Communications non classées

l'échec de la ville de Marseille à la candidature à l'America's Cup 2007

Cet article a pour objectif de tester un outil traitant du pouvoir présent dans les relations entre organisations sur la candidature à l’organisation d’événementiels sportifs internationaux. Pour l’ensemble des auteurs présent en Sciences de gestion le pouvoir naît dès que deux individus ont besoin de négocier dans un cadre relationnel pour arriver à l’accomplissement d’un objectif. Le sport, comme terrain de recherche privilégié, se justifie par un développement récent des événementiels sportifs au niveau mondial, entraînant des luttes de pouvoir entres les différentes parties prenantes. L’outil provenant du modèle de Weber, et complété par des auteurs contemporains des Sciences de gestion, devra tenter de répondre à la question de recherche : l’échec dans une candidature peut-il s’expliquer par le pouvoir présent dans la relation. Nous avons concentré nos recherches théoriques sur le courant provenant de Weber sans oublier l’existence d’autre modèle comme ceux de la dépendance ou des tactiques d’influence. Pour répondre à cette question nous avons sélectionné le cas de la candidature de la ville de Marseille à l’America’s Cup 2007. Le choix de cette candidature française s’explique par l’accès à un terrain accessibles pour cette recherche et d’une volonté de la ville de Marseille de comprendre les éléments importants d’une candidature afin d’apprendre et d’être plus performante pour les prochaines candidatures éventuelles. Pour répondre à la question de cet article, la méthodologie utilisée sera qualitative dans une approche déductive-confirmatoire (Hlady-Rispal, 2000). Le choix de cette démarche se justifie par une volonté d’être au plus près des acteurs importants de ce secteur économique. Les entretiens d’experts, les documents internes aux organisations ainsi que la création d’une base de données d’articles de presse sur une période de cinq ans permettront de tester les différents éléments du modèle. L’ensemble de ces éléments a été collecté en vue d’une triangulation des données et la presse a été obtenue grâce aux bases de données comme Lexis-Nexis. Afin de réaliser le traitement de l’ensemble des données, nous avons fait appel à deux logiciels d’analyse sémantique complémentaires. Les logiciels, Alceste, par analyse descendante hiérarchique, et Wordmapper, par analyse ascendante hiérarchique, qui permettront la création de données textuelles et chiffrées mettant en avant un pouvoir particulier présent dans les relations. L’utilisation de ces deux logiciels est nécessaire afin d’obtenir un croisement des données intéressant par la création de classes de mots et de proximité des mots entre eux. L’intérêt principal de cet article sera de tester l’outil et de voir si le pouvoir peut expliquer l’échec à une candidature. L’échec des organisations sportives est souvent étudié par la théorie des ressources mais peu d’auteurs ont cherché à tester le pouvoir comme élément principal des échecs. Au niveau managérial, les différents acteurs, grâce à l’outil mis en place, pourront savoir si leur position dans la candidature est à même de les conduire à un échec, leur permettant ainsi d’adopter une stratégie performante.

La responsabilité sociale de l’entreprise comme processus entrepreneurial de conversion de valeurs sociales en valeur marchande : un examen empirique du lien entre engagements sociétaux et performance économique des entreprises françaises cotées entre 199

Les résultats des nombreuses études réalisées depuis une quarantaine d’années tendent à montrer que les pratiques socialement responsables ont un impact positif sur la performance économique de l’entreprise. Examiner l’impact des pratiques socialement responsables sous cet angle renforce paradoxalement une vision de l’entreprise dont la vocation demeure la maximisation du profit puisque cette maximisation est susceptible de se révéler socialement responsable. Nous proposons dans cet article de renouveler les termes du questionnement en prenant comme point de départ que l’entreprise réunie autour d’un projet économique des parties prenantes dont les intérêts sont contradictoires et jamais parfaitement alignés. Nous suggérons que l’engagement des entreprises en matière de responsabilité sociale correspond a un processus entrepreneurial de conversion de valeurs sociétales en valeur marchande qui peut éventuellement se traduire par une amélioration de la performance économique. Notre étude empirique est basée sur un échantillon de données de panel de 90 entreprises françaises dont les performances sociales et environnementales ont été évaluées par l’agence de notation Riskmetrics, données que nous analysons au moyen d’une méthode instrumentale sur la période 1999-2009. Nous montrons au final que la relation performance économique – engagements sociétaux est incertaine et que les entreprises françaises cotées ne parviennent pas toutes a convertir les valeurs sociétales en valeur marchande car elles ne disposent pas toutes d’une capacité de conversion.

La contribution de l’usage des Technologies de l’information et de la communication au management des connaissances au sein des entreprises sous-traitantes

L’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) au sein des organisations revêt plusieurs formes. La distinction faite par le courant de la sociologie de l’usage entre la technologie en tant qu’objet technique et la technologie en tant qu’objet social conduit à penser qu’il existe deux modes d’usages des TIC : les usages réactifs et les usages créatifs. Au sein des entreprises sous-traitantes, ces deux modes d’usages qui se superposent contribuent à la pratique du management des connaissances, notamment en facilitant l’acquisition, la mémorisation, la préservation et la valorisation des connaissances que possèdent les individus. À cet égard, les deux principales approches qui s’offrent à ces entreprises sont soit la codification des connaissances, soit leur personnalisation. Le cadre théorique mobilisé dans cette recherche nous a permis de déduire que la personnalisation des connaissances, qui repose sur des technologies interactives, est d’autant favorisée que lorsque l’usage créatif des TIC s’accroit ; alors que la codification des connaissances, dont le support est les technologies intégratives, est plutôt tributaire de l’usage réactif des ces dernières. L’analyse des résultats, fondés sur un paradigme positiviste, un raisonnement hypothético-déductif et une investigation empirique quantitative effectuée auprès de 174 usagers des TIC appartenant à 68 entreprises sous-traitantes opérant dans le sous-secteur tunisien du textile-habillement, nous a permis de confirmer cette hypothèse.

Le dirigeant et la formation d'une niche cognitive pour diriger les idées

Cette article porte sur la façon dont se forment les idées stratégiques - la notion d’idéation - laquelle constitue une question de gestion en s’inscrivant très précisément dans le champ de la pratique et des micro-actions contribuant à la réalisation de la stratégie. Notre utilisons la Théorie de l’Activité, directement reliée avec la psychologie interactionniste de Vygotsky, pour montrer comment un dirigeant active une pensée volitive dans le cadre de la formation de la stratégie. Au cours de divers épisodes organisationnels constitutifs de l’agir stratégique, il incombe au décideur de (se) construire un contexte organisationnel comportant les ‘instruments psychologiques’ lui permettant d’orienter et de soutenir sa propre activité cognitive. Notre article comporte trois parties. Au cours de la première nous mettons en évidence l’usage d’une épistémologie non représentationnistes et l’intérêt dans ce cadre de mobiliser la démarche interactionniste de la théorie de l’activité. La seconde partie met en évidence l’impact du contexte dans les activités cognitives et plus spécifiquement le rôle central du langage comme artefact de médiatisation de la pensée. Enfin nous utilisons en troisième partie la notion de niche cognitive développée par Clark pour mettre d’une part en évidence les apports d’un tel contexte lors des activités de stratégisation et d’autre part pour illustrer l’apport de cette notion à partir d’une recherche menée auprès d’un dirigeant selon la méthode des récits de pratiques.

L'espace, un outil de contrôle ?

Cet article s’intéresse aux impacts des open space en matière de contrôle à partir d'un travail historique. Nous nous demandons si l'espace de travail peut constituer un outil de contrôle opérationnel. Dans une première partie, nous proposons une définition historique des espaces travail qui nous amène à justifier notre méthodologie de recherche historique. Nous travaillons à partir des archives des années 1920 de la société Pont-à-Mousson. Nous présentons longuement le contexte de la mise en place des espaces ouverts, ainsi qu'une analyse à partir des plans du service de la comptabilité commerciale. Nous proposons en discussion plusieurs points : l'efficacité et l'efficience de la surveillance, la hiérarchisation de l'espace qu'induit cette nouvelle conception de l'espace et enfin les apports et les limites de cette recherche historique.

L’évolution des modèles de gouvernance dans le cas de rapprochements à forte innovation stratégique

L’étude porte sur deux P.M.E non cotées en bourse, qui évoluent dans le secteur des TIC (Technologie de l’Information et de la Communication), où l’innovation conjointe joue un rôle clé. L’objectif de cet article est de comprendre comment évolue la gouvernance de l’entreprise lorsque les objectifs de la fusion concernent une innovation stratégique entre deux entreprises spécifiques. Pour ce faire, nous étudions les décisions en matière de gouvernance d’entreprise au cours d’un processus de rapprochement stratégique entre une petite entreprise (nommée eStat) et une moyenne entreprise (nommée Médiamétrie), en vue de créer conjointement une innovation stratégique à caractère technologique. La méthode d’investigation est l’étude d’un cas unique reposant sur une observation passive (153 journées d’observations), une observation participante, la conduite de 70 entretiens semi-directifs et l’étude de documents internes (ex: le protocole d’accord.). A partir d’une lecture critique des approches « classique » (disciplinaire/actionnariale, notamment pour des questions de rentabilité de l’opération) et « stratégique » (importance du capital humain, notamment pour des questions d’innovation), nous montrons que les dirigeants de la nouvelle entreprise créée (Médiamétrie-eStat) se sont progressivement orientés vers un modèle renouvelé de gouvernance d’entreprise fondé sur les ressources. Contrairement à ce que sous tend la littérature existante dans le champ de la gouvernance d’entreprise, cet article rend compte de la nécessité de considérer les dynamiques en jeu dans l’adoption du modèle de gouvernance, lorsque le rapprochement porte sur des enjeux d'innovation stratégique.

Determinants of short-term value destruction for the acquiring firm: A French study

These paper analyses bidder short-term returns of 86 takeovers bids that occur between 1997 and 2002 on the French market. Furthermore, the determinants of this performance are examined to improve understanding of the sources of value creation or destruction arising from M&A. The event study methodology is used to estimate bidder value creation. Two findings are shown in this study. First, we find strong evidence that the announcement of a takeover bid destructed of value for the bidder. Second, these results show that the relative size of the target and the announcement period transaction is associated with value destruction for the bidder.

Les décisions inefficientes en management : une approche expérimentale

Dans le cadre de l’entreprise, les décisions sont en général prises de manière rationnelle, et leurs auteurs peuvent justifier de leur efficacité du point de vue de la performance. L’objet de cet article est de montrer que dans certains cas néanmoins, la décision managériale échappe à cette détermination. Lorsque le contexte s’y prête, le manager peut être amené à prendre des décisions irrationnelles et contre-productives, et à reproduire ensuite ces décisions malgré leur inefficacité.
Une méthode expérimentale est utilisée ici pour tester cette hypothèse. Prenant appui sur une simulation d’entreprise menée auprès de 578 participants, on montre qu’un certain budget pourtant inutile, nommé facteur X, fait régulièrement l’objet de dépenses en pure perte ; or ces dépenses étant le plus souvent engagées par les entreprises les plus profitables, qui ont par ailleurs tendance à rester rentables d’une période à la période suivante, elles passent inaperçues et sont reproduites dans le temps.

Apprendre de l’échec d’un pôle de compétitivité : La non labellisation de la filière vigne et vin en Aquitaine

L’échec apparaît traditionnellement dans la littérature comme une cause d’absence d’apprentissage, en raison notamment des émotions qu’il fait naître, ou, à l’inverse, comme une occasion d’apprendre pour les organisations cherchant à s’inscrire dans une logique d’amélioration continue. Les cas étudiés sont souvent des projets, en particulier des projets d’innovation. En revanche, le thème de l’échec est relativement peu abordé dans le champ des clusters industriels. En effet, les travaux se concentrent sur les clusters à succès, tels que la Silicon Valley, à la recherche de facteurs clés à répliquer. Il en va de même pour les initiatives de clusters, notamment celle des pôles de compétitivité, lancée en France en 2005. Et pourtant la question de l’échec des pôles se pose naturellement, avec 38 dossiers sur 105 rejetés lors du premier appel à projet, puis avec les résultats mitigés obtenus par de nombreux pôles labellisés lors des évaluations conduites en 2008. Dès lors, nous nous intéressons ici à la tentative avortée de création d’un pôle de compétitivité sur le vin – à travers le projet Inno’vin – dans la région Aquitaine, en cherchant notamment à savoir si les acteurs de ce projet-là ont su en tirer des enseignements utiles pour l’avenir de la filière vin à Bordeaux, notamment suite à la réactivation du dossier par le Conseil Régional d’Aquitaine en 2009. En dépassant la vision binaire de l’échec comme « inhibiteur » ou comme « déclencheur » de l’apprentissage, cette recherche propose une troisième voie, celle d’une dynamique qui se crée au sein de la filière vitivinicole malgré l’échec de la labellisation, sans remise en cause des contours du projet initial.

LA FABRIQUE COMMUNICATIONNELLE DE LA COMPETENCE RELATIONNELLE SPECIFIQUE.

L'objectif de cette communication est de proposer une analyse du fonctionnement des relations interorganisationnelles entre fabricants et transporteurs du secteur de l'ameublement en France inscrite dans la pratique des opérateurs des entreprises partenaires. Le choix d'une approche théorique d’essence communicationnelle a permis de comprendre le rôle central, car organisant, de l'activité conversationnelle de ces opérateurs dans la résolution efficace d'événements ainsi que la place essentielle des outils et des médiations symboliques. Parce qu’elle est constitutive (Cooren 2000, Taylor 1993), la dynamique conversationnelle des acteurs participent à la construction de ressources constituant le fondement de ce qu’Asanuma (1989) nomme une « compétence relationnelle spécifique ».
Ce travail dégage des éléments permettant d’articuler des propositions d’animation et de design (ergonomie des espaces de travail, développer l’interconnaissance, penser le rôle des responsables intermédiaires, réfléchir à des outils de soutiens ainsi qu’à la place des systèmes d’information interorganisationnel, etc.) de ces collectifs composés d’acteurs aux ontologies diverses (humains et non-humains). Ce faisant il contribue au courant de recherche ressources et compétences et strategy as practice.

Les effets du retour d’expérience sur la coordination en environnement extrême : le cas de l’Equipe de Voltige de l’Armée de l’Air

Depuis une dizaine d’années, de nombreuses contributions cherchent à ouvrir « ces boites noires relativement fermées » (Alsène et Pichault 2007, p. 65) que représentent les processus de coordination inter-individuelle, en prenant notamment en compte les dimensions cognitives et sociales du phénomène. Dans cet article, nous nous intéressons à un moyen d’appréhender la coordination encore peu exploré par la littérature, le retour d’expérience. Nous faisons le choix d’examiner les actions et interactions des acteurs en environnement extrême (Lièvre et Gauthier, 2009 ; Pichault et al., 2010) afin de jouer sur les effets paroxysmiques qui y sont associés.

Notre travail s’appuie sur une étude de cas réalisée près de membres de l’Equipe de voltige de l’Armée de l’air (EVAA) durant le mois de juin 2010 et visant à examiner les pratiques de retour d’expérience développées par les membres de l’équipe et leurs impacts sur leur capacité à se coordonner. Le corpus des données de terrain a été recueilli durant le mois de juin. Il a été construit par triangulation (1) d’entretiens semi structurés, (2) d’observations in situ et (3) de documents internes écrits et vidéo (Eisenhardt, 1989).

L’analyse du cas suggère que la combinaison des processus de communication, d’apprentissage et de socialisation, qui caractérise le retour d’expérience, facilite la coordination inter-individuelle en conduisant les acteurs à s’accorder sur une interprétation possible de la situation. Le retour d’expérience nourrit ainsi la capacité d’un collectif à construire et maintenir collectivement le sens.

NOMMER UN STADE : Etude des parties prenantes de premier cas français

RESUME
Cette communication analyse la première occurrence française d’une nouvelle forme de parrainage, la cession du droit d’appellation d’un stade à une entreprise privée (“naming rights”) car elle suscite un intérêt particulier : par opposition aux techniques de sponsoring habituelles, cette dernière s’inscrit dans le long terme (parrainage relationnel) et elle comporte des risques spécifiques.

Sur la base de l’étude du premier cas français, il sera procédé à la description de l’intérêt des différentes parties prenantes pour ce type de communication, avec notamment l’analyse des motivations qui ont poussé le groupe “Mutuelles du Mans-Assurances” à s’investir dans le financement du nouveau stade du Mans qui portera son nom, le “MMArena”.

Internationalisation et nouvelles implantations des firmes multinationales : Le processus séquentiel du modèle d’Uppsala est-il toujours d’actualité ?

L’objet de cet article est de discuter de la pertinence du modèle d’Uppsala de l’internationalisation des firmes dans le contexte actuel de globalisation. Après avoir analysé la construction « étapiste » du modèle, nous présenterons une synthèse des résultats des principales études empiriques ayant testé ses hypothèses. Ainsi, les validations empiriques du modèle seront confrontées aux analyses critiques de ses notions de base. Enfin, nous discuterons de son application à l’analyse de l’implantation des firmes multinationales ainsi que des nombreuses extensions possibles du modèle.

Enterprise Risk Management: A process for enhanced management and improved performance

Enterprise risk management (ERM) is a new, board-supervised process that aims to identify, evaluate, and manage all major corporate risks in an integrated framework. Advocated by the Committee on Sponsoring Organizations of the Treadway Commission (COSO) in 2004, ERM adoption has been encouraged by global regulatory agencies, various stock exchanges, legal court cases, and rating agencies. Applied in a strategic setting, ERM takes a company-wide perspective and incorporates strategic and operational risks as well as the more traditional insurance, financial and legal risks. In spite of the growing importance of ERM, there has been very little research on the subject. Existing research has included field studies of companies adopting ERM, has investigated the determinants of ERM adoption, and has explained the appointment of a chief risk officer. We extend this early work by examining how ERM leads to enhanced management and improved performance. Based on a survey of 150 risk management executives who are implementing ERM and tested with the partial least squares (PLS) analytical technique, our model shows that an ERM-based framework can help a company improve performance. Our model also confirms both the linear aspect of building an ERM process and the interactive aspects, where later ERM components help companies improve on earlier processes. Interestingly, our model also shows the key reason why ERM improves performance: it first enhances management. In other words, the value side of ERM is that it makes management better (as seen in greater management consensus, better informed decision making, and increased accountability).

THE IMPOSSIBILITY OF MANAGING KNOWLEDGE: THE PRACTICE PERSPECTIVE

The field of knowledge management has developed quickly over the last decade and the literature on the topic has demonstrated increasing diversity and specialization (Easterby-Smith and Lyles, 2003). In this development, some scholars have raised their concerns about the concept knowledge management, pointing out its ambiguity (Scarbrough and Swan, 2001), the controversies around it (Swan and Scarbrough, 2001a), and its contradictory nature (Alvesson and Karreman, 2001).
This paper presents one more critical view of the knowledge management concept by relying on the practice perspective. From the practice perspective, it is argued that knowledge is defined as embedded in situated practices of individual; it is self-managed by situated practices of knowledge production and reproduction (Gherardi, 2000), and learning is conceived as a way of becoming part of a social world, which is a system of situated practices (Gherardi, Nicolini, and Odella, 1998). It is impossible to manage knowledge by non-practitioner managers, who does not participate in the situated knowledge creation and sharing. In this paper, we define management as composed of two modes of intervention: coordination and control (Alvesson and Karreman, 2001). Our argument is supported by an empirical case study.
Our methodology is practice-based (Nicollini, 2009). We investigate the management activities of five knowledge managers in a multinational. The investigation had two steps. The first step involved three years of participant-observation in different knowledge management projects of the multinational. In the second step, five knowledge managers were interviewed during two sessions of two hours.
Our findings show that the knowledge managers are unable to manage knowledge of the company’s practitioner community and they are marginalized from the community’s work life. The knowledge managers end up managing the relationship with various organizational actors involved in knowledge management.

Les capacités d’absorption ont-elles une influence sur le développement des pratiques d’intelligence économique ? Le cas des PME françaises

L’ambition de cette communication est d‘apporter une réponse à la question du rôle des capacités d’absorption des PME sur le niveau de développement de leurs pratiques d’intelligence économique. L’objet de cette recherche est donc de corroborer ou d’infirmer, rigoureusement et méthodiquement, quelles sont les pratiques d’intelligence économique sur lesquelles les capacités d’absorption des PME possèdent une réelle influence positive en termes de développement au sein des organisations. Ce faisant, dans une première partie, au travers d’une revue de littérature, les liens entre intelligence économique et capacités d’absorption sont analysés et donnent lieu à la formulation d’un modèle de recherche associé à quatre hypothèses. Dans une deuxième partie, les modalités de la collecte des données ainsi que la démarche de validation des instruments de mesure et le protocole du test du modèle d’équations structurelles selon une approche PLS sont définis. Dans une troisième et dernière partie, les résultats de la validation du modèle fondés sur un échantillon de près de deux cents PME françaises sont exposés pour être, ensuite, discutés afin d’en délimiter à la fois les apports et les limites inhérents ; ces résultats confirment l’influence positive des capacités d’absorption des PME sur le développement de leurs pratiques de surveillance de l’environnement et de gestion des connaissances.

Le Red Queen Effect : Principe, synthèse et implications pour la stratégie

L’existence d’une relation concurrentielle conduit les entreprises à chercher à obtenir un avantage concurrentiel en améliorant leur position vis-à-vis de celles de leurs concurrents. Une fois cet avantage obtenu, les concurrents vont imiter ladite entreprise plus performante afin de ne pas se laisser distancer voire d’obtenir, à leur tour, un nouvel avantage. Il s’enclenche alors dans l’industrie, un cycle dans lequel il est nécessaire, pour les entreprises, d’investir toujours plus de ressources pour, au final, obtenir une situation concurrentielle identique. Cette spirale concurrentielle est dénommée par la littérature, Red Queen Effect (RQE). L’objectif de cette note de recherche est de détailler ce processus concurrentiel afin de mettre en évidence ses conséquences tant positives que négatives pour l’entreprise et l’industrie dans son ensemble. L’examen de pistes de recherche permet également la suggestion de travaux futurs mobilisant le RQE.

De l’apprentissage dans l’action à la conception d’une architecture d’apprentissage organisationnel

Cet article pose la question de l’apprentissage organisationnel comme un processus d’exploitation de la variété des expériences accumulées par les individus et les équipes qui composent l’organisation. A partir d’une étude de cas portant sur la conduite des processus de débriefing des équipages de combat et de transport de l’Armée de l’air, l’article explore comment l’organisation tire profit des procédures d’apprentissage par l’expérience mises en œuvre par ses personnels dans leur environnement de travail quotidien. Dans ce cadre, nous observons que l’apprentissage résulte de la capacité des agents apprenants (les pilotes, les navigateurs et les équipages) d’intégrer les fonctions individuelle (i.e., progression) et collective (i.e., performance) attachées aux processus d’analyse rétrospective et de réflexion critique sous tendant les procédures de débriefing. Nous introduisons alors un modèle du débriefing dans lequel l’efficacité de la procédure dépend de la capacité de l’organisation de mettre en œuvre une architecture d’apprentissage cohérente et flexible. Celle-ci se compose de trois éléments appelés composants : un mode d’apprentissage, une structure d’apprentissage et une culture d’apprentissage. En permettant aux agents apprenants de combiner les divers modes d’apprentissage, alignés sur les structures d’interaction et les valeurs culturelles appropriées, nous suggérons que l’organisation est en mesure d’élargir son potentiel d’adaptation et de répondre plus efficacement aux demandes présentes et futures de son environnement.

Stratégie d’adaptation du produit et performance à l’export :Effets du secteur d’activité et des caractéristiques internes de l’entreprise

L’objectif de cet article est d’examiner la relation entre la stratégie d’adaptation du produit et la performance à l’export en prenant en considération les effets du secteur d’activité et des caractéristiques internes à l’entreprise.
Les résultats d’une enquête par questionnaire auprès de 120 entreprises exportatrices industrielles ont montré que le secteur d’activité, le type de produit exporté et le nombre de pays desservis influencent la stratégie d’adaptation du produit exporté et que les entreprises peuvent obtenir de meilleures performances sur les marchés internationaux grâce à la mise en œuvre d’une stratégie marketing adéquate à l’export.

Une approche dynamique du capital social dans les communautés de pratique

Les communautés de pratique (CP) sont des structures organisationnelles particulièrement importantes pour la création et le partage des connaissances. Elles sont le lieu d’interactions sociales et informelles qui conditionnent notamment leur développement. Le rôle des CP dans le partage ou le transfert des connaissances fait l’objet d’une littérature riche et abondante. Néanmoins, la compréhension de leur dynamique globale mérite d’être approfondie et fait l’objet de cette communication. L’émergence et le développement des CP constituent un processus hautement social, présentant un degré de formalisation variable et laissant place aux jeux d’acteurs et de pouvoir. Dans ce contexte, nous mobilisons la théorie du capital social comme grille de lecture de la dynamique des CP et nous investiguons les relations existantes entre CP et capital social dans une perspective d’apprentissage situé. Cette réflexion théorique est illustrée et enrichie par l’étude longitudinale, de données secondaires empiriques qualitatives, du développement de communautés de pratique chez Schlumberger. Après une présentation de l’entreprise et des CP présentes depuis plus d’une décennie chez Schlumberger, nous analysons les relations d’influence réciproque entre développement des CP et capital social. Nous proposons une analyse des dimensions structurelle, relationnelle et cognitive du capital social en tant que levier du développement des CP ainsi qu’une analyse de l’impact de ces communautés sur la dynamique du capital social. Ainsi, le capital social dans sa dimension relationnelle est un levier du développement des communautés de pratique car il permet de renforcer la motivation des membres de la CP pour le partage des connaissances et leur diffusion. Dans sa dimension cognitive, le capital social permet la diffusion d’une culture d’innovation qui favorise les échanges et renforce les pratiques au sein des communautés. Cette relation entre capital social et CP n’est pas uni-directionnelle puisque les communautés de pratique ont un impact sur la dynamique du capital social. Par exemple, la nomination de leaders pour chaque CP renforce la dimension structurelle du CP et influence la nature et l’intensité des interactions entre membres de la communauté. De plus, le cas étudié montre que les trois dimensions du capital social s’influencent mutuellement au fur et à mesure du développement de la CP. Cette dynamique du capital social joue un rôle de levier dans le développement de la CP et permet d’aborder d’une part, la discussion des interrelations entre les trois dimensions du capital social et, d’autre part, la prédominance temporelle de chacune des dimensions. Pour conclure, notre travail conduit à différentes préconisations managériales permettant de mieux gérer les CP en soulignant que, si les soutiens technologiques à la gestion des connaissances sont d’une utilité indéniable, il n’en reste pas moins nécessaire de porter une attention toute particulière à leurs dimensions sociales et cognitives. Enfin, l’analyse des CP selon une perspective dynamique amène à souligner qu’elles connaissent des rythmes et des stades de développement qui diffèrent les uns des autres. Les limites de cette recherche ainsi que les prolongements futurs sont présentés à l’issue de cette communication.

Le social business ou « la pauvreté au musée » : une déconstruction

Depuis une dizaine année, l’entreprise est érigée comme un acteur majeur de la lutte contre la pauvreté. La responsabilité sociale de l’entreprise et les stratégies de la base de la pyramide, le microcrédit et le social business abondent en ce sens : ils soutiennent la complémentarité des objectifs économiques et sociaux, dont le renforcement réciproque engendrerait le cercle vertueux du développement.

Cet article étudie une coentreprise motivée par une telle synergie. Fondée par un groupe agroalimentaire et Grameen Bank, elle commercialise des yaourts enrichis à destination des populations pauvres du Bangladesh. La complémentarité des objectifs sociaux et économiques doit intervenir tout au long du cycle du produit. En amont, la production emploie la population locale, qui assure également l’approvisionnement en lait. En aval, les yaourts sont vendus par des femmes permettant d’augmenter leurs revenus. Enfin, le yaourt est enrichi pour pallier les carences nutritionnelles du régime local.

Cette recherche interroge la synergie des pratiques sociales et économiques. Contrairement au discours dominant sur le social business, nous montrons les conflits qui les traversent. Dès lors, nous proposons une interprétation alternative. Elle est fondée sur la complémentarité de deux approches méthodologiques : une déconstruction du discours hégémonique se concentre sur ce qui est dit ; une étude ethnographique, menée en France et au Bangladesh, révèle ce qui n’est pas dit et ce qui aurait pu être dit.

