Communications non classées

Biais d’auto-complaisance dans l’analyse immédiate d’un échec : le cas des entraîneurs de Ligue 1

La presse managériale grand public souligne régulièrement les vertus positives de l’apprentissage par l’échec. Pourtant, malgré un intérêt grandissant pour cet axe de recherche toujours en phase d’émergence (Carmeli, 2007), la littérature en management n’a, jusqu’à présent, jamais permis d’étayer empiriquement cette thèse. Au contraire, les principaux travaux sur le sujet (Baumard et Starbuck, 2005 ; Cannon et Edmondson, 2005 ; Carmeli et Schaubroeck, 2008) nuancent très fortement le mythe de l’apprentissage par l’échec. Dans cette recherche, nous nous proposons donc d’étudier, en profondeur, une cause supposée de non apprentissage – en l’occurrence, le biais d’auto-complaisance (Miller et Ross, 1965) – et d’en vérifier l’existence sur le plan empirique. Plus encore, nous cherchons à étudier les liens entre l’auto-complaisance des individus et la performance de l’organisation. Dans une logique exploratoire, nous nous interrogeons aussi sur la manière dont le biais d’intéressement dans l’attribution se manifeste dans la durée. Pour mener à bien cette réflexion, nous avons choisi d’étudier le discours des entraîneurs de football (Ligue 1), en conférence de presse, le soir d’une défaite, au cours de la saison 2010-2011. Il en ressort plusieurs résultats théoriques intéressants. Tout d’abord, l’existence d’un biais d’auto-complaisance n’est pas confirmée dans cet article. En outre, nous montrons que les individus les moins auto-complaisants ne sont pas ceux qui obtiennent in fine les meilleurs résultats sur le plan collectif. Enfin, nous soulignons l’importance du contexte social dans l’analyse rétrospective d’un échec. En revanche, nous mettons en évidence que l’accumulation d’échecs dans le temps et les situations de stress n’accentuent pas le biais égocentrique.

L’INTERCLUSTERING : DE LA COMMUNAUTE DE PRATIQUES AUX PROJETS COLLABORATIFS

Au sein du champ théorique des clusters industriels, la question des relations inter-cluster reste relativement peu abordée. Pourtant, les incitations se multiplient, tant au plan national qu’au plan européen. Cette recherche s’attache à approfondir l’analyse de l’interclustering, en analysant en particulier sa dynamique temporelle et les facteurs qui l’influencent. L’étude de cas du cluster français Inno’vin, dans le secteur de la vigne et du vin en Aquitaine, nous permet de retracer les relations entre clusters nouées en particulier par son pilote depuis la création du cluster. Deux principales phases dans la dynamique de ces relations sont identifiées : dans un premier temps, les clusters formeraient une communauté de pratiques informelle, au sein de laquelle des connaissances génériques sont échangées. Les relations tendraient ensuite à se formaliser sous la forme de projets collaboratifs de recherche.

LE PHÉNOMÈNE AMBIDEXTRE DANS LES ORGANISATIONS : UNE ANALYSE THÉORIQUE

Ancrées dans les travaux de recherche consacrés à l'adaptation et à l’apprentissage organisationnel de l’entreprise (Huber, 1991 ; Argyris, 1995), des investigations récentes renouvellent l’intérêt aussi bien théorique que managérial d’examiner le sujet de l’ambidextrie organisationnelle (Duncan, 1976). L’importance de ce sujet pour les entreprises opérant dans un environnement de plus en plus dynamique explique pourquoi les notions d’exploitation et d’exploration sont devenues un thème de recherche fortement récurrent en sciences de gestion, notamment dans la littérature consacrée au management stratégique (Cao & Zhang, 2009 ; Goossen & Bazazzian, 2012), à l'innovation technologique (Melkas & Harmaakorpi, 2012), à la gestion des connaissances (Mom, Van Den Bosch, &Volberda, 2007) et à la conception de l'organisation (Grove & Burgelman, 2007).
Cette sorte de spécialisation disciplinaire dans différents courants de pensée conduit les chercheurs en management à n’étudier le phénomène ambidextre des organisations que sous l’angle restreint du domaine de recherche dont ils s’intéressent. Dés lors, le concept de l’ambidextrie organisationnelle, appréhendé souvent comme la réponse adoptée par l’entreprise pour gérer les situations ambivalentes (Eisenhardt, 2000), ne cesse de regrouper, sous une même notion, des thèmes qui peuvent paraitre disparates, fort probablement à cause de l’absence d’un cadre intégrateur permettant la comparabilité des investigations menées au sein de ces différents domaines de recherches qui ne font que rarement de référence les uns aux autres. C’est pourquoi les analyses théoriques axées sur la catégorisation et le rapprochement des différents thèmes relatifs à l’ambidextrie organisationnelle sont encore peu nombreuses.
L’utilité du présent article réside alors dans la mise en évidence de l’importance du concept de l’ambidextrie organisationnelle en sciences de gestion, son application dans divers domaines de recherche, la diversité des thèmes qui s’y rapporte et la nécessité de classer et de relier ces derniers au sein d’un même cadre homogène intégrant différents courants de pensée.
Aussi, afin de contribuer à mieux clarifier un axe de recherche devenu omniprésent dans les études qui se rapportent non seulement au champ du management stratégique mais aussi à d’autres domaines d’investigation, notre texte fournit un aménagement des éléments avancés par différentes contributions et propose de les structurer en vue de déterminer les fondements théoriques et les principaux domaines d’applications du concept de l’ambidextrie organisationnelle, de montrer en quoi ce concept est-il ancré dans les études qui ont choisit d’utiliser les dilemmes dans les situations de gestion et enfin de présenter les diverses logiques ambidextres mobilisées par les entreprises afin de gérer ces dilemmes.

LES DETERMINANTS DE LA DURABILTE DE LA RELATION D’ECHANGE ENTRE FOURNISSEUR MAROCAIN ET SON CLIENT ETRANGER

La littérature insiste de plus en plus sur la confiance comme condition d’un échange relationnel réussi entre un fournisseur et son client. Cette recherche approfondit la compréhension de la dynamique des échanges relationnels interentreprises. Elle a plus précisément pour ambition de comprendre les déterminants de la durabilité de la relation d’échange entre un sous-traitant marocain et son donneur d’ordres étranger de pays développé à travers l’étude du rôle de la confiance et ses conditions d’émergence dans la relation. Une vérification empirique auprès des entreprises sous-traitantes marocaines du secteur des IMMEE tend à montrer d’une part que la variable psychologique (confiance) prend une part effective dans la durabilité de la relation et d’autre part que la nature de cette confiance est purement rationnelle reposant sur des variables objectives et subjectives.

Vers de nouvelles voies de rapprochement entre recherche universitaire et PME. Etude de cas à partir d’un dispositif organisationnel innovant

Depuis une vingtaine d'années, deux thèmes récurrents marquent les politiques publiques d'innovation des pays de l'Union européenne. D'une part, les universités sont incitées, de plus en plus fortement, à valoriser les résultats de leurs recherches. D'autre part, les PME sont encouragées à renforcer leur capacité d'innovation. Le bon sens pourrait laisser penser qu'il suffit que ces deux types d'organisations se rencontrent et travaillent conjointement pour en tirer un bénéfice mutuel. Hélas, les études menées sur les collaborations entre universités et PME ou sur le transfert technologique de l'université vers les PME dressent un bilan mitigé. Cet article présente un nouveau dispositif de valorisation de la recherche auprès des entreprises. Ce dispositif expérimental, mis en œuvre dans une grande université généraliste française, tente de dépasser les obstacles rencontrés dans le passé, qui renvoient à des controverses. Nous avons cherché à analyser ce dispositif innovant à partir d’une étude de cas longitudinale. Nous exposons les premiers constats sur ce dispositif qui cherche à engager de nouvelles formes d’action collective pour dépasser ces controverses.

Pratiques managériales frauduleuses en Algérie : Diversité, ampleur et perceptions des acteurs

L’objet de cet article est d’analyser la diversité et l’ampleur des pratiques de fraude managériale à travers les perceptions des acteurs impliqués. Pour cela, nous avons exploité les résultats de deux enquêtes menées auprès de 28 entrepreneurs privés et de 9 fonctionnaires publics dans différentes régions en Algérie. Nos résultats ont montré entre autres, une généralisation des pratiques de corruption et de fraude commerciale et fiscale, accompagnée d’une institutionnalisation des pratiques, et de l’existence de processus rationnel d’innovation dans la fraude. Ces pratiques de fraude apparaissent comme une réponse d’adaptation des entreprises à un contexte administratif complexe, à un environnement économique instable et à une abondance des disponibilités financières publiques.

On the road towards new R&D-based business models to sustain value creation in Big Pharmaceutical Companies : Exploring the case of Roche

Big pharmaceutical companies develop new business models to cope with the innovation crisis (patent loss, drying up of pipelines) and to improve their productivity in R&D and innovation. These pressures led big players to transform or reinvent their business models to sustain value creation from R&D and innovation. However, to our knowledge, there is still a lack of understanding regarding the “strategic alignment” of these organizational changes and on how they are perceived by organizational members. This assessment is important to identify both the levers and obstacles and, if necessary, to shape or reorient organizational change. In 2007, a new organization of Research and Development was implemented within Roche. The R&D is a matrix organization with five autonomous DBAs (.Disease Biology Areas). The new model is designed to ensure that Roche’s steadily expanding R&D operations are suitably equipped to meet increasingly complex requirements. By simplifying and accelerating the multiple decision-making processes involved, the model would be more efficient and effective in translating research activity in each therapeutic area into clinically differentiated medicines. It also enables an improved integration of the Group’s growing number of development projects. A decision was made to use Burke and Litwin’s (1992) model of organizational performance and change to assess how transformational and transactional factors are perceived by key actors (managers, team leaders and team members). Data collection and analysis (secondary and primary data) and questionnaires (62 interviews) relating to these factors show that progress has been made and that some other issues still have to be improved. Besides the vision, mission and values associated with the Roche project, that have been clearly communicated and understood, significant progress has been made in the quality of the decision-making process due to the cross functional cooperation between research and early development in the matrix organization (DBA) (time, simplification, flexibility). However, this structure is perceived as being complex. There is a positive relation between improvements in communication and the positive perception of the new structure. Even if respondents think that the implementation of the Roche project takes time and effort, they also think that substantial improvements will follow. A majority of the interviewees perceived that there are too many processes within Roche. This diagnosis also pointed out issues that need to be improved, like communication between teams and departments, idea generation and implementation. This analysis led to the conclusion that change processes induced by the Roche project are characterized by stable and dynamic dimensions. Stable dimensions are transformational and oriented towards the long term. They cover the company’s vision, mission, values, and strategies, while dynamic dimensions relate to the organizational structures, and, more importantly, to the “human factor” that is considered as the key success factor in creating value.

Google : l’incitation des intrapreneurs dans un écosystème entrepreneurial interne

La promotion de comportements entrepreneuriaux au sein des grandes firmes vise à favoriser l’innovation. Les startups de hautes technologies qui connaissent une croissance très rapide de leur activité doivent gérer l’antagonisme entre la bureaucratisation de leur mode de fonctionnement et la préservation d’une orientation entrepreneuriale. Google, comme plusieurs entreprises high-tech avant elle, fait face à cet enjeu stratégique. En s’appuyant sur les pratiques existantes relatives aux dispositifs intrapreneuriaux, l’entreprise y a ajouté des éléments particuliers pour construire un écosystème entrepreneurial interne qui soit incitatif pour les intrapreneurs. Cette étude de cas s’inscrit dans une perspective systémique des conditions de développement de comportements entrepreneuriaux.
Les dispositifs intrapreneuriaux visant à favoriser les comportements entrepreneuriaux dans les grandes entreprises restent une pratique émergeante encore peu diffusée. C’est une innovation managériale qui justifie le recours à l’étude de cas comme méthodologie d’analyse (Hamel et al., 2008). Cette méthode permet d’approfondir la compréhension d’une pratique donnée (Eisenhart, 1989). De plus, une approche longitudinale de l’étude de cas a été privilégiée pour appréhender les changements structurels et managériaux (Pettigrew, 1990).
La collecte de données s’est faite de deux manières :
1. D’une part, à partir de 5 entretiens semi-directifs avec des cadres de Google et de Google Ventures à Mountain View (Californie).
2. D’autre part, à partir d’une collecte de données secondaires. L’une est constituée des rapports annuels de l’entreprise. Cette source est fiable dans la mesure où ces rapports sont audités, réglementés et analysés par la communauté financière. Une autre est constitué des articles dédiés à Google dans les médias et sur les blogs technologiques.
Le recoupement des données entre ces différentes sources permet une triangulation des données (Yin, 1994) et de dégager des informations et d’identifier des pratiques de manière relativement fiables.

Quelles configurations organisationnelles pour le Web 2.0 ?

Les nombreux articles dans la presse, les médias et sur Internet démontrent un véritable intérêt pour le phénomène du Web 2.0 et des outils associés comme les « social sotfware ». Le concept se pose alors comme une nouvelle étape du réseau Internet par sa dénomination en « 2.0 » par opposition au Web 1.0. Pour autant, il convient de s’interroger sur ce que représentent réellement le Web 2.0 et les configurations organisationnelles possibles. Nous présentons dans une première partie une synthèse de la littérature sur les dimensions managériales et organisationnelles, ainsi qu’une réflexion quant à l’émergence d’un paradigme de l’entreprise 2.0 qui serait une forme d’idéal type organisationnel. La seconde partie de l’article sera consacrée à deux études de cas qui illustrent deux configurations possibles par rapport à notre typologie traduisant des formes organisationnelles intégrant les propriétés du Web 2.0.

Entrer sur un marché dominé par une plateforme : vertu d'une stratégie ouverte sur le marché du calcul numérique

L’analyse stratégique et industrielle montre qu’il est extrêmement difficile, pour un nouvel entrant, de pénétrer un marché déjà dominé par une plateforme. C’est le cas du marché du calcul numérique avec la plateforme Matlab + Simulik de MathWorks. L’étude de cas de Scilab Enterprises permet, dans ce contexte particulier, d’identifier des conditions de viabilité d’une stratégie d’entrée sur un tel marché. En soi, la stratégie de plateforme seule est vouée à l’échec. Mais accompagnée d’une stratégie ouverte, elle devient possible. Cette dernière est ici définie comme une stratégie de plateforme, associée à un processus d’innovation ouverte (intégration de la communauté open source) s’appuyant sur un écosystème d’affaires (vaste communauté de développeurs, d’utilisateurs et d’alliés).

Adopting a Business Model View to Study Industry Change: The Case of the French Record Industry

In this paper, we use the business model concept to study the evolution of the French record industry between 1998 and 2008. This original approach enables us to describe the way the value creation logic of an industry evolves when facing tremendous turmoil. Adopting a longitudinal perspective, we identify different strategies of change which imply a greater or lesser degree of innovation. After analyzing these strategies, we show that developing interactions outside the boundaries of the industry represents a great path for innovation. It helps managers to overcome cognitive pressures that can result from a dominant business model. Also, partnerships with outsiders are an efficient way to increase the value creation potential of the industry. This research provides interesting results for practitioners from the creative industries by highlighting different approaches to innovation. From a theoretical perspective, it offers a different point of view on mechanisms of value creation by adopting an inter-industrial level of analysis.

Is Belgium lagging behind in sustainability management? An international empirical analysis

The understanding of sustainability and the possibilities for sustainability actions depend heavily upon prevailing national business systems including social, cultural, political and economic factors within a country (Doh and Guay, 2006; Tempel and Walgenbach, 2007; Matten and Moon, 2008). However, few studies propose an international comparison of business practices in terms of sustainability management.
This paper proposes a comparison of sustainability management practices in large Belgian firms with an international average in order to position the current Belgian situation in a broader worldwide context, to highlight best practices and to identify areas for improvement with reference to the specificities of the Belgian context.
This research shows that large Belgian firms are often performing below an international average in terms of sustainability management. Potential explanations for the current status of sustainability management in Belgium are developed and future prospects as well as potential paths for improving the current practice are proposed.

SOLLICITATION D’EXPERTS EN MODE EXPLORATION :

La conduite des projets d’exploration et la valorisation des compétences rares sont désormais des sources d’avantages concurrentiels durables. Dans ce contexte, notre objectif est d’analyser les situations de sollicitation d’experts dans le cas de projets en milieux extrêmes par l’étude d’un cas particulier : la préparation d’une expédition polaire en arctique.
Etant donné les incertitudes pesant sur ces projets et la difficulté pour les équipes projets de posséder l’ensemble des connaissances requises dans la préparation et la mise en œuvre de ces projets, la figure de l’expert est incontournable aux différentes phases du projet. En effet l’expert apporte une connaissance nécessaire à l’avancement du projet. Mais qu’est-ce qu’un expert ? Comment le reconnaître et le mobiliser ? Les figures de l’expert apparaissent dans leurs dimensions cognitives mais aussi sociales. Au travers de l’étude approfondie d’un cas d’expédition polaire, il s’agit d’investir au plus près le déroulement effectif de la mobilisation d’expert. Il apparaît notamment que le processus, contraint, de recherche d’information conduit le chef de projet à solliciter une personne qui n’avait pas été a priori identifiée en tant qu’expert. Nous parlons alors d’un expert en situation. Il s’agit d’une figure dont la sollicitation ne répond ni à des signaux forts (statut d’expert) ni à des signaux faibles (réputation), mais émerge de manière imprévue au cours de l’avancement du projet de l’action. Ainsi, la rationalité de la sollicitation de l’expert en situation d’exploration relève d’une logique pratique, d’une démarche d’enquête au sens de Dewey. La connaissance mobilisée doit lever l’indétermination de la situation pour permettre l’avancée du projet.
La contribution de notre analyse est d’apporter des éclairages nouveaux concernant le rôle spécifique des experts dans la phase de préparation d’un projet d’expédition en situation extrême, ainsi que de mieux comprendre les processus de sollicitation d’experts dans des situations caractérisées par une forte contrainte de connaissance et de temps. La mise en perspective de de ces deux aspects simultanément revêt selon nous un fort intérêt managérial, dans la mesure où les entreprises cherchent à développer leurs avantages concurrentiels par la maîtrise des projets d’innovations exploratoires et la valorisation des compétences rares.

Le rôle du contrôle par la proximité dans l’articulation local-global : le cas d’un cluster de l’aéronautique

L’objectif de cet article est de déterminer comment la proximité dans ses différentes dimensions favorise les relations de contrôle entre acteurs. Selon la littérature, le contrôle ne devient effectif que s’il s’accompagne d’une proximité organisationnelle entre le contrôleur et le contrôlé. Nous analysons en outre en quoi la proximité géographique peut venir renforcer ce contrôle. Ce cadre théorique est ensuite mobilisé pour étudier les mécanismes de contrôle par la proximité dans le pôle de compétitivité Aerospace Valley. En se basant sur une analyse du réseau de collaboration de ce pôle, nous proposons d’étudier ces relations de contrôle en utilisant la forme juridique et la taille des acteurs pour évaluer la proximité organisationnelle, l’appartenance à une même région pour mesurer la proximité géographique et des indicateurs de centralité dans les réseaux comme mesure du contrôle des différents acteurs au sein du pôle. Nous obtenons plusieurs de résultats. Premièrement, il apparaît que plus on est proche géographiquement de ses partenaires, plus on est central dans le réseau d’innovation, indiquant que la proximité géographique peut favoriser le contrôle. Deuxièmement, nous montrons que les grands groupes occupent sans surprise une position centrale dans le pôle, qu’ils contrôlent en partie, d’autant plus qu’ils se situent à proximité géographique des autres acteurs du réseau. Troisièmement, en distinguant un réseau local et non local, nous montrons que ces mêmes groupes articulent les niveaux local et global. Ces acteurs occupent en effet des positions centrales dans ces deux réseaux afin d’y exercer un contrôle par la proximité à la fois géographique à travers les établissements locaux, mais aussi organisationnelle à travers l’articulation entre plusieurs filiales d’un même groupe ou à travers leur insertion dans la supply chain aéronautique.

