Communications

Management interculturel des alliances stratégiques internationales : quelles pratiques clés de succès ?

Souvent perçue comme un écueil à la pérennité et à la réussite des alliances stratégiques internationales, la diversité culturelle a fait l’objet de nombreuses recherches. Si cet intérêt de la communauté académique a permis de relativiser ce postulat en dévoilant les effets stratégiques et organisationnels positifs de l’interculturalité (Shenkar, 2001), rares sont les études qui ont concomitamment et explicitement porté sur le contenu du management interculturel. Dans l’optique d’une contribution à cette thématique, cet article cherche à explorer les pratiques clés d’intégration sociale et de rapprochement interculturel des acteurs dans les alliances transfrontalières. Les résultats de 32 entretiens semi-directifs, menés auprès de 16 salariés et 16 managers français et tunisiens opérant dans 8 alliances stratégiques franco-tunisiennes asymétriques stables, révèlent que l’audit culturel, la sensibilisation des parties prenantes à l’interculturalité, la formation interculturelle interne et/ou externe, la mise en place d’une organisation aplatie, la promotion de la parité tant au niveau de l’équipe managériale qu’au niveau des équipes de travail et l’établissement de règles éthiques de conduite, représentent des pratiques clés de succès de gestion de la diversité culturelle. Ces résultats plaident clairement pour une gestion « positive » à travers le maintien de l’éclectisme culturel dans la relation.

Good to be Disliked? The Relationship Between Disapproval of Organizations and Job Satisfaction

Scholars have found that a positive relationship exists between organizational-level constructs related to favorable perception of a firm and employees’ job satisfaction: the more positively an organization is perceived, the happier are its workers. In this article, I specifically investigate the consequences of a negative corporate image, or disapproval of organizations. I observe that perception of disapproval of an organization has an adverse effect on job satisfaction, except if employees perceive criticism as illegitimate, in which case it can paradoxically improve job satisfaction. This study suggests the existence of social identity mechanisms that trigger micro-level reactions in case of unjustified disapprobation: employees stick together and hold the line against criticism, strengthening the collective identity and adding positive emotional value to the work experience.

What do we mean by performativity in organization and management studies? The uses and abuses of performativity

John Austin introduced the formulation “performative utterance” in his 1962 book How to do things with words. This term and the related concept of performativity have subsequently been interpreted in numerous ways by social scientists and philosophers such as Lyotard, Butler, Callon, or Barad, leading to the co-existence of several foundational perspectives on performativity. In this paper we review and evaluate critically how organization and management theory (OMT) scholars have used these perspectives, and how the power of performativity has, or has not, stimulated new theory-building. In performing a historical and critical review of performativity in OMT, our analysis reveals the uses, abuses and under- uses of the concept by OMT scholars. It also reveals the lack of both organizational conceptualizations of performativity and analysis of how performativity is organized. Ultimately our aim is to provoke a ‘performative turn’ in OMT by unleashing the power of the performativity concept to generate new and stronger organizational theories.

Compétence relationnelle et multibancarité : quels impacts sur le financement de la PME ?

Dans une situation de crise économique et financière et de défiance mutuelle, la relation de financement banque/PME est problématique. Si le partenaire bancaire conditionne certes l’accès au financement de l’entreprise, la façon dont le dirigeant de PME gère sa relation n’est pas neutre. La littérature pointe l’importance de la qualité de la relation et des relations sociales dans l’accompagnement financier de l’entreprise. Le mode de gestion de la relation de financement par la PME, notamment la compétence relationnelle du dirigeant est à même de faciliter son financement. Cet article vise un double objectif : proposer une échelle de mesure de la compétence relationnelle du dirigeant dans le cadre de sa relation de financement et établir un modèle causal entre cette compétence relationnelle, la multibancarité et l’accompagnement financier de l’entreprise.
A partir d’une étude quantitative, cette recherche permet d’identifier les dimensions de la compétence relationnelle du dirigeant de PME envers son partenaire financier. Les résultats de l’analyse factorielle confirmatoire soutiennent une structure factorielle en trois dimensions : savoir, savoir-faire et savoir-être et établit un lien positif significatif entre la compétence relationnelle et l’accompagnement financier de l’entreprise. Le dirigeant de la PME joue un rôle actif dans sa relation financement. Cette recherche n’établit pas de relation entre la multibancarité et l’accompagnement financier.

L’économie sociale et solidaire est-elle légitime ?

L'économie sociale et solidaire (ESS) représente aujourd'hui 10% de l'emploi en France. Pourtant, ses acteurs font état d'un manque de reconnaissance de leur action. C’est pourquoi il est important de s’intéresser à la légitimité de ces organisations. Cette recherche appréhende lequel de la recherche de performance ou de l'ancrage dans un système de valeurs contribue le plus à la légitimité de ces organisations. A travers une analyse du corpus disponible sur le site internet des organisations de l’ESS, nous montrons que les dimensions utilitaristes et normatives impactent conjointement la légitimité des organisations de l'ESS. Les valeurs démocratiques et les principes humanistes sont communs aux mutuelles, coopératives et associations, et expliquent leur appartenance à l'économie sociale et solidaire. Cependant la place de ces organisations dans l'économie tient à leur capacité à bénéficier réellement à leurs parties prenantes ou à la société au sens large.

Active and defensive strategies to cope with paradoxes in a change context: a middle managers' perspective

This paper aims to understand how middle managers cope with paradoxical tensions. As it is increasingly common for organizations to have to simultaneously juggle with competing demands (Smith & Lewis, 2011), the juxtaposition of coexisting opposites has increased experiences of paradoxical tensions, challenging organizational actors in their daily work. Among these actors, middle managers are generally more prone to tensions (Wooldridge, Schmidt, & Floyd, 2008) as organizations have become flatter due to downsizing and re- engineering, and responsibility is delegated downwards (Balogun & Johnson, 2004), with middle managers reporting a significant increase in their workload (Armstrong-Stassen, 2005). As tension is considered to lead to burnout and stress, more recent work has recognized that it is not the existence of contradictions per se that is productive or destructive, but the way they are managed (Tracy, 2004). Despite accumulate insights into the management of organizational paradoxes (Jarzabkowski, Lê, & Van de Ven, 2013), relatively little is known about coping strategies at the intermediate level (Lüscher & Lewis, 2008). In response, this longitudinal real-time analysis of an IT transformation program opens the black box of middle managers’ responses to paradoxical tensions. Specifically, our original contributions are twofold: firstly, to identify seven dualities through which organizational paradoxes are perceived by middle managers, and secondly, to categorize their responses to cope with paradoxes into four active and three defensive strategies. We suggest that our overview of paradoxical tensions and related coping strategies provides significant insights for organizations as well as for their managers.

Perspectives sur la stratégie IT des organisations à l’heure du Cloud Computing

Les modes usuels de conception et de consommation du SI sont aujourd’hui challengés par les nouvelles possibilités qu’ont les directions métier ou même les utilisateurs de souscrire directement des services IT en ligne grâce au Cloud Computing. Ces évolutions dans les usages et les pratiques questionnent fortement les rôles et le positionnement de la DSI. L’objectif de cet article est de proposer une typologie des relations entre le SI et les entités parties-prenantes dans sa conception, à la lumière de l’approche structurationniste en SI. Quatre modèles sont ainsi proposés et discutés : IS as a product, IS as a service, IS as an access et IS as a platform, chaque modèle induisant des relations de pouvoir spécifiques.

Faut-il être proche pour contrôler ? Effets des proximités sur le contrôle inter-organisationnel.

Cet article exploratoire et théorique croise deux approches qui s’ignorent encore : l’Ecole de la Proximité et les travaux sur le contrôle inter-organisationnel. Il pose la question suivante : quels sont les effets des proximités sur le contrôle inter-organisationnel ? En nous référant à la littérature existante (Boschma, 2005 ; Ouchi, 1979), nous distinguons cinq catégories de proximités (institutionnelle, organisationnelle, cognitive, sociale et géographique) et deux types de contrôles (formel et informel). Les effets de chaque proximité sur chaque type de contrôles sont examinés. Ce travail nous permet de nous munir d’un cadre conceptuel cohérent pour analyser l’influence de la localisation dans l’espace social et dans l’espace géographique des acteurs sur leurs modalités de contrôle inter-organisationnel.

Creative symbiosis as ingenuity strategy in creative industries: Insights from the perfume industry

Research on organizational ingenuity highlights different constraints on and ingenuity strategies adopted by organizations. Although creative industries must overcome various constraints to enhance their creativity, scant research examines creative industries from an ingenuity perspective. The current article offers a case study in the perfume industry to analyze the different types of constraints that affect the creative process. Specifically, this study discusses the ingenuity strategies an entrepreneur can adopt to cope with a strongly constrained context, to create different and “more creative” perfumes. This strategy, or creative symbiosis, provides new insights into extant research on ingenuity.

Rationaliser la création dans un contexte d’internationalisation: Le cas du transfert de connaissances dans le secteur du jeu vidéo

Cette étude explore le cas d’une formation lancée par Ubisoft qui vise à rationaliser et harmoniser les processus de création de jeux dans un contexte d’internationalisation de l’entreprise. Depuis les années 90, Ubisoft ouvre des studios à l’étranger, d’abord en Chine (1996) et au Québec (1997) et réalise d’importantes acquisitions, dans des pays variés. En 2014, Ubisoft possède 29 studios de développement dans 19 pays. Cette stratégie d’internationalisation à travers une croissance rapide s’accompagne par une volonté d’harmonisation de la création et de partage de bonnes pratiques entre les studios. Ainsi, l’entreprise tente par le biais d’une formation de transmettre en interne de bonnes pratiques en matière de création afin d’assurer des standards de qualité sur l’ensemble de ses jeux. La formation offre une clarification du vocabulaire du game design, une méthodologie commune de conception et des concepts pour comprendre l’interaction avec le joueur. À travers l’exploration les connaissances transmises et de leurs effets sur l’activité de création cette étude souligne le transfert des connaissances en Game Design comme un des facteurs explicatifs de la performance durable de la firme en matière de création.

Performativité dans les organisations publiques : le cas de l’explicitation du Service Européen pour l'Action

Cet article met à profit la notion d’épreuve d’explicitation (Muniesa, 2014) afin de contribuer à la compréhension du processus performatif dans les organisations publiques. L’analyse de la mise en place du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) donne à voir la manière dont l’organisation élaborée a performé deux approches des affaires extérieures de l’Europe que nous avons qualifiées dans cet article d’approche supranationale et d’approche intergouvernementale. A travers cette étude de cas d’une organisation publique, le processus performatif apparaît comme émanant d'un choix entre deux alternatives de nature politique plutôt que d'un choix entre économicisation et politisation. Notre article conduit ainsi à réaffirmer le caractère politique des organisations publiques qui a pu être par le passé oblitéré par la polarisation des recherches opposant les principes du New Public Management (NPM) et les valeurs publiques.

LES RELATIONS INTER-CLUSTER DANS UN CONTEXTE DE COOPETITION : LE CAS D’INNO’VIN

Les relations inter-cluster, résultant d’une application du principe de mise en réseau aux clusters eux-mêmes, tendent à se développer, encouragées notamment par les politiques publiques. Elles constituent un cas particulier de relations inter-organisationnelles. La dimension parfois coopétitive et asymétrique de cet interclustering est relativement peu abordée par la littérature. En effet, cette dernière se focalise jusqu’à présent sur les vertus des relations inter-cluster, en termes d’accès à des ressources et compétences complémentaires, permettant d’éviter le lock in. Aussi, dans cette recherche, nous nous demandons comment on peut trouver un équilibre favorable entre coopération et concurrence dans le cadre d’une relation inter-cluster coopétitive asymétrique. Le cas du cluster Inno’vin en région Aquitaine nous permet de répondre à cette interrogation, en comparant sur une période de plus de six ans, grâce à trois phases de collecte, les relations entre ce cluster et deux autres clusters positionnés, en partie, sur des thématiques proches et sur un territoire commun. Nos résultats mettent en lumière l’importance des mécanismes de génération de la confiance dans le management d’une relation inter-cluster coopétitive, à travers deux approches distinctes : la clarification des règles du jeu en amont et la dynamique de learning by cooperating. Notre article met ensuite en exergue le rôle décisif des mécanismes de régulation formels (pour partie transitifs) et informels (ex. : marginaux-sécants) dans le cas où la coopération entre clusters se déroule dans un contexte marqué par la concurrence.

The Political Cycle of Public-Private Contract Renegotiations: Evidence from the French car park sector

Recent research in contract theory suggests that public-private and private-private agreements are inherently different. This paper studies empirically the intrinsic differences between these two types of contracting. We focus in particular on the different impact local elections have on the execution of public-private and of private-private agreements. In order to do so, we investigate the occurrence of renegotiations of each type of contract prior to local elections. We believe that, as public-private contracts belong to the public sphere, their renegotiations should be affected by the electoral calendar, while renegotiations of private-private contracts should not. To test this, we use an original dataset comprising every renegotiation of the exhaustive set of public-private and private-private contracts signed by the French car park leader between 1968 and 2008. We use a difference-in-difference methodology to show that, compared with private-private contract renegotiations, public-private renegotiations significantly increase before local elections. In particular, renegotiations aiming at modifying the tariffs or the financial side of the contract (i.e. the remuneration of one of the parties) increase before an election, whereas all other types of renegotiation do not. Possible explanations for these results are considered.

Diversity of the top management team: from business contingencies to CEO’s free will?

This study looks at the composition of top management teams (TMT) to explore and explain the diversity of TMT. Are the TMT homogeneous or heterogeneous? Can we explain the TMT diversity? Why the diversity level of the TMT is different from one organization to another? The research is based on the analysis of some of the largest French companies by looking at the education, age, tenure and gender of each TMT members. The results we obtained with a sample from 96 organizations revealed that contingency factors and CEO’s free will contribute in explaining TMT diversity.

Las estrategias políticas, entre la crisis y los imaginarios

La comunicación trata la cuestión de las estrategias políticas en contextos de crisis de la institucionalidad vigente. Se sitúa tal cuestión al interior de la teoría de los imaginarios debida centralmente a Castoriadis; tomando al respecto el caso de España. El análisis preliminar realizado permite describir el caso citado, a partir del supuesto según el cual las estrategias políticas no pueden ser pensadas fuera de su articulación con procesos discursivos y prácticos orientados a la construcción de imaginarios sociales.

La fabrique de la croissance: des représentations aux paradigmes

Cet article vise à analyser en profondeur les représentations de la croissance chez les dirigeants de PME. Effectivement, malgré les progrès réalisés dans la connaissance du phénomène de croissance des entreprises, de nombreuses questions restent à approfondir, notamment au niveau des micro-fondations de la croissance (Wright et Stigliani, 2012). Alors que le manque d’ambition de croissance des dirigeants de PME est souligné par de nombreuses études, plusieurs auteurs invitent à adopter une perspective cognitive pour mieux appréhender la façon qu’a l’entrepreneur de penser, de décider la croissance (Mitchell et al. 2002 ; Gregoire et al. 2011). En écho aux travaux qui ont conduit à s’interroger sur la fabrique de la stratégie, la question de la fabrique de la croissance semble ainsi se poser avec acuité dans le domaine du management stratégique et de l’entrepreneuriat. Pour apporter des éléments de réponses à ce questionnement, une étude empirique qualitative est menée à partir de diverses sources de données. La recherche conduit à identifier 6 niveaux d’analyse de la croissance dans les représentations des dirigeants et à avancer la notion de paradigme, pour évoquer les logiques de construction cognitive de la croissance chez les dirigeants.

ENJEUX STRATEGIQUES ET VALORISATION DES OPTIONS CACHEES INHERENTES AUX OPERATIONS DE OWNER BUY OUT

Cet article est consacré à un mode de développement et de transmission spécifique aux PME : l’Owner Buy Out (OBO).
Il propose une grille de lecture théorique permettant d’expliciter les leviers de création de valeur inhérents à un OBO stratégique, les options cachées associées à un tel montage ainsi que le processus de valorisation de ces mêmes options.
En s’appuyant sur les développements récents que nous suggèrent les théories contractuelles et cognitives, cet article montre que l’OBO peut être défini selon deux cas polaires : l’OBO purement patrimonial qui ne crée aucune valeur économique (pur cash-out) et l’OBO stratégique avec un apport économique sous forme de transmission de capital organisationnel, de connaissances ou de mise en œuvre d’actions stratégiques.
Après avoir explicité la flexibilité managériale et le caractère multidimensionnel que procure un tel montage aux dirigeants-propriétaires de PME, nous proposons un cadre méthodologique fondé sur la théorie des options réelles en vue de mieux circonscrire la nature et les caractéristiques des options cachées inhérentes à une opération OBO et ce dans une optique d’évaluation. Afin d’apprécier la portée pratique de la méthodologie adoptée, des simulations permettent de valoriser les options de développement et de transmission associées à un OBO.

Internal Insemination Capacity: exploring the activation triggers of knowledge absorption

This paper investigates the concept of Insemination Capacity proposed by (Imbert and Chauvet, 2012): the ability of an external firm to trigger a knowledge absorption sequence relative to the absorptive capacity of a knowledge-recipient firm. We collected data through an ethnographic-inspired methodology conducted as an embedded scholar within the Innovation Purchasing Direction of an automotive firm, an internal innovation scouting entity. The results of our investigations first extend this concept to an internal dissemination capacity which is made of the same four knowledge-related mechanisms than external insemination capacity: selection, adoption, contextualization and preservation of external knowledge. We also complete it with the identification of a fifth mechanism which is “people-related” which appears to be central for potential knowledge absorption. This mechanism is the enrollment, by the scouting entity, of Research and Development actors to become the internal holder of the external knowledge. Finally it appears that the trigger of absorptive capacity is made up of two sequences of knowledge-related mechanisms, linked by the people-related mechanism: the first is made apart by the internal scouting entity, the second together with enrolled R&D actors.

Modernisation de l'action publique et performativité : les directeurs de musées confrontés aux enjeux du management stratégique

Depuis une vingtaine d’années, les musées connaissent de profondes mutations. Le recul des financements publics les contraint à diversifier leurs ressources et à réorienter leur management auprès des visiteurs nationaux et internationaux. Les projets muséographiques multiplient les partenariats publics ou privés dans un environnement concurrentiel afin de diversifier l’offre d’accueil et de production de savoirs culturels. Ces profondes mutations entraînent une interrogation sur le métier des directeurs de musées au sein de l’institution muséale et de la gouvernance du patrimoine. Comment les directeurs de musées parviennent- ils à faire face aux défis de la performativité muséale ? Une démarche exploratoire menée auprès de cinq grands musées français, complétée par des données secondaires issues principalement de conférences de presse, révèle que la gestion participe des tensions du modèle économique culturel. L’institution muséale est confrontée à de multiples perspectives managériales, au risque de s’affranchir parfois des valeurs scientifiques. Les choix managériaux des responsables de musées à l’égard de la société et du public sont au centre des interrogations sur la gouvernance et l’évolution des statuts. L’incertitude sur la pérennité du financement public rend toutefois difficile la conciliation des missions de service public et nécessite de valoriser le patrimoine.

Dynamiques de proximité durant la naissance d’un écosystème d’affaires : le cas de la technologie NFC

Afin de comprendre les enjeux de la naissance d’un écosystème d’affaires, nous analysons le cas de l’appropriation de la technologie NFC par le secteur de la téléphonie mobile. Ce cas se caractérise par de nombreuses incertitudes qui compromettent la sortie de l’écosystème NFC de sa phase de naissance. En mobilisant les travaux de l’école de la proximité, les résultats montrent que la territorialisation de l’écosystème d’affaires, forme organisationnelle initialement caractérisée par l’absence de frontière, a été un levier puissant pour favoriser son évolution. La proximité géographique et la proximité organisée entre les acteurs ont alors permis de dépasser l’instabilité du leadership et le manque de consensus concernant l’avenir de la technologie NFC.

Une chaîne d’approvisionnement responsable dans la filière cacao : Mythe ou réalité ?

Cet article propose un examen des démarches RSE menées par les entreprises occidentales dans la filière cacao. Des entretiens qualitatifs ont été menés auprès de huit experts de la filière. Nos résultats indiquent l’existence de plusieurs obstacles pouvant entraver une transition vers une filière cacao plus responsable. Il s’agit notamment de la faible sensibilité des consommateurs par rapport aux enjeux éthiques dans la filière cacao, la logique productiviste des grandes entreprises utilisatrices, ou encore le nombre important d’intermédiaires dans la filière.

Rôle des parties prenantes numériques dans la construction d’une démarche entrepreneuriale effectuale

Les parties prenantes numériques peuvent aider un entrepreneur utilisant une démarche effectuale décrite par Sarasvathy (2001, 2003, 2008). Il devient alors possible de créer une entreprise avec peu de moyens financiers. Une approche par la théorie enracinée a été utilisée pour analyser la création d’une entreprise de location de véhicules de collection sur Internet. Les concepts émergents ont ensuite été traduits en scénarii et mis à l’épreuve auprès de neuf entrepreneurs et de cinq porteurs de projets. Notre article conduit à recommander à un porteur de projets de créer son entreprise autour de sa passion et de son expertise, puis de mobiliser les personnes qu’il connaît. Ensuite, l’entrepreneur collecte, structure et présente les informations. Les fournisseurs et les clients sont des parties prenantes numériques participant à la construction de l’expertise de l’entrepreneur et au développement de l’entreprise. Cette démarche entrepreneuriale permet de minimiser les coûts. L’entrepreneur est un acteur-réseau (Callon, 1986) qui mobilise une communauté numérique et adopte en cela une démarche effectuale (Sarasvathy, 2001, 2003, 2008). Ainsi notre article montre comment créer une entreprise en mobilisant des parties prenantes numériques.

Imaginer une hiérarchie adaptative : Les innovations organisationnelles d’une société pratiquant la revente de drogue

Le sujet des sociétés illicites a été abordé dans la littérature (Venkatesh, 2009, Finney & Lesieur, 1982). Avec une approche organisationnelle, il nous permet de mieux comprendre le fonctionnement d’un réseau illicite s’adonnant à la pratique du commerce de drogues. Nous tentons, dans notre étude de compléter ce travail.
Par une observation non-participante, au-delà des similitudes qui peuvent exister entre organisation licite et organisation illicite (Whyte, 2007), cette étude tentera de montrer l’originalité organisationnelle, la créativité de l’organisation nécessaire à sa survie du fait de son côté illicite, et comment elle réussit à imaginer une « hiérarchie adaptative » qui présente d’un côté les caractéristiques de l’organisation, et de l’autre celles de souplesse et de capacité de transformation des organisations adaptatives.

Employee stock ownership and CEO entrenchment

Employee stock ownership gives a voice to employees (in terms of shareholding and potential board membership) and therefore may have a major impact on corporate governance. From this perspective, employee stock ownership may be a powerful mean to protect CEOs from market for corporate control and dismissal threat. In this paper, we examine the relationship between employee stock ownership and CEO entrenchment. We use a comprehensive panel dataset of the major French listed companies from 2009 to 2012. Our results show that employee stock ownership exhibits a curvilinear relationship with CEO entrenchment measured by CEO age and tenure. Board employee ownership representation has a mixed impact on CEO entrenchment.

Les entreprises ont-elles pris ou compris le pouvoir ? Une étude comparative des stratégies politiques dans les industries automobile et minière

Les travaux sur les stratégies politiques des entreprises ont accordé une importance prépondérante à l’analyse des manœuvres déployées par ces dernières afin d’influencer le jeu politique, à l’exclusion des autres acteurs institutionnels participant de ce même processus. Cette communication entend ainsi resituer de telles stratégies dans une perspective interactionniste afin de mettre en exergue les modalités selon lesquelles le discours de responsabilité sociale et environnementale permet de faire converger les intérêts d’une diversité de parties prenantes autour d’une acception de la régulation environnementale plus favorable aux entreprises. Deux cas sont explorés et analysés de manière comparative : VHU dans l’industrie automobile ; NICKEL dans l’industrie minière. Les résultats issus de cette étude invitent à questionner la RSE, et les démarches de transparence auxquelles elle donne lieu, comme une manière de détourner l’attention publique de stratégies politiques plus tacites.

Size matters: When small and large firms look for the best partners to innovate

This article aims at studying who the best partners to innovate are for small and large firms. Considering the contradicting results of the literature on alliances and product innovation, we study the role of the size of the focal partner on these relationships. Using the French CIS04 database, we study the impact of cooperation with various partners on product innovation for small and large firms. Our results highlight that, for small firms, customers and competitors are the only partners increasing the likelihood of developing product innovation. If public research institutions are not significant, it appears that cooperation with suppliers is actually harmful for small firms. Regarding large firms, customers and public research institutions are the most attractive partners in terms of product innovation potential. The other partners (competitors and suppliers) do not increase or decrease significantly the likelihood of developing product innovation. Our results contribute thus to the emerging literature that emphasizes the specificities of alliances for small and large firms.

Coopetition, bargaining power and product commercial performance

This research studies the impact of various coopetition strategies (horizontal and vertical coopetition) on product commercial performance. Considering the mixed results of the existing literature on coopetition and performance, we shed new light on their contributions by making a distinction between horizontal and vertical coopetition thanks to a change in our level of analysis from the firm to the product level. Building on the coopetition and the bargaining power literatures, we elaborate a theoretical model and several hypotheses. Using a database in the real estate brokerage industry, we show that horizontal coopetition strategies increase the product commercial performance whereas vertical coopetition strategies don’t. In addition, we underline that horizontal coopetition is more beneficial to large firms than to small firms. Finally, we put forward the existence of a learning effect regarding coopetition strategies. In other words, the more firms coopete over time the better they get at extracting value at their own advantage. These results not only contribute to the literature focusing on the performance implications of coopetition strategies but also to the coopetition theory by underlining the bargaining power mechanisms at stake in presence of coopetition.

The controversy roles of the third-party in coopetition: Stimulating collaboration or competition?

This research investigated the role of third party in coopetition strategies. Previous studies have considered that the third party can initiate coopetition and can also stimulate collaboration between coopetitors. In this study, we question this vision by answering the following questions: (a) Is the third party initiating coopetition or suffering from coopetition? (b) Is the third party stimulating collaboration and/or competition between coopetitors? To provide insights on these questions, we investigated two exemplar cases of coopetition in the European telecommunication satellites manufacturing sector. We show that public institutions and private clients can play the role of third party. When the third party is a public institution, it will initiate coopetition and stimulate collaboration between coopetitors. On the contrary, when the third party is a private client, it will suffer from coopetition and stimulate competition between coopetitors. The role of the third party will thus depend on the match between its interests and coopetitors’ interests. If third party’s interests fit with coopetitors’ ones, the third party will stimulate collaboration. If not, the third party will stimulate competition.

Integration of coopetition paradox by individuals A case study within the French banking industry

This study seeks to provide insights into the principle of “integration of coopetition paradox” considered as a managerial necessity to manage coopetition situations. Coopetition is a relationships filled with tensions related to the coexistence of two contradictory dimensions of cooperation and competition. To manage this situation, individuals need to integrate the coopetive paradox, that means to accept cognitively the paradox and to integrate both contradictory dimensions into their daily activities. The cognitive dimension of the integration principle and its consequences on managerial practices remain under investigated in previous literature. How do individuals perceive the coopetition paradox? What are the consequences of the integration principle on managerial practices? We aim to fill this gap by identifying how individuals are capable of integrating coopetition paradox and how do they deal with it in their daily management. Based on an in-depth study of an exemplar case of intra-firm coopetition we identify for the first time in the coopetitive literature to show and discuss different capacities of integration of the coopetition paradox between managers. According to the integration principle at the individual level, individuals should cognitively accept the coopetition paradox and behave correspondingly to their cognitive perception, emphasizing on both dimensions of cooperation and competition. However, in this study, we show that managerial practices can be disconnected from a cognitive acceptance of the paradox. Moreover, depending on the level of the cognitive integration, we point out that managerial tools are insufficient to efficiently manage coopetition and that all manager are not capable of integrate the paradox and handle coopetition situations.

La confiance personnelle et le projet. Une lecture luhmannienne.

L’objectif de ce papier est de proposer une compréhension originale des interactions fondées sur la confiance personnelle dans l’organisation projet. Pour ce faire, nous construisons une grille de lecture des relations de confiance à partir de la perspective sociologique de Luhmann, en précisant ce qui la distingue des conceptualisations traditionnelles issues des Trust Studies. Nous montrons alors les apports de cette grille, et plus particulièrement en quoi elle révèle l’influence des conditions organisationnelles sur la formation de la confiance personnelle. Le cas particulier de l’organisation projet, dans ses différentes typologies, est mobilisé pour mettre à jour le pouvoir explicatif et pragmatique de l’approche luhmannienne. Plus précisément, nous montrons que cette approche permet d’éclairer de manière originale les relations personnelles fondées sur la confiance dans l’organisation projet. En effet, dans ce type de contexte, la confiance se révèle être un moyen de soutenir un accomplissement plus rapide du projet, l’accumulation de la confiance entre les membres de l’équipe agissant comme un mécanisme accélérateur de la réalisation du projet. Dans sa dimension pragmatique et principalement motivé par ce gain de temps, la lecture par Luhmann permet de montrer que la confiance personnelle générée par la complexité grandissante de cette forme organisationnelle appartient avant tout au registre des usages rationnels de la confiance.

Décomposition et analyse d’un flux de savoir : le cas du savoir transmis par les prestataires aux managers marketing lors de leurs interactions de travail.