L’article est structuré en deux parties qui se répondent l’une l’autre. Dans la première, nous déconstruisons le discours dominant. Nous montrons que sa charpente dialectique soutient une thèse de la fin de l’histoire. Un : le social et l’économique sont posés comme les deux éléments constitutifs d’une même réalité ; opposés l’un à l’autre, il en résulte un dilemme. Deux : le social business est érigé comme la solution à ce dilemme ; il est la troisième voie qui permet la synthèse des contraires. Trois : une nouvelle dichotomie émerge ; d’un côté les impasses d’un passé dépassé, de l’autre le succès du social business. En d’autres termes, il y a, d’un côté les conflits de l’histoire, de l’autre la fin de l’histoire.

Dans une seconde partie, nous nous approprions le schème dialectique du discours dominant et reconstruisons un discours alternatif et subversif. Un : nous montrons comment la structure bipolaire du social business conduit à une dichotomie entre les objectifs sociaux et économiques. Deux : nous montrons que ces deux objectifs sont conflictuels. Trois : nous décrivons la manière dont ces contradictions sont apaisées. Cependant, plutôt que de célébrer la synthèse de forces contraires, nous révélons comment le social est récupéré par l’économique.

Cet article offre trois contributions principales. Pointant la présence et l’absence de certains concepts, il contribue à la réflexivité du social business. Restituant les conflits entre le social et l’économique, il dénaturalise le discours angélique du social business. Faisant parler les voix silencieuses, il réhabilite la polyphonie de l’organisation.

Le processus d'institutionnalisation de la RSE face à la critique

Nous analysons le processus d'institutionnalisation de la responsabilité sociale de l'entreprise comme un processus dialogique de création de sens . A partir du cas de la banque BNP Paribas nous conduisons une analyse rhétorique des discours produits en nous attachant à ceux relatifs aux actions de mécénat de la banque . Cette analyse est mise en perspective par rapport aux thèmes de critique sociale qui apparaissent dans la presse quotidienne française. Ce travail met en évidence que les épreuves auquelles se soumet volontairement l'entreprise ne correspondent pas aux sujets de controverse publicisées dans la presse.

Les conflits de rôle, une conséquence des paradoxes qui s’exercent sur l’organisation : le cas d’une organisation de service public évoluant vers le modèle marchand

Le contexte actuel confronte les organisations de manière croissante à des objectifs contradictoires. Profit et croissance, court terme et long terme, intégration et différenciation, centralisation et décentralisation ne sont que quelques exemples des tensions auxquelles sont soumises les organisations. Le secteur public ne fait pas exception puisqu’amené, dans le cadre de la « nouvelle gestion publique » à transposer des principes de gestion issus du secteur privé. En effet, l’intégration des concepts de performance, de qualité, d’efficience et d’efficacité, confronte les organisations publiques à de nombreux paradoxes. La présente étude, nous amène à observer et analyser l’émergence et la dynamique des pressions contradictoires qui s’exercent sur les acteurs de l’organisation. Nous apprenons de l’étude empirique que le modèle de la séquence de rôle qui sous-tend la typologie des conflits de rôle proposée par Katz et Kahn (1966) mérite d’être revisité au regard des données de terrain que nous avons collectées au sein d’une organisation publique contrainte d’évoluer vers le modèle marchand.

La dimension effectuale de l'intrapreneuriat

Parallèlement à Sarasvathy qui notait que l’entrepreneur avait un accès privilégié à l’effectuation, notre étude suggère que l’intrapreneuriat est ce moment précis où l’ensemble de l’organisation donne libre cours à l’effectuation. Jusqu’alors, l’effectuation demeure un impensé des modèles théoriques de l’intrapreneuriat. Nous adaptons une méthodologie interactionniste (Ireland et al., 2006) pour mettre en valeur la dimension effectuale d’un cas extrême d’intrapreneuriat qui compte plus de dix ans d’existence et articule innovation, renouveau stratégique et corporate venturing interne et externe (Sharma & Chrisman, 1999).

Proposition d’une échelle de mesure psychométrique de l’appropriation individuelle d’un outil informatique

En sciences sociales l’appropriation est définie à la fois comme état psychologique et comportement de l’individu. Néanmoins, tandis que l’appropriation en tant que comportement peut être observé et qualifié par des acteurs autres que l’individu lui-même, l’appropriation en tant qu’état psychologique de l’individu ne peut être caractérisée que par celui-ci. Ces deux « indicateurs » de l’appropriation sont complémentaires l’un de l’autre et permettraient de mieux tenir compte de la complexité du phénomène.
En revanche, ces deux facettes de l’appropriation impliquent des méthodologies de recherche différentes. Tandis que l’étude des comportements se réalise essentiellement par le biais d’études qualitatives, la dimension psychologique de l’appropriation se rapportant à des perceptions individuelles, peut, quant à elle, être mesurée sur la base d’instruments psychométriques. Il n’existe pas pour autant à notre connaissance de construit visant à mesurer l’appropriation individuelle telle que qualifiée par l’individu lui-même. Notre recherche a pour objectif de combler cette lacune en proposant une échelle de mesure de l’appropriation individuelle d’un outil informatique dans le cadre d’un changement imposé.
Une étude exploratoire par entretiens a été réalisée auprès de 13 utilisateurs d’un nouvel outil informatique afin d’identifier les items à inclure dans un questionnaire mesurant l’appropriation (332 enquêtes collectées). Les analyses statistiques menées par la suite (ACP et AFC) ont validé deux dimensions de l’appropriation individuelle : la préférence et la maîtrise.

Entrepreneuriat organisationnel : Enseignements stratégiques d’une approche comparée des principaux modèles

Résumé : Ce travail effectue une étude comparative de différentes modélisations de l’entrepreneuriat organisationnel. Nous étudions ces modèles à travers des prismes différents, afin de mettre en lumière leurs similitudes et leurs différences, notamment dans leur manière de relier les notions de stratégie et d’entrepreneuriat. Cette étude est a propos, car des travaux récents (Lumpkin, 2009) ont souligné des faiblesses dans le construit d’orientation entrepreneuriale, sur lequel sont construits de nombreux modèles et un décalage entre le construit et les outils habituellement utilisés pour le mesurer, les résultats mitigés ou absents (Short, 2010), ou encore l’influence de la culture nationale sur certains de ses dimensions (Kreiser et al, 2010). Elle apporte à la littérature une approche comparative originale des modélisations principales utilisées pour conceptualiser l’entrepreneuriat organisationnel

Coordination « ancrée » en Situation Extrême

Dans la perspective d’une construction d’une théorie ancrée au sens de Glaser et Strauss, l’objet de cette contribution est de rendre compte comment un collectif informel en situation extrême tel une expédition polaire, sans standard organisationnel partagé, s’y prend pour se coordonner. Il apparaît que le chef d’expédition surdétermine les modes de coordination tout au long de l’expédition. C’est à partir de son expérience en tant que chef d’expédition que celui-ci a construit un invariant opératoire dans la manière de conduire une expédition qui l’amène à prendre en charge la conception de l’expédition, à coordonner d’une manière classique mais relativement autoritaire la phase de préparation, et à tout faire pour construire et maintenir sa légitimité en tant que chef d’expédition dans la phase de réalisation où l’adaptation doit prévaloir à toute planification. Le choix des équipiers et l’attribution d’un objet symbolique mais aussi pragmatique comme le fusil, utilisé pour gérer la sécurité avec les ours deviennent des enjeux essentiels, dans les modalités de construction globale de la coordination. En conclusion, nous questionnons les travaux sur la coordination en situation extrême à partir de ces résultats.

Les comportements d’adoption du système de vote par Internet aux assemblées générales des actionnaires : entre isomorphisme et légitimation

Le papier s’intéresse aux comportements d’adoption du système de vote par Internet (VI) aux assemblées générales des actionnaires (AGA) par les dirigeants des sociétés françaises et aux forces en présence influençant ces comportements. Il examine comment le VI est adopté en France et quelles sont les forces/pressions susceptibles d’influencer son adoption. Reconnaissant l’importance des dimensions institutionnelles, le papier mobilise les concepts d’isomorphisme et de légitimation. Sur la base d’une étude qualitative et longitudinale, l’analyse des comportements d’adoption du VI reflète des stratégies de légitimation pour faire face aux différentes pressions institutionnelles. Les résultats mettent en lumière le rôle et le degré d’importance des trois mécanismes d’isomorphisme institutionnel ainsi que ceux des cinq stratégies et des différentes tactiques de légitimation. Un des principaux apports de cette recherche est de faire émerger une relation d’interdépendance entre les stratégies de légitimation et les mécanismes d’isomorphisme institutionnel. L’isomorphisme normatif explique les stratégies d’acquiescement (tactique de conformité) et de manipulation. L’isomorphisme coercitif favorise la stratégie de compromis. Quant aux stratégies d’acquiescement (tactique d’imitation), de défiance (tactique de rejet) et d’évitement (tactiques de dissimulation et de fuite), elles sont expliquées, par l’isomorphisme mimétique.

L’apprentissage organisationnel au sein de la PME. Quelles spécificités ? Une étude exploratoire au sein d’une PME de conseil.

L’apprentissage organisationnel est une préoccupation majeure des entreprises de grande taille dans la mesure où elles cherchent constamment de meilleures façons de transférer rapidement les connaissances aux membres moins expérimentés et d’améliorer leurs outils analytiques par l’expérience. En sciences de gestion, il y a une prolifération de recherches sur le thème de l’apprentissage organisationnel dans les grandes structures. Toutefois, peu de travaux relient l’apprentissage organisationnel au contexte de la PME. Suivant notre perspective, la capacité d’apprentissage organisationnel dépend de la dynamique de développement des connaissances, c’est-à-dire des processus de socialisation, extériorisation, combinaison et intériorisation qu’une organisation peut mettre en place. Notre objectif est d’explorer les aspects spécifiques de l’apprentissage organisationnel dans la PME. A travers une étude de cas d’une PME du secteur du conseil, nous avons examiné les moyens sur lesquels reposent les processus sous-jacents à l’apprentissage organisationnel. Nous retrouvons dans la PME les mêmes processus sous-jacents à l’apprentissage organisationnel que ceux dans la grande entreprise. Toutefois, il ressort de notre recherche que les moyens, sur lesquels s’appuient ces processus, prennent une forme différente dans la PME. En effet, des relations intenses et fréquentes ont lieu à chaque étape de la spirale de développement des connaissances. Le processus de participation est privilégié au niveau des quatre étapes de la spirale. De plus, cette étude de cas met en évidence le rôle central du directeur du cabinet dans la négociation de sens. Enfin, nous constatons que l’apprentissage organisationnel nécessite du dirigeant de la PME de faire le choix d’une stratégie de gestion des connaissances et d’assurer un minimum de formalisation des connaissances produites dans l’action.

Les différences de perceptions des partenaires et instabilité des alliances stratégiques asymétriques : Engagement, conflit et satisfactions

L’objet de cet article est d’identifier et d’expliquer les différences de perceptions des partenaires engagés dans des alliances stratégiques asymétriques instables. Nous nous sommes intéressés à la configuration, au fonctionnement et à l’évolution d’alliances stratégiques entre firmes multinationales et entreprises locales agroalimentaires en Méditerranée. Les tests de comparaison de deux échantillons de relations coopératives asymétriques selon la version de chaque partenaire révèlent des différences significatives en termes d’appréciation du conflit, de l’engagement et des niveaux de satisfactions des petits et des grands partenaires. Sur le plan méthodologique, ces résultats suggèrent la pertinence des approches multi-perspectives lors de l’analyse des alliances stratégiques asymétriques.

La valorisation du savoir, source d’avantage stratégique pour l’entreprise: Application au cas d’un systémier de l’aéronautique

Depuis les années 90, la Knowledge Based View (KBV) met l’accent sur la portée stratégique du savoir en le considérant comme créateur de valeur et d’avantage stratégique. Inscrit dans le courant de la KBV, ce papier s’intéresse aux dispositifs managériaux qu’une entreprise peut mettre en œuvre pour valoriser son savoir. Il montre en particulier, dans le cadre d’une étude de cas menée auprès d’un systémier d’air de l’aéronautique, que la mise en place d’un processus de gestion de savoir et d’une activité de veille, associées à l’utilisation des TIC en vue de gérer les informations pertinentes pour l’entreprise, aident à valoriser le savoir organisationnel. L’enquête relève enfin un autre dispositif managérial en vue de valoriser le savoir et n’ayant pas été souligné par la littérature. Il s’agit du style de leadership participatif.

Quand le juge bouleverse une pratique institutionnalisée… Un nouveau regard sur le pilier régulatif : le cas de la faute inexcusable en France.

La santé au travail est actuellement au cœur de l’actualité : risques psycho-sociaux, Troubles Musculo-Squelettiques… Au cœur de ces questions, les victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles se retournent contre leur employeur pour obtenir une indemnisation. En 2002, suite au scandale de l’amiante, les juges de la Cour de cassation ont totalement redéfini un point de procédure, la faute inexcusable, entraînant une majoration des indemnisations des victimes et prenant de court les industriels et les politiques. Cette décision a eu des impacts très importants pour les organisations, obligées de verser ces indemnités très importantes. Au-delà des enjeux économiques et humains que ces questions posent aux organisations, le cas de la faute inexcusable illustre bien la capacité des juges de la Cour de cassation d’agir à changer une pratique institutionnalisée. Le juge de la Cour de cassation est un des acteurs du pilier régulatif, un des trois piliers (avec les piliers normatif et cognitif) mis en évidence par Scott dans ses travaux sur les institutions. Toutefois, ce pilier a été moins étudié dans la littérature néo-institutionnelle (Scott, 2008), souvent dans une perspective réductrice où il apparaît homogène, à l’émergence ou à la conclusion d’un processus de changement institutionnel. Peu de travaux se sont réellement intéressés aux mécanismes internes à ce pilier et à sa complexité. C’est l’objet de cet article qui vise à combler ce déficit de connaissance en analysant la capacité des différents acteurs qui le composent à agir en son sein. Partant de cet intérêt théorique et de notre connaissance du champ juridique, nous avons élaboré trois propositions de recherche : (1) le pilier régulatif est intrinsèquement complexe car il est composé et façonné par plusieurs acteurs ; (2) du fait de la présence de ces acteurs, il existe une dynamique institutionnelle propre au pilier régulatif (que nous proposons d’appeler « dynamique régulative ») et qui est due au « travail institutionnel régulatif » mené en son sein ; et (3) compte tenu de cette dynamique régulative, le pilier régulatif entretien une relation complexe avec les deux autres piliers, plus interactive que le simple point de départ ou d’arrivée du travail institutionnel. L’étude longitudinale de la faute inexcusable en France nous permettra d’apporter des éléments confirmatoires à ses propositions.

Le rythme implacable de l'innovation est-il gouverné par des lois d’évolution internes aux objets ?

L'évolution des systèmes techniques a été étudiée, en France, par Gilbert Simondon et Yves Deforge dans la seconde moitié du XXe siècle. Après un relatif oubli, pendant vingt-cinq ans, on observe un regain d'intérêt pour cette notion de la part d'acteurs concernés par la conception de produits nouveaux et par l'innovation, notamment dans les milieux académique et éducatif (Le Masson et al., 2006 ; Aït-el-Hadj, Boly, 2009 ; Ministère de l'Education Nationale, 2010). Ce regain d'intérêt est lié, pour partie, à la diffusion d'une méthode de créativité russe nommée TRIZ. Initiée par Guenrich Altshuller cette méthode compte, parmi ses notions essentielles, huit lois d'évolution des systèmes techniques. Si la méthode TRIZ présente des atouts dans l'instrumentation des processus de conception et d'innovation, elle comporte des notions qui prêtent à discussion et qui seront débattues dans cet article. Après avoir passé en revue les travaux des principaux auteurs qui ont étudié l'évolution des systèmes techniques, cet article corrobore certaines lois d'évolution de TRIZ et en réfute d'autres, dénonce leur caractère déterministe et remet en cause les métaphores biologiques fréquemment associées à l'évolution des produits. Ces résultats ont une portée à la fois théorique et pratique. Tout d'abord la réfutation de propositions, le test de robustesse de théories et la soumission de conjectures nouvelles comptent parmi les activités scientifiques classiques. Ensuite, la mise au jour des limites d'un outil méthodologique, associée à des propositions de dépassement de ces limites, devraient permettre de piloter plus efficacement les processus d'innovation et de mieux en appréhender leur complexité.

Etude du caractère stratégique des TIC dans les entreprises tunisiennes

Les Technologies de l'information et de la Communication (TIC) connaissent aujourd'hui un développement fulgurant parce qu'elles collent parfaitement à des tendances socio-économiques majeures auxquelles les entreprises doivent faire face.
Néanmoins, si dans certaines entreprises elles représentent un véritable enjeu stratégique, dans d’autres ce n'est qu'un investissement technologique parmi tant d'autres.
Notre recherche s'intéresse aux facteurs qui influencent le caractère stratégique attribué aux TIC dans les entreprises. La revue de la littérature a permis d'identifier quatre groupes de variables : le contexte de l'entreprise, le contexte managérial, le contexte culturel et le contexte environnemental.
L'étude empirique auprès de 49 entreprises tunisiennes permet de mettre en évidence l'importance du caractère extraverti de l'entreprise comme facteur explicatif d'une utilisation stratégique des TIC.

Stratégie de communication interne et succès des projets ERP

Depuis quelques années, l’implantation des ERP se présente comme un levier de développement et de collaboration inter-organisationnelle. Malgré les avantages qu’offrent les ERP, le succès de leur implantation n’est pas toujours assuré. L’introduction d’un ERP, dans une entreprise nécessite des transformations organisationnelles qui peuvent susciter des résistances à l’origine d’effets négatifs sur le succès de ces projets. La communication régulière, directe et ciblée destinée aux différentes catégories du personnel permet de minimiser ces résistances. La communication interne, qui constitue une fonction à part entière au sein de l’entreprise, nécessite une réflexion stratégique et un ciblage dans le cas de projet ERP. Ce travail de recherche traite de l’impact d’une stratégie de communication interne sur le succès du projet ERP. Pour ce faire, la méthodologie choisie est celle de l’étude de cas multi-sites. La collecte des données s’est basée sur la technique de l’interview et l’analyse documentaire. Les résultats de la recherche montrent que la définition des objectifs clairs de la stratégie de communication interne relatifs au projet ERP et que le choix du moyen de communication en fonction de la nature du message à transmettre favorisent le succès de ce type de projet.

Strategizing Corporate Social Responsibility: Institutional Work in Practice

This paper investigates the process whereby a new idea or practice is turned into strategy within an organization. We rely on the concept of institutional work and the strategy-as-practice perspective to theorize 'strategizing' as a double-faced process consisting in 'making something strategic' (institutional view) while 'crafting strategy' (practice view). We use the case of Corporate Social Responsibility (CSR) to investigate empirically the relationships between these two facets of strategizing as they occur within an organization. A longitudinal study within a UK utility highlights how practitioners have mobilized the discourse of strategy to facilitate the acceptance of CSR and, in so doing, have reshaped organizational strategy. Our findings uncover the repertoire of micro-practices that are mobilized in the cultural, political and technical institutional work that support CSR strategizing. They show the dynamic articulation of institutional and practice forms of strategizing.

Revealing CSR patterns: a longitudinal analysis of corporate and supply chain practices

Corporate Social Responsibility in general, and sustainable supply chain management in particular, have been a growing concern for companies and researchers over the past decade (Seuring and Miller 2008). However, in previous research work, sustainability has often been dealt with in a generic fashion. Thanks to the exploitation (Multiple Factor Analysis) of a CSR rating database (Innovest) reporting longitudinal scores both for social and environmental performance, on 1,198 companies belonging to different countries and distinct industries, we evidence different patterns and identify relationships between sustainable behaviour, sustainable supply chain, and specific context. Our findings from exploratory analysis help us to formulate a few propositions and suggest a general framework.

L'Altruisme dans la Construction des Alliances Stratégiques: le Cas Renault-Nissan

L'objectif de l'article est d'étudier la présence et l'influence de l'altruisme dans la construction de l'alliance Renault-Nissan entre janvier 1998 (premier contact) et mars 1999 (signature de l'accord). L'altruisme qualifie une attitude concrète qui privilégie autrui. Il manifeste un dépassement du soi et de l'égoïsme calculateur et explique pourquoi une personne entreprend des actions au bénéfice d'autres sans attente de retour ou de récompense de la part des bénéficiaires de ces actions. Nous présenterons une revue de la littérature sur l'altruisme, les pratiques managériales dites "altruistes" et le don (notamment le don sans attente de retour ou de récompense - contrairement au don "maussien") en économie et en gestion et nous proposerons le don et les "pratiques managériales altruistes" (Kanungo & Conger, 1993) comme les manifestations concrètes et scientifiquement observables de l'altruisme : la présence de ces pratiques signale la présence d'un altruisme à l'œuvre. L'article présentera ensuite la chronologie résumée du cas Renault-Nissan entre janvier 1998 et mars 1999 et la méthodologie employée : méthodologie narrative basée sur le traitement de onze interviews de top-dirigeants menées chez Renault et Nissan, le traitement se faisant par codage de type "Miles & Huberman". Notre recherche montrera la présence très forte des dons et de diverses pratiques managériales altruistes de la part de Renault et montrera que ces pratiques se font sans réciprocité de la part de Nissan ce qui confirme bien la nature altruiste des actions observées. Enfin, nous nous interrogerons sur l'origine de l'altruisme de Renault et nous relèverons quatre caractéristiques internes (1/ des valeurs "corporate", 2/ l'expérience passée, 3/ la compassion et 4/ la personnalité du dirigeant) qui peuvent expliquer le comportement des Français sous forme de traits ou d'attributs endogènes. L'article montrera enfin que l'altruisme de Renault a été déterminant dans la réussite des négociations et le dénouement final du 10 mars 1999, notamment face à la concurrence de Daimler.

L’humour dans les organisations : avantages, limites et perspectives

Cet article a trait à l’influence de l’humour - phénomène quasi-universel de l’interaction humaine - sur le travail dans les organisations. Au moyen d’une enquête réalisée par questionnaire, les résultats montrent le peu d’intérêt accordé par les managers à ce concept alors que les salariés le considèrent comme susceptible de jouer un rôle non négligeable dans les organisations. Des pistes sont dès lors proposées pour définir les conditions de mise en œuvre de l’humour et de son pilotage.

This article explores the influence of humor - a quasi-universal phenomenon of human interaction - on labor inside various organizations. The results of a questionnaire-based inquiry reveal managers show scant interest in this concept whereas employees consider it as playing a potentially-significant role inside these organizations. Thereonafter, some bases for reflexion are put forward to come to define the conditions required in implementing humor and how to guide that implementation.

Quand la coopération est créatrice de la rivalité : Le cas Sony-Nintendo

L’objectif de cet article est de mieux comprendre les comportements stratégiques au sein d’un secteur innovant et hyperconcurrentiel : le secteur des consoles et jeux vidéo. Pour cela, nous réalisons une étude sectorielle longitudinale entre 1980 et 2009 décrivant les différentes phases stratégiques des deux géants de ce secteur d’activité : Sony et Nintendo. Cette étude, fondée principalement sur trois cadres théoriques (i.e. la théorie des actions et réactions, la théorie des jeux, et la théorie des ressources), nous l’avons abordée à travers trois corpus théoriques concernant les stratégies coopératives, concurrentielles (i.e approche structurelle et approche comportementale de la concurrence, Le Roy, 2004) et coopétitives, nous souhaitons vérifier si la stabilité des relations coopératives peut perdurer lorsque les partenaires deviennent concurrents. Les premiers résultats issus du traitement des données secondaires révèlent que les positions des firmes peuvent être renversées. En effet, partenaires dans un premier temps, l’acquisition des ressources et des compétences stratégiques a transformé la relation partenariale en une relation concurrentielle, démontrant ainsi la fragilité de la stabilité des relations dans un secteur innovant et hyperconcurrentiel. Cette étude exploratoire est une première étape pour une démarche qualitative explicative plus approfondie. Ainsi, nous prolongeons notre réflexion à travers des développements théoriques et empiriques.

Les fondements micro des méta-organisations

L’objectif de cet article exploratoire est de montrer que l’organisation, comme membre d’une méta-organisation, fonctionne avec les mêmes règles que l’individu (considéré comme membre d’une action collective) et partant, que la méta-organisation trouve ses racines dans la manière de fonctionner de l’individu. Cette exploration est réalisée en rapprochant les travaux de Brunsson et de Bourdieu, deux auteurs majeurs des sciences sociales, aux recherches a priori différenciées. L’analyse menée souligne l’intérêt de rapprocher le micro du méta et l’importance de la transversalité des théories. Sur le plan pratique, ce rapprochement est susceptible d’intéresser les dirigeants des organisations, confrontés à des contextes globaux et locaux, en fournissant une meilleure approche de la cartographie des processus de reproduction.

The objective of this exploratory article is to show that the organization, as member of a meta-organization, operates with the same rules as the individual (considered as member of a collective action) and then, that the meta-organization finds its roots in the individual's way of working. This exploration is realized by moving closer to the works of Brunsson and Bourdieu, two major authors of the social sciences. The analysis carried out the interest to draw closer the micro and the meta and the importance of the transversality of the theories. In practical terms, this link is susceptible to interest the leaders of organizations, confronted with global and local contexts, by supplying a better approach to the mapping of the processes of reproduction.

Transmission, priorités du dirigeant et développement de l’entreprise familiale en hypogroupe

L’objectif de cette recherche est d’étudier la relation entre la transmission, les objectifs prioritaires des dirigeants propriétaires et le développement de l’entreprise familiale en hypogroupe.
Nous avons adopté une démarche qualitative basée sur des études de cas. L'information est collectée par le biais d'entretiens semi directifs auprès des dirigeants propriétaires des hypogroupes. L’étude de quatre hypogroupes familiaux, nous a permis d’expliquer le processus de développement des entreprises familiales en hypogroupes par des besoins spécifiques à la transmission de ce type d’entreprise. Le dirigeant soucieux de la pérennité de son entreprise, choisi le développement en hypogroupe afin de tisser un terrain d’indépendance pour chaque membre qui dirige une nouvelle unité.
En plus, la divergence de points de vue entre les dirigeants souhaitant la croissance de l’entreprise d’origine et la résistance du fondateur par manque de confiance dans les capacités des successeurs a poussé ces derniers à rechercher leur autonomie. Ils diversifient donc les activités en créant des unités familiales indépendantes.

Caractérisation et modélisation du processus de construction de l’identité organisationnelle : le cas d’un partenariat d’exploration

Principalement abordé en théorie des organisations, le concept d’identité organisationnelle a fait l’objet de nombreuses recherches (majoritairement anglo-saxonnes). Paradoxalement, il apparaît que ce concept est utilisé en creux pour expliquer d’autres phénomènes mais est peu étudié en tant que tel. On constate ainsi une certaine hétérogénéité dans les apports et dans la manière d’aborder l’identité organisationnelle et peu de travaux se sont intéressés à son processus de construction. L’objet de cette recherche est double. Il s’agit de proposer une modélisation du processus de construction de l’identité organisationnelle et d’étudier ce processus dans le cas d’un partenariat d’exploration, ceci impliquant d’analyser les conditions générales d’émergence de cette identité mais également de mettre à jour les leviers par lesquels cette dernière s’est structurée. Les résultats obtenus dans l’étude de cas attestent de l’existence de variables et de conditions ayant une influence directe sur le processus de construction telle que la gestion des tensions perçues, la présence d’identités professionnelles fortes et enfin de stratégies identitaires.

CSR firm profiles and innovation: An ampirical exploration with survey data

This paper explores the relationship between Corporate Social Responsibility (CSR) and innovation from the strategic management perspective. Matching Community Innovation Survey (CIS) data and specific data collected on CSR behavior of Luxembourg firms, we found two types of firms as far as CSR practices are concerned. Cluster 1 firms adopted CSR practices to achieve economic goals without resorting to the formalization of these practices. In contrast, cluster 2 firms “learn CSR by doing” and by establishing CSR procedures and tools. We then estimated probit models to explain the different types of innovation (product, process, organizational). Firms in Cluster 2 are more innovative in terms of product once we control for firm characteristics and innovation drivers while firms in cluster 1 tend to reject organizational innovation. These results, which show the link between the CSR practices and different innovation types, have important consequences in terms of managerial recommendations and public policy support for innovation.