Le statut du médiateur de légitimité: Le cas de Goldman Sachs dans les introductions boursières américaines

Les travaux de Carter et Manaster (1990) démontrent qu’une banque d’investissement bénéficiant d’une réputation élevée diminue de façon significative les risques relatifs à une introduction en bourse (Initial Public Offering ou IPO). Ils soulignent, plus particulièrement, qu’une banque introductrice produirait une légitimité qui aurait un effet positif sur la valorisation des titres qu’elle introduit sur le marché. Le récent déficit de réputation de Goldman Sachs semble toutefois contredire les résultats mis en évidence par Carter et Manaster (1998). Notre étude exploratoire, à contre-pied de la littérature, montre en effet que au regard des IPO menées sur le marché américain entre 2005 et 2011, la mauvaise réputation d’une banque introductrice n’a pas d’effet systématiquement significatif sur la valorisation des titres. Nous proposons, par conséquent, une nouvelle proposition théorique faisant reposer le concept de méditation de légitimité des banques introductrices, non plus sur la notion de réputation, mais sur celle de statut. Le statut, lorsque la réputation est défaillante, semble en effet soutenir la performance d’une entreprise et apparaît, par conséquent, mieux à même d’expliquer le succès et le choix d’une banque d’affaires que la seule notion de réputation. Notre recherche s’attache in fine à mieux saisir le rôle des banques d’affaires comme médiateur de légitimité sur le marché des introductions en bourse (Deephouse et Suchman, 2008 : 69-70).

What kinds of qualitative methods are adapted to doing research in which epistemological frameworks?

This paper investigates the issue of qualitative research validity in various epistemological frameworks, including those of critical realism and pragmatic constructivism.
It provides an overview of epistemological paradigms frequently mobilized in contemporary research in management and explains the epistemological reasons why certain kinds of qualitative research methods are adapted to carrying out research in certain epistemological frameworks, whereas they are not adapted for use with other frameworks. In addition, for each epistemological paradigm, we precisely discuss at least one kind of qualitative method adapted to doing research in this paradigm.
The explanations provided about consistency between research methods and epistemological frameworks constitute useful landmarks for navigating among the various kinds of methods and numerous guidelines for doing rigorous qualitative research available in the literature. Precise clues are also offered for making sound methodological decisions from the start of a research project through to publication of research results.

Caractéristiques du propriétaire-dirigeant de PME: entre l'être et le faire, où en sommes-nous?

L’objectif de cette communication est de faire le point sur les travaux de recherche portant sur les caractéristiques du propriétaire-dirigeant de PME. Cette réflexion est conduite en deux étapes principales. La première consiste en une revue de la littérature. La seconde conduit à s’interroger sur le cadre théorique et méthodologique visant l’observation du propriétaire-dirigeant de PME. En raison du phénomène de proximité de la recherche en PME et de la recherche en entrepreneuriat, cette réflexion ne peut être envisagée qu’à travers un rapprochement des travaux portant sur le propriétaire-dirigeant de PME et des travaux portant sur l’entrepreneur. Cette étude inclut deux perspectives qui ont divisé les chercheurs: l’approche par les traits et l’approche comportementale. Les années 1990 marquent un déclin de l’approche par les traits au profit de l’approche comportementale, intégrant en son cœur la problématique des compétences. D’aucuns considèrent qu’il faut adopter une démarche ontologique et observer « l’être » entrepreneur, d’autres considèrent qu’il faut adopter une démarche praxéologique et observer le « faire » entrepreneur. Quel que soit l’objectif des recherches, il semble qu’il y ait une forme d’unicité des méthodes : les auteurs privilégient les analyses quantitatives pour rendre compte du phénomène entrepreneur.
Deux réflexions peuvent être menées : la première, théorique, conduit à s’interroger sur l’amélioration de production de connaissances que pourrait engendrer la complémentarité des approches ontologiques et praxéologiques pour observer l’entrepreneur. La seconde, méthodologique, conduit à s’interroger sur l’amélioration de production de connaissances que pourrait engendrer la diversification des méthodes.
Après un parcours de la littérature justifiant l’assimilation entre propriétaire-dirigeant de PME et entrepreneur et exposant les différentes approches dont il a été l’objet, nous tentons d’apporter des éléments de réponses à ces interrogations. Nous suggérons, d’une part, d’importer certaines théories de la psychologie sociale et cognitive dans le champ de l’entrepreneuriat et, d’autre part, de multiplier les méthodes d’analyse de données.

Technological and organizational process innovations: antecedents and relationships

This paper argues that technological and organizational process innovations are two components of one single phenomenon and are influenced by the same antecedents. It extends prior research by examining internal and external antecedents of the two types of process innovation and providing a more robust test of their complementarity. Data come from a merged dataset of the Organizational Change and Computerization (COI) survey and the Enquete Annuelle d’Entreprises (EAE) of manufacturing and service firms in France for the period 2003-2007. We analyze the data by an econometric methodology, using a two-step procedure to cope with potential problems related to synchronous introduction of innovation types. The results indicate that technological and organizational process innovations are driven by similar antecedents and are complementary. We discuss the implications of the findings for research on process innovations in organizations.

IDENTIFICATION DYNAMICS IN INTERNATIONAL JOINT VENTURES: A MODEL OF DUAL IDENTIFICATION OF IJV MANAGERS

Dans cette communication nous proposons un modèle théorique sur l’identification duale des managers de coentreprises internationales (International Joint Venture). Les coentreprises internationales sont un type d'organisation qui implique deux parents (ou plus) légalement distincts qui ont leur siège social dans au moins deux pays différents et qui partagent les activités de prise de décision sur une entité détenue conjointement.
La littérature soulève un problème récurrent dans la gestion des coentreprises internationales : le conflit de loyauté que vivent les managers qui subissent des pressions contradictoires pour être loyaux à la fois envers leur société mère mais également envers la coentreprise elle-même.
Dans cet article, nous cherchons à comprendre comment se forme l’identification des managers de coentreprises internationales. Nous soutenons que ces managers, généralement issus de la maison mère, ont tendance à s’identifier et donc être loyal envers leur société mère au début de leur mandat dans la coentreprise. L’identification initiale évolue ensuite vers une identification duale. En nous appuyant sur la théorie de l'identité sociale et la théorie de catégorisation sociale, nous proposons un modèle sur antécédents et les conséquences de l’identification duale. L’identification duale (identification d’un même individu à plusieurs niveaux organisationnels) est un concept récent dans la recherche sur l'identité sociale, qui constitue une approche intéressante pour étudier les conflits de loyauté chez les managers de coentreprises internationales.

L’intégration de la RSE dans le management des achats : le cas du déploiement de la norme ISO 26000 chez Fleury Michon

La RSE fait maintenant partie des préoccupations majeures des entreprises et se trouve institutionnalisée dans notre monde contemporain (Gond, Igalens, 2008). Sous les effets multiples des stratégies de recentrage sur leurs compétences clés et des mouvements d’externalisation qui s’en sont suivis, le rôle stratégique des achats s’affirme (Ellram et Carr, 1994 ; Chen et al., 2004 ; Giunipero et al., 2006). Nous étudions dans cette communication comment une entreprise qui s’engage dans une démarche RSE l’intègre dans le management de ses achats. Un des prismes d’analyse utilisé pour notre étude est la norme ISO26000, qui a pour objet d’aider les organisations à contribuer au développement durable en donnant des lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale. Le cadre théorique mobilisé porte sur la vision et la stratégie d'engagement d'une entreprise dans le cadre de la RSE (Capron, Quairel-Lanoizelée, 2010) et sur les Achats Socialement Responsables (Quairel et Ngaha, 2010 ; Carter et Jennings, 2004). Nous avons étudié le cas de Fleury Michon, qui a choisi de déployer sa démarche RSE dans le cadre d'une méthodologie de recherche intervention. Plus précisément, nous avons été amenés à choisir une approche exploratoire et interprétative et à adopter une méthodologie qualitative. Le cas de Fleury Michon nous démontre l'importance de formuler la vision RSE de l'entreprise. Cette vision stratégique doit provenir de l'intention et de la volonté de la direction générale, et notamment dans ce cas précis des actionnaires familiaux qui portent l'engagement RSE de l'entreprise, en résonnance avec son "ADN", c’est-à-dire son cadre de référence. Elle doit être traduite par la mise en place de relais pertinents s'appuyant sur des structures existantes (Comité de Direction Groupe, Comité de Direction des Activités, Comité de direction des achats) et sur des structures ad hoc RSE (COPIL RSE, groupes de travail Question Centrale, Equipe Recherche Intervention). Au niveau de la fonction Achats, la question centrale Loyauté des pratiques permet de donner un cadre de réflexion sur la nature des relations qu'une entreprise socialement responsable devrait entretenir avec les acteurs de sa chaine de valeur, à charge pour l'entreprise de choisir ses priorités, ses domaines d'action par rapport à ses propres enjeux. L'opérationnalisation doit s'appuyer sur les ressources clés existantes, comme les responsables de filière ou le Comité de Direction Achats chez Fleury Michon. La charte éthique apparait comme un outil permettant de fédérer le personnel achat autour du projet RSE, de s'approprier ce même projet par une co-construction de cette charte et ainsi de formaliser les valeurs qui guident leurs pratiques. Cette charte apparait comme un préalable avant l'introduction d'autres outils (tableaux de bords, évolution des critères de performance, politique générale Achats).

How do stakeholders react to tradeoffs? It depends on their degree of other-orientation

The stakeholder management literature provides little empirical knowledge to guide managers who have to make tradeoffs among stakeholders’ interests. We take a first step by studying primary stakeholders’ intention to associate with a firm that treats their own stakeholder group either more or less favorably than another stakeholder group. As primary stakeholders associate voluntarily with the firm, their intention to become one of the firm’s stakeholders is crucial to firm performance. Building on microfoundations borrowed from social psychology and behavioral economics, we show that stakeholders’ degree of other-orientation moderates the direct impact of tradeoffs on stakeholders’ intention to associate with a firm and its indirect impact through trust. Managers can thus expect different reactions to tradeoffs as a function of stakeholders’ degree of other-orientation. These results also call for a new conceptualization of tradeoffs where stakeholders’ interests are not equated with their personal and material wellbeing.

Savoir tacite stratégique et performance : Le rôle médiateur de l’avantage concurrentiel.

Ce travail de recherche traite de la relation entre le savoir tacite stratégique, l’avantage concurrentiel et la performance dans le cadre de l’approche basée sur les ressources. En s’appuyant sur une analyse factorielle exploratoire effectuée avec le logiciel SPSS 18.0 et une analyse factorielle confirmatoire effectuée avec le logiciel AMOS 16.0 sur la base d’un échantillon de 209 entreprises tunisiennes appartenant au secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (T.I.C), nous avons démontré que si le savoir tacite stratégique est quadridimensionnel, ses dimensions (la valeur, la rareté, l’inimitabilité et la non-substituabilité) sont unidimensionnelles. De même, cette étude montre que seules la valeur et la non-substituabilité du savoir tacite stratégique ont un impact sur l’avantage concurrentiel qui joue un rôle médiateur dans la relation entre le savoir tacite stratégique et la performance.

Processus de libéralisation et stabilité des alliances internationales: le cas de quatre alliances du secteur ferroviaire européen

L’article propose une analyse de la stabilité des alliances internationales dans le cadre d’une libéralisation sectorielle. Afin de caractériser le rôle des facteurs structurels (Yan & Gray, 1994 ; Dyer & Singh, 1998 ; Das & Teng, 2000) et stratégiques (Madhavan et al., 1998 ; Koka et al., 2006 ; Koka & Prescott, 2008) sur la relation causale entre la perturbation de l’environnement réglementaire et la stabilité des alliances (Dickson & Weaver, 1997), une étude de cas multiple est conduite sur quatre alliances ferroviaires européennes au cours du processus de libéralisation du transport international de passagers en Europe. Les données primaires proviennent essentiellement d’entretiens conduits auprès des principaux acteurs du secteur (opérateurs ferroviaires, responsables des alliances, gestionnaires d’infrastructure, régulateurs etc.), systématiquement recoupées avec diverses données secondaires (législations, rapports d’experts, presse spécialisée). Nous proposons l’analyse empirique sous forme de narration analytique permettant l’identification de séquences stratégiques multidimensionnelles (Dumez & Jeunemaitre, 2005 ; 2006). Nous mettons alors en évidence, au travers d’une analyse inter-cas, les différences et similitudes entre les quatre alliances étudiées, en nous concentrant sur leur structure (nombre de partenaires, actionnariat, rapport de force et ressources communes) et de leurs stratégies (sur le marché, pour structurer les marchés et hors des marchés). L’hypothèse sous-jacente est que les chocs exogènes imputables à l’évolution règlementaire et sources de menaces internes ou externes (Larsen & Bunn, 1999) affectant la stabilité des alliances peuvent être absorbés par des manœuvres stratégiques de différentes natures. Les résultats prennent la forme de propositions exploratoires qui s’accordent avec la théorie en ce qui concerne les effets des facteurs structurels. Ainsi, l’équilibre du rapport de force entre partenaires semble être l’élément décisif de la stabilité des alliances face aux perturbations de l’environnement ; la présence simultanée d’un grand nombre de partenaires et de ressources engagées dans l’alliance, de même qu’un actionnariat équilibré, ont un effet stabilisateur qui est dominé par un déséquilibre du rapport de force. Sur le plan stratégique, le recours aux stratégies hors-marché (Baron, 1995 ; Dumez & Jeunemaitre, 2005) tend à exacerber l’instabilité des alliances dont la menace provient d’un membre de l’alliance alors qu’il tend à absorber les menaces externes. Enfin, le déploiement sur le marché de stratégies collectives renforce l’alliance alors que des stratégies individuelles peuvent être menées par un ou plusieurs partenaires pour accélérer sa dissolution.

Le recentrage des entreprises non financières – Un nouveau regard

A la suite de Paulré (2011), nous désignons par recentrage tout mouvement dans les portefeuilles d’activités des entreprises diversifiées qui se traduit par une diminution du nombre d’activités ou par un changement dans la structure productive des entreprises marqué par une intensification des liaisons entre activités ou par une mise en cohérence des portefeuilles. Selon Batsch (1993, 2002) et Paulré (2000), le développement des stratégies de recentrage depuis les années 1980 aux Etats-Unis, puis en Europe, traduit une tendance stratégique correspondant à une volonté des entreprises diversifiées de concentrer leurs moyens et leurs ressources autour d’un seul domaine ou métier « cœur » leur conférant un avantage concurrentiel, sous l’effet de contraintes financières accrues. Le recentrage continue aujourd’hui à alimenter le débat sur les stratégies de croissance des entreprises. Les dernières annonces concernant des opérations de cessions, d’acquisitions et de recompositions d’entreprises non financières permettent de l’illustrer aisément. Cet article introduit une nouvelle approche pour caractériser cette stratégie de croissance des entreprises. Cette approche a pour point de départ la typologie des mouvements de recentrage introduite par Paulré (2000) et reprise par Batsch (2003). Nous augmentons cette typologie aux mouvements de diversification et la mettons en œuvre sur un large échantillon d’entreprises diversifiées européennes (Allemagne, France, Pays-Bas et Royaume-Uni) et américaines durant la période 1992-2007 (base de données Worldscope ; environ 1 500 entreprises non financières). L’article est structuré en trois sections. Dans la première section, nous appliquons la catégorisation de Paulré (2000) augmenté par nos propres développements afin de repérer les mouvements de recentrage et de diversification. Dans la deuxième section, nous présentons un ensemble de résultats sur notre base de données (tendances au recentrage et à la diversification, et leurs différentes formes). La troisième section est consacrée à une discussion autour des enjeux associés au repérage des mouvements de recentrage (accompagnée d’une analyse empirique comparative mobilisant les mesures plus traditionnelles du recentrage et de la diversification). L’un des résultats essentiels de ce travail est que les stratégies de recentrage dominent celles de diversification sur l’ensemble de la période, et que la forme principale prise par ces stratégies est celle d’une « mutation », c’est-à-dire d’une transformation des métiers qui ne s’accompagne pas d’une diminution du nombre d’activités dans les portefeuilles des entreprises. Cette méthode fournit un nouveau regard sur les phénomènes contemporains de recentrage, regard complémentaire de ceux proposés par les approches traditionnelles en termes de comptage d’activités et d’indices de concentration du chiffre d’affaires (approches « quantitatives » du recentrage et de la diversification) et en termes de mesures catégorielles à la Rumelt et Markides (approches dites « qualitatives »).

La validation du processus de réponse sociale dans le contexte des firmes multinationales implantées en Tunisie

Conscients de la nécessité d’identifier le mécanisme qui sert à assurer le bien être du pays d’accueil, notre étude vise en premier lieu à proposer un processus formel de réponse sociale de l’entreprise. Compte tenu de cet objectif, les activités de ce processus font l’objet d’une description précise. En second lieu, elle tente de valider ce processus proposé afin de s’assurer qu’il est utilisable pour les firmes multinationales (FMN), en particulier pour les filiales implantées dans le contexte tunisien. D’une façon générale, les résultats de l’analyse tendent, par ailleurs, à démontrer que le réexamen de l’échelle opérée par De la Cruz Déniz Déniz (1999) présente une grande portée. Ils servent de base à la confirmation de son caractère multidimensionnel, et font ressortir une très bonne fiabilité. Ils attestent aussi d’une bonne validité. Cependant, les conclusions tirées de cette étude et les recommandations proposées appellent une analyse factorielle confirmatoire complète.

Le niveau d’engagement des firmes multinationales en matière de réponse sociale : Élaboration d’une classification des filiales implantées en Tunisie

Notre objectif vise à étudier le niveau d’engagement des firmes multinationales (FMN) en matière de réponse sociale. Pour atteindre l’objectif visé, une classification hiérarchique qui correspond à une procédure proposée par Rapkin et Luke (1993) est élaborée. En conséquence, elle a permis d’identifier quatre profils de firmes. Également, la validation de ces profils suggère certains facteurs déterminant l’engagement social, notamment le comportement pro-actif. Dans le cadre d’une étude menée auprès d’un échantillon composé de 251 filiales implantées en Tunisie, nous avons effectué cette classification pour tenter enfin de tirer la conclusion et dégager les limites et les voies futures de la recherche.

Pratiques d’écologie industrielle et acteur-tiers. Une lecture par les coûts de transaction.

Cette contribution aborde un objet de recherche peu étudié dans le champ du management stratégique : l’écologie industrielle. Institutionnalisée dans les années 1990, cette approche vise l’ « éco-restructuration » (Tranchant et al., 2004) des activités industrielles. En s’inspirant du fonctionnement cyclique des écosystèmes naturels, l’écologie industrielle recommande de maximiser la réutilisation et la valorisation des déchets dans les processus de production. En pratique, la mise en œuvre de synergies interorganisationnelles permet d’optimiser l’usage des ressources naturelles et de réduire la pollution. Obligeant l’entreprise à sortir de son cœur de métier pour considérer ses flux matériels et énergétiques tout en impliquant la création de partenariats, l’écologie industrielle est difficile à développer. À l’origine de coûts de transaction importants (Chertow et Lombardi, 2005 ; Chevallier, 2009), ce type de démarche requiert souvent l’existence d’un acteur-tiers pour sensibiliser et mettre en relation les entreprises (Boons et Baas, 1997 ; Heeres et al., 2004 ; Mirata, 2004 ; Adoue, 2007 ; Schalchli, 2008 ; Brullot, 2009). Abordée dans la littérature sur l’écologie industrielle, la question de l’acteur-tiers n’est pas suffisamment approfondie. Dans cette communication, nous nous intéressons à l’intervention de l’acteur-tiers dans l’opérationnalisation des principes de l’écologie industrielle (mise en place de synergies de mutualisation et de substitution). Une étude qualitative mobilisant la méthode des cas a été réalisée au sein de la région Nord-Pas de Calais à partir de l’expérience éco-industrielle de trois réseaux pilotés par un acteur-tiers : Ecopal dans le Dunkerquois, Carvin Entreprises dans le Carembault et Synéo dans le Valenciennois. Nos observations empiriques ont fait l’objet d’une analyse par les coûts de transaction. En adoptant ce cadre théorique, cette étude apporte un point de vue gestionnaire à l’écologie industrielle et ouvre la voie à de futures recherches dans le domaine du management stratégique. À travers cette recherche, nous soulignons les champs d’action d’un acteur-tiers dans le développement des pratiques d’écologie industrielle ainsi que sa capacité d’absorption des coûts de transaction qui en découlent. Nos résultats ont également mis en évidence l’existence de comportements opportunistes lors de la mise en place des synergies par l’acteur-tiers.