Alors que le champ de recherche sur le transfert de savoir inter-organisationnel s’est considérablement développé ces dernières années, la littérature ne s’intéresse pas suffisamment au contenu du flux de savoir transmis d’une organisation à l’autre. En effet, les façons de décrire le flux de savoir que l’on retrouve dans cette littérature (et dans les travaux qui mobilisent la notion de « savoir » en général) sont assez classiques et sont surtout basées sur les propriétés du savoir. A titre d’exemple, on oppose souvent le savoir tacite et le savoir explicite. Cependant, catégoriser de façon fine et précise la nature du savoir échangé est un préalable incontournable pour mieux appréhender son transfert inter-organisationnel (Easterby-Smith, Lyles et Tsang, 2008). A ces fins, nous proposons ici une nouvelle façon d’analyser et de décomposer le flux de savoir circulant.
En raison du contexte dans lequel évoluent aujourd’hui les organisations marketing, l’apprentissage des managers marketing au contact de leurs prestataires est choisi comme terrain de recherche. En effet, pour faire face aux évolutions constantes, les managers marketing s’appuient notamment sur leurs prestataires et profitent de leurs interactions de travail pour apprendre et développer leur savoir (Moraux, 2014 ; Moraux et Volle, 2014). En étudiant le cas du flux de savoir transmis par les prestataires aux managers marketing, cette recherche se donne alors pour objectif d’analyser le flux de savoir circulant en mobilisant la notion d’ « actifs ». Elle propose plus précisément de décomposer le flux de savoir transmis en un flux de ressources, de capacités, et de compétences utiles aux managers.
Pour cela, une étude exploratoire qualitative est conduite. En s’appuyant sur le discours de managers marketing et de prestataires variés, elle cherche à décrire de façon émergente les actifs qui peuvent être transmis au cours des interactions de travail. Au final, cette recherche présente plusieurs contributions théoriques. (1) En étudiant le cas du savoir transmis par les prestataires aux managers marketing, elle propose une décomposition originale et nouvelle du flux de savoir transmis. (2) Elle mobilise le concept d’ « actifs » afin de décomposer le flux de savoir transmis, tout en appliquant ce concept à un nouveau niveau d’analyse, actuellement peu exploité. Des outils (grille d’analyse, typologie) sont alors proposés afin d’analyser les actifs transmis à ce niveau d’analyse. (3) Elle contribue à mieux différencier les concepts de « capacité » et de « compétence ». Enfin, sur un plan managérial, la recherche montre que les managers marketing peuvent profiter des interactions de travail avec leurs prestataires pour apprendre et capter un savoir marketing riche et varié. De plus, elle met en exergue le fait que les managers marketing peuvent renforcer des compétences managériales pourtant spécifiques au métier de marketeur et à la fonction marketing au contact des prestataires.

Coexistence de logiques institutionnelles et impact sur les pratiques : Cas de la coévolution des logiques d’accountability et de religion chez les Scouts et Guides de France

S’inscrivant dans le cadre de la théorie néo-institutionnelle, ce papier porte sur la coexistence de deux logiques institutionnelles et de leurs pratiques au sein d’une organisation hybride. Plus précisément, nous nous sommes intéressés aux deux logiques présentes dans une organisation religieuse à but non-lucratif, les Scouts et Guides de France. Ces deux logiques, la logique d’accountability et la logique religieuse, sont fondées sur des rationalités différentes : d’un côté, une rationalité en finalité liée à l’adéquation des moyens aux fins et d’un autre côté, une rationalité en valeur liée au respect et à l’application par les individus de leurs croyances et de leurs valeurs.
La collecte des rapports annuels de l’association, collectés de 1983 à 2013, couplée à de l’observation participante et d’une dizaine d’entretiens avec les membres de l’organisation, nous a permis d’observer la coexistence de ces deux logiques et de leurs pratiques au sein d’une même organisation. Après avoir caractérisé ces logiques à l’aide d’idéaux-types, l’analyse du discours des rapports annuels a permis de souligner l’expression en croissance de ces deux logiques ces 30 dernières années. Nos résultats tendent à illustrer que ces deux logiques ainsi que leurs pratiques, arrivent à coexister et qu’elles se complètent mutuellement, malgré des rationalités différentes.

Un concept peut-il changer les choses ? Perspectives sur la performativité du management stratégique

La performativité des théories en sciences sociales, et en particulier en gestion, a fait l’objet d’un intérêt croissant ces dernières années. Les cas étudiés sont généralement des cas de réussite, souvent dans le domaine des marchés financiers. Repartant de Austin, ce papier essaie d’identifier les conditions de félicité qui, si elles sont remplies, permettent à une théorie d’être performative et qui, si elles ne le sont pas, font échouer le processus de performativité. Ces conditions sont au nombre de trois : opérationnalisation [C1], effectuation [C2] et réalisation [C3]. Mais une théorie peut remplir ces conditions, et donc devenir performative, selon deux processus distincts. Si la théorie anticipe sa propre performativité en spécifiant ses conditions de félicité, et si elle les remplit, le processus de performativité est dit cadré. Si, au contraire, la théorie ne s’est pas voulue performative, n’a pas spécifié elle-même ses conditions de félicité, mais si elle se trouve en situation de performer les pratiques sans l’avoir anticipé, il y a performativité par débordement. L’étude de cas de deux théories de management stratégique apparues simultanément au début des années 80, la théorie des parties-prenantes et celle des stratégies collectives, illustre ces deux processus. Elle montre même qu’un double débordement peut survenir conduisant à l’hybridation des deux théories. Le papier ouvre des voies de recherche sur les boucles de rétroaction qui peuvent exister entre le fait pour les théories d’être susceptibles d’être vraies ou fausses (falsifiabilité) et le fait d’avoir un effet possible sur les pratiques (performativité). Les implications managériales résident dans le fait que les praticiens ne doivent pas s’intéresser uniquement aux théories se voulant actionnables, mais ont intérêt à enrichir leur répertoire de théories et de concepts en pratiquant le débordement.

27 years of research on organizational paradox and coping strategies: A review

Although paradox is an increasingly popular phenomenon in organization and management research, we know very little about how this research has evolved over time. This review is the first systematic analysis of the literature on paradox and related phenomena on contradictory tensions (i.e. duality, dilemma, dialectic and ambidexterity) analysing 373 articles published in 75 peer-reviewed academic journals from 1986-2013. Specifically, this article aims at complementing previous reviews by addressing four major objectives: a) to analyse the evolution of the number of conceptual and empirical papers over the period 1986- 2013; b) to identify the major key concepts used to explore paradoxes and to rank them according to their impact on the field; c) to explore which key sub-disciplines of organization and management (‘research areas’) have been central to the field of paradox and how they have evolved over time; d) to trace which responses to paradoxes or “coping strategies” have been proposed since Poole and Van de Ven’s (1989) influential article. Using Kuhn’s (1970) stages of paradigm shift, findings are then synthesized by categorizing the literature into three phases: the incubation phase, the exploration phase and the diversification phase of paradox research. Our analysis allows for a more fine-grained understanding of how paradox and related phenomena and their coping strategies have been studied in organisation and management research and enables avenues for further research to be identified.

How do Customers-Employees interactions influence Organizational Change? A Theoretical Framework

The goal of this theoretical piece of research is to conceptualize the role of customers in the process of organizational change, which has not been explored in organizational research so far. In particular, we wish to shed light on the micro-processes and interactions between customers and firms’ employees in initiating, enabling and producing organizational change. Noting the absence of the customer in organizational literature, the paper adopts a transdisciplinary perspective as it analyzes and combines academic literature on organizational change on the one hand, and on services marketing and management on the other hand, to build a conceptual model of the influence of customers on organizational change dynamics. By adopting a transdisciplinary perspective to reintegrate customers as “partial employees”, this paper is apparently the first to provide insights on how customers-employees local interactions may affect organizational change dynamics. An integrative framework based on the concept of customer participation (CP) is elaborated to explain the influence of customers-employees interactional micro-processes on organizational change. Relying on this framework, we draw three research proposals that could be further used in organizational change models to refine the role of the customer in organizational changes dynamics. We deem that the model proposed reflects the current reality of companies that increasingly involve customers in their daily activities. Thus, it can help corporate players to have a better understanding of the driving forces in change processes. However, this paper is but a first attempt to explore the role of clients in organizational change. Accordingly, an empirical study would be necessary in order to validate our proposals. The results also indicate the need for further research on the role of other external stakeholders in the production of organizational change.

Propositions pour des analyses organisationnelles des mobilités spatiales

En dépit de quelques tentatives récentes, les sciences de gestion se sont, jusqu’à présent, relativement peu attelées à l’analyse des phénomènes organisationnels sous l’angle des mobilités dans l’espace géographique. En conséquence, la présente communication cherche à comprendre quels sont les apports potentiels et les limites d’une appréhension de ces phénomènes au travers du prisme des mobilités spatiales pour les sciences de gestion, et en particulier pour le management stratégique et le champ des organization studies ? Dans un premier temps, elle présente les principaux ensembles de travaux traitant des mobilités spatiales. En dépit de convergences certaines, cet état de l’art souligne l’absence de champ constitué en sciences de gestion autour de lectures en termes de mobilités spatiales. Cette situation peut notamment s’expliquer par la diversité des objets de mobilité étudiés (individus, technologies, hybrides individu-objets, etc.), des niveaux d’analyse choisis et des échelles spatiales et temporelles privilégiées. Elle s’explique également par une certaine partialité dans l’intérêt porté à la mobilité spatiale avec de fortes focalisations sur certaines formes spécifiques de mobilité ou certaines populations particulières d’individus au travail. La mise en perspective de cet état de l’art avec les avancées réalisées dans d’autres champs, notamment en géographie et en sociologie, permet ensuite de dégager les principaux écueils pro-mobilitaires à éviter et de formuler des propositions quant aux précautions et à la profondeur analytique requise pour éviter ces écueils et, ainsi, réaliser des recherches distanciées et réflexives sur les mobilités spatiales en contextes organisationnels. Ces propositions constituent une feuille de route à destination du chercheur en sciences de gestion et plus particulièrement en management stratégique, souhaitant étudier de manière productive et nuancée des phénomènes organisationnels au travers du prisme des mobilités spatiales.

Les différentes approches entrepreneuriales dans les espaces ouverts d'innovation

La créativité a une forte composante sociale. La capture de la créativité collective distribuée joue un important rôle dans les processus innovants des organisations. Dans les dernières années, de nombreux espaces ouverts d’innovation ont été créés sous différentes dénominations : fab labs, hackerspaces, makerspaces, coworking spaces, living labs, etc. Tous ces espaces se basent sur l’ouverture, la collaboration et le partage de connaissances. Cependant, ils diffèrent dans certains aspects au niveau de leur approche entrepreneuriale. Cet article propose une classification des différents espaces en fonction 1) de leur focus sur des activités d’exploration de nouvelles idées ou sur des activités d’exploitation d’innovations avec un but commercial, et 2) du mode de gouvernance de l’espace, soit-il « top-town » ou « bottom up ». L’article étudie les implications au niveau de la complémentarité des différents types d’espaces et le développement de la capacité créative des utilisateurs et des organisations qui en profitent.

Coworking spaces and the localized dynamics of innovation. The case of Barcelona.

The innovative capacity of cities does not exclusively depend on the innovation processes managed by local firms. This paper considers a multi-level perspective to analyze the crucial role of individuals and communities outside firms in the dynamics of innovation in cities. Through a qualitative study of the communities emerging in coworking spaces in Barcelona, we disentangle the different dynamics of innovation involving community insiders and local actors (firms, citizens and governmental bodies). We argue that coworking spaces act as intermediaries between creative individuals (“the underground”) and innovative firms (“the upperground”), contributing to the interaction between colocated actors through the articulation of places, spaces, projects and events. The results lead to suggestions for policies to contribute to the emergence and development of innovation in cities by fostering innovative processes outside firms.

Les ancrages locaux et les dynamiques globales des communautés innovantes

Le modèle du buzz et pipelines (Maskell et al., 2006 ; Bathelt et al., 2004) affirme que les organisations ont besoin à la fois de participer au buzz local et créer des pipelines globaux avec des acteurs externes pour accroître leur capacité d'innovation. À différence du buzz, où la co-localisation est suffisante pour profiter des connaissances partagées, les pipelines nécessitent d’un investissement élevé pour leur construction et entretien. Cet article complète ce modèle en mettant l'accent sur le rôle joué par les communautés de connaissance qui facilitent à la fois les dynamiques de connaissance au niveau local et global. Le modèle proposé est empiriquement illustré par une étude de trois cas sur différentes communautés de connaissance à Barcelone (fabbers, coworkers et makers).

Quels Business Models pour les organisations hybrides : une opérationnalisation de l’approche RCOV au sein du secteur de l’open source

En partant d’une revue de littérature axée sur l’évolution conceptuelle du Business Model (BM), cette contribution propose de traiter la question liée à l’articulation des modèles d’affaires propres aux organisations hybrides. Ainsi, nous chercherons à comprendre comment des entreprises alliant activités marchandes et non marchandes arrivent à évoluer dans leur champ organisationnel grâce à une articulation optimale de leurs composantes d’affaires. Pour ce faire, nous étudions le secteur de l’open source comme un champ hybride associant des organisations à but non lucratif et des acteurs économiques (Muselli et Tywoniak, 2012). Cette coexistence de deux sphères opposées semble a priori de nature à créer les conditions d’une complexité stratégique et un défi pour les entreprises en termes de positionnement au sein du marché des logiciels (Westenholz, 2011).
Les résultats de cette recherche se situent à deux niveaux. Sur un plan théorique, nous nous inscrivons dans une logique cumulative, dès lors que nous déployons, dans la partie théorique de cet article, une méthodologie de recherche documentaire (Waller et Masse, 1999) afin de dresser trois phases conceptuelles synthétisant les dernières quinze années de recherche en BM. Ce travail justifiera le choix de l’approche théorique RCOV (Demil et Lecocq, 2010) en vue de son opérationnalisation.
Sur le plan empirique, cette recherche déploie une méthodologie qualitative à travers l’étude de trois cas de SSLL se caractérisant par des stratégies distinctes. Trois BM différents ont ainsi été identifiés et discutés (BM axé sur le capital humain, BM axé sur les services associés et BM axé sur le marketing). Dans une logique davantage dynamique, nous proposons en conséquence une grille d’analyse permettant aux SSLL d’anticiper l’évolution de leur stratégie grâce aux réajustements à opérer au niveau de leur BM.
En termes d’implications managériales, cette contribution offre aux dirigeants une meilleure compréhension de l’articulation des différentes composantes d’un BM hybride mais aussi une meilleure visibilité des manœuvres stratégiques nécessaires en vue d’une adaptation aux exigences du marché.

Clima Organizacional en la Facultad de Ciencias Económicas de la Universidad de Buenos Aires

Muchos trabajos se han realizado para analizar el Clima Organizacional, el marco teórico del presente está basado en los primeros investigadores de este tema, sin embargo, para el presente se han generado trece factores que representan de manera general el Clima Organizacional abarcando lo que se ha pretendido desde los inicios de este tema. En la Facultad de Ciencias Económicas de la Universidad de Buenos Aires se analiza por vez primera esta situación organizacional. Se aplicó un cuestionario de 142 reactivos a 67 integrantes y entrevistas a 4 docentes, 4 alumnos y 4 funcionarios, se realizó un análisis de frecuencias y posteriormente correlaciones de Spearman por ser datos no paramétricos. El objetivo del trabajo es identificar las características principales del clima organizacional de la institución. Los resultados principales muestran que hay libertad de expresión por lo que les permite trabajar en equipos, la comunicación oficial es la que prevalece en la Escuela, las instalaciones no generan riesgo de trabajo, les satisface poder elegir a las autoridades. Los hombres y las mujeres se comunican de manera diferente. Los líderes cumplen con sus compromisos, la tecnología es importante para el desarrollo de la organización, es motivante el solo hecho de permanecer en la Universidad, la vinculación es importante porque permite que los egresados se inserten en el mercado laboral, los valores de los integrantes son parte esencial para para generar un buen ambiente, los objetivos son alcanzables y las decisiones son evaluadas periódicamente.

De l'innovation sociale à l'innovation responsable : une approche par les capacités dynamiques appliquée aux petites organisations touristiques

Face aux enjeux du développement durable (DD), les petites organisations sont réputées moins armées que leurs homologues de grande taille pour en saisir toutes les opportunités stratégiques en raison notamment d’un accès plus difficile aux ressources humaines et financières ou encore du relatif isolement du chef d’entreprise (Jenkins, 2004, 2009; Lepoutre et Heene, 2006 ; Berger-Douce, 2011 ; Bon et al., 2013). De fait, leur aptitude à innover au profit du DD pose question. Dans cet article, nous examinons comment une démarche expérimentale initiée par une organisation de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) permet à de petites organisations de développer leur capacité d’innovation responsable. Portée par une association, la démarche Éveil ambitionne de promouvoir le développement d’un tourisme durable en Provence auprès de professionnels organisés en réseau. Afin d’identifier les processus déployés dans la mise en œuvre de cette démarche, nous avons mobilisé les
capacités dynamiques (CD) (Teece et al., 1997 ; Eisenhardt et Martin, 2000 ; Winter, 2003 ; Teece, 2007a,b). Cette théorie est reconnue en management stratégique pour expliquer comment les organisations reconfigurent leurs systèmes de ressources et de compétences afin d’innover en environnement dynamique, mais elle est rarement mobilisée dans un tel contexte (Zahra et al., 2006 ; Berger-Douce, 2014 ; Van der Yeught, 2014). La méthodologie repose sur une étude de cas avec design enchâssé retenant deux niveaux d’analyse : les petites organisations composant le réseau et le réseau dans son ensemble (intégrant les fondateurs et coordonnateurs). Les données ont été collectées entre 2009 et 2014 par analyse documentaire, entretiens libres et semi-directifs, observation simple et participante. L’analyse multi-niveaux conduit à deux principales avancées théoriques. Premièrement, cette recherche enrichit la théorie des capacités dynamiques en élargissant son champ d’application au cas des petites organisations. Grâce à une méthodologie appropriée, elle montre comment ont évolué les stocks de ressources, de compétences et de routines dans les petites organisations étudiées, traduisant le développement de CD le plus souvent incrémentales, parfois de renouvellement et plus rarement régénératives (Ambrosini et al., 2009), au profit d’innovations multiples. Elle identifie, en particulier, deux déterminants majeurs d’innovation : les capacités coopératives et les apprentissages stimulés par la mise en réseau. Deuxièmement, l’analyse multi-niveaux révèle les processus par lesquels une innovation sociale issue de l’ESS constitue un moteur d’innovation responsable et durable grâce aux CD qu’elle suscite parmi les membres du réseau. Les leviers de son déploiement favorisent la construction d’une vision partagée et d’un sens commun autour de l’objectif d’un tourisme durable. Chemin faisant, cet objectif se constitue en champ territorialisé d’innovations présentes et à venir dans lequel l’acteur pivot et les fondateurs de la démarche contribuent fortement à la scénarisation et à la scénographie (selon les termes d’Aggeri, 2011) favorisant le développement de processus d’innovation responsable et durable.

Reintegrating the question of intention: Investigating “counter-performativity” and the “problem of description” in the financial industry

This article draws on the concepts of “counter-intentionality” and “saturated phenomena” developed by phenomenologists to analyse how performative processes can fail in organizations. To make our point, we investigate the case of new transparency requirements for European investment firms following the implementation of the Markets in Financial Instruments Directive (MiFID) in 2007. Using an ethnographic study conducted in an investment firm between 2006 and 2009, we show a case where implementation of the normative text is counter-performed, that is, deployed in a significantly different way from the intention initially expressed by the regulator. Drawing on the work of Jean-Luc Marion, our analysis reveals three different forms of the counter-intentionality found in performativity processes. The first reveals itself in the form of alteration, and is generated by interactions between the investment firm and its consultants. The second takes the form of disappointment and concerns interactions between the investment firm and local regulators. The third, resistance, stems from interactions between functions within the firm. This study with its focus on the concept of counter-intentionality contributes to the organization studies literature in two different ways. Firstly, by delineating counter-intentionality using the concept of saturated phenomena, rather than by straightforward reference to counter-performativity, it provides a more detailed understanding of the conditions for infelicitous performativity. Secondly, we contend that counter-intentionality advances understanding of the question of description (Muniesa, 2014), which has recently been shown to be crucial for making sense of performative processes in organizations.

Le discours stratégique au travers du rapport d’activité : Le cas de PSA entre 2010 et 2013

Cette recherche s’inscrit dans les travaux s’intéressant au discours stratégique. Plus précisément, elle analyse la place dévolue au rapport d’activité. Différentes perspectives peuvent être étudiées pour appréhender le discours stratégique, et notamment ses visées fonctionnaliste, narrative et rhétorique. A l’aide d’une analyse sémiotique des rapports d’activité 2010, 2011, 2012 et 2013 du groupe PSA ainsi que d’entretiens semi-directifs auprès du président de l’agence de communication en charge du rapport, cette recherche a permis de comprendre les mécanismes de sa conception, ainsi que son rôle plus général dans le discours stratégique. Le rapport annuel s’avère être un élément clé du discours stratégique. Il est au carrefour de tensions au moment de son élaboration : tensions liées à la temporalité, au contexte socio-économique, aux multiples intervenants concevant le rapport ainsi qu’aux différentes cibles visées. Le rapport d’activité dénoue ses différentes tensions dans la structure d’un récit associant passé, présent et futur. Plus généralement, il permet d’articuler les perspectives fonctionnaliste, rhétorique et narrative du discours stratégique via trois mécanismes identifiés (transposition, orchestration et scénarisation). Notre analyse révèle également une dynamique de cycle et de trajectoire inter-rapport d’activité. Il existe effectivement une logique de lien entre les rapports. Elle peut être contingente au contexte, mais également planifiée sur plusieurs années. Dans ce cas, le rapport d’activité se lit comme une fiction en plusieurs actes. Il est chargé d’accompagner le discours mais également l’orientation stratégique du groupe. Cette logique fictionnelle du rapport d’activité pose plus généralement la question des liens entre storytelling et action stratégique.

Recourir à un acteur-tiers pour compenser des relations déséquilibrées

Pour compenser des relations déséquilibrées et accroître leur pouvoir, les entreprises peuvent coopérer et recourir à un acteur-tiers qui mène certaines missions pour le collectif. Afin de comprendre l’impact de cette forme de gouvernance, en particulier sur les transactions, cette recherche s’intéresse au marché du traitement des déchets où les relations clients-fournisseurs peuvent être considérablement déséquilibrées. En effet, les petites entreprises, qui disposent d’un pouvoir de négociation limité face aux prestataires, subissent souvent des comportements opportunistes. Nous mobilisons une étude de cas multiples via l’étude de trois réseaux inter-organisationnels situés dans la région Nord-Pas-de-Calais : Écopal dans le Dunkerquois, Carvin Entreprises dans le Carembault et Synéo dans le Valenciennois. Dans chacun, des stratégies collectives de gestion des déchets sont pilotées par une association loi 1901 qui mène plusieurs actions et représente les entreprises dans la négociation avec les prestataires. À partir d’une analyse par les coûts de transaction, nous identifions les intérêts et les limites de l’acteur-tiers pour rééquilibrer des relations asymétriques. La mutualisation des volumes de déchets et le recours à un tiers permettent d’accéder à des prestations plus intéressantes (transfert et absorption des coûts de transaction par l’acteur-tiers et augmentation du pouvoir de négociation). Cependant, nos résultats empiriques indiquent que ce contrepoids reste limité et que les relations ne sont que partiellement rééquilibrées. En effet, tandis que l’opportunisme persiste chez certains prestataires, d’autres comportements stratégiques – liés à l’organisation tripartite de ces initiatives collectives – apparaissent chez les entreprises et même, dans certains cas, chez l’acteur-tiers.

Diversity and Precarity in the workplace:how location matters for both individuals and organizations

This paper discusses how young workers engaged in mediated employment relationships overcome their territorial disadvantage in a French context. I contribute to theory development on the interrelationship of work and employment processes with the way disadvantaged persons challenge Labor Market inequalities. I draw on two life stories collected from a workplace’s ethnography to illustrate how location plays an important role in both the creation and the lack of opportunities. Whereas the initial residential location constrains the possibilities for the educational attainment in France, the client’s workplace enables external workers to demonstrate competences even with mediated employment relationships. My study contributes to research on critical diversity by showing how these disadvantaged young people achieve to get high status jobs in a context where higher education diplomas are required. Through mechanisms including the negotiation of challenging missions in the client’s workplace and competences development, external workers may take advantage of a work situation despite their precarious employment status. However, other diversity-related attributes such as gender and ethnic origin hamper the capability of stabilizing in a high status job for the educational background disadvantaged. This study offers some potential development in the critical research on space and territoriality in strategic management.

Micro-foundations of dynamic capabilities. The diverse roles of boundary spanners in sensing/shaping and seizing opportunities

Our article contributes to the understanding of the micro-foundations of dynamic capabilities by showing how middle managers adopting the role of boundary spanners influence the organizational capacities to sense/shape and seize opportunities. Organizations should constantly monitor their environment in order to detect and create opportunities. How such access, detection and creation actually occur still needs to be investigated. Boundary spanners are individuals with rare competencies who link the organization to its environment. They play an important role in knowledge transfer, diffusion and exploitation. They also influence innovation and organizational change. However, not all boundary spanners are equal when it comes to succeeding in these functions, sometimes despite high expertise and individual talent. Research has explored the characteristics and levers of performance of boundary spanners. As few studies have done, we propose to analyze how boundary spanners influence the important dynamic capabilities of sensing/shaping and seizing opportunities. From a qualitative study of a case of an inter-professional association on diversity management, four boundary spanning roles are identified in relation to the shaping/sensing and seizing of opportunities. Our study contributes to the understanding of perceptions and practices which influence the performance of boundary spanners. It also provides insights on how boundary spanners can help their organizations capture and capitalize upon opportunities.

EXPLORING THE ROLE OF OPPORTUNIST ACTORS IN INSTITUTIONAL CHANGE: THE CASE OF THE SERBIAN TRANSFORMATION

To complement the literature that has extensively studied the roles of two types of stakeholder in institutional change – on the one hand institutional entrepreneurs and on the other defenders trying to maintain the status quo – this paper focuses on the role played by other actors, i.e. those who are neither defenders nor entrepreneurs, which researchers have typically overlooked. In particular, the present study explores the role of opportunistic actors in institutional change. In exploiting institutional change to increase or maintain their own interests, opportunistic actors indirectly influence change and its end result. Based on a longitudinal case study retracing the Serbian transition to a free market and democracy from 2000 to 2008, our contribution is threefold. First, we underline two strategies adopted by opportunistic actors: exploiting the opportunities offered by institutional change and controlling institutional actors. Second, we explore how the strategies performed by opportunistic actors and institutional entrepreneurs are intertwined in a complex web of relationships, where each strategy is enabled by the other. Finally, our analysis provides a re- conceptualization of the coalescence of agencies, as a combination of convergence and divergence.

La coopétition peut-elle être propice à la standardisation ? Les enseignements d’une étude de cas

La coopétition peut être définie comme un registre relationnel dans lequel
entreprises sont simultanément rivales et partenaires. Si ces relations ont été
de nombreuses industries, elles restent peu étudiées dans les travaux sur le
technologique. En particulier, la littérature sur le développement des
dominantes reste dominée par l’opposition entre stratégie individuelle et stratégie collective. Avec la première, la firme innovatrice cherche à imposer seule son standard et privilégie la compétition avec les offres technologiques alternatives. Avec la seconde, c’est la coopération qui est recherchée afin de définir un standard unique.
L’objectif de cette recherche est de contribuer à l’enrichissement de la littérature sur les processus de standardisation en mobilisant la coopétition comme cadre conceptuel. Il s’agit donc de voir dans quelle mesure des relations coopétitives peuvent conduire à l’émergence d’une configuration dominante et, si oui, de participer à une meilleure compréhension de ce processus, notamment par la mise en évidence de facteurs explicatifs.
Pour atteindre cet objectif, nous avons réalisé une étude historique sur le développement d’une configuration dominante dans une branche de l’industrie des jeux automatiques : le Flipper. Après avoir détaillé l’émergence et les caractéristiques de cette configuration dominante qui est constituée dès les années 1970, nous montrons que celle-ci est bien le résultat d’un processus coopétitif. La nécessité de se différencier, d’innover et d’imiter les concurrents a poussé les principaux fabricants à se faire concurrence. Mais dans le même temps, le partage de ressources, la nécessité de faire front face à des menaces communes et la volonté de répondre collectivement à des demandes des clients et partenaires les ont incités à coopérer.
L’étude de cas indique donc que la mobilisation du paradigme coopétitif est susceptible de renouveler la recherche sur le développement technologique, et plus particulièrement l’émergence des configurations dominantes. Une discussion de ces résultats est proposée dans la dernière partie de l’article. Il s’agit essentiellement de revenir sur les spécificités du terrain observé, les facteurs explicatifs du comportement coopétitif privilégié par les fabricants et les effets de cette coopétition sur le développement de l’industrie.

La diffusion de nouvelles pratiques au sein d’une méta- organisation internationale : le cas de l’agence mondiale anti-dopage.

