des
pressions concurrentielles conduit certaines entreprises à opérer dans des conditions
qui évoquent les débuts de l'ère industrielle, et que l'on pensait éradiquées par le
mouvement de progrès économique et social qui a marqué ce siècle. Les formes
d'organisation du travail dans l'industrie new-yorkaise peuvent donc nous amener à nous
interroger sur les contours sociaux de l'économie postindustrielle, et sur les nouvelles
formes de régulation susceptibles de limiter l'intensité de la concurrence dans une
industrie mondialisée. Ici encore, le caractère extrême de la situation new-yorkaise
met en lumière certaines dimensions critiques des nouvelles formes de la concurrence.
La démarche d'étude adoptée se fonde sur une approche systémique,
qui prend en compte une variété de dimensions du fonctionnement des entreprises et
analyse leurs interrelations. Cette approche est appliquée à deux niveaux:
- celui des formes organisationnelles, où sont analysées les
relations entre la nature de l'activité des entreprises, leur structure interne, et leurs
modes de gestion des relations d'emplois et des relations inter-entreprises,
- et celui du meso-environnement dans lesquels s'intègrent les
entreprises, où sont étudiées les relations entre leur forme organisationnelle et leur
environnement concurrentiel, social et institutionnel.
Le premier chapitre définit les grandes lignes d'un cadre d'analyse
répondant à ces objectifs. Les stratégies des entreprises y sont abordées dans la
perspective de la théorie des ressources stratégiques, qui intègre les apports de
différentes théories de la firme dans l'explication de l'avantage concurrentiel. Cette
théorie nous permettra de mettre l'accent sur le rôle stratégique des compétences
centrales de l'entreprise, définies comme des compétences tacites ou spécifiques
s'appliquant à un champs d'activité donné. En intégrant les apports de la théorie de
la contingence, nous analyserons comment les transformations actuelles de l'environnement
compétitif des entreprises renforcent le rôle de leurs compétences centrales, tout en
limitant les ressources dont elles disposent pour les développer. Nous définirons alors
les contours d'un modèle de gestion des ressources permettant aux entreprises de gérer
ces nouvelles contraintes, sur la base d'un développement ciblé de leurs compétences
centrales, d'une externalisation des compétences standardisées, et d'une
"quasi-internalisation" (Sydow, 1992) des compétences complémentaires au sein
de réseaux inter-entreprises.
L'analyse des interactions et complémentarités entre les stratégies
de développement des compétences centrales, d'externalisation des compétences
standardisées et de quasi-internalisation des compétences complémentaires nous amènera
à considérer la question des relations de pouvoir dans et entre les entreprises. Cette
question est essentielle, non seulement dans la perspective de l'avantage concurrentiel
des entreprises, qui résulte des rapports de force au sein de l'industrie, mais aussi
dans la perpective d'une régulation institutionnelle de la concurrence, qui vise à
maintenir un équilibre entre compétition et coopération dans l'industrie. Nous
soulignerons ainsi le rôle des firmes centrales qui gèrent et coordonnent les réseaux
stratégiques, ainsi que les sources de leur pouvoir, situées dans leur contrôle des
activités les plus complexes au sein de l'industrie.
Nous proposons donc d'étudier les nouvelles formes de gestion
adoptées par les entreprises en les reliant à leur positionnement concurrentiel,
associé à leur mode d'intégration dans l'industrie, ainsi qu'à leur environnement
socio-institutionnel, défini par le tissu social et institutionnel dans lequel
s'inscrivent leurs activités. Comme le souligne Marchesnay (1986), ce meso-environnement
constitue un espace privilégié de définition des stratégies industrielles, dans lequel
s'exercent les rapports de domination et de collusion entre les entreprises.
Cette démarche constituera le fil directeur de notre étude de
l'industrie new-yorkaise de l'habillement: avant d'analyser de façon fine les stratégies
de ses entreprises, nous nous attacherons à caractériser l'environnement concurrentiel,
social et institutionnel dans lequel elles opèrent.
Le second chapitre est ainsi consacré aux caractéristiques
générales de l'industrie américaine de l'habillement. Il couvre les marchés et
systèmes de distribution de l'industrie, ses technologies et systèmes de production, sa
structure en termes de taille des entreprises et de concentration, ses caractéristiques
d'internationalisation, ainsi que ses caractéristiques d'emploi et de polarisation
géographique dans le territoire des Etats-Unis. Notre analyse fait apparaître un
ensemble de ruptures dans les évolutions de l'industrie au cours des trois dernières
décennies, produisant un contraste marqué entre les conditions de concurrence de la
période d'après-guerre et celles de la période actuelle. Elle permet également de
souligner les spécificités du secteur des vêtements pour femmes, qui occupe une place
prédominante dans l'industrie new-yorkaise de l'habillement, et se distingue notamment
par une faible standardisation des produits, une prédominance des petites entreprises, un
recours important à la sous-traitance ainsi qu'une concentration dans les principaux
centres urbains du pays.