Le processus d’appropriation d’une démarche RSE par des acteurs organisationnels : une approche ago-antagoniste

La Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) est aujourd’hui au cœur des problématiques stratégiques des organisations. Pour nombre d’entre elles, le concept de RSE devient un élément structurant de leurs actions. Pourtant, les connaissances sur la mise en œuvre des politiques RSE au sein des organisations restent limitées. Plus encore, les travaux empiriques rendant compte de la dynamique d’appropriation de ces démarches par les acteurs restent rares. Ce constat nous a conduits à nous intéresser au cas d’une entreprise ayant décidé d’implanter la norme ISO 26000. L’analyse du processus d’appropriation de cette norme RSE fait apparaitre des tensions entre le niveau de l’individu et celui de l’organisation d’une part, entre la volonté de formalisation et le souci de favoriser des processus davantage émergents d’autre part. Nous proposons de dépasser ces tensions à l’œuvre dans la dynamique d’appropriation par le recours à une approche ago-antagoniste. Celle-ci articule simultanément apprentissage individuel et apprentissage organisationnel, une appropriation instrumentale et une appropriation à l’usage.

Resource dependence and balancing operations in alliances: The role of market redefinition strategies

This article studies how market redefinition strategies can contribute to the balancing of bargaining power in alliances. Relying on resource dependence theory, we study the causes of disproportionate power in alliance and describe various balancing operations that can be implemented to reduce dependence. In previous contributions, the existence of alternative sources for these resources was given exogenously, such that the set of balancing operations was rather limited. Implementing a multiple case study on air-rail intermodal strategies, we observe firms pro-actively redesigning their market boundaries in order to look for new substitutes. These market redefinition strategies reduce the dependence upon the powerful partner and offer new strategic options in terms of partnership for the focal firm. From a theoretical standpoint, we extend the classical view of resource dependence and power in alliances in which components of dependence were given exogenously. By giving the opportunity for the focal firm to pro-actively shift its market boundaries, our new approach increases the number of options available. With this contribution, we pose that firms can activate several parameters (share in goals, number and quality of substitutes, etc.) in order to reduce their dependence upon a powerful partner and escape from deterministic patterns in the alliances they sign. We conclude by drawing some managerial implications concerning the role of market redefinition strategies in alliance development.

Le paradoxe de l’appropriation d’un outil de gestion auprès des PME :

Résumé
Suite à la mise en œuvre d’un outil de gestion auprès des PME, réalisée par l’un d’entre nous en tant que consultant, nous revisitons en tant que chercheurs le processus d’appropriation de cet outil par les usagers. Il apparait qu’aucune des situations d’appropriation étudiées ne s’établit dans le droit fil de la prescription. Nous proposons d’interroger ce paradoxe dans cette contribution. Nous faisons une lecture de ce cas à partir de la grille proposée par Vaujany et Grimand (2005). Il est ainsi possible de distinguer différents types de valeurs associées à un outil de gestion : valeur caution, valeur structurelle, valeur d’usage et valeur construite. Dans une première partie, nous proposons de faire état du champ des outils de gestion en accordant une place particulière aux théories qui proposent une perspective appropriative. Dans une deuxième partie, nous reconstituerons l’histoire de l’outil de gestion « DIAGRH », de sa conception à sa mise en œuvre par l’entremise de consultants. Dans une troisième partie, nous proposons une étude de cas comparative réalisée auprès de cinq entreprises ayant été accompagnées dans la mise en œuvre des prescriptions. Dans ce contexte, on aurait pu s’attendre à ce que la valeur structurelle de cet outil de gestion soit dominante, c'est-à-dire qu’elle se traduise par une stricte application des recommandations. Il n’en est rien. Mieux, celle-ci n’apparait pas. En revanche, c’est la valeur caution qui est dominante. Parallèlement, des valeurs en terme d’appropriation se font jour : valeur construite et valeur à l’usage. Nous tentons en conclusion de proposer quelques pistes explicatives des différentes valeurs prises par cet outil de gestion.

How to manage learning tensions in coopetition? The role of information systems

We examine how firms implement specific tools to manage learning tensions in a coopetitive setting. Until now, little attention has been paid to the management of coopetitive tensions. Most contributions have set theoretical principles to follow in order to manage properly a coopetitive agreement. However, there have been only few empirical studies on the management of coopetition. Considering information as a key resource for firms, we focus on informational and learning tensions. More precisely, we observe that coopetitors balance between sharing information for the success of the project and protecting information to sustain their competitive advantage. Setting our analysis at an operational level, we stress on the central role of information systems in the management of learning tensions. Drawing from an in-depth case study in the European space industry, we contribute to the existing literature on the management of coopetition by offering a more empirical vision of the issues met by coopetitors. More precisely, we draw lessons on the design of the coopetitive IS at different levels. First, we analyze the structure of the IS and its position within the organization of the partners. We find that the implementation of the coopetitive IS respects simultaneously the integration and separation principles, while they were presented as opposed in the literature. We then define the nature of information to be shared in a coopetitive agreement. We observe that the information shared is characterized by lower levels of value creation when it is not combined with other resources. Consequently, even if the information is leaked, the partner won’t be able to create much value from it because it doesn’t have the other complementary resources (that are not shared). Finally, we propose a dynamic mapping of information flows within the coopetitive IS. By doing so, as a third contribution, we show that learning opportunities are rather limited in this system, as everything is done to avoid informational leaks between the two internal IS.

Ensemble mais différents: les dynamiques d'identification dans les équipes composites

La théorie de l’identité sociale qui analyse les dynamiques d’identification pose l’hypothèse que les individus doivent percevoir des caractéristiques communes avec les autres membres pour s’identifier à une équipe ou à une organisation. Or, la généralisation du recours à des travailleurs extérieurs à l’entreprise dans une logique de flexibilité de l’emploi a conduit à une hétérogénéité des statuts d’emploi des travailleurs au sein d’une même équipe de travail. Les salariés travaillent en équipe avec des intérimaires, des prestataires, des consultants, des stagiaires et des apprentis. Nous proposons la notion d’équipe composite pour décrire une équipe de travail composée de salariés et de travailleurs extérieurs sur le lieu de travail de l’entreprise. Ce présent article s’attaque à un paradoxe de la littérature sur l’identification organisationnelle. Les travaux sur les équipes temporaires montrent que l’identification s’opère au moyen d’indices situationnels. Cependant les travaux partant des différences de statuts d’emploi font état de conséquences négatives sur l’identification des travailleurs. En ce sens, la notion d’équipe composite contient à la fois la dimension d’équipe temporaire et celle de statuts d’emploi différents. Elle sert ainsi d’unité d’analyse pour étudier les antécédents de l’identification dans les équipes temporaires composées de membres aux statuts d’emploi différents. A partir d’une étude de cas exploratoire dans une grande entreprise française, nous illustrons des antécédents de l’identification au sein d’une équipe composite d’après une auto-catégorisation des travailleurs pris individuellement en « salariés » ou « externes », une ambivalence des indices situationnels sur le lieu de travail et l’effet du prestige et de la reconnaissance par la hiérarchie. Des développements plus quantitatifs sont appelés pour généraliser ces résultats.

Enquêter sur des réseaux de parties prenantes. Vers une méthodologie basée sur le prisme de la théorie de la traduction

Les réseaux de parties prenantes semblent libérer certaines des critiques régulièrement émises à l’encontre de la théorie des parties prenantes. S’ils permettent certes de théoriser différents types de relations entre parties prenantes (ex. interactions entre les parties prenantes, impactant l’entreprise et interactions avec les parties prenantes, mobilisées par l’entreprise), leur analyse reste encore difficile à réaliser. Les recherches menées jusqu’ici sur les réseaux de parties prenantes, relativement rares, décrivent peu les cadres méthodologiques mobilisables pour l’analyse de ces relations spécifiques. Nous proposons donc un cadre d’analyse à travers le prisme de la théorie de la traduction (ANT), qui offre les outils permettant la description des relations “au cœur du réseau”. Il est d’abord démontré que les deux théories sont compatibles : elles sont de même nature, ont des objets et objectifs complémentaires et ont des trajectoires communes. L’intérêt de cette communication est ensuite d’identifier les apports de la théorie de la traduction à la théorie des parties prenantes. En tant que « technologie de la description » (Dumez, 2011), la théorie de la traduction donne certaines clés, complémentaires à la théorie des parties prenantes, sur ce que le chercheur doit identifier lorsqu’il enquête sur des réseaux de parties prenantes : quelles sont les parties prenantes et leur rôle dans le réseau, quels sont leurs enjeux et se faisant, comment celles-ci se positionnent dans le réseau, comment les parties prenantes passent-elles d’une situation de blocage à une situation de collaboration, quelles sont les modifications subies entre-temps par l’objet de recherche ? La théorie de la traduction donne également des outils au chercheur dans la conception et la réalisation de sa recherche, car ces préceptes sont utilisables pour mener à bien ce type d’enquêtes relativement délicates.

A la recherche de structures hybrides de gouvernance ; la contribution des cadres intermédiaires à la responsabilisation de l’entreprise réseau

Cette recherche étudie la contribution des cadres intermédiaires à la mise en œuvre d’une démarche RSE dans le cas particulier de l’entreprise réseau. Si les grandes étapes de la formation d’une démarche socialement responsable sont bien éclairées par le cadre analytique de la corporate social responsiveness, nous savons en revanche très peu de choses sur la nature et la portée de la contribution des cadres intermédiaires. Cet angle mort dans l’étude de la mise en œuvre d’une démarche RSE est particulièrement problématique dans le cas particulier de l’entreprise réseau. En effet, ce schéma organisationnel complexifie la mise en œuvre d’une démarche RSE et renforce la nécessité d’impliquer les cadres intermédiaires. Nous proposons à un travers une étude de cas exploratoire dans le secteur du travail temporaire d’éclairer la contribution des cadres intermédiaires à la mise en œuvre d’une démarche RSE. Nous faisons ressortir les éléments centraux autour desquels s’articule la contribution des cadres intermédiaires. Nous terminons notre recherche par une discussion sur la nature et le pilotage de la RSE dans le cadre particulier de l’entreprise réseau et montrons qu’au-delà de l’engagement des acteurs, la responsabilisation de l’entreprise réseau passe par l’émergence et l’institutionnalisation de structures hybrides de gouvernance.

DEVELOPPEMENT ET VALIDATION D’UNE ECHELLE DE MESURE DE L’ACCOMPAGNEMENT A L’INTERNATIONAL

La littérature s’intéresse depuis une trentaine d’années à la relation entre l’accompagnement à l’international et la performance des PME (Faroque et Takahashi, 2012). Si certaines études ont montré que l’accompagnement à l’international contribue à améliorer la performance à l’export (Shamsudduha et al., 2009, Gençturk et Kotabe, 2001), d’autres ont abouti à des résultats opposés (Brewer, 2009 ; Bernard et Jensen, 2004 ; Wilkinson et Brouthers, 2000). La question du lien entre accompagnement et performance reste donc ouverte. Les enjeux sont d’ordre conceptuel et méthodologique. L’une des difficultés à laquelle sont confrontés les chercheurs est de parvenir à mesurer l’accompagnement à l’international.
L’objectif de cet article est de construire une échelle de mesure de l’accompagnement à l’international qui tient compte à la fois de la nature et de l’intensité de l’accompagnement. Cette recherche s’ancre dans l’approche fondée sur les ressources qui conçoit l’accompagnement à l’international comme un moyen d’accroitre le portefeuille de ressources et de capacités de l’entreprise (Wilkinson, 2006).
Une étude empirique a été menée auprès de 288 PME inscrites dans un processus d’internationalisation. La démarche méthodologique utilisée pour construire l’instrument de mesure s’inspire du paradigme de Churchill. Les résultats confirment l’hypothèse de la multidimensionalité de l’échelle de mesure de l’accompagnement à l’international. Les indices montrent un bon ajustement du modèle de mesure aux données empiriques (RMSEA = 0,02, GFI = 0,90, NNFI = 0,99). Les 4 dimensions qui ressortent sont : la formation (α = 0.78), la prospection (α = 0.87), la mise en réseaux (α = 0.91) et le soutien financier (α = 0.87).

Approche relationnelle de la coopération d’innovation inter-entreprises : proposition de modèle conceptuel

Les coopérations d’innovation se sont multipliées depuis une trentaine d’année, et avec elles les travaux de recherche s’y rapportant. Dans notre communication, nous développons un modèle conceptuel pour nous intéresser à ces coopérations sous l’angle de la relation entre deux entreprises, au-delà des projets et programmes d’innovation qu’elles sont amenées à réaliser ensemble. Afin de comprendre comment ces entreprises peuvent maximiser la performance de leur relation, nous formulons des propositions sur les interactions entre les différents éléments de ce modèle qui sont (I) la gouvernance de la relation, (II) sa performance, (III) son niveau de développement et (IV) le degré d’innovation des projets ou programmes menés en collaboration.
Cette communication s’appuie sur un travail de recherche mené de manière abductive. 35 entretiens ont été réalisés, auprès de praticiens travaillant sur le développement des relations inter-entreprises, en parallèle avec une revue de littérature portant sur les relations interentreprises et sur l’innovation ouverte. Pour cela, nous avons constamment navigué entre les données issues de ces entretiens et la recherche de nouvelles théories pour construire le modèle proposé dans cette communication. Ainsi, nous nous sommes appuyés sur le modèle relationnel proposé par l’IMP group (Håkansson & IMP Project Group 1982; Paliwoda 2011) pour décrire les éléments constitutifs de la coopération d’innovation. Et, nous avons choisi un cadre théorique fondé sur la théorie des coûts de transaction et sur la resource based-view (RBV), en particulier la knowledge based view (Grant 1996), pour saisir la nature des interactions entre les différents éléments de notre modèle.
Selon nos propositions, la performance d’une relation de coopération d’innovation est impactée par les mécanismes de gouvernance mis en œuvre au sein des entreprises et entre elles (P1). Et, pour ne pas la réduire, les mécanismes de gouvernance de chaque entreprise doivent être alignés (P3) tout en étant ajustés mutuellement au cours du temps (P2). Par ailleurs, nous proposons que chaque niveau de développement d’une telle relation corresponde à un niveau croissant de performance (P4) ainsi qu’à une configuration caractéristique de ses mécanismes de gouvernance (P5). Et, comme le type d’innovation ciblé dans chaque projet d’innovation mené en commun impacte la configuration de la gouvernance (P6), cela nous permet de suggérer aux praticiens de porter une attention particulière à la cohérence des mécanismes de gouvernance de leurs coopérations d’innovation pour en maximiser les retombées pour leurs entreprises.
Les résultats de notre travail doivent être confirmées et enrichies par des recherches supplémentaires que nous proposons dans cette communication. Quoiqu’il en soit, nous suggérons que le cadre conceptuel présenté ici participe au développement de la recherche portant sur l’innovation ouverte en proposant d’envisager de la sorte les coopérations d’innovation avec une unité d’analyse dyadique, et non pas du point de vue d’une seule organisation. Par ailleurs, notre appel à une approche relationnelle de la coopération d’innovation inter-entreprises permet d’envisager la place de la rente relationnelle comme facteur clef de réussite des coopérations d’innovation, du fait de la construction d’une capacité d’innovation et de collaboration spécifique à la dyade.

The controversy over offshoring : power, resistance and translations in the French semiconductor industry

This paper deals with the institutional embeddedness of transnational corporations (TNCs), in particular, when locally grounded stakeholder groups engage with their legitimacy. Based on the empirical investigation of one exemplary case of spatial re-ordering within the French semiconductor industry, it challenges the view according to which offshoring decisions results from an undisputed order. The theoretical framework intends to merge the institutional logics approach with more recent accounts within neo-institutionalism borrowing insights from the translation perspective in order to theorize institutional change. Existing spatial embeddedness of the firm is considered as an institutionalized organizational form challenged by offshoring pressures. The purpose of the research project consists, accordingly, in theorizing the controversy surrounding the establishment of a new spatial embeddedness. By focusing on how local actors implement strategic moves to avoid offshoring, our fieldwork aims at enriching our understanding about the way local movements of resistance try to be involved in the strategic decision process of TNCs. Thus, it has the potential to make several contributions to neo-institutional studies on TNCs. First, our results highlight that resistance to offshoring draws on the capacity of actors to re-define their own logics of action in order to legitimate an organizational logics that ensure local embeddedness, as regards the dominant institutional logics of their organizational field. However, far from subordinating existing organizational forms to global industry standards, these discursive strategies relate to a process of hybridization which could be subsumed under the notion of symbolic bricolage, stating that multiple, brand new and old-fashioned logics, are strongly intertwined in the process of institutional change. Such insights into the articulation between logics of action, organizational and institutional logics could further inform our understanding of the multiple institutional logics framework by integrating geographical scale as an additional dimension. Second, our fieldwork results posit that the constitution of a coalition of interests, while it promotes the local stickiness of the firm’s operations, forbid at the same time the access of less connected and more radical stakeholder groups to locus of strategic decision-making. Thereby, it invites further research on institutional change to explore the space left in-between isomorphic and strategic behaviors, to decipher the complex interplay between domination and resistance at stake in the process of change.

Gestion stratégique des compétences en PME : les enseignements d’une recherche-action

L’articulation entre GRH et stratégie est globalement abordée par la littérature via la notion de compétence à travers les modèles top down (de type GPEC) et bottom up (Ressource Based View : Barney, 1991 ; Kor et Mahoney, 2004), voire comme un processus de co-construction, comme dans le courant du Strategic Human Resource Management (SHRM : Wright et McMahan, 1992 ; Wright et al., 1994 ; Lado et Wilson, 1994).
Alors que la RBV envisage la compétence comme une capacité, la SHRM prend en compte la notion de compétence sous sa dimension individuelle, via le concept de capital humain. Ainsi pour Wright et al. (2001), le passage entre capital humain et compétences clés dépend des pratiques en matière de RH, en matière de gestion des connaissances, et des capacités dynamiques de l’entreprise (Wright et al., 2001). Si le caractère idiosyncratique des PME constitue un atout en termes de socialisation et de circulation de l’information, la prédominance du tacite dans le mode de décision stratégique et de gestion des RH interpelle quant à la déclinaison du SHRM en PME.

Nous présentons un travail de recherche-action mené dans une PME industrielle du pôle de compétitivité « Véhicule du Futur Alsace-Franche Comté », qui vise à éclairer la manière dont s’opère la relation entre stratégie et gestion des compétences en PME. Une analyse de la dynamique de notre recherche-action nous permet d’éclairer la manière concrète dont le SHRM a émergé. La demande initiale, exprimée en termes de GPEC, était de type top down. Le travail de formalisation des processus effectué durant notre intervention nous a rapidement amené à aborder la question de la stratégie à proprement parler. En effet, le travail d’analyse des processus métier a montré que l’activité d’usinage impactait de manière directe les compétences de calcul des coûts et de conception. Par un mécanisme de type RBV ou bottom up, l’identification de cette articulation a entrainé une modification de la stratégie envisagée. De manière globale, on peut dire que l’émergence d’un SHRM ne résulte pas d’une décision explicite ex ante, mais a émergé au fil de l’intervention.