Cette recherche étudie le fonctionnement des méta-organisations internationales et en particulier s’intéresse à mieux comprendre les processus de diffusion de nouvelles pratiques au sein de ses membres. Inspirée de la littérature portant sur les multinationales, cette étude exploratoire interroge la pertinence des profils nationaux et du contexte relationnel comme facteurs influençant l’adoption d’un nouveau standard. Une enquête par questionnaire, réalisée auprès des Agences Nationales Anti-Dopage (ANAD), acteurs de la lutte contre le dopage dans le monde entier, a permis d’ étudier l’adoption d’un nouveau standard international d’usage à des fins thérapeutiques. Les résultats montrent que globalement ce nouveau standard est adopté par toutes les agences nationales et que les facteurs préalablement identifiés n’ont pas tous un impact sur l’adoption de celui-ci. De nature exploratoire, cette étude invite à approfondir la compréhension des profils nationaux et du contexte relationnel notamment au travers d’une étude qualitative mais également à interroger d’autres facteurs que ceux du contexte.

L’épreuve : proposition d’une catégorie descriptive pour l’analyse des phénomènes organisationnels

Ce papier propose une catégorie descriptive, l’épreuve, comme classe de situations particulière permettant d’étudier les phénomènes organisationnels de degré de granularité relativement fin. Si nos expériences organisationnelles s’apparentent de plus en plus à une succession d’épreuves au bout desquelles se trouve parfois la réussite mais aussi, potentiellement, l’épuisement, il reste difficile de les appréhender concrètement. La simple expression d’un vécu subjectif ne permet pas d’en cerner le contour de façon adéquate ; la focalisation sur des procédures d’évaluation formelle laisse dans l’ombre d’autres situations parfois davantage éprouvantes et sélectives. L’épreuve, en tant que catégorie descriptive délimitant une classe particulière de situations, a le potentiel de dépasser ces limites. Dans un premier temps, pour délimiter son potentiel heuristique, nous en proposons une définition : l’épreuve est une situation d’affrontement qui affecte subjectivement les individus et dont le déroulement et l’issue, marqués par une irréductible incertitude, sont l’occasion d’évaluations. Dans une deuxième partie, nous montrons que l’épreuve est une catégorie descriptives distincte d’autres catégories usuelles en sciences de gestion (événements, incidents critiques, crises, rites de passage, problèmes, situations de gestion). Dans une troisième et dernière partie, nous proposons quelques réflexions concernant ses usages potentiels dans les recherches en sciences de gestion. Tout au long du papier, des illustrations empiriques permettent de mieux appréhender l’intérêt de cette catégorie descriptive.

« Je paie pour qu’on le voie » : les dispositifs d’alerte professionnelle en question

Depuis bientôt une quinzaine d’années, les entreprises françaises mettent en place des dispositifs d’alerte à destination de leurs employés, pour leur permettre, si la situation se présente, de pouvoir dénoncer des malversations dont ils auraient pris connaissance. Les recherches sur le sujet se sont montrées critiques : on craint notamment de transformer le salarié en « délateur » (de Bry, 2008) et on interroge ce qui relève de sa responsabilité (Vercher, Palpacuer, & Charreire Petit, 2011). Peu de recherches empiriques ont pour autant donné foi à ces craintes, les auteurs notant à juste titre la difficulté d’accès aux données. En envisageant le dispositif d’alerte comme un outil de gestion à part entière, cet article de recherche se fixe comme objectif de proposer quelques éléments de constats tirés d’une enquête exploratoire qualitative, menée dans huit organisations, privées et publiques. Notre méthodologie se fonde sur la proposition faite par Eve Chiappello et Patrick Gilbert (Sociologie des outils de gestion, Grands Repères, Paris : La Découverte, 2013), d’envisager les outils de gestion au prisme des rapports sociaux qu’ils génèrent. Nos résultats mettent en relief les éléments suivants: les dispositifs d’alerte professionnelle présentent un engouement homogène d’une organisation à l’autre, mais une grande disparité dans leur réalité organisationnelle ; les chiffres rassemblés par notre enquête laissent penser que ces outils sont en réalité très peu utilisés par les employés ; tout en suscitant un intérêt continu de la part des organisations qui l’intègrent vivement à leur communication, éthique notamment.
Notre contribution est double: théorique d’abord, en proposant d’inscrire les dispositifs d’alerte au sein de la famille de outils de gestion ; mais surtout pratique, en donnant des «éléments de constats» sur la réalité des dispositifs d’alerte professionnelle dans les organisations françaises aujourd’hui.

“How and Where the R&D Takes Place in Creative Industries? Digital Investment Strategies of the Book Publishing Sector”

The innovative and strategic models of creative industries (CIs) in the digital economy are capturing an ever increasing interest in recent years. Notwithstanding, most of the literature is dealing with creation and talent and very few with technological and innovation perspectives. Innovation is in general considered from a single viewpoint: a means to develop new creative contents. Thus, this paper investigates a very important issue surprisingly neglected both in the scientific literature and the professional and public reports as well: the topic of R&D and technological innovations in CIs. The present paper characterizes how and where R&D takes place in a specific creative industry: the book publishing sector. A systematic identification of R&D developments concerning e-book technology has been achieved using an original methodology set up by the authors to feature the technological strategic evolutions. The results provide a reliable cartography of the value chain through an adaptation of the OSI layers model. This framework helps to understand the new digital ecosystem of the book publishing sector and the strategies carried out by editorial houses regarding R&D and new technological innovations.

Inside the Box of Open Innovation: Actual Implementation in Large Firms

Since Chesbrough (2003)’s seminal work, “open innovation” (OI) is a buzzword that many companies and academics constantly refer to. This paper addresses the question of implementation of outside-in open innovation, and analyzes how companies adopting this approach implement it in terms of partnership development and internal organization. To do so, we rely on OI and strategic alliances literature. We then conduct a multiple case study analysis on 18 companies famous for their OI practices. We study what impact OI approaches had on their innovation methods, their way of managing partners, and their internal organization. We thus show that OI approaches are not always based on an extensive openness of external partnerships, and that companies can choose among three OI strategies: topic-oriented OI, partner-oriented OI or fully open approaches, which are not mutually exclusive. We also show they face a trade-off between breadth and depth of partnerships, which evolves over time. As for internal organization structures to handle OI approaches, we find that companies usually dedicate staff and budget resources to the project at the beginning of the process. When this new culture is widely developed and the OI approaches mature enough, it does no longer require any specific staff or department.

Prendre en compte les émotions dans le développement de nouveaux produits. Application au produit automobile.

Ce travail de recherche a pour objet d’étude la prise en compte des émotions des clients dans le développement d’un nouveau produit. Nous assistons en effet à une effervescence autour des phénomènes émotionnels: plus que des produits satisfaisant les besoins des consommateurs, ce sont des produits suscitant des émotions que les entreprises devraient introduire sur le marché. Ces phénomènes émotionnels sont complexes et plusieurs disciplines, telles que la philosophie, la psychologie, la physiologie, le marketing et plus récemment les neurosciences, ont cherché à les définir et les caractériser. En outre, pour la firme, poursuivre un tel objectif de développer des produits ayant une forte composante émotionnelle pose inévitablement la question des modalités de prise en compte des émotions générées par un produit et cela au cours du processus de conception.
L’automobile, en tant que produit émotionnel et produit d’un degré de complexité élevé, nous a semblé intéressant pour cette analyse. Les cycles de développement d’une nouvelle voiture sont longs, de trois à cinq ans en moyenne, et coûteux. Un véhicule lancé sur le marché n’atteignant pas sa cible client est dramatique pour le constructeur. Par ailleurs, la maîtrise technologique des firmes conduit à des véhicules dont les fonctionnalités sont proches, d’où l’importance de la prise en compte de la dimension émotionnelle des produits au cours du processus de développement. Le développement d’une nouvelle voiture respecte les principes de l’ingénierie concourante : chevauchement des étapes du développement, organisation en équipe-projet, direction de projet au statut fort et co-développement avec les partenaires. Notre analyse repose sur une étude de cas unique, celle de la firme Renault, et sur les principes de la recherche-intervention. Notre recueil de données est fondé sur des observations de terrain complétées par la collecte de documents internes et par des entretiens semi-directifs de quinze acteurs majeurs impliqués dans le développement des voitures. Plusieurs projets véhicules ont été analysés en parallèle.
Nos résultats permettent tout d’abord d’éclairer les différentes conceptions des émotions chez Renault : émotions telles qu’appréhendées dans la littérature (plaisir, stimulation, joie), ou Wow Effect ou attributs du produit (élégance, modernité, sensualité), dont nous analysons les implications. Du point de vue organisationnel, nous soulignons que la prise en compte des émotions dans le développement d’un nouveau véhicule s’inscrit dans deux approches. La première, projective, relève d’une compétence d’anticipation et s’exerce dans la déclinaison des besoins émotionnels et bénéfices émotionnels puis en attributs du produit. La seconde, évaluative, relève d’une compétence de validation fondée sur l’expertise de certains acteurs de l’entreprise ou sur des tests réalisés auprès de clients. L’analyse de ces approches permet de souligner la complémentarité des théories de la conception User-Centered et Design-Driven pour la prise en compte des émotions des consommateurs dans le développement d’un nouveau véhicule. Enfin, nos résultats montrent que la prise en compte des émotions relève de trois types de paradigmes que nous avons qualifiés de cartésien, expérientiel et des vecteurs d’émotions, et que nous explicitons.

Collective Learning Processes in a Coworking Space for Entrepreneurs: Construction of an Entrepreneurial Community of Practice

The way entrepreneurs learn remains largely uncharted territory. Literature on entrepreneurial learning has focused on organisational learning dynamics that have been little studied in entrepreneurship and rarely through empirical qualitative studies. In this article, we explore dynamics of collective learning in an entrepreneurial context, based on an exploratory study of a French coworking space reserved to social entrepreneurs. We describe and characterize three learning situations and the nature of learning at work in these situations: transmission of pre-existing knowledge through doing in a group, creation of new knowledge by combination of knowledge dispersed among members, and emergence of shared knowledge about the ‘domain’ that brought them together through compilation and synthesis of information held by the different participants. On this basis, we explain how groups are formed in which these collective learning dynamics can develop. We thus propose to speak of an 'entrepreneurial community of practice' to underline the specific conditions under which collective learning processes similar to those highlighted by the literature on communities of practice may emerge in an entrepreneurial context: a physical space, a coordinating team, comparability and complementarity between the hosted members engaged in different ventures.

Le rôle des portefeuilles d’outils de gestion dans les phases d’idéation ou d’exploration en amont des projets d’innovation inter-organisationnels

Les collectifs qui se constituent avant le lancement effectif de projets d’innovation tendent à se généraliser et à se diversifier (séminaires de créativité, partenariats d’exploration, clubs d’identification d’opportunité d’affaires...). Ces collectifs se caractérisent par l’hétérogénéité des profils de leurs participants, par le fait que leurs acteurs viennent d’organisations variées (pôles de compétitivité, PME, agences de développement économique, universités...) et qu’ils se réunissent de plus en plus en amont des projets. La littérature a montré la fragilité de l’action collective dans ces situations. L’article porte sur une étude de sept dispositifs de cette nature au travers des portefeuilles d’outils utilisés (méthodes de créativité, démarche de conception innovante). Trois approches théoriques sont mobilisées et reliées (outils de gestion, objets frontières et objets intermédiaires) pour comprendre le rôle des artefacts dans ces actions collectives. Les résultats montrent que l’approche par les outils/objets est pertinente car l’agencement judicieux d’un portefeuille d’outils peut avoir un effet positif sur la coordination, la cohésion et la confiance des acteurs du fait des médiations et des traductions qu’ils opèrent, permettant ainsi l’évolution des représentations des acteurs et les apprentissages croisés. L’article montre également que les trois approches théoriques, utilisées de manière disjointe jusque là dans la littérature, sont en fait largement miscibles.

Exploring the Literature for a Doctoral Review Through The Process of Questioning

A doctoral literature review in the field of research in management and strategy may often be a source of significant concern for researchers. Such concerns are raised in relation to the exploration of the literature, with the view of engaging in the process of formulating the research problem and refining the questioning. So far, this process has remained explored in insufficient depth. Thus, we make a methodological proposition based on its exploration from the initial questioning – which guides doctoral researchers through the literature – all the way to the definitive research question. We argue that the refining process is iterative and involves expansion and contraction of the literature being explored. We then propose to operationalise principles from Grounded Theory (GT), notably abduction, coding, and theoretical saturation to analyse the literature and to articulate the passage from expansion to contraction through the different iterations of the process. In so doing, we introduce two distinctive intermediate elements in this process: (1) relative empirical saturation (ESR) to mark the condition for timing the start of the contraction; and (2) relative theoretical saturation (TSR) to mark the end of a full iteration.

Vers une compréhension des acteurs et des discours de la contestation des projets d’implantation

La contestation des projets d’implantation s’intensifie. Les parties prenantes qui y sont opposées (qui se font désormais appeler « zadistes ») parviennent de mieux en mieux à faire obstacle à ces projets d’infrastructures, de zones d’activité, de parcs de loisirs ou d’autres projets d’équipement. Si de nombreuses facettes de la stratégie politique des zadistes pour empêcher la réalisation de ces projets restent largement à explorer, cet article examine plus spécifiquement qui ils sont et les discours qu’ils mobilisent. L’examen des acteurs est rendu indispensable par la complexité croissante du jeu des acteurs de la décision locale. Les discours constituent une ressource privilégiée par les zadistes qui semblent attacher à la communication d’influence un pouvoir particulier, que la littérature confirme largement. Qui sont les acteurs du zadisme? Quels discours mobilisent-ilspour délégitimer les projets d’implantation, c’est-à-dire pour faire adhérer la population à l’idée que ces projets sont contraires à l’intérêt général ? Quels éléments du contexte, local et sociétal, contribuent à un renforcement du pouvoir d’influence de ces discours d’opposition ? Nous proposons un examen des acteurs du zadisme en mobilisant une approche par les lobbies locaux, empruntée aux sciences politiques. Si les acteurs du zadisme incluent effectivement des lobbies économiques, associatifs et de l’expertise, cette approche présente néanmoins des limites pour rendre compte de la complexité du phénomène et de ses multiples acteurs à différents niveaux d’analyse. Concernant les discours du zadisme, une croyance répandue mais peu approfondie associe la contestation des projets d’implantation à un mouvement écologiste. La littérature existante, quoique limitée, dépasse cette idée simpliste. Cependant, une meilleure compréhension des discours de contestation est indispensable pour permettre, d’une part, aux promoteurs de ces projets de les rendre plus acceptables aux yeux de leurs parties prenantes stratégiques et, d’autre part, aux décideurs publics de mieux évaluer ces projets au regard du critère de l’intérêt général. Notre travail empirique rend compte d’une analyse critique des discours des opposants à un projet d’implantation d’un parc de loisirs privé dans une commune rurale du Sud-Alsace. Nous commençons par identifier les acteurs de la contestation, en nous appuyant sur une typologie existante des lobbies reconnus pour s’impliquer au niveau local dans les décisions publiques, dont certaines portent à conséquences sur les projets d’implantation qu’ils soient d’initiative publique ou privée. Nous identifions ensuite 6 discours véhiculés par ces acteurs, entre lesquels nous mettons à jour des dénominateurs communs. En effet, 3 discours mettent en avant des valeurs sûres, ce que nous interprétons comme le signe d’une stratégie discursive des opposants consistant à attiser un sentiment d’insécurité dans l’esprit de la population de la commune. De même, 3 discours insistent sur des asymétries de pouvoir, et suggèrent une volonté d’exacerber au sein de la population un sentiment d’injustice sociale. Ensemble, ces 6 discours, en jouant sur des sensibilités préexistantes dans le contexte local et sociétal, parviennent à délégitimer le projet à le faire échouer. Tout en contribuant à la compréhension des acteurs et des discours du zadisme, le présent travail souligne les limites d’une approche par les lobbies locaux et suggère plusieurs alternatives théoriques pour dépasser ces limites.

Responsabilité Sociétale et Performance Organisationnelle : quelle convergence ?

L’objet de ce travail de recherche est de développer un cadre d’analyse alternatif à l’étude de la performance organisationnelle comme résultat de la démarche sociétale de l’entreprise. En effet, les investigations empiriques portant sur la relation entre la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) et la performance demeurent largement controversées à cause du mode de conceptualisation et d’opérationnalisation de la notion de performance. Ces recherches ont tendance à se limiter aux seuls et uniques indicateurs financiers, quantitatifs et unidimensionnels dans la mesure de la performance.
Au-delà des avantages purement financiers de la RSE, le cadre d’analyse proposé élargit l’éventail des retombées de la RSE à d’autres dimensions concurrentielle, opérationnelle et en lien avec la réputation. Il mobilise une triangulation entre plusieurs sources de données afin de mieux appréhender la notion de performance. Il s’inscrit également dans une perspective partagée de la performance qui profite à tous les SH (« Stakeholders ») ayant contribué à sa réalisation

Comment se crée l’identité d’entreprise ? Processus de construction dans la start-up et impact des références identitaires

Cette recherche vise à approfondir la question de la construction de l’identité d’entreprise dans le contexte des start-ups. Plus particulièrement, il s’agit de comprendre les liens entre les différents facteurs d’influence (identité des entrepreneurs, écosystème) dans le cas où le cadre de référence identitaire est à constituer et où les entrepreneurs luttent pour identifier l’écosystème qui enrichira la construction de leur identité d’entreprise.
Cette recherche repose sur l’analyse d’une étude de cas sur la création de la start-up SoScience, entreprise de Recherche sociale et solidaire, par deux entrepreneures. La méthodologie, reposant sur des entretiens semi-directifs approfondis et l’analyse de données secondaires, vise à mettre en évidence le parcours de la construction de l’identité d’entreprise de cette start-up.
Cette étude de cas nous permet de mettre en évidence deux résultats principaux. Tout d’abord, il apparaît que l’identité d’entreprise résulte d’un processus itératif et adaptatif mobilisant l’identité de l’entrepreneur, l’écosystème de la start-up et les constructions identitaires intermédiaires. L’interaction entre ces différents éléments fait évoluer le périmètre de l’identité d’entreprise dans un processus d’apprentissage de l’entrepreneur confronté à des éléments de l’écosystème plus ou moins réceptif au projet entrepreneurial. De plus, l’identité d’entreprise s’affirme par adhésion, modification ou au contraire rejet des références identitaires de l’écosystème. Le rejet d’une référence identitaire permet de renforcer le positionnement des entrepreneurs par affirmation des fondamentaux vis-à-vis des parties prenantes externes tandis que l’adoption d’une référence identitaire conduit et spécifie le positionnement de la start-up au sein du champ de référence. Ces deux résultats nous permettent de discuter le rôle de certains objets d’interaction dans le pilotage actif de la construction de l’identité d’entreprise.

An empirical study of the dyadic governance of vertical innovation in France – taxonomy and link with the nature of innovation projects

This paper presents the results of a study based on survey data from 160 managers from French supplier firms about the management of innovation cooperation with one of their client, with a dyadic view. The findings out of a hierarchical ascendant classification and principal component analysis indicates a taxonomy made of four governance types: (1) the “free” type with light contractual arrangement and few coordination mechanisms; (2) the “project-oriented” type implicating largely R&D entities, with contractual arrangement dedicated to the sole innovation project; (3) the “elaborated-partnership” type with complex contractual arrangement comprising mutual commitment and implication of all operational entities; and (4) the “exclusive-partnership” type with contractual arrangement including exclusive commitment, implication of operational entities and joint management of the relationship and of the innovation project. χ-2 statistical tests revealed the existence of a link between governance type and the maturity of the innovation project when both firms are involved, but not with the type and the extent of innovation. This study contributes to the literature on Early Supplier Involvement and on Open Innovation showing how supplier and client jointly organize their relationship regarding the timing of their common implication. Its main managerial implication is to underline the connection between the governance of joint innovation project and the governance of client-supplier relationship, both at inter-firm and intra-firm levels. For managers it implicates to take into consideration these numerous sides of the cooperation when integrating a supplier in an innovation project, or when being integrated in a client’s innovation project.

Le journal de bord sibyllique : de l’importance des anticipations dans le processus de construction de sens du chercheur en immersion

Cet article contribue ainsi aux méthodes de recherche visant à améliorer la qualité des recherches du chercheur en immersion en présentant une forme de journal, appelé journal sibyllique. Le journal de bord est un outil au service de la recherche lors de phase d’observation. En revanche, l’utilisation du journal de bord souffre d’une vision souvent simpliste et reste souvent un « document accessoire » (Mucchielli, 2009).
Nous pensons que le journal de bord doit trouver une place plus importante dans le processus de construction théorique. Sur la base de l’approche par le sensemaking (Weick, 1995), nous théorisons l’activité du chercheur en immersion et montrons l’importance de tenir compte du journal de bord comme d’un artefact ayant une importance dans le processus de construction de sens. Fondée sur une recherche actuelle, nous formulons une proposition de journal de bord qui ajoute une dimension prédictive aux journaux existants. Après avoir décrit l’utilisation de ce journal, nous discutons les implications de son utilisation pour le chercheur en management.

Evaluer la performance individuelle sur les résultats: de la recherche d'efficience au stress professionnel

Cet article présente les résultats d’une étude exploratoire analysant les liens entre l’utilisation d’un système d’évaluation des performances individuelles, basé sur les résultats du salarié, et le stress professionnel. Selon une méthodologie qualitative, nous avons réalisé 22 entretiens semi-directifs, que nous avons retranscrit puis codé sous Nvivo afin de monter en abstraction. Cette étude montre ainsi que la rencontre de deux tendances, managériale (empowerment) et gestionnaire (contrôle sur les résultats), pourtant de primes abords complémentaires, engendrent des dysfonctionnements au sein du système d’évaluation étudié, et in fine du stress professionnel. En effet, cette recherche met en évidence deux dimensions inhérentes au système d’évaluation analysé, et pour autant, facteurs de stress professionnel : l’une technique (les systèmes d'information) et l’autre humaine (les relations interpersonnelles). A cause de dysfonctionnements identifiés sur ces deux dimensions, les critères d’évaluation deviennent opaques et/ou le salarié n’a pas les moyens de satisfaire ses modalités d’évaluation. Ces deux résultats constituent deux fortes sources de stress pour le salarié et ils confirment le difficile équilibre entre autonomie et contrôle. En mettant en lumière un lien entre stress professionnel et contrôle des résultats, cet article ajoute d’autres facteurs contraignant à l’utilisation de ce mode de contrôle, notamment pour évaluer la performance individuelle des salariés.

Beyond “sharitories”: a network perspective of co-opetition. Examining implications for knowledge exploration and exploitation

In a context of hypercompetitive business environments, emergent research on the concept of co-opetition, regarded as the relationship between actors simultaneously involved in cooperation and competition, has provided scholars and practitioners with a new understanding of inter-firm relationships. Research on co-opetition conducted during the past two decades as contributed to shape new perspectives of the ways firms realize strategic advantages, highlighting the positive outcomes of co-opetitive relationships on a firm's innovation performance. However, despite growing literature examining inter-organizational co-opetition, the research field has been little investigated in terms of the nature, dynamics and sustainability of the phenomenon within firms. This contrasts with the fact that, in relation with the expansion of information technologies as well as increased competitive pressure, organizations have to cope with growing complexity and changing roles assumed by actors within intra-firms networks. This context calls for the development of new conceptions to better understand organizational dynamics.
The present paper reviews and analyzes important theoretical work conducted in the fields of co-opetition, knowledge networks and organizational ambidexterity. The authors examine and compare intra-firm co-opetitive dynamics in different contexts, reviewing work conducted on intra-firm networks, and aims to expand and add to the existing theoretical knowledge on intra-organizational co-opetitive interactions. By reviewing intra-firm co-opetitive dynamics at different levels, the paper contributes to appreciate a knowledge-based framework as driver of firm’s innovation capabilities. Implications for firm’s knowledge management strategies and practices are discussed.

Intégrer les nouveaux embauchés en PME : une étude contextualiste de la socialisation organisationnelle

L’intégration d’un individu dans une organisation est un processus long et complexe mettant en scène des évènements apparaissant plusieurs semaines ou mois après l’entrée du nouveau collaborateur. Or, si la réussite de l’intégration des collaborateurs est considérée comme un enjeu important pour les organisations, la dynamique des pratiques de socialisation reste mal connue. Ce point aveugle est d’autant plus problématique dans les PME où l’influence des nouveaux entrants sur leur nouvel environnement professionnel est proportionnellement plus forte par rapport aux grandes organisations (Torrès and Julien, 2005). L’enjeu de cette recherche est de comprendre comment et pourquoi évoluent les pratiques de socialisation au cours de l’intégration d’un nouvel entrant en étudiant le cas plus sensible des PME. Pour répondre à cet objectif nous mobilisons l’approche contextualiste (Pettigrew, 1985, 1987, 2012). Dans une démarche inductive et longitudinale, une étude de cas de la socialisation de nouveaux entrants est réalisée dans six PME. Nous aboutissons à un modèle dynamique des pratiques de socialisation qui montre comment les différentes pratiques de socialisation se succèdent et interagissent, structurant ainsi les parcours d’intégration des nouvelles recrues.

Diffusion des connaissances et mauvaise perception des informations : une approche individu centrée

Afin de monter dans la chaîne de valeur et profiter de la mondialisation des marchés, des PME / PMI innovantes sont incitées à faire émerger des groupements d’entreprises. A travers leurs coopérations, elles partagent régulièrement des informations dans le but d’accroître leurs connaissances. Le bénéfice de cet échange passe par une assimilation des connaissances. L’un des mécanismes de cette intégration est désigné dans la littérature sous le terme de capacité d’absorption. De nombreuses études ont porté sur la décomposition de cette capacité et des formules de calcul ont été proposées. Pour notre part, nous nous référons à celle d’Egbetokun et Savin (2012). A travers cette formule, entre autre, nous essayons de porter une réflexion théorique sur la diffusion inter-organisationnelle des connaissances en étudiant la capacité d’absorption et son impact sur l’accroissement du stock de connaissances de chaque agent décideur. Nous enrichissons la réflexion par l’intégration de la perception erronée par les décideurs des informations extérieures ce qui peut modifier leurs décisions quant à la sélection du ou des partenaires en vue d’un échange de connaissances. Pour modéliser cette situation, nous utilisons une approche multi-agents en créant un espace à deux dimensions où des agents interagissent afin d’accumuler des connaissances dans deux domaines. A chaque tour, et pour chacun des deux domaines de connaissance, les agents choisissent le partenaire qui leur semble le plus proche en termes de connaissances. Les résultats de simulation montrent i.) qu’il est préférable individuellement d’avoir une perception erronée de la réalité, ii.) que plus il y a d’agents en interaction plus le temps pour atteindre un état stationnaire du stock de connaissances est important ce qui constitue un résultat contre intuitif.

Une approche systémique de l’ambidextrie contextuelle

Dans leur article « The Antecedents, Consequences, And Mediating Role Of Organizational Ambidexterity» de 2004 publié dans Academy of Management Journal, les chercheurs Gibson et Birkinshaw ont proposé la notion d’ « ambidextrie contextuelle» pour circonscrire un type d’ambidextrie organisationnel jusque là ignoré. Cette notion se définit en opposition à l’ambidextrie structurelle qui était, avant cela, la forme quasi-exclusive de conciliation des activités d’exploitation et des activités d’exploration – d’ambidextrie organisationnelle – étudiée. L’ambidextrie contextuelle se distingue notamment par la logique bottom-up qui la caractérise. Or, ce phénomène complexe d’émergence qu’elle implique reste, jusqu’à ce jour, insuffisamment expliqué. Par ailleurs, la systémique en tant que méthode d’analyse apporte aux différentes Sciences une compréhension renouvelée des phénomènes complexes qu’elles cherchent à saisir. Nous proposons alors, à l’aide de cette approche, d’analyser en détail les différents mécanismes permettant le passage de l’individu à l’ambidextrie contextuelle, en considérant à chaque niveau d’organisation – individuel, système social et organisationnel –, l’unité observée comme un système ouvert et dynamique.
Ainsi, ce travail propose une vision détaillée des mécanismes de transformation de l’individu en individu ambidextre et du passage des individus ambidextres à l’ambidextrie contextuelle.

Les grands corps d’Etat ont-ils une stratégie ? : Le cas des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts

L’objectif de cette communication est de s’intéresser aux stratégies éventuelles d’une organisation publique bien particulière: le grand corps d’Etat. En effet, dans un environnement particulièrement turbulent du fait du nouveau management public, ces organisations séculaires ont dû repenser leurs modes d’intervention et d’influence sur un plan collectif comme individuel. Le cadre théorique choisi est notamment celui de Mills essentiellement parce que l’accent y est mis sur des critères institutionnels, en particulier la position (qui confère le statut) auquel sont adjoints d’autres critères, comme les valeurs revendiquées ou l’appartenance à une « clique » d’hommes puissants (soulignant de la sorte la proximité et le caractère cohésif de l’élite). La méthode privilégie ainsi l’identification des positions, les segmentations au sein des groupes et également la circulation entre les positions de pouvoir. Le cas choisi est celui des ingénieurs français des eaux, des ponts et des forêts (Ipef). C’est en effet un corps ancien : sa naissance remonte à l’Ancien Régime. La mission principale de ces ingénieurs des ponts était la direction de grands travaux de construction et de génie civil réalisés pour le compte de l’État ou des collectivités territoriales. Il s’agit aujourd’hui d’un corps en pleine transformation suite à sa fusion récente avec celui des Ingénieurs des Eaux et des Forêts. Les premiers résultats de l’analyse transversale comme longitudinale de corps mettent en évidence de nouvelles stratégies autant individuelles que collectives en termes de réseaux.