Les attentes et les réalités de l’écologie industrielle : une étude de cas exploratoire d’une PME

Face à la raréfaction des ressources et à la pollution croissante, les entreprises sont en quête de solutions inventives et profitables. Plébiscitée depuis la fin des années quatre-vingt, l’écologie industrielle est une stratégie environnementale proposant aux activités de production industrielle un mode d’organisation alternatif basé sur les préceptes des écosystèmes naturels. Elle s’inspire, en l’occurrence, des écosystèmes biologiques qui auraient évolué vers un mode opératoire cyclique et durable. L’écologie industrielle induit une « nouvelle » relation entre l’homme et son environnement (Buclet, 2009). La nature, qui ignore la notion de déchet, offrirait des pistes d’action intéressantes aux industriels souhaitant réduire leur empreinte écologique. De nombreux ouvrages et articles académiques vantent les mérites de l’écologie industrielle et ses bénéfices pour les entreprises qui la mettent en œuvre. L’écologie industrielle permettrait notamment de sortir du traditionnel débat « Economie versus Ecologie » (Sterr et Ott, 2004 ; Erkman, 2004). A travers les multiples avantages soulignés par la littérature, l’écologie industrielle semble constituer une approche pragmatique pour le développement durable qui, faute de clarté, peine souvent à s’appliquer dans les entreprises (Allenby et Graedel, 1995 ; Boiral et Croteau, 2001a ; Ehrenfeld, 2004). Sur le terrain en revanche, l’écologie industrielle connaît un développement encore timide (Brullot, 2009). On peut alors se demander si les effets d’annonce théoriques sur l’écologie industrielle correspondent à la réalité du terrain. Ces propos nous amènent directement à la problématique de notre contribution : quels sont les bénéfices de l’écologie industrielle pour l’entreprise ? Pour répondre à cette question, nous avons mené une étude de cas exploratoire d’une PME d’impression numérique et offset située dans le Nord-Pas-de-Calais (France). Concrètement il s’agit d’une imprimerie générant de nombreux déchets qui sont triés, collectés et traités pour être exploités (pour ceux qui sont valorisables), ou éliminés en toute sécurité (pour ceux qui ne sont pas réutilisables).

Compétences clés et innovation technologique : étude empirique du rôle modérateur de la turbulence du marché

L’innovation technologique est devenue un impératif pour les entreprises qui veulent assurer leur pérennité et relever le défi de la compétitivité. Dans cet article, nous mobilisons l’approche par les compétences pour explorer l’impact des compétences clés sur l’innovation technologique ainsi que l’effet perturbateur de la turbulence du marché. Une enquête auprès de 82 entreprises du secteur industriel tunisien est réalisée et la méthode Partial Least Square (PLS) est mobilisée pour tester les hypothèses. Les résultats de notre recherche montrent que les compétences technologiques sont déterminantes pour l’innovation technologique. Néanmoins, la turbulence du marché affecte l’importance relative des différentes compétences. En effet, plus la turbulence du marché est élevée moins les compétences technologiques permettent d’innover et cèdent par conséquent la place aux compétences d’intégration qui seront plus mobilisées par les entreprises pour innover technologiquement.

Bridging structural holes through encroaching processes to gain in social capital. The example of a polar expedition as an extreme situation management

According to the network theory of social capital, to gain competitive advantages actors build relationships across structural holes. But how does this process occur? This research is embedded in the fields of social networks and organizational change. The relationship between structural holes and encroaching processes, which is a particular type of organizational change dealing with interdependency, is explored. We propose the idea that encroaching processes provide an explanation for how structural holes are bridged in social networks. The analysis presents an example of the workings of this mechanism in the context of management of an extreme situation. This illustration captures the behavior of an actor building bridge relationships across structural holes. Contributions are a better understanding of structural holes, organizational change, and competition between actors.

La privatisation des États et la construction d’identités conformistes : le cas de la crise financière grecque

Cet article s’intéresse aux mécanismes sociaux qui participent à la consolidation de l’agenda néolibéral de privatisation des États, dans le contexte de crises qui pourraient, du moins théoriquement, bousculer les perceptions ambiantes en ce qui concerne le bien-fondé du néolibéralisme dans le secteur public. De façon plus spécifique, nous cherchons à mieux comprendre, à partir du cas relatif au maquillage des statistiques publiques de l’État grec tel que mis au jour en 2010, la façon dont les mécanismes de construction de sens en viennent à donner lieu à une interprétation collective qui contribue à la perpétuation de l’ordre établi et de l’emprise du néolibéralisme sur le social et le politique. Les matériaux empiriques que nous mobilisons sont constitués d’énoncés journalistiques (issus notamment de la presse écrite ou publiés sur Internet) desquels nous dégageons certaines trajectoires problématisantes, ou stratégies de mise en accusation, en rapport avec la crise grecque. Au final, notre analyse montre que l’influence de la doctrine néolibérale de privatisation des états ne se traduit pas seulement par un vent de déréglementation et par l’importation de méthodes et de pratiques de gestion employées dans le secteur privé ; elle s’accompagne également du renforcement d’une certaine éthique managériale incorporée par les représentants et les garants du fonctionnement de systèmes politiques, éthique selon laquelle l’impératif de rationalité permet d’exclure tout débat citoyen en présentant les pratiques et technologies préconisées comme une nécessité objective, technique et neutre. La perpétuation de la privatisation des États, au travers des crises et des trajectoires problématisantes formulées par les médias, entraîne donc des effets importants en matière de construction identitaire : on peut notamment penser à l’identité du citoyen en tant qu’individu conformiste, peu disposé à remettre en question les postulats du néolibéralisme. En conclusion, nous traitons des conséquences de ce processus de construction identitaire, qui rendent difficilement discutable le projet néolibéral de privatisation de l’État, par rapport au fonctionnement des systèmes démocratiques contemporains.

Le degré d'assimilation des règles libertaires de l’open source par la sphère marchande: Premiers résultats d’une analyse typologique des SSLL francophones

Le développement des logiciels libres figure aujourd’hui parmi les sujets novateurs suscitant de nombreux travaux académiques. Nonobstant, le manque d’approches quantitatives traitant des projets open source et de la « renaissance » de ce mode de coopération suggère aujourd’hui une nouvelle vision de la gestion et de l’économie (Loilier et Tellier, 2004 ; Loilier, 2002). En effet, l’implication croissante des sociétés de services en logiciels libres, premiers acteurs du secteur, a engendré un glissement progressif de la logique, fondée à l’origine sur des règles d’ouverture et de liberté, vers une économie de marché. Du point de vue idéologique, la liberté informatique, telle que conçue par ces fondateurs, n’est plus appréhendée de la même façon. En conséquence, il coexiste dans ce secteur deux logiques contradictoires : d'un côté, concurrence et capitalisme, et de l'autre côté, coopération et altruisme. Grâce à la sociologie économique incarnée notamment par DiMaggio et Powell (1983), nous avons remarqué que les comportements organisationnels ne sont pas uniquement des réponses aux seules exigences du marché. En effet, les décisions stratégiques sont profondément influencées par des institutions aussi bien formelles qu’informelles. Ces dernières représentent les construits sociaux, les reproductions de routines, les manières de penser (Demil et al., 2001).
Ce papier se veut être alors une réflexion méthodologique portée sur un travail doctoral non achevé cherchant à comprendre les dispositifs de conciliation adoptés par les entreprises afin de gagner en légitimité à l’intérieur de leur champ organisationnel. Nous dévoilons dans cet article les premiers résultats d’une étude empirique fondée sur une approche quantitative. Nous réalisons, ainsi, une analyse typologique de sociétés de services en logiciels libres déduite de la classification d’un échantillon de 36 entreprises francophones (françaises, québécoises, belges et suisses). Les quatre variables préconisées pour la classification découlent de la littérature et sont validées par une approche exploratoire. L’objectif de cette typologie est double : d’abord, nous cherchons à mesurer l’influence des règles idéologiques du libre sur la stratégie des SSLL, ensuite nous essayons de comprendre les raisons poussant les entreprises à se positionner distinctement par rapport aux principes fondateurs du libre. À la fin de ce document, nous verrons que les trois classes obtenues révèlent des positionnements variés, généralement motivés par des considérations d’ordre économique.

LES STRATEGIES COLLECTIVES ENTRE PME : GERER LA TENSION ENTRE COMPETITION ET COOPERATION

Les stratégies de coopération entre concurrents se généralisent dans la plupart des industries. Elles dépassent, dans bien des cas, la simple dyade pour devenir de véritables stratégies collectives, c’est-à-dire des stratégies de coopération horizontale de grand nombre. Au sein de ces stratégies collectives, les entreprises sont en situation de coopétition, c’est-à-dire de compétition et de coopération simultanées, ce qui provoque des tensions fortes entre les coopétiteurs. Les recherches sur les stratégies collectives se sont centrées sur les grandes entreprises et très peu sur les PME. Il n’y ainsi aucune recherche sur les modes de management des tensions liées aux stratégies collectives entre PME. Cette étude se propose de combler ce vide en analysant le cas du syndicat de vignerons du Pic Saint-Loup. La recherche montre, premièrement, que les stratégies collectives entre PME se caractérisent par une formalisation de la structure de coopération. La recherche montre, ensuite, que les dirigeants de PME internalisent la gestion du paradoxe par un processus d’alternance des fonctions concurrentielles et coopératives. Enfin, la recherche montre que les PME ont tendance à multiplier les stratégies collectives pour assurer de la flexibilité et renforcer ainsi la stratégie collective initiale.

L’actionnariat des particuliers : Vers une échelle de fidélisation

Les investisseurs particuliers constituent actuellement une catégorie d’opérateurs boursiers dont l’importance est croissante sur la plupart des places internationales. Mais suite à l’évènement de la crise financière qui le monde connus, il ya eu une manque de confiance entre ces investisseurs et les marchés financiers, ce qui nous pose le problème de fidélisation des investisseurs et les indicateurs sur les quels sont fondés leurs comportements et leurs discisions de rester sur les marchés

L’acteur et le maintien institutionnel : l’industrie de la musique enregistrée durant un épisode critique

L’institution participe à l’organisation de la vie sociale. Elle fournit une base à l’action collective en fédérant un ensemble d’individus autour de règles, de normes et de sens partagés. Si l’institution reflète persistance et stabilité, elle n’est pas pour autant immuable. Des forces entropiques s’exercent sur les systèmes sociaux et introduisent du changement. Une question essentielle se pose alors, mais reste peu abordée dans la littérature institutionnelle : comment certaines institutions se maintiennent-elles, en dépit de fortes pressions entropiques ? Notre objectif est de comprendre la relation entre l’acteur et l’institution pour expliquer la stabilité de certains éléments institutionnalisés.
Pour ce faire, nous nous appuyons essentiellement sur la notion de travail institutionnel, en nous intéressant à la relation complexe entre l’institution et les acteurs qui y sont imbriqués. Nous proposons une revue de littérature des travaux portant sur le maintien, en ne le cantonnant pas uniquement à des actions intentionnelles et réflexives mais aussi à un ensemble d’efforts correspondant à des pratiques quotidiennes ou routinières. Ces dernières reflètent aussi une forme d’agence.
Pour rendre compte des efforts qui participent au maintien institutionnel, nous explorons en profondeur un cas unique, celui de la musique enregistrée. En dépit de changements technologiques et sociaux importants qui se veulent les pourvoyeurs d’une révolution numérique, nous constatons la persistance de certains piliers de la musique enregistrée, comme la propriété intellectuelle ou la rémunération des artistes. Nous considérons la musique enregistrée comme une institution, composée d’un ensemble d’éléments stabilisés. Nous abordons en particulier un épisode critique, celui de la licence globale en France, durant lequel le modèle économique dominant s’est vu menacé, du fait de l’avènement d’une quasi-légalisation des échanges « pirates ». Nous nous appuyons sur une série de 26 entretiens semi-directifs, et sur l’analyse d’un riche corpus de données secondaires. Nous explorons en particulier le rôle des acteurs dans le maintien institutionnel, en nous intéressant aux efforts exercés par les individus et groupes qui insufflent une logique de stabilité dans un environnement perturbé. A partir du cas de la filière musicale, nous construisons une typologie des efforts s’exerçant aussi bien sur les acteurs d’un champ que sur les éléments institutionnalisés. D’un point de vue théorique, nous insistons sur la notion de dispositif, enjeu important pour les acteurs engagés dans le maintien. En particulier les dispositifs les plus efficaces, et qui concentrent les efforts des acteurs, sont ceux qui alignent les trois piliers de l’institution, régulateur, normatif et cognitif en instaurant des passages obligés pour les acteurs.

Les compétences distinctives en fonction de la largeur et de la profondeur des connaissances : le cas des systèmes de surveillance du trafic aérien au sein d’Eurocontrol

Les compétences technologiques et organisationnelles sont difficiles à identifier, en particulier dans des périodes de changement de contexte. Si la littérature sur les compétences et les connaissances est riche, la possibilité d’opérationnaliser les concepts demeure souvent limitée. En particulier les organisations sont souvent démunies pour répondre aux questions suivantes :
• Comment les compétences de l’organisation doivent-elles évoluer face à un changement de contexte ?
• Quelles compétences l’organisation doit préserver en interne ou au contraire externaliser ?
• Quelles sont les incidences d’une identification des compétences distinctives de l’organisation au niveau des compétences individuelles ?
Cet article propose une méthode d’identification des compétences technologiques et organisationnelles et une analyse de leur évolution à partir des concepts de profondeur et la largeur des connaissances actionnées par les organisations.
Nous proposons d’identifier la profondeur des connaissances en analysant la capacité de l’organisation à identifier et résoudre les problèmes qu’elle rencontre.
La largeur des connaissances est analysée à partir de la diversité des connaissances concrètes et abstraites mobilisées par l’organisation dans la résolution de problèmes. Cette approche permet non seulement de caractériser les compétences au niveau de l’organisation mais aussi de faire le lien avec les compétences individuelles.
L’analyse proposée apporte un éclairage sur l’évolution de la frontière des organisations dans les environnements turbulents.
Cette recherche est fondée sur une méthode de recherche intervention réalisée au sein de l’unité SPS d’Eurocontrol, organisation inter-gouvernementale européenne en charge de missions dans le cadre de la sécurité de la navigation aérienne. Elle est confrontée à une évolution de son environnement aux plans économique, technologique et institutionnel. C’est dans ce contexte qu’a été menée une réflexion sur le positionnement stratégique quant aux systèmes et produits de surveillance.

L’externalisation de la fonction comptable à l’épreuve de la théorie du signal

En situation d’asymétrie d’information, les entreprises communiquent aux apporteurs de fonds (actionnaires et prêteurs, actuels et potentiels) des informations sur leur situation financière et leur rentabilité à travers les états financiers obligatoires. Malgré les dispositifs légaux, il demeure une asymétrie d’information quant à la qualité (neutralité, exhaustivité, sincérité, fidélité…) de ces documents.

De ce fait, les entreprises produisant des comptes de qualité ont intérêt à signaler cette qualité. L’externalisation de la fonction comptable peut jouer ce rôle de signal. En effet, la tenue de la comptabilité en externe limite les possibilités de gérer les données comptables. En réduisant ces possibilités, les entreprises signalent ne pas souhaiter léser les apporteurs de fonds par des pratiques comptables visant à produire des informations orientées.

Dans cette communication, nous construisons un cadre théorique s’appuyant sur la théorie du signal afin d’expliquer l’externalisation de la fonction comptable.
Une entreprise qui envoie déjà des signaux coûteux de la qualité de ses comptes, comme le recours à un commissaire aux comptes prestigieux ou au co-commissariat aux comptes, est amenée à arbitrer entre signaux coûteux et a moins intérêt à recourir à l’externalisation de la fonction comptable en tant que signal. Cependant, certaines caractéristiques de l’entreprise, comme le fait d’être cotée ou l’endettement, peuvent justifier un scepticisme accru des apporteurs de fonds et l’inciter davantage à signaler la qualité de ses comptes.

À l’issue de cette réflexion, nous proposons un ensemble de quatre hypothèses que nous testons sur un échantillon de 123 entreprises issues du « Baromètre Outsourcing » d’Andersen. Trois hypothèses sont corroborées : les entreprises cotées et endettées réalisent plus souvent leur comptabilité en externe tandis que les entreprises ayant recours au co-commissariat réalisent moins souvent leur comptabilité en externe.

LA REUSSITE DE LA SUCCESSION DES ENTREPRISES FAMILIALES : UNE ETUDE DE LA PERSPECTIVE DES PARTIES PRENANTES

Dans le présent travail nous essayons d’étudier les critères de la réussite de la transmission d’entreprises familiales (E.F) qui est considérée comme étant une option stratégique et ce sous l’angle de la théorie des parties prenantes (TPP). Nous montrons ensuite en quoi le modèle étendu des trois cercles (3C) peut être intéressant pour présenter un complément à la TPP pour garantir une meilleure description des acteurs internes. Ces deux cadres théoriques nous ont conduit à identifier les principales parties prenantes internes pouvant avoir un impact sur le déroulement de la succession managériale à savoir les prédécesseurs, les successeurs, les membres de la famille qui gèrent et les autres membres de l’organisation. Enfin, la prise en compte des ces acteurs ainsi que de leur priorités dans l’E.F nous conduit à analyser les facteurs critiques qui sont à l’origine de la réussite d’un éventuel transfert managérial. Il sera question aussi de formuler quelques propositions relatives au biais cognitif des membres de la famille et notamment à la volonté du prédécesseur de céder la main, dans le cas de l’engagement et la préparation du successeur et lors de l’étude de l’impact de la dynamique familiale sur la réussite de la planification de la transmission en question.

Surmonter les difficultés de la méthode QCA grâce au protocole SC-QCA

Développée en sciences politiques et en sociologie, la méthode QCA (Qualitative Comparative Analysis) a fait l’objet de plusieurs articles proposant son application en sciences de gestion. Plusieurs recherches empiriques en gestion ont été réalisées en recourant à cette méthode. Dans les ouvrages qui présentent cette méthode, les différents concepts et la démarche générale sont précisés. Toutefois, ils ne précisent pas un protocole directif à suivre. Différentes options s'offrent alors au chercheur pour choisir un échantillon et des conditions, pour recourir à des hypothèses simplificatrices et pour généraliser les résultats. Cette latitude laisse le chercheur faire face à différentes faiblesses de la méthode : problèmes de validité selon le choix des cas et de fiabilité selon le choix des conditions.
La contribution de cette recherche consiste à proposer un protocole permettant de traiter ces limites. Ce protocole, que nous avons nommé « SC-QCA » (Selection of Conditions), repose sur des choix (en termes de cas, de conditions, d’hypothèses simplificatrices et de généralisation de résultats) cohérents entre eux. Les avantages et limites de ce protocole sont discutés.

Le travail des investisseurs minoritaires en capital

L’article, étude de cas d’une société de capital-développement, a pour objectif d’explorer les pratiques que des capitaux-investisseurs minoritaires développent afin de faire entendre leurs objectifs en terme de création de valeur à des dirigeants majoritaires au capital. Se fondant sur une méthodologie et une théorisation empruntée à la sociologie des organisations, vue comme approche complémentaire aux cadres théoriques communément mobilisés dans les travaux sur le private equity (théorie de l’agence, stewardship theory, théorie de la justice procédurale, approche cognitive de la gouvernance), la recherche entend démontrer l’intérêt de porter attention à l’organisation du travail des capitaux investisseurs pour comprendre la façon dont ces derniers abordent la problématique de l’alignement des intérêts (les leurs et ceux de dirigeant-propriétaire auxquels ils sont associés dans le capital de l’entreprise). Une telle perspective permet en effet de relativiser la prééminence régulièrement donnée cette problématique qui présuppose des intérêts divergents entre capitaux investisseurs et dirigeants et de mettre en valeur le travail mené, tant préalablement à l’investissement que dans son suivi, par les capitaux investisseurs auprès des dirigeants pour au contraire cultiver une communauté d’intérêts qui dispense de recourir à des dispositifs contraignants.

Le développement durable, un catalyseur de la capacité dynamique d’innovation en milieu PME ?

Le développement durable (DD) constitue un levier d’innovation pour les organisations indépendamment de leur taille. Basé sur l’étude de cas exploratoire d’une PME industrielle du Nord de la France, l’article montre comment le DD peut être un catalyseur de la capacité dynamique d’innovation en milieu PME. Ce type de capacité dynamique (Teece et al. 1997) renvoie à la conciliation entre innovations d’exploration et d’exploitation. Ce travail s’inscrit dans la continuité des travaux de Chanal et Mothe (2005). Son originalité réside, d’une part, dans son positionnement sur le terrain des PME et, d’autre part, dans l’analyse approfondie du cas d’une entreprise industrielle ancrée dans son territoire et très attachée aux valeurs du DD en dépit d’un marché en forte mutation.
La stratégie durable mise en œuvre au sein de cette PME présente de multiples visages combinant des innovations de procédés avec des innovations orientées produits et services, sans négliger des innovations sociétales, managériales et d’infrastructures. L’analyse de ces pratiques au regard des travaux sur l’organisation ambidextre (Duncan, 1976) illustre la possible conciliation d’impératifs dont les horizons temporelles peuvent paraître paradoxaux. Au-delà, ce papier incite les organisations à repenser leur stratégie afin de la rendre plus « durable » en intégrant une dimension consacrée aux innovations d’exploration et d’exploitation, en vue d’une performance globale non limitée aux résultats économiques.

Capacités stratégiques synergiques et stratégie collective dans les pôles de compétitivité

Considérés comme des « machines à projets » (Fen Chong et Pallez, 2009), les pôles de compétitivité se heurtent parfois au manque de ressources et compétences de leurs membres. Cette recherche vise à mieux comprendre les processus d’émergence des projets de R&D au sein des pôles de compétitivité. Elle s’intéresse plus particulièrement à la combinaison des capacités stratégiques des membres des pôles. L’étude de cas menée au sein du pôle de compétitivité Cosmetic Valley montre notamment qu’il existe plusieurs mécanismes d’émergence des projets de R&D. LA recherche montre alors l’existence de capacités stratégiques dites « synergiques », à savoir des ressources et des compétences possédées par des entreprises, mais qui ne se révèlent qu’au contact d’autres entreprises. Le rôle du pôle de compétitivité serait alors de faire émerger ces capacités. Le modèle Activation – Signification – Révélation (ASR) est ici proposé pour décrire les trois mécanismes de mise en acte de ces capacités. La capacité du pôle à mettre en valeur les ressources et les compétences des membres du pôle constituerait alors, pour le pôle, son « cœur de compétence » (« core competence ») (Hamel et Pralahad, 1990). La recherche permet également de discuter des processus stratégiques des pôles de compétitivité. En effet, il convient de penser la stratégie des pôles, non pas dans le cadre d’une démarche rationnelle qui s’appuierait sur un ensemble d’outils et de dispositifs concrets, mais davantage comme un processus émergent qui relèverait d’une forme d’incrémentalisme logique (Quinn, 1980) reposant sur l’agrégation de sous systèmes constitués par les projets de recherches collectifs qui, une fois mis en cohérence, formeraient leur méta-stratégie.

Les innovations ascendantes et l’activité créative des utilisateur-pionniers : le cas du détournement du largueur de sécurité Wichard par les kitesurfers

Utiliser la créativité et les solutions imaginées par les utilisateurs est au cœur des préoccupations des entreprises les plus innovantes. Pour celles-ci, les utilisateurs les plus inventifs et créatifs, les utilisateur-pionniers (UP), sont très intéressants car il s’agit d’individus en avance par rapport à la majorité des utilisateurs de leur catégorie (Lilien et al., 2002). Développant des aptitudes particulières, ils ont la capacité d’imaginer, de développer des solutions attractives et ingénieuses. En outre, ils savent sentir, devancer et anticiper les tendances du marché bien avant les autres utilisateurs (Von Hippel, Thomk et Sonnack, 1999). Pour les entreprises, les réponses formalisées par les UP sont d’autant plus bénéfiques qu’elles sont le résultat d’un travail collaboratif intense entre membres d’une même communauté d’usage. Techniquement et commercialement, les idées d’amélioration et de perfectionnement ainsi que les solutions "made in UP" sont souvent meilleures car elles résultent d’un long processus d’essais-erreurs, d’amélioration et de perfectionnement, de mises au point et de tests… répondant exactement aux besoins et souhaits des utilisateurs.
A travers le cas du détournement par les kitesurfers du largueur de sécurité de la marque Wichard (un matériel destiné initialement à pratique de la voile), nous démontrerons le pouvoir et la capacité des UP à initier eux mêmes de nouvelles solutions dans un secteur d’activité où les entreprises se sont surtout distinguées par une incapacité à formuler correctement des réponses à une demande pourtant criante.

Leadership, social responsibility & organizational identity: The case of the acquisition of Ben & Jerry’s by Unilever

Relatively small, entrepreneurial sized firms with a “Socially Responsible Organizational Identity” are being acquired by large multinationals at a growing pace. Recent deals include the purchase of the Body Shop by L’Oreal, Tom’s of Maine by Colgate-Palmolive, Stonyfield Farm by Groupe Danone, and Ben & Jerry’s by Unilever. We postulate that a Socially Responsible Organizational Identity is a valuable, rare and tacit resource (Barney, 1986; 1991) which multinationals want to capture through M&A. This can create a paradox where a large acquirer will tend to impose its way of doing things on the firm it is acquiring, but in so doing potentially destroy the target’s Socially Responsible Organizational Identity—which was part of its motivation for acquisition in the first place!
Based on a longitudinal case study of the acquisition of Ben & Jerry’s by Unilever, this paper examines how a firm’s organizational identity is affected by an acquisition. This framing encompasses, in this case, shifts in leadership discourse as the company transitioned from its founding era to professional management through to its acquisition, subsequent integration into a parent company, and the aftermath. This longitudinal frame helps to uncover the changing nature and drivers of a firm’s SROI through a specific focus on how its leaders presented its mission and values (e.g., projected identity) to the workforce and to the public.
Key findings reveal that while Ben & Jerry’s Projected Identity endures over time and through the Unilever acquisition in that the three part mission remains a pillar of the firm’s identity, what does change is the way various leaders interpret and make their own this three part mission, thus supporting the idea that organizational identity can display both stability and change (Chreim, 2000). Secondly, our findings reveal that Ben & Jerry’s Projected Identity does not become increasingly instrumental and economic (and less normative) as predicted by Albert & Whetten (1985) of the evolution of normative organizations overtime. Finally, we find that the change over from the Founders to professional management (pre-acquisition) was a more significant turning point than the acquisition itself in terms of the evolution of Ben & Jerry’s Projected Identity.

LA DÉMARCHE DÉCISIONNELLE DANS LES SYSTÈMES COMPLEXES : INCRÉMENTALISME ET RATIONALITÉS

L’objectif de cet article est d’analyser les démarches décisionnelles mises en œuvre par les décideurs qui agissent dans un système complexe, en adoptant un cadre d’analyse pluraliste et intégré. La recherche consiste en une expérimentation basée sur un cas décisionnel simulé, qui porte sur le système de la propriété intellectuelle des innovations biotechnologiques. Les sessions expérimentales se sont appuyées sur des entretiens individuels menés auprès de quarante décideurs politiques. Les résultats confirment que dans le système complexe investigué, la démarche décisionnelle poursuivie est incrémentale et qu’elle s’explique tant par des jeux politiques que par les effets d’une rationalité limitée. Dépendamment des décideurs, elle peut toutefois rejoindre soit le modèle d’incrémentalisme disjoint, soit le modèle d’incrémentalisme logique. De plus, les résultats montrent que certaines des caractéristiques personnelles des décideurs influencent en partie leur démarche décisionnelle, laquelle peut en effet varier sur trois aspects : 1) la présence ou l’absence d’activités diplomatiques initiées à l’externe de l’organisation, 2) le recours, ou non, à des heuristiques décisionnelles, 3) la nature des objectifs poursuivis.