Le paradoxe de la stratégie d’imitation : quelle influence du design de recherche ?

L’idée défendue dans cet article est que la littérature n’a pas trouvé un consensus concernant l’importance de l’imitation concurrentielle. Jusqu’à aujourd’hui, une grande partie de la littérature continue à négliger l’importance de cette stratégie. Dans cet article, nous revenons sur cette divergence. Nous développons en particulier l’idée que le design de recherche adopté dans chaque recherche explique en grande partie cette divergence dans les performances observées. L’article débouche sur certaines précautions pour les chercheurs qui voudront aborder la question de l’imitation.

La mise en œuvre d’innovations nécessite-t-elle l’instauration de certains types de réseaux ? Une application aux stations de sports d’hiver

Cet article vise à étudier le lien entre la forme des réseaux interorganisationnels et les types d’innovation dans les services. Contrairement aux innovations industrielles, les innovations dans les services ne peuvent pas être protégées par des brevets ou dessins et modèles. Ainsi, la recherche de partenaires complémentaires voire la construction d’un réseau apparaît souvent comme la clé pour développer une innovation permettant de générer un avantage concurrentiel durable. C’est pourquoi nous nous sommes intéressées aux principales formes de réseaux interorganisationnels qui ont donné naissance à des innovations de services. Une typologie des innovations de service et une grille d’analyse des réseaux nous ont permis d’étudier les innovations mises en œuvre par deux grands domaines skiables : les Portes du Soleil et Paradiski. Au total, nous avons ainsi étudié la structure de 12 réseaux d’innovation. Nos résultats montrent qu’en fonction du type d’innovation mis en place, les réseaux qui les portent diffèrent en termes de partenaires mobilisés, de mode de régulation et de rayonnement. En revanche, le type d’innovation à développer n’influence pas l’architecture du réseau, qui demeure centrée dans tous les cas.

Pour une lecture intégrée des effets d’une alliance stratégique Etude du cas de l’alliance General Motors – PSA

Notre article a pour objectif d’élargir l’analyse des effets des alliances stratégiques au-delà de la mesure des retombées directes sur les alliés eux-mêmes. Nous avons donc proposé un modèle des effets des coopérations, basé sur quatre niveaux d’analyse : l’alliance, la relation coopétitive, les réseaux des alliés, et les institutions. Nous avons illustré notre démarche par l’étude du cas de l’alliance entre General Motors (leader actuel) et PSA Peugeot Citroën. Ce rapprochement a marqué l’actualité du secteur automobile et est intervenu suite aux répercussions néfastes de la crise de 2008. L’analyse approfondie de ce cas nous a permis de valider le modèle des effets à quatre niveaux. Ces derniers, peuvent être compétitifs, coopétitifs, réticulaires et institutionnels, avec de fortes interactions entre les effets identifiés.

L’INFLUENCE DU TYPE DE CONFLIT SUR LES MODALITES DE RESOLUTION DE CONFLITS AU SEIN DE RESEAUX D’INNOVATION

Les conflits, inhérents à toute relation de coopération, sont exacerbés dans les réseaux d’innovation de par l’incertitude et le risque lié à la conduite de projets innovants. Les conflits peuvent détériorer la confiance, réduire la satisfaction des partenaires, affaiblir leur niveau d’engagement et donc empêcher de mener à bien le projet d’innovation. Pour résoudre ces problèmes, les partenaires ont recours aux modalités de résolution de conflits. Toutefois, le lien entre le type de conflits et le choix de la modalité de résolution reste encore flou, en particulier dans le cadre spécifique d’un réseau d’innovation. Dans la littérature, les recherches qui traitent des modalités de résolution de conflits s’intéressent quasi exclusivement à la performance de ces modalités et étudient peu les éléments qui déterminent leur choix. De même, les recherches qui étudient les conflits s’intéressent beaucoup aux conditions d’émergence et très peu aux conséquences, notamment sur le choix du mode de résolution. Dans cette perspective, cette recherche analyse l’impact du type de conflit sur les modalités utilisées par les partenaires d’un réseau d’innovation. Une démarche méthodologique qualitative par étude de cas a été retenue pour analyser les conflits au sein de six réseaux d’innovation. Les données primaires collectées au cours de cinquante-trois entretiens semi-directifs mettent en évidence deux résultats principaux. Premièrement, les conflits liés à des problèmes relationnels (coopération) entrainent souvent des modalités plus radicales telles que l’exclusion. En revanche, des conflits liés à des aspects techniques liés au fonctionnement du projet sont plutôt résolus suite à des discussions. Outre le type de conflit, les études de cas révèlent l’importance du niveau de dépendance du porteur de projet (pivot) sur la manière de résoudre le conflit.

L’entreprise face aux risques environnementaux : Enquête sur la gestion de 196 établissements industriels dans cinq agglomérations littorales en France.

La prise en compte des effets de l’activité industrielle sur l’environnement demeure un phénomène récent à l’échelle du développement des sociétés industrielles. Ce n’est qu’à partir des années 1970, suite à la médiatisation des premières grandes pollutions, que la conscience collective des enjeux environnementaux se développe largement, que ce soit dans les milieux politiques ou au niveau de la société civile. Pour répondre à ces exigences, les industries doivent s’interroger de façon permanente sur leurs impacts locaux, directs et indirects, sous peine de subir des conséquences néfastes et irréversibles pour la pérennité de leurs activités (boycott des produits, impacts financiers, déficit d’image, perte de marchés…). Les questions environnementales représentent désormais un enjeu stratégique pour les entreprises.
En mobilisant la théorie des parties prenantes et l’approche sociologique de la théorie néo-institutionnelle, ce papier présente les résultats d’une enquête réalisée à l’échelle nationale auprès de 196 établissements industriels situés sur cinq bassins industrialo-portuaires (Seine Maritime, Gironde, Loire Atlantique, Bouches-du-Rhône et Nord). Ces bassins ont été identifiés en fonction de trois critères justifiant l’existence d’une vulnérabilité écologique et/ou humaine: forte densité de population, concentration d’établissements à risques, proximité avec les populations et le littoral. Cette étude analyse les opinions et les pratiques des managers confrontés aux risques environnementaux générés par leurs activités, appelés risques « industrialo-environnementaux » (RIE par commodité). Elle vise aussi à identifier les motivations des actions menées et les éventuels obstacles rencontrés en matière de RIE.
Malgré une prise de conscience collective des enjeux associés à la protection de l’environnement, les RIE sont gérés de manière significative depuis seulement une quinzaine d’années. Si les stakeholders réglementaires et les valeurs des dirigeants guident principalement les établissements vers une gestion plus « responsable », la complexité de la réglementation et le manque d’informations semblent expliquer la perte de vitesse observée des engagements industriels. Seulement la moitié d’entre eux déclarent avoir adopté un système de management environnemental de type ISO 14001. Le faible nombre d’établissements s’inscrivant dans des partenariats (24 responsables sur 196) ou dans un système d’éco-audit EMAS (3 responsables sur 196) confirme, par ailleurs, des engagements environnementaux qui peinent à se développer. D’une manière générale, les établissements interrogés adoptent des démarches réactives de conformité réglementaire. Les coûts, le manque de moyens humains et/ou financiers, et la faible perception des avantages immédiats semblent, en effet, constituer des freins à la poursuite d’actions environnementalement plus ambitieuses. Ainsi, la gestion des RIE apparaît davantage comme un moyen de légitimer et de pérenniser les activités industrielles que comme une source d’avantage économique ou concurrentiel.

La stratégie du pharmacien en environnement incertain : une question d’identité ?

Le pharmacien titulaire d’officine évolue dans un secteur d’activité où la dynamique concurrentielle est de plus en plus importante. Les évolutions successives du comportement du client, de la concurrence et des pouvoirs publics entraînent beaucoup d’incertitudes sur l’avenir de son métier. En tant que dirigeant-propriétaire de TPE, il est au cœur de la performance et du développement de son organisation. La littérature considère que son comportement stratégique dépendra de ses traits de caractère. Dans cette perspective cette recherche propose d’utiliser le concept d’identité de métier pour décrypter la stratégie du dirigeant de l’officine pharmaceutique. Dix sept dirigeants-propriétaires d’officine ont été étudiés dans le cadre d’une analyse exploratoire qualitative. Les résultats montrent que l’identité de métier impacte le comportement stratégique du dirigeant. A cet effet, trois axes stratégiques sont identifiés en fonction d’une empreinte identitaire s’articulant entre la santé et le commerce.

La fabrication du consentement à la financiarisation : Etude des justifications du management financier

Cet article s’intéresse aux justifications que les financiers donnent de leur rôle et de leur position dans les organisations. Si le management financier n’est pas le seul possible, la tendance à la financiarisation des organisations renforce l’influence des financiers sur le management. Cette intervention n’est cependant pas toujours très bien accueillie. Cet article cherche alors à comprendre comment les représentants du langage financier parviennent à justifier leur intervention dans les décisions managériales. A travers une étude qualitative par observations et entretiens, nous avons rencontré des contrôleurs de gestion dont l’influence, bien qu’indirecte et peu visible, est considérée comme importante. Ils justifient une telle influence à travers différents arguments que nous regroupons en quatre types : leur position dans la circulation de l’information, leur expertise comptable et financière, la place que leur accorde la direction générale, leur rôle d’interface entre les opérations et la direction générale. Nous montrons qu’ils construisent au passage une narration légitimant la centralité du langage financier dans leur organisation. Cette étude permet donc de mieux comprendre comment les narrations produites par certains cadres permettent de légitimer la connexion des opérations locales à la tendance globale de la financiarisation.

Le rôle de l’orientation « marché » dans la dynamique d’innovation collaborative: le cas du pôle SCS

L’innovation collaborative à l’échelle des pôles de compétitivité vise en premier lieu à créer des débouchés nouveaux, c’est-à-dire à générer des innovations prêtes à être diffusées sur les marchés. Pourtant, si les réseaux d’innovation ont été largement étudiés par des outils de pilotage, de gouvernance et de coordination, par la finance, la propriété intellectuelle ou les pratiques RH, par la formation, par la confiance entre les partenaires, par les externalités, ou encore par la dynamique des PME, une carence persiste dans les recherches actuelles à propos de l’orientation stratégique composite des réseaux d’innovation, en particulier l’orientation marché ou client dans la dynamique des projets/acteurs. Tout en nous inscrivant dans le courant des travaux de recherche qui mettent en exergue les spécificités du dispositif français des pôles de compétitivité composé d’acteurs complémentaires (Recherche, Formation et Entreprises), notre travail met l’accent sur le fait que l’innovation collaborative est mise en tension par des intentions stratégiques différenciées, liées précisément aux profils hétérogènes, et parfois divergents, des partenaires animés par un projet commun. Par une analyse empirique portant sur le pôle SCS, nous tentons de comprendre la façon dont s’intègre la l’orientation « marché » dans les pôles de compétitivité, et le rôle que la dimension marketing joue dans la dynamique d’innovation collaborative au sein des pôles de compétitivité.

Quand le chercheur est son propre objet de recherche. Le cas de Basile Torevac, « innovateur relationnel » et « chercheur autopoïétique »

Les chercheurs qui veulent comprendre des phénomènes complexes au sein des organisations ou qui y pratiquent des interventions destinées à les faire évoluer doivent s’engager sur le terrain, de manière plus ou moins continue et sur des périodes plus ou moins longues. Lorsqu’une présence quasi permanente s’impose, seuls un « chercheur employé » (Usunier, 1993) ou un « chercheur-acteur » (Lallé, 2004) peuvent prendre l’étude en charge. Cette situation présente l’avantage incomparable de pouvoir scruter l’organisation en profondeur et de manière longitudinale afin de tester et de mettre en place des modèles de gestion renouvelés. Elle soulève également des difficultés méthodologiques et épistémologiques. Celles-ci sont particulièrement aiguës lorsque le chercheur est son propre objet de recherche c’est-à-dire lorsque ses actions transforment également ses propres fonctions, connaissances, pratiques... Cette singularité nous conduit à le qualifier de « chercheur autopoïétique ». L’objet de cet article est d’étudier ce cas particulier, non traité, à notre connaissance, dans la littérature en sciences de gestion. Nous commençons par rappeler les modalités variées d’intervention d’un chercheur dans une organisation. Nous présentons ensuite le cas de Basile Torevac qui s’est construit, en cinq années, une fonction d’« innovateur relationnel », tout en étant « chercheur autopoïétique » dans une PME. Enfin nous exposons les avantages importants de cette posture mais également ses risques. Nous montrons que le « chercheur autopoïétique » est un acteur multi-compétent, réactif, peu coûteux, et producteur d’un riche matériau empirique. Nous montrons également les difficultés qu’il peut rencontrer pour trouver la bonne distance, aussi bien par rapport à son terrain qu’à l’égard de lui-même, ainsi que les limites vers lesquelles l’entraînerait un objet de recherche au périmètre resserré.

Comment aider les managers de proximité à dépasser les contradictions inhérentes au changement organisationnel ?

Dans le contexte actuel, les organisations publiques et privées sont soumises à des bouleversements constants et confrontées de manière croissante à des objectifs contradictoires. La présente étude, nous amène à observer et analyser le comportement des managers de proximité d’une organisation de service public évoluant vers le modèle marchand. Si la littérature s’accorde sur l’importance des attentes contradictoires dirigées vers ces acteurs de l’organisation, elle s’intéresse peu aux modalités permettant à l’encadrement de proximité de faire face à ces attentes. La présente recherche s’intéresse à cette problématique et s’attache à répondre à la question suivante : comment aider les managers de proximité à dépasser les contradictions inhérentes au changement organisationnel ? Pour répondre à cette question, il nous parait nécessaire au préalable d’appréhender ce qu’attendent les organisations des managers de proximité. L’étude de la littérature nous apprend que ces acteurs sont focalisés sur le court-terme et que leur principale préoccupation est d’obtenir que le travail se fasse sans interruption. Plusieurs auteurs soulignent également le rôle clé dans la conduite du changement. Toutefois, en période de changement, les managers de proximité sont confrontés à la difficulté de fixer des priorités entre le changement et l’activité quotidienne. L’importance des tensions contradictoires qui s’exercent sur ces acteurs clés de l’organisation transparaît au travers du modèle de Quinn que nous mobilisons comme grille de lecture du comportement des managers de proximité. La recherche met en évidence un enlisement de ces acteurs. En bousculant les habitudes, le changement perturbe la fluidité de l’activité quotidienne, renforçant la focalisation des managers de proximité sur la régulation de l’activité quotidienne. Cet enlisement conduit à un épuisement physique et nerveux allant jusqu’à entrainer des épisodes dépressifs (burnout) chez certaines personnes. Mais l’étude empirique fait également ressortir que certains managers de proximité développent des stratégies leur permettant de dépasser les contradictions inhérentes aux changements qui impactent l’organisation. Cette performance ne saurait toutefois être durable qu’avec le soutien inconditionnel de la ligne hiérarchique et une reconsidération des frontières et de l’articulation entre les différentes strates de l’organisation.

Accompagnement de l’Orientation entrepreneuriale par un Management entrepreneurial : Une approche par les ressources.

L'orientation stratégique des entreprises a attiré l'attention de plusieurs chercheurs sans pour autant aboutir à une définition communément acceptée. Le choix d’une orientation stratégique est nécessaire pour soutenir la croissance de l’entreprise et requiert la définition des process conduisant à sa mise en œuvre effective. Le choix de l’orientation entrepreneuriale (OE) comme variable centrale de l’article part du consensus croissant se formant autour de l'existence de l’entrepreneuriat au sein des organisations déjà existantes. L'activité entrepreneuriale peut en effet conduire à de nouvelles activités au sein des organisations existantes ou peut considérablement transformer les organisations à travers une variété d'initiatives entrepreneuriales. Le choix d’une telle orientation devrait cependant s’accompagné de la définition de pratiques managériales conduisant à sa mise en œuvre et à son efficacité, ce qui permettra, dans un premier temps, de clarifier la mise en œuvre des dimensions de l’OE puis de leurs effets sur la croissance des PME, les activités entrepreneuriales étant une source essentielle de la croissance des organisations.

En tant que facilitateur de la mise en œuvre de l’OE, le Management entrepreneurial (ME) est ici proposer pour dépasser les limites inhérentes aux fondements de l’OE ne lui permettant pas de capturer l’identification ainsi que l’exploitation d’opportunités. A cette fin, cet article analyse l'interaction entre l'OE et le ME ainsi que leur impact combiné sur la croissance des PME. Le modèle développé propose en effet que l’OE affecte la croissance des entreprises et que le pouvoir explicatif du modèle augmente lorsque l’OE est accompagnée par un ME. Sur la base des travaux de Brown et al. (2001), nous pensons que les six dimensions du ME pourraient faciliter la mise en œuvre de l’OE à travers des pratiques favorisant l’innovation, la prise de risque et la pro activité.

L’article, d’essence conceptuel, propose une approche qualitative purement interprétative afin d’approfondir la mise œuvre de l’OE et de mieux comprendre la relation existante entre l’OE et le ME ainsi que leurs effets combinés sur la croissance.

ENVIRONMENTAL BENEFITS OF FORMS OF INNOVATIONS IN FRENCH MANUFACTURING FIRMS

Abstract: This paper aims at studying the benefits of forms of innovations on the environment. Using two waves of Community Innovation Survey - CIS datasets, we are able to investigate the impact of four forms of innovations (Product, Process, Organizational and Marketing) during the 2004-2006 period on two types of environmental benefits (for the firm and for the end user) during the period 2006-2008. Our findings indicate that product innovation as no significant impact on environmental footprint whereas three other forms: process, organizational and marketing innovations have a positive and significant impact. Companies that implement specific procedures dedicated to measure and control their environmental impact are more prone to reduce their negative outcomes on the environment.
Key words: Environmental Innovation; Forms of Innovation; Determinants; Empirical analysis; France.
JEL codes: Q55; D22; C10

OBSTACLES TO INNOVATION: WHAT HAMPERS INNOVATION IN FRANCE AND ITALY?

Abstract: This paper aims at understanding if the national innovation system affects the perception of obstacles to innovation by innovators, firms engaged in innovative activities that have introduced technological innovation. The research objective is reached by comparing the perception of obstacles faced by French and Italian firms and by analyzing the differences in the determinants of barriers to innovation during the period 2002-2004 using CIS4. Descriptive statistical analysis highlights that the perception of obstacles varies across countries. In particular, French innovators are more affected by barriers to innovation. A multivariate probit model allows us to study simultaneously the different barriers taking into account their potential interdependence. The main results imply that policy makers aimed at lower the barriers to innovation, beyond common policy objectives, should design country-specific public subsidies that target the specific determinants of obstacles highlighted at country level.
Keywords: Obstacles to innovation, Innovators, National Innovation System, France, Italy
JEL codes: O31, O32, O33, O38

Sources et management des tensions coopétitives : Le cas de l’industrie des satellites de télécommunications

Les stratégies de coopétition, qui combinent les deux forces contradictoires que sont la compétition et la coopération, sont des sources de tensions fortes pour les entreprises. Ces tensions nécessitent un management spécifique. Or ces tensions et leur management sont peu étudiés. A cette fin, cette recherche développe une étude de cas exemplaire d’un projet coopétitif mené par Astrium (groupe d'EADS) et Thales Alenia Space (groupe de Thales) dans le secteur des satellites de télécommunication. L’étude de cas permet de mettre en évidence les différentes sources de tensions coopétitives. Elle montre également qu'une organisation mixte basée à la fois sur un principe de séparation et sur un principe d'intégration de la logique concurrentielle et de la logique coopérative permet de manager efficacement les tensions coopétitives.