Parcours entrepreneuriaux des migrants nigériens au Bénin

L’objet de cet article est d’analyser les parcours entrepreneuriaux des migrants nigériens installés au Bénin. Après une présentation du cadre conceptuel et théorique de la migration économique comme réseau de professionnalisation, 503 questionnaires ont été administrés aux migrants puis traités avec le logiciel SPSS 17.0 et analysés à l’aide du modèle logit multinominal. L’examen des résultats a permis d’identifier six parcours entrepreneuriaux des migrants nigériens au Bénin. Le choix du parcours entrepreneurial par le migrant est déterminé par deux catégories de variables classées : les variables mesurant l’influence des réseaux et les variables mesurant l’influence du niveau d’éducation du migrant.

Les notions d’espace normatif et de capacité transnationale en management stratégique

Le droit étant fondamentalement attaché à un territoire, du fait qu'il s'exerce par la souveraineté des Etats, l'expansion transnationale des entreprises et organisations pose des questions d'ordre juridique et normatif d'un nouvel ordre, dont les implications en management stratégique sont significatives, tout en restant méconnues dans la mesure où elles échappent aux cadres d'analyse classiques de la discipline.
Le développement progressif de pratiques transnationales permet ainsi à certaines organisations de mettre en concurrence les territoires au travers desquels elles opèrent. Il est ainsi possible, pour une organisation, de tirer profit d’une position de dépendance réduite envers chaque territoire. Le développement considérable de cet état de fait interroge largement le management stratégique et notamment les théories de la décision ou des parties prenantes, qui doivent permettre de porter un regard nuancé sur ces techniques transnationales. Ces pratiques, si elles peuvent constituer des éléments nuisibles au développement des territoires et au respect des droits de l’homme, peuvent effectivement aussi être partiellement mobilisées en faveur de la résolution de problèmes sociaux, économiques et environnementaux.
Pour penser ces capacités transnationales, il est possible de s’appuyer sur la notion d’espace. Les Global Legal Studies, par-delà leur apport évident aux sciences juridiques, fournissent au management stratégique une vision de l’espace susceptible de servir de base à de nouveaux développements théoriques et praxéologiques. Cette vision permet ainsi de considérer que les capacités transnationales se déploient dans un espace pensé comme un agencement singulier créé par des acteurs et non comme des principes généraux imposés par des Etats. Cette théorie permet de s’extraire d’une vision hiérarchisée des espaces dans lequel chaque niveau (local – régional – national – international) dépend directement et exclusivement du niveau qui lui est supérieur. Les agencements créés par les sujets, et non par leurs institutions, constituent en effet des espaces normatifs inscrits dans une perception non hiérarchique des espaces. Ces espaces normatifs se définissent par (1) des pratiques de choix de règles juridiques par des sujets (2) à l’intérieur de répertoires de règles juridiques de toutes natures (3) liées par des discours savants, professionnels et politiques justifiant et structurant les choix opérés.
L’objet de cette communication est de s’interroger sur la pertinence d’une utilisation, en management stratégique, de cette notion théorique d’espace normatif pour penser l’émergence de l’objet que constitue l’apparition de capacités transnationales. (1) Comment le management stratégique peut-il contribuer à penser cet objet via la notion d’espace normatif ? (2) En quoi l’introduction de la dimension spatiale, au travers de la notion d’espace normatif, constitue-t-il un apport exploitable, d’un point de vue praxéologique ?
A l’issu de travaux exploratoires permettant d’illustrer une construction théorique en devenir, nous proposons ici de fournir des éléments de réponse à ces deux questions. (1) En mettant en avant l’utilité de l’étude anthropologique comme technique appropriée à l’exploration des mécanismes de transmission au travers desquels les sujets développent et acquièrent, plus que des capacités, dans un sens juridique, mais des capabilités, dans un sens stratégique. (2) En soulignant l’aspect essentiellement appliqué de l’étude des espaces normatifs, la théorie déterminant largement la pratique dans ce domaine.

Formes organisationnelles et dynamique d’innovation au sein des alliances asymétriques : quelle articulation ?

L’objet de cette recherche est d’analyser la place de l’innovation en fonction de la forme organisationnelle retenue pour structurer une alliance asymétrique. En nous appuyant sur les résultats d’une étude qualitative menée auprès de neuf cas d’alliances asymétriques franco- tunisiennes, nous examinons les formes organisationnelles retenues pour ces alliances ainsi que la nature des innovations développées en leur sein. Il ressort de cette recherche que ces alliances se focalisent essentiellement sur le transfert des technologies matures, peu propices d’induire à une véritable dynamique d’innovation entre partenaires. Nous mettons en évidence par ailleurs les spécificités tant des facteurs d’inertie que des leviers à l’innovation propres à ces alliances.

Compétences clés des franchiseurs dans le développement de l’avantage concurrentiel d’un réseau de franchise

Cette communication a pour objectif de renouveler la lecture de l’avantage concurrentiel d’un réseau de franchise pour en comprendre la pérennité. L’analyse est basée sur la théorie des capacités dynamiques. Cette dernière, issue de l’approche par les capacités des entreprises, permet de remettre au centre de l’analyse les capacités propres des entreprises. Cette approche met en avant que la réussite d’une entreprise n’est plus le résultat des pressions externes des marchés, mais de l’exploitation de capacités spécifiques à l’entreprise. La théorie des capacités dynamique propose de prendre en compte les marchés, en soulignant l’importance de capacités permettant de renouveler l’avantage concurrentiel, assurant ainsi sa pérennité. Ce cadre théorique est pertinent dans le cadre spécifique des réseaux de franchise pour deux raisons. La première réside dans le fait que l’approche basée sur les ressources des entreprises constitue un pan de littérature encore peu appliqué aux réseaux de franchise. Une lecture par cette approche permet ainsi de renouveler l’analyse des réseaux de franchise. La deuxième raison tient dans la particularité du rôle d’un franchiseur que les professionnels ont mis en évidence. En développant son réseau, le franchiseur développe un « deuxième métier » après celui développé dans son concept commercial. Ce deuxième métier est ainsi au cœur de l’activité de franchisage d’un réseau et doit être interrogé pour appréhender plus finement la réussite des réseaux de franchise. Nous proposons alors de prolonger les études déjà réalisées dans le monde professionnel avec une méthodologie qualitative d’analyse de discours. D’une part nous proposons de montrer la pertinence de l’analyse des réseaux de franchise par son deuxième métier à travers une démarche de recherche. D’autre part nous proposons de dimensionner le deuxième métier en réalisant un codage thématique du discours des franchiseurs. Enfin, nous mettons en perspective nos résultats avec la théorie des capacités dynamiques pour comprendre la pérennité de la réussite. Cette étude propose alors deux apports principaux. Premièrement elle permet d’appliquer le cadre théorique des capacités dynamiques à un nouveau contexte, et ainsi de l’enrichir. Deuxièmement, elle permet de donner aux professionnels de la franchise de nouvelles clés de lecture pour analyser l’activité des réseaux de franchise et mettre en place des stratégies visant à améliorer leur compétitivité.

Construction d’une capacité dynamique d’internationalisation : Le cas d’une petite entreprise du Nord-Pas-de Calais

Les moyens limités des petites entreprises constituent un frein au développement de leurs activités. Parti de ce constat, on se pose la question de savoir si une entreprise de petite taille peut construire une capacité dynamique d’internationalisation au regard des ressources que cela requiert. Pour étudier cette question, nous avons mené une étude de cas longitudinale basée sur une entreprise spécialisée dans les équipements industriels de compactage. Nos résultats montrent que l’entreprise a réussi à construire une capacité dynamique d’internationalisation à travers le développement de ses activités sur plusieurs marchés. La construction de la capacité dynamique a été favorisée par des facteurs tels que le rôle du dirigeant et le réseau de l’entreprise développé grâce à la constitution d’un groupement d’exportateurs. Ces facteurs ont permis l’évolution de la capacité dynamique à travers le passage d’une capacité dynamique incrémentale à une capacité dynamique de renouvellement.

De l'autre côté du périph': Devenir entrepreneure sociale à la cité des 4000

Partant de la vision stéréotypée de la figure de l’entrepreneur comme homme, jeune, issu de grande école, nous nous intéressons au positionnement des femmes entrepreneures sociales dans les quartiers. Nous avons rencontré six d’entre elles au cours d’une formation dédiée à l’entrepreneuriat social au cœur de la cité des 4000 de la Courneuve. Leurs récits de vie nous incitent à questionner ce cadre, sa malléabilité et à creuser la dimension identitaire de cette nouvelle figure entrepreneuriale qui se façonne avec le projet.
Nous posons la problématique suivante : dans quelle mesure le projet d’entrepreneuriat social révèle une construction identitaire pour les femmes des quartiers?
Pour répondre à cette question, nous présentons d’abord les profils, loin des idéaux-types, des six femmes étudiées. Nous analysons leur construction identitaire en périphérie du cadre suivant une lecture butlérienne qui nous guide vers une réflexion sur le devenir-entrepreneure au sens de Deleuze et Guattari (1980).

Lieuité et implication au travail : Le cas des travailleurs d’un quartier créatif nantais

Constatant la concentration de très petites entreprises et de petites entreprises voire de travailleurs dits créatifs dans un quartier populaire en pleine mutation de la ville de Nantes, nous avons souhaité revisiter le lien entre le lieu (géographique) du travail et l’implication au travail. Croisant la littérature récente en géographie sociale en particulier sur les concepts de ‘place/space’, de ‘global sense of place’ et sur la «lieuité», avec la littérature sur l’implication au travail en GRH, nous tenterons de questionner les raisons de l’ancrage « lieuitaire » de travailleurs créatifs souvent autonomes en partant d’un cas concret : les artistes et créateurs (architectes, designers web, agences de publicité, communication, etc.) du quartier des Olivettes à Nantes, un des lieux désignés comme un « cluster créatif » par les responsables politiques de la métropole nantaise. L’analyse exploratoire des 5 classes de discours issus de la double classification descendante des contenus textuels de 45 entrevues menées dans le quartier révèle plusieurs conclusions : a) l’implication au travail, et en particulier l’implication organisationnelle affective et calculée est liée à la lieuité d’un quartier ; b) Il est pertinent d’explorer la lieuité (caractéristiques d’un lieu) comme un phénomène relationnel et processuel jamais achevé fait d’hétérogénéité; et c) la multiplication des travailleurs-entrepreneurs-individuels dans les domaines des industries créatives et culturelles questionne l’organisation et nous pousse à considérer le lieu géographique du quartier comme une tiers-organisation plurale (ou quasi-organisation plurale). Cette recherche - inscrite dans le cadre d’une étude longitudinale des dynamiques de clusterisation sur le territoire métropolitain nantais par l’étude de ses principaux lieux -, ouvre de nouvelles perspectives quant aux enjeux managériaux des politiques publiques engagées dans le développement et l’animation de cluster créatif et culturel fondé sur de très petites entreprises.

Search Strategies for External Knowledge and Environmental Innovation: An Analysis of Large Manufacturing Firms

Although the antecedents of environmental innovation and open innovation strategies have been well studied separately, the impact of a firm’s openness on environmental innovation remains largely unknown. This article considers the impact of three dimensions of open inbound innovation search strategies—acquiring, sharing, and information sourcing—on environmental product and process innovations and finds positive impacts in each case. Sharing mainly enhances environmental processes, and inbound innovation sourcing reveals that market sources of information from customers, suppliers, and competitors are positively associated with firms’ involvement in product and process environmental innovations at all levels. These findings have significant implications in terms of public policy and managerial insights, highlighting the importance of absorptive capacity as a moderator that stimulates environmental innovation. The results suggest substitution effects between acquiring inbound modes and internal R&D and between R&D cooperation and internal sources, as well as complementary effects between internal R&D and institutional information sources and internal sources and market sources of information.

Les Conditions de Performativité du Discours Stratégique Analyses et apports d’Austin, Searle, Butler et Callon

À l’heure où le discours sur le changement est omniprésent dans les sphères économiques, sociétales et organisationnelles, à quelles conditions un discours porté par une direction générale est-il à même d’en produire ?
L’objectif de cette recherche est de déterminer les différentes conditions donnant au discours stratégique sa performativité, autrement sa capacité à produire un effet. Il s’agit de mettre en lumière ce qui permet à un discours stratégique d’induire le changement qu’il décrit, renvoyant par-là à la dimension délibérée de la stratégie, mais également des changements inattendus, renvoyant par-là à sa dimension émergente. Nous convoquons et analysons les conceptions de la performativité portées tour à tour par Austin et Searle, puis Butler et enfin Callon, conceptions que nous illustrons au travers des travaux récents portant sur les effets des discours stratégiques. Cette réflexion met à jour des différences significatives dans les définitions et conditions de performativité du discours. En soulignant l’importance des conditions requises pour qu’un discours produise un effet, cette recherche révèle finalement la relative fragilité du discours stratégique.

Strategy for financing foundations: how do they create value?

This paper aims at designing a conceptual strategic framework for financing foundations (non-profit organization that finance operating intermediaries with grants, debts or equity) by identifying the key strategic choices they face. Traditionally, the research on strategy has rather focused on profit-seeking organizations whose primary objective is to generate wealth for shareholders i.e. capture value. Nevertheless, the question of strategy really matters for financing foundation whose primary objective is to create value. Indeed, during the last decades, these organizations have made a breakthrough in Europe by establishing themselves as private actors that will look after the public interest. In European countries, however, the Welfare State has always been considered as the key actor in charge of the public interest. Foundations hence face the challenge of legitimacy. In addition, there is a stronger demand for efficiency reinforced by the emergence of new models of philanthropy inspired by corporate management principles. The search for legitimacy and impact and the evolution of the environment in which financing foundations play advocate for the development of a clear vision of the social value they want to create and how they plan to do it. In this paper, we define what a financing foundation is and highlight its hybrid nature by comparing it to other financing organizations. We then explore the concept of strategy and review the current literature in philanthropy with a strategic focus. We finally present the conceptual strategic framework before discussing the new research avenues raised by the conceptual model developed.

La sélection des idées dans une séance de créativité : impact du profil des participants et du mode d’évaluation

La créativité et la production d’idées nouvelles au sein d’une organisation sont présentées comme stratégiques pour les entreprises qui souhaitent innover. Encore faut- il savoir sélectionner parmi un grand nombre d’idées, celles qui seront les plus appropriées pour une organisation, un contexte ou un problème donné. Cet article s’intéresse à la sélection des idées suite à une séance ou un concours de créativité. Notre étude met en avant les différents critères utiles pour sélectionner une idée et mettre en place un processus soit le plus efficace possible. La composition des équipes, la formalisation du processus d’évaluation et le temps nécessaire à la sélection des idées sont ainsi des dimensions essentielles à l’évaluation et la sélection des idées.

Manager sous stress aigu en situation de crise : une étude empirique auprès de 122 décideurs

La littérature en sciences de gestion sur le management de crise n’intègre pas le facteur « stress » dans ses analyses et prescriptions. Or, en situation de crise, il s’avère que le stress aigu peut être ressenti par les individus soit comme une aide (stress aigu adapté), soit comme un handicap (stress aigu dépassé) et impacter fortement la performance des décideurs. Cet article analyse d’une part les effets et les conséquences du stress aigu sur les managers en situation de crise et d’autre part présente des propositions d’actions préventives permettant de réduire les effets négatifs de ce type de stress. En présentant une analyse des résultats de questionnaires auprès de 122 décideurs, dont 88% d’entre eux ont dû, a minima, gérer une crise durant ces 5 dernières années, nous identifions les principaux stresseurs en situation de crise, puis analysons les réactions psychiques et comportementales des décideurs sous stress aigu. Les résultats du questionnaire confortent l’idée qu’il est possible non seulement d’apprendre à gérer les crises par des exercices et des simulations mais également, de réguler le niveau de stress aigu des managers par la mise en place d’entraînements et de documentation de gestion de crise. Nous démontrons donc que les managers doivent se préparer à savoir gérer la crise aux niveaux techniques et organisationnels en incorporant des dimensions comportementales et psychologiques tel le facteur stress aigu.

Logique d’action du dirigeant et engagement RSE global en PME

Les PME représentent une large proportion du tissu industriel et ont un impact substantiel tant sur le niveau économique, que social et environnemental (Munteanu, 2014). Ce type d’entreprises se trouve aujourd’hui de plus en plus sollicité pour adopter un comportement responsable et est amené à évaluer et à réduire les conséquences de ses décisions et activités sur la société et l’environnement (ISO 26000, 2010). Dans ce contexte, la littérature croissante sur le thème de la responsabilité sociale des PME démontre une progression relative dans leur appropriation de démarches responsables dans leurs stratégies (Perrini et al., 2007). Cependant, cette littérature demeure fragmentée et n’a pas réussi à fournir une perspective d’action adaptée aux PME (Russo et Perrini, 2010). Nous relevons un flou autour de la nature et l’intensité de leurs pratiques sociétales et plus particulièrement des liens et de l’articulation entre les différentes dimensions de la RSE. En effet, malgré un contexte marqué par l’intérêt croissant des chercheurs académiques et des experts à l’approche multi-parties prenantes de la norme ISO 26000 (Sitnikov et Bocean, 2012), peu de recherches ont tenté de comprendre ce qui favorise le passage vers un engagement envers les différents volets de la RSE, en particulier dans le cadre de pays du sud où un effort supplémentaire reste à fournir aussi bien sur le plan scientifique pour mieux analyser les comportements existants, qu’institutionnel pour promouvoir la RSE dans le champ des PME (Spence et al., 2011).
En partant de ces constats, notre recherche tente de comprendre les logiques d’action des dirigeants de PME qui favorisent un engagement RSE envers plusieurs parties prenantes. Ce travail s’inscrit dans une démarche exploratoire à visée compréhensive reposant sur une étude de cas d’une PME avec un engagement RSE global. A partir du cadre théorique des logiques d’action, cette recherche tend à révéler que les dimensions expliquant les choix du dirigeant pour un engagement RSE global sont relatives aussi bien à l’acteur qu’à sa situation d’action. Dans ce sens, la mise en acte de cette logique d’action semble s’organiser principalement autour d’une dimension social-historique du dirigeant favorisant une sensibilité envers la responsabilité sociale qui rencontre un contexte historique et institutionnel propice. L’analyse des différents mobiles qui ont animé l’engagement de la PME nous permet de conclure qu’une logique d’action entrepreneuriale (Julien et Marchesnay, 1996) pourrait être propice à une RSE globale.

Pilotage stratégique de la modernisation des établissements de santé: le cas des EHPAD

Dans le cadre de cet article, nous nous intéressons aux établissements sociaux et médico- sociaux engagées dans le chantier de la modernisation et en particulier aux Etablissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), où nous portons notre attention aux enjeux de la mise en place d’une action d’évaluation (interne et externe), préconisée par la loi n°2002-2 du 2 janvier 2002 relative aux « Institutions Sociales et Médico-Sociales » et complétée par le décret n° 2010-1319 relatif à la règlementation des évaluations. Notre objectif est de mettre en exergue des éléments, voire des leviers qui contribuent à la gouvernance des organisations engagées dans la voie de la modernisation, où le mode de pilotage peut s’avérer déterminant. Nous visons d’une part à interroger comment les outils de gestion (évaluation) sont appropriés, voire comment ils cadrent (ou non) des pratiques locales ; et d’autre part à identifier des pratiques à travers la manière dont les acteurs utilisent l’outil ‘évaluation’. Nous nous intéressons en particulier au département des Yvelines, et nous menons une enquête empirique dans la perspective de constater le vécu du terrain à ce niveau et d’identifier les causes des disparités dans l’application de l’action d’évaluation. Notre observation s’effectue alors au regard du prisme théorique sur le pilotage stratégique du changement, que nous développons dans la première partie de cet article. En une deuxième partie nous présentons notre enquête empirique, qui nous emmène à proposer des recommandations.

Rendre l’organisation apprenante à travers la conception d’un outil de gestion au service de la complexité dynamique d’une pratique. Cas du conseil en gestion

Cette communication relève des lacunes dans l’organisation conceptuelle des écrits fondateurs sur le concept d’organisation apprenante, essentiellement à visée prescriptive, et tente de les combler. Pour cela, notre raisonnement met en lumière un aspect particulier de l’organisation apprenante : la pensée systémique. S’appuyant sur une étude de cas d’un cabinet de conseil, nous démontrons que lorsqu’un outil de gestion est conçu de manière à appréhender la complexité dynamique d’une pratique, il permet de façonner la réalité interne et externe de l’organisation. Les membres sont capables d’observer les interrelations, comprendre la rétroaction et intégrer de manière permanente le processus de changement. Nos résultats nourrissent la réflexion sur l’organisation apprenante et possèdent une portée explicative. Par ailleurs, cette recherche met en exergue le rôle de l’outil de gestion dans la dynamique d’une organisation apprenante en termes de contribution à la variété requise et d’autonomie des membres organisationnels.

EL PAPEL DE LAS REDES SOCIALES EN INTERNET, OPORTUNIDADES Y RIESGOS: EL CASO DE EMPRESAS MEXICANAS

En plena globalización las organizaciones utilizan las tecnologías de información estratégicamente como parte de sus recursos para múltiples y variadas actividades. En particular, una aplicación de estas tecnologías son las redes sociales en línea, que se han convertido en un fenómeno global con un impacto tanto social como económico enorme en los últimos años.
Las redes sociales han evolucionado considerablemente; de ser sólo una herramienta para facilitar el acceso a información han penetrado en muchos aspectos en las organizaciones y han generado nuevas formas de conectarse con clientes, colaboraciones e innovación (Kaiser, Kröckel y Bodendorf 2013; Vaast y Kaganer 2013). La implementación de estas nuevas herramientas también genera beneficios y riesgos que traen consigo una serie de retos para su administración que en la actualidad se están investigando desde diferentes perspectivas.
En ese sentido, el objetivo de este trabajo es doble, por un lado presentar una panorámica de las redes sociales en internet en México como una herramienta que las empresas deben considerar como parte de su administración estratégica, y por el otro, para contribuir a un mejor entendimiento de este fenómeno en el caso de empresas mexicanas.
A través del análisis de los sitios Web de un grupo de empresas en México, se encontró una baja incorporación de redes sociales en Internet en sus sitios (23%). La red social en internet de referencia es Facebook (22%), seguida de Twitter (19%) y YouTube (8%). Las empresas principalmente están utilizando estas redes en el área de mercadotecnia para su publicidad en internet.
Los resultados preliminares que se reportan en este documento nos permiten seguir trabajando en esta línea, para posteriormente recabar información directamente de las empresas para analizar la estrategia relacionada con el uso y gestión de las redes sociales en internet.

UN MODELO ALTERNATIVO PARA EL DISEÑO ORGANIZACIONAL EN UNA UNIVERSIDAD PÚBLICA ESTATAL EN MÉXICO

Con base en la configuración organizacional de una universidad pública estatal en México, se utiliza un modelo que integra la Trilogía de funciones de R. Bédard (2004) el cual define como indispensables para la sobrevivencia de toda organización “la Producción y Creación, la Protección y Seguridad y la Gobernanza”. El objetivo es describir para la universidad objeto de estudio, cómo con la aplicación de este modelo se puede contar con una visión alternativa a la tradicional administrativa para la formulación del nuevo diseño organizacional. Se toman como insumos para el análisis de la realidad organizacional, los resultados de una investigación (2010-2011) sobre la funcionalidad de la configuración organizacional de una universidad pública estatal. Se destacan los elementos que sirvieron de base para el diseño organizacional, que se sustentan en un marco de referencia específico sobre las características de una universidad pública estatal en México. La trilogía permite dar al análisis organizacional una orientación diferente, considerando que la universidad no es una empresa. La administración es importante como referente teórico-analítico para el diseño organizacional y su perspectiva estratégica, pero no es suficiente. Las universidades no pueden analizarse solo desde la perspectiva racional, toda vez que son organizaciones de diferente naturaleza y complejidad. El análisis implicó la adaptación de la Trilogía a una organización universitaria. En el ámbito conceptual la Producción y la Creación se sintetizan para la universidad en una sola función la Creación, que constituye el principal determinante del nivel de calidad de los programas educativos, del reconocimiento de la universidad y de su contribución científica a la sociedad. La protección y seguridad implica la instrumentación de mecanismos y realización de actividades de apoyo que permitan la supervivencia de la organización: obtención de recursos, reglamentación, formas de organización, procedimientos, entre otros. La gobernanza es el garante de la legitimidad ante la comunidad universitaria y ante el Estado, empresas, organizaciones de la sociedad civil y otros sectores interesados.

Les capacités développées par les organisations pour imiter un produit – Le cas des banques marocaines de détail

À la différence de nombreux travaux sur l’imitation, cette recherche propose une approche de l’imitation par les capacités. L’objet de notre recherche est d’identifier les capacités qu’une organisation peut développer pour imiter sur les marchés concurrentiels. Pour réaliser cette recherche, nous avons défini et distingué différents types d’imitation et mobilisé l’approche par les capacités dynamiques qui nous semble pertinente pour expliquer la mobilisation et la reconfiguration des ressources et compétences d’une organisation pour réagir sur un marché. Empiriquement, nous avons choisi d’étudier les décisions d’imitation prises sur le marché des cartes bancaires privatives pour identifier les capacités. Nous avons mis en place une méthodologie de recherche qualitative exploratoire -l’étude de cas multiples-. Les résultats de l’étude montrent que les banques marocaines développent des capacités d’imitation (capacité d’absorption, capacités d’apprentissage par observation des concurrents, capacité de collecte d’informations et capacité de R&D imitative) en fonction du type d’imitation visée. Certaines de ces capacités sont considérées comme des capacités dynamiques. Ces résultats viennent enrichir les connaissances sur l’imitation et les capacités dynamiques. Cependant, ce travail présente certaines limites inhérentes à la méthodologie choisie et propose des perspectives d’amélioration, étant donnée la jeunesse de l’approche par les capacités dynamiques.

Les facteurs de stress des alliances stratégiques : une grille de lecture selon le modèle SMOCS

Si les alliances stratégiques ont fait l’objet de plusieurs recherches en management stratégique, l’appréciation de ce phénomène en situation de stress demeure peu explorée. Cet article sera l’introduction du concept d’alliances stratégiques stressées, qu’il développe en élargissant la perspective stratégique de stress des organisations. Une revue de la littérature de l’échec et de l’instabilité des alliances sera établie en rapport aux sources de stress. Ce travail, à visée théorique, présente comme intérêt, un apport conceptuel, celui d’une alliance stratégique stressée ainsi que de ses différents facteurs de stress. L’intérêt managérial réside dans le diagnostic de la situation de stress des alliances.

Containing the “tug-of-war” in knowledge-intensive firms: insights from social regulation theory

This paper examines the processes through which the latent and manifest tensions between individuals and the organization are regulated in knowledge-intensive firms (KIFs). These tensions, and the ways to reduce them, have been studied by various literatures, most of which have tended to fall into what we call a “utilitarian” or a “social control” perspective, with the former seeing knowledge as a strategic resource, but largely ignoring the possible tensions, while the latter focuses on how individuals are being both controlled and manipulated towards acting in the organizational interests. To provide a more balanced approach, we propose an integrative framework based on the social regulation theory of the French sociologist J.-D. Reynaud (1988), which, we argue, addresses the individual and organizational levels as interdependent and helps theorize the processes that make KIFs work by containing/limiting the potential “tug-of-war” between organizations and their employees. The papers then illustrates this novel approach by using management consulting as an illustrative/exploratory case study, examining how organizations and individuals have attempted and managed to regulate the tensions regarding its three main assets/fundamental resources: knowledge, reputation, relationships.

Missions des établissements de microfinance (EMF) au Gabon : dérive ou fidélité

Ce papier met en lumière la dérive de missions des EMF. Nous avons observé les caractéristiques de la clientèle (cœur de cible) pour expliquer le comportement qualitatif des EMF. L’analyse qualitative comparée « crisp » (csQCA) nous a permis de modéliser ce comportement de dérive dans leurs missions. Nous sommes arrivés aux résultats que les EMF, dans le cas du Gabon, accompagnent de moins en moins des personnes à faible revenu et des activités génératrices de revenu. En outre ces EMF prêtent à des niveaux de montant élevés et aux clients qui ne résident pas à proximité de leur siège d’affiliation. Nous assistons à un glissement comportemental progressif des EMF vers le comportement des banques commerciales classiques. Nous en avons conclu qu’ils dérivent dans leurs missions originelles. Ces EMF adoptent un comportement hybride et excluent leurs clients originels en les poussant vers les usuriers.

Innovation et compétition entre plateformes technologiques : vers une stratégie basée sur la pervasivité des technologies

L’objectif de cette communication est de mettre en évidence un nouveau cadre théorique pour penser la stratégie de compétition entre plateformes technologiques, indépendamment des logiques de marchés. Nous démontrons que la compétition ne se joue pas seulement sur le marché ; et qu’un des défis majeur de l’innovation technologique est d’être capable de subvertir les systèmes techniques des autres acteurs industriels (concurrents, fournisseurs, partenaires, clients, etc.). Nous présentons ensuite un nouveau critère de performance stratégique pour illustrer l’effet systémique d’une technologie sur l’espace des techniques : la pervasivité d’une technologie. Ce concept permet d’exprimer la faculté d’une invention technique à transformer et à réorganiser d’autres systèmes techniques ainsi que sa capacité à se diffuser à travers un large ensemble de technologies. Aussi, mener une stratégie de pervasivité technologique suppose de contrôler le degré de transformation des différents systèmes techniques, tout en augmentant le nombre de relations entre différents systèmes. Afin de tester nos hypothèses et en raison du caractère exploratoire de cette recherche, nous avons opté pour une étude de cas unique basée sur une approche qualitative. Nous illustrons notre modèle à travers l’étude de l’activité de conception et de développement de la technologie FD-SOI (Fully Depleted Silicon On Insulator) chez STMicroelectronics, leader européen dans l’industrie du semi-conducteur.

