Rechercher sur le site :

ST-AIMS 10 : Nouvelles formes de contrôle à l’ère des organisations autonomes et décentralisées

Le développement de nouvelles formes d’organisation, observable sur longue période, s’est accéléré dans la dernière décennie sous l’effet de multiples facteurs : diffusion des nouvelles technologies de l’information et de la communication (Zammuto et al., 2007), évolutions culturelles et notamment aspiration à une plus grande autonomie dans l’organisation du travail, développement du télétravail, évolution des marchés vers une personnalisation croissante des besoins et des prestations, développement du travail indépendant, cumul d’emplois (slashers), brouillage des frontières entre travail et loisir, entre amateurs et professionnels, entre vie privée et vie professionnelle, entre services marchands et non marchands, modification des équilibres hommes/femmes dans les structures de gouvernance, etc.  Les nouvelles formes d’organisation sont diverses : plateformes internet, espaces de co-working (Spinuzzi, 2012), fab labs et hackerspaces (Anderson, 2012, Dougherty, 2012), réseaux de travailleurs indépendants, etc. Suivant le même mouvement, les entreprises plus traditionnelles se transforment également. On constate le développement des centres de services partagés (Maciejczyk, 2016) et du télétravail (Sewell et Taskin, 2015), la virtualisation croissante des prestations (Harris, 2008) et des équipes, la multiplication des organisations temporaires, etc.

Si de nombreuses initiatives– coopératives pour la plupart – se révèlent innovantes du point de vue de l’organisation de la production collective de biens ou de services, les pratiques et processus de cette production n’échappent cependant pas aux questions de coordination et de performance très classiques : respect d’un délai, productivité, tenue d’un coût, conformité à des spécifications et à un niveau de qualité requis, maîtrise de risques, percée sur le marché, etc. Comment l’action collective agencée dans les organisations autonomes et décentralisées, apparemment difficilement contrôlables, peut-elle assurer l’atteinte de ses objectifs ? La deuxième manifestation scientifique du Groupe Thématique « nouvelles pratiques de travail, nouveaux modes de vie » portera ainsi sur les « nouvelles formes de contrôle à l’ère des organisations autonomes et décentralisées ». L’objectif est d’explorer les pratiques de contrôle observées dans les nouvelles formes d’organisation et les questions de toute nature (stratégique, sociale, éthique, économique) qu’elles soulèvent. Les évolutions technologiques et sociétales mentionnées ci-dessus transforment aussi bien l’objet du contrôle – les types d’activités et d’organisations à contrôler – que ses méthodes, outils et objectifs (d’autres objectifs que la performance strictement financière montent en puissance que ce soit sur des aspects sociaux, environnementaux ou de gouvernance).

>> Télécharger