Une étude empirique des innovations et des alliances stratégiques des PME de services : une approche par les ressources

La relation entre les formes d’alliances stratégiques et la nature des innovations à l’ère de l’innovation collective est, à notre connaissance, encore peu exploitée. Par ailleurs, la littérature sur les alliances stratégiques s’est essentiellement intéressée aux alliances des grandes entreprises, notre attention s’est alors tournée vers celles des PME. Étudier les alliances stratégiques et la dynamique des innovations pour le cas des PME revêt un fort intérêt managérial compte tenu de l’importance de ce type d’entreprises dans le tissu économique de la majorité des pays du monde et notamment de la France. Ce présent papier s’inscrit dans la lignée des travaux de recherche sur la mobilisation des ressources et des compétences pour développer l’innovation au moyen des alliances stratégiques. Un regard nouveau est apporté à la stratégie des PME du secteur des services au moyen d'une étude exploratoire qualitative et d'une étude confirmatoire quantitative.

LE PHENOMENE DECOUPLAGE DANS LES CLINIQUES FRANÇAISES

Cet article propose d’expliquer le phénomène de découplage observé dans les établissements d’hospitalisation privé. En effet, nous avons remarqué, comme nombre d’études sur ce sujet, que des normes de Gestion des Ressources Humaines (GRH) construites par les agents institutionnels sont peu appliquées dans la réalité, sans provoquer de sanction. Pourquoi cette remise en question de ces normes est-elle acceptée, et par quels processus ? Le concept de découplage qui a été développé par les fondateurs du courant néo-institutionnaliste est utilisé pour expliquer ce phénomène. Pour ces auteurs, la conformité aux normes institutionnelles peut être de pure forme permettant à l’organisation d’obtenir une légitimité et un accès aux ressources. Car les normes héritées de l’environnement institutionnel peuvent être inappropriées au bon fonctionnement des activités menées par les professionnels. Elles auraient un niveau de généralité propice à l’interprétation créant un problème de coordination et de contrôle des opérations (Meyer et Rowan, 1977). Il existerait donc un lien entre isomorphisme et découplage, lien peu expliqué par la littérature (Boxenbaum et Jonsson, 2008). Pour lier ces processus, nous proposons d’appliquer le modèle théorique d’Oliver (1992) différenciant trois types de cause de déclin d’une pratique : technique, politique et culturelle. Nous analyserons les données recueillies auprès de trois cliniques françaises par le biais d’observations non-participantes, d’entretiens semi-directifs et de lectures de documents (procès verbaux, évaluations, procédures, etc.). Nous montrerons que les écarts entre ces normes et leur usage au sein des organisations sont dus à leur incapacité à répondre aux besoins de l’activité (cause technique) mais également à l’existence d’un rapport de pouvoir favorable aux soignants (cause politique). Ces derniers s’opposent aussi à ces pratiques en se référant à leur culture professionnelle (cause culturelle). Au final, nous déduirons de ces résultats un modèle théorique présentant les liens entre découplage et isomorphisme : le phénomène de découplage est le résultat d’interprétations différenciées de la norme de GRH, conséquence de l’influence des agents institutionnels par des processus d’isomorphisme de type différent (coercitif pour les gestionnaires ; normatif pour les professionnels). Ce modèle, qui devra être vérifié par d’autres recherches, peut être formulé à travers une proposition : plus les agents institutionnels sont divisés sur le sens apporté à une norme à cause d’identités différentes et d’un rapport de pouvoir équilibré, plus les processus d’isomorphisme normatif et coercitif s’opposent, produisant des conflits dans les organisations du champ, et donc plus le phénomène de découplage y est développé.

Stratégie individuelle, coopérative ou coopétitive, quel choix adopter pour la performance de l'innovation produit ? Le cas de l'industrie des jeux vidéo

Les pressions concurrentielles actuelles obligent les entreprises à développer des produits innovants (Nieto et Santamaria, 2007). Dans ce contexte, la performance d’innovation ne peut dépendre simplement des compétences dont les firmes disposent en interne mais également des sources externes en terme de connaissances et de compétences technologiques (Kline et Rosenberg, 1986; Kogut, 1988). Par exemple, pour y accéder elles peuvent développer des partenariats et des stratégies de coopération (Dyer et Singh, 1998). Ainsi, cette recherche se propose d’étudier l’impact des stratégies relationnelles sur la performance d’innovation produit (radicale et incrémentale). Mais également elle permettra de définir quel type de partenaire (horizontale ou verticale) est favorable à quel type d’innovation produit. Notre étude porte sur l’industrie des jeux vidéo et plus particulièrement sur les stratégies de coopération adoptées par les éditeurs pour développer des produits innovants. Cette dernière est présentée sous forme d’une étude de cas qualitative complétée par une approche quantitative utilisant un modèle de régression PLS 2 (Partial Least Squares). L’étude dévoile que les stratégies de coopétition et de coopération auront respectivement un impact positif sur l’innovation radicale et incrémentale. Cette dernière souligne également que le type de partenaire choisi sera différent selon la nature de l’innovation.

THE FATEFUL TRIANGLE: COMPLEMENTARITIES IN PERFORMANCE BETWEEN PRODUCT, PROCESS AND ORGANIZATIONAL INNOVATION IN FRANCE AND THE UK

Abstract: This paper explores the relationships among product, process and organization innovation, examining the complementarities-in-performance between these forms of innovation, within a supermodularity framework. Drawing upon two rich samples of French and UK manufacturing firms using CIS4 (2002-2004), we explore whether firms can find a beneficial interplay between different forms of innovation. Since unconditional tests are often inconclusive about these complementarities, we implement a new procedure involving a pairwise relation conditional on the presence/absence of a third form. Using this approach, we find complementarities between product and process innovations in French and UK firms and between organization and product innovations in French firms, but no complementarities between all three forms of innovation. Using different sub-samples, we show that the presence of complementarities depends on the national context as well as on firm size and firm capabilities, which gives support to the contingency perspective.
Keywords: Innovation, Product Innovation, Process Innovation, Organizational Innovation Complementarities, Supermodularity, UK, France
JEL codes: C12, D24, L25, O31

COMPETENCES DES ENTREPRENEURS ET PERFORMANCE DES PME EN DEMARRAGE : LA STRUCTURE D’ACCOMPAGNEMENT A-T-ELLE UN IMPACT ? UNE COMPARAISON CAMEROUN-SENEGAL.

Cette recherche analyse les liens entre structure d’accompagnement, compétences des entrepreneurs et performance des PME en démarrage. Elle a été menée auprès de 391 entrepreneurs camerounais. Les résultats mettent en lumière la tridimensionnalité de la compétence des entrepreneurs (i). Ils révèlent également que les compétences technico-fonctionnelles et managériales déterminent la performance commerciale des PME accompagnées (ii). Enfin, les structures informelles d’accompagnement apportent plus de compétences aux entrepreneurs camerounais que les structures formelles d’accompagnement (iii).

Les facteurs clés de succès de l'émergence entrepreneuriale (cas de la région de Sfax)

L’objectif de cette communication est d’expliquer la réussite entrepreneuriale sur la base de trois dimensions essentielles à savoir « le profil de l’entrepreneur », « l’environnement de l’entrepreneur » et « la préparation à la création ». Pour ce faire, nous avons mobilisés les modélisations théoriques de Hannu Littunen (2000), de Lasch et al. (2005) et de Kessler (2007). Leurs travaux portent sur les déterminants du succès entrepreneurial. En utilisant une démarche quantitative d’analyse de données, cette étude exploratoire effectuée auprès d’un échantillon de 105 entrepreneurs tunisiens a pu aboutir à des conclusions constructives. Les entrepreneurs de la région de Sfax étaient invités à répondre à la question suivante : « Quels sont les indicateurs qui expliquent le succès de l’émergence entrepreneuriale ?».
Pour répondre à cette question, une première partie est consacrée à l’ossature conceptuelle et théorique du phénomène. La deuxième partie présente le modèle à tester et les validations empiriques. C’est donc un moyen d’investigation apte à mettre en exergue les perceptions des entrepreneurs quant aux valeurs de référence particulières à la région de Sfax, à la façon dont les attitudes, l’environnement et la préparation à la création influencent le comportement entrepreneurial pour emmener l’entreprise vers la survie et le succès. Les résultats étant satisfaisants du fait que le profil de l’entrepreneur explique bien le succès entrepreneurial. Ainsi, l’environnement de l’entrepreneur s’avère comme une variable explicative du succès sauf que les structures d’accompagnements ne semblent pas être stimulantes. La dernière variable qui est la préparation à la création est assez explicative du succès entrepreneurial à l’exclusion du montage du dossier financier.

LE PLURALISME INTEGRE, PIERRE ANGULAIRE DE LA GESTION DES PARADOXES DANS UNE ORGANISATION HYBRIDE

L’intégration figure parmi les concepts cœur de la théorie des organisations, qui ont accompagné l’essor des sciences sociales. Constatant la difficulté de fédérer les ensembles humains, les chercheurs et praticiens explorèrent obstinément les ressorts de l’action, à la recherche des conditions de l’unité, de la coopération, et de la formulation d’accords. L’accumulation de découvertes dévoila la complexité et les multiples facettes de l’intégration, ainsi que la variété de ses fondements : dispositifs formels, culturels, systèmes d’action ou dynamiques cognitives. Ces recherches montrèrent aussi comment un système social pouvait tout à la fois se montrer très intégré et héberger des rationalités multiples et conflictuelles en son sein. Pourtant, l’usage managérial et la recherche normative réduisirent le phénomène au contrôle, lui prêtant à tort les attributs d’homogénéité, d’unité de but, de discipline ou d’harmonie relationnelle.
Constatant les bénéfices de la variété interne, la question de la conciliation de logiques divergentes revient aujourd’hui sur le devant de la scène. Les recherches sur les organisations hybrides, l’ambidextrie, ou la gestion des paradoxes réactivent implicitement l’interrogation originelle des théories de l’intégration : Quels arrangements sociaux, formels ou informels, autorisent l’expression durable de la variété dans les organisations, sans qu’une logique ne domine les autres ni que les tensions engendrées ne mettent en péril l’efficacité et la survie du système. Dès lors, les théories de l’intégration pourraient apporter une contribution précieuse à la recherche contemporaine, sous réserve d’une redécouverte de sa richesse et d’une restauration du caractère pluraliste de ce concept.
Le fonctionnement atypique de la banque de détail du Crédit Agricole offre cette opportunité. Organisation démocratique, hybride, non-centralisée, et très diverse, elle déploie en son sein des processus d’intégration variés et robustes, par un assemblage sophistiqué des différentes composantes sociales repérées par la science. Ce cas rappelle ainsi la fonction fondamentale de l’intégration, qui consiste à rendre compatibles des logiques d’actions hétérogènes et à concilier la diversité, afin de permettre le fonctionnement collectif. Il attire l’attention sur les formes, parfois surprenantes, de l’intégration et souligne les bénéfices fonctionnels de la variété interne. Articulant les théories de l’intégration et de l’action complémentaires, cette recherche reformule en outre un bagage conceptuel, méthodologique et analytique pluraliste, apte à rendre compte de la complétude du phénomène. Enfin, des ponts sont établis entre la recherche contemporaine et les théories de l’intégration. Ainsi, l’étude montre un arrangement organisationnel propice à la gestion des paradoxes et à l’hybridation: « le pluralisme intégré ».
Ce travail s’appuie sur un design qualitatif longitudinal (10 ans) de type ethnographique, mêlant observation participante, une centaine d’entretiens semi-directifs et des analyses documentaires. Nous utilisons un raisonnement abductif. Proche de la théorie enracinée, le cadre conceptuel s’est construit par itérations successives avec le terrain. La plateforme théorique conçue par ce biais associe les théories de l’action (choix rationnel sociologique, théories cognitives, culture), les théories contemporaines sur les paradoxes, les théories de l’intégration et toutes contributions pertinentes par rapport à l’objet étudié.

L’Oréal ou la construction d’un positionnement unique et durable : une étude empirique du secteur des cosmétiques

Cette recherche exploratoire vise à comprendre le positionnement unique et durable du groupe L’Oréal dans un secteur mondial des cosmétiques en pleine croissance et pourtant relativement stable sur le plan de sa cartographie. Dans une démarche inductive, nous conduisons une étude empirique sur le secteur pour en dégager les principales caractéristiques en termes d’intensité concurrentielle et de positionnement stratégiques des acteurs. Plusieurs séries d’entretiens ouverts et semi-directifs menés au plus haut niveau du groupe, recoupés à diverses données primaires (documents internes) et secondaires (rapports annuels, presse spécialisée etc.) confirment la forte intensité du jeu compétitif à l’échelle mondiale sur une cartographie pourtant cristallisée autour d’un oligopole à franges organisé en 3+1 groupes stratégiques : les « purs players », présents uniquement sur un segment du secteur ; les groupes de luxe, actifs sur plusieurs segments ; les grands groupes diversifiés, dont la gamme de produit s’étend au-delà du secteur ; et L’Oréal, seule firme présente sur l’ensemble des circuits de distribution. Nous présentons successivement le secteur dans son ensemble, le groupe L’Oréal ainsi que ses principaux concurrents selon leur groupe stratégique respectif. Les résultats de l’analyse empirique sont ensuite discutés sous forme de propositions exploratoires. Ainsi, trois perspectives de recherches seront développées : (1) dans une perspective structuraliste, la relation entre la dynamique du secteur et la formation des groupes stratégiques; (2) dans une approche « multi-marché », la relation entre positionnement stratégique et intensité de la rivalité ; et enfin (3), par le recours au concept d’entrepreneur institutionnel, la capacité d’un acteur dominant à structurer son secteur.

Mécanismes de gouvernance et Performance des alliances stratégiques: Le cas du secteur francais des biotechnologies

Le choix du mécanisme de gouvernance d’alliance stratégique favorisant sa performance constitue une question centrale en sciences de gestion. En mobilisant la théorie des coûts de transactions (Williamson, 1985) et la théorie de l’échange social (Blau, 1964 ; Homans, 1961), cette recherche développe un modèle intégrateur à travers neuf hypothèses de recherche, permettant de comprendre le lien entre la gouvernance contractuelle, la gouvernance relationnelle et la performance d’alliance stratégique. Ce modèle a été testé auprès d’un échantillon représentatif des firmes biotechnologiques françaises. Nous avons eu recours à l’approche PLS pour valider nos hypothèses de recherche. Deux principaux résultats importants ont émergé : le choix de la gouvernance contractuelle est fortement recommandé en cas de forte spécificité des actifs investis dans l’alliance ; et l’effet positif de la gouvernance relationnelle sur la performance d’alliance est plus fort que celui de la gouvernance contractuelle.

Intégrer l’évolution de la stratégie et l’aspect humain de l’organisation dans l’approche par le Business Model : les apports du Modèle 4C

Cet article a pour objet de montrer la manière dont le modèle 4C développé par Miller et Le Breton Miller (2010) complète l’approche de la stratégie par le business model. L’approche par le business model permet d’appréhender la stratégie à un niveau intermédiaire entre les grandes décisions stratégiques et la mise en œuvre fonctionnelle (Lecocq, Demil et Warnier, 2006). Bien qu’elle permette de mieux comprendre les processus de création et de captation de valeur au sein d’une entreprise à un moment donné, elle ne permet pas d’appréhender les mécanismes sous-jacents à l’évolution du business model dans le temps.
Nous explorons dans cette recherche comment le modèle 4C développé par Miller et Le Breton Miller (2010), fondé sur les clés du succès des entreprises familiales sur le long terme, permet de compléter l’approche par le business model. Nous présentons ici une étude empirique de la complémentarité des deux grilles d’analyse s’appuyant sur quatre entreprises du secteur de l’internet. Nous montrons dans cet article que le modèle 4C permet non seulement d’appréhender plus finement les logiques d’évolution du BM au cours du temps mais aussi d’intégrer la dimension humaine sous-jacente aux différentes composantes du BM. Nous contribuons ainsi au champ de la recherche sur les business model en proposant un enrichissement des modèles existants par une meilleure intégration de l’évolution de la stratégie et de la dimension humaine au sein du concept.

Représentations des artisans du bâtiment sur l’éco-construction et évolutions à envisager pour une meilleure adaptation et articulation de leurs pratiques

Le bâtiment, secteur dominant de l’artisanat, exposé aux secousses cycliques de la conjoncture et à une carence chronique de main d’œuvre qualifiée depuis plus d’une décennie, est aujourd’hui amené à s’adapter aux évolutions exigées par la contrainte environnementale afin de proposer un bâti plus respectueux de l’environnement.
Les prescriptions du Grenelle de l’environnement sont très claires et particulièrement ambitieuses. La facture énergétique du bâti doit être réduite de façon drastique, avec des objectifs d’optimisation de la performance énergétique affichés à court et moyen terme. Le secteur de l’éco-construction dans le bâtiment concentre ainsi un certain nombre de problématiques et d’enjeux : règlementations techniques, labels, nouveaux matériaux…
Dans ce cadre, les fortes évolutions, à première vue techniques, qui s’imposent aux métiers du bâtiment dans un horizon à court voire très court terme, entrainent à l’évidence une problématique d’évolution des pratiques traditionnelles. Ainsi, nous cherchons à comprendre comment les artisans, qui s’engagent dans l’éco-construction, plus précisément, au niveau de la construction individuelle, se représentent les évolutions en cours, comment ils s’approprient les principes de construction attachés, tentent de les mettre en œuvre et quels sont les impacts de ces transformations sur la façon de pratiquer leur métier et sur le regard qu’ils y portent. Pour cela, nous avons opté pour une recherche résolument qualitative et à visée transformative s’appuyant sur des entretiens qualitatifs en profondeur et des observations in situ des artisans.
Cet article a pour vocation de capitaliser les premiers résultats et réflexions issues de notre travail de recherche qui met en lumière un certain nombre de transformations de la pratique de l’artisan en bâtiment engagé dans le secteur de l’éco-construction et la nécessité de développer un ensemble de compétences.
Les résultats obtenus concernent ainsi la nécessité, pour l’artisan, de davantage travailler en réseau, de mettre en œuvre une activité de veille et d’accès aux informations sur les évolutions en cours, d’envisager la structuration de l’entreprise, de développer la relation client, et de mieux coordonner les interventions sur les chantiers de façon à répondre à l’attente de performance globale énergétique.
En outre, nous caractérisons un certain nombre de compétences que les artisans de l’éco-construction seront ou sont d’ores et déjà amenés à développer pour être plus efficaces dans les projets d’éco-construction. Ces compétences sont certes d’ordre technique, en lien avec l’introduction de nouveaux matériaux et nouveaux principes et modalités de mise en œuvre, mais aussi d’ordre comportemental afin de développer la coordination et une organisation adéquate sur les chantiers ainsi que d’ordre métacognitif afin de pouvoir envisager autrement son entreprise et sa pratique, dans une perspective globale et réseau.
Cet article constitue de ce fait un propos d’étape d’une recherche non encore achevée qui prévoit dans une deuxième phase, et au regard des résultats présentés ici, un ensemble d’actions auprès du public des artisans de l’éco-construction dans l’optique de mettre en œuvre le développement de l’ensemble des compétences identifiées et nécessaires à la professionnalisation du secteur.

Le business model durable dans l'industrie du textile habillement.

