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ST-AIMS 01 : Activisme et organisation : comment s’organisent les nouveaux mouvements sociaux et que peuvent-ils nous apprendre ?

 Les collectifs « Nuit debout » de mobilisation contre la « loi travail », la multiplication des « Zones A Défendre », ou les initiatives de Béatrice, Brigitte, Féthia et Véronique, des auxiliaires de vie sociale de la Somme dénonçant la précarisation de leurs conditions d’emploi, incarnent des formes émergentes d’activisme qualifiées de « nouveaux mouvements sociaux » (Day, 2005) ou d’« organisations mouvement social » (Sutherland et al., 2014). Ces exemples, des plus médiatiques aux plus anonymes, témoignent de ce que les chercheur.e.s critiques en management identifient comme un nécessaire élargissement de l’analyse des organisations, au sens strict, aux mouvements de résistance qui débordent leurs frontières formelles (Spicer et Böhm, 2007 ; Contu et al., 2013 ; Dellagnello et al., 2013 ; Barlatier et al., 2017).

Vivre en dehors de l’entreprise et du management modernes, les parodier, chercher à les entraver ou tenter de les dépasser, sont autant de comportements sociaux qui sont pourtant restés aux marges de l’analyse des organisations. D’autant plus lorsqu’ils s’incarnent dans des collectifs et des espaces autres que les acteurs et les lieux traditionnels du travail, au sens du débat entre « salariat bridé » et « défection » théorisé par Moulier-Boutang (1992). Les fonctionnements des communautés auto-organisées (Farias, 2016), des groupes détournant des messages publicitaires (Palmer et al., 2014), des initiatives d’occupation voire de sabotage des lieux de production (Hobsbawm, 2010 ; Picard et Marti, 2016), ou encore des tentatives de « préfiguration » de formes organisationnelles alternatives (Vieta, 2014), bien que distincts en apparence, semblent relativement similaires dans les ambitions qu’ils poursuivent et dans la forme qu’ils revêtent.

Ces mouvements montrent en effet combien la résistance renvoie à un processus organisé, stratégique. Ils sont donc d’une acuité certaine pour réhabiliter, voire enrichir, la diversité des référentiels et des finalités sur la base desquels les groupes sociaux ont organisé, organisent et organiseront, leurs activités en termes de création de valeur(s), de hiérarchie, de codification des règles, de socialisation, de distribution de ressources, en rupture avec les modèles dominants traditionnellement décrits, enseignés, et donc performés, par la doxa managériale (Parker, 2002 ; Burrell et Dale, 2002 ; Hjorth, 2005 ; Böhm, 2006 ; Parker et al., 2014). L’objectif de cette proposition de STAIMS consiste justement à réunir des contributions susceptibles d’enrichir l’analyse des organisations de recherches, à dominante empirique, inscrites dans un tel projet de connaissance.

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