Le troisième chapitre est centrée sur l'industrie new-yorkaise des
vêtements pour femmes. L'étude des principales phases d'évolution de cette industrie
nous permettra, tout d'abord, de cerner le contexte historique dans lequel opèrent ses
entreprises. Nous identifierons ainsi les principaux facteurs économiques, sociaux et
institutionnels qui sont intervenus dans la structuration de l'industrie locale,
contribuant à son émergence au début du siècle, à son déclin dans la période
d'après-guerre, ainsi qu'à son regain de dynamisme au cours de la dernière décennie.
Cette démarche nous permettra notamment d'analyser le rôle du syndicat dans la
régulation institutionnelle de l'industrie locale, ainsi que celui de l'immigration,
essentiellement juive et italienne au début du siècle, puis asiatique et hispanique au
cours des dernières décennies, dans la structuration sociale de l'industrie. Nous
présenterons également un état de connaissances concernant les caractéristiques
actuelles des entreprises new-yorkaises, qui constitue la toile de fond de notre enquête
auprès de ces entreprises.
Cette enquête fait l'objet d'une présentation détaillée dans le
quatrième chapitre. Notre démarche d'étude se centre ici sur les stratégies
concurrentielles et organisationnelles d'un échantillon de quarante entreprises
new-yorkaises de l'industrie des vêtements pour femmes, incluant des donneurs d'ordre,
qui réalisent la conception et le marketing des produits, ainsi que des sous-traitants
spécialisés dans les activités de production. Elle répond à deux objectifs
principaux:
- caractériser les modes de gestion mis en oeuvre par ces entreprises
en termes de développement des compétences, d'externalisation et de
quasi-internalisation; il s'agit notamment d'analyser comment s'articulent ces trois
aspects du fonctionnement des entreprise, quels modes de gestion sont associés au
développement d'un avantage compétitif durable, et en quoi ils diffèrent de ceux mis en
oeuvre par les entreprises moins performantes;
- caractériser le positionnement concurrentiel des entreprises en
termes de produits et marchés, d'activités, de relations avec la distribution et
d'utilisation des nouvelles technologies; cette approche doit nous permettre de distinguer
les forces et faiblesses de différents positionnements concurrentiels du point de vue du
développement d'un avantage compétitif durable, et d'analyser les modes de gestion mis
en oeuvre par les entreprises en relation avec leur forme d'intégration dans l'industrie.
L'enquête prend également en compte les caractéristiques sociales et
institutionnelles des entreprises, incluant leur appartenance ethnique et leurs relations
avec les institutions locales, telles que le syndicat ou les instituts de formation. Ces
aspects sociaux et institutionnels jouent, en effet, un rôle important dans la
structuration des entreprises new-yorkaises. Ils sont toutefois analysés plus en détail
au niveau de l'industrie locale que dans l'enquête, cette dernière étant centrée sur
les stratégies concurrentielles et organisationnelles des entreprises. Les niveaux
d'analyse de l'industrie et de l'entreprise sont ici utilisés de façon complémentaire
pour cerner une variété de dimensions du fonctionnement des entreprises new-yorkaises.
La démarche d'investigation se fonde sur une étude de cas multiples
à partir d'entretiens semi-directifs avec les dirigeants d'entreprise. Grâce à
différentes méthodes d'analyse comparative, les informations collectées permettent
d'identifier différents types d'entreprises opérant dans l'industrie new-yorkaise, à la
fois du point de vue de leurs stratégies concurrentielles, où ces types s'apparentent à
des groupes stratégiques au sens de Porter (1980), et du point de vue de leurs modes de
gestion des compétences, incluant leurs modes d'organisation interne, de gestion des
ressources humaines et de gestion des relations inter-entreprises.
Plutôt qu'une démarche de modélisation des comportements
d'entreprise, nous avons donc opté pour une analyse fine des interrelations entre une
variété de dimensions du fonctionnement des entreprises dans un contexte d'opération
particulier, celui de l'industrie new-yorkaise de l'habillement. Notre étude met ainsi en
parallèle deux dimensions du fonctionnement des entreprises qui sont le plus souvent
étudiées séparément, à savoir leurs stratégies compétitives, tournées vers
l'industrie, et leurs modes de gestion des compétences, qui mettent en jeu l'organisation
du travail, la gestion de l'emploi et les relations inter-entreprises. Elle fait
également apparaître une forte imbrication entre les stratégies organisationnelles des
entreprises et l'environnement concurrentiel, social et institutionnel dans lequel elles
opèrent, soulignant l'intérêt de situer les modèles de gestion dans le contexte
d'opération des entreprises qui les appliquent.
Il découle de notre étude que le développement d'un avantage
compétitif durable fait intervenir non seulement les modes de gestion de l'entreprise,
mais aussi ses formes d'intégration dans le système d'activité de l'industrie et dans
le tissu social et institutionnel qui sous-tend ces activités. Nos résultats montrent
également l'existence de complémentarités structurelles entre les positionnements
concurrentiels associés à un faible niveau de performance, et ceux qui permettent aux
entreprises de dégager durablement des profits supérieurs à la moyenne. Ils soulignent
ainsi les enjeux et la complexité d'une démarche d'amélioration durable de la
performance par les entreprises, et d'une régulation de la concurrence par les acteurs
institutionnels.