Ce travail de recherche retrace l’évolution des business models dans l’industrie du textile habillement et caractérise l’arrivée d’un nouveau business model : le business model durable. Dans le cadre d’un travail doctoral en cours, nous avons mené des observations nous conduisant à l’identification du business model durable en tant qu’objet de recherche. Les travaux sur ce dernier sont peu nombreux et sont principalement tournés vers l’identification d’un seul type de business model durable alors que le business model durable peut prendre de multiples formes. Pour répondre à notre problématique : comment pouvons-nous qualifier ce nouveau type de business model dans le secteur de la mode ? Nous proposons le cadre théorique et méthodologique suivant. Dans la première partie, nous abordons la notion de business model et mobilisons sa représentation théorique proposée par Lecocq, Warnier et Demil en 2006, avec le cadre conceptuel RCOV (Ressources, Compétences, Organisation et Valeur). Dans une deuxième partie, nous analysons les différents modèles dominants de l’industrie du textile habillement : dans l’ordre d’apparition historique, la haute couture, le Prêt-à-porter puis le fast fashion. Enfin, nous décomposons le business model durable pour en proposer une définition qui complète les recherches sur ce nouveau type de business model. D’un point de vue théorique, cette étude exploratoire sur le concept de business model durable permet d’approfondir la question de la construction de type de business model. Et d’un point de vue pratique, clarifier les frontières du business model durable avec d’autres modèles dans le secteur de la mode permet de définir ce type de business model.

Apports méthodologiques du courant néo-structural à l’agenda de recherche du « travail institutionnel »

Le programme de recherche du travail institutionnel accorde une place importante à la notion d’agence et à la réflexivité des acteurs à travers leur capacité de représentation de l'institution où ils sont encastrés. Il essaie également d'intégrer la dimension relationnelle dans l'étude de l'activité des individus et des collectifs.
L’agenda de recherche de l’institutional work s’inscrit dans une filiation critique du courant néo-institutionnaliste dont il conteste la tendance à réduire le comportement des acteurs à une sorte de passivité mimétique et la dévaluation des dynamiques collectives et politiques (Huault et Leca, 2009). La perspective cognitive demeure néanmoins prégnante dans les articles fondateurs de ce courant de recherche ainsi que dans les articles empiriques qui se sont inspirés de l'analyse du travail institutionnel.
Nous considérons, pour notre part, que la sociologie néostructurale, de par sa perspective relationnelle, peut compléter les études portant sur le travail institutionnel. Cette approche sociologique met en évidence l'importance des interdépendances entre acteurs en les formalisant grâce aux techniques d'analyse de réseaux. Celles-ci permettent de montrer l'importance ou pas des acteurs centraux ou périphériques et mettent en valeur la prédominance de telle ou telle structure relationnelle qui favoriserait une forme particulière de travail institutionnel (création, maintien ou déstabilisation) et les processus d'institutionnalisation ou de désinstitutionnalisation des règles ou normes dans un champ déterminé.
Cette communication se propose de mettre en relief la contribution épistémologique et les apports méthodologiques pouvant être offerts par la sociologie néostructurale au décryptage des processus de travail institutionnel.
Dans une première partie, l’article cherche à décrire les fondements de l’approche de l’institutional work en l’inscrivant dans le sillage critique du néo-institutionnalisme. Loin de refléter la seule instrumentalisation des institutions par des acteurs-stratèges, la perspective du travail institutionnel proposée par Lawrence et Suddaby (2006) donne à voir la dynamique collective inhérente au processus d’institutionnalisation (ou de désinstitutionnalisation), de légitimation (ou de délégitimation) de règles, normes et pratiques. Au travers de la notion de « travail », l’attention se focalise désormais sur le flux d’actions, multiples et souvent rivales, entreprises par les acteurs individuels, groupaux ou organisés, en vue de créer, consolider, détruire, bricoler, transformer les institutions. La mise en exergue des notions d'effort et d'intentionnalité s’accompagne ainsi d’une redéfinition du concept d’agence et d’un réexamen de la relation entre agence et institutions. Puis, on souligne le recentrage autour de la dimension relationnelle que le courant de l’institutional work opère.
Dans une seconde partie, l’article s’efforce de mettre en relief la manière dont la mobilisation du cadrage épistémologique et de l’outillage méthodologique propre à la sociologie néostructurale pourrait éclairer la perspective de recherche du travail institutionnel.

Dans quelle mesure le Business model (modèle d’affaires) peut-il être un outil d’accompagnement à la co-construction d’un projet entrepreneurial collectif ?

Alors que l’entrepreneuriat s’ancre dans la perspective artificialiste, la question de la formulation des problèmes pendant la période de conception (design) du projet d’entreprendre se révèle à la fois critique et décisive : le porteur de projet découvre des problèmes non structurés dans un système dynamique, ouvert. Cette situation est encore plus délicate à aborder lorsqu’on accompagne les processus d’émergence de projets entrepreneuriaux hybrides, associant des acteurs pluriels relevant de sphères et d’organisations professionnelles différentes. Partant du constat de la réelle complexité et spécificité de ces situations entrepreneuriales, notre groupe de travail, constitué de chercheurs et de praticiens réflexifs, s’est interrogé, dans le cadre d’une recherche intervention, sur l’ingénierie des pratiques d’accompagnement de ces projets et des possibles voies de progrès.
Parmi les outils susceptibles de favoriser une meilleure prise en compte de la singularité d’un projet entrepreneurial collectif interorganisationnel, nous avons privilégié le modèle d’affaires (ou BM pour ‘business model’), plus particulièrement dans ses fonctions d’identification et d’enrôlement des parties prenantes, et de définition de la proposition de valeur fondée sur des bénéfices porteurs de dépassement. L’objectif du papier est d’éprouver la portée réflexive et la pertinence de l’outil BM dans une phase d’émergence organisationnelle, du passage du projet d’entreprendre au projet d’entreprise. Si le concept de BM est habituellement utilisé comme un outil de visualisation synthétique d’une proposition de création, captation et partage de valeur, nous avons choisi d’étudier son utilisation de manière diachronique afin de saisir quels rôles il peut jouer dans le cadre d’un projet entrepreneurial collectif émergent. Ce questionnement a guidé notre travail de recherche, engagé dans le cadre d’un projet d’entreprendre baptisé GERME visant à développer une nouvelle activité de services à l’installation de nouveaux agriculteurs dans la région Grand Ouest en France. Au sein du corpus des concepts et outils proposés en entrepreneuriat, nous postulons que le BM peut constituer un outil (un dispositif) de médiation et d’interaction (intermédiation) entre acteurs impliqués dans la conception d’un projet entrepreneurial.
Au fil de notre intervention se sont ainsi opérés plusieurs constats décrits dans ce papier :
- Le BM participe de la mise en place d’une série de médiations nécessaires (politique, techno-économique, sociale, sociétale (éthique), etc.) entre acteurs évolutifs du projet collectif,
- Il s’agit de distinguer attentes et engagements des parties potentiellement prenantes et apprenantes. Le BM, comme médiateur, permet de faire dialoguer et donc de comprendre les mécanismes de passages (et de transformation) des unes aux autres, c’est-à-dire les médiations possibles entre attentes et engagements, à condition de l’élever au rang de dispositif de gestion et d’exploiter ses fonctions d’exploration, de conformation et de légitimation.
- Il apparaît qu’un travail d’accompagnement en deux temps est nécessaire : d’abord une médiation éthique et politique à partir des désaccords voire des controverses et de la négociation pour la convergence des attentes des parties prenantes potentielles après une première phase de co-construction (imprégnation) du projet ; puis un travail de médiation techno-économique, sociale et temporelle pour la coordination des intérêts et des engagements.

Unveiling the articulations between disciplinary and security apparatuses: A genealogical study of the government of workplace accidents in the last century

The present article aims to contribute to the emerging stream of post-disciplinary studies in the field of management and organization research. By evidencing the growing importance that apparatuses of security play in late modern social settings, this stream of thought has developed in reaction to the tendency for scholars to reduce Foucault’s contribution to management to the understanding of disciplinary apparatuses and their associated forms of domination. Drawing on a genealogical study of the practices developed around workplace accidents in the French construction industry over the 20th century, we actually show the strong intertwining of both types of apparatuses and put to light the mechanisms by which they nourish each other. We thus contend that any single apparatus can hardly be grasped in isolation from the others it connects to and that critical attempts oriented toward the resistance to current complex forms of domination may gain from acknowledging this.

Les modalités de l’adoption pratique des modèles de management: une comparaison Etats-Unis – France de l’idéologie de la valeur actionnariale

Nous montrons dans cet article que la formulation théorique d’un même modèle de management et celle de sa composante idéologique peuvent donner lieu en pratique à des modalités d’adoption variées, parfois divergentes. L’objectif est de mettre au jour et délimiter la dimension pratique du concept de l’idéologie managériale à travers une étude socio-comparative et historique du cas du modèle de management de la valeur actionnariale. Nous apportons également de nouveaux éléments empiriques permettant de mieux décrire les différences de modalités dans l’adoption pratique des idéologies managériales, ce qui contribue à enrichir la littérature sur la convergence des modèles de management.

Les rôles joués par la GRH dans le processus de création de valeur pour expliquer la relation entre les pratiques de GRH et la performance: cas de deux PME sénégalaises.

L’étude de la relation entre les pratiques de gestion des ressources humaines et la performance des entreprises a été largement abordée dans la littérature en sciences de gestion (Delery et Doty, 1996 ; Lacoursière, 2002 ;). La plupart des études ont été menées dans un contexte de grandes entreprises avec pour objectif d’établir des relations de corrélation entre la GRH et la performance. Aussi Chretien et al. (2005) montrent à travers une lecture critique de la relation entre pratiques de GRH et performance qu’il n’y a pas une explication montrant comment la relation est établie. Boselie Dietz et Boon (2005) montrent qu’il y a une absence de théorie réelle sur la façon dont la GRH et la performance sont liées. Ces quelques auteurs ont motivé cette présente étude qui s’intéresse à la relation GRH et performance dans un contexte de petite et moyenne entreprise. Elle a pour objectif d’identifier les différents rôles joués par la GRH dans le processus de création de valeur afin d’expliquer la relation entre les pratiques de GRH et les performances. Nous nous appuyons sur le courant de la spécificité de la PME qui voudrait que la PME ne soit pas une grande entreprise en miniature (Torrès, 1997). Notre argumentaire s’appuie fortement sur le fait que toutes les entreprises qu’elles soient petites ou grandes ont pour objectif final de créer de la valeur. Dès lors notre analyse des résultats est axée principalement sur le processus de création de valeur pour déterminer la façon dont la GRH agit sur ce processus. Notre étude est exploratoire et elle a été réalisée sur deux PME sénégalaises avec un guide d’entretien comme outil de collecte des données et la grounded theory de Glaser et Strauss (1967) comme méthode d’analyse des données. Nos résultats montrent d’abord que la GRH joue activement des rôles dans le processus de création de valeur en permettant aux PME de construire un avantage concurrentiel durable. Ensuite, les pratiques de GRH mises en place à travers ses rôles influencent également les performances sociale, économique et financière. Enfin, le dirigeant s’appuie sur des capacités dynamiques pour maintenir cet avantage concurrentiel développé.

Pour une théorie des Pratiques Inter-organisationnelles Innovantes (P2I) : Proposition d’un modèle conceptuel

Dans le contexte industriel et économique actuel, les entreprises sont confrontées à de nouvelles contraintes (Craighead et al., 2007 ; Thun et Hoenig, 2011). Pour répondre à ces exigences, elles doivent sans cesse chercher à innover, non seulement dans les produits mais également dans leurs processus et leurs pratiques. L'innovation produit a été déjà largement étudiée dans les travaux de recherche (Garcia et Calantone, 2012). L'innovation sur les processus et les pratiques l'a été beaucoup moins. Pourtant ce type d'innovation apparait comme le seul capable d'offrir un avantage concurrentiel de long terme à l'organisation qui le développe (Chesbrough, 2010 ; Wagner, 2010 ; Musiolik et Markard, 2011). L'étude de ce type d'innovation peut se limiter à une seule organisation (Chang et al., 2012). Cependant, les entreprises ayant de plus en plus de relations les unes avec les autres (Miles et Snow, 2007), faire une étude croisée entre le domaine des pratiques innovantes et le champ du mangement des relations inter-organisationnelles (Supply Chain Management) semble être est un champ de recherche intéressant, et encore peu exploité (Arlbjørn et al., 2011).
Par innovation, nous entendons tout ce qui est nouveau dans l'organisation dans laquelle cette innovation émerge (Rogers, 1995). Nous définissons les pratiques inter-organisationnelles innovantes (P2I) comme le développement et la mise en œuvre entre partenaires d’une même chaîne logistique, d’outils et de méthodologies inexistants au sein de l'organisation, qui visent à répondre à un ensemble de problématiques liées à la qualité, aux coûts et aux délais. Ces pratiques s’inscrivent généralement dans un objectif d’amélioration continue et de création de valeur pour le client afin d’accroître la performance de l’entreprise et de l’ensemble de sa chaîne logistique (XXXX , 2011). Ces P2I peuvent concerner des pratiques avec ses partenaires industriels et/ou logistiques amont, aval et/ou internes, comme par exemple des pratiques de GPA (Gestion Partagée des Approvisionnements), de CPFR (Collaborative Planning, Forecasting and Replenishment), ou de Kanban fournisseur.
Dans cet article, trois aspects de ces P2I seront particulièrement étudiés : le contexte et les conditions de leur déploiement, la capacité d'innovation de l'organisation qui déploie et/ou participe à la P2I et la performance obtenue. Pour appréhender ces trois éléments, un instrument de mesure a été construit lors de travaux précédents (XXXX, 2011), selon la démarche méthodologique de Churchill (1979). Le présent article vise à exposer et tester notre modèle de recherche conceptuel, en utilisant les équations structurelles. Deux hypothèses ont été validées : les conditions et le contexte de déploiement d'une P2I ont un impact positif sur la performance de la P2I, et la capacité d'innovation de l'organisation déployant et/ou participant à la P2I a un impact positif sur la performance d'une P2I. Après une section 1 d'introduction, la section 2 présente, à partir d'une revue de la littérature, le modèle et les construits utilisés pour ce modèle. La section 3 porte sur le développement et la validation de notre instrument de mesure. La section 4 traite de notre modèle de recherche, avec son test, les résultats qui en découlent et une discussion. La section 5 clôt notre communication en présentant ses implications, ses limites et ses pistes de recherches futures.

Combining Strategic Agility and Sustainable Competitive Advantage: the need for Resource Sensitivity

Existing research on strategic agility has identified several « meta-capacities » necessary for managers to maintain a dynamic fit between the firm strategy and its competitive environment. But, as agile strategies imply radical decisions and complex processes of fast reconfiguration of resources, they also increase the complexity and risks of corporate strategies, and may make competitive advantage less sustainable. Accordingly, this article proposes an extended model of strategic agility integrating resource sensitivity, a distinct meta-capacity enabling to mitigate these strategic risks. To understand how resource sensitivity can be developed and nurtured, this article develops an in-depth embedded process study of a major European actor in the automotive industry, engaged in an agile strategy involving a profound reconfiguration of its R&D resources. We show how the firm, through its middle and top management, successfully developed resource sensitivity within the firm. We analyze the case and discuss the implications of our model for strategic agility.

Does board diversity influence innovation? The impact of gender and age diversity on innovation types

Abstract
Previous research brought evidence of the influence of board composition for bringing strategic resources for innovation, as well as evidence of positive outcomes of board diversity. Only a few studies have investigated the effects of various indicators of board diversity on innovation. In this article, we will explore the relationship between several aspects of board diversity (gender and age) and four types of innovation, i.e. product, process, organizational, and marketing, from a sample of 176 French firms based on data from French Community Innovation Survey (CIS) in 2008 and annual reports. Our results show evidence of the influence of board diversity on all types of innovation except process innovation. We find significant evidence of a positive relationship between gender diversity on boards and marketing innovation, and a negative relationship between gender diversity and product innovation. Age diversity shows a positive relationship with product innovation, and a negative impact one on organizational innovation. Findings provide discussions for the impact of board diversity on innovation.
Key words
Board of directors – Board composition – diversity – gender – age – innovation.

Comment les PME peuvent-elles s'allier pour se faire entendre de leurs fournisseurs ? Une approche par les stratégies collectives.

Cet article porte sur les stratégies collectives mises en place par des PME pour contrebalancer le pouvoir de leur puissant prestataire et obtenir de lui de meilleures prestations à des prix plus adaptés. Si les théories béhavioristes des canaux de distribution permettent de comprendre les interactions entre pouvoir et contrepouvoir, elles ne disent pas grand-chose des formes collectives que peuvent prendre les stratégies de contrepouvoir en particulier. En revanche, le courant des stratégies collectives apporte un éclairage approfondi sur le sujet, portant sur les conditions d'émergence, la mise en oeuvre de la stratégie au moyen de structure commune et les conséquences sur la performance des entreprises. La méthode a consisté à étudier un cas réussi de gestion collective des déchets industriels afin de mettre en évidence les différentes étapes de construction de la stratégie collective d'une part et de relier d'autre part ces étapes à la mise en place progressive mais certaine d'un rééquilibrage des rapports de force entre les parties.

Du CRM classique au CRM social : quels enjeux technologiques et organisationnels

Face au développement des technologies de l’information, notamment des médias sociaux et de l’internet mobile, les organisations s’interrogent, au-delà de la gestion renouvelée de la relation clients, sur les modifications à opérer à la fois dans leurs systèmes d’information et dans leurs structures organisationnelles. Si la littérature sur le sujet est en train de s’étoffer en marketing du comportement du consommateur, force est de constater qu’elle reste peu abondante en management stratégique. Cette communication, de nature compréhensive, a pour objectif de repérer, grâce à une première revue de littérature, académique et professionnelle, les problématiques managériales observées dans les organisations marchandes face aux nouveaux usages en magasin et hors magasin, et aux exigences des consommateurs internautes dotés de supports nomades. Les marques doivent intégrer notamment l’exigence d’immédiateté de réponse des internautes et les connaissances étendues des consommateurs devenus experts. La puissance de diffusion sur le net constitue une opportunité mais aussi une menace. Les réponses sont dans l’adoption d’un CRM social, qui s’appuie sur des nouveaux acteurs frontière (category manager, gestionnaire de contenu) et sur un système d’information capable d’agréger en continu les données du « big data ». Mais cela n’est pas suffisant : des modifications de structures sont nécessaires, notamment la réorganisation des équipes marketing/ventes/communication/système d’information, afin de dégager des capacités analytiques développées susceptibles d’aboutir à la création et au maintien d’avantages concurrentiels distinctifs. C’est bien à une modification organisationnelle profonde que la révolution de l’internet mobile invite. La communication s’appuie sur des exemples de pratiques d’entreprises, présentés sous forme de tableaux et d’encadrés.

Studying sustainable enterprise evolution through CSR sensemaking processes – research framework and empirical application

Although most MNE have engaged into sustainability programs, academics as well as practitioners still lack models and methodologies to analyze the internal evolutionary processes related to sustainability and CSR within corporations. Accordingly, this communication proposes a research framework and a methodological approach to investigate sustainable enterprise evolution. Grounding our analysis on Basu & Palazzo's model of CSR (2008) as a sensemaking process, we complement their model by differentiating sensemaking processes among individuals, countries and business functions within the firm. We then show how the model can be operationalized using mixed methods (i.e. by combining quantitative and qualitative methods) to study sustainable enterprise evolution. We discuss the academic and empirical relevance of the model, and illustrate its potential by presenting an ongoing research project with ASICS, the fourth biggest worldwide sport apparel manufacturer.