Analyzing technology licensing decisions with a real options perspective: a literature review and research agenda

As part of the growing trend towards Open Innovation, the market for technology licensing has experienced a tremendous growth since the beginning of the 1990s. This phenomenon has increased firms’ strategy space, as they now have the choice between internal R&D or internal exploitation on the one hand, and external markets on the other hand.
Yet, licensing decisions are particularly difficult to make because they display a high level of technical, commercial and legal uncertainty. Therefore, technology licensing requires highly proficient management. In this regard the real options (RO) framework appears quite promising, because it is adapted to uncertain contexts. Patents have been early recognized by the literature as real options, and we have anecdotal evidence of the use of real options by firms for their licensing decisions.
In this article, our objective is to review the patent strategy literature dealing with real options, and lay out a foundation for future research on the application of the RO framework to licensing decisions. We find that the literature has concentrated on the use of real options in the domain of patent rights management, while RO applications to licensing decisions remain limited to specific uses. We therefore systematically investigate whether the various types of licensing-in and licensing-out decisions follow a real options logic.
We find that not all licensing decisions can be analogized to real options. Key determinants of the real options logic are in particular the maturity of the licensed technology, and the motivations pursued by the innovator to license-out the technology. We analyze the potential benefits and limits of applying real options to licensing decisions, both from a managerial and academic perspective. Finally, we derive a research agenda from our analysis.

Loosening the consulting organisational machinery? A comparative study of work-life balance practices in two consulting firms

This paper contributes to the study of work-life balance practices in very constrained environments such as Professional Service Firms. We start by highlighting the very distinctive features of Professional Service Firms’ incentive system, which is rooted in the 19th c. Cravath law firm and assumes that young professionals are willing to sacrifice their personal life to be eventually co-opted partner. We then show that a few recent studies lead us to question this assumption and wonder whether this specific system may have lost its incentive power. We then ask the following question: Do Professional Service Firms intend to respond to growing demands of work-life balance and how can they, given their very constrained organisation, accommodate them?
Our study is based on the combination of exploratory interviews of 9 Human Resources directors and 6 partners in 9 consulting firms with an in-depth comparative case study of two Finance and Management consulting firms’ practices in the matter. It contributes to the understanding of work-life balance in Professional Service Firms in several ways. First, we confirm that consulting firms are confronted with demands of flexibility. Yet, we find that Human Resources Directors and Partners have two distinct standpoints on the issue: a first group explains this phenomenon is in line with the normal functioning of the up-or-out system, while a second group admits struggling to retain some promising consultants and trying to address their demands. Our comparative case study then shows that consulting firms attempt to accommodate demands of work-life balance and flexibility through a number of arrangements concerning: time, location, project assignment and client relationship management. Given the considerable discrepancy observed between the firm providing financial advice and the firm providing management advice, we then discuss how contingent consulting firms’ capacity to respond to work-life balance demands may be. We go on to propose a framework of analysis of work-life balance arrangements in Professional Service Firms highlighting the role played by the leverage model, fee billing practices, the length of projects and their location, which are all strongly influenced by the type of advice provided. Finally, we discuss the role played by professional service firms’ organisational constraints in favouring or discouraging these arrangements.

Les leviers intra-organisationnels d’une démarche d’Achats Responsables : une approche processuelle

L’objectif de cette recherche est d’identifier les facteurs intra-organisationnels favorisant la mise en œuvre d’une démarche d’Achats Responsables (AR) et ce, au cours de ses différentes phases d’avancement.
Le cadre conceptuel propose d’étendre la littérature sur les leviers intra-organisationnels des AR, en considérant les AR non plus comme une simple décision mais comme un processus. La mise en cohérence des facteurs intra-organisationnels des AR autour de trois dimensions (centralisation, spécialisation, formalisation) permet d’appéhender leur rôle et leur évolution au cours des trois phases identifiées de la démarche (mise en place, déploiement et maintien). La confrontation empirique repose sur une méthodologie qualitative. Elle est basée sur l’étude du cas SNCF, grande entreprise française considérée comme exemplaire et particulièrement avancée dans cette démarche.
Les résultats montrent que les facteurs intra-organisationnels ne sont pas statiques et qu’ils jouent un rôle différencié selon les trois différentes phases de la démarche d’AR (mise en place, déploiement, maintien). Le passage d’une phase à l’autre suppose ainsi que l’entreprise adapte ses caractéristiques organisationnelles (centralisation, spécialisation, formalisation), passant progressivement d’une organisation mécaniste vers une organisation organique. Les résultats attestent également de la fragilité de la démarche au regard des difficultés observées pour atteindre la phase de pérennité.
Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives pour mieux comprendre le processus de mise en œuvre des AR bien qu’elle adopte une vision linéaire de ce processus. En identifiant finement les facteurs intra-organisationnels, elle offre une voie intéressante pour étudier les complémentarités entre ces facteurs et les leviers inter-organisationnels ou externes.
Cette recherche identifie des leviers d’action utiles aux entreprises souhaitant s’engager dans une démarche d’AR ou celles soucieuses de péréniser une démarche déjà mise en œuvre. Ces dernières peuvent non seulement cerner les différents leviers intra-organisationnels à mettre en place successivement au cours d’une démarche d’AR mais aussi identifier leur stade d’avancement.
A notre connaissance, cette recherche est la première à proposer une lecture processuelle et organisationnelle de la mise en place d’une démarche d’AR. Elle prend donc le contrepied des recherches existantes qui focalisent sur les leviers inter-organisationnels à partir d’une approche par les parties prenantes. Elle s’inscrit dans l’agenda de travaux récents qui plaident pour le prolongement des recherches sur les AR dans le champ des théories des organisations.

L’innovation ambidextre collaborative dans les organisations publiques non marchandes : un enjeu et un levier. Une étude de cas sur les processus d’innovation issus du plan stratégique « Pôle emploi 2015 »

Cette communication propose d’introduire le concept d’innovation ambidextre (Duncan, 1976, Tushman et O’Reilly,1996) dans l’étude du secteur des organisations publiques non marchandes, en vue de construire une analyse sur le mode collaboratif d’innovation ambidextre dans le contexte des organisations publiques non marchandes. A partir d’une démarche qualitative et exploratoire portant sur les processus d’innovation mis en place dans le cadre du plan stratégique « Pôle emploi 2015 » au sein de cette organisation, cette recherche montre qu’au plan conceptuel, une démarche d’innovation ambidextre collaborative peut être analysée à travers trois dimensions qui interagissent entre elles: dimension organisationnelle, dimension technologique et dimension managériale, et qu’au plan empirique, le mode d’innovation collaborative appuyé par une recherche d’ambidextrie organisationnelle, peut contribuer tant au développement opérationnel, organisationnel et managérial des organisations qu’à la transformation organisationnelle. Par ces résultats, cette communication souhaite, d’une part, contribuer à la réflexion sur l’ambidextrie organisationnelle en la plaçant dans le contexte de réforme du secteur public administratif et, d’autre part, inspirer les praticiens par les avancées empiriques identifiées par cette étude.

Le dirigeant de grande entreprise comme producteur de signaux faibles pour une construction de sens

Dans cette communication, nous étudierons le rôle des dirigeants de grandes entreprises comme acquéreurs de signaux faibles. Nous nous appuierons notamment sur le travail de Weick (1995) et une recherche qualitative auprès de dirigeants de grandes entreprises pour montrer que les signaux faibles acquis ne sont pas partagés avec leurs collaborateurs mais permettent aux dirigeants de donner des « coups de projecteurs » sur les dossiers traités, du sens à leurs actions.

Resisting the power of organizations in Modern Times : May we all be Charlot?

A large body of literature has emphasised the importance of every day forms of resistance in the workplace. In this paper, we seek to overcome the criticism of localism and banality that has been directed towards the everyday view of individualistic resistance as well as the limits of the conception of creative resistance that aims to co-produce change within a given system of power. To do this, we highlight and discuss the ideas concerning resistance generated by the film Modern Times, and more particularly by the tramp’s character. We focus on a local, highly individual, spontaneous and not formally organized kind of resistance, but one that builds on dissensus and reconfigures the order of a situation radically. Relying upon Rancière’s philosophy, we develop a conception of resistance that takes the form of affirmation rather the mere reaction to a system of domination. This allows us to underscore the power of the ‘aesthetic regime’ in understanding individual resistance as part of a universal claim for equality.

Approfondissement conceptuel de l’intelligence économique et perception des acteurs organisationnels

L’intelligence économique se présente comme une exception conceptuelle francophone issue à la fois de traductions de différents termes anglo-saxons mais également d’une agrégation de fonctions liées à l’information. Ces fondements hétéroclites se conjuguent à une effervescence pratique, l’intelligence économique reflétant les besoins de traitement des organisations face à un accroissement des flux informationnels.
L’objet de cette communication est de se baser sur les définitions fonctionnelles de l’intelligence économique afin de proposer un cadre conceptuel au regard de la perception des acteurs organisationnels. Une étude de cas unique traduite par la réalisation de nombreux entretiens permet l’accès à des données fortement contextualisées offrant une analyse en profondeur du concept.
Dans un cadre exploratoire, les résultats démontrent d’abord la fongibilité des fonctions d’intelligence économique qui peuvent être assimilées les unes aux autres. Ensuite, au-delà des actions informationnelles, c’est plutôt la capacité de l’organisation à créer entre elles des interdépendances qui permet un accroissement de la performance collective. Enfin, un paramètre substantiel de l’intelligence économique réside dans son formalisme variable qu’il est essentiel de percevoir dans le cadre de la mise en œuvre d’une démarche de management stratégique de l’information.

Organizing value creation and value capture in the innovation process: Evidence from video game SMEs

Today, video game developers are faced to a disconnection between the value creation resulting from innovation and the value capture generated by the sale of innovation. In the literature, this disconnection refers to a strategic dilemma (cooperation versus integration) and organizational dilemma (open model versus closed-model) within the innovation process. In our opinion, the literature does not give any clear answer about the organizational forms which could solve this dilemma. This article analyzes the way the video game developers organize their innovation process to combine the value creation with a high level of value capture. Based on a qualitative methodology and four case studies, we show that the question of the combination can be resolved by organizing certain phases of the innovation process differently. Therefore, by adopting an open model in the upstream phases (through cooperation), and a closed-model in the downstream phases (through integration), the developers can optimize value creation and value capture. Finally, this research contributes to the studies on innovation and value logics and participates in creating a better understanding of the video games sector.

Understanding the pace of deinstitutionalisation: the role and nature of cumulative actions in the case of asbestos in France

Even when accelerated by a jolt, deinstitutionalisation is most often a long process constituted by short timestep and long timestep periods. Little has been said however to explain the pace of deinstitutionalisation and the factors that may accelerate or slow down this process. Not only strategic actions contribute to deinstitutionalisation. Multiple actions are involved and have an impact on the pace of deinstitutionalisation, depending on efforts of maintenance and disruption which may be opposed, isolated or cumulated. Based on Dorado’s profiles of institutional change, we draw out some core claims: (1) the pace of deinstitutionalisation is slower when defensive actions are related to leveraging- strategic actions; (2) the interaction between leverage-strategic actions and accumulating-sensemaking actions explains the creation of residues that later become essential in disrupting an institution; (3) long timestep periods of deinstitutionalisation are related to the tendency for disruptive agents to be weakened and dispersed due to their lack of strategic vision. We conclude by presenting “convening” as an efficient form of action to considerably slow down the deinstitutionalisation process. Our case is supported by a longitudinal analysis of the deinstitutionalisation of asbestos in France during the 20th century.

Stratégie de bricolage pour dépasser le défi « adaptation locale/intégration globale » de l'innovation dans des petites filiales

Cet article étudie le déploiement d’une innovation (ERP : Enterprise Resource planning) dans les petites filiales d’une multinationale. Dans ces petites entreprises, encastrées localement, les ressources sont limitées et la nécessité de faire avec les moyens du bord tout en respectant les règles et directives groupe est importante. Les résultats de notre recherche intervention montrent l’existence de plusieurs formes et pratiques de bricolage présents à plusieurs niveaux : intra-filiales, inter-filiales et groupe. Cette démarche de bricolage conduit à la conception et l’usage de solutions innovantes difficiles à imiter (ce qui génère un avantage compétitif), et l’amélioration continue de l’ERP filiales et groupe (intégration globale) grâce à leurs multiples encastrements.

Reflections on how art can put critical performativity to work in Management Education and connections with the “performativity dilemma”

We advance a “double performativity” is expected from Management Education. Building on the foundations of performativity, we argue this institution’s performativity can only occur through its agents – who we qualify as per-formateurs – using successful performatives. From there, we explain how management educators are faced with a “performativity dilemma”, i.e. the extent to which management educators want to, and are legitimate to, shape management students through management theories and discourses; we in particular focus on management educators who are interested in Critical Management Education (CME). Through a critical and French sociology framework, we question whether, as many critical management educators believe, critical ideas can be shared through “critical performativity”. In this empirical qualitative paper based on an artistic experiment, we determine whether or not art can help put critical performativity to work in the Management Education context. We use an ethnographic posture both in the academic world and during the workshop, combined with interviews.

Prise de décision et vulnérabilité des engagements. Analyse des contraintes de l’agir situé au sein d’une organisation ! d’économie sociale et solidaire

Dans le cadre de cet écrit, nous analysons la fabrique de la décision stratégique (Germain et Lacolley, 2012; Jarzabkowski, 2005; JCR, 2012; Whittington, 1996) au sein d’une organisation d’économie sociale et solidaire (Defourny et Laville, 2007; Defourny and Nyssens, 2012; Gardin, 2006; Laville, 2000, 2003, 2014; Lemaître, 2009; Hillenkamp, 2009). A partir d’une étude des engagements de paroles d’acteurs (Berger, 2008, 2009) en situation de prise de décision collective (Urfalino, 2007), nous interrogeons les modalités d’expression des « demandes de la justice sociale » (Merla et de Nanteuil, 2014) au sein des organisations et leur influence sur le processus de prise de décision. La question de recherche peut être formulée comme suit : Comment les acteurs défendent-ils leurs convictions morales en situation de prise de décision collectives au sein des organisations d’économie sociale et solidaire?

Le luxe : storytelling industry

Le luxe est un objet de recherche en essor en marketing. Toutefois, ce champ se concentre sur la gestion des marques et la perspective du comportement du consommateur, il n’intègre pas l’organisation, et ne stimule que peu les approches critiques. L’article propose une perspective originale de l’industrie du luxe, sous l’angle de la littérature en management - littérature qui n’a quasi pas étudié le luxe - et plus spécialement, des théories critiques du discours. En effet, le discours est un élément clef du luxe contemporain, les marques développant en permanence des systèmes narratifs textuels et visuels. Les Critical Management Studies, parce qu’elles accordent une place centrale au discours, à la question du lien entre discours organisationnel, identité professionnelle et identification, au dévoilement des jeux de pouvoir et de domination sous-jacents au discours, aux possibles actes de résistance et aux discours alternatifs, nous semblent une intéressante clef de décryptage du luxe, abordé sous l’angle du discours. Cet article s’inscrit donc dans la littérature consacrée au discours et plus spécifiquement au discours organisationnel et à l’organisation narrative (Boje, 1995 ; Alvesson&Karreman, 2000 ; Hardy, 2001 ; Czarniawska, 2005 ; Spicer, 2013), et a pour objet de recherche l’industrie du luxe. Il ouvre la voie à de futures recherches, menées dans le cadre d’une thèse de doctorat, sur les liens entre discours et ‘working identity’, dans le cas particulier d’une ‘storytelling industry’. Notre propos est donc d’apporter un éclairage nouveau sur cette industrie du luxe, si stratégique pour la France, tant d’un point de vue économique que d’image.
La recherche s’appuie spécifiquement sur la notion de ‘storytelling’ selon Boje (1995). De nature exploratoire, elle propose une analyse qualitative de matériaux variés ; d’une part le discours officiel de trois Groupes de luxe et d’autre part l’analyse de quinze entretiens exploratoires longs réalisés auprès de cadres middle-managers de l’industrie du luxe. La recherche montre l’existence d’un discours dominant, d’un ‘langage type’ très prégnant au sein de l’industrie du luxe. Elle illustre également que ce discours dominant est un discours marketing, que l’on peut qualifier de ‘storytelling’, en cela qu’il entretient un rapport très distendu avec le ‘réel’ et sert à masquer et légitimer ce même ‘réel’. L’article propose ainsi de définir le luxe contemporain comme une ‘storytelling industry’. Par ailleurs, par l’analyse des discours officiels, l’article illustre comment ce discours marketing externe inspire et imprègne désormais le discours managérial interne ; l’organisation utilisant le storytelling comme un véritable outil de management. Les entretiens exploratoires permettent d’enrichir les résultats de la recherche en faisant émerger des discours alternatifs, habituellement marginalisés ou non exprimés. Leur analyse révèle un fort décalage entre le discours officiel et le vécu des acteurs, qui prennent leur distance vis-à-vis du discours marketing externe tel que répliqué et diffusé à l’interne. L’article illustre ainsi que dire n’est pas faire management, et que le détournement du discours marketing externe à des fins managériales internes n’atteint pas toujours son but, voire qu’il génère parfois des déceptions ou une dés-identification.

Le rôle du contrôle et de la force des liens dans la capacité de gestion des alliances stratégiques

Le taux de réussite des alliances stratégiques reste relativement faible, malgré une littérature sur le sujet qui a explosée ces 20 dernières années. Pour dépasser ce paradoxe, cet article étudie le rôle du contrôle et de la force des liens interorganisationnels dans la capacité des entreprises à gérer des alliances stratégiques. L’observation de 10.377 liens de coopération, au sein de 4.242 alliances, a ainsi permis de construire un modèle d’équations structurelles (PLS). Les résultats mettent en évidence deux éléments significatifs. Premièrement, l'impact des liens faibles et des liens forts est sensiblement identique lorsque l'entreprise ne contrôle pas l'alliance. Deuxièmement, les liens faibles constituent un moyen plus efficace que les liens forts lorsque l'entreprise contrôle l'alliance. Ces résultats permettent d'envisager de nouveaux arbitrages stratégiques afin d'améliorer la performance des relations de partenariats.

Dynamique relationnelle et impact sur la création- appropriation de la valeur dans les partenariats client- fournisseur

Malgré la prolifération des travaux sur la création de la valeur dans les collaborations inter- entreprises, de nombreuses questions sont encore peu abordées. Notre article propose d’étudier conjointement la dynamique relationnelle et la création-appropriation de valeur dans les collaborations client-fournisseur. Nous examinons en profondeur et dans le temps un cas d’une relation de collaboration entre un client et un fournisseur dans le secteur de l’agro- alimentaire. L’étude fait émerger deux hypothèses. Une forte dynamique relationnelle favorise la capacité des ressources apportées à créer de la valeur au niveau inter- organisationnel. Quand il s’agit de répartition de la valeur créée, une faible dynamique relationnelle accentue le recours au contrat. Des pistes de recherche ainsi que des implications managériales sont présentées.

Interactions humaines et émergence des capacités dynamiques : le cas d’une entreprise de haute technologie

Les capacités dynamiques constituent un axe de recherche très important dans le domaine du management stratégique depuis la publication de l’article de Teece et Pisano en 1994. Ce concept explique comment les entreprises identifient, intègrent et reconfigurent leurs connaissances internes et externes pour s’adapter et provoquer des transformations dans un environnement très évolutif (Teece, 2007). Sur le plan théorique, l’approche par les capacités dynamiques tire ses racines de la théorie des ressources défendue par (Penrose, 1959 ; Wenerfelt, 1984 ; Barney, 1991). C’est pour donner une composante dynamique à cette théorie que l’approche par les capacités dynamiques va voir le jour.
Dans l’ensemble des travaux réalisés sur les capacités dynamiques, y compris les capacités dynamiques managériales (Admer et Helfat, 2003 ; Zahra et al, 2006 ; Teece et al, 2007), la question du rôle des interactions humaines dans l’émergence des capacités dynamiques n’est pas abordée. C’est pour apporter des éléments de réponse à cette question que nous avons effectué cette recherche. Les résultats obtenus mettent en évidence trois types d’interactions humaines intervenant dans la construction des capacités dynamiques. Il s’agit des interactions managers-managers, puis managers-salariés, et enfin salariés-salariés. Ces interactions vont intervenir comme des catalyseurs dans l’émergence des capacités dynamiques dans un environnement très évolutif.

Ecosystem business model design

The business ecosystems, open innovation, platforms and systemic innovation are the concepts that are growing fast; they share the multi-actor context and the alignment on a common comprehension of the business. On the other hand the business model concept has been developing in the recent years mostly having a focal firm perspective so it does not provide lenses or tools adapted to such multi-actor contexts. In this regard, through an action research methodology we developed an ecosystem business model design tool within a public-private innovation project for transportation. The Ecosystem Business Model (EBM) includes mapping, matrix and histogram tools to interpret and simulate cost-revenue structure as one of the aspects of business models. These tools helped to overcome the complexity of collective design for the business model within a multi-actor innovation project and assisted different actors to coordinate and collaborate together to establish a business ecosystem for innovation. This communication calls to open the business model literature to the business ecosystem context.

Shifting from a product-based business model to service- centric one: impact on supply chain management

Servitization is a well-established phenomenon both in business practice and in academic research. It describes a move by manufacturers from offering product-centric value propositions to ones that rely on service elements that support, complement or enhance the product or equipment. Servitization therefore represents a change of business model that involves specifying a new or enhanced value proposition and re-configuring the value- creating system that delivers it.
Most studies investigate servitization from the perspective of the provider and its customers. However, value propositions address the entire supply chain rather than only the next stage customer. The value creation system comprises all the activities and resources that play a role in supporting the value proposition including the customer and supply chain members. Academic research investigating the effects of adopting a service-centric business model on the characteristics and the management of the supply chain has been limited until now.
The purpose of this paper is to develop a research framework to inform future empirical work on the impact of servitization on supply chain management (SCM). We build on the main conceptualisations of the servitization phenomenon in the literature as well as on the nascent literature that investigates SCM in a servitized context to develop our research framework. The framework suggests that supply chains supporting the provision of different categories of value propositions are likely to operate differently. In other words, the characteristics and management of the supply chain are contingent on the type of value proposition it supports. Our literature review identifies two main categories of value propositions that can be considered polar opposites. ‘Basic’ value propositions are product- oriented, focus on the provision of a product, see service as add-ons to the main product offering, provide an incomplete solution to a customer’s problem and are characterised by short term transactional relationships between the customer and the provider. In contrast, ‘advanced’ value propositions are service-oriented, focus on providing a capability, see the product as an add-on to the service offering, represent a complete solution to a customer’s problem and are characterised by long-term customer-provider relationships. We also reveal the core supply chain management themes that are to be explored empirically. The themes include supply chain configuration, information sharing and communication, manifestations of relationships, supplier relationship management, innovation, risk, human resources and process management and integration. The framework supports the exploration of basic and advanced value propositions and the resultant implications on the characteristics and management of the supply chain. This provides a useful platform for future empirical research on the impact of servitization on supply chain management.

« We make markets » : l’Ethical Fashion Show en entrepreneur du marché de la mode éthique

L’article contribue à la littérature sur la construction des marchés. Fondé sur une analyse qualitative d’observations, d’entretiens, d’objets et d’articles de presse, l’article décrit le rôle d’un salon, l’Ethical Fashion Show (EFS), dans la formation du marché de la mode éthique. Ce salon parisien, qui a connu dix éditions entre 2004 et 2012, ambitionne de réformer la mode en conciliant l’éthique et l’esthétique. Lorsqu’il ouvre ses portes pour la première fois, la mode éthique n’en est qu’à ses balbutiements. Seules existent quelques marques nouvellement créées et quelques acteurs opérant hors du marché de la mode. L’EFS entreprend de les rassembler, de les promouvoir et de les mettre en relation avec des acheteurs professionnels. L’article vise trois contributions. Premièrement, il dépasse la dyade entreprise-consommateur en élargissant le spectre des acteurs étudiés dans la construction des marchés. Il étudie, au travers du cas du salon EFS, un professionnel de l’organisation des marchés. La notion d’entrepreneur de marché permet de formaliser trois de ces activités : affronter l’incertitude, connecter des acteurs dispersés, changer les normes du marché. Deuxièmement, si le développement durable entraîne souvent la création de nouveaux marchés, ceux-ci sont confrontés à de multiples résistances. En s’inspirant de la théorie de l’acteur-réseau (ANT), l’article décrit les stratégies déployées pour les surmonter. Elles consistent à influencer l’ implication des consommateurs, les représentations du marché, la perception des prix ou la segmentation de l’offre et de la demande. Troisièmement, l’article analyse la dimension matérielle des marchés. L’article discute le rôle de trois dispositifs dans l’organisation du marché : les dispositifs de dévoilement, de qualification et d’emprise.

Les barrières à l’adoption du crowdsourcing pour innover

La littérature récente a démontré l’influence positive de l’innovation ouverte sur la performance des entreprises. Il existe de nombreuses méthodes et outils permettant aux firmes d’intégrer des connaissances externes. Le crowdsourcing (CS) est un de ces dispositifs qui consiste à externaliser une tache auprès d’un vaste réseau d’individus (le plus souvent anonymes) au moyen d’un appel ouvert. Depuis les années 90, il se diffuse au sein de nombreuses entreprises (Procter & Gamble, Lego, Starbucks, Unilever etc.). Ses avantages sont multiples. Dans certains cas, il permet d’accélérer le processus d’innovation et dans d’autres, il donne accès à des connaissances inédites pour la R&D. De nombreux auteurs soulignent l’importance des processus et compétences internes comme facteurs déterminants pour soutenir cette démarche. Malgré l’importance de ces déterminants internes, peu de recherches se sont intéressées à la fois aux difficultés de mise en œuvre de ces dispositifs et aux conditions organisationnelles permettant de les gérer. Partant de ce constat, notre recherche entend répondre à ces lacunes. À partir de 6 cas de CS pour innover, nous identifions différentes catégories de barrières (stratégiques, organisationnelles, en connaissance et financières) qui influencent de différentes manières cette activité. À partir d’une catégorisation des activités de CS pour innover qui distingue, d’une part, les activités de crowdsourcing push (de résolution de problème pour innover), et d’autre part, les activités de crowdsourcing pull (activités inventives et de co-création), nous mettons en évidence l’importance des barrières organisationnelles (difficultés de coordination et d’intégration). Cette étude nous conduit à questionner le mode de gouvernance et d’organisation des entreprises qui mettent en œuvre cette nouvelle pratique.

Stabilité des alliances internationales et hétérogénéité causale : l’apport de l’analyse qualitative comparée

Nous cherchons les combinaisons de facteurs explicatifs de la stabilité des alliances internationales. Partant des indéterminations et contradictions de la littérature sur le sujet, nous constatons l’hétérogénéité causale sous-jacente au phénomène étudié et soutenons que la stabilité des alliances ne peut être expliquée que par des combinaisons de facteurs explicatifs (propres à l’alliance et propres à son environnement), plutôt que par des variables analysées de façon indépendante. La méthode AQC (analyse qualitative comparée) proposée par Ragin est particulièrement adaptée à l’identification de telles « combinaisons causales ». Nous conduisons donc une étude de cas multiple sur 11 alliances ferroviaires du transport international de passagers, analysées et comparées par le logiciel fsQCA et l’algèbre booléenne. Notre analyse nous a permis de mettre en évidence que la stabilité des alliances pouvait s’expliquer soit par (1) la cohérence entre la répartition de l’actionnariat et le rapport de force (en termes de chiffre d’affaire) des partenaires, cohérence que nous appelons « symétrie structurelle » ; (2) soit par la présence de ressources partagées dans une alliance en situation de concurrence sur un marché jugé non attractif ; (3) soit par la présence de ressources partagées dans une alliance en situation de concurrence et où les partenaires ne présentent pas d’autres points de contacts que celui de l’alliance. Ces résultats renforcent et raffinent les enseignements de la littérature et montrent l’intérêt de l’approche par les combinaisons de facteurs.

Quels sont les rôles de l’espace en situation de luttes ? Le cas des Fabriques de culture

La recherche en gestion s’interroge aujourd’hui sur les rôles que l’espace joue auprès des organisations. Cette interrogation est d’autant plus forte que le développement fulgurant des technologies de l’information et de la communication reconfigurent en profondeur l’espace des organisations. L’espace est considéré comme étant une production sociale. L’espace et les pratiques sociales vont mutuellement se structurer. Dans cette optique, l’espace est l’objet de luttes de pouvoirs où il va tour à tour être un instrument de pouvoir ou de résistance. Cette recherche se demande dans quelle mesure l’espace peut être à la fois habilitant et contraignant pour les acteurs impliqués dans une lutte ? Comment ces propriétés se manifestent-elles ? Comment cela est-il géré par les acteurs ? Pour répondre à ces questions une étude de cas qualitative est menée. Données documentaires, entretiens semi-directifs et observation non participante sont collectées. Cette étude a pour terrain les Fabriques de culture en Ile-de- France. Ces structures sont des théâtres issus de la société civile qui entretiennent une relation conflictuelle avec les pouvoirs publics. Les acteurs des Fabriques souhaiteraient être reconnus et soutenus par les pouvoirs publics au même titre que les théâtres subventionnés créés par l’Etat. L’enjeu principal des acteurs des Fabriques de culture est de créer et de pérenniser un lieu où ils pourront défendre leur conception du théâtre tout en restant autonomes vis-à-vis des pouvoirs publics. Cette recherche montre que les acteurs utilisent le lieu qu’ils possèdent en tant qu’outils pour devenir visibles auprès de leurs interlocuteurs. Pour donner plus de poids à cet outil, ils vont mettre en place des actions pour ancrer leur lieu dans un territoire spécifique. Cependant, si ces actions réussissent à capter l’attention des pouvoirs publics, le risque est que ces derniers décident de mettre fin au projet ou bien de le récupérer. Tout en ayant besoin des pouvoirs publics, les acteurs des Fabriques doivent réussir à maintenir une distance. Ils doivent alors mettre en place des stratégies spatiales pour gérer et maintenir cette situation ambiguë.