APPRENDRE À APPRENDRE: L’ÉMERGENCE DES ROUTINES D’APPRENTISSAGE AU SEIN DES ORGANISATIONS

Bien que les questions liées à la connaissance et à l’apprentissage organisationnel aient été étudiées depuis des décennies, nous manquons toujours d’une compréhension claire des micro-processus par lesquels les organisations réussissent à apprendre dans des environnements turbulents. Nous basant sur la perspective de la connaissance comme un processus situé (Lave et Wenger, 1991 ; Brown et Duguid, 1991) et fondé sur des pratiques quotidiennes (Gherardi, 2000), nous essayons dans ce papier de comprendre comment les activités individuelles, les structures formelles et les relations de pouvoir permettent – ou freinent – l’émergence des routines d’apprentissage. Pour cela, nous analysons deux cas de processus de création de connaissances dans des contextes organisationnels différents. Deux résultats principaux sont démontrés. D’abord, nous avançons que les routines d’apprentissage sont bien influencées par les activités individuelles, les structures formelles et les relations de pouvoir. Ensuite, nous montrons que ces trois variables affectent les routines d’apprentissage d’une manière indirecte : l’émergence des routines d’apprentissage semble être contrainte par les interactions dynamiques entre ces variables, plutôt que d’une manière directe.

La construction des discours sur les techniques de management

La présente recherche est une contribution à l’analyse des processus de construction des discours des consultants sur les méthodes de gestion qu’ils inscrivent dans leur portefeuille de prestations. Il s’agit d’une étude exploratoire, à partir de la façon dont les consultants d’un cabinet expliquent la méthode 5 steps – méthode co-conçue par le directeur du cabinet et la Direction des Systèmes d’Information d’un grand groupe industriel – à trois interlocuteurs idéaux-types : la grand-mère, l’ami qui s’y connaît, le prospect. Ce recueil des discours est réalisé à un moment particulier du développement de la méthode : elle a été conçue et mise en œuvre avec et au sein d’une grande entreprise, mais elle n’est pas encore très connue ni diffusée à d’autres clients : les discours sur la méthode sont encore en formation. L’analyse montre que les discours tenus permettent d'esquisser une description minimale du contenu de la méthode et ses principales caractéristiques qui sont présentées comme des avantages. Les énoncés sont globalement expositifs. Le protocole nous permet également de mettre en évidence les spécificités des discours en fonction des figures d’interlocuteurs. Le discours à la figure de la grand-mère est général et descriptif ; sur un ton pédagogique. Le discours à la figure de l’ami devient plus précis avec un vocabulaire spécialisé sur les fondamentaux du management mais surtout sur les éléments techniques propres à la méthode. Le discours à la figure du prospect intègre une dimension dialogique. Il prend un ton pédagogique et promissif faisant référence davantage aux fondamentaux du management qu’au vocabulaire technique de la méthode. L'observation révèle une simplification du discours au prospect par rapport à l’ami, alors que l’on pouvait s’attendre à trouver un vocabulaire plus spécialisé face au prospect. L’ami pourrait ainsi apparaît comme l’interlocuteur implicite central dans la phase de développement d’une méthode.

Faut-il vraiment planifier en environnement stable et ne pas planifier en environnement instable ?

L'évaluation de l’impact de la planification stratégique rationnelle sur la performance des entreprises a occupé une place importante dans la recherche en management stratégique au cours de trois dernières décennies. Bien qu’une littérature abondante suggère aujourd’hui une relation positive entre la planification stratégique rationnelle et la performance, un certain nombre de travaux –théoriques comme empiriques – accréditent la thèse inverse. Cet article essaye de contribuer à ce débat important aussi bien au plan théorique qu’opérationnel en intégrant un facteur de contingence (le dynamisme de l’environnement) et en accordant une importance particulière à l’opérationnalisation des notions de planification stratégique rationnelle et de performance. Une étude empirique quantitative conduite auprès d’entreprises européennes, nord-américaines et asiatiques révèle l’existence d’une association positive entre la planification stratégique rationnelle et la performance quel que soit le niveau du dynamisme de l’environnement.

Dynamisme de l’environnement, exhaustivité dans la planification stratégique et performance des organisations

Bien que de nombreux auteurs défendent la thèse selon laquelle la relation entre l'exhaustivité du processus de planification stratégique et la performance des organisations est positive dans les environnements dynamiques et négative dans les environnements stables, les études empiriques disponibles ont produit des résultats mitigés. C’est dire que, l’étude de la relation entre l'exhaustivité et la performance nécessite encore d’être approfondie. Cet article tente de faire la lumière sur ce lien entre l'exhaustivité et la performance en incluant le dynamisme de l'environnement comme un facteur de contingence et en portant une attention particulière à l'opérationnalisation de la performance. Une étude empirique quantitative internationale (Europe, Amérique du Nord, Asie) révèle un impact positif de l’exhaustivité sur la performance, quel que soit le degré de dynamisme de l'environnement.

Entre le stéthoscope et le compte de résultat : Que disent les médecins-gestionnaires sur leur gestion des paradoxes ?

Comment les chefs de pôle font-ils face au travail de conciliation d’activités paradoxales qui leur est transféré depuis la mise en place des pôles d’activités à l’hôpital ? A partir d’une étude de cas de 26 entretiens réalisés dans un grand CHU français, et en mobilisant la littérature sur les paradoxes, nous concluons à la diversité des situations. Nous le décrivons à partir de deux typologies, l'une sur la nature des paradoxes rencontrés, l'autre sur la manière d'y faire face. De cette variabilité inter et intra-individuelle, nous concluons que le pari qui a guidé la réforme, à savoir la capacité intrinsèque du chef de pôle à transcender le paradoxe, est loin d’être vérifié. Pour autant, le « médecin-gestionnaire » n’est pas non plus systématiquement dans une situation de « souffrance » individuelle.

La planification stratégique améliore-t-elle la performance des organisations ? Une étude internationale

L'évaluation de l’impact de la planification stratégique rationnelle sur la performance des entreprises a occupé une place importante dans la recherche en management stratégique au cours de trois dernières décennies. Bien qu’une littérature abondante suggère aujourd’hui une relation positive entre la planification stratégique rationnelle et la performance, un certain nombre de travaux –théoriques comme empiriques– accréditent la thèse inverse. Cet article essaye de contribuer à ce débat important aussi bien au plan théorique qu’opérationnel en accordant une importance particulière à l’opérationnalisation des notions de planification stratégique rationnelle et de performance. Une étude empirique quantitative conduite auprès d’entreprises européennes, nord-américaines et asiatiques révèle l’existence d’une association positive entre la planification stratégique rationnelle et la performance.

Quand les Situationnistes nous aident à enseigner l’effectuation dans les formations entrepreneuriales.

Les formations en entrepreneuriat au sein des écoles de commerce accordent une large place à la rédaction d’un business plan. Ce document présente le projet de création d’entreprise et s’accompagne le plus souvent d’une pédagogie traditionnelle : les étudiants appliquent des connaissances présentées dans le cadre de cours théoriques. L’apprentissage se déroule dans un contexte prévisible où le raisonnement causal standard est parfaitement adapté. De nombreux auteurs remettent aujourd’hui en question ce type de formation déconnectée des pratiques des entrepreneurs. En nous fondant sur la théorie de l’effectuation, nous montrons que cet enseignement est contradictoire avec le contexte d’activité des entrepreneurs sur trois plans : l’environnement, le processus et le modèle de décision. Nous proposons de dépasser cette opposition en construisant de nouvelles situations d’apprentissage. Pour ce faire, nous avons développé une expérimentation, la dérive, fondée sur les travaux de l’Internationale Situationniste. Nous montrons à l’issue de ce papier comment les étudiants peuvent profiter de ce dispositif pour apprendre à entreprendre en se confrontant à l’ambiguïté, le conflit, l’inattendu, l’altérité, la complexité, la subversion ou encore la sérendipité.

Does firm Size moderate the relationship between rational strategic planning and Performance?

Assessing the impact of rational strategic planning on firm performance has been central in strategic management research during the last three decades. This paper revisits this important issue by giving special attention to the operationalization of the concepts of rational strategic planning and performance, and including firm size as a contingency factor. A quantitative empirical study conducted on European, American and Asian firms reveals a positive association between strategic planning and performance regardless of firm size.

L’impact de la complexité cognitive des dirigeants sur la performance des entreprises : Effet modérateur du champ

Le présent article traite l’impact de la complexité cognitive des dirigeants sur la performance en tenant compte de l’effet modérateur du champ de l’entreprise. En effet, nous sommes partis d’un constat selon lequel l’examen du lien complexité cognitive-performance devrait considérer le rôle de l’environnement vu son impact sur le développement de schémas cognitifs complexes auprès des dirigeants ainsi que son influence sur la performance de l’entreprise. Nos objectifs sont principalement d’étudier trois concepts d’intérêt à savoir, la complexité cognitive, le champ de l’entreprise et la performance organisationnelle, de développer un modèle conceptuel de recherche sur le lien complexité cognitive-performance et enfin d’y identifier empiriquement le rôle modérateur du champ. Le champ de l’entreprise a été défini selon trois dimensions (Calori et al, 1994) : champ des activités (diversité du portefeuille d’activité d’une firme dans l’industrie), champ géographique (limites géographiques des marchés cibles dans l’industrie) et champ des interactions (degré de dépendance et l’appartenance ou non à d’autres entreprises). Quant à la complexité cognitive, elle a été définie comme le degré de différenciation (capacité de découper des informations en des petites unités) et d’intégration (capacité de combiner des petites unités d’informations pour former une seule unité globale) des schémas cognitifs des dirigeants. La performance dans notre recherche a été évaluée dans trois perspectives (Hoque, 2005) : client, processus internes de l’entreprise et apprentissage et croissance de l’entreprise. L’étude empirique du lien complexité cognitive- performance modéré par le champ a été faite auprès d’un échantillon de 48 dirigeants au niveau desquels, nous avons élaboré des entretiens-semi directifs. L’élaboration de 96 cartes cognitives (pour chaque dirigeant une carte de la structure perçue de l’environnement et une carte de la dynamique perçue de l’environnement) en utilisant la technique de cartographie cognitive et exploitant le logiciel Decision Explorer nous a permis d’obtenir des scores de différenciation, d’intégration et de complexité cognitives. Les données sur le champ et la performance ont été collectées à partir de questionnaires administrées directement avec les dirigeants. La démarche hypothético-déductive que nous avons adoptée, nous a permis de confirmer 7 sous-hypothèses sur 14 et de déduire que dans les firmes diversifiées, les dirigeants ont un degré d’intégration élevée par rapport à leurs pairs dans les firmes focalisées. Pareillement, entre ces deux types de firmes il existe des différences quant à leurs niveaux de performance qui sont supérieurs dans les entreprises qui font travailler des dirigeants avec des degrés de différenciation et de complexité cognitives élevés. De plus, nous avons trouvé que le champ des activités de l’entreprise ainsi que le champ de ses interactions avec d’autres entreprises ont un effet modérateur sur la relation entre la complexité cognitive et la performance. A travers cette recherche, nous avons exploité le champ de la psychologie cognitive en le transférant dans le domaine de management stratégique et mis en valeur la mesure dans laquelle, l’environnement modère la relation entre la complexité cognitive des dirigeants et la performance de leurs entreprises. Les limites et les perspectives de recherches sont aussi présentées.
Mots clés : Complexité cognitive, champ de l’entreprise, performance, cartographie cognitive, effet modérateur.

Forte croissance continue versus forte croissance discontinue : quelles spécificités parmi les PME

Nombre d’études ont déjà été réalisées sur le thème de la forte croissance, mais peu traitent de son aspect continu ou discontinu.
Afin de mieux comprendre la nature des différences entre ces deux modes de croissance, nous reprenons dans un premier temps, les conclusions des recherches menées autour de ces PME particulières, souvent nommées Gazelles, et source de nombreuses attentions car créatrices d’emplois. Les travaux commandés par des organismes gouvernementaux dans le but de mettre en place une politique de soutien à ce type d’entreprises tels que Mustar (2002), Julien (2002), Picard (2006), Lefilliatre (2007) ou bien les travaux plus académiques tels que Delmar et al. (2003), Julien (2002), Steffens et al. (2009) ou encore Davidsson et al. (2010) mettent en avant les spécificités de ces entreprises. Dans le cadre de cette étude sont principalement reprises les conclusions sur les variables démographiques (telles que le constat de jeunesse des entreprises en forte croissance, et la corrélation entre leur taille et le taux de croissance de leur chiffre d’affaires) et les variables financières (telles que l’accès aux ressources financières ou encore la notion de performance).
Dans un second temps, les différences entre la forte croissance continue et la forte croissance discontinue en termes de caractéristiques démographiques et d’indicateurs financiers sont mises en avant, à travers une analyse descriptive de plusieurs échantillons d’entreprises issus de la base de données Diane (un échantillon en forte croissance continue, correspondant classiquement à la notion de gazelle, un échantillon en forte croissance discontinue, ainsi qu’un échantillon témoin sans croissance). Ce travail préliminaire permet de constater que la forte croissance continue et la forte croissance discontinue ne sont pas deux étapes successives dans la vie d’une entreprise mais bien deux trajectoires de croissance totalement distinctes. Un certain nombre d’hypothèses émergent également à l’issue de ce travail. Ainsi les entreprises en forte croissance continue semblent plus fragiles que les entreprises en forte croissance discontinue (en termes de structure financière et de liquidité notamment). Ces hypothèses feront ultérieurement l’objet de tests à travers une méthodologie plus qualitative d’études de cas, dans le cadre de nouvelles recherches.

Une petite histoire de gestion des connaissances : les modalités d’appropriation d’un dispositif de gestion des connaissances

Dans cet article, nous considérons donc l’organisation comme une « juxtaposition de dispositifs et d’outils, ayant leur vie propre, et soumis à d’incessants problèmes de cohérence et de compatibilité » (Moisdon, 1997). Nous partageons avec Detchessahar et Journé (2007) l’idée qu’un outil de gestion ne peut être appréhendé hors de son inscription dans l’organisation et de son appropriation par les acteurs (Grimand, 2006). Dans cette perspective, cet article rend compte des initiatives de gestion des connaissances entreprises par un réseau d’experts sur le domaine « Produits et Qualité » dans un grand groupe industriel. Il s’agit de « petites » histoires traitées d’un point de vue local relatées à travers la pratique quotidienne et le point de vue des acteurs. Ces histoires nous intéressent en ce qu’elles contiennent les différentes étapes d’un processus de gestion des connaissances (à savoir la création des connaissances, le transfert, la mise en œuvre, les retours d’expérience et réajustements) et nous permettent de rendre compte des dynamiques d’appropriation du dispositif.

Quel rôle pour la structure d’animation des pôles de compétitivité français ? Le cas Véhicule du Futur

A l’heure où 6 nouveaux pôles de compétitivité viennent d’être labellisés sur le territoire français, la présente contribution s’interroge sur le rôle que joue les structures de gouvernance des pôles de compétitivité dans la dynamique résiliaire mise en œuvre dans les projets d’innovation développés par les membres des pôles. Il s’agit de comprendre comment les missions qui sont assignées aux structures d’animation des pôles se déclinent concrètement.

Nous interrogeons les rôles possibles de ces structures par le prisme du concept de broker (ou courtier) de réseau proposé dans la littérature. Nous proposons donc d’analyser la dynamique d’émergence des réseaux relationnels sous-jacents aux projets d’innovation labellisés par les pôles, afin d’étudier qui a joué le ou les rôle(s) de broker(s) de ces réseaux, et plus précisément quel type de rôle est assuré par la structure d’animation des pôles.
Notre originalité consiste à offrir une vision enrichie du rôle de broker de réseau, premièrement en étudiant si les comportements de courtage présentés dans la littérature se trouvent validés chez ce broker un peu spécifique -puisque désigné par la puissance publique- que constitue la structure d’animation des pôles, et deuxièmement en analysant si ces rôles sont contingents, la structure d’animation pouvant alors assurer des fonctions différentes selon types de réseaux considérés, càd selon la nature des projets (taille, étape dans le processus d’innovation), le types de partenaires impliqués (nature, localisation, nombre), etc.

Cette question de la construction et de la structuration des réseaux collaboratifs soutenant les projets coopératifs d'innovation conduit à interroger la gouvernance des pôles et notamment la capacité des structures d’animation des pôles à catalyser les réseaux collaboratifs, puisque nous pourrons savoir si le pôle est à l’origine de ces relations de coopérations entre acteurs ou n’en est, en définitive que le révélateur, l’outil, qui pour diverses raisons, en permet la concrétisation.

Notre étude empirique porte sur la structure d’animation d’un pôle particulier, le pôle Véhicule du Futur (désormais PVF), et analyse de façon détaillée 9 projets labellisés et financés par le pôle et leurs réseaux relationnels sous-jacents. Le caractère exploratoire de cette recherche nous conduit à privilégier une observation qualitative des projets coopératifs d'innovation. Le recueil d'informations est réalisé à partir d'entretiens semi-directifs conduits auprès des porteurs, des responsables scientifiques, des partenaires des projets d’une part et des directeurs de programme du pôle d’autre part.
Nos résultats suggèrent que le PVF joue principalement un rôle de facilitateur de réseaux plus que d’architecte ou de coordinateur. Il apparaît également que l’intensité de ses différents rôles ne soit pas clairement dépendante des caractéristiques des réseaux créés. Enfin, nos entretins font émerger un nouveau rôle de courtage, en tant qu’interface entre un réseau collaboratif d’innovation auto-organisé et des financeurs potentiels.

« Compétences territoriales » et avantage concurrentiel du territoire.

Notre recherche s’intéresse à la façon dont des entreprises, situées sur un même territoire géographique et appartenant à la même industrie, parviennent à construire collectivement un avantage concurrentiel capable de résister à un environnement chahuté. Nous formulons l’hypothèse que, si la proximité géographique et industrielle joue certes un rôle, c’est d’abord un portefeuille de ressources et de compétences, développé collectivement par les différents acteurs présents sur le territoire considéré et en interaction avec lui, qui est déterminant.

En s’appuyant sur le Modèle des Ressources et des Compétences (MRC), cette contribution s’intéresse à la coutellerie du bassin thiernois, mondialement réputée depuis plusieurs siècles. L’histoire et la culture locales, la concentration sur un territoire extrêmement restreint de plus des deux tiers de la production nationale de couteaux sont des éléments qui en font un terrain d’investigation très pertinent.

Les résultats présentés montrent que l’ancrage d’une activité sur un territoire donné peut permettre le développement de compétences territoriales susceptibles de constituer un avantage concurrentiel réel. Ces compétences territoriales s’inscrivent à un niveau à la fois inter- et méso-organisationnel, car tout à la fois issues du territoire et agissant sur lui.

Les barrières à l'Innovation Organisationnelle

L’objectif de cette recherche est d’identifier les barrières perçues à l’innovation organisationnelle (IO) et de cerner si elles peuvent être surmontées ou si elles sont réellement bloquantes – et dans quelle mesure. Selon l’étude communautaire sur l’innovation 2004-2006 (CIS 2006), l’IO apparaît comme le type d’innovation le plus répandu au sein des entreprises françaises. Elle serait source de performance et vecteur d’innovation technologique. Elle représente pourtant un processus long et complexe soumis à de nombreux obstacles. Aussi est-il surprenant que peu de recherches se soient focalisées sur les barrières à une telle innovation. Nous nous situons donc dans la lignée des travaux récents relatifs aux barrières à l’innovation. Nos six études de cas nous permettent de recueillir une perception multi-acteurs des barrières à l’IO, alors que, à notre connaissance, les recherches sur les barrières à l’innovation reposent sur les perceptions du top management. De plus, nous réalisons deux types de distinction : IO réussie ou en échec et la perception des obstacles en fonction des phases du processus d’adoption (décision, mise en usage et poursuite de l’usage). Le Lean Manufacturing a été retenu en tant qu’IO. Nos résultats montrent que les barrières endogènes, notamment la résistance au changement et le manque de temps, sont les plus fortes lors des phases de mise en usage du Lean et de poursuite de son usage. Les barrières liées à l’IO elle-même (notamment sa mauvaise image) et les barrières exogènes (notamment la difficulté à trouver des partenaires) sont aussi perçues comme pénalisantes. Par ailleurs, la conscience des obstacles semble plus forte au sein des entreprises qui ont réussi à adopter le Lean. Les résultats de notre travail peuvent avoir de fortes implications pour le management stratégique des IO et pour les acteurs publics en charge du soutien à l’innovation des entreprises.

The global capitalist corporation as a modern scapegoat: Corporate Social Responsibility and the containment of societal violence

This paper proposes a novel reading of the spread of practices being championed under the Corporate Social Responsibility banner. Our analysis, building on anthropologist René Girard’s work, is that the trend reflects efforts by globalized capitalist corporations to escape a scapegoating mechanism that could ultimately oust them from society. The starting point is an investigative framework cross-analyzing externality theory with the concept of reciprocal violence as theorized in Girard’s work. We show how negative externalities can trigger cycles of reciprocal violence between firms and their stakeholders. Scapegoating emerges as the last social rampart for regulating system-endemic violence as stakeholders grow increasingly sensitive to the externalities that threaten to overwhelm contemporary governance mechanisms.

La réactivité dans les relations interorganisationnelles : comment bien réagir à plusieurs pour surmonter les perturbations économiques ?

Cet article propose une réflexion sur le concept de réactivité, fondée sur une investigation empirique conduite en 2010 dans des réseaux de franchise en France. Alors que la réactivité est aujourd’hui considérée comme une réponse adéquate à la crise économique, il convient de revenir sur ce concept, pourtant bien connu en stratégie, en prenant en compte les dimensions inter-organisationnelles. En effet, les entreprises ne travaillent pas seules mais sont impliquées dans des réseaux d’affaires, ce qui nécessite d’ajouter à la dimension individuelle de la réactivité, une dimension collective (ou inter-organisationnelle). Notre démarche méthodologique a reposé sur une analyse de contenu thématique pratiquée sur une trentaine d’entretiens effectués auprès de différents acteurs de la franchise de secteurs variés d’activité. Les résultats auxquels nous sommes parvenus, sont constitués des différentes facettes de la réactivité en contexte inter-organisationnel : en tant que réponse à la crise, en tant que processus de décision et en tant que compétence organisationnelle.

Vers la reconnaissance des vertus d’un « opportunisme socialement responsable » ? L’engagement socialement responsable des dirigeants français à l’épreuve de la gouvernance

La récente crise financière a questionné les modèles de développement des entreprises et notamment la place et le rôle de ces dernières au sein de la société. Dans ce contexte, les décideurs stratégiques sont désormais contraints de répondre à des pressions contradictoires : celles de leurs parties prenantes contractuelles, et notamment celles de leurs actionnaires, mais également celle des parties prenantes entendues au sens large. Un mouvement de glissement d’une gouvernance actionnariale vers une gouvernance partenariale apparaît. Cette évolution de la gouvernance cristallise l’appel à une responsabilité des acteurs accrue quant à la prise en compte des attentes sociétales. Ce papier tente de capturer, au sein de cette évolution, l’influence du volontarisme managérial. L’importance de l’espace discrétionnaire des hauts dirigeants sera notamment questionné au sein de modèles de gouvernance spécifiques et les conséquence de celui-ci en matière d’engagement stratégique socialement responsable. Nous avons mener une étude exploratoire qualitative en contexte français auprès de dix-neuf dirigeants de grandes entreprises françaises. Nos résultats font ressortir l’importance du déterminisme des systèmes de gouvernance sur la définition de la marge de manœuvre des dirigeants ainsi que sur l’engagement socialement responsable des entreprises. Ainsi, une configuration de gouvernance patrimoniale traditionnelle serait la plus à même de supporter un engagement socialement responsable substantiel du fait de l’horizon stratégique de long terme et des liens professionnels unissant dirigeants et actionnaires qu’elle favorise. Dans une configuration de marché financier, les dirigeants sont réhabilités dans leur espace discrétionnaire a priori et l’importance de leurs préférences personnelles revalorisée quant au façonnement des choix stratégiques de l’organisation. Leur influence est cependant limitée par un contrôle par le marché a posteriori conséquent. Une configuration de gouvernance patrimoniale moderniste, enfin, limiterait, elle, la marge de manœuvre des dirigeants et les possibilités d’engagement socialement responsable de l’entreprise du fait des pressions financières de court terme qu’elle met en scène. Cependant, au-delà du déterminisme, des espaces de liberté stratégiques existent et peuvent être utilisés par les dirigeants au cours du temps mais aussi créés tout au long de leur parcours dans l’organisation Cette liberté n’est pas absolue au sens où des contraintes existent sans pourtant que le choix d’action soit éradiqué en termes d’univers des « possibles » et ce, quel que soit le champ des anticipations. La nature de l’action des dirigeants nécessite alors de questionner leur paradigme personnel et notamment leurs référentiels éthiques. La marge de manœuvre des dirigeants semble ainsi façonnée entre pouvoir et possibilité de choix, entre ambitions personnelles et intérêts de l’organisation, des actionnaires et de la société (contre-pouvoirs multiples). La reconnaissance de la responsabilité des acteurs dans des systèmes de gouvernance peu enclins à des préoccupations socialement responsable pourrait notamment conduire à reconnaître les bien-fondés d’un « opportunisme managérial socialement responsable».

Influence de la pression des tours opérateurs sur le développement du commerce électronique par les hôtels

La distribution est un élément critique du management stratégique des hôtels et l’une des sources d’un réel avantage compétitif (Buhalis, 2000, p.111). Les hôtels tunisiens développent faiblement le commerce électronique malgré l’opportunité que ce dernier présente pour se réapproprier la vente directe accaparée par les tours opérateurs. L’objectif de ce papier est de comprendre l’influence de la pression des tours opérateurs sur le développement du e-commerce par les hôteliers tunisiens. Afin de répondre à cet objectif, 8 cas, constitués d’hôtels individuels et de chaînes hôtelières répartis sur 5 paliers de développement, sont étudiés. L’analyse de contenu s’est faite en trois temps : codage, analyse intra-cas, et analyse inter-cas. La recherche empirique a montré que la pression des tours opérateurs influence le positionnement des hôtels sur tous les paliers de développement du e-commerce. La nature de l’influence diffère d’un palier à l’autre et selon l’affiliation ou non du cas étudié. Les restrictions aux vols low cost se sont révélées comme contraignant le développement du commerce électronique. L’objectif de vente directe sur le site se trouve entravé par cette contrainte. Comprendre les mécanismes reliant la pression des tours opérateurs et le développement du commerce électronique aide les managers et les instances touristiques à mieux y faire face et à mieux les utiliser pour booster le e-commerce.

L’utilisation de l’intuition dans la prise de décision des dirigeants de PME : proposition d’une échelle de mesure multidimensionnelle

Nous proposons dans cet article une création d’échelle de mesure de l’intuition, suivant la procédure de Churchill (1979), permettant de saisir l’utilisation de l’intuition dans la prise de décision des dirigeants de PME. Une revue de la littérature a, en premier lieu, permis de mettre en évidence les limites des mesures actuelles de la notion d’intuition. Une étude exploratoire a fait émerger, en second lieu, les différents énoncés de mesure de l’intuition. Une échelle de 39 items est ensuite testée sur deux échantillons de dirigeants de PME. Après épuration et validation de l’échelle, une structure multidimensionnelle de l’intuition composée de trois dimensions (Trait de personnalité, holistique et cognitive) a été proposée. Les résultats des analyses de la fiabilité et de la validité de l’échelle de mesure de l’intuition sont satisfaisants.

L’innovation de services logistiques en contexte de « reverse logistics »

Légitimée par des préoccupations environnementales croissantes, la « reverse logistics », encore appelée chaîne logistique inversée, nécessite le développement de nouveaux métiers et de nouveaux services au sein de chaînes logistiques étendues et multi-acteurs (pouvoirs publics, industriels, distributeurs, assembleurs, etc.). Les Prestataires de Services Logistiques (notés PSL) apparaissent comme des acteurs ayant les compétences requises pour concevoir, piloter et contrôler les flux retours de produits en fin de vie (collecte, tri, recyclage, valorisation). Au cours des 30 dernières années, leur métier n’a cessé d’évoluer. De simple exécutant en transport (transport, gestion de stocks et d’approvisionnement), cet acteur tiers réalise aujourd’hui des services complexes et modulaires à haute valeur ajoutée (post-manufacturing, gestion de centres d’appels, etc.) au sein de réseau d’acteurs. Ces évolutions révèlent des stratégies d’innovations, défensives ou offensives parfois, dont les enjeux sont directement liés à la différenciation de l’offre de services proposés, à la création de valeur pour les acteurs de la chaîne. Par ailleurs, un certain nombre d’auteurs s’interroge sur la capacité à innover avec et au sein d’un réseau d’acteurs. Mobilisant des travaux portant sur l’innovation, le management logistique et la stratégie, l’objectif de cette communication est de décrire et de comprendre la dimension inter-organisationnelle de l’innovation dans les services logistiques. Dans le cadre de cette recherche exploratoire, nous avons réalisé une étude de cas unique auprès d’un prestataire spécialisé dans la « reverse logistics ». Les principaux résultats de cette étude portent sur les formes et les types d’innovation observés dans l’étude de cas que nous avons mené auprès d’un PSL spécialisé dans la « reverse logistics ».