L’innovation ouverte comme capacité dynamique : la reconfiguration de la mémoire organisationnelle. Une référence au groupe Sanofi

Le concept de capacités dynamiques (Teece et Pisano, 1994) est un concept doublement intéressant. D’une part, il permet de renouveler la conception de l’avantage concurrentiel, en mettant en avant la notion de soutenabilité et, d’autre part, il propose une approche stratégique dynamique des ressources de la firme. Cependant, comme dans tout champ de recherche en construction, il n’y a pas de consensus et sur le contenu des capacités dynamiques et sur leur mesure. Le papier a pour objet de contribuer aux réponses que l’on peut apporter à ces deux faiblesses.
Dans une première section, nous formulons une conception des capacités dynamiques fondée sur l’approche évolutionniste (Teece et Pisano, 1994, Teece et al., 1997, Einsenhardt et Martin, 2000, Zollo et Winter, 2002, Winter, 2003, Helfat et al., 2007). Nous procédons en deux temps. Dans un premier temps, nous formulons un concept de mémoire organisationnelle comme interface d’intermédiation entre une organisation et son environnement. Dans cette optique, nous adoptons la définition de la mémoire organisationnelle comme cristallisation des routines, des règles, des procédures, de tout le savoir et le savoir-faire nécessaire,… issue des processus d’apprentissage de l’organisation (Aryris et Schön, 1978, Cohen, 1991, Nonaka, 1994, Kœnig, 2006). Dans un second temps, nous relions cette mémoire organisationnelle aux capacités dynamiques. L’analyse proposée est fondée sur les capacités dynamiques comme dispositifs cognitifs et conatifs organisationnels et stratégiques grâce auxquels les firmes résolvent des problèmes et créent de nouvelles configurations de ressources et de compétences au fur et à mesure de l’évolution de leurs environnements. C’est sur la qualité de ces dispositifs que repose le répertoire des réponses qu’adresse la firme à son environnement.
Dans une deuxième section, nous tentons de donner une dimension opérationnelle au concept à travers les stratégies d’innovation ouverte (Chesbrough 2003). Nous développons l’idée selon laquelle les capacités relationnelles d’une organisation sont des capacités dynamiques. Nous traitons ces capacités relationnelles – capacités à nouer des relations d’affaires, à capter et à intégrer des ressources et des compétences – à travers les pratiques d’innovation ouverte. Les processus d’innovation ouverte sont caractérisés par des comportements particulièrement interactifs entre les firmes qui ont, la plupart du temps, pour objectif des flux de connaissances. Ils impliquent donc des processus cognitifs qui interviennent dans le transfert de connaissances ainsi que des capacités dynamiques. L’innovation ouverte permet, dès lors, à la firme de modifier sa mémoire organisationnelle. Elle adapte ainsi sa variété organisationnelle aux contextes d’incertitude qu’elle rencontre (Einsehardt et Martin, 2000).
Dans une troisième section, nous illustrons les considérations théoriques ci-dessus en étudiant, sous les deux aspects mentionnés, le cas du groupe pharmaceutique Sanofi. Le nouveau plan stratégique développé à partir de 2009 marque une accentuation de la stratégie offensive de captation d’actifs et de ressources pour soutenir sa croissance. Nous soutenons l’idée selon laquelle les récentes opérations de croissance externe marquent une recomposition de la base de ressource dans une optique de stratégie d’innovation ouverte.

Stop filling in the gaps! Rethinking organizational justice through problematization

Organizational justice theory is the dominant approach to study justice in organization. It focuses on the justice perception and its influence on outcomes such as performance, theft, or justice climate. This article aims at paving new ways to tackle this issue. To do so, we propose a problematization of organizational justice theory, which leads to reveal unquestioned, but core assumptions of the theory, to challenge them, to suggest alternatives, and to evaluate these new propositions. Critical theory and sociology of critique are the two theoretical resources we used to apply a dialectical problematization. They provide counter-texts against the functionalist stance of organizational justice theory. Therefore, this paper makes three contributions. It is one of the first systematic applications of the problematization methodology, and challenge de dominant framework to think justice in organizations

Slack temporel et comportement innovant : la capacité des chercheurs à créer du slack pour innover

Alors que le slack est largement considéré dans les travaux de recherche comme un ensemble de ressources financières exogènes situées au niveau organisationnel, cet article explore le concept de slack temporel en se focalisant sur sa contribution au comportement innovant individuel. Il s’agit de comprendre comment les individus parviennent à conduire des activités Innovantes pour lesquelles il n’existe pas, a priori, de ressources spécifiquement allouées. Nous réalisons des entretiens auprès de chercheurs R&D d’une grande entreprise française de l’énergie et analysons leur contenu. Dans un contexte caractérisé par une forte pression sur le temps, nous concluons à une absence de slack temporel disponible, considéré comme exogène. En revanche nos résultats suggèrent que les individus sont en mesure de créer du slack temporel récupérable et du slack temporel potentiel : en gagnant en efficacité sur leur travail prescrit et en acceptant de prendre sur leur temps personnel, ceux - ci réussissent à dégager des espaces de temps pour se consacrer à des idées émergentes. Nous soulignons ainsi le caractère proactif de ces comportements innovants et la nature endogène de ces deux formes de slack temporel.

Des freins au transfert inter-organisationnel des ressources et des compétences : Les spécificités socioculturelles

L’objectif de ce travail de recherche est d’étudier l’origine des sources de l’avantage concurrentiel des sous traitants tunisiens en habillement. Selon les perspectives basées sur les ressources, les entreprises disposent de deux voix pour accéder et explorer des nouvelles ressources et compétences : le développement interne via l’apprentissage organisationnel (la « Knowledge Based View ») et le transfert inter-organisationnel (l’approche relationnelle). Ainsi, nous essayons de vérifier jusqu’à quel point les sous traitants, à travers leurs relations avec leurs donneurs d’ordres, réussissent à développer des ressources et des compétences qui leur permettent d’améliorer leur compétitivité. La démarche est de nature qualitative, elle repose sur des études de cas multiples auprès de neuf sous traitants tunisiens en habillement. Les résultats obtenus font apparaître que le stock des ressources et des compétences est le résultat d’un processus d’apprentissage intra-organisationnel par la pratique. Néanmoins, la culture nationale présente un frein au transfert des sources de l’avantage concurrentiel du donneur vers son sous traitant. Nous soulignons ainsi l’importance de la culture nationale en tant qu’autre déterminant du succès du transfert inter-organisationnel des sources de l’avantage concurrentiel. Dans une industrie qui se base principalement sur les ressources humaines, lors du développement d’une nouvelle ressource ou compétence, il est judicieux de penser au « ciment » de tout changement, à savoir les ressources humaines. Il s’agit de tenir compte de leurs normes et valeurs, leur perception de ce changement et leur acceptation et/ ou leur refus.

Une cartographie des principales conceptualisations de la construction identitaire dans les organisations

La construction identitaire des individus au sein des organisations est un phénomène très largement étudié, au point qu’il est difficile de discerner précisément les grandes approches existantes, leurs présupposés, mais également leurs domaines d’application. L’objet de cette revue de littérature est de proposer une classification de cinq grandes approches en théorie des organisations en explicitant leur modélisation de la construction identitaire et ce, en vue d’aider les chercheurs à se repérer dans cette littérature. Après avoir clarifié le concept d’identité, nous présentons ces cinq approches affiliées à des orientations fonctionnalistes (le courant de l’identification), interprétativistes (le travail et la régulation identitaire) ou critiques (la subjectivation, la subjugation et la résistance). Elles sont ensuite organisées selon deux axes en vue de faire émerger leurs positions relatives : un premier axe restituant l’accent conceptuel porté sur l’influence respective de l’individu ou des « structure » ; un second dissociant les approches en fonction de la diversité des identités sociales qu’elles permettent d’appréhender. Après avoir souligné leurs limites communes, nous suggérons une piste de recherche orientée autour d’une meilleure compréhension de la construction identitaire en situation, en lien avec le travail concret exercé au sein des organisations. Les grandes conceptualisations de la construction identitaire en théorie des organisations pourraient ainsi appréhender ce qui leur fait actuellement défaut : une conception micro de la construction identitaire articulée aux activités exercées au quotidien par les membres des organisations.

Un poncho sur le podium : objets, cadrage et mise en scène du marché de la mode éthique.

Cet article étudie comment les dispositifs de marché formatent les marchés. Il soutient que les dispositifs de marché cadrent et mettent en scène les objets et les interactions entre les participants au marché. Ce formatage procède i) en définissant les entités pertinentes, ii) en tissant les associations entre elles et iii) en défendant une « bonne manière » de les interpréter. Le papier explore un marché émergent, celui de la mode éthique, et le rôle d’un salon, l’Ethical Fashion Show, dans sa construction. L’analyse concerne dix éditions de l’événement, et est fondée sur des observations et des données secondaires. Cet article contribue aux travaux sur la construction des marchés, ainsi qu’à ceux sur les événements configurateurs de champs. Premièrement, le dispositif apparaît comme un médiateur recombinant les relations entre les entités du marché. En ce sens, l’article enrichit la compréhension des événements configurateurs de champ, trop souvent perçus comme une simple diffraction des luttes internes d’un champ. Deuxièmement, cet article éclaire le rôle des objets dans la construction des marchés, et en propose une typologie. Troisièmement, les notions de cadrage et de mise en scène offrent une vision feuilletée du dispositif. En distinguant plusieurs niveaux de réalité, cet article montre les différents rôles d’un dispositif dans la formation des marchés, en même temps que sa fragilité et sa vulnérabilité.

Spécificités des PME et processus d’adoption des innovations organisationnelles : validation du modèle de « champ des forces » de Lewin par la méthode PLS

La présente recherche a pour objectif d’explorer le processus d’adoption des innovations organisationnelles par les PME. Nous essayerons de mettre en évidence le rôle des spécificités de ce type d’organisation tout au long du processus d’adoption en se basant sur le modèle de « champ des forces » de Lewin comme cadre d’analyse. Pour cela, nous avons élaboré, dans un premier temps, un modèle théorique de ce processus sur la base d’une recension de la littérature. Nous avons élaboré et administré, dans un deuxième temps, un questionnaire au près de 100 PME tunisiennes. La validation du modèle de recherche par la méthode PLS montre que l’intention d’adoption de l’innovation affecte positivement la réussite de l’implémentation de l’innovation. Nos analyses révèlent également que la faible complexité et le faible degré de formalisme affectent négativement l’intention d’adoption de l’innovation, mais positivement la réussite de son implémentation. De même, cette dernière est affectée positivement par la centralisation. Par contre, elle est affectée négativement par la faible participation à la prise de décision et de la planification informelle de court terme.

Quand mobiliser les connaissances issues des projets collaboratifs en R&D ? Enseignements issus de deux études de cas.

L’objectif théorique de ce papier est de contribuer à enrichir le concept de capacités d’absorption qui a déjà pas mal évolué depuis que les fondements en ont été posés par Cohen et Levinthal (1990). Nous commençons par revenir sur ce concept et son articulation avec les concepts de coopétition et de dilemme exploration / exploitation et nous montrons que sa complexité n’est encore qu’imparfaitement appréhendée par les travaux de recherche menés sur ce dernier. Nous réintroduisons alors cette notion de tension entre exploration et exploitation à l’intérieur même du concept, suivant en cela Zahra et George (2002). Nous montrons ensuite comment cette tension se traduit concrètement sur le terrain à travers une analyse de ces deux études de cas.
Le contraste de ces deux études de cas approfondies de projets de recherche réunissant de grandes entreprises, des PME et des laboratoires de recherche publics, fondées sur de l’observation participante croisée avec des entretiens semi-directifs avec les différents acteurs autour du modèle d’affaires du projet, montre que la volonté d’une firme-pivot d’exploiter trop rapidement les résultats de ce type de projet peut amener à une dégradation des relations entre les partenaires et à l’échec du projet. Cela nous conduit à réfléchir à la manière dont les tensions entre concurrence et coopération et entre exploration et exploitation doivent être prises en compte dans le déroulement de ce type de projet.

Le projet intermédiaire comme moyen de construire de la confiance entre partenaires dans le cadre des coopérations à fort niveau d’incertitude

Ce papier propose une analyse exploratoire du rôle des projets intermédiaires sur la construction de la confiance dans le cas des projets à fort degré d’incertitude. Pour cela, nous procédons en deux temps. Nous montrons dans une première partie comment l’idée de cette relation entre projets intermédiaires et confiance a émergé. Elle est en fait à la fois présente implicitement dans la littérature et elle est également exprimée plus directement par les praticiens. Cette expression du point de vue des praticiens est extraite d’une étude sur les relations entre laboratoires publics de recherche et entreprises telles qu’elles sont perçues par ces dernières (fondée sur une analyse d’entretiens semi-directifs avec 14 responsables de R&D en charge de ces questions). Dans une deuxième partie, nous présentons une analyse plus approfondie réalisée à partir d’une étude de cas longitudinale mixant 24 entretiens semi-directifs et observation participante. Ce cas a pour particularité de se situer dans un contexte d’incertitude très forte puisqu’il s’agit de mettre en place des mesures de prévention d’un risque qui ne s’est jamais concrétisé à grande échelle : la gestion préventive du risque de terrorisme biologique.
Cela nous permet de décomposer les phénomènes par lesquels la réalisation de projets intermédiaires en commun alimente d’une part la confiance de compétence, en permettant une forme de démonstration de ses compétences mais aussi en prenant conscience de ses lacunes, donc de l’intérêt de la coopération et d’autre part la confiance de bonne volonté, par les relations interpersonnelles qui se nouent ou se renforcent à cette occasion. Mais l’étude de cas montre aussi que les deux semblent en pratique largement entremêlées. Et ces interactions viennent elles-mêmes se croiser avec les interactions entre le niveau individuel et le niveau organisationnel.
Naturellement, ces résultats sont à analyser avec à l’esprit les limites d’une étude de cas unique qui s’est déroulée dans un contexte très spécifique. D’un point de vue général, le but de ce papier est d’introduire cet élément de réflexion dans la recherche sur le management des projets à fort degré d’incertitude (en pratique dominé par des études sur le management de projets de R&D), d’en poser les bases et de commencer à les approfondir. Outre la réplication à d’autres études de cas avec d’autres types d’acteurs, certains éléments soulevés par cette recherche demanderaient à être approfondis comme les relations avec d’autres facteurs influençant la qualité de ce type de coopérations ou encore les conséquences d’échecs dans ces projets intermédiaires.

La construction du champ de l’entrepreneuriat social par les acteurs : une analyse du comportement d’un entrepreneur institutionnel

Cette recherche s’inscrit dans le cadre d’une analyse de l’évolution du champ de l’entrepreneuriat social. Pour ce faire, nous avons suivi pendant 9 mois un groupe de réflexion constitué d’acteurs de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire) et de l’innovation, qui a co-construit un référentiel de critères de définition de la notion d’innovation sociale. Le suivi et la participation à ce groupe sous la forme de recherche-intervention, nous a amené à nous poser la question suivante : Dans quelle mesure les acteurs du champ de l’entrepreneuriat social en utilisant la réflexion sur l’innovation sociale font émerger un nouvel entrepreneur institutionnel ?
Au travers d’une grille de lecture théorique de l’entrepreneur institutionnel, nous analysons le fonctionnement du groupe. Il semble que le lobbying réalisé par le groupe pousse à une plus grande porosité des champs et à un repositionnement de l’innovation sociale.

From new vision to economic regeneration in a declining industry: the Vin de pays d'Oc strategic entrepreneurship case

Few articles investigate determinants of firm performance during market crisis times (Antonioli et al., 2011; Chowdhury and Lang, 1993) or attempt to analyze the situation of agricultural organizations in times of crisis (Grande et al., 2011). In this paper we present the case of the French collective strategy: Vin de pays d’Oc. We explain how few entrepreneurs have built this collective strategy proposing new vision of producing and selling wines within an industry chronically in crisis, structurally in decline. Since, this strategy has led to economic regeneration of the whole regional wine industry even during its hardest crisis years (2004-2009). Concerning the methodology, we agree that processual phenomenon such as the emergence of a strategy is difficult to study in reason of blurred aspects of the context and the large amount of information related to space and time (Langley, 1997). Therefore, we have built a single in-depth case study. We have adopted a qualitative approach as qualitative data collected over a long period of time show a strong power to explain (Miles and Huberman, 2003) while the specific context of the case is taken into account (Pettigrew, 1992; Yin, 1994). Concerning the findings, the success of this strategy found its roots in the mid-1970s. At that time, few entrepreneurs decided to challenge institutions in order to shape rules of the game to their own advantage. They used institutional processes to change the institution’s context in which they operate. These entrepreneurs also dared to implement their own vision by struggling against tradition (conservatism) and constrained rules such as the ones requested by controlled designation of origin – AOC. Concerning the implementation of the findings, as a majority of actors in a declining industry seem to face difficulties to deal with new competitive environment and changes in a globalized world, we think it is important to identify and promote practices implemented by audacious entrepreneurs. Nowadays SME facing economic and market crises need model to imagine in a common future collective strategies that work!

Rôle et évolution des répertoires tactiques au cœur du processus de désinstitutionnalisation : le cas de l’amiante en France.

Du minerai magique à l’ennemi public numéro1, l’amiante, véritable mythe industriel a été totalement délégitimé suite à une très forte mobilisation au début des années 90. Cette mobilisation s’inscrit dans la lignée d’une première mobilisation dans les années 70. L’interdiction intervient le 1er décembre 1997 soit près de 90 ans après les premiers travaux soulignant sa dangerosité, 20 ans après la première mobilisation et près de 10 ans après d’autres pays occidentaux. Cet article explore ce processus de désinstitutionalisation grâce à un cadre d’analyse alliant néo-institutionnalisme et mouvements sociaux. Nous proposons une contribution à la compréhension du changement institutionnel endogène. Plus particulièrement, nous étudions le rôle et l’évolution des répertoires tactiques déployés par les différents acteurs du champ. Pour cela, nous avons mené une étude longitudinale du cas de l’amiante. Nous avons étudié l’histoire de l’amiante en France entre 1975 et 1997. Nous pouvons ainsi mettre en évidence l’évolution des répertoires tactiques au fil du temps. Cette évolution, qui se traduit en particulier par une radicalisation du répertoire déployé par le mouvement social, est notamment due à l’interaction entre travail de défense et travail de destruction au sein de l’institution. En effet, cette analyse révèlera également les tactiques de défense mobilisées par les défenseurs de la pratique institutionnalisée. Nous soulignerons alors que la mise en place d’une organisation frontière a permis le maintien de la pratique que seuls des répertoires tactiques non institutionnalisés pourront alors contester. Cette recherche s’inscrit dans un agenda de recherche néo-institutionnel qui appelle à une meilleure connaissance du rôle des acteurs dans le changement institutionnel. De plus, le cas extrême de l’amiante offre de nombreux enseignements pour comprendre les nombreuses controverses qui touchent les entreprises actuellement.

L’évolution des mécanismes de contrôle dans le partenariat public-privé : une perspective internationale

Que l’on considère les alliances stratégiques, les ententes bi ou multi partenaires ou les partenariats public-privé (PPP), dans tous ces cas, le contrôle permet aux parties de travailler ensemble sur un projet tout en protégeant leurs identités propres et leurs objectifs particuliers. Mais si le contrôle a principalement été considéré dans sa forme formelle (contrats, mécanismes de gouvernance, échéanciers, budgets, etc.), cette recherche se penche sur l’évolution des mécanismes de contrôle de formels vers informels et sur l’importance du contrôle social dans le cadre d’un PPP international et ce, en adoptant la perspective de l’ordre négocié. Elle se base sur une étude de cas approfondie du projet de concession d’un aéroport européen impliquant un consortium euro-canadien d’une part et le gouvernement d’un pays européen de l’autre. Les résultats de l’étude de cas de ce PPP international ayant, de l’avis des parties, connu un franc succès, suggère qu’un contrôle social émerge des interactions répétitives entre les parties et prend de plus en plus d’importance dans la gestion du projet au fur et à mesure que ce dernier progresse. Ces résultats n’impliquent toutefois pas pour autant que le contrôle formel devienne secondaire il demeure l’assise principale de toute collaboration interorganisationnelle.

Apprentissage organisationnel, capacité d’innover et Pratiques RH: Quels Impacts combinatoires sur la compétitivité et la performance ?