The impact of cluster governance in the upgrading of territorial value chains

Clustering and participating to a (territorial or global) value chain are increasingly considered as major strategies to enhance firms’ competitiveness and sustainability. Both cluster and value chain approaches emphasize the role of cluster governance in fostering innovation, upgrading and sustainability as en essential complement to transaction costs and incidental synergies arising from agglomeration. Nevertheless, recent contributions have stressed that more attention needs to be paid to the concrete governance practices that facilitate the emergence of a specific institutional environment conducive to enhanced collaboration for innovation and upgrading.
In this study, we contribute to this debate developing an integrative framework of 8 sets of institutional practices of innovation grouped around three main levers – political, normative and cognitive. Based on a comparative case study of three French clusters of innovation – one technopole and two recent competitiveness clusters – we find that 1) each cluster governances activates all institutional levers and practices but with a high variation of intensity, and that 2) these variations of intensity match the upgrading at the cluster level. Moreover, the implementation of the political, normative and cognitive levers leads to the emergence of three new variables, namely the cluster’s legitimacy, the institutional trust and the architectural knowledge, that favor the building of a sustainable territorial value chain.

L’approche par les proximités dans le cadre d’une démarche entrepreneuriale effectuale : Cas de vignerons-entrepreneurs accompagnés par les pairs

Le rôle des parties prenantes dans une démarche de création est au cœur du processus entrepreneurial effectual (Sarasvathy, 2001, 2003, 2008). Cette recherche a pour objectif de déterminer le rôle des parties prenantes dans le processus entrepreneurial effectual à travers le cadre de la proximité. Nous avons mené une étude qualitative de type descriptive et compréhensive à partir de dix entretiens d’entrepreneurs-vignerons. Nos résultats révèlent que les vignerons-entrepreneurs interrogés font appel à diverses parties prenantes. Ces dernières peuvent être des parties prenantes coordinatrices, business, externes à leur métier, internes à leur domaine, accompagnantes ou non dans la construction de leur projet entrepreneurial.
Précisément, nous relevons une forme particulière du rôle des parties prenantes dans le processus de création: l’accompagnement par les pairs, basé sur des relations de proximité géographiques et/ou de métier. Les vignerons-entrepreneurs accordent ainsi une attention particulière aux acteurs avec lesquels ils partagent des pratiques similaires, une identité commune et avec lesquels ils développent des collaborations participant au processus de création d’entreprise. Ces interactions s’opèrent dans un contexte de proximité organisée au sens de Rallet et Torre (2005), Torre, (2010), qui se trouve au cœur des interactions ayant lieu entre les vignerons-entrepreneurs interrogés.

THE STRENGTH OF WEAK BOUNDARIES: CATEGORY INFERENCES AND EVALUATION SPILLOVERS IN INTERNATIONAL LEGAL SERVICES MARKET

To explore the consequences of category spanning on audience appeal, most of the studies only take into account an overall evaluation of multiple category members, but not an evaluation for each category spanned. Everything takes place as if a multi-category firm receives a unique and all-encompassing evaluation. Yet, a multi-category firm gets several audience evaluations – one for each category spanned – that affect each other. This paper fills this gap between the empirical tests (1 unique overall evaluation for multi-category members) and the theoretical assumption in the literature (several specific evaluations connected by audiences leading to confusion). In the corporate legal services industry, this paper explores to what extent an organizations’ evaluation in one category is influenced by how appealing audiences perceive the organization to be in other categories. First, I present empirical evidence that the strength of the inferences conveyed by past evaluations in non-focal categories impacts a firm’s evaluation in a focal category. Second when firm’s evaluations across different categories are more dispersed or unclear, a firm is more likely to receive a lower evaluation in the focal category. Third, I suggest that a firm’s evaluation in a focal category is likely to be lower affected by non-focal categories’ evaluation when the latter are more similar to each other.

Performativité critique : tactiques et pistes pour des recherches sur la culture des alternatives

Our proposition invites critical scholars to reconsider the performative potential of the organizational culture concept particularly for alternatives organizations. We call for a critical and yet renewed conception of culture that would trigger promising theoretical and empirical developments in the cultural “deserted” field of study.
After having recognized a general, contextualized and somewhat legitimate anti-performative stance of what we call Critical Researches on Organizational Culture (CROC), we rely on recent pleas for critical performativity to suggest tactics and research inquiries in favor of a more performative approach. More precisely, we propose that performative CROC would 1) principally concentrate on alternatives, 2) seek comprehensive frameworks for observing and analyzing cultural tensions in such organizations and 3) overcome the against culture stance that usually emanate from CROC literature in allowing and encouraging local and progressive forms of cultural management.
Such tactics, we believe, might contribute practically and empirically to the following: reconsider the contribution and limits of critical research on organizational culture (CROC) in organizational theory; apply the idea of critical performativity to organizational culture researches, develop cultural researches on alternatives and imagine alternative and pragmatic ways for studying and managing cultural matters on such organizations.

STRATEGIC BEHAVIOR OF OVER INTERNATIONALIZED COMPANIES

This paper questions if the most advanced companies in terms of internationalization tend to reduce their international exposure overtime. On a sample of highly internationalized multinationals observed over a 10 year-period (1999-2008), we discuss and explore the effects of internationalization on performance and we find an inverted U-shaped relationship between internationalization, confirming the existence of an optimal degree of internationalization. The major finding of this research is that beyond this optimum, the most advanced companies in terms of internationalization tend to reduce their international footprint over time, unlike the other companies.

Types de stratégies de coopétition et performance marché de l’innovation produit : le cas de l’industrie des jeux vidéo

L’objectif de cette recherche est d'étudier l'impact des stratégies de coopétition sur la performance marché de l'innovation produit. On distingue trois types de coopétition: 1) la coopétition verticale, 2) la coopétition horizontale et 3) la coopétition simultanément horizontale et verticale. Nous étudions l'innovation au niveau des produits et nous analysons sa performance marché. Une recherche empirique est réalisée dans l'industrie des jeux vidéo de l'édition en utilisant une analyse quantitative (régression linéaire) basée sur un échantillon de 190 jeux vidéo sortis entre 2006 et 2011. Les résultats montrent que, pour l'innovation produit radicale, le plus fort impact sur la performance marché provient de la coopétition horizontale et de la coopétition simultanément horizontale. Les résultats montrent que, pour l'innovation incrémentale, le plus fort impact sur la performance marché provient de la coopétition simultanément horizontale et verticale. Enfin, la coopétition verticale semble être la stratégie la moins performante pour l’innovation produit.

Preventing chiefs from being chiefs: An ethnography of a co-operative sheet-metal factory

What remains of power and resistance when the fundamental antagonism between capital and labour – traditionally considered their main determinant within organisation studies – is absent? In order to investigate this question, the present study draws on a piece of ethnographic work, namely one year of participant observation as a factory worker, which I conducted within a French co-operative sheet-metal factory. Pondering the presence within the co-operative of seemingly powerless chiefs, I draw on the works of French anthropologist Pierre Clastres (1934–1977) on stateless societies in order to study co-operators in their ‘continual effort to prevent chiefs from being chiefs’ (Clastres, 1987: 218). Three forms of daily struggle around power relations appear to be central for members of the co-operative in circumventing the coalescence of power in the hands of their chiefs: a relentlessly voiced refusal of the divide between chiefs and lay members; a permanent requirement for accountability, and endless overt critique towards chiefs; and the use of schoolboy humour. Reflecting on such mechanisms leads to my questioning traditional conceptions of power and resistance within organisation studies, ultimately endorsing the view that power relationships are the contingent outcome of contextual configurations of practices. In these, power and resistance are no longer readily discernible (rather than resistance being considered a detached reaction to power), and the related role assignations are constantly shifting (rather than power being the fixed attribute of managers, and resistance that of subordinate workers.) Additionally, it suggests that such configurations of practices may well rely on little equipped and little formalised mechanisms – rather than sophisticated technologies, which are usually the privilege of management only.

Les effets de la diversification des activités sur la création de valeur par les Banques

Ce papier étudie les effets de la stratégie de diversification des activités sur la création de valeur par les banques. Notre objectif est double, premièrement, tester empiriquement l’influence des revenus hors intérêts générés par des activités bancaires non traditionnelles sur la valorisation des banques, et deuxièmement, vérifier s’il existe des sensibilités différentes selon la taille de la firme. L’échantillon mobilisé comprend 101 banques cotées sur le marché boursier de dix pays européens. Les résultats obtenus, à partir des tests menés à l’aide de l’économétrie des données de panel, montrent qu’il existe une relation positive très significative entre le niveau des revenus hors intérêts et la valeur de marché des banques. En outre, il semble que les investisseurs accordent un poids plus important aux revenus des activités non traditionnelles par rapport aux revenus traditionnels d’intérêts pour évaluer un établissement de crédit, ce qui indique que les augmentations des revenus hors intérêts livrent un signal positif au marché financier sur les opportunités de croissance futures d’une banque. Les tests menés par catégorie de banques révèlent que le marché financier évalue positivement les augmentations du niveau des revenus hors intérêts quel que soit la taille de l’établissement de crédit.

Renforcer la créativité du processus d’élaboration de la stratégie. Le rôle de la métaphore vive utilisée par l’entreprise industrielle Clim

Dans cette communication, nous posons la question du rôle de certains mots-métaphores, employés par l’équipe dirigeante, dans le processus d’élaboration de la stratégie d’entreprise. Dans notre étude terrain, nous avons suivi le développement du projet stratégique « Horizon 2020 » de la PMI française Clim. Nous avons interagi avec les membres du noyau stratégique sur la fabrication de la stratégie d’entreprise à l’horizon de l’année 2020. Au cours de ces échanges, nous découvrons l’usage d’un mot-métaphore, celui de l’arbre ‘banian’, dont la signification a ouvert des horizons de réflexions stratégique et a ainsi directement influencé la fabrication collective de la stratégie. Nous articulons nos observations empiriques et deux cadres d’analyses qui relèvent de la philosophie contemporaine du langage, pour établir la fonction sociale intrinsèque des mots du langage. A l’aide de l’approche matérialiste de la pensée développée par Vygotski, nous soutenons que le mot constitue un outil de médiation
sans lequel il ne peut il y avoir d’action et d’interaction avec et sur le réel, et ainsi de développement de l’acte de penser comme d’une conscience d’agir sur la pensée. A l’aide de la conception herméneutique de Paul Ricoeur, nous ajoutons que le mot est un mouvement de création de sens et d’extension du sens collectif. Lorsque le mot appartient au langage poétique qu’il est une « métaphore vive », il devient cette capacité de description et de re- description qui fait voir la réalité en acte et exprime davantage de significations pour ouvrir
une plus grande compréhension et réflexion humaine. Dans ce contexte, le mot-image banian est utilisé à la fois comme un outil réel de développement de la pensée stratégique sociale et individuelle et comme une image vive qui ouvre des horizons stratégiques. Il représente
l’exemple type du « mot instrument » pour le développement de l’activité stratégique.

Les capacités du manager dans la formation des capacités dynamiques liées à l’innovation et la reconfiguration des ressources: une étude qualitative dans le secteur informatique tunisien

Dans cet article, il s’agit de montrer que les capacités du manager sont des capacités dynamiques fondamentales dans la formation des capacités dynamiques liées à l’innovation et la reconfiguration des ressources.
Nous avons mené l’étude dans le secteur informatique, caractérisé par son dynamisme et ses innovations et où les entreprises doivent faire face à des changements imprévisibles pour maintenir leur avantage concurrentiel. Une démarche qualitative a été adoptée en deux temps. D’abord, nous avons étudié globalement les capacités dynamiques managériales et celles liées à l’innovation, à travers quatre grandes entreprises tunisiennes du secteur. Ensuite, nous avons analysé d’une manière approfondie une de ces quatre entreprises ayant engagé ces capacités. Les résultats mettent l’accent sur l’innovativité du manager comme capacité dynamique multidimensionnelle (créativité, ouverture aux nouvelles idées, capacité à innover) à l’origine de la formation des capacités dynamiques liées à l’innovation (technologiques, managériales, commerciales et ouvertes). L’articulation entre ces deux niveaux est elle-même à l’origine de la reconfiguration des ressources.

Processus d’inclusion de ressources négativement perçues par le marché. Le cas d’un spécialiste de l’insertion par l’activité économique: le groupe Vitamine T

Cette contribution s’inscrit dans les développements récents de la théorie des ressources mettant l’accent sur la subjectivité des managers. Dans cette recherche, nous explorons les processus d’inclusion de ressources délaissées par le marché de l’emploi. Nous étudions le cas de Vitamine T, spécialisé dans l’insertion par l’activité économique. Ce groupe diversifié accompagne à l’emploi les personnes en difficultés sociales et professionnelles.

Les managers raisonnent-ils par options réelles ? Une étude exploratoire des déterminants

La théorie des options réelles est abondamment évoquée par les travaux en stratégie. Néanmoins, l’impact de cette théorie sur le raisonnement des managers est limité si l’on s’en tient à l’aspect calculatoire de la valorisation des options. Dans le même temps, il apparaît que les décideurs, s’ils n’utilisent pas les options réelles dans leur forme pure, adoptent pourtant des modes de raisonnement qui s’inspirent des grands principes des options réelles. L’objectif de cet article est d’identifier, à partir de quatre grands types d’options, à quels facteurs explicatifs la sensibilité des managers au raisonnement optionnel est rattachée. Par le biais d’une étude empirique, nous montrons que la mobilisation de ces options par les managers dépend étroitement de leur propension à évaluer leurs projets en termes d’alternative et à penser les investissements selon un horizon temporel fini. En revanche, nous mettons en évidence des effets contrastés, selon les catégories d’options, de l’incertitude ressentie, de la pression à l’innovation, et de la veille environnementale menée au sein de l’entreprise.

Conditions d’existence, identification et classification des options réelles dans les projets de fusions-acquisitions

L’objectif de cet article est de proposer une opérationnalisation du concept d’option réelle dans les différentes phases de mise en place d’un projet de fusion-acquisition. L’essor très important qu’a connu le nombre de publications sur l’approche des fusions-acquisitions par la méthode des options réelles depuis le milieu des années 1990 contraste avec leur faible utilisation par les managers. Sur cette base, nous étudions, dans une première section, la pertinence d'une approche optionnelle dans la gestion d’un projet de fusion-acquisition. Il s'agit notamment de vérifier que les conditions d’existence des options réelles sont réunies. Nous proposons, ensuite, l’identification des différentes catégories d’options réelles émergeant des projets de fusions-acquisitions à partir d’une étude qualitative exploratoire menée auprès d’experts (banquiers d’affaires, conseillers en fusion-acquisition, conseillers en stratégie, responsables des « Financial Transaction Services » et experts-comptables). A partir de l’analyse des données qualitatives recueillies, nous proposons une nouvelle typologie d’options réelles affinant la typologie traditionnelle d’options stratégiques de croissance et d’options de flexibilité de Trigeorgis (1993). L’objectif de ce papier est de proposer des contributions aussi bien théoriques qu’empiriques sur un sujet novateur et d’actualité. Au-delà de l’identification et de la proposition d’une nouvelle grille de lecture des options réelles liées aux fusions-acquisitions, cette recherche présente un intérêt managérial. Il s’agir de créer une piste de dialogue entre le monde de la finance et celui de la stratégie en proposant une opérationnalisation d’un outil financier à l’échelle des décisions stratégiques de fusions- acquisitions.

Gouverner la Supply Chain pour maîtriser les risques RSE

La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) constitue une préoccupation majeure des entreprises. Elle correspond à l’intégration sur une base volontaire des préoccupations économiques, sociales et environnementales au sein des activités des entreprises et de leurs interactions avec les parties prenantes. La plupart des études portant sur la RSE s’intéressent principalement à sa mise en œuvre au sein d’une organisation et sur les relations de celle-ci avec ses parties prenantes. Depuis quelques années, la multiplication des défaillances dans les supply chain (SC), liées à la fragmentation et à la dispersion des unités de production, a progressivement conduit à revisiter les frontières de la RSE. Ce papier met en exergue, à travers une étude de la littérature, les différents risques liés à la RSE dans la supply chain et la nécessité de gouverner, via la RSE, la SC pour que celle-ci devienne plus responsable.

La cohérence technologies – produits au sein des firmes multi-technologiques : le rôle clé des portefeuilles de business models

Au sein des grandes firmes multi-technologiques, les capacités dynamiques reposent sur le fait de penser simultanément la diversité et la cohérence entre les technologies et les produits. Peu de travaux ont cherché à étudier comment cette cohérence se manage au sein de l’entreprise.
Cet article analyse comment le business model peut constituer un dispositif stratégique permettant de construire cette cohérence. L’étude de la cohérence technologies-produits passe par une analyse de l’alignement entre le ‘Corporate business model’ (CBM) et le ‘Business Unit Business Model’ (BUBM).
L’article repose sur une approche par les micro-fondations de l’entreprise, qui permet de comprendre la construction des business models à partir du rôle et des pratiques des managers, et de leurs interactions au sein de l’entreprise et avec les clients.
L’article est fondé sur une étude de cas comparés réalisée au sein de Thalès, un des leaders mondiaux et européens de l’électronique de Défense et de Sécurité. Thalès illustre le cas des grandes firmes multi-produits et multi-technologies. L’article compare les activités développées par trois business units respectivement en charge des cockpits, des récepteurs GNSS et des radars, à partir d’un cadre organisationnel commun et de la référence à un CBM unique. L’article souligne le rôle clé des ‘boundary spanners’ aux niveaux collectif et individuel, ainsi que les mécanismes formels mis en place dans l’organisation pour favoriser l’articulation des business models autour de la recherche de cohérence technologies-produits. L’article montre aussi que les relations avec les clients peuvent contraindre le raisonnement associé à la proposition de valeur du BUBM, et donc réduire de fait l’articulation entre CBM et BUBM.
Ce travail est issu d’une étude réalisée par les auteurs pour l’Observatoire économique de la Défense du ministère de la Défense en 2014, et réalisée en partenariat avec Thalès.

IS A STAGE A FREE SPACE? The Second Self of the Organization.

Work in organizations involve clocking in so many working hours as well as less quantifiable dimensions such as playing a part and putting on an act to secure one’s position in the group. As has already been documented in management research, attempts to align the organizational stage with the strategic goal of the firms have regularly involved forms of management that deal with common culture and individual commitment in relation to an expected performance. Actors’ feelings, their work together and their socialization, the purpose of their work are used for this purpose. This organizational control, in return, can lead to alternative modes of organization and resistance when workers perceive this new mode of subordination and decide to implement alternative ways. However, attempts to limit performance to “fair results” and “actual facts «and to deny the influence of power relations and symbolic representations, often proves deceitful and short-termed. One reason, among others, seems to be that relations and representations are shaped in each and every day act (as part of its meaning) and incorporated to human activities (as part of the collective and its intentions). Reaching an agreement about what they should do and how they should be with each other is more difficult than pointing at what they should not want to do and be. Another attempt at objectivizing control via representations is possibly more radical in nature, or so theatre directors and comedians claim it is. It involves focusing on the representations themselves and their collective production so as to instantiate them by putting them in the spotlight. For such purposes, time and space are required for actors to collectively reflect and imagine. One such “heterotopia”, “free space” is described and analysed in this paper: we take the case of the rehearsals of “Lear is in Town”, a play first staged in the 2013 Avignon festival. Acknowledging that no work situation is ever free from power relations, we wonder in what ways working on power issues in an artistic stage safeguards actors from domination and favours spontaneous commitment and cooperation.

Quand l’espace organisationnel parle du management pratiqué en son sein

Un contexte organisationnel, quelle que soit l’échelle à laquelle il est question de le considérer – du poste de travail à l’immeuble dans sa globalité – est toujours aménagé en fonction d’un certain nombre de critères définis par l’organisation qu’il abrite (Fischer & Vischer, 1998), ainsi la façon dont cet espace est structuré n’est jamais neutre. Conscientes que l’espace a un impact décisif à de multiples niveaux, certaines organisations tentent d’anticiper ce casse-tête qu’est son aménagement en définissant les meilleures solutions spatiales pour atteindre ses objectifs, qu’ils portent sur une productivité accrue, sur une surveillance plus efficace de leurs salariés, sur les frais de gestion des locaux plus serrés ; ou encore pour répondre à leurs valeurs. Mais, malgré tous leurs efforts pour contrôler leur espace et en faire un outil de management efficace, bien souvent l’espace leur échappe, et le résultat final est loin de ressembler à l’idée initiale qu’en avaient ses concepteurs (Lefebvre, 1974), comme si des forces autres venaient contrarier, voire supplanter, les objectifs premiers.
Notre objectif de recherche est donc de définir une grille d’analyse pour faire parler les espaces organisationnels sur le management pratiqué en leur sein pour comprendre pourquoi l’espace est un instrument si peu maniable : Au-delà de l’intentionnalité, que peut-on déchiffrer de la matérialité ? Comment ce message se construit-il ? Comment se maintient-il ? Pour traiter une telle problématique, nous proposons dans un premier temps d’interroger la littérature sur la notion même d’espace, sans nous limiter aux seules disciplines issues des sciences de gestion : Ainsi, nous mobiliserons la géographie, la philosophie, la psychologie environnementale et l’architecture de bureaux. Puis, nous focaliserons en particulier sur les espaces organisationnels pour étudier les relations dialectiques que ces derniers entretiennent avec les hommes et les organisations qui les habitent. Cette démarche nous donnera à la fois l’occasion d’aborder d’importantes théories (telles que les affordances physiques et sociales ; les phénomènes de territorialisation et de construction de l’identité spatiale), et de nous attarder sur la socio-matérialité, champ dans lequel nous souhaitons inscrire cette recherche. Nous aurons ainsi défini un cadre théorique à même de nous rendre capables de mieux appréhender notre terrain, le Siège Social d’un grand groupe bancaire français, basé à La Défense, dont nous suivrons l’évolution de sa conception en 1989 jusqu’en 2014.
Nous présenterons ensuite notre méthodologie qui aura pour effet de nous faire récolter de nombreuses données de nature variée (entretiens d’acteurs clé, documents internes, questionnaires, photographies, observations-terrain). Ordonnées à travers le triptyque d’Henri Lefebvre (1974) - souvent mobilisé pour de telles recherches - le traitement de nos données fera émerger une proposition théorique, elle-même composée de trois articulations : la place, la valorisation, la territorialisation, ce qui, nous pensons, ouvrira la voie pour faire parler les espaces organisationnels du management pratiqué en leur sein.

A Blue Ocean Strategy for “Blue Ocean Strategy”: on Performativity of Strategic Management

Cette recherche se base sur le cas de la « Stratégie Océan Bleu », un concept de stratégie qui s‘intéresse à la création de valeur par la stimulation d‘une nouvelle demande en poursuivant de façon simultanée une stratégie de différenciation et une stratégie low-cost. A partir de la définition de la performativité proposée par Michel Callon, cette communication analyse le rôle que les chercheurs à l‘initiative du concept jouent dans sa performativité ainsi que les dynamiques sous-jacentes à sa praxis performative. Ainsi, la communication révèle d‘une part l‘intention stratégique qu‘ont les chercheurs dans la performativité d‘un concept. D‘autre part, elle met en exergue une nouvelle forme de performativité, celle de performer un concept en appliquant les principes du concept. Enfin, elle montre la dynamique temporelle des mécanismes de praxis performative.

La pratique managériale peut-elle disparaître ? Enquête ethnographique d’un collectif au sein d’une simulation d’exploration spatiale

Cette communication étudie l’apport critique d’une définition performative de l’activité managériale en s’appuyant sur la description des pratiques organisationnelles ordinaires d’un collectif. La performativité est définie ici comme l’effort qui consiste à maintenir un collectif en existence (Latour, 2006). Ce positionnement nous permet d’aborder l’activité managériale sans la réduire à un rôle caricatural ou à une expertise technique (Alvesson et Willmott, 2012). Elle suggère également le renouvellement de certains présupposés épistémologiques et ontologiques associés au leadership (Crevani et al. 2010). Nous proposons d’étudier le cas d’un chef de mission d’une simulation d’exploration spatiale au sein d’une station située dans le désert de l’Utah. L’un d’entre nous a participé à cette mission en tant qu’observateur participant. Pendant la mission il a été confronté à une « situation de gestion » (Girin, 1990) inattendue : la pratique managériale du chef de mission semble disparaître dans le cours de la vie ordinaire du collectif. Nous considérons cet événement comme une énigme en nous posant la question de recherche suivante: la pratique managériale peut-elle disparaître? En continuité avec la « perspective pratique » de l’activité managériale (e.g. Mintzberg, 2009 ; Tengblad, 2011) nous choisissons de placer « ce que font les managers » au premier plan. Nous avons réalisé une enquête (Dewey, 1938) à partir de matériaux ethnographiques collectés et construits pendant la simulation. Les résultats de l’enquête rendent manifeste une « stratégie émergente » (Chia et Holt, 2009) d’un collectif en voie de constitution. Cette stratégie est élaborée et maintenue par l’attention ou le soin portés aux pratiques domestiques, telles que cuisine ou le ménage, ainsi que par la distribution du leadership au sein de l’activité collective. L’apport d’une définition performative de l’activité managériale est évalué à partir de deux registres : l’attention portée aux situations ordinaires et la vulnérabilité inhérente d’un collectif en situation de confinement et d’interdépendance forte.

Un code éthique à l’épreuve du temps : Analyse de l’évolution des « Principes d’Action » du groupe Lafarge

Depuis une trentaine d’années, la prolifération des codes éthiques dans les entreprises françaises apparaît comme une tendance aussi bien générale que contestée. En nous basant sur le code éthique du groupe Lafarge, appelé les « Principes d’Action », nous proposons une étude historique de ce document en nous intéressant au contexte de sa genèse ainsi qu’à son évolution dans le temps (six rééditions entre 1978 et 2003). Sur le plan théorique, nous considérons le code éthique comme instrument de gestion selon les trois dimensions d’Aggéri et Labatut (2010) : dimension matérielle, dimension politique et dimension intellectuelle. Sur le plan méthodologique, nous avons réalisé une analyse documentaire des six versions du document (par codage et décodage) ainsi que quatre entretiens avec des personnes-clés de la direction générale du groupe. Ce retour aux sources permet d’apporter une nouvelle compréhension des codes éthiques dans le contexte français susceptible de les repenser. De même, il permet de témoigner de l’évolution du contexte général dans lequel les entreprises françaises ont elles-mêmes évolué, notamment de l’accroissement des exigences des différentes parties-prenantes.

Marque et modèles d’affaires : le cas des logiciels libres

Ce papier vise à étudier le rôle de la marque dans le cas d’un régime d’appropriabilité faible. Le point de départ théorique est la place ambigüe de la marque dans le modèle « profiting from innovation » de David Teece que les travaux sur les complémentarités entre droits de propriété intellectuelle, au demeurant encore assez rares, ne permettent pas d’éclairer. Nous nous sommes fondés sur trois études de cas dans le domaine du logiciel open source, qui se caractérise par un régime d’appropriabilité particulièrement faible. Nous montrons que la marque est susceptible de jouer un rôle central dans le modèle d’affaires des éditeurs de logiciels open source : ce dernier consiste souvent à vendre des services périphériques au logiciel et détenir une marque de référence devient un enjeu fort dans un cadre où la compétition ne peut porter sur la différenciation du produit principal. Dans un tel cadre, la marque se positionne donc comme un actif complémentaire particulièrement important. Dès lors, le contrôle d’une marque peut devenir l’objet de conflits menaçant la pérennité des projets.
Ce travail conforte donc la possibilité d’utiliser le modèle « profiting from innovation » comme outil d’analyse dans le cadre des réflexions sur un modèle d’affaires. Il permet également de compléter les travaux sur les complémentarités entre droits de la propriété intellectuelle, qui reposent souvent sur l’idée d’un renforcement mutuel ou de la prolongation des avantages liés à des droits à durée de vie limitée grâce à l’utilisation d’autres droits, en éclairant son rôle lorsque les autres droits sont inexistants ou faibles. La marque mériterait donc un traitement plus approfondi aussi bien dans les recherches en management stratégique que dans les négociations d’accords de consortium dans les projets collaboratifs et dans la mise en œuvre de leur modèle d’affaires. Nous espérons que ce papier contribuera à attirer l’attention sur ce droit de propriété intellectuelle dont personne ne conteste l’importance mais qui occupe in fine une place modeste dans nos modèles d’analyse stratégique.