L’utilisation des méthodes mixtes dans la recherche française en stratégie : constats et pistes d’amélioration

Cet article part du constat que la stratégie a pour ambition d’expliquer des situations concrètes et de guider l’action du manager. Par conséquent, les problématiques en stratégie sont souvent complexes et elles devraient appeler des méthodologies adaptées pour répondre à cette complexité. Or, notre connaissance de la littérature en stratégie nous amène à penser que, pour des raisons historiques (opposition positivisme/constructivisme et quantitatif/qualitatif), les chercheurs français emploient majoritairement des méthodes simples. Dans cet article, nous questionnons cette intuition en analysant l’utilisation des méthodes mixtes dans la recherche française en stratégie à travers une étude bibliographique des actes de la conférence annuelle de l’AIMS tous les cinq ans 1996 à 2010. Une analyse quantitative et qualitative des 481 articles présentés dans les actes de la conférence, nous permet de conclure que (1) le recours aux méthodes mixtes demeure limité dans la recherche française en stratégie, (2) que le potentiel des méthodes mixtes par rapport aux méthodes uniques n’est pas totalement exploité. Cet article présente les méthodes mixtes comme une troisième voie méthodologique et plaide pour une plus grande utilisation des méthodes mixtes en stratégie afin de comprendre et d’expliquer toujours mieux la complexité et la richesse des problématiques de gestion.

L’identification à l’organisation en période de changement radical : le cas de la SNCF

Le changement radical modifie la représentation que les individus ont de l’identité organisationnelle. Ce bouleversement cognitif affecte différemment le processus d’identification des membres d’une organisation soumis à un même changement. Une étude empirique menée au sein de la SNCF nous permet d’identifier plusieurs réactions à l’égard de l’organisation : révolte, nostalgie, détachement, reconnaissance et loyauté. Ces réactions génèrent une diversité de profils d’identification à l’identité organisationnelle qui eux-mêmes engendrent différentes attitudes face au changement. Cette pluralité de réactions est conditionnée par trois variables : le sentiment d’inter-reconnaissance, la convergence entre les valeurs personnelles, les valeurs du sous-groupe et celles de l’organisation ainsi que la convergence entre le modèle de compétence de l’individu et celui prôné par l’organisation. Nous identifions ainsi trois cercles du changement : le cercle vertueux, le cercle de l’indifférence et le cercle vicieux du changement. Accompagner la « crise » survenant dans la perception de l’identité de l’organisation pour ne pas créer une « crise d’identification » constitue le principal défi des managers.

Pour une lecture stratégique de l’évaluation de la performance des incubateurs

Un incubateur d’entreprises peut être décrit comme une « machine » complexe qui requiert l’utilisation de compétences élevées dans différents domaines. Mais l’incubateur peut aussi être vu comme un « cocon » stratégique où peuvent (où doivent selon la nature de l’incubateur) se rencontrer des chercheurs, des financeurs, des créateurs, des accompagnants spécialistes. S’il existe une littérature sur l’évaluation des incubateurs, on peut noter un manque de consensus.
La question de l’évaluation des incubateurs fait débat sur deux plans : théorique et pratique. Se pose, en effet, la question de savoir, d’une part, quels sont les indicateurs mobilisables pour apprécier la performance de l’accompagnement de ces structures, et d’autre part, comment améliorer la performance in situ. Nous proposons ici une approche stratégique de l’évaluation de l’accompagnement dispensé dans les structures d’incubation. Cette réflexion emprunte aux disciplines du contrôle de gestion et de l’entrepreneuriat. Les structures d’accompagnement doivent concevoir ou internaliser des outils du contrôle de gestion répondant au double enjeu de l’évaluation de la performance finale, mais aussi de l’évaluation des processus d’accompagnement. Le balanced scorecard, ou tableau de bord prospectif, est un outil développé par Kaplan et Norton (1998, 2001) qui peut répondre à ce défi.
Si notre réflexion est théorique, elle comprend également un volet empirique sur l’évaluation de l’accompagnement à la création d’entreprises qui repose sur une convention de recherche signée avec la CRCI Languedoc Roussillon et la PFCA 34, un réseau de structures d’accompagnement à la création d’entreprise de l’Hérault. La méthodologie retenue croise approche qualitative et quantitative. Dans ce papier, nous nous centrerons sur le volet quantitatif, en mettant l’accent sur une étude menée auprès de 109 structures d’accompagnement visant à apprécier la pertinence d’indicateurs de performance.

Gouvernance, dynamique collaborative et innovation dans un technopôle : quels leviers mobiliser ?

La littérature sur les technopôles distingue deux types de technopôles, linéaires et interactifs (Cooke, 2001) dont les performances d’innovation varient en fonction de leur capacité à stimuler des liens de coopérations étroits entre les différentes parties prenantes, entreprises, recherche et formation. Nous inscrivant dans le courant émergent de la Knowledge Based View of Clusters (Bahlmann & Huysman, 2008; Maskell, 2001), nous interprétons cette distinction sous l’angle de la gouvernance et des mécanismes mobilisés pour favoriser l’innovation. En effet, souvent négligée dans les études sur les modèles territoriaux d’innovation, la gouvernance territoriale s’avère être un déterminant de la performance d’innovation des entreprises co-localisées, en particulier au travers des mécanismes qu’elle met en œuvre pour favoriser la création de synergies et de réseaux d’innovation.
L’originalité de notre recherche repose sur le repérage et l’analyse des mécanismes mobilisés par la gouvernance pour faciliter les dynamiques sociales et institutionnelles favorables à la création de connaissances nouvelles et au développement de l’innovation. Nous adoptons pour cela une grille d’analyse s’articulant autour de trois leviers, politique, normatif et cognitif, qui se déclinent en neuf principaux mécanismes permettant la création d’un environnement institutionnel favorable. En nous appuyant sur le cas du technopôle Savoie Technolac, nous analysons la façon font ces leviers sont mis en œuvre par la gouvernance. Les premiers résultats de cette recherche permettent de comprendre comment, au travers de la mobilisation de certains de ces mécanismes, la gouvernance réussit à amorcer l’évolution de ce technopôle de type plutôt linéaire vers un modèle plus interactif

Les relations partenariales dans le cadre d’alliances stratégiques internationales : une étude de cas approfondie

Les alliances stratégiques menées à l’international regroupent des partenaires de nationalités et de cultures différentes. Dans un tel contexte, quelles sont les assises de stratégies partenariales satisfaisantes, voire réussies ? Une étude de cas approfondie menée auprès des gestionnaires des organisations ayant participé à une telle alliance permet de mieux saisir les bases sur lesquelles se développent des relations partenariales harmonieuses. Le développement d’un niveau minimal de confiance dans les institutions du pays, entre les organisations parentes et entre les individus eux-mêmes favorise dans un premier temps la mise en place des mécanismes de contrôle formel de leurs relations. Suite à la signature du contrat, les acteurs engagés dans l’alliance intensifient leurs interactions ; la confiance sous ses formes institutionnelle, interorganisationnelle et interpersonnelle se développe. Leurs activités communes favorisent la convergence des normes et valeurs, convergence qui mène au développement du contrôle social. On assiste peu à peu à la naissance d’un «monde» spécifique qui transcende les mondes d’origine des organisations partenaires, celui de l’alliance stratégique.

Le style technologique et le capital social: Développement d’un cadre d’analyse pour saisir les différentes formes d’innovation des pays

Cet article apporte une contribution à la compréhension de l’innovation dans les organisations, cela en approfondissant l’analyse du lien entre l’humain et la technologie. En combinant différents courants théoriques, nous proposons un cadre d’analyse de l’innovation qui tient compte du pays dans lequel elle a lieu. En effet, de nombreux travaux sont consacrés à la compréhension de l’innovation dans sa complexité, car la capacité d’innovation est devenue un actif stratégique pour les entreprises. Plusieurs auteurs s’entendent sur le constat que pour mieux saisir sa dynamique complexe, il est important de tenir compte du contexte de l’innovation. Une partie importante de ce contexte est la compréhension des dynamiques sociétales dans lequel se trouvent les organisations. La prise de conscience des dynamiques du pays permet ensuite de saisir des possibilités d’apprentissage et de collaboration entre les entreprises dans différentes sociétés, ce qui est devenu de plus en plus nécessaire pour les firmes qui évoluent dans un monde économique globalement interconnecté. Un autre constat qui a émergé dans la littérature est celui que l’humain dans l’organisation est porteur de connaissances cruciales qui permettent à l’entreprise d’innover. Par conséquent, l’accent sur l’humain dans les entreprises a changé la nature du management dans les organisations et a fait naitre des courants théoriques différents au niveau de l’innovation tel que la théorie acteur-réseau ou bien celle portant sur la gestion des connaissances. La question qui se pose est de savoir si des personnes qui évoluent dans un environnement donné, ou plus précisément dans un pays particulier, développent des connaissances d’une manière différente que dans d’autres. L’existence des différences à ce niveau aurait comme conséquence des logiques d’innovation différentes par nation qu’il serait important à saisir afin d’améliorer les façons d’innover dans un contexte national donné. D’ailleurs, plusieurs travaux qui étaient réalises sur les différences nationales quant à l’innovation arrivaient au constat qu’il existe en effet des manières distinctes d’innover. Cependant, le développement des connaissances particulières ne figure pas parmi les facteurs qui expliquent les différences nationales observées. Nous présentons donc une mise en relation entre la construction des connaissances par les humains et la logique nationale dans laquelle les entreprises innovent. Cette analyse aboutit sur le constat que le cadre structurel national influence la manière d’innover dans une organisation, car il existe un lien fort entre ce cadre et le comportement des acteurs qui construisent des artefacts menant à l’innovation. En effet, la construction sociale de la technologie fait en sorte que chaque pays dispose d’un « style technologique » particulier, un concept de la perspective sociotechnique. Ce dernier peut être mis en relation avec le « capital social », provenant de la théorie acteur-réseau, qui lui aussi est particulier au pays et qui amène a la mutation sociale. Nous concluons donc sur le fait que la construction d’un capital social particulier, cela par l’interaction des acteurs, fait partie intégrante du style technologique et son évolution. Par conséquent, des approches de recherche interactionniste devraient être sélectionnées afin de comprendre la particularité de l’innovation dans un pays. Dans un schéma intégratif nous suggérons des éléments qui devraient être pris en considération dans cette démarche.

IMPACT DE LA RELATION DIRIGEANT-DESIGN DANS L’INTEGRATION DU DESIGN EN PME. ETUDE EXPLORATOIRE SUR LE TERRITOIRE DE LA LOIRE.

Cet article traite de l’impact du dirigeant de PME sur l’intégration du design dans la stratégie d’innovation et de créativité des entreprises du territoire ligérien. Par créativité, les chercheurs entendent « un processus menant à la proposition et au développement d’idées nouvelles et potentiellement utiles pour l’organisation » (Léonard et Swap, 1999). Or, les caractéristiques de la PME, telles que les ressources limitées, la personnification de l’entreprise autour de son dirigeant, ainsi que des études empiriques menées par les auteurs conduisent à une conclusion à valider : l’intégration du design dans une PME dépend de la perception que le dirigeant a du design comme une discipline créative professionnelle et aussi du designer. La première partie construit cette assertion à partir de la littérature sur la créativité en PME, puis avance 4 hypothèses. La deuxième partie présente la recherche statistique menée auprès de 100 dirigeants de PME de la Loire.
Le design peut s’appréhender selon 3 perspectives qui se combinent et s’interpénètrent : il a une fonction ingénierique, dans la mesure où il permet de valoriser les fonctions d’un produit. Il opère également comme instrument de différenciation dans la stratégie conduite par les firmes. Enfin, le design exprime un certain nombre de valeurs artistiques. Les résultats indiquent que plus le dirigeant est ouvert aux valeurs ingénieriques portées par le design, perçu comme un élément de valorisation des fonctions du produit, plus il intègre le design. Les valeurs ingéniériques du design jouent donc un rôle clé dans son intégration au sein de la PME. De même, concernant les valeurs stratégiques véhiculées par le design, nous pouvons affirmer que plus le dirigeant est ouvert à ces valeurs, plus il intègre le design. En outre, plus un dirigeant perçoit le design à travers ses valeurs artistiques, moins il intègre cette discipline dans sa stratégie. Enfin, plus un dirigeant est prêt à laisser de la liberté créative au designer sur le projet, les idées et la technique, moins il intègre le design. La dernière partie suggère de nouvelles pistes de recherche mais aussi des directions managériales pertinentes pour des instances étatiques amenées à encourager la créativité en PME.

The Value of Business Group Affiliation for Political Connections: Preferential Lending in Brazil

Political connections are a worldwide phenomenon, but little is known about the capability differentials in using them. We argue that business group affiliates are capable of extracting more value from political connections than non-affiliates. We use political contributions to proxy for firm connections. A selection-corrected fixed effects model was fitted using a panel sample of 778 firm-election observations for three major elections in Brazil. We find support that group affiliation moderates the effect of political connections on preferential lending. We also find that local business groups are more capable of using their political capability than foreign groups.

Web 2.0 et outils de coordination décentralisée dans les entreprises françaises en 2009

Une analyse de la diffusion du web 2.0 dans les entreprises à la lumière de l'enquête et la post enquête COI TIC. Le concept d'outils de coordination décentralisé.

Étude exploratoire sur les perspectives d’évolution de l' e-gouvernement à l'ère de l'innovation ouverte et du Web 2.0

Alors que d'énormes progrès ont été réalisés dans le domaine de l'e-gouvernement autant à l'étranger qu'en France, l'intégration des outils issus du Web 2.0 ouvre de nouvelles perspectives pour non seulement améliorer la qualité des services et en développer de nouveaux, mais aussi inventer une nouvelle relation et un nouvel espace de communication et d'interaction avec les administrés (entreprises ou citoyens). L'innovation ouverte et son implémentation grâce aux technologies du web 2.0 recèlent un potentiel important pour accélérer ce développement et contribuer ainsi à atteindre les objectifs stratégiques de l'e-gouvernement. Cette recherche présente les résultats d’une étude exploratoire menée en décembre 2010 auprès d’un groupe d’experts en e-gouvernement. L’objectif de cette recherche est d'identifier les problématiques de développement de l'e-gouvernement et d’évaluer le potentiel de transformation associé à l’innovation ouverte et au déploiement des outils issus du Web 2.0. Notre approche qualitative est essentiellement basée sur une méthode Delphi enrichie, et nous avons eu recours à un GSS (Group Support System) en vue de faciliter la démarche de génération d'idées et de brainstorming conduite avec le groupe d’experts. Les résultats préliminaires de notre étude sont d'abord présentés en détail, et ensuite analysés selon deux perspectives. La première perspective d'analyse est celle du web 2.0 et de l'innovation ouverte où les propositions les plus pertinentes pour y contribuer sont identifiées. La seconde perspective consiste à confronter les 29 propositions recueillies avec celles du rapport d'experts de la relation numérique à l'usager (rapport Riester remis au gouvernement français en février 2010). Il en ressort qu'un partie des propositions que nous avons recueillies sont similaires à celle du rapport, une autre partie plus importante évoque des facteurs essentiels pour l'atteinte des objectifs du web 2.0 dans le contexte de l'e-gouvernement. Enfin, une troisième partie des propositions aborde certaines questions non évoqués dans le rapport tel que le souci de l'accès universel aux services publics et la problématique de la fracture numérique. Ce travail exploratoire confirme le rôle que peuvent jouer l’innovation ouverte et les technologies Web 2.0 dans le développement de l'e-gouvernement. C'est une première étape dans une démarche globale de recherche dont l'objet est la transformation des organisations publiques et l'émergence du concept de gouvernement 2.0.

Strategic Planning Flexibility and Firm Performance: The Moderating Role of Environmental Dynamism

Adaptation is a crucial challenge for organizations, and an important theme in the strategy and organization theory literature. Lately, more has been written about adaptive or flexible strategic planning processes by which adaptation is achieved. In this paper we focus on a basic element of the adaptation process, i.e. flexibility within the strategic planning process. Many authors have depicted strategic planning as being excessively formal and rigid, arguing some flexibility is essential in strategic planning process. This article attempts to contribute to this debate at both theoretical and operational levels by taking into account a commonly evoked contingency factor (environmental dynamism) and by putting a particular emphasis on the operationalization of firm performance. An international quantitative empirical study conducted among firms from all around the world (Europe, North America, and Asia) reveals a positive association between strategic planning process flexibility and firm performance regardless of the level of environmental dynamism.

Les cadres intermédiaires au cœur du processus de création et de diffusion de sens

Le changement constitue dans l’univers des organisations un thème central dans la mesure où les évolutions constantes de l’environnement (dérégulation, intensification de la concurrence, avancées technologiques, mondialisation, …) au sein duquel évoluent les entreprises, conduisent à faire de la gestion des changements organisationnels une question clé de survie. Toutefois, vu les faibles taux de succès de mise en œuvre, il semblerait que ce processus nécessite toujours d’être investigué. Au sein de ce domaine de recherche, les études menées ont majoritairement porté sur l’étude de changements de type « top-down ». Par conséquent, ces dernières ont principalement mis l’accent sur l’analyse des comportements et des actions entrepris par les initiateurs du changement, à savoir le top management. Ce n’est que récemment que divers auteurs ont souligné l’importance d’élargir les recherches aux autres acteurs impliqués dans le processus de changement, tels que les cadres intermédiaires. En effet, ce n’est qu’à partir de la fin des années 90 et du début des années 2000 que les recherches effectuées ont mis en évidence l’importance des rôles joués par les cadres intermédiaires en contexte de changement. Dans la lignée de ces travaux, la recherche dont cet article fait l’objet a pour but de proposer un modèle théorique multi-niveaux soulignant la place qu’occupent les cadres intermédiaires au cœur du processus de création et de diffusion de sens en contexte de changement organisationnel. En particulier, l’article étudie les rôles que les cadres intermédiaires jouent à la fois envers leurs supérieurs, leurs collègues et leurs employés dans le processus de fabrication de sens. Pour ce faire, l’analyse proposée réconcilie l’approche fonctionnaliste d’où sont issues les catégories de rôles rattachés aux cadres intermédiaires, avec l’approche interprétativiste à laquelle est rattaché le processus de création et de diffusion de sens. Nous nous détachons ainsi d’une perspective purement déterministe des rôles pour prendre en compte le flux d’interactions non maitrisées aux cours duquel les acteurs s’approprient le changement pour ensuite le diffuser au sein de l’organisation. Les contributions du modèle proposé sont de deux ordres. Premièrement, il est mis en avant que la contribution des cadres intermédiaires au processus de création et de diffusion de sens ne se limite pas à un ou plusieurs rôles spécifiques, mais se présente davantage comme une combinaison de rôles qui, en se développant de concert, permettent aux cadres intermédiaires d’arriver à une représentation partagée de la situation rencontrée qu’ils se chargent ensuite de diffuser de façon tant ascendante que descendante au sein de l’organisation. Deuxièmement, la démarche adoptée permet de démontrer que les rôles que développent les cadres intermédiaires au sein du processus de sensemaking proviennent d’une transformation de leurs rôles traditionnels. Enfin, le modèle conceptuel proposé a pour vocation d’inviter les lecteurs à opter pour une approche méthodologique interprétativiste visant à analyser les actions et interactions des cadres intermédiaires d’un point de vue microscopique de manière à proposer des résultats empiriques qui pourraient venir compléter les recherches appartenant au courant de la fabrique de la stratégie.

change in practice

This paper aims at making more explicit the notion of “change in practices” by proving wrong the common assumption that fieldwork experience helps clarify such fundamental assumptions as the understanding of change. Fieldwork descriptions imply an interpretation of the notion of change, but it does not tell us what is change. To prove our case, we use strategy as practice (SAP) as a reference to explore the notion of change: we use rich data and observed interactions in the field to describe changing practices and we attempt to capture all the relevant dimensions of change. We conclude that, when using an SAP approach, the notion of change is implicitly used, making it an inconsistent object of the world as can be found in empiricism and modal realist ontologies.

Importance des compétences interpersonnelles du top manager dans un projet ERP

La mise en place d’un ERP est considérée comme un investissement stratégique et irréversible vu ses coûts élevés et ses impacts organisationnels. C’est pour cela que l’intervention du top manager dans un projet ERP est considérée comme déterminante pour le succès de ce projet. Toutefois, plusieurs chercheurs stipulent que cette intervention est tributaire des compétences que peut posséder un top manager dans le domaine des TI/SI. Or, ce type de compétences ne fait pas nécessairement partie de ceux spécifiques à un top manager.
Pour cela, ce papier tente d’étudier l’importance des compétences spécifiques au top manager, précisément ses compétences interpersonnelles, dans un projet ERP. Ainsi, un modèle est développé à partir d’une revue de la littérature puis confronté au terrain à travers une enquête par questionnaires conduite auprès d’un échantillon d’entreprises tunisiennes ayant entamé le processus de mise en place des ERP. Ce modèle présente des liens de causalité entre les compétences interpersonnelles du top manager, d’une part, et l’interaction entre ce manager et le responsable TI/SI d’autre part. Cette interaction est jugée déterminante, dans des recherches antérieures, pour la réussite d’un projet ERP.
Les résultats obtenus ont permis de supporter des idées théoriques selon lesquelles les compétences interpersonnelles du top manager peuvent l’aider à mieux interagir avec le responsable TI/SI au cours d’un projet ERP.

Performance sociale et performance financière : Etat de l’art

L’objectif de ce papier de recherche est de mieux comprendre le lien de causalité entre la performance sociale (PS) et la performance financière (PF). En effet, cet article présente un état de l’art et une synthèse des différentes propositions théoriques effectuées tout en examinant l’évolution du concept de la performance sociale et les débats actuels.
Nous avons observé des tendances contradictoires de convergence et de divergence concernant ce sujet au sein de l’environnement global. Cependant, la majorité des études (Orlitzky et al (2003) ; Walsh et al (2007) ; Nelling et al (2009)) montre qu’il existe une corrélation plutôt positive entre performance sociale et performance financière.
Néanmoins, cette ambiguïté dans les études empiriques examinant ce rapport a comme origine principale la prolifération des différentes conceptualisations de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) ainsi que la multitude de mesures utilisés pour approcher la performance sociale et la performance financière et la non considération des différentes variables de contrôle.

SOURCES ET MANAGEMENT DES TENSIONS COOPETITIVES : UNE ETUDE DE L’INDUSTRIE SPATIALE EUROPEENNE

Parce qu’elle combine des forces en apparence contradictoires, la coopétition (poursuite simultanée de coopération et de compétition) est une stratégie source de tension. Nous envisageons ici les sources et les modes de management de ces tensions coopétitives. Nous différencions deux types de coopétition : la coopétition intermédiée et la coopétition non intermédiée. Un modèle d’analyse conceptuel multi-niveaux est proposé afin de comprendre les déterminants et les modes de management adaptés à ces deux types de coopétition. Nous combinons des arguments théoriques à des données empiriques issus d’une étude approfondie de deux cas de coopétition entre Astrium (groupe EADS) et Thales Alenia l'Espace - TAS - (Thales) dans le secteur de la construction de satellites de télécommunications en Europe. Notre étude révèle différentes sources de tensions en fonction de la nature de la coopétition. Lorsque la relation implique un tiers, les tensions proviennent essentiellement du partage des ressources, de la répartition des responsabilités mais moins de facteurs internes. Au contraire, dans le cas de coopétition sans intermédiaire, les tensions dues aux facteurs internes prédominent. Les tensions liées au partage des ressources, à la division des tâches semblent moins importantes. Nos résultats montrent par ailleurs que le management de ces tensions est externalisé au travers de l’intermédiaire dans le premier cas. L’acteur tiers joue le rôle de coordinateur entre les partenaires. Cependant, lorsque la coopétition n’implique pas d’acteur tiers, le management est internalisé au travers d’une structure de gouvernance appropriée donc l’efficacité dépend principalement du chef de projet.

La coordination comme un rythme : le cas d'un voilier de course

L’article s’inscrit dans la thématique générale de la coordination des compétences et s’attache à comprendre comment les membres d’une équipe coordonnent leurs contributions, alors qu’ils agissent dans une situation distribuée et dans un environnement changeant. Alors que les travaux passés sur la coordination ont adopté une approche contingente des organisations, nous développons une approche pratique pour comprendre comment les acteurs fabriquent la coordination. La recherche repose sur l'étude du cas de l'équipage d'un voilier de course en situation de régate, pour laquelle six modes de collecte de données ont été mobilisés. Nos résultats suggèrent que la coordination dans cet environnement est fabriquée par des acteurs clés, centre de production et de diffusion de sens pour l’équipage. Ils mettent en lumière un rythme à deux temps dans la coordination: conduite et opérations. Nous montrons que l'alternance opération/conduite est l'intégration coordonnée des variations environnementales.

de l'efficacité des systèmes incitatifs pour l'engagement des entreprises tunisiennes dans le développement durable

Le développement durable (DD) est un thème omniprésent aussi bien dans la littérature académique que dans les politiques publiques nationales. Aidés par les pays du nord, certains pays du sud, notamment ceux qualifiés d’émergents comme la Tunisie ont choisi de s’aligner sur leurs partenaires commerciaux étrangers et de développer des stratégies d’accompagnement de leurs entreprises dans la voie du DD. Mais les analyses des comportements des entreprises situées dans ces pays sont rares et souvent exploratoires ne permettant pas une généralisation des résultats ni un état fidèle des lieux. Or, connaître l’expérience des pays du sud est primordial pour permettre une diffusion efficace du mouvement de durabilité dans un contexte mondialisé où les cultures nationales et les valeurs universelles se croisent, voire s’opposent. Partant de ces constats nous avons mené une recherche empirique en administrant un questionnaire auprès de 297 cadres dans 135 entreprises tunisiennes réparties comme suit : 45 entreprises industrielles ayant adhéré à des programmes gouvernementaux incitatifs, 45 entreprises industrielles appartenant aux mêmes sous-secteurs que les précédentes mais n’ayant pas adhéré à ces programmes et 45 entreprises du secteur des services. Une analyse globale puis comparative des 3 groupes (formés en fonction de l’appartenance sectorielle et de l’adhésion aux programmes incitatifs) a porté sur leur familiarisation avec le concept et les outils du DD dans un contexte mondialisé, les pratiques responsables des entreprises ainsi que les motivations et les freins de leur engagement dans la voie de la durabilité. Les résultats tendent à montrer une différence significative entre les 3 groupes concernant la familiarisation avec les concepts et les pratiques responsables allant dans le sens d’une efficacité des politiques publiques incitatives locales. Les différences sont moins importantes concernant les motivations et les freins de l’engagement des entreprises dans le DD.

Les barrières à l'innovation organisationnelle. Le cas du Lean Manufacturing

L’objectif de cette recherche est d’identifier les barrières perçues à l’innovation organisationnelle (IO) et de cerner si elles peuvent être surmontées ou si elles sont réellement bloquantes – et dans quelle mesure. Selon l’étude communautaire sur l’innovation 2004-2006 (CIS 2006), l’IO apparaît comme le type d’innovation le plus répandu au sein des entreprises françaises. Elle serait source de performance et vecteur d’innovation technologique. Elle représente pourtant un processus long et complexe soumis à de nombreux obstacles. Aussi est-il surprenant que peu de recherches se soient focalisées sur les barrières à une telle innovation. Nous nous situons dans la lignée des travaux récents relatifs aux barrières à l’innovation. Nos six études de cas nous permettent de recueillir une perception multi-acteurs des obstacles à l’IO, alors que, à notre connaissance, les recherches empiriques sur les barrières à l’innovation reposent sur les perceptions du top management. De plus, nous réalisons deux types de distinction : IO réussie ou en échec et perception des obstacles en fonction des phases du processus d’adoption (décision, mise en usage et poursuite de l’usage). Le Lean Manufacturing a été retenu en tant qu’IO. Nos résultats montrent que les barrières endogènes, notamment la résistance au changement et le manque de temps, sont les plus fortes lors des phases de mise en usage du Lean et de poursuite de son usage. Les barrières liées à l’IO elle-même (notamment sa mauvaise image) et les barrières exogènes (notamment la difficulté à trouver des partenaires) sont aussi perçues comme pénalisantes. Par ailleurs, la conscience des obstacles semble plus forte au sein des entreprises qui ont réussi à adopter le Lean. Les résultats de notre travail peuvent avoir de fortes implications pour le management stratégique des IO et pour les acteurs publics en charge du soutien à l’innovation des entreprises.