Il a été mainte fois attesté qu’il existerait une relation directe entre les pratiques de la Gestion des Ressources Humaines (GRH) et la performance supposée des entreprises, cependant peu de travaux empiriques solides confortent cette relation. Cette relation présente une importance théorique et pragmatique très utile mais elle nécessite encore d’être formulée et même démontrée de façon plus explicite. Il s’agit, en fait, d’un phénomène encore relativement méconnu et peu vérifié (Chrétien et al., 2005). C’est notamment le cas dans les pays où l’innovation est établie en priorité de développement national, en particulier en Tunisie. C’est dans ce cadre d’étude, d’incitation à l’innovation, que nous cherchons à construire un modèle de GRH applicable aux entreprises en général à partir d’une analyse empirique tunisienne. Cet article s’inscrit dès lors comme une contribution à la mesure de cette relation entre pratiques RH et performance d’entreprise. Partant, nous introduisons les concepts d’apprentissage organisationnel et de capacité d’innovation pour étudier leurs effets médiateurs entre les pratiques RH et l’avantage compétitif. Par voie de conséquence, nous recherchons une relation avec la performance de l’entreprise.
En suivant une démarche quantitative et à l’issue d’une étude empirique menée sur un échantillon de 351 entreprises tunisiennes, nous cherchons donc à déterminer non seulement dans quelle mesure les pratiques de GRH génèrent un avantage compétitif puis une performance supérieure, mais aussi, dans quelle mesure l’apprentissage organisationnel et la capacité d’innover médiatisent cette relation.

Changement organisationnel : proposition d’analyse du processus d’apprentissages. Le cas d’une entreprise en démarche Iso 26000.

Le changement organisationnel et la gestion de son processus sont considérés comme des enjeux stratégiques majeurs par les organisations qui évoluent dans un environnement complexe et instable. Certaines organisations ne parviennent cependant pas à atteindre les objectifs qu’elles se sont fixées, et cela malgré la profusion des méthodes de conduites de changement offertes. Dans la littérature académique, les recherches sur le changement organisationnel inscrivent les organisations dans des perspectives d’évolution et d’innovation situant l’apprentissage au cœur de ces processus ; et pourtant ces travaux tendent à marginaliser l’efficacité de ces apprentissages dans la gestion du processus de changement organisationnel. C’est ce questionnement qui mot ive notre recherche. Nous proposons d’aborder ici la question du changement organisationnel dans une perspective d’apprentissages. Notre objectif est de caractériser le processus de changement organisationnel d’une entreprise. En nous appuyant sur les théories de l’apprentissage organisationnel, nous proposons d’identifier quatre étapes du processus de changement organisationnel : intégrative, assimilative, cognitive et normative. Nous opérationnalisons ensuite notre grille de lecture au travers d’une étude de cas réalisée en recherche intervention au sein d’une entreprise en démarche Iso 26000. L’enjeu de notre analyse est d’enrichir les recherches menées sur la gestion du changement organisationnel en proposant une nouvelle approche de son processus.

Du discours stratégique à la construction de la fonction RH par les praticiens

La fonction RH fait l’objet, depuis longtemps, de nombreux débats sur ses rôles et défis au sein des organisations. Beaucoup de chercheurs se sont ainsi intéressés, à travers des typologies particulières, aux rôles possibles pour cette fonction. Toutefois, l’analyse de ces typologies laisse entendre qu’un rôle particulier permettrait à la fonction RH d’acquérir ses lettres de noblesse dans l’entreprise : le rôle stratégique. La fonction RH est en effet invitée, par des discours spécifiques, à abandonner un rôle administratif, caractérisé par des activités jugées trop traditionnelles et créant peu de valeur ajoutée, pour s’inscrire dans un rôle qui lui garantirait crédibilité et légitimité au sein des organisations. La focalisation sur la création de valeur, le partage de la fonction, la collaboration étroite avec le top management, …, seraient autant de pistes pour endosser ce rôle stratégique. Ces discours nous interpellent particulièrement car ils ne semblent appeler à aucune remise en question et ne laisser aucune alternative possible à la fonction RH si ce n’est celle de devenir plus stratégique. Nous avons cherché à comprendre comment de tels discours stratégiques étaient reçus et interprétés par les praticiens RH au sein des organisations et comment ceux-ci construisaient concrètement leur fonction RH et participaient à la fabrique de cette vision stratégique. Pour ce faire, nous avons interrogé 15 praticiens RH. Nous nous sommes également interrogées sur les incidences que ces discours, et leur conception stratégique de la fonction RH, pouvaient avoir sur la manière de considérer les individus au sein des organisations. En nous rattachant au courant des recherches plus critiques et en considérant la notion de pouvoir pouvant découler de tels discours stratégiques, nous constatons que les praticiens RH soutiennent eux aussi de tels discours. Leurs propos révèlent une forte dépendance de leur fonction à la vision du top management de leur organisation et des marges de manœuvre assez réduites. Cela suscite certaines interrogations sur la capacité de la fonction RH à représenter au mieux les intérêts des individus dont elle a la responsabilité dans l’organisation. Loin des discours vantant l’influence que le rôle stratégique pourrait avoir sur la fonction RH et ses représentants, les praticiens RH ne seraient dès lors que de simples exécutants de la stratégie. Sous des devants particulièrement séducteurs, les discours stratégiques entourant la fonction RH devraient donc être considérés avec prudence, à l’heure où la réalité du fonctionnement des entreprises suscite de plus en plus de questions d’ordre éthique.

Le choix des méthodes de protection de l'innovation : inertie et états de dépendance dans les entreprises françaises

La littérature sur la protection de l'innovation n'a quasiment pas accordé d’attention à la dimension temporelle des choix de protection. Or, les chercheurs soulignent, à un niveau très général, l'existence de phénomènes inertiels dans la prise de décision. Dans cet article, nous cherchons donc à éprouver l'idée que les choix en matière de protection de l'innovation peuvent être sujets à inertie, sous la forme d'états de dépendance. En nous fondant des données de panel issues de trois vagues d'enquêtes CIS, nous analysons l'existence d'états de dépendance éventuels pour quatre modes de protection de l'innovation : le brevet, le secret, la complexité du design et l'avance technologique. Il est trouvé un état de dépendance pour le brevet, qui était un résultat anticipé. En revanche, un état de dépendance est observé dans l'utilisation du secret et de la complexité du design. Il s'agit là d'un résultat davantage inattendu dont nous discutons les implications. L'avance technologique, enfin, ne semble soumise à aucun état de dépendance.

The health care logic and the social care logic in services for older people: how organizations reconcile institutional logics as part of their activities

Abstract: Organizations face institutional complexity as they are confronted to multiple institutional logics that encourage them to adopt different behaviors and to develop practices of a different nature. We focus here on organizational practices and routines developed by organizational actors in an emerging field to deal with various institutional logics. We will base our communication on a qualitative study of an emerging field, related to telecare services for elderly people in France, where two institutional logics coexist: the health care logic embodied by doctors and actors of emergency services (firemen, Emergency Medical Services); the social care logic emphasized by public representatives and public agencies who have a social responsibility vis-a-vis the citizens and particularly the elderly.
These logics both co-exist and are in confrontation. Remote care service providers in particular are facing these different logics and have to cope with this complexity. Indeed, they need to call emergency services and to solicit doctors when necessary, they have to provide a high quality overall service and ensure the profitability of their activities, finally, they must also report to the public agencies responsible for policies towards the elderly. Thus, they collaborate with actors who refer to different institutional logics.

Our aim is to better understand how providers enact and combine the different logics in their work and how it contributes to the evolution of their activity. We therefore focus on the provider's activity and the organizational routines they develop. Our research completes the studies on the responses provided by organizations working in the organizational sector in which several logics coexist, focusing on a micro-level through the observation of the everyday practices. Our methodological approach combines observation and interviews. We spent 4 days observing the work being carried out at two remote care call centers belonging to different providers. We also carried out 33 semi-directive interviews, 13 with providers, 20 with other actors involved in the production of the service (state services, local authorities and bodies involved in the provision of personal services and the manufacture of equipment).
As part of this observation, we identified situations that appeared to generate tensions linked to the coexistence of the two logics. Three types of situations with tension were identified: the uncertain situations for which additional information makes it possible to apply the routine; ambiguous situations, leaving more room for individual assessment of operators; and finally situations which are neither ambiguous nor uncertain but where the application of the routine is not satisfactory, which will create an evolution in organizational practices.
Scholars have shown that the coexistence of different logics can create incompatibilities for organizations (Greenwood et al. 2010), but we argue that it also creates uncertainty and ambiguity in the situations managed day to day. We have shown that, in order to reduce uncertainty, organizations set different routines and practices, but that a persistant uncertainty and ambiguity can induce a change in routines. And we have identified a link between this evolution of routines and the relatively specific character of the logics to reconcile.

Le choix de la localisation géographique à l’international : Cas des FMN Européennes implantées en Tunisie

Ce papier aborde la question du choix de la localisation géographique lors de l'implantation des Firmes Multinationales. Compte tenu des insuffisances constatées dans les travaux antérieurs, abordant souvent le sujet d'une façon parcellaire, l'objectif de notre recherche est d'enrichir la littérature disponible sur le sujet en adoptant une approche intégrative, combinant, les apports des deux perspectives : économique, mettant l'accent sur les facteurs externes spécifiques du pays d'implantation et décisionnelles mettant l'accent sur les facteurs internes, souvent liés aux profils des dirigeants. Ainsi, nous appréhendons, à travers le rôle de ces derniers, le choix de la localisation géographique des FMN. Nous suivons une approche qualitative basée sur l’analyse des cartographies cognitives appliquée aux entretiens que nous avons eu avec les décideurs impliqués dans le choix de la localisation à l'international. Sur la base d'une étude effectuée auprès de 10 FMN Européennes implantées en Tunisie, nous avons pu avancer quelques propositions à travers la perception des dirigeants. Les résultats de notre recherche montrent que le choix de la localisation géographique à l’international est une décision globale multicritères, fondée sur la combinaison des stimuli environnementaux liés au pays et du rôle du profil du dirigeant quant à leur interprétation. De tels aboutissements sont éminemment importants quand on s'intéresse à l'étude des stratégies d'entreprises à l'international, notamment aux aspects liés au choix des pays comme localisation géographique pour l’implantation.

Dynamiques relationnelles et création de valeur dans les fusions-acquisitions

L’article propose un cadre d’analyse pour aborder l’impact humain sur la création de synergies dans le cadre de fusions-acquisitions, en discutant les apports d’une approche structurale. L’intégration des réseaux sociaux à travers l’émergence de relations coopératives entre les membres des entités rapprochées a dans cette perspective un impact fort sur le fonctionnement et la performance du nouvel ensemble. Au cœur de l’analyse se trouve l’hypothèse que la création de synergies est structurée par la transformation des relations entre individus. La reconfiguration des réseaux sociaux suite au rapprochement détermine alors la capacité des individus à échanger et combiner leurs ressources afin que les synergies projetées puissent être réellement exploitées. Puis, nous abordons le caractère évolutif du processus d’acquisition en distinguant trois phases successives de la reconfiguration des réseaux sociaux dans la période post-acquisition. Cette reconfiguration dépend, enfin, du degré d’interdépendance et d’autonomie organisationnelle projeté et qui est variable selon le type d’acquisition. En nous référant à la typologie développée par Haspeslagh et Jemison (1991), nous discutons les différences d’évolution entre les opérations d’absorption, de préservation et de symbiose.

Inseminating knowledge: The unintended effects of knowledge-intensive business services on clients’ innovation-related absorptive capacity

Absorptive capacity helps determine innovation performance, yet despite the growing importance of service firms and open innovation in this context, extant literature continues to ignore the influence of suppliers. That is, external service providers may advance the knowledge absorption process of their clients. To address this gap, this study introduces the concept of insemination capacity, or a consulting firm’s ability to initiate and perpetuate a knowledge absorption sequence. Although knowledge-intensive business services might not explicitly seek to strengthen a client’s absorptive capacity, the provider’s insemination capacity may do so anyway. On the basis of prior empirical research, this study suggests that insemination capacity consists of four triggering mechanisms. This proposed framework offers new insights into supplier–client innovation performance.

Coopétition : un enjeu institutionnel

Dans cette recherche, nous étudions la relation entre contexte institutionnel et coopétition. La plupart des travaux de recherche analysent le contexte institutionnel comme un déterminant de la coopétition. D’autres analyses adoptent une perspective opposée en montrant que la coopétition est une condition nécessaire à l’émergence d’un marché. Dans cette contribution nous tentons de concilier ces deux approches. Nous nous demandons si l’émergence d’un projet réalisé dans un contexte coopétitif nécessite la définition de règles institutionnelles caractérisant le marché. Nous explorons le contexte institutionnel du secteur spatial au sein duquel plusieurs projets réalisés dans un contexte coopétitif ont été identifiés. Nos résultats montrent que la coopétition constitue un mode relationnel propre, constitué par une somme d'interactions entre firmes concurrentes, contribuant à la définition d'un marché ou à son bon fonctionnement (par l'établissement de nouvelles règles ou par leur modification), ces interactions pouvant avoir lieu sur le marché ou hors du marché. Nous concluons en adjoignant au modèle de Bengtsson et Kock (2000) une dimension supplémentaire, le niveau d'adéquation d'une firme aux règles d'un marché donné.

A factor of speeding up internationalization behavior: A cross national study on attitudes toward internationalization

Recent researches pointed the need for deeper understanding of the factors explaining the speed of internationalization from a behavioral perspective. Indeed, this may help to better understand the factor initiating early internationalization. This study attempts to understand the role of one determinant of the speed of internationalization which hasn’t been studied yet: the attitude toward internationalization. The scenario method was used to capture behaviors and a composite scale was used to measure attitude. This methodology is original in the field of international business and is promising for futures studies. A database composed of 200 small firms responsible (French and Indian) was built and analyzed to get the results (more responses are expected). The results indicate that there is a small but significant influence of the attitude toward internationalization on the speed of internationalization. We also found that Indian have a tendency to internationalize faster than French. However, no difference was found regarding attitude toward internationalization between the two samples.

Le sensemaking en situation d’alerte, entre construction sociale du risque et relations d’accountability

Dans une société où le risque est devenu un principe organisateur, l’idée s’est imposée qu’une organisation bien gouvernée doit se préparer à assurer la continuité de ses activités les plus essentielles - à être résiliente - même confrontée à des événements extrêmes. Pourtant, les travaux existants sur les processus de construction du sens (sensemaking) en situation de risque ou de crise soulignent les effets souvent néfastes d’une préparation organisationnelle à un risque spécifique: dans une situation d’alerte, c’est-à-dire lorsque des signaux annonçant la réalisation imminente d’un risque ayant été anticipé sont détectés, les cadres, les dispositifs matériels et les relations sociales qui se sont développés et structurés pendant cette préparation préalable pourraient enfermer action et cognition dans une ligne prédéterminée qui favoriserait une « perte de contact » avec le déroulement des événements. Pourrait en résulter une action mal adaptée, aux effets potentiellement dramatiques (favorisant l’aggravation d’une catastrophe plutôt que de l’éviter) ou au contraire déclenchant une mobilisation surdimensionnée, dont les « décideurs » devront répondre a posteriori.
Compte tenu de ces enjeux managériaux, nous avons étudié la réaction d’un groupe de Business Continuity Managers (BCM) pour mieux comprendre l’impact de la préparation à un risque sur la réaction organisationnelle en situation d’alerte. Nous avons observé comment ces responsables de la continuité d’activité de leurs entreprises ont fait face à l’émergence de la pandémie grippale en avril 2009, en nous appuyant sur une observation de leurs réunions pendant une période de 21 mois.
Considérant le risque comme un phénomène socialement construit, notre étude montre que les effets de la préparation de pandémie au sein de ces organisations – de la construction sociale de ce risque dans ces organisations - ne suffisent pas à comprendre les processus de sensemaking des acteurs pendant l’alerte. Elle met en lumière comme élément complémentaire l’impact structurant des caractéristiques des multiples relations sociales dans lesquelles ces BCM sont encastrés, notamment dans leur dimension d’accountability (rendus des comptes). Plus que de s’intéresser à l’évolution « matérielle » de la menace virale, les acteurs observés se sont focalisés sur la recherche d’une ligne d’action socialement justifiable. Cette recherche de l’action légitime a favorisé une certaine inertie du cadre cognitif qui la justifiait officiellement, cela malgré des indices croissants sur le caractère bénin du virus. Les dynamiques d’interactions entre les éléments issues de la construction sociale du risque d’une part et les relations sociales plus larges dans lesquels sont pris les acteurs d’autre part, apparaissent ainsi être un aspect important pour comprendre le développement des situations de « fausse » alerte, lorsque la menace semble avoir été surestimée et l’action surdimensionnée ou maintenue trop longtemps par rapport aux développements « matériels » subséquents. Notre étude contribue ainsi d’une part à améliorer notre compréhension des situations d’alerte et d’autre part au développement de la théorie du sensemaking en explorant plus avant l’aspect social de ces processus, et notamment l’impact des relations d’accountability, dans la poursuite des travaux de Cornelissen (2012).

Les transformations du design organisationnel des groupes diversifiés au prisme de la RSE. Une étude de cas à partir de la relation siège-filiale

Dans les groupes diversifiés, la RSE apparaît comme un défi stratégique et organisationnel en interne, au moins autant qu’en externe. La RSE peut être considérée comme un champ émergent où l’on observe des logiques d’exploration organisationnelle, stratégique et managériale. Dans un groupe industriel diversifié, elle tend à renforcer l’interdépendance entre les entités et remet en question, au niveau du siège, la capacité d’orchestration d’un changement stratégique global. Cela se traduit par une modification des équilibres de la relation entre siège et filiale et de nouvelles modalités relationnelles. L’objet de la recherche porte sur les dynamiques relationnelles entre un siège et ses filiales liées au développement de la RSE. Que révèlent les mutations organisationnelles induites par le développement de la RSE sur la transformation d’un groupe diversifié ? Les transformations sont-elles analysables de manière homogène dans l’ensemble du groupe ? Quels mécanismes peut-on identifier pour donner un sens à ces transformations qui touchent l’organisation dans ses différents niveaux ? Nous élaborons dans cet article un certain nombre de propositions et d’analyses pour répondre à ces questions et proposer des pistes d’approfondissement de la recherche.
Nous avons choisi de partir comme champ d’investigation le groupe Bouygues. En tant que société cotée, Bouygues publie un rapport d’activité annuel. C’est une entreprise visible médiatiquement, donc susceptible d’être prise à partie par les activistes. Le groupe est diversifié, ce qui permet de centrer l’étude sur la prise en compte de la multiplicité des attentes et des enjeux par le siège, tout en minimisant la dimension géographique. L’étude de cas porte sur les 5 relations siège-filiales, considérées sur la période 2000-2010.
La réflexion théorique porte sur les enjeux stratégiques internes liés au développement de la RSE à partir d’une analyse des modalités de transformation de la relation siège-filiale. Après avoir décrit le design de la recherche et la méthodologie employée pour l’étude de cas, nous présentons une première série de résultats qui montrent que la RSE s’accompagne d’une dynamique de centralisation incomplète, dans la mesure où l’instabilité organisationnelle demeure forte à la fois dans les filiales et dans la relation siège-filiale.

Les signaux de menace pour la formation du capital social organisationnel. Une étude multi-cas au sein de la très petite entreprise technologique

Dans cette recherche, le capital social organisationnel (CSO) est conçu comme une compétence organisationnelle déterminée par la convergence de trois actifs relationnels (l’orientation vers des objectifs collectifs, la confiance mutuelle et les valeurs partagées). Cette compétence permet à l’entreprise qui le détient de coordonner ses activités de coopérer pour le bénéfice mutuel et l’augmentation de la performance. Cinq études de cas de très petites entreprises technologiques (TPET) ont été menées afin de répondre à notre question de recherche : Quels sont les dangers latents qui peuvent empêcher la formation du CSO dans ce type d’entreprises ?

Une analyse de contenu des entretiens menés a découlé dans le recensement d’un ensemble de signaux de menace ou d’alerte. Les signaux de cet ensemble peuvent indiquer aux chefs et aux membres des entreprises la présence d’attitudes, de comportements et/