La valeur de l’unité familiale: Le cas LVMH-Hermès

La valeur est un concept qui se nourrit du contexte dans lequel l’observation se situe. Ce concept est relié à l’objet digne d’intérêt et à son évolution. Nous nous intéressons à la valeur de l’unité familiale. En dévoilant sa spécificité, le particularisme de l’entreprise familiale se déclinerait comme un actif stratégique. Il serait localisé dans l’unité familiale et s’observerait au niveau de la gouvernance. Il affecterait l’intention stratégique en s’invitant dans la vision et en influençant l’action. Il impliquerait la performance qui dérogerait d’une approche orthodoxe stricte de création de valeur financière pour introduire un contexte de valeur stratégique pour la famille. L’entrisme de LVMH qui s’est invité au capital d’Hermès a eu pour conséquence un renforcement de la défense de l’unité familiale d’Hermès. La menace d’une prise de contrôle rampante a élevé l’unité au rang de priorité stratégique. Sa préservation détruit certes de la valeur financière mais pérennise le modèle familial
Après avoir défini le concept et les principes de gestion de l’unité familiale, nous nous intéressons au risque de sa fragmentation par l’entrisme d’investisseurs. La dynamique de défense du groupe familial (GF) précise les acceptions de la valeur. Sur la base d’un cas réel, celui de la mise en danger de la société Hermès par l’intrusion de LVMH à son capital, nous analysons un cas de défense de l’unité familiale. Dans une approche longitudinale, la méthodologie de l’effet d’annonce est mobilisée pour suivre les principaux événements d’un feuilleton de recomposition d’un actionnariat familial de quatre ans qui a impliqué deux acteurs majeurs du secteur du luxe français. La dynamique de l’opération, l’attaque d’un initiateur et la défense de la cible, mettent en évidence l’intérêt d’une revalorisation de l’unité familiale.

Faire parler “les sans voix” : les alterconsultants comme vecteur de performativité critique

La communication propose d’ancrer la performativité critique sur la notion de micro- émancipation. Discutant l’approche d’Habermas sur la pratique communicationnelle et son dépassement pour prendre en compte les éléments pratiques, subjectifs et idéologiques de la communication, ainsi que les écrits récents sur la performativité critique, nous proposons d’explorer comment des stratégies de micro-émancipation peuvent émerger des pratiques discursives dans les organisations. A partir d’un échantillon d’alterconsultants, l’étude empirique explore les stratégies envisagées pour la performativité critique en se centrant sur les questions suivantes : Sur quoi porte la vision normative de l’intervenant ? Un dialogue libre et ouvert, rationnel et sincère est-il possible ? S’agit-il de « lever la censure » sur les non-dits des organisations ? Quelle prise en compte des managers, du contexte organisationnel et de ses contraintes ? Les résultats renseignent à la fois la nature du savoir produit par les alterconsultants et les stratégies de performativité issues de la théorie critique.

Le développement de l’innovation responsable par l’activation de proximités territoriales: les actions menées dans le cadre d’un cluster au Brésil

L’objectif de cette recherche est de mener une réflexion sur le lien entre innovation et société appliquée aux territoires. Pour ce faire, nous étudions la capacité des clusters d’innovation (Porter, 1998, 2004) à activer (Weick, 1979) des proximités territoriales (Torre et Beure, 2012) pour le développement de l’innovation responsable (Ingham, 2011). L’analyse exploratoire des dynamiques déployées par des individus clés dans le cadre de la création et du fonctionnement d’un cluster au Brésil, met en lumière l’activation des proximités culturelle, sociale et morale procurant un rapport de réciprocité entre innovation, territoire et société.

L’évaluation des établissements d’enseignement et le rôle des enseignants-chercheurs en gestion: l’intériorisation institutionnelle de l’internationalisation

Longtemps, les établissements d'enseignement supérieur ont évolué dans un espace et un contexte local s'inscrivant dans un système national d'éducation (Maringe et Foskett, 2010). Leurs missions étaient donc influencées en grande partie par les politiques d'un gouvernement qui défendait la culture et l’histoire d’une nation. Un pays qui pensait et communiquait dans une langue souvent différente de celle utilisée par les nations voisines. Aujourd'hui, tout a changé. Le monde cherche à aplanir les différences et à créer une multitude de ponts entre les différentes cultures, mais en même temps que les pays s’uniformisent, une force contraire « locale » est à l’origine d’une nouvelle tension (Maringe, 2010). Se dessine ainsi un nouveau tournant qui était encore insoupçonnable il y a quelques décennies à peine. De nos jours, combinant les technologies à la globalisation, l'éducation ne respecte plus les frontières jadis dessinées (Sharkey et Beeman, 2008 ; Maringe, 2010 ; Wildavsky, 2010 ; Salmi, 2009). Dorénavant, les rétablissements d’enseignement doivent faire face à une concurrence mondiale. Il suffit de penser aux étudiants internationaux qui chaque année s’envolent par centaines de milliers vers l'Europe, les Amériques ou l’Australie et vont de plus en plus vers les pays asiatiques comme la Chine et l’Inde (Wildavsky, 2010).
Si cette ouverture des frontières agrandit le territoire des marchés accessibles, elle expose l’institution d’enseignement à une multitude de concurrents totalement nouveaux (AACSB, 2011). Malgré tout, l'internationalisation est habituellement vue par les établissements d’enseignement supérieur de gestion, comme une possibilité d'élargir leurs influences et leurs services au sein de la communauté à laquelle elles appartiennent en mettant sur pieds des partenariats qui permettront à la fois une mobilité accrue de leurs étudiants et enseignants-chercheurs, et une meilleure réputation internationale afin d'attirer les meilleurs étudiants, voire les meilleurs enseignants (AACSB, 2011). Toutes ces transformations ont eu un impact sur l’évolution des sciences de gestion et du métier d’enseignant-chercheur en gestion.
L'objet de cette communication sera de mieux comprendre le cadre dans lequel évoluent désormais les enseignants chercheurs en gestion. Pour ce faire, après avoir rappelé dans un premier temps les divers aspects de cette internationalisation de l’éducation, notamment par le biais des accréditations (EQUIS, AACSB et AMBA) et des classements internationaux, nous verrons comment les établissements d’enseignement supérieur de gestion accordent de plus en plus d’importance à leur réputation internationale en se fiant de plus en plus aux critères d’évaluations et aux indicateurs de ces organismes externes d’évaluation, construisant ainsi leurs nouvelles injonctions institutionnelles, et comment enfin tous les acteurs sont désormais reliés autour de ce système de publication qui forme de nos jours le cœur de la concurrence entre les établissements. C’est donc à un processus complexe de construction sociale de la notion de « qualité internationale de l’éducation » auquel nous assistons. En conclusion, nous mettrons en garde contre le risque d'uniformité qu'un tel processus peut entraîner (un seul modèle retenu et reproduit par les établissements d’enseignement à travers le monde), et les principaux effets sur les institutions non anglophones, notamment de langue française.

A MATTER OF ROUTINE? CHALLENGES OF PERFORMATIVITY IN POST-ACQUISITION INTEGRATION

Building on the endogenous routine dynamic perspective, we aim to understand the micro-foundations of capability transfer in post-acquisition integration. Based on a single, longitudinal case study of an acquisition in the consultancy sector, we apply a practice-based lens to study the intended combination of two existing routines in an acquisition process and why its implementation turned out to be a failure. Our findings suggest that seemingly matching capabilities were not compatible in practice as the underlying sequences of action were incompatible and their embeddedness in its intra- and inter-organizational ecology of routines was not considered. Our article sheds light on the role of routines in acquisition integration and contributes to literature by discussing a) the prevailing role of the interconnectedness of routines in effective capability transfer and b) discrepancies between ostensive and performative aspects of routines as impediments to the implementation of the pre-acquisition plan in the post-acquisition phase.

Management de portefeuilles d’innovations d'une mulinationale

Comment des multinationales qui concentrent leurs principales capacités d’innovation dans leur pays d’origine où se situe leur marché historique peuvent-elles développer une stratégie par l’innovation à l’international dans des pays émergents à forte croissance ? Comment organiser les processus d’innovations ? Quels rôles respectifs jouent les services centraux et les filiales locales dans ce développement ?
A partir de l’étude de la stratégie de développement menée par l’opérateur Orange dans la région Afrique et Moyen Orient et qui représente un cas emblématique de cette situation, et de l’analyse de sept innovations lancées, cette communication met en évidence l’importance d’une segmentation du portefeuille d’innovations en innovations globales, régionales et locales qui diffèrent par la première cible marché visée. A chaque type correspond un mode de développement et de déploiement spécifique, dans lequel les acteurs centraux et locaux jouent des rôles différents. Elle souligne également le caractère dynamique du management de ce portefeuille: l’échelle du déploiement est ajustée aux réactions des marchés en exploitant les apprentissages générées au fur et à mesure des déploiements.
Cette communication complète les travaux portant sur la reverse innovation qui met en avant l’importance des innovations locales développées par les multinationales occidentales dans les marchés émergents sans considérer leur coexistence avec d’autres types d’innovations développées par ces mêmes multinationales.

L’apport des capacités ordinaires à la performance : Cas du secteur français de l’habillement

L’objet du présent papier est l’analyse de la relation liant les capacités ordinaires à la performance, et ce en ayant comme sous-bassement théorique l’approche basée sur les ressources (RBV). Malgré l’abondance des travaux empiriques s’inscrivant dans le domaine, certains points restent à développer surtout au niveau de l’appréciation des ressources et capacités (Newbert, 2007). Notre approche méthodologique se veut à posture positiviste, faisant appel aux méthodes quantitatives et recourant à des données secondaires provenant de la base de données DIANE. Pour appréhender les capacités auxquelles nous sommes intéressées, à savoir la capacité marketing, la capacité productive te la capacité financière, nous avons fais appel à l’approche input/output et ce suite au recours à la méthode DEA. Notre étude empirique s’est basée sur un échantillon de 3134 entreprises françaises opérant dans le secteur de l’habillement, sur la période 2002-2010. Les résultats ont permis de trouver en premier lieu que les deux capacités qui se trouvent déterminantes de la performance sont la capacité financière et la capacité marketing. En deuxième lieu, la taille se trouve lié positivement et significativement à la performance. En troisième lieu, la performance des entreprises dans le secteur est durable.

The power of objects ? Materiality and institutional work in the French recorded music industry (1994-2014)

The present paper seeks to contribute to the understanding of the role played by materiality in institutional work (Lawrence and Suddaby, 2006). To do so, we consider practices as a key point to define institutions (Greenwood et al., 2008) and to understand agency (Bourdieu, 1992; 1996). Doing so, we follow Neo-Institutional Theory recent additions to the institutional work literature and take part in an emerging movement of renewed attention towards (micro-)practices and materiality (Zietsma & Lawrence, 2010; Jones & Massa, 2013; Gawker & Phillips, 2013 ; Raviola & Norbäck, 2013).
In particular, our study investigates how objects (either physical or not) play a role in institutional work through practices.
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Thanks to a field case study of the French recorded music industry (1994-2014), based on observation data, secondary data and interviews gathered in four sub-cases, we deliver narratives of how objects together with actors, shape micro-practices - therefore emergent patterns of practices, and play an active role in creating, maintaining or disrupting institutionalized practices at the field level.
First, our case reveals that objects relate to other objects and material practices within what we call « objects and practices groupings », as components. A so called grouping is both a process and the result of that process. It constitute the level where institutional work is enacted. Second, our study suggests the addition of two specific kinds of component objects in the researcher toolbox to investigate materiality: bridge objects and community objects. They play different roles in institutional work. The former enables the importation of useful object resources (from another grouping). The latter seams to play a crucial role in micro- practices transformation into collective practices at the macro level. Last but not least, our study leads to a sensitive consideration of material practices. Indeed, the audio form of objects influences actors decisions and practices. Yet, these decisions and practices also depend subjectively on actors skills to learn and evaluate the given audio form.
All in all, the present paper shows how materiality (objects and practices groupings) empower actors, either classic organizations such as companies or more informal groups of actors such as consumers, shape their decisions and practices and enable them to take an active part in the institutional work. That object grouping empowerment can be described as a process of social, economic and cultural capital acquisition.

Inversée vous avez dit inversée ? Pour un raffinement du concept d’innovation inversée

Cet article interroge l’originalité et la portée du concept d’innovation inversée. Nous proposons de clarifier la littérature foisonnante sur ce thème en développant un cadre théorique novateur. Ce faisant nous souhaitons non seulement raffiner notre compréhension du phénomène, mais aussi le distinguer plus clairement de concepts avec lesquels il est souvent confondu. Notre originalité consiste à questionner la ou les dimensions qui se trouve(nt) précisément inversée(s). Notre relecture de la littérature nous permet finalement de faire émerger plusieurs idéaux-types d’innovations inversées, chacun d’entre eux étant associés à des problématiques managériales bien spécifiques.

Location decisions in the European fashion industry: behind the mirror

While offshoring, re-shoring and more broadly manufacturing location decisions are key topics for managers and regulators, existing research on these topics is surprisingly rare, both in strategic management and supply chain management fields. In this research, we conduct a qualitative study in the European fashion industry to document how firms are choosing the location of manufacturing and how it affects innovation. Our first results show overall high complexity of factors affecting manufacturing location choices and a significant variety of manufacturing locations across time, companies and more interestingly within each company. We argue that European fashion companies follow a “location portfolio” strategy. Also, innovation appears to be multi-dimensional and related to location choices.

DE LA « VOLATILITE » A L’ANCRAGE TERRITORIAL : UN ESSAI D’ANALYSE DE LA COMPETITIVITE A BASE TERRITORIALE DES ENTREPRISES

Cet article se propose d’approfondir la nature du lien entre le lieu d’implantation de la firme (partagé entre « volatilité » et « ancrage territorial ») et sa compétitivité, afin d’aboutir dans une phase empirique, à une caractérisation du comportement territorial des industries agroalimentaires de l’économie camerounaise. L’analyse entend s’appuyer sur un regard contingent du comportement spatial des firmes, envisagé comme interférant avec des variables environnementales et des facteurs de contingences classiques. Le soubassement théorique se veut combinatoire du courant RBV et l’approche relationnelle de Dyer et Singh (1998), complétés par les contributions de l’économie régionale. Au-delà des enjeux économiques véritables, ce travail voudrait enrichir l’approche des stratèges sur la problématique de la territorialisation des firmes. Il s’agit d’inscrire la capacité concurrentielle de la firme sur des arguments pluriels relevant de son « éco-système ».

Réputation et légitimité organisationnelles: similarités et différences conceptuelles

La réputation et la légitimité organisationnelles sont souvent utilisées de manière interchangeable en sciences de gestion. Les travaux sur l’articulation de ces deux variables reconnaissent que la frontière est floue et que des chevauchements théoriques existent (Demaret, 2014). L'objectif de ce travail est de dépasser les confusions entre les deux concepts et de montrer leur complémentarité.
Etudier et comprendre les similarités et les différences entre la réputation et la légitimité est une étape nécessaire pour appréhender la relation complexe entre les deux concepts (Deephouse et Carter, 2005), l'objectif étant de se situer dans le débat présentant la réputation et la légitimité comme deux variables interchangeables, similaires ou comme étant deux pôles opposés d'un continuum mettant ainsi en évidence une complémentarité et une continuité entre les deux concepts.
La mobilisation des similarités et des différences entre réputation et légitimité organisationnelles est prise comme cadre d'analyse pour décrire leur interdépendance. L'analyse des similarités a montré que les deux concepts sont liés au même principe d'approbation sociale des actions organisationnelles. Cependant, des différences sont notées d'abord, au niveau de la nature et des dimensions d'évaluation, ensuite, au niveau de l'effet de l'isomorphisme et de la performance financière et enfin au niveau des conséquences concernant la rivalité et l'homogénéisation. L'étude de la complémentarité met en évidence le lien bidirectionnel étroit entre la réputation et la légitimité organisationnelles et leur relation avec le concept d'identité sociale.
Les recherches futures pourront s'inspirer de ce cadre d'analyse pour opérationnaliser les concepts et éviter toute forme de confusion.

Le contrôle du développement international des PME : Une analyse des mécanismes employés dans les PME pour contrôler leur développement international

Cette étude a pour objectif d’améliorer notre compréhension des mécanismes que les dirigeants de PME emploient pour contrôler l’internationalisation de leurs activités. Ces mécanismes correspondent aux outils et procédures, formels et informels, utilisés par les dirigeants pour s’assurer de la cohérence et de la pertinence de leur trajectoire sur les marchés étrangers. Compte tenu de l’incertitude et de la complexité qu’induit l’internationalisation, l’enjeu est d’étudier comment les mécanismes sont mobilisés pour faire face à ces défis. En nous appuyant sur la théorie de la contingence, nous analysons ainsi comment les dirigeants de PME internationalisées adaptent leurs pratiques de contrôle en fonction de leur expérience internationale ainsi que de l’éloignement et de la dispersion de leurs activités.
A partir de données collectées grâce à un questionnaire administré auprès d’un échantillon de 103 PME internationalisées, nous explorons les pratiques mises en œuvre au sein de ces entreprises pour contrôler leur développement international. Nous distinguons alors trois profils de PME : celles qui n’utilisent pas de mécanismes de contrôle, celles qui se focalisent sur le contrôle des résultats et celles qui se concentrent sur le contrôle du processus. La comparaison de ces profils nous permet ensuite de tester des propositions issues de la littérature.
Nous montrons ainsi que le contrôle évolue en fonction de la dispersion des activités et de la taille de l’entreprise tandis que l’expérience internationale ou l’éloignement des activités ne semblent pas être des facteurs de contingence déterminants.

Quand l’alliance résiste aux périls de l’instabilité : Analyse de la longévité de l’alliance PSA - FIAT

Une alliance sur deux se termine de manière précoce. La longévité des alliances au moins jusqu’à ce qu’elles atteignent leur objectif semble donc bien constituer un défi du management stratégique. Dans cette contribution, nous tentons de tirer les leçons d’une alliance de nature symétrique qui a particulièrement duré. Il s’agit de l’alliance entre PSA et FIAT ayant donné lieu à la coentreprise Sevel, dont l’objectif est la conception et la construction de véhicules utilitaires légers et de monospaces qui sont ensuite commercialisés sous les marques propres PSA et FIAT. Pour tirer les leçons de cette expérience qui s’est écoulée sur une trentaine d’années, nous tentons de comprendre comment l’alliance a surmonté les facteurs d’instabilité qui se sont présentés. Nous réalisons tout d’abord une recension des facteurs identifiés dans la littérature. Nous recherchons ensuite ceux qui ont concerné Sevel pour tenter de comprendre comment ils ont été dépassés.
Pour ce faire, nous adoptons une méthodologie qualitative. Nous réalisons une revue de documents que nous analysons dans une perspective historique d’identification de séquences stratégiques et d’événements clé. Nous étudions les rapports d’activité des partenaires PSA et FIAT en notant les ruptures remarquables notamment de leur stratégie partenariale depuis leur création et tout au long des années. Puis nous nous basons sur des entretiens approfondis avec l’administrateur de l’alliance et sur les documents comptables permettant de mesurer la production de véhicules et les performances financières des deux partenaires.
Cette approche permet d’organiser l’analyse des risques potentiels en facteurs externes s’ils concernent le partenaire et son orientation stratégique vis-à-vis de l’alliance et les facteurs internes qui portent sur la performance de l’alliance ou sur les caractéristiques organisationnelles liées à son management. Ayant lié les facteurs d’instabilité aux évolutions de l’alliance, nous concluons en proposant des facteurs de résilience ou de stabilité.

L’urgence dans le changement : renforcement de la bureaucratie ou émergence d’une bureaucratie relationnelle ?

Les organisations publiques sont de plus en plus soumises à la frénésie de réorganisations en urgence, et au culte de l’urgence, où « dire c’est faire ». Si l’urgence est nécessaire pour faciliter la décision express, le consensus et mobiliser les acteurs, elle peut aussi devenir hautement toxique quand elle justifie l’adoption d’un modèle « tout prêt » même s’il est inadapté à l’organisation, ou quand elle permet d’éviter la confrontation. Les organisations publiques, en majorité de type bureaucratique, sont considérées comme des organisations qui résistent au changement, ce qui invite à explorer les liens entre les bureaucraties, le changement et l’urgence.
Pour explorer ces liens, nous avons mené une méta-analyse à partir de recherches de type qualitatif dans quatre Caisses d’Allocations Familiales (CAF), un organisme de sécurité sociale et une mutuelle de santé, et dix laboratoires de recherche dans une université. Ces recherches montrent des dynamiques opposées en situation d’urgence. Les situations d’urgence liées à une menace forte pesant sur l’organisation, conduisent à l’émergence d’une bureaucratie relationnelle, propice au changement, alors que les situations d’urgence « imposées » en interne (rythme de changement, non préparation au changement) conduisent à des formes de renforcement de la bureaucratie.

LE POTENTIEL TRANSFORMATEUR DE LA RSE. UNE ANALYSE PAR LA SPATIALITE

Cette contribution se propose d’explorer le potentiel transformateur de la RSE à travers les discours des différentes parties prenantes de l’industrie minière. La coexistence de deux lectures a priori mutuellement exclusives au sein des perspectives critiques de la RSE conduit à un paradoxe : contraintes de négocier avec des parties prenantes de plus en plus actives et puissantes les invitant à une prise en compte accrue des enjeux sociaux et environnementaux, les entreprises parviendraient tout de même, in fine, à préserver la légitimité de leurs pratiques existantes. Cette contribution, sur la base d’une étude empirique de l’introduction de discours RSE parmi les parties prenantes de l’industrie minière (entreprises, société civile, décideurs publics), !propose de réintroduire la dimension spatiale afin de mettre au jour les conditions dans lesquelles des compromis sont susceptibles de se nouer à l’échelle globale, sans que ces derniers puissent être opérationnalisés aux autres échelles d’action.

L’économie circulaire au prisme des business models – les enseignements de la fin de vie automobile

Au moment où le concept d’économie circulaire et la transition vers ce modèle semblent s’implanter durablement dans le débat public, se posent notamment la question de la forme que pourrait prendre cette transition en termes de mutations de logiques de création de valeur et celle des business models innovants qui pourraient incarner cette nouvelle économie. Si les objectifs de l’économie circulaire – décorréler durablement croissance économique et impacts environnementaux - et les stratégies à mobiliser pour modifier le système économique dans cette direction -économie de la fonctionnalité, maintenance, réemploi, remanufacturing ou encore recyclage- ont été étudiés, les mutations des logiques de création de valeur qui caractérisent le renforcement du niveau de circularité d’un secteur économique restent peu étudiés par la recherche académique. Il en va de même pour les business models circulaires (BMC), définis comme la manière dont les entreprises créent, délivrent et capturent de la valeur à partir des stratégies circulaires décrites en amont, qui restent un objet de recherche émergent, tant dans le champ de l’économie circulaire que dans la communauté académique étudiant les business models (BM). Nous analyserons ces phénomènes, au travers d’une étude de l’économie de la fin de vie automobile. Cette dernière est en effet aujourd’hui caractérisée par un haut niveau de circularité comparée à d’autres secteurs, et a vu ses acteurs développer l’ensemble des stratégies circulaires citées en amont. L’outil BM nous permettra de caractériser ce qui a longtemps été la logique unique, sinon dominante (Sabatier et al., 2012) du secteur : une économie fondée sur des BM de type prédatifs. A l’image de la démarche suivie par certains chercheurs (Moyon et Lecocq, 2013), nous mobiliserons également le BM pour rendre compte de l’évolution des pratiques stratégiques du secteur. Enfin, nous utiliserons la notion de BM pour apporter des éléments de caractérisation de deux types de BMC, en lien avec le recyclage et le réemploi, à travers le modèle RCOV (Demil et Lecocq, 2010), fondés sur une économie de la qualité et une ingénierie de filière poussée.
A partir de ce cas d’étude, nous montrerons comment une économie plus circulaire peut émerger, à partir d’une multiplication des logiques disruptives de création de valeur, qui créent de nouvelles interactions entre entreprises de secteurs distincts, auparavant disjoints, cette dynamique se traduisant par un renforcement progressif des écosystèmes d’affaire (EA) liés à la fin de vie. Enfin, nous soulignerons le besoin accru de nouveaux dispositifs de pilotage de l’action collective que ce nouveau contexte fait naître.

Et le comité de direction a ri. Immobilisme organisationnel et Powerpoint

Le changement apparaît être une dimension ontologique des organisations : l’organisation est changement. Dans le même temps, beaucoup de projets de changement échouent. L’interprétation donnée généralement se fait en termes de résistance au changement, c’est-à- dire en termes de jeu d’acteurs : le changement se produit si les acteurs qui lui sont favorables ont un poids supérieur (nombre, statut, force du réseau) à celui des acteurs opposés au changement. Dans le cas contraire, l’entreprise reste immobile même si elle se donne l’apparence de changer.
Existe-t-il d’autres interprétations possibles, alternatives ou complémentaires, pour expliquer l’immobilisme, le non-changement des organisations, que celles directement reliées aux jeux d’acteurs ? Explorer cette possibilité suppose de centrer l’analyse sur les projets et leur dimension matérielle et de raisonner en termes de mécanismes.
Pour chercher à mettre en évidence un mécanisme de ce type, l’option méthodologique retenue est celle de l’étude de cas. Il s’est agi, dans une entreprise, d’accompagner un projet de changement qui, bien qu’il ait fait l’objet d’un consensus depuis le PDG jusqu’aux middle- managers, a abouti à une situation de non-changement.
Les données collectées consistent en des comptes rendus d’entretiens, notes de réunions, notes prises lors du séminaire organisé par l’entreprise sur le projet, et un corpus de Powerpoint utilisé lors du projet et des projets qui l’ont précédé. Le cas fait l’objet d’une narration analytique.
Le mécanisme identifié met l’accent sur le phasage des projets combiné avec la recherche de gains de court terme (quick wins), plus que sur les dispositifs organisationnels mis en place, et sur la triple tension qui caractérise les Powerpoint comme matérialité du projet (la plupart des Powerpoint produits en entreprise le sont dans le cadre de projets): les tensions descriptif/normatif, expansion/contraction, oubli/rétention.

« Can’t remember what I forgot » : connaissance des capacités en situation d’oubli organisationnel

La littérature en management stratégique a identifié les raisons pour lesquelles il était difficile, pour les organisations, de connaître leurs propres capacités, du fait de difficultés d’observation, de l’ambiguïté du lien à la performance, ou encore de biais cognitifs. C’est pourquoi se développe aujourd’hui un champ de recherches spécifiquement dédiées à l’étude des connaissances sur les capacités organisationnelles. Si, pour certains, cette méconnaissance des capacités peut constituer un avantage supplémentaire dans le cas de firmes en position d’avantage concurrentiel, en érigeant une barrière à l’imitation, il ne peut en aller de même pour des firmes en difficulté. En particulier, dans le cas de firmes qui seraient confrontées à l’« oubli organisationnel », phénomène qui correspond à une situation de sous-performance provoquée par une perte de capacités, pouvant être liée à une interruption d’activité, de hauts niveaux de turnover ou de départs en retraite, ou des défaillances des dispositifs de gestion des connaissances. La littérature sur l’oubli organisationnel, essentiellement statistique, ne fournit cependant pas de clés permettant une appréhension stratégique et actionnable des pertes de capacités. Cet article propose de croiser la perspective des champs de recherche sur la connaissance des capacités et sur l’oubli organisationnel, autour des deux questions suivantes : quels liens entretiennent l’oubli organisationnel et l’ambiguïté causale ? Qu’est-ce qui facilite ou empêche la constitution, par les acteurs, de connaissances sur les capacités perdues ou altérées d’une organisation ? À travers l’étude du cas « extrême » d’une organisation issue du domaine de l’ingénierie de grands projets industriels et soumise à des facteurs « objectifs » d’oubli organisationnel ainsi qu’à des difficultés opérationnelles, nous montrons qu’une situation d’oubli organisationnel tend à renforcer l’ambiguïté causale. Nous analysons les contradictions entre acteurs de l’organisation dans la perception de cette situation, et nous montrons que plusieurs obstacles cognitifs compliquent son appréhension : l’ambivalence des signaux sur la performance, le caractère éclaté et contradictoire de la référence aux capacités passées, et l’enchevêtrement de déficits de capacités d’origines diverses. Nous discutons ensuite la portée de ces résultats pour le champ du management stratégique, en soulignant l’enjeu d’une plus grande prise en compte des dynamiques internes aux capacités organisationnelles et des risques qu’elles impliquent.

Framing a generative common purpose: how social entrepreneurs achieve social innovation

Over the last decade, social entrepreneurs have become central figures in the innovation literature. However the literature on social entrepreneurship is mainly focused on the issue of formulating and protecting a social purpose, but does not address the question of the emergence of radical innovations to achieve the desired social change. The booming literature on social innovation does not describe this emergence either: few studies have addressed how social entrepreneurs can actually develop social innovation or what their skills should be to develop social innovation. This paper aims to contribute to deepen our understanding of the relationships between social entrepreneurs and social innovation by exploring specifically the role of the common purpose as a key factor for social entrepreneurs to design radical social innovation(s). First, we review the literature on social entrepreneurship and social innovation, and we highlight its inherent “innovation paradox”: because innovation is thought to be intrinsic to social entrepreneurship, social innovation has virtually never been theorized per se. We underline that the social purpose is key in social entrepreneurship and hypothesize that it can play a crucial role to sustain radical innovation processes. Then, we present a longitudinal case study of a French SME, Nutriset, to investigate the link between social entrepreneurship, social innovation and the common purpose. Based on 52 individual semi-structured interviews conducted between March 2011 and January 2013, our findings suggest that Nutriset reconfigured the field of treatment of severe malnutrition for young children, renewing the common purpose on this issue and impacting the capabilities of other actors in the ecosystem. Our analysis shows that Nutriset was able to renew several times its purpose in a way that stimulated collaborative innovation: on the one hand, it allowed the firm to redefine (and generally extend) its activities in order to develop innovation, and on the other hand it led to involve new partners in the process.
Our proposal is that social entrepreneurs need to create social missions that are both “generative”, which means likely to generate conceptual cognitive breakthrough instead of focusing on the already known aspects of the social issue to be solved, and “common”, that is, designed to gather around critical partners in an ever-growing relevant ecosystem. In doing so, it helps to build a bridge between the two elements of social entrepreneurship – mission and innovation.
This research opens up perspectives for future research on the articulation of innovation processes and social entrepreneurship, regarding for instance the study of key factors for the development of social innovation, an opening of the black box of the design of social innovation, or the analysis of the adhesion and cohesion mechanisms during innovation process within established companies that carry out a social prospect.