La réflexion stratégique du propriétaire-dirigeant de petite entreprise, incidence sur le système de contrôle de gestion

Il est couramment admis que les petites entreprises ne possèdent pas les moyens humains et matériels permettant de mettre en œuvre une stratégie. Cependant, elles poursuivent plus ou moins une ligne directrice, qui semble construite par le propriétaire-dirigeant de PE.
Cette analyse de la revue de la littérature se propose d’identifier l’origine de cette ligne directrice, ainsi que la manière dont elle se décline au niveau opérationnel. L’objectif est donc de discerner les différents niveaux de la réflexion stratégique du propriétaire-dirigeant de PE. Cette démarche nécessite de déterminer les facteurs environnementaux et contextuels qui conditionnent le raisonnement du dirigeant. Il s’agit principalement de la position - récurrente en PE - de dépendance envers un sous-traitant. La prise de décisions – décisions majoritairement opérationnelles - dans l’urgence constitue le quotidien des dirigeants de PE. La mobilisation et la conjugaison du phénomène de gestion par la proximité et de la notion de vision à court terme permettent d’identifier quatre types de situation.
- Une quasi-absence de stratégie, où le dirigeant exploite l’outil de production ;
- Une stratégie émergeant de l’action, lorsque le dirigeant a la volonté d’actionner un facteur-clé de succès simple et facilement repérable, tel la fidélisation des clients ou la motivation des salariés ;
- La poursuite de la vision stratégique du dirigeant, vision qu’il a élaboré – parfois inconsciemment – sur la base de son expérience professionnelle, ainsi que de ses réseaux relationnels et professionnels, et qu’il opérationnalise grâce à son leadership ;
- Une stratégie définie, lorsque le dirigeant est déterminé à piloter le devenir de l’entreprise, même si cette stratégie n’est pas encore vraiment finalisée et planifiée.
Puis, chaque niveau de réflexion stratégique est décliné selon des besoins théoriquement ressentis par le dirigeant, besoins tant au niveau du management que du contrôle. Ainsi, l’étude de la revue de la littérature en sciences de gestion autorise à distinguer :
- le niveau d’évolution des techniques de management dans lesquelles s’insère le système de contrôle de gestion du dirigeant (décentralisation, délégation, développement des systèmes d’information et de communication, évolution de la culture d’entreprise) ;
- la composition de ce système en termes de rôles attribués aux outils (outils d’information, d’aide à la prise de décision, ou de pilotage).

Cette recherche contribue ainsi à construire la compréhension de l’incidence de la réflexion stratégique du propriétaire-dirigeant de PE sur son propre système de contrôle de gestion. Elle se place dans une perspective de meilleure connaissance des pratiques de management en PE et de catégorisation du système de contrôle de gestion du propriétaire-dirigeant.

Caractéristiques et rôle des comités de direction dans la fabrique de l’innovation : une approche par les pratiques communicationnelles.

Cette communication propose d’analyser d’un point de vue microscopique les pratiques communicationnelles de l’innovation en vue de déterminer comment se fait l’innovation au quotidien. Dans ce cadre, suivant les conceptions processuelles de l’“organizing” et du “strategizing”, nous proposons une vision processuelle de l’innovation, l’“innovating”. L’innovation est considérée comme un processus social qui se construit au fil des interactions quotidiennes des individus et, plus spécifiquement, dans et par les pratiques communicationnelles. En outre, parce que les réunions sont à la fois structurées et structurantes pour l’organisation, ce papier propose d’étudier la fabrique de l’innovation à travers l’analyse des pratiques communicationnelles des réunions. L’objectif de ce papier est ainsi d’examiner ce que font les réunions, d’étudier les interactions qui structurent les réunions afin de comprendre comment, en retour, elles structurent l’innovation : il s’agit d’étudier l’innovation-en-interaction dans le cadre des réunions. Compte-tenu du caractère processuel et social de l’objet de recherche, cette recherche prend appuie sur l’ethnométhodologie afin de comprendre et analyser les routines, pratiques et modes de communication de l’innovation dans le contexte dans lequel ils se situent. L’étude de cas d’une entreprise de fabrication d’emballages en carton ondulé permet alors de mettre en évidence les caractéristiques spécifiques des comités de direction et la manière dont ils contribuent à la fabrique de l’innovation.

La complémentarité des différentes approches entre stratégie et environnement : illustration par le cas des patent trolls

Cet article vise à montrer la complémentarité entre les différentes approches théoriques qui traitent du lien entre la stratégie de l'entreprise et son environnement. Nous nous concentrerons dans cette contribution sur trois principales approches théoriques : les approches du positionnement stratégique (Porter, 1982), les approches de la dépendance des ressources (Pfeffer et Salancik, 1978) et les approches de l'intention stratégique (Hamel et Prahalad, 1994). Cette complémentarité est illustrée à travers l'étude d'un cas, relatif à l'émergence aux Etats-Unis au début des années 2000 des entreprises dites "patent trolls". Ces entreprises se sont développées sur un modèle d'affaires qualifié de prédateur, consistant à racheter des portefeuilles de brevets et à attaquer en justice - ou menacer de le faire - les entreprises potentiellement contrefactrices. Ce modèle d'affaires opportuniste a bouleversé les stratégies juridiques notamment des grandes entreprises des secteurs de l'informatique et des télécommunications, principales victimes des "patent trolls". Nous analysons ainsi dans cet article les stratégies adoptées par les différents types d'acteurs ainsi que leurs évolutions. L'analyse montre effectivement que les trois modèles théoriques mobilisées permettent d'interpréter de façon complémentaire les stratégies des acteurs. Les stratégies développées relèvent ainsi simultanément de logiques adaptatives, réactives et pro-actives. Le cas des "patent trolls" illustre ainsi l’intérêt qu’il y a à raisonner en termes de combinaison de possibilités et non d’options nécessairement incompatibles, de « both/and » et non de « either/or » selon l'expression de Brown et Duguid (1998).

Faire sens avec l’autre, faire sens de l’autre

Cette communication vise à mieux comprendre l’aspect social du processus de sensemaking. Pour cela, elle propose une articulation des travaux existants autour de la place de l’autre dans le processus de sensemaking d’un individu. L’ « autre » est ici simplement compris comme l’interlocuteur, le membre de l’organisation avec qui on agit, la personne qui fait partie de notre entourage qui a un impact sur notre processus de sensemaking.
Notre exploration de la littérature nous amène à distinguer cinq « figures » types de l’autre: l’autre comme miroir, l’autre comme référence identitaire, l’autre comme témoin engageant, l’autre comme socialisateur, l’autre comme donneur (délibéré) de sens. Elle donne cependant une image du sensemaker passif, soumis face aux influences et tactiques de l’autre pour orienter son processus de sensemaking. La manière dont cet autre est traité dans le processus de sensemaking d’un individu est relativement peu explorée dans la littérature. Nous montrons que cet autre est pourtant un objet particulier de sensemaking car lui-même doté d’un processus de sensemaking. Faire sens de l’autre demanderait alors de proposer une reconstitution plausible de son processus de sensemaking.
Notre réflexion nous amène également à mettre en avant l’existence possible d’une distance entre sens privé et sens professé. Une telle distance est intéressante à considérer en lien avec l’aspect social du sensemaking: d’une part, elle rend le processus de sensemaking des autres plus difficile à reconstruire et donc leurs comportements plus délicats à prévoir ; d’autre part, elle offre plus de liberté au sensemaker soumis aux influences d’autrui, et pose la question de la durabilité d’un sens « diffusé » par autrui, durabilité que l’on peut supposer variable selon les stratégies mises en œuvre pour le faire adopter.

Contribution des composantes culturelles à la compréhension des organisations logistiques : une approche exploratoire

Résumé
Aujourd’hui, le management logistique et celui de la supply chain permettent aux entreprises de trouver et d’exploiter des gisements de productivité, de maîtriser les coûts et de participer à la création d’avantages concurrentiels. Aussi naturellement assistons-nous depuis plusieurs années au développement des fonctions et des organisations logistiques. Pour autant, la structure de la fonction logistique dans les entreprises n’est pas, loin s’en faut, stabilisée. Force est de constater sa grande diversité. Dans cet article, nous tenterons de comprendre pourquoi de telles disparités existent. Les facteurs de contingence ne pouvant à eux seuls expliquer ces différences, nous nous sommes tournés vers l’étude d’autres facteurs liés à la culture organisationnelle. En effet, le lien entre cette dernière et l’organisation en elle-même - performance, objectifs, structure - a fait l’objet de nombreuses recherches. Aussi nous a-t-il paru intéressant et pertinent de nous interroger sur la contribution de quelques composantes ou sphères culturelles, traditionnellement associées à la culture organisationnelle, à la compréhension des structures logistiques comme par exemple la culture métier, la personnalité du fondateur et du dirigeant, la culture du secteur et la culture régionale. Nous avons pour cela étudié les structures logistiques de 5 entreprises bretonnes, dans les domaines du textile et de l’agro-alimentaire. Notre recherche, de nature exploratoire, nous a conduit à privilégier une méthodologie qualitative, basée sur l’étude de documents secondaires et sur l’analyse thématique des entretiens menés. Ces derniers ont bénéficié d’un double codage manuel et assisté par ordinateur en utilisant le logiciel NVIVO. Les principaux résultats montrent que toutes les composantes culturelles n’ont pas la même importance. Conformément à la littérature, la personnalité du fondateur et du dirigeant impulse voire préserve une culture d’entreprise forte (4 cas sur 5). A notre grande surprise, certaines ne sont pas apparues à l’analyse de nos données ; il s’agit de la culture régionale, la culture métier et la culture liée au secteur d’activité. D’autres facteurs à l’inverse jouent un rôle prépondérant dans l’évolution des structures logistiques : c’est le cas de la personnalité du responsable logistique et supply chain, composante qui a émergé lors de l’analyse.

Quand la rivalité signifie la guerre : Les décisions stratégiques des sponsors dans la concurrence entre standards de qualité

Cette recherche propose d’explorer la situation de rivalité entre standards de qualité. Les économistes et les stratèges qui ont exploré la concurrence entre standards ont montré que cette guerre était sévère et que le perdant risquait d’être définitivement élimininé, mais les travaux portent sur les standards de compatibilité dans les technologies de réseaux dans lesquelles les bénéfices associés aux externalités sont essentiels. Qu’en est-il des standards de qualité ? Les effets associés aux externalités de réseau s’appliquent-ils également dans ce domaine ? La rivalité signifie-t-elle nécessairement la guerre ? Quelle est la part des décisions prises par les sponsors ? Peuvent-ils infléchir la forme de la concurrence ou bien celle-ci suit-elle les forces structurantes mises en évidence par les économistes ?

Nous explorons la situation de rivalité entre standards de qualité dans la gestion durable des forêts. Cette analyse approfondie de cas nous permet de mettre en évidence la façon dont la concurrence s’instaure entre deux systèmes concurrents qui en viennent à dominer le marché, le standard FSC (Forest Stewardship Council) et le standard PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification). Le premier est créé en 1993 par une association groupant des participants préoccupés du sort des forêts tropicales autour d’ONG (Organisations Non gouvernementales). Le standard PEFC (1999) est créé par une association représentant principalement les positions des propriétaires forestiers. Le premier standard est davantage soutenu en Angleterre, tandis que le second trouve davantage de support en France. Nous réalisons une étude comparative de la diffusion des standards en France et en Angleterre en interrogeant les différents acteurs du marché du bois dans ces deux pays. Puis, nous envisageons les actions menées par les sponsors des deux standards selon la perspective des interactions concurrentielles, en analysant les articles de presse consacrées à ces deux standards depuis leur création et en observant le comportement de l’un vis-à-vis de l’autre dans les réunions institutionnelles internationales qui visent à les rapprocher.

Cette exploration nous permet de souligner plusieurs éléments pour expliquer l’intensité de cette concurrence. En premier lieu, nous faisons apparaître que, dans ce domaine également, le marché demande les bénéfices associés aux externalités de réseau. En second lieu, nous montrons comment le jeu des interdépendances entre les différents acteurs du marché s’applique, influence la diffusion des standards et amène la confrontation de ces deux dispositifs concurrents. Enfin, nous soulignons le rôle joué par les décisions des sponsors des standards. En effet, la perspective des interactions concurrentielles nous permet d’identifier quelques couples d’actions-réactions qui expliquent la concurrence de façon plus probante que la seule modélisation économique du phénomène de la compétition.

L’ADOPTION D’ECO INNOVATION : APPROCHE PAR LES FIGURES IMPOSEES DES REFERENTIELS GESTIONNAIRES

L’éthique s’érige-t elle nécessairement contre le profit? A travers l’étude de quatre cas, cet article propose d’examiner les arbitrages économiques/éthiques à l’origine de l’adoption d’une éco innovation. Le but est de rendre compte de la réalité des figures imposées par les référentiels gestionnaires en tension dans la littérature au sein des entreprises éco innovantes. Car, si l’on pourrait croire a priori qu’une éco innovation est nécessairement le fruit d’une intention socio environnementale forte, l’étude révèle que les éco innovations apparaissent davantage être issues d’une tension et de compromis entre les critères éthiques et économiques dans les arbitrages de l’entreprise.

Adaptation d’une organisation et processus de régulation : vers le concept de régulation stratégique - Le cas d’une association d’action sociale

L’objectif de cette communication est la compréhension de l’adaptation stratégique d’une organisation sur long terme. Cette adaptation est appréhendée comme un processus de régulation.
Le cadre théorique associe les deux dimensions organisationnelle et stratégique de la définition et dynamique des règles. Dans leur dimension organisationnelle, les règles sont appréhendées par March et al. (2000) par quatre représentations communément admises dans la littérature. Du point de vue de la stratégie, les règles internes (dites micro-règles), représentent des guides pour l’action et la prise de décision dans un environnement concurrentiel. Elles sont complétées par des règles externes dites macro-règles. Nous mettons ensuite en évidence deux formes de dynamique des règles. La première est une forme de régulation rétrospective dans laquelle la règle évolue en fonction des expériences et de l’histoire (March et al., 2000). La seconde régulation mise à jour est une régulation dite projective, dans laquelle la vision stratégique (Burgelman, 1983 et Joffre et al., 2006) est à l’origine de la dynamique de la règle. Finalement, nous proposons un concept de régulation stratégique, issue de la mobilisation des deux régulations précédentes.
Le cadre méthodologique retenu pour cette communication est qualitatif et repose sur l’étude d’un cas unique. Le cas retenu est celui d’une organisation d’action sociale et médico-sociale, l’Association Calvadosienne pour la Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence (ACSEA). Imbriquée dans un environnement législatif et réglementaire de plus en plus contraignant, cette organisation a su faire évoluer ses règles pour réussir à s’adapter. Classiquement, la collecte des données est fondée sur des entretiens semi-directifs et sur l’étude de documents internes (documents de travail et « officiels »). L’analyse des données en deux étapes a d’abord fait l’objet d’une reconstitution contextuelle des faits avant de procéder à un codage thématique des données.
Les résultats dégagés mettent clairement en évidence le rôle de l’évolution des micro-règles de l’organisation dans son processus d’adaptation stratégique. Cette régulation stratégique présente trois caractéristiques. Tout d’abord, elle est le fruit de dynamiques isolées (ie propres à chaque règle) qui peuvent être rétrospective, projective ou hybride. Ensuite, elle ne peut être comprise que lorsque l’interaction entre ces dynamiques (ie la dynamique du système) est analysée. Enfin, elle nécessite de prendre en compte la dynamique des macro-règles pour saisir l’évolution de ces micro-règles. Au final, ce processus de régulation stratégique doit donc être considéré comme une capacité d’adaptation à long terme de l’organisation. C’est alors un processus qui peut être défini comme une « écologie des règles » fondée sur à la fois sur l’histoire et le futur projeté (la vision de l’organisation).

Le rôle des relations amicales dans les formes coopératives : le cas des projets d'entrepreneuriat.

Dans un environnement marqué par les changements incessants, les stratèges sont amenés à repenser le mode de fonctionnement des organisations afin de maintenir un avantage concurrentiel durable. Cette logique d’adaptation repose sur une fluidité des ressources facilitée par la coopération, elle-même générée par différentes formes relationnelles. Cet article a pour objectif de démontrer la pertinence d’étudier le lien amical pour comprendre les mécanismes générateurs des formes coopératives. Dans notre cadre théorique, nous définissons l’amitié comme un phénomène affectif et relationnel particulier qui peut être analysé selon trois formes de liens : forts, modérés et faibles. Nous proposons de caractériser la coopération autour de trois dimensions : utilitariste ou complémentaire, social ou identitaire, et affective. Nous formulons l’hypothèse que les différents types d’amitié génèrent différentes modalités de coopération. Nous confrontons cette proposition théorique à l’étude de cas de sept projets d’entrepreneuriat qui nous permet d’identifier deux types d’intensité du lien amical : fort et faible conduisant à deux mécanismes générateurs de coopération : relations identitaires et relations fonctionnelles. Nous discutons nos résultats et réalisons un retour à la théorie. Nous concluons sur le fait qu’il n’existe pas une forme coopérative affective en soi, mais que l’affectif se diffuse dans les différentes modalités génératrices de la coopération. Ainsi, les différentes formes d’amitié font émerger soit des relations identitaires, soit des relations fonctionnelles génératrices de coopération.

L’intégration managériale dans le cadre de l’après-fusion. Le cas Bénéteau-Jeanneau

L’objectif de cette communication est d’étudier la gestion d’un processus d’intégration de deux entreprises. Dans cette perspective, nous construisons une grille d’analyse fondée sur les travaux relatifs aux traitements des modalités des fusions / acquisitions (Cartwright et Schoenberg, 2006 ; Dameron et Joffre, 2005 ; Leroy, 2003 ; Larsson et Lubatkin, 2001). En analysant de manière plus précise le cas de la fusion-acquisition entre Bénéteau et Jeanneau, premier groupe mondial de voiliers de plaisance, nous cherchons à apprécier le rôle de trois dimensions dans l’intégration du facteur humain à la dynamique organisationnelle : les différences culturelles, le processus de prise de décision et l’impact au niveau individuel.

Les stratèges face à la stratégie : tensions et pratiques

A partir de l’analyse du discours réflexif des stratèges, cet article a pour ambition d’identifier les principales caractéristiques de leur activité, telles que les stratèges les appréhendent eux-mêmes dans leur pratique quotidienne et dans un contexte d’intelligence stratégique distribuée.
La problématique peut donc se formuler de la manière suivante : qu’est-ce que la construction des choix stratégiques pour les stratèges ? Deux questions de recherche émergent alors : d’une part, quelles sont les caractéristiques de l’activité des stratèges ? D’autre part, l’activité des stratèges est-elle différente selon leur statut dans l’organisation ?

Les stratégies d'expansion des FMN: quels arbitrages entre diversification produit et diversification internationale?

Analyse de l'alternative entre expansion industrielle et expansion géographique.

Représentations des dirigeants face aux enjeux des reprises

Le contexte de papy boom des dirigeants, combiné à la faible taille moyenne des entreprises françaises, fait que le marché de la transmission des PME est amené à se développer, soit dans le cadre de la reprise par des personnes physiques, soit par le développement des fusions et acquisitions par des PME.
Cette recherche propose une étude empirique quantitative réalisée auprès de 245 dirigeants du CJD (Centre des Jeunes Dirigeants). Sur la base d’une analyse typologique prenant notamment en compte des variables liées aux attentes professionnelles, à la capacité repreneuriale, à la norme sociale et au profil du répondant (P-DG, DG, gérants, autres ; créateurs, repreneurs, héritiers, salariés), une typologie des représentations développées par les dirigeants à propos de la reprise d’entreprise, émerge. Les quatre classes constituées conduisent à mettre en lumière différents niveaux d’attractivité de cette pratique entrepreneuriale chez les dirigeants, avec des sources de motivation spécifiques (développement économique et social des territoires ou développement personnel). La représentation de cette pratique de croissance, entre reprises et fusions-acquisitions, n’est pas homogène au sein des dirigeants.

Le choix des modes d’entrée capitalistiques des PME sur les marchés étrangers : Exploration de déterminants potentiels

Cette communication vise à expliquer les déterminants potentiels de la structure du capital retenue par les PME quand elles font la démarche d’une implantation de filiales à l’étranger. Nous avons défini trois facteurs potentiels du choix entre une filiale totalement détenue et une coentreprise internationale que sont les modèles d’internationalisation (progressif vs rapide), la nature de l’activité de la filiale (filiale commerciale ou filiale industrielle), et la distance culturelle perçue. Pour conduire cette recherche, nous avons réalisé une série d’entretiens semi-directifs, sur la période de juillet 2010 à septembre 2010, auprès de 10 PME françaises internationalisées. Pour traiter ces données, nous avons adopté une analyse quali-quantitative comparée (AQQC), méthode initiée par Ragin (1987) et bien adaptée pour étudier un petit nombre de cas, particulièrement dans une approche comparative. Elle présente l’avantage de dépasser le clivage entre les méthodes qualitatives et les méthodes quantitatives. Les résultats de notre analyse indiquent que l’implantation progressive d’une filiale industrielle dans un pays culturellement perçu éloigné de la France se fait par constitution d’une coentreprise internationale, tandis que les filiales totalement détenues sont le fait de filiales commerciales ou de PME s’inscrivant dans un modèle d’internationalisation rapide.

Intermediary-governance as a means to deal with the conflict between ‘trying to learn’ and ‘trying to protect’ in technology networks

While technology alliances enable firms to achieve numerous benefits such as economies of scale and scope, reduction of risk and uncertainty, and access to new technologies and know-how, they often require these firms to cope with an inherent conflict between two competing objectives: the need to learn and the need to protect. This conflict stems from the fact that conditions necessary to facilitate the learning process simultaneously magnify the danger of losing core and proprietary knowledge. Previous research in the Social Network literature has shown how firms’ ‘social embeddedness’, which can be decomposed into relational, structural, and cognitive embeddednesses, can mitigate the intensity of this conflict via mechanisms such as mutual trust, familiarity, reputation, common systems of meaning, and network culture. However, reaching an ‘ideal’ level of social embeddedness is far from simple. It is for firms a long, hazardous and highly resource-consuming process. In this paper, our intent is to show that alternatives exist for firms that cannot benefit from favorable levels of embeddedness. In that case, firms may indeed try to enter an ‘intermediary-governed network’ and, hence, benefit from the mechanisms implemented by an intermediary entity to ease the learning process and protect against possible opportunistic behaviors. This network governance model implies that a separate entity is set up specifically to manage and coordinate the network and its activities. A common form of intermediary-governed network in technology industries is the government-sponsored R&D consortium like SEMATECH in the United States, EUREKA in Europe and the VLSI project in Japan. In this paper, we argue that entering an intermediary-governed network becomes highly valuable for firms when they cannot benefit from their social embeddedness to deal with the conflict between ‘trying to learn’ and ‘trying to protect’; in other words, when the relational embeddedness is low, the structural embeddedness is unfavorable, and the cognitive embeddedness is limited.

Transfert interculturel des pratiques de management – Cas du transfert du concept et des outils de motivation dans une entreprise franco-vietnamienne

Notre étude sur le transfert des concepts et outils de motivation aux managers Vietnamiens propose une nouvelle application du modèle de Kostova (1999) concernant le transfert des pratiques organisationnelles. Pour ce faire, nous allons considérer le contexte institutionnel du pays suivant l’approche de Scott (1995), notamment l’environnement légal, marché du travail, système éducatif national, valeurs culturelles (Ashton & Felstead, 1996 ; Lyles & Salk, 1996 ; Sanyal & Guvenli, 2000), et le contexte organisationnel propre à une entreprise spéciale à travers certaines caractéristiques organisationnelles telles que le rôle de la direction, la structure et la culture organisationnelles, les missions et stratégies de la firme, etc. qui peuvent influencer l’implantation des ces concepts dans le travail (Frayne & Geringer, 1990, 1993 ; Meschi, 1997 ; Salk & Brannen, 2000 ; Neupert et al., 2005 ; Jassaud & Schaaper, 2006).

Notre méthodologie de recherche est surtout qualitative, reposant sur une étude de cas (Yin, 1989). La partie empirique de notre étude examine le transfert des concepts et outils de motivation dans la période de 1998 à la fin des années 2000, au sein d’une entreprise de service franco-vietnamienne, par des enquêtes qualitatives et entretiens semi-directifs auprès de la direction, et des responsables clés qui participaient dans des sessions de formation en management organisées par l’entreprise.

Notre étude permet de confirmer, une fois de plus, la nécessité de considérer le contexte institutionnel d’un pays avant d’implanter un concept ou outil de management, en même temps que les autres caractéristiques organisationnelles et individuelles. Plus le Vietnam est ouvert aux investissements étrangers, plus il y a des changements dans le contexte institutionnel. Ces changements vont aider les employés et managers locaux à mieux comprendre les concepts managériaux venus de la culture occidentale, pour pouvoir les appliquer dans le travail. Ils pourront ainsi mieux répondre aux objectifs stratégiques de l’entreprise.

Formation et Déploiement des Capacités Dynamiques

L’idée soutenue dans cette recherche est que le déploiement des capacités dynamiques n’a jamais été étudié dans une approche de récurrence alors même que ce concept repose principalement sur l’idée de la récurrence. Cette carence de la littérature souligne donc la nécessité de mieux comprendre le déploiement des capacités dynamiques.
La partie théorique de cet article tente d’homogénéiser la littérature sur l’approche basée sur les capacités dynamiques en essayant de trouver un point de convergence au niveau des différentes définitions et conceptions proposées par les auteurs ayant contribué à cette approche. Ainsi, nous définissons les capacités dynamiques comme des routines organisationnelles comprenant trois composantes : la capacité à créer/identifier une opportunité, à saisir l’opportunité et à reconfigurer les actifs organisationnels.
La partie méthodologie de notre recherche explique les raisons pour lesquelles nous adoptons une approche qualitative basée sur des études de cas qui sont menées au sein d’une entreprise du secteur touristique. Dans cette partie, nous nous focalisons également sur l’opérationnalisation des capacités dynamiques. Ainsi, une capacité dynamique existe lorsque plusieurs changements de même nature sont effectués selon un processus similaire ou quasi similaire.
Dans cette optique, nous identifions deux capacités dynamiques : la capacité dynamique à diversifier les activités et la capacité dynamique à ouvrir des agences de voyages. Nos analyses permettent donc de comprendre la formation et le déploiement de ces capacités dynamiques. Elles montrent que le processus relatif à une capacité dynamique se forme après un premier changement effectué à travers un mécanisme exploratoire. En effet, ce premier changement induit d’une part la création d’une opportunité relative à une innovation et d’autre part un processus pour mettre en œuvre le changement en question. Ce changement induit donc un apprentissage organisationnel relatif à la mise en œuvre d’un tel changement. Ainsi, dès lors que l’entreprise effectue d’autres changements de même nature, elle a recours au processus précédemment développé à travers un mécanisme d’exploitation de l’opportunité créée ainsi qu’en exploitant le processus déployé pour la mise en œuvre du premier changement. Ce qui conduit donc au développement d’un pattern : le processus devient récurrent : il s’agit alors d’une capacité dynamique.

Mots clés : Capacités dynamiques, Récurrence, Exploration, Exploitation, Tourisme

L’expérimentation sociale : levier stratégique de diffusion d’un produit numérique ?

Notre communication se propose d’appréhender la méthode de l’expérimentation sociale comme un levier potentiel de diffusion de produits numériques innovants via Internet, en fusionnant les phases de test et de diffusion dans le processus d’innovation.
La question posée est celle de l’ouverture du test d’un prototype au grand public, dans des conditions réelles d’utilisation (connexion, équipements, etc.) dans le but de faciliter son adoption et sa diffusion sur Internet. L’expérimentation sociale participe-t-elle d’un effet d’entrainement et de diffusion des produits sur un canal de communication particulièrement propice à la propagation rapide de l’information ?
Notre travail s’appuie sur l’analyse de données métrologiques d’un site Internet proposant à l’expérimentation des services et contenus numériques innovants, dans le cadre d’un projet d’un pôle de compétitivité francilien (2009-2011). Il en ressort trois résultats principaux. Premièrement, l’existence d’une communauté (dédommagée et gérée) adossée au site Internet lui assure un trafic minimum. En effet, les internautes connaissent un turn over important (50%). Deuxièmement, l’effet d’entrainement est modéré, voire faible. La diffusion reste essentiellement « locale », malgré les actions de communication mises en œuvre. Les utilisateurs ne se font pas les relais des produits testés. Enfin, durant le prototypage de leurs produits, les entreprises étudiées s’avèrent majoritairement accaparées par leurs tests techniques, se projetant difficilement dans la phase commerciale de leur produit.

La fabrique de la stratégie dans un projet immobilier : Construire du sens sur la base de représentations visuelles

Cette communication s’inscrit le courant Strategy-as-Practice qui considère que la stratégie se construit au travers des actions et des interactions d’individus qui n’occupent pas nécessairement des fonctions de direction dans l’organisation (Golsorkhi, 2006 ; Golsorkhi et al., 2010 ; Johnson et al., 2007 ; Whittington, 2002, 2003). Cette construction de la stratégie s’appuie sur l’interprétation que font les individus de leur environnement, sur une construction de sens (Balogun et Johnson, 2004 ; Regner, 2003 ; Rouleau, 2005 ; Stensaker et Falkenberg, 2007).
Prolongeant les travaux de Spee et Jarzabkowski (2009), nous nous intéressons aux objets utilisés par les individus qui construisent du sens et qui contribuent à façonner la stratégie. Nous nous focalisons ici sur un type d’objet, les représentations visuelles pour étudier les pratiques de construction de sens des individus dans le cadre d’un projet. La dichotomie sensemaking / sensegiving (Gioia et Chittipeddi, 1991), le concept d’objet frontière (Star et Griesemer, 1989) et la littérature en management de projets nous permettent de proposer une grille d’analyse des pratiques de construction de sens fondée sur des représentations visuelles. Ces pratiques sont étudiées in situ au travers d’une étude de cas consacrée à un projet de développement de centre commercial réalisé par Immochan, filiale immobilière du groupe Auchan. Nos données sont constituées d’observations réalisées lors des réunions des membres de l’équipe projet, des retranscriptions intégrales de ces dernières et d’entretiens. Elles ont été analysées à l’aide du logiciel NVivo 9.
Différentes pratiques de construction de sens fondées sur des représentations visuelles (en l’occurrence des cartes, des plans d’architectes, des images et des croquis) ont été mises en évidence. Notre grille d’analyse théorique nous permet de regrouper ces pratiques en en quatre registres : fabrique de la stratégie, fabrique de l’organisation, diffusion de la stratégie, ancrage de l’organisation). Les registres que nous avons identifiés interagissent pour contribuer à la fabrication de la stratégie du futur centre commercial (vision, concept, positionnement concurrentiel, relations avec les parties prenantes).
Cette communication propose une grille d’analyse permettant d’identifier des types de pratiques qui concourent à la dynamique de construction du sens dans un projet. Elle contribue à améliorer la connaissance des possibilités d’utilisation des objets dans la fabrique de la stratégie.

Compétences fondamentales : l’expérience et la création d’artefacts comme moteur de leur constitution

Cette contribution a pour objet de montrer, à partir d’une étude empirique, comment certains éléments participent à la constitution de compétences et dans quelle mesure ceux-ci génèrent de l’ambiguïté causale. Les compétences sont reconnues tant au niveau académique que par les praticiens comme étant à la base de l’avantage concurrentiel des firmes. Parallèlement, l’ambiguïté causale est aussi un concept qui est intimement lié à celui d’avantage concurrentiel des firmes. Un nombre important de recherches sur les compétences se concentre jusqu’à présent sur l’identification et l’évaluation ex-post de ce concept. Cependant, la constitution des compétences n’a pas fait l’objet de beaucoup de recherches et l’ambiguïté causale associée à leur constitution est également très peu étudiée.
L’approche par les ressources et par les compétences offre un cadre théorique qui, tout en apportant des éléments de base solides pour étudier la constitution de compétences, nous interroge aussi sur son caractère causalement ambigu. Pour appréhender cette combinaison compétence / ambiguïté causale, nous avons articulé quelques notions des théories relatives aux ressources et aux compétences avec le modèle dit « competence-based perspective ». Il propose une articulation ressources / capacités / compétences qui est utilisée comme socle pour l’appréhension du phénomène de constitution des connaissances.
Cette recherche est adossée à une recherche-intervention reposant sur un dispositif méthodologique innovant, associant étude de cas et travail ethnographique. Pour appréhender le phénomène de constitution d’une compétence fondamentale, nous avons construit un dispositif d’étude de cas enchâssée de l’homologation dans deux entreprises de biotechnologie. L’étude des régularités entre les différents cas d’homologation retenus nous amène à montrer l’importance de l’expérience des praticiens et de la création d’artefacts spécialisés dans la constitution d’une nouvelle compétence fondamentale. Nous montrons par la suite que ces artefacts ont des rôles multiples au sein de ces organisations et, qu’en cela, ils participent à l’élaboration d’un premier niveau d’ambiguïté causale de la compétence fondamentale en question.

Unité de lieu / Unité de temps : unité d'action(s) ? De la dynamique de clusterisation : le cas d'une halle regroupant des industries créatives

Avec le processus de décentralisation des politiques publiques, le transfert de compétences de l’Etat aux régions, le développement des territoires métropolitains… les acteurs locaux (villes, départements, régions…) s’engagent, selon les spécificités de leur territoire, dans la construction de réponses différenciées pour mettre en œuvre des formes de développement adaptées à leur contexte local. Dans le cadre des problématiques relatives aux dynamiques de clusterisation, notre travail de recherche a porté sur les relations produites par un regroupement géographique d’entreprises créatives et culturelles au sein d’une halle industrielle, regroupement décidé et favorisé depuis 2005 par une grande métropole sur un territoire en reconversion, après la fermeture de ses chantiers navals. Cette collectivité et sa cellule d’aménagement public s’interrogent sur « ce qui s’est produit » et sur les modalités de management de ce regroupement d’entreprises dans la mesure où cette halle va connaître de nombreux changements pour être complètement réaménagée. Relevant à la fois d’une démarche délibérée de planification mais aussi de processus émergents, les acteurs en sont venus à comparer ce lieu à un cluster, ou du moins à un « cluster en train de former » (en train d’advenir) » .
Nous avons choisi de centrer notre travail sur une lecture et une analyse micro et méso de la dynamique interne générée par ce regroupement récent d’entreprises sur ce territoire urbain restreint (à savoir cette halle industrielle), situé sur une friche industrielle actuellement en reconversion. Sur cette friche industrielle autrefois dominée par l’industrie navale et métallurgique, de jeunes entreprises, présentes dans des activités créatives et culturelles, se sont trouvées rapprochées, sous l’effet conjugué d’une volonté politique (impulsée par la métropole) et d’engagements des acteurs chargés de l’aménagement ce territoire ; ce processus est engagé depuis une vingtaine d’années avec une accélération depuis environ dix ans. Dans le cas présent nous nous sommes plus particulièrement intéressés aux conditions entrepreneuriales.
Privilégiant une approche inductive, nous avons axé notre recherche sur les entrepreneurs, pour mieux cerner leurs projets et leurs initiatives entrepreneuriales ainsi que les pratiques relationnelles qui se sont développées dans le cadre de cet espace « clos », restreint, favorisant une « unité de lieu et de temps ». Dans quelle mesure cet espace favorise-t-il une « unité d’actions » ? et si oui de quelle(s) nature(s) ?
Notre travail a débuté par une approche du terrain avec l’étude de cas de cette Halle, regroupant géographiquement des petites entreprises créatives et culturelles. Nous présentons dans un premier temps le contexte dans lequel cette recherche a été menée et les choix méthodologiques qui ont été retenus pour la conduire. Nous développons ensuite les analyses et les propositions obtenues sur la nature et le contenu des relations entre les entrepreneurs. Enfin, nous discutons de la nature des proximités, de la nécessité de favoriser des relations individuelles de face à face, du levier d’action pour le management que constitue cette proximité géographique et enfin du rôle des pouvoirs publics dans ce projet de territoire. Finalement, nous nous interrogeons les problématiques et enjeux de management que cette dynamique de clusterisation d’entreprises créatives et culturelles peut soulever.

LA GOUVERNANCE DES CLUSTERS DE PME « A LA FRANÇAISE »

Depuis plus de vingt ans, la France mène une politique volontariste en matière de clusters, favorisant l’émergence et la structuration de formes diverses telles que les Systèmes Productifs Localisés (SPL), les technopôles ou, plus récemment, les pôles de compétitivité. Si de nombreux travaux se sont attachés à traiter la question de leur performance, ils en étudient surtout les déterminants structurels. Des travaux récents tendent à nuancer ce résultat dans le cadre des clusters « à la française » composés d’une large proportion de PME. Ils montrent notamment que la gouvernance interne joue un rôle clé dans la performance de ces PME, dont les spécificités peuvent constituer de réels obstacles à la création d’une dynamique collective. Notre objectif vise à définir le rôle de la gouvernance dans ces clusters de PME et à étudier comment ladite gouvernance permet de développer les capacités de coopération, notamment pour l’innovation, considérée comme clé pour la croissance des PME. En combinant les littératures sur les systèmes d’innovation localisés et sur la gouvernance, nous cherchons à identifier le mode de gouvernance le plus adapté pour créer une telle dynamique collaborative. La confrontation empirique est menée à partir de l’étude de deux types de clusters de la région française Rhône-Alpes : un technopôle (Savoie Technolac) et deux pôles de compétitivité (Arve-Industries et Imaginove). Les résultats, synthétisés dans un modèle conceptuel, montrent que le mode de gouvernance et la place des institutions publiques, notamment dans la gouvernance opérationnelle, influent sur les priorités des clusters et sur la création d’un environnement institutionnel suffisamment stable (proximité institutionnelle) pour favoriser une dynamique collective propre à un modèle interactif de l’innovation. La prise en compte explicite de l’action stratégique de la gouvernance conduit à nuancer les différences de performance observées jusqu’à présent entre les différents types de clusters à la française.

International comparison on global perceptions

The recent global crisis is affecting people’s positions toward globalization. Can it be observed inside companies? Are managers’ views of globalization affected by the current crisis? Comparing a developed country (France) and an emerging market (India) would be really interesting as they may have diverging views on Globalization. Attitudes and social representations will be studied to identify differences among managers. Managers’ social profile (international openness, social background, work environment and managers education) will also be measured and linked to social representation. The results show different attitudes’ level according to the managers’ country of origin. It also validates the existence of a link between attitudes and representations and found that they vary according to the managers’ social profile.

L'efficacité des aides publiques à l'innovation des entreprises en France

Résumé. La France apparaît désormais comme le pays de l’OCDE le plus engagé dans le soutien à la R&D des entreprises, avec des financements directs et indirects importants (OECD, 2008). Pour autant les évaluations des politiques publiques restent peu nombreuses . La réforme 2008 du CIR ne pourra être prise en compte qu’avec les données disponibles, soit jusqu’en 2008. L’objectif de nos études (deux études sont en cours pour la période 1993-1997 et 1999-2008) d’évaluation d’impact est donc plus large que le CIR(Crédit d'Impôt Recherche). Elles visent à déterminer l’impact des différents types de financements publics de la R&D des entreprises au cours des deux dernières décennies (1990-2008). Dans ce but, nous commençons (pour la période 1993-1997) une estimation en économétrie de panel l'impact de trois aides publiques françaises (Crédit d'Impôt Recherche, ANVAR et ATOUT) sur la valeur commerciale de l'innovation des firmes du secteur concurrentiel, mesurée par leur chiffre d'affaires en produits innovants. Les autres dépenses publiques de recherche sont considérées comme externalités entrantes. L'équation testée est issue d'un modèle théorique. Les estimations montrent que l'efficacité de chaque aide dépend fortement du type d'entreprise auquel elle s'adresse. La recherche publique est source d’externalités positives pour les firmes privées. Ces résultats sont conformes aux objectifs du décideur public et aux résultats normatifs du modèle théorique.

Quelle est la place du management international dans les recherches francophones en gestion? Une étude des communications AIMS de 2000 à 2010

Cette communication s’intéresse à la place du management international dans les recherches récentes en gestion. Elle vise à établir une cartographie du champ en vue de structurer les recherches francophones dans le domaine. Cette question est particulièrement pertinente compte tenu de l’importance croissante que jouent les firmes multinationales dans le monde économique actuel. Nous nous appuyons notamment sur les travaux de Werner (2002) et Pisani (2009) pour définir ce champ de recherche et délimiter ses frontières. L’étude porte sur les communications des conférences de l’Association Internationale de Management Stratégique (AIMS) sur une période allant de 2000 à 2010. A partir d’une comparaison avec les principaux travaux anglo-saxons, cette étude dégage les spécificités des firmes multinationales françaises. Enfin, nous élaborons un agenda construit autour de neuf propositions de voies de recherche.

Une taxonomie empirique des échecs des nouvelles entreprises : le cas des jeunes créateurs d’entreprises en difficultés

L’objectif de la présente communication est de faire apparaître les différentes configurations que l’échec entrepreneurial peut recouvrir. A cette fin une analyse taxonomique a été menée au moyen d’une double classification hiérarchique et non hiérarchique sur une base empirique comprenant 105 jeunes créateurs d’entreprises en difficultés. La taxonomie induite permet de relever cinq configurations d’échec, chacune est représentée par un portrait particulier d’entrepreneurs dénommés les « perdus », les « soutenus à bout de bras », les « mégalomanes », les « éternels insatisfaits » et les « flambeurs ».

HR Strategy-as-practice : Le rôle d’une équipe projet RH dans la construction d’une nouvelle politique mondiale de gestion des jeunes diplômés

Un grand nombre d’organisations doit faire face actuellement à une croissante pénurie de talents au niveau international qui met en danger leurs recrutements futurs. De ce fait, les entreprises accordent de plus en plus d’importance à la gestion internationale du talent, courant en plein essor, à la fois d’un point de vue professionnel que académique. La gestion internationale du talent est définie par Stahl et al. (2007) comme les efforts d’une organisation pour attirer, recruter, développer et fidéliser des collaborateurs talentueux clés au niveau international.

Nous retrouvons tout de même deux problèmes : d’un côté, la littérature sur le sujet semble négliger la gestion du « jeune talent », et de l’autre, la littérature existante sur les jeunes diplômés, n’établit pas le lien entre la gestion de ces « Graduates » et la stratégie des entreprises. Pourtant, ce lien nous paraît nécessaire pour tenir compte de la gestion de cette population clé parmi qui se trouvent les futurs dirigeants des organisations.

Nous utilisons dans cette communication la méthode de l’observation participante (Chanlat, 2006) pour étudier et comprendre le fonctionnement et le rôle d’une équipe RH responsable des politiques « Graduate » dans une banque européenne. Le courant strategy-as-practice (Jarzabkowski, 2004; Whittington, 2006) donne une grille d’analyse et lecture des actions de cette équipe pour comprendre de quelle façon elle contribue à la stratégie de l’organisation observée. Le concept d’épisode stratégique (Hendry et Seidl, 2003) est utilisé pour structurer la restitution de résultats de l’observation.

En analysant les « micro-pratiques » (Rouleau, 2005) de l’équipe RH observée, nous mettons en avant le rôle stratégique de cette équipe projet RH et nous identifions les 12 sous-rôles et les compétences clés qui permettent de comprendre de façon concrète de quelle façon l’équipe est actrice de la stratégie dans le contexte étudié.

Cette communication a des apports méthodologiques, théoriques et pratiques. Elle a un apport méthodologique puisque le courant strategy-as-practice et utilisé de façon innovante pour traiter des problématiques RH. Elle a un apport théorique dans la mesure où nous traitons une carence de la littérature : le lien entre la gestion des jeunes diplômés et la stratégie des organisations. Enfin, elle a un apport pratique car nous expliquons de façon concrète comment des équipes projets RH peuvent devenir des constructeurs de la stratégie d’une organisation dans un contexte donné.

Le rôle des institutions dans l'émergence des logiques d'innovation ouverte dans l'industrie des biotechnologies

Plusieurs logiques d’innovation différentes ont successivement favorisé l’émancipation des biotechnologies au sein de l’industrie. Après une phase initiale de développement dans le domaine public, le déploiement des biotechnologies dans le secteur privé à conduit à la généralisation progressive de l’application de logiques d’innovation fermées. La diminution graduelle de l’accessibilité à des connaissances de base induite par ce changement a progressivement freiné les dynamiques d’innovation cumulative. En réaction aux inefficiences générées par cette tragédie des anti-communs, des logiques d’innovation plus ouvertes ont été mise en œuvre influençant de ce fait l’évolution des règles institutionnelles et générant de nouvelles opportunités.
Ainsi, c’est l’équilibre dynamique entre les logiques d’innovation choisies par les acteurs d’une part et le cadre institutionnel en place d’autre part qui modifient les règles institutionnelles elles-mêmes. Ce sont donc les interactions entre les niveaux individuel, organisationnel et institutionnel qui constituent le moteur du changement des règles institutionnelles dans l’industrie des biotechnologies.
Le cadre théorique néo-institutionnel tenant compte de ces interactions, il a été mobilisé ici afin de clarifier les mécanismes d’émergence et de diffusion des logiques d’innovation ouverte dans l’industrie des biotechnologies et leur impact sur l’évolution des règles institutionnelles.
Pour cela, une analyse longitudinale a été mise en œuvre sur la base de données secondaires historiques extraient de la littérature à destination des praticiens. Dans un premier temps, la revue de la littérature à permis l’établissement de critères de sélection des données secondaires nécessaires à l’analyse. Nature Biotechnology, un mensuel s’adressant entre autres aux praticiens, présentant des enjeux techniques et managériaux et disposant d’une couverture internationale a finalement été retenu comme source d’informations. Dans un deuxième temps, afin d’optimiser l’identification des articles pertinents, de limiter le chevauchement des résultats et de s’assurer de la saturation des données, une liste de mots clés a été établie là encore sur la base de la littérature. Cette liste à ensuite été employée pour extraire les articles dans la revue retenue sur une période de 13 ans allant de 1998 à 2010. Chaque article identifié grâce à ces mots-clés a été encodé à l’aide du programme Nvivo.
Parce que les différentes logiques d'innovation ouverte mise en œuvre sont fortement liées aux caractéristiques des régimes de protection des droits de propriété intellectuelle et à la nature des technologies développées, et qu’elles impactent sur les modèles d’affaires, une grille de lecture de ces déterminants institutionnels a été élaborées dans une première étape. Ce premier travail constitue un résultat préliminaire à une étude plus complète en cours de réalisation. Il apparaît que les interactions entre individus, organisations et institutions déterminent les contraintes et les opportunités influant sur l’adoption et la diffusion des logiques d’innovation ouverte et donc sur l’évolution des règles institutionnelles. Ces changements institutionnels, observés au travers de l’évolution des logiques d’innovation, sont co-construit par la transformation progressive des règles de droits de propriété intellectuelle, des modèles d'affaires et de la technologie elle-même.

Actions stratégiques et délai de réaction des firmes rivales : Cas de la presse « people »

Dans le but d’acquérir ou améliorer son avantage concurrentiel, la firme mène des actions stratégiques offensives. Dans un environnement d’interdépendance des intérêts compétitifs, l’action de la firme initiatrice va déclencher les réactions des firmes rivales. Ainsi, pour garder le plus longtemps possible son avantage concurrentiel, la firme a intérêt à pratiquer les manœuvres stratégiques lui permettant de maximiser le délai de réponse de ses rivaux.
En s’appuyant sur le modèle de F. Bensebaa (2000), la présente recherche estime que les réactions des firmes peuvent être déterminées par les caractéristiques des actions entreprises. En se basant sur le segment de la presse « people » en France comme champ opérationnel, cette recherche se donne comme objectif d’identifier les types d’actions stratégiques les mieux adaptées à la création et au maintien de l’avantage concurrentiel, et ceci, par le biais du délai de réponse des firmes rivales.
Ainsi, déployant une démarche de recherche abductive et adoptant l’étude de cas multiples comme méthode de recherche qualitative, nous sommes parvenus à montrer que la stratégie optimale consiste à mener, dans l’ordre, des actions spécifiques, irréversibles, innovantes et intenses.

La gestion de partenariats dans un réseau d’innovation :

Innover consiste à explorer la connaissance existante afin d’en créer une nouvelle (Cohen et Levinthal, 1990). Par conséquent, la condition sine qua non de l’innovation est l’accès à la connaissance. Cette dernière est détenue par des individus, des communautés et des organisations (Nonaka et Takeuchi, 1995), ce qui explique le caractère collectif de toute activité d’innovation. Les interactions entre ces créateurs et diffuseurs de la connaissance ont lieu dans des réseaux d’innovation qui deviennent des espaces de translation de la connaissance, de la technologie et de l’innovation en général. L’accès à un réseau d’innovation est synonyme de performance et de valeur ajoutée pour toutes les parties prenantes de l’entreprise. D’autant plus que selon le concept d’open innovation, nouer des partenariats dans un réseau d’innovation est la seule garantie de la compétitivité à long terme de l’entreprise et relève ainsi du domaine de la stratégie d’entreprise. Or, l’approche traditionnelle (porterienne) n’a à ce jour pas pu proposer une vision de la stratégie de l’entreprise dans le réseau de l’innovation. Par conséquent, nous proposons de revisiter le concept de positionnement issu de la littérature en marketing stratégique afin de formuler quatre propositions théoriques portant sur la stratégie de positionnement d’une entreprise dans son réseau d’innovation. Nous identifions également des outils de management de l’innovation (IMTs) pouvant guider les managers dans cette réflexion stratégique.

Inertie et dynamique des choix des stratégies de protection des innovations

Cet article vise à intégrer une dimension temporelle dans l’analyse des choix de protection de l’innovation. La littérature existante porte principalement sur le choix de la méthode par l’entreprise : méthodes formelles (principalement le brevet) et méthodes informelles (secret, rapidité de mise sur le marché et complexité du design). Plusieurs travaux ont mis en évidence les facteurs de choix des stratégies de protection et plus précisément l’importance de la taille de l’entreprise, du recours à des coopérations, des dépenses liées à la R&D, de la taille du marché et du secteur d’appartenance. Nous avons donc prolongé cet apport en mobilisant des notions existantes telles que le chemin de dépendance et les phénomènes d’escalade qui soulignent que les organisations font fréquemment preuve d'une faible réactivité aux transformations de leur environnement. Elles paraissent notamment avoir du mal à réduire des investissements dont les performances sont décevantes. Et plus généralement, l'engagement dans un choix semble se renforcer jusqu'à parfois devenir irréversible. Il en découle nos deux questions de recherche : dans quelle mesure le choix d’une stratégie de protection de l’innovation favorise-t-il ultérieurement le choix d’une stratégie identique et quels sont les facteurs influençant le changement de stratégie de protection de l’innovation ?
Pour y répondre, nous avons recours à l'analyse des données issues des enquêtes CIS 4 et CIS2006. Grâce à l'utilisation de modèles logistique et probit, nous suivons l'évolution des choix d'entreprises sur deux périodes. Que les entreprises utilisent les méthodes informelles, une combinaison de méthodes (brevet et méthodes informelles) ou même n'utilisent aucune méthode, nous trouvons que le choix considéré est très nettement dépendant du fait qu'un choix identique ait été effectué dans la période précédente. L'utilisation du brevet seul ne semble en revanche pas sujet au même état de dépendance, ce qui fait apparaître cette stratégie de protection comme davantage transitoire ou instable. En plus de l'inertie constatée dans les choix, les résultats montrent clairement une nette différence entre brevet et méthodes informelles. Alors que le choix d'utiliser le brevet est peu sensible aux modifications d'autres variables, l'utilisation des méthodes informelles se montre quant à elle beaucoup plus changeante, rejoignant l'idée d'une certaine souplesse dans son utilisation.

LA STRUCTURE ORGANISATIONNELLE DU MANAGEMENT DE PROJETS DE TROIS FIRMES MULTINATIONALES : LE « PROJECT MANAGEMENT OFFICE »

Cet article s’intéresse à une nouvelle structure organisationnelle que l’on peut observer depuis peu au sein de certaines firmes multinationales : le Project Management Office (PMO). Le PMO se présente comme une partie de l’organisation qui vise à centraliser tout ou partie du pilotage et du suivi des projets d’une entreprise. En nous appuyant sur une revue de la littérature et sept entretiens exploratoires réalisés auprès de trois firmes multinationales françaises (BNP Paribas, Société Générale et Silliker), nous mettons en avant les principales difficultés rencontrées par les FMN dans la mise en œuvre de cette structure.

Les effets de la convergence d’industries sur l’organisation du processus d’innovation : le cas du jeu vidéo et du cinéma d’animation

A partir du modèle SCP, cet article étudie l’organisation du processus d’innovation adoptée lors des mouvements de convergence entre les industries du film d’animation et du jeu vidéo. La convergence d’industries est un phénomène encore peu étudié aujourd’hui. Pourtant, les changements qu’elle implique (qu’ils soient économiques, technologiques, institutionnels ou culturels), obligent souvent les entreprises à s’adapter et à revoir leur stratégie et leur manière de s’organiser. Dans cette perspective, le lien entre la convergence d’industries et l’organisation du processus d’innovation nous semble largement inexploré. La littérature se focalise en effet sur les déterminants de la convergence et sur ses conséquences au niveau de l’industrie et des entreprises mais sans descendre au niveau du processus d’innovation. L’objectif de cette communication est donc d’identifier les facteurs influençant le choix du mode d’organisation du processus d’innovation permettant à une entreprise de s’adapter et/ou d’éviter les contraintes impliquées par la convergence. Grâce à l’étude comparative de trois projets d’innovation « cross-média », nous montrons que le choix du mode d’organisation du processus d’innovation dépend du type de contraintes de l’industrie.

The link between sustainability and absorptive capacities : the case of the electric car in Renault

Sustainability or sustainable development are the buzzwords of the last decade. Scientists, politicians and civil society organizations call for attention and stress that the population today demands more than our planet can deliver in terms of resources. This trend demands radical rethinking regarding the way society lives, consumes and produces. Here, we focus on what the demand for sustainability implies for corporations regarding the urge to redesign or produce new more sustainable products.
Herein, we focus on electric cars, which is the result of sustainable processes and initiatives in the car industry. The case of Renault illustrates how the firm based its sustainable strategy on its absorptive capacities. By formalizing on an explicit layer through the label ECO2, Renault has been able to communicate its sustainable implicit knowledge. As a learning organization, it did not only develop the necessary knowledge to anticipate future changes, but it also created the dynamic capabilities to adapt once the expected changes occurred. Our findings show that sustainable knowledge creation, acquisition, combination, and exploitation is a 2-way process: inside-out and outside-in between the firm and its environment. In the chicken and egg dilemma, who came first? The electric car of Renault illustrates this process, and therefore represents an appropriate setting to explore these dynamic processes. Electric vehicles express and result from (1) environmental requirements, and (2) Renault’s overall strategy, including its sustainable development strategy and its absorptive capacity.