How (not) to reflect on pluralism? The conditions of strategic institutional work in pluralistic organizations

Attempting to strategically transform situations of institutional complexity through a purposive revision of the pluralism involved is something considered for now as a non- realistic option. In institutional literature, the few studies that focused on the practical doing of people in pluralistic organizations suggest that institutional change is there merely driven by mundane improvisations rather than by a reflexive and deliberate strategic work. I suggest that these first results are not entirely acceptable and I aim to investigate the conditions required to engage in strategic institutional work within pluralistic organizations. More specifically, this paper focuses on the obstacles that can prevent such organizations from gaining the necessary reflexive awareness to do so.
In this paper, I will firstly suggest a new pragmatist framework to investigate the logical structure of the process of inquiry toward institutional revision. Since responses to complexity are known to be structured by the ways conflicting perspectives are given voice to in organizations, it is of the utmost importance to be able to investigate the discursive practices involved in transformative attempts from such a logical perspective in order not to reduce such practices hem to dynamics of power or legitimacy. Secondly, I shall theorize the failure case of the institutional strategy of A French Mutual Insurance Company. The first phase of the investigation (2012-2014) consisted in direct observations of the board of directors, committees and general meetings. These observations were articulated throughout with a discursive analysis of internal documents (1980-2014) and strategic documents (2007-2014). Secondly (2014-2015) and starting from a set of initial propositions, interviews were conducted in four regional units and at the national headquarters of AFMIC.
In the case studied, a circular reasoning prevented the transformative attempt because of three obstacles regarding the process of inquiry toward institutional change. Firstly, the substantialist conception of organizational values led to an abstract character of strategic thinking which prevented actors from being able to articulate the contradictions experienced in practice, which is a necessary step to endogenous institutional change. Secondly, the organizational pluralism made of seven political perspectives was not discursively constructed as serving organizational action but solely as being an effect of the representative structure of the policyholders. Because of this, people were unable to deviate from their initial positions for being able to continuously reconstruct the organizational pluralism to take emerging trends into account. Thirdly, the idealistic conception of consensus decision-making in the organization led to the construction of fundamentally decontextualized meanings which prevented the settlement of normative conflict from being bounded upstream by the practical problems faced in the situations and, downstream, by the effective possible means for action. Because of this, discussions did not end up to a decision to modify existing arrangements but ultimately led to dichotomizing the logics involved and reinforced the abstract character of strategic discourses. This circular reasoning prevented actors from being able to gain the reflexive awareness necessary for deliberately revising their institutional arrangements.

L’Open Source Innovation et les Business Models dédiés : Le cas des logiciels open source

La recherche porte sur les business models mis en œuvre par les acteurs du secteur des logiciels open source. Dans ce secteur, certaines pratiques bouleversent les théories classiques du management stratégique (ouverture des données, innovation communautaire, gratuité). En particulier, l'Open Source Innovation (Chesbrough, Vanhaverbeke, & West, 2006) appelle de nouvelles conceptions pour identifier les différentes stratégies de captation de la valeur dans ces conditions extrêmes de collaboration et d'ouverture.
Nous proposons une typologie de l'industrie du logiciel en général, et de celle du secteur open source en particulier basée sur la constitution d’une base de données de près de 350 logiciels, quelques entretiens exploratoires et un focus sur six logiciels représentatifs dans notre BDD nous permettent ensuite de qualifier plus précisément un modèle caractérisé par de nombreuses hybridations dont notamment celles liées au processus de création de valeur.

Contraintes réglementaires et évolution des business models. Le cas de la grande distribution alimentaire française

L’approche Business Model (ou BM) invite l’entreprise à faire évoluer son modèle économique en fonction de changements survenant tant en interne qu’à l’externe. Ces évolutions peuvent se faire par la transformation du BM existant ou par le lancement d’un nouveau modèle. Bien souvent, les recherches en gestion mettent en évidence les éléments internes (comme le projet du dirigeant) comme moteur de l’évolution du BM. Or, l’environnement, et notamment les contraintes réglementaires, sont un motif important d’évolution des modèles. Cependant, ces facteurs externes sont encore trop peu étudiés dans la littérature. Par conséquent, nous nous intéressons dans cette recherche à comprendre quel est l’impact des contraintes réglementaires sur l’évolution des BM des entreprises ? Pour ce faire, nous procédons dans cette recherche à une étude du cas de la grande distribution alimentaire française.
Dans un premier temps nous nous attachons à discuter les facteurs d’évolution des BM des entreprises. Nous réalisons ensuite l’étude du cas unique de la grande distribution alimentaire française en poursuivant une démarche abductive. Cela nous conduit à identifier les BM et les barrières réglementaires du secteur. Nous portons ensuite notre analyse sur les barrières à l’implantation de nouveaux points de vente afin de comprendre comment le lancement de nouveaux modèles permet le contournement des contraintes juridiques. Nous identifions dans un dernier temps la force des barrières sur les différents BM et le processus de contournement des barrières réglementaires par le BM. Le processus de théorisation issu du cas conduit à l’émergence de propositions qui sont autant de pistes de recherche qu’il convient d’explorer dans de futurs travaux.

Le « risk-selling » : Comment le risk manager influence-t- il l’attention portée aux risques par les décideurs ?

Cet article s’intéresse au risk-selling, c’est-à-dire la façon dont le risk manager, en tant qu’expert des risques, tente d’influencer l’attention portée aux risques par les décideurs. La fonction de risk manager gagne progressivement sa place auprès de la Direction Générale. Alors que leur influence croît au sein des organisations, les risk managers font l’objet de peu d’études empiriques : seule une poignée de travaux aborde la façon dont ils opèrent. En outre, la littérature s’est jusqu’à présent penchée principalement sur les outils élaborés par le risk manager (Hall et al., 2015), qui ne constituent que l’un des nombreux canaux d’attention que le risk manager peut mobiliser pour exercer son influence.
Dans cette recherche, nous utilisons le concept d’issue-selling (Dutton & Ashford, 1993; Dutton et al., 2001), pour montrer les différentes formes d’influence du risk manager, selon les canaux d’attention mobilisés. Au travers de l’analyse de huit entretiens avec des risk managers, 12 pratiques de risk-selling sont identifiées. Quatre postures d’influence émergent, en fonction de la nature du canal d’attention mobilisé et de l’intention du risk manager : la posture de superviseur, de pédagogue, d’ « impulseur », et de challenger.
Cette recherche contribue ainsi à enrichir les connaissances sur le rôle du risk manager dans les décisions des entreprises, et éclaire sur la place des canaux d’attention dans le processus d’issue-selling. Sur le plan managérial, les résultats constituent une matrice sur laquelle le risk manager peut se positionner pour évaluer la pertinence de ses actions d’influence. Cette recherche éclaire les entreprises sur les conditions et les moyens nécessaires au risk manager pour influencer l’attention portée aux risques dans les décisions.

Construction et performativité d’un business model innovant : le cas Ornikar

La littérature aborde la question de la construction de business model (BM) à travers deux approches mobilisées de manière exclusive : l’approche adaptative et l’approche performative. Selon ces perspectives, le BM peut être considéré comme une représentation d’un projet entrepreneurial ou comme un outil de construction du projet. Nous proposons de combiner ces deux approches pour mieux comprendre l’articulation des logiques de construction d’un projet de BM innovant.
A partir d’une étude de cas longitudinale, nous étudions la manière dont une start-up, nommée Ornikar, adapte son projet de BM au fil du temps en fonction d’enjeux de cohérence interne et externe. Nous analysons également la façon dont l’entreprise transforme son contexte industriel en réadaptant son BM.
Sur la base de nos résultats empiriques, nous mettons en évidence l’articulation des logiques à l’œuvre dans la construction d’un BM innovant. Le caractère innovant de la proposition de valeur renforce la performativité du BM, et la performativité du BM modifie son système de ressources et de compétences. D’un point de vue managérial, nous présentons les enjeux et les moyens de sensibiliser les entrepreneurs à la performativité d’un projet de BM innovant.

Diplomatie stratégique et pérennité des Business Models des projets collaboratifs : cas des logiciels libres en France

L’objectif théorique de cet article est d’apporter une contribution au champ de recherche de la Diplomatie Stratégique. Nous allons tenter d’expliquer comment les stratégies collectives des entreprises vis-à-vis des pouvoirs publics peuvent avoir un impact sur la pérennité du Business Model (BM) de leur projet (Farel, 1994, Attarca, 2000, Stevens, 2009). Nous allons commencer par nous intéresser à la notion de diplomatie stratégique en la croisant avec les notions de stratégie collective et de Business Model. Cela nous permettra par la suite de voir comment les rapports de force entre les acteurs économiques réunis dans le cadre d’un projet et les apporteurs de financement publics peuvent influencer le projet (Rival, 2006). Ensuite en nous appuyant sur deux études de cas approfondies, nous allons tenter de mieux cerner les contours de ces relations de pouvoir et d’influence entre les acteurs publics et les entreprises et consortium qu’ils soutiennent (De Beaufort, 2008). Notre premier cas concerne un projet de R&D collaboratif. Ce projet labélisé par le pôle de compétitivité francilien Sytematic et financé à une dizaine de millions d’euros a réuni pendant deux ans une grande entreprise, une dizaine de start-up et des laboratoires de recherche, autour d’un projet de conception d’une plateforme de Cloud Computing en Open Source. Le second projet concerne une entreprise éditrice de logiciel Open Source qui dans sa stratégie de développement compte sur des financements publics et les mécanismes fiscaux d’incitations à la recherche. Pour mener à bien ce travail, nous avons opté pour une démarche qualitative qui nous a conduits à réaliser une cinquantaine d’entretiens semi-directifs et des observations non participantes. Ce travail à très forte dose abductive nous a permis d’arriver à la conclusion selon laquelle dans le contexte actuel, les acteurs économiques et les pouvoirs publics ont développé une relation d’interdépendance. Les uns ayant besoin de financement et d’aide à la R&D et les autres comptant sur la relance de l’économie et sur la compétitivité retrouvée des entreprises pour avoir des embellies sur le front de l’emploi et du redressement des finances publics. Nous avons ainsi pu cerner les éléments entrants en compte dans l’analyse du rapport de force entre les apporteurs de financement publics et les entreprises bénéficiaires. C’est ainsi que nous nous sommes rendus compte que la nécessité d’aborder la question du BM dès l’entrée dans l’incubateur est très importante pour la viabilité et la valorisation des résultats (Verstraete et Jouison Lafite (2009). Ces questions sont mises de coté dans les cahiers de charge (Deschamps et Laurencin, 2011) du fait que les bénéficiaires des financements prévalent du caractère « recherche » des projets. Certains porteurs de projet considérant en effet que lorsqu’ils travaillent sur un projet de R&D, le but final est la création de connaissance et le développement de technologies expérimentales, pas forcément la valorisation financière. Cela nous pousse à engager et à souhaiter une réflexion sur la nécessité d’un équilibre et une mesure dans le cadre des actions de diplomatie stratégique pour éviter d’arriver à des extrêmes susceptibles de remettre en cause la survie des organisations qui les engagent.

Propriété intellectuelle & capture des rentes d’innovation : un pas de plus dans l’intégration des actions d’influence politiques dans la stratégie générale de l’entreprise

Cette communication vise à explorer les relations entre les stratégies d’influence déployées par les entreprises et les enjeux stratégiques relatifs à l’innovation. Pour appréhender les enjeux relatifs à l’innovation, nous nous inscrivons dans le cadre d’analyse de la captation des bénéfices de l’innovation proposé par David Teece (Teece, 1986 puis Pisano et Teece, 2007) : le modèle PFI ou « profiting from innovation ». Nous montrons, à travers les interventions qui peuvent être menées sur le régime d’appropriabilité des innovations dans un domaine, comment les actions d’influence peuvent se positionner dans le cadre d’une stratégie plus globale, aussi bien dans ses intentions que dans sa mise en œuvre. Nous nous appuierons pour cela sur quatre exemples de stratégies d’entreprise : dans le secteur pharmaceutique (Pfizer et Merck) et dans le secteur de l’informatique (Google et IBM).
Ce papier est structuré en trois parties. Dans un premier temps, nous montrons comment les activités politiques des entreprises sont progressivement insérées dans le champ plus global du management stratégique. Nous présentons ensuite le modèle d’analyse « PFI » en montrant comment il peut être appréhendé d’une manière plus proactive sur le plan stratégique. La troisième partie est réservée à la présentation de quatre études de cas suivie d’une discussion, permettant de montrer comment les stratégies d’influence peuvent s’inscrire dans une stratégie d’entreprise plus globale, de renforcement ou d’affaiblissement de l’effet des droits de propriété intellectuelle.

L’encastrement des relations fonctionnelles dans les relations affinitaires : le cas d’une équipe de recherche

Si les relations affinitaires se révèlent très présentes et influentes dans les équipes de travail, l’appréhension de leurs interactions avec les relations fonctionnelles demeure obscure. L’analyse de la littérature en management révèle deux manières de concevoir ces interactions. D’une part, les recherches sur les «workplace friendships» appréhendent les relations affinitaires comme des conséquences des attributs organisationnels. D’autre part, les études en management stratégique basées sur l’approche réseau considèrent les relations affinitaires comme des causes des relations fonctionnelles.
Notre objectif de recherche a été de dépasser l’analyse de ces influences unilatérales afin de rendre compte d’une plus grande complexité dans les interactions entre les relations affinitaires et les relations fonctionnelles en situation professionnelle. Pour répondre à cet objectif, nous avons mené une étude de cas sur une équipe de recherche basée sur des entretiens semi-directifs avec l’ensemble des membres de l’équipe.
Nos résultats ont alors montré que les relations fonctionnelles de l’équipe de recherche découlaient majoritairement du style de management démocratique impulsé par le directeur et que l’équipe se caractérisait par une très bonne cohésion socio-affective. Surtout, notre travail montre que les relations affinitaires ne sont pas simplement des causes ou des conséquences du mode de fonctionnement de l’équipe mais sont plutôt inextricablement reliées aux relations fonctionnelles.
En empruntant la notion d’encastrement à Granovetter (1985), nous proposons alors une nouvelle manière de concevoir leurs interactions : l’encastrement des relations fonctionnelles dans des relations affinitaires.

Talking about the mystery of intuition in filmmaking: from embodied sensemaking to hypostasic sensemaking

Alors que l’intérêt pour l’intuition se fait de plus en plus grand dans la littérature sur les organisations, encore peu d’études ont permis de savoir comment les individus faisaient sens et parlaient des moments où ils ont eu une intuition. La littérature tient pour acquis que l’intuition n’est pas verbalisable, mais nous montrons comment, dans la réalisation cinématographique, les individus font sens et parlent de leur intuition. Nous utilisons pour cela une perspective discursive du sensemaking. Nous montrons que tous les répondants ne parlent pas de leur intuition de la même manière et peuvent transiter entre trois modalités de sensemaking : un sensemaking incarné (embodied sensemaking), un sensemaking narratif ainsi qu’un sensemaking hypostasique. Lorsqu’ils font sens de manière incarnée, ils relient leur expérience intuitive à une expérience corporelle. Lorsqu’ils font sens de manière narrative, ils développent histoires et explications de leur intuition. Lorsqu’aucune de ces modalités ne les satisfait, certains parviennent à développer une autre modalité de sensemaking : le sensemaking hypostasique, climax du processus global de sensemaking, et manière singulière de parler de leur intuition à travers une figure d’hypostase. Nous proposons une analyse du processus de sensemaking global au regard de chacune des modalités et de leur articulation ; et montrons que le sensemaking hypostasique joue un rôle majeur dans leur capacité future à agir, à enseigner et à construire des relations.

Becoming innovation intermediaries: Identity aspirations under institutional complexity

Peu d‟études examinent les facteurs internes qui influencent les réponses organisationnelles à la complexité institutionnelle. Nous étudions ici la manière dont l‟identité organisationnelle et l‟aspiration de l'identité organisationnelle influencent les réactions organisationnelles à ladite complexité. Cette recherche s'appuie sur une étude de cas comparative de trois CCSTI qui partagent une aspiration commune à devenir des intermédiaires de l'innovation au sein de leurs écosystèmes d'innovation. Nos résultats démontrent que la construction d'une nouvelle identité organisationnelle et l'adoption d'un nouveau rôle obligent les organisations à s‟engager dans des activités de légitimation avec leurs anciens et leurs nouveaux publics. L'image et le statut de l'organisation jouent également un rôle important dans la gestion de la complexité institutionnelle. Les résultats de cette recherche contribuent ainsi à mieux comprendre la manière dont les organisations gèrent la complexité institutionnelle.

L’entretien de recherche comme épisode narratif à quatre formes : la perspective du répondant

Dans cet article, nous étudions l’entretien de recherche. Cette technique de collecte de données a beaucoup été étudiée du point de vue du chercheur (i.e. comment mener un entretien, être réflexif, etc). Nous avons souhaité observer ce qui se passe durant un entretien du côté du répondant. Nous étudions cette question avec une approche narrative, sur deux terrains très distincts : la distribution spécialisée et la production cinématographique. Nous montrons que l’entretien va au-delà d’un outil de recueil de données, à caractère exclusivement informatif pour le chercheur, utilitariste et unilatéral. Il peut également être un moment narratif (parfois réflexif) à plusieurs formes pour le répondant : narration déclenchée par la situation d’entretien, narration sur les pratiques, narration sur le métier et l’identité professionnelle, et narration de soi. Les trois premières formes de réflexivité sont partagées par les deux populations étudiées, tandis que la quatrième forme n’apparaît que sur un terrain. Nous montrons que l’entretien, loin d’être un moment neutre, permet aux répondants de développer une réflexivité pouvant les amener à transformer leurs perspectives et à agir.

Se construire au-delà des contraintes. Le travail identitaire dans les organisations

Cet article vise à mieux comprendre le concept de travail identitaire (identity work), qui s’est fortement développé dans les recherches en comportement organisationnel ces dernières années. Issue du débat entre les deux grands courants entourant le concept d’identité (théorie de l’identité sociale et théorie de l’identité de rôle), la théorie du travail identitaire tente de concilier agence et structure dans les processus identitaires. Cette théorie cherche plus précisément à comprendre les comportements par lesquels des individus tentent d’établir un équilibre cohérent entre une identité personnelle (qui les distingue de leur environnement) et une identité sociale (qui les conforme à leur environnement). Nous identifions dans cet article deux grandes tendances dans la littérature. Une première approche, originelle, comprend le travail identitaire comme la stratégie d’acteurs aux prises avec un rôle ou un environnement qui les contraint fortement et laisse a priori peu de place à leur agence. Il peut s’agir d’individus tenant des rôles stigmatisés, dévalorisés socialement ; ou confrontés à des situations particulièrement oppressantes tels que des changements institutionnels. Une deuxième tendance envisage le concept en tant que processus de construction identitaire lors de transitions de rôle, laissant a priori plus de place à l’initiative individuelle. Elle concerne à la fois les problématiques de micro-transitions de rôle, lorsque des individus jonglent entre deux rôles simultanément (famille-travail par exemple) ; et les difficultés vécues lors de macro-transitions de rôle, quand des acteurs rencontrent une évolution professionnelle dans leur carrière. Nous proposons finalement une typologie permettant de distinguer ces grandes approches en fonction des couples « agence/structure » et « stabilité/évolution » ; puis nous discutons des voies de recherche potentielles issues de ces grandes tendances, en mettant l’accent sur les questions d’innovation identitaire et de validation institutionnelle du travail identitaire.

Management des connaissances et réussite des fusions & acquisitions : approche par les normes

La gestion de l’intégration post-fusion n’est certes pas une problématique récente ; cela fait, en effet, plus de trois décennies que des travaux sont régulièrement publiés sur cette thématique. Elle reste néanmoins d’actualité au regard du nombre d’opérations de fusions & acquisitions conclues chaque année et des problématiques soulevées, telle la question du management de connaissances. Celle-ci est considérée comme l’un des facteurs-clés de survie. Des contributions récentes traitant d’un grand nombre de théories sur le processus d’intégration et passant en revue plusieurs résultats divergents, justifient l’intérêt de poursuivre les recherches dans ce domaine. Cette communication propose un cadre conceptuel permettant d’éclairer et d’appréhender la portée du management de connaissances dans la gestion du processus d’intégration sous l’angle de la normalisation et de l’institutionnalisation.

Approche multidimensionnelle des réactions individuelles face à un changement prescrit

En management, les recherches sur la socialisation s’intéressent majoritairement à l’inclusion de nouvelles recrues au sein d’organisations stables. En contrepoint, cette communication étudie le processus de socialisation des employés expérimentés en contexte de changement organisationnel. Construit à partir de l’approche proactive du courant de recherche sur la socialisation organisationnelle, enrichi d’une perspective multidimensionnelle des réactions face au changement, le cadre conceptuel adopté met à jour les dimensions clefs qui composent cet objet d’étude : une composante comportementale (orientation de rôle active/passive ; tactique et comportement de rôle), une composante cognitive (jugement positif/négatif/neutre) et une composante affective (émotion positive/négative/neutre). Réalisée au sein d’une grande organisation ferroviaire française, l’étude qualitative permet d’enrichir la compréhension de chaque composante et d’apporter une meilleure compréhension des relations qui les unissent. Nos résultats indiquent que les réactions affectives et cognitives positives conduisent à l’absorption active du rôle, tandis que les réactions affectives et cognitives négatives aboutissent à la détermination active ou passive du rôle. Nos résultats offrent également une plus grande compréhension des réactions ambivalentes en montrant qu’elles recouvrent différents types de configurations. Cette étude prend le contre-pied d’une perspective dichotomique de l’ajustement (engagement/résistance) et relativise fortement le caractère fonctionnel ou dysfonctionnel des réactions adoptées par les individus. Plutôt que la stigmatisation de la population jugée « déviante », cette étude invite à comprendre leurs justifications cognitives et affectives.

Situer l’apprentissage intergénérationnel dans la dynamique stratégique de l’entreprise

L’apprentissage intergénérationnel est un sujet d’actualité pour les entreprises qui font face au renouvellement démographique de leurs salariés. Les intérêts d’une telle démarche ont été soulignés sous différents angles, ainsi que le besoin de sa mise en cohérence avec la stratégie de l’entreprise : si la stabilité des connaissances entre les générations est cruciale pour l’entreprise, certaines connaissances doivent être renouvelées. Toutefois, la conceptualisation de l’apprentissage intergénérationnel au regard de la stratégie de l’entreprise reste faible. L’objet de cette communication est de situer l’apprentissage intergénérationnel dans la dynamique stratégique de l’entreprise, afin de mieux appréhender ses enjeux stratégiques. Nous mobilisons pour cela le concept de génération organisationnelle qui permet de concevoir les générations en rapport avec le contexte organisationnel dans lequel elles émergent. La dynamique stratégique de l’entreprise est caractérisée en recourant aux travaux sur les capacités dynamiques. Enfin, nous recourons au concept de ba développé dans la littérature japonaise de la création de connaissances pour situer l’apprentissage intergénérationnel dans la dynamique stratégique de l’entreprise. Le concept de ba, encore peu exploité en Occident, permet d’analyser l’apprentissage intergénérationnel comme une relation qui émerge en co- construction avec la dynamique stratégique de l’entreprise. L’approche de la recherche est compréhensive et abductive. Elle repose sur une comparaison de sept cas d’apprentissage intergénérationnel à travers quatre organisations françaises de secteurs variés. Les résultats montrent, tout d’abord, que l’apprentissage intergénérationnel présente des enjeux stratégiques de stabilité mais aussi de changement pour l’entreprise. Ils révèlent ensuite que les tensions qui s’expriment au niveau de l’apprentissage intergénérationnel découlent de l’incertitude et des contradictions relatives à la dynamique stratégique de l’entreprise. En mobilisant le concept de ba comme unité d’analyse et grille de lecture, notre recherche apporte un nouvel éclairage sur l’apprentissage intergénérationnel. Elle souligne ainsi la relation réciproque entre l’apprentissage intergénérationnel et la dynamique stratégique de l’entreprise, et met en avant des points de vigilance pour que l’apprentissage intergénérationnel soit un levier pour la dynamique stratégique de l’entreprise.

Analyse des modèles d'accès à la fonction publique avant et après l’implémentation de la Loi du Service Professionnel de Carrière au Mexique. Une étude de cas

La présente étude à comme objectif analyser des aspects formels et informels dans le processus d’accès à une dépendance du gouvernement fédéral au Mexique. Cette recherche a analysé l’accès à l’organisation étudiée, avant et après l’implémentation du Service Professionnel de Carrière (SPC). Le SPC est le Système de Ressources Humaines qui est réglementée par la Loi du Service Professionnel de Carrière (LSPC), promulgué dans l’année 2003, et vise à garantir l’égalité de chances dans l’accès à la fonction publique, fondée sur le mérite et pour le bénéfice de la société. Ce modèle administratif s’est traduit dans une amélioration dans la gestion des ressources humaines gouvernemental, donnée que historique et culturellement, il y avait une tradition politique patrimoniale, dans l'accès au secteur public.
L’approche théorique de cette recherche sont les études organisationnelles et la méthodologie utilisée était de type qualitative, et l’étude de cas. Ont été appliquées vingt entretiens semi- structurés à des fonctionnaires publiques qui ont rejoint la dépendance étudiée, avant et après l’entrée en vigueur de la LSPC. Les éléments essentiels retrouvés dans ce travail son ceux de type formel et informel associés au recrutement et au processus de sélection de personnel. Formellement, on retrouve la LSPC et ses principes directeurs, qui règlent l’accès au Service Publique de manière transversale dans le gouvernement fédéral ; soulignant l’égalité de chances, le mérite et la transparence. Concernant les éléments de type informel, on trouve la discrétion pour exercer librement la désignation de postes; faisant partie de ce processus la relation politique, le copinage, « les connaissances » et les favors qui découlent de ce type de relation sociopolitique.
Le principal résultat donne ce travail répond à une première approche exploratoire, qui a permis l'établissement d’une catégorisation de sous-types d’accès à partir de l'existence de valeurs et de pratiques administratives discrétionnaires au sein de modèle de modernisation administrative qui propose la Loi.
Dans les typologies qui se présentent, on apprécie des éléments traditionnels: des valeurs et des pratiques qui s’adaptent à des conceptions idéologiques et normatives différentes, comme peuvent être, par exemple, les concours publiques et ouverts pour occuper des postes; dans lesquels on cherche à faire prédominer les valeurs de l’égalité, du mérite, de la transparence et de l’impartialité. L’incorporation de ce modèle de gestion administrative et éthique, permet de redimensionner l’importance des échelles de relation sociale, lesquelles se trouvent immergées dans des relations de pouvoir et qui sont acceptées par la propre culture institutionnelle et organisationnelle. Le conflit c’est un des éléments identifiés, résultant de la coexistence des différentes rationalités associées au processus d’accès.

L’adoption d’une innovation organisationnelle et managériale : un processus revisité

Alors qu’une des plus grandes avancées des recherches sur l’innovation a été la prise de conscience que l’innovation organisationnelle et managériale (IOM), peut être entendue sous ces deux formes, comme le résultat d’une décision ou comme un processus, très peu de travaux ont été conduits sur son processus d’adoption. La majorité des recherches relatives à ce type d’innovation s’est, en effet, focalisée sur la seule phase de décision négligeant, sauf de rares exceptions, les logiques processuelles. Notre objectif est donc d’aborder l’adoption d’une IOM dans une perspective processuelle et non pas comme un phénomène à évènement unique, et de contribuer ainsi à la littérature en questionnant la modélisation issue des travaux relatifs à l’innovation technologique et largement acceptée à ce jour comme s’appliquant à tout type d’innovation. Le caractère relativement ordonné, séquentiel, rationnel et intra- organisationnel de ce processus est questionné au regard des perspectives institutionnelles, culturelles et d’apprentissage organisationnel. Cette recherche mobilise une méthodologie qualitative à travers une étude de cas longitudinale et multi-acteurs, d’une entreprise industrielle française qui a décidé d’adopter une IOM telle que le Lean Management. Nos résultats nous conduisent à revisiter le modèle d’adoption et à en proposer une modélisation dynamique et non linéaire, comme le fruit, non seulement, des interactions entre différents acteurs, en interne comme en externe de l’entreprise adoptante, mais aussi des distorsions entre la réalité et la rhétorique. Ce modèle suggère également des cycles imbriqués et récursifs.

ouvernance publique et stratégies des acteurs: Essai de formalisation des mécanismes de pouvoir au sein du secteur touristique marocain

Cette étude représente une analyse approfondie des jeux des acteurs au sien du secteur touristique marocain. Une étude empirique a été conduite auprès des acteurs du secteur en suivant la démarche Mactor (Méthode Acteurs, Objectifs, Rapports de force) afin d’analyser la structure des influences entre les acteurs et de définir la position de chacun d’eux vis-à-vis des objectifs. Les résultats obtenus montrent une gestion participative du secteur patentée par le ministère et la représentation des professionnels, mais aussi un besoin immense de transparence, d’organisation du pouvoir et de dynamisation afin d’avoir des répercussions positives sur la performance du secteur touristique. Nous avons terminé ce travail par des scénarios proposés en tant que des perspectives de développement du secteur touristique marocain.