L’appropriation de nouvelles formes de gouvernance dans le champ de la santé : la construction d’un Ordre Local Négocié par la construction des parties prenantes

Résumé
Notre recherche questionne l’appropriation de nouvelles formes de gouvernance des organisations de santé introduites par des politiques publiques récemment en France. Partant des travaux sur l’appropriation d’outils ou de dispositifs, nous montrons que ceux-ci ne permettent pas de tenir compte de la complexité multi-relationnelle de ces organisations et nous questionnons la capacité des acteurs à s’approprier ces nouvelles gouvernances comme la capacité à construire un Ordre Local Négocié (OLN) (Beaulieu et Pasquero, 2002 ; Turcotte et Pasquero, 2001).
L’Ordre Local Négocié est composé de parties prenantes, réunies en fonction d’un ou de plusieurs enjeux, autour de domaines problématiques (Pasquero, 2008), et dont les négociations vont peu à peu aboutir à un espace stabilisé d’action collective. La construction d’un OLN est alors un processus par lequel les acteurs parviennent progressivement à partager des définitions de la situation dans laquelle ils agissent (Pasquero, 1991). Cet ordre local se construit peu à peu par accords successifs, plus ou moins durables, et réunissant tout ou partie des PP concernées (Beaulieu et Pasquero, 2002). La théorie de l’OLN repose sur une appréhension socioconstructiviste des PP. Ainsi, les accords qui sont négociés dépendent des situations relationnelles dans lesquelles les parties formulent les enjeux en jeu.
Etudiant de manière longitudinale et qualitative l’appropriation d’une nouvelle forme de gouvernance définie par la loi, nous mettons en évidence que la construction d’un OLN ne repose pas uniquement sur la gestion des relations, mais sur la construction des PP à ces relations. Par cette notion de construction des PP, nous mettons au cœur de la question des PP ce « qui » (qui est la PP) souvent oublié ou négligé dans les travaux sur les PP. L’acteur étant ubiquiste (Martinet, 1984) ou pluriel (Lahire, 1998), la construction vise à canaliser les répertoires d’action que les PP peuvent mobiliser. Nous montrons alors que cette construction porte sur le périmètre et les revendications des PP et nous identifions cinq ressorts de cette construction. Cette construction des PP n’est pas exactement un refus de l’altérité (ou diversité) des PP, mais repose sur une logique de réappropriation de l’altérité.
Le cas étudié est l’appropriation de la nouvelle gouvernance d’une MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) d’un département de taille moyenne.
Mots clés : gouvernance, appropriation, ordre local négocié, construction des PP

Le Business model en tant que variable explicative

L’objectif de cette recherche est de comprendre comment le business model peut expliquer la performance des firmes. Pour cela, nous expliquons théoriquement ce qui fonde la spécificité d’un business model par rapport à un autre. En adoptant une approche penrosienne, nous montrons que l’idiosyncrasie d’un business model provient plus des déséquilibres qui existent entre ses différentes composantes que du contenu de ses composantes en tant que tel.
Nous identifions ensuite trois facteurs qui impactent le choix d’un business model pour l’exploitation d’un bundle de ressources. Ces trois facteurs sont le temps, les facteurs internes et les facteurs externes. Pour le premier, il s’agit de l’horizon de temps durant lequel la firme espère générer des revenus. Les facteurs internes concernent sa capacité à renforcer son business model, en particulier en ce qui concerne son bundle de ressources. Enfin, les facteurs externes, se soucient de l’interaction de son business model avec ses parties prenantes, ses concurrents et ses partenaires.
Pour illustrer nos développements théoriques, nous étudions le cas de l’entreprise Air Liquide dont les choix de business model ont autorisé une performance soutenue et une croissance quasi ininterrompue sur les 30 dernières années. L’appartenance de l’Air Liquide aux industries lourdes fait écho à notre approche penrosienne du business model, tant ces industries sont concernées par l’acquisition et l'exploitation de ressources dont la place est prépondérante au sein de leur business model.

L’accompagnement des organisations publiques vers le changement : une exploration du rapport de prescription

Depuis 2006, le Centre de Recherche Public Henri Tudor est investi dans un programme d’amélioration continue auprès des administrations publiques luxembourgeoises. La finalité de ce programme est de sensibiliser les administrations publiques aux démarches d’amélioration continue, puis de les accompagner dans le déploiement de ces dernières, dans une perspective de changement. Se pose alors la question de l’évaluation de l’impact de l’intervention, par rapport au changement produit pour ces organisations.
Dans cette communication, nous proposons ainsi d’explorer le concept de «rapport de prescription» d’Hatchuel (2001), pour étudier l’interface chercheur-administration publique. Ce dernier nous paraît intéressant dans la mesure où il permet d’étudier l’impact de l’accompagnement, en prenant en compte à la fois la problématique de la cognition et de la relation des acteurs de l’administration dans le processus d’accompagnement.
Ainsi, dans une première partie, nous proposons une lecture du processus d’accompagnement des administrations publiques à la lumière de ce concept. Dans une deuxième partie, nous explorons alors le rapport de prescription à travers une étude de cas issue d’une recherche intervention menée dans les administrations publiques luxembourgeoises. Notre réflexion ouvre ainsi sur des voies intéressantes de renouvellement de la conception de l’accompagnement des administrations publiques.

De la légitimité d'un BM innovant : cas de la bibliothèque numérique Cyberlibris

L’objectif de ce papier est de caractériser à travers une étude de cas, la légitimité d’un Business Model (BM) innovant. Cette recherche se fonde sur l’étude du cas Cyberlibris, une bibliothèque numérique qui remet en cause un certain nombre de paramètres sectoriels. La rupture susceptible d’être introduite par le nouveau BM étudié se traduit avant tout par un nouveau modèle de revenu, mais aussi par une nouvelle structure des couts, un nouveau système d’offre, de nouvelles ressources et compétences et une nouvelle proposition de valeur. Ce cas extrême permet de comprendre la nature de la légitimité d’un BM innovant, son évolution et les interactions qui peuvent exister entre des ‘‘duels’’ dimension de légitimité/composante de BM.

La négociation : une dimension négligée du jugement éthique en contexte

Les recherches en éthique des affaires se sont beaucoup intéressées à la prise de décision éthique, en privilégiant des approches rationalistes et statiques, voire rigides, où prédominent les règles et les normes. Dans ces recherches, ce qui est éthique est considéré comme allant de soi (telle décision est éthique ou ne l’est pas) et figé dans le temps. Pourtant, il est communément admis que les questions éthiques sont fondamentalement équivoques : une même situation peut être jugée différemment, voire de façon opposée par les différents individus concernés. En outre, on observe également que ce que les individus jugent éthique en situation de travail évolue dans le temps. Ces éléments (l’équivocité, la dynamique temporelle), qui sont des thèmes à présent courants dans le champ du management stratégique et des sciences des organisations, restent néanmoins absents des recherches dans le domaine de l’éthique des affaires. L’objectif de cette communication est de proposer une conceptualisation du jugement éthique – une composant essentielle de la décision éthique – qui intègre ces dimensions négligées et puisse ainsi tenir compte de son caractère temporel et équivoque. Après un rappel critique de la littérature sur la prise de décision éthique, nous proposons une conceptualisation originale du jugement éthique, inspirée de la théorie de l’ordre négocié. A la lueur de ce paradigme, nous proposons que le jugement éthique en contexte organisationnel est le fruit d’un processus de négociation entre les parties prenantes d’une situation donnée, qui peuvent en avoir des évaluations divergentes. Le jugement éthique d’un individu n’est donc pas strictement défini par la conformité à des normes ou des codes, même si des normes et des codes existent. Il se construit dans une dynamique interactionnelle et temporelle complexe qui met en jeu des individus faisant référence à des systèmes éthiques hétérogènes (ces derniers réévaluent leur jugement au fur et à mesure de leurs interactions).Une telle approche de l’éthique, à la lueur de l’Ordre Négocié, offre un cadre d’analyse qui tient compte de façon précise du contexte organisationnel et inter-relationnel concret au sein duquel se situent les problèmes éthiques. Elle permet d’intégrer les dimensions politiques et informelles à l’étude de l’éthique dans la pratique managériale, saisissant ainsi des enjeux jusque là ignorés par les approches classiques en éthique des affaires, alors qu’ils sont par ailleurs largement reconnus dans la littérature en management. Une telle analyse nécessite de s’appuyer sur des méthodologies qualitatives « lourdes », consommatrices en temps, de type ethnographique, alliant observations et entretiens qualitatifs. Ce cadre conceptuel soulève également des limites certaines, quant au relativisme qu’il peut induire notamment. Néanmoins il nous paraît offrir des perspectives prometteuses pour les chercheurs et les enseignants en éthique des affaires, alors que ce domaine nous paraît être arrivé à une impasse, figé par les normes et les codes.

Théorie enracinée du stress des organisations sanitaires et médico-sociales en France. Une perspective stratégique.

Les recherches peu nombreuses en sciences de gestion qui considèrent l’entreprise comme un sujet stressé, on surtout porté sur les outils de diagnostic et de prévention du stress financier (Ooghe & De Prijcker, 2008; Keasey & Watson, 1991). Quelques auteurs encore plus rares ont souligné l’existence de stress des organisations du point de vue stratégique (Huff, Huff & Thomas, 1992). L’indigence est encore plus frappante quant aux recherches sur le concept de stress lui-même et ses causes dans le domaine de la stratégie. Ce constat nous incite à proposer cette communication dont l’objectif est d’étudier le stress des organisations, ses causes et manifestations dans les organisations sanitaires, sociales et médico-sociales en France – OSSF – à l’aide de la stratégie.
La démarche méthodologique de cette recherche est fondée sur la théorie enracinée (Glaser & Strauss, 1967). Les données qualitatives sont issues de sessions de groupe et d’entretiens qui ont été réalisés auprès des managers d’OSSF. D’autres sources de données ont aussi été mobilisées telles que des textes de lois, des documents du Ministère de la Santé et des organismes du Gouvernement français, des articles scientifiques et de presse qui portent sur les problématiques du secteur. Pour l’analyse des données, cette recherche s’est appuyée sur le logiciel Atlas ti ®.
En prenant compte que la stratégie est un processus de prise de décision et que ses éléments clés sont les objectifs, les moyens et l’environnement cette recherche identifie trois types de stress des organisations : le stress par les objectifs, le stress par les moyens et le stress par l’environnement. Le stress par les objectifs a son origine dans la tension entre la mission de l’établissement et le profit, et ce quelle que soit la nature juridique de l’organisation. Le stress par les moyens suite à la pénurie du personnel, au souci financier /budgétaire et à des structures architecturelles inadéquates. Le stress par l’environnement est le résultat des processus de professionnalisation de cadres (Piovesan, Robelet, & Claveranne, 2007), de transformation des métiers (XXXX, 2005), de régionalisation du secteur (Nagels & Jajkiewicz, 2008) et des nombreux changements de textes législatifs (XXXX, 2010). Nous avons trouvé que, comme dans le stress des individus, les réactions des organisations sont toujours semblables, face à une situation stressante l’organisation organise des réunions qui ont pour but une tentative de mise à plat de la situation, recours aux solutions déjà prouvées dans d’autres contextes, c’est-à-dire dans d’autres établissements ou dans une partie plus petite de l’organisation, même si elles ne sont pas adaptées.
Du point de vue conceptuel, ce travail constitue un apport pour l’avancement de l’étude des difficultés des organisations dans une perspective plus large que celle traditionnelle qui s’enferme dans une vision purement financière. Dans une perspective managériale, ce travail peut contribuer à établir un diagnostic de la situation d’une organisation à un moment donné, dans le but d’aider à concevoir des stratégies pour faire face à cette situation. Cependant, ces résultats sont à prendre avec précaution car ils sont contextuels.

Proposition d'une vision générationnelle de l'organisation afin de mieux comprendre les capacités dynamiques

La transmission intergénérationnelle de savoirs et compétences fait son retour dans les pratiques des entreprises. Pratique ancestrale de l’humanité et pourtant délaissée dans l’intensification du travail, elle resurgit aujourd’hui avec un enjeu de taille. Car, si sa pratique n’est pas toute nouvelle, le défi n’a jamais été aussi important. De l’une, il s’agit de relayer les avoirs et compétences entre les générations qui succèdent en entreprise. De deux, il s’agit d’assurer la réactualisation d’une partie de ces savoirs et compétences sans délaisser l’ancienne génération. Au niveau du management stratégique, cela revient à intégrer une vision générationnelle de l’organisation dans la réflexion sur la compétitivité et l’évolution de l’entreprise. Or, incomplète et imprécise dans la manière dont elle est actuellement abordée, la transmission intergénérationnelle ne peut assurer son rôle stratégique. Le mécanisme qui lie les pratiques de la transmission intergénérationnelle à la stratégie de l’entreprise n’est quant à lui quasiment pas exploité. Pourtant, la Ressource-based view (RBV) insiste depuis les années quatre-vingt, sur le rôle crucial des ressources internes de la firme dans l’obtention d’un avantage concurrentiel. Il semble donc nécessaire de réinterroger les termes de cette transmission intergénérationnelle, au regard de l’enjeu stratégique de l’entreprise.
Dans une perspective théorique, cet article propose de replacer la transmission intergénérationnelle dans un cadre de dynamique stratégique. Nous procédons ainsi à une redéfinition, au regard de la stratégie de l’entreprise, 1) des savoirs et compétences (objet de transmission), et 2) du concept de génération (acteurs de la transmission). Les savoirs et compétences sont analysés à la lumière du courant de la RBV. La typologie qui en résulte retient trois niveaux imbriqués de savoirs et compétences dans une vision interactionniste: les savoirs, les compétences individuelles et collectives, et les capacités organisationnelles. Or, l’entretien de ces savoirs et compétences implique leur continuité, mais aussi leur mise à jour. D’après cette idée, la transmission intergénérationnelle sera qualifiée de capacité dynamique : une aptitude de la firme à reconfigurer ses actifs organisationnels, afin de s’adapter aux changements de l’environnement. Nous proposons alors une nouvelle formulation de la notion génération, en fonction des domaines de savoirs et de compétences qu’elle représente pour l’entreprise. Tandis que la « génération sociétale » est peu pertinente pour notre sujet et que la « génération en cycle de vie » a perdu de son actualité, la « génération de savoirs et de compétences » est une nouvelle réalité qui demande à être prise en compte. En effet, les changements qui interviennent régulièrement dans le travail produisent des générations marquées par différents ensembles de savoirs et compétences.
Ainsi redéfinie, la transmission intergénérationnelle est une négociation et un remodelage des savoirs et compétences de l’entreprise dans le temps. Elle incarne ainsi une dialectique entre la continuité et le changement de l’entreprise. Ce processus se fait par l’interaction sociale entre générations, ces ensembles de personnes qui ont façonné et ont été façonnées par des manières de travailler qui leur sont propres.

La progression des femmes au sein des conseils : Etude théorique et empirique du SBF 120, 2000-2009

La place des femmes au sein des conseils (d’administration ou de surveillance) a fait l’objet d’une littérature (théorique et empirique) abondante dans de nombreux pays, principalement aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans les pays scandinaves.
Les principaux résultats révèlent que la progression des femmes au sein des conseils est en moyenne faible et relativement lente. Il existe des écarts significatifs entre les pays. Dans l’ensemble, les femmes détiennent environ 10% des sièges au sein des conseils.
A notre connaissance, il n’existe pas d’études similaires en France. Cet article examine dans quelle mesure les femmes sont parvenues à percer le « plafond de verre » en examinant empiriquement la progression des femmes au sein des conseils des 120 premiers grands groupes français (SBF 120). De même, nous étudions leur rôle en tant qu’administratrices internes et externes ou à la tête des entreprises.
De manière générale, les résultats indiquent que la progression des femmes a significativement progressé. En 2009, au moins une femme siège aux conseils de 68% des entreprises du SBF 120. Les femmes représentent près de 10% des mandats. Toutefois, lorsque nous analysons plus attentivement, aucun signe ne permet de conclure à un accroissement du nombre issu de le la firme ou à la tête de l’entreprise. Le nombre d’administratrices internes et de présidentes reste faible (environ 1%), corroborant les études anglo-saxonnes en la matière. Leur nombre ne s’accroît pas et tend même à régresser.
Nous analysons la progression des femmes au sein des conseils en présentant différentes explications théoriques en nous plaçant tant à l’échelle des conseils (théories de l’identité et de la cohésion sociale et des réseaux), que de la firme (théories des ressources, de la dépendance des ressources et du token), que de l’environnement (théories institutionnelles du signal et des parties prenantes).

Mixed forms of organization: Which rationales?

Transaction Cost Economics (TCE) promotes the alignment of structure of governance and transactions’ characteristics. This alignment is associated with higher performances. Indeed, the traditional TCE considers that actors may choose between several pure forms of governance to economize both on their production and transaction costs. These structures encompass market, hierarchy, network and bazaar, and they display respective strengths and weaknesses in terms of incentives and control. However, as underlined by numerous authors, the reality of governance structures shows that actors opt generally for mixed forms to govern their transactions. Thus, the aim of this paper is to address this puzzling reality and to search theoretically for rationales explaining the preferences towards mixed forms. Several explanations are reviewed. The traditional one in TCE consists in considering that mixed forms enables to remain efficient. Indeed, by taking characteristics from different forms, the mixed forms allow actors to counterbalance some weaknesses by the strengths of other structures in terms of incentives and control intensity. In this paper, we contend a different view of the rationale for mixed forms, adopting a strategic choice approach and arguing that governance structures depend eventually on contingent factors such as the characteristics of the transactions but also on the preferences of actors. Introducing preferences enable to propose a strategizing view in which actors try to reach strategic goals by introducing selected characteristics of other structures giving birth to the mixed forms. The contributions of this paper concern both economics of governance and strategy. Firstly, we try to introduce strategic goals and value creation in the economics of governance without relaxing the assumption of search for efficiency. In a nutshell, we try to reconcile strategizing and economizing logics but distinguish them clearly as the second is contingent when the first is not. By this, we reintroduce the intentionality of actors in a theoretical field where only calculus prevail. Secondly, by abandoning the ideal typical line of reasoning promoted by Williamson and embodied in pure forms, we find more fruitful to think about organizational forms as mixes of pure forms and we provide illustrations for each of these cases we find in the literature. Thirdly, we consider that the governance structures equip the actors to reach their goals and constitute the matrix for the capabilities of the firm. We conceived of this article as a first step to propose a strategic theory of the firm, namely “the capabilities of governance structure”. A refreshing consequence of our framework is that making strategy consists finally in choosing between several strategic goals and implementing the most efficient governance structures to attain these goals.

Retour vers le futur: Au-delà d'une simple conception fiduciaire, la gouvernance d'entreprise comme un système complexe

Après un survol de l’évolution du concept de gouvernance et du rôle des conseils d’administration jusqu’à nos jours, nous mettrons en évidence les limites des conceptions fiduciaires traditionnelles et proposerons un cadre théorique intégrateur en considérant la gouvernance d’entreprise comme un système complexe et multidimensionnel composé de quatre sous systèmes de gouvernance (technologique et opérationnelle; stratégique; fiduciaire- organisationnelle; et institutionnelle) s’articulant autour de quatre dimensions (interne, externe, technologique et humaine) et qui s’influencent et se renforcent mutuellement. Intégrant des prescriptions qui émanent de la théorie d’agence, de la théorie de l’intendance, de la théorie des ressources et compétences et de la théorie institutionnelle, cet article conceptuel propose une perspective systémique originale qui vise à pousser notre compréhension de la complexité du phénomène de la gouvernance d’entreprise.

L'impact du capital social entrepreneurial sur l'accès aux ressources externes : une question de compétences sociales ?

Résumé
A partir du moment où l’entrepreneur décide de développer son projet, d’attirer de nouveaux clients, et d’accaparer de nouvelles parts de marchés, il se trouve confronté à un manque, voire à une rareté de ressources externes. Mettant en relief l’importance de ces ressources, notamment financières et informationnelles, les recherches en entrepreneuriat ont largement étudié le rôle que se joue le capital social entrepreneurial dans leur acquisition. Cependant, force est de constater que le capital social entrepreneurial en soi demeure problématique, quant aux facteurs qui déterminent le plus son développement. A cet effet, nous proposons d’apporter des éléments de réponse à cette problématique en recentrant notre réflexion sur les compétences sociales de l’entrepreneur. Par ailleurs, nous relevons les effets que ces compétences pourraient induire aussi bien sur l’accès aux ressources externes que sur le capital social entrepreneurial. Une étude exploratoire réalisée auprès de dix entrepreneurs a été menée afin de mettre en évidence nos propos, notamment via une reconsidération des typologies de compétences sociales entrepreneuriales.
Mots clés : compétences sociales, capital social entrepreneurial, ressources externes

Explorer la capacité de dissémination des connaissances : le rôle des pratiques managériales au sein d’une entreprise multinationale

L’article présente une étude de cas explorant les pratiques managériales de dissémination des connaissances au sein d’une multinationale dans le secteur financier. Les résultats suggèrent quatre types de pratiques managériales (tutorat, expatriation, formation, standardisation) qui permettent à cette multinationale d’assurer une dissémination des connaissances à la fois tacites et explicites de la maison-mère vers les filiales. Les auteurs articulent leurs résultats à deux cadres conceptuels antérieurs et soulignent le caractère complémentaire des pratiques mises en lumière. Enfin, ils développent plusieurs propositions pour des recherches futures.

Capital social et stabilité au sein des entreprises familiales : une exploration à partir de quelques PME africaines

L’idée principale de ce papier est de montrer que le capital social (CS) augmente l’engagement organisationnel (EO) au sein de l’entreprise familiale et (partant) réduit les conflits (DC) et l’instabilité d’emplois (TO), facteurs de stabilité de l’entreprise familiale. A l’issue de nos analyses, les résultats obtenus par une approche PLS –partial least squares- sur un échantillon de 260 PME familiales africaines ne montrent ni un effet significatif direct du capital social sur la réduction des conflits, ni un lien direct entre l’engagement et la stabilité d’emplois. En revanche, ces résultats montrent que le capital social est effectivement réducteur de l’instabilité d’emplois et via un renforcement de l’engagement organisationnel, il réduit le degré de conflictualité au sein des entreprises familiales. Il s’agit donc d’un facteur qui accroit la stabilité au sein des entreprises familiales de notre échantillon. Une telle étude empirique peut être étendue sur d’autres contextes pour vérifier cet effet de stabilité lié au capital social des entreprises familiales.

Financement de l’innovation, performance entrepreneuriale et caractéristiques du capital-risque en Europe

Cet article étudie la profitabilité des stratégies de financement par capital-risque en en fonction des caractéristiques du capital-risqueur en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne. À partir de l'étude de 1925 décisions de financement provenant de la base Thomson PrivateEquity, nous avançons trois résultats principaux. Nous montrons tout d'abord l'impact contrasté de la spécialisation sur la performance des entreprises financées. La spécialisation sectorielle du capital-risqueur ne semble pas avoir d'influence sur le mode de sortie des start up, tandis que leur spécialisation à ce stade de développement des entreprises apparaît comme un vecteur important de création de valeur pour les firmes financées. De même, la taille des syndicats de financement apparaît ici comme un vecteur de création de valeur pour les entreprises. Ce résultat, qui s'oppose à de précédentes études effectuées sur le marché américain, suggère que les bénéfices liés à diversité des profils au sein du syndicat font plus que compenser les coûts de coordination inhérents à une structure de gouvernance élargie. Enfin, nos résultats suggèrent que l'environnement national à une influence sur le mode de sortie des entreprises, les firmes financées en Grande-Bretagne semblant privilégiées par rapport aux entreprises continentales. Il pose donc un certain nombre de questions relatives aux spécificités des cadres institutionnels étudiés.

Le recours au conseil externe en management : Opportunité d'innovation? propostion d'un modèle théorique

Aujourd’hui plus que jamais, les organisations en général et les entreprises en particulier ne peuvent plus innover de manière isolée de l’environnement dans lequel elles évoluent. Leur capacité d’innovation est fortement tributaire du degré d’interaction qu’elles entretiennent avec les acteurs de cet environnement. Parmi un large éventail de ces acteurs, les cabinets de conseil et les consultants externes en mangement figurent en premier lieu. La philosophie du consultant comme «Agent d’Innovation» est en rupture parfaite avec son rôle traditionnel de fournisseur des solutions correctives et routinières qui servent à restaurer l’efficacité dégradée du système de l’organisation cliente. Outre la résolution des problèmes, le consultant en management est aussi censé d’amener l’organisation cliente à innover à travers l’instauration des solutions particulièrement innovantes et originales au sein de celle-ci. Néanmoins, la tendance de conceptualiser les consultants externes en management comme étant de véritables «Agents d’Innovation» demeure toujours moins explorée dans la littérature. Dés lors la problématique de la recherche se décortique de la manière suivante : l’intervention du consultant externe en management aboutit-il à des innovations au sein de l’organisation cliente? Comment le client et le consultant devraient s’interagir dans ce processus pour y aboutir ? Et, comment le consultant y contribue : diffuseur ou développeur d’innovation ? L’objectif de ce travail est triple : établir le lien entre le phénomène de recours au conseil en management et le développement de la démarche d’innovation chez les organisations clientes, pointer les rôles en termes d’innovation qui peuvent être remplis par le consultant externe en management (diffuseur ou développeur d’innovation) et proposer, enfin, un modèle intégré permettant de repérer les différentes variables qui régissent la possibilité que le conseil en management puisse se convertir à une réelle opportunité d’innovation pour l’organisation cliente.

LES RELATIONS COOPETITIVES DANS LES ECOSYSTEMES D’INNOVATION : CAS DU SECTEUR DE TELECOMMUNICATIONS

Cet article a pour objectif d’explorer le relationnel dans l’écosystème d’innovation des télécommunications québécois. Le relationnel au sein de l’écosystème est justifié par des objectifs d’innovation ouverte et se traduit par des relations coopétitives (coopératives et compétitives). Cette recherche décrit la formation des relations coopétitives dans un écosystème et explique leur évolution. La méthodologie longitudinale porte sur deux écosystèmes critiques (un à succès et un en déclin). Deux contributions majeures sont proposées : une revue de littérature intégrative et systémique entre les concepts d’écosystème, d’innovation ouverte et de coopétition, et une modélisation du processus d’évolution des écosystèmes en trois phases.

La contribution paradoxale de la gestion des ressources humaines à la dynamique de croissance des PME : réflexions issues d'une étude de cas longitudinale

Les PME à forte croissance, couramment dénommées « gazelles », reçoivent aujourd’hui une attention accrue de la part de la communauté académique et des pouvoirs publics. Elles jouent en effet un rôle déterminant dans le dynamisme économique et la revitalisation des territoires. Paradoxalement, rares sont les travaux qui s’efforcent d’analyser les caractéristiques singulières de ces gazelles, les processus à l’œuvre dans leur dynamique de croissance et les tensions induites sur l’organisation.
La contribution proposée s’inscrit dans cette perspective générale tout en se focalisant sur un objet plus restreint : la relation dynamique qui s’instaure entre gestion des ressources humaines et hypercroissance. Cette relation est d’abord appréhendée à travers les tensions que fait peser la croissance sur la fonction ressources humaines et les difficultés liées au dépassement de seuils organisationnels. Nous renversons alors cette relation pour envisager que les ressources humaines puissent contribuer directement à la trajectoire de croissance. Les hypothèses formulées quant à la relation entre GRH et hypercroissance sont alors discutées à travers la mobilisation d’une étude de cas longitudinale. La contribution initie enfin une discussion des leviers de régulation de l’hypercroissance, insistant notamment sur l’aptitude à l’ambidextrie organisationnelle et le potentiel intégrateur de certains outils de GRH.

The dynamics of coordination in innovation networks

Investigations into the internal operation of inter-organizational networks have become increasingly common in the literature over the last few years. Nevertheless, empirical studies are still relatively rare. The void is even more striking in the case of networks set up by small firms. The objective was to identify and characterize the coordination mechanisms and their different forms, and also to better understand how they evolve. Three main dimensions had an effect on coordination: hub firm dependency, existence of prior business relations, and type of conflict. Our empirical analysis of six innovation networks analyzed how these three dimensions influenced the type of coordination form used by the hub firm. The manner through which coordination mechanisms are implemented evolved according to the type of interactions established between partners and to the emergence - or not - of conflict. The implications of these results are discussed.

Bureaucratie et management des émotions : des injonctions paradoxales ?

Alors que la littérature en management des émotions est foisonnante, la bureaucratie est toujours fondée sur le principe de plein contrôle des émotions, voire leur négation. Paradoxe sur le plan théorique, mais aussi empirique. Une recherche menée dans quatre Caisses d’Allocations Familiales (CAF) a mené à un résultat inattendu : les cadres décrivaient des excès d’émotions négatives pendant plusieurs années. L’exploration du champ du management des émotions, enrichie par le cas des CAF, conduit à mettre en perspective le versant émotionnel du cercle vicieux bureaucratique ainsi que la participation non intentionnelle, voire inéluctable, des cadres de direction aux phénomènes d’amplification du cercle vicieux émotionnel. Quelle solution pour la bureaucratie ? Un changement de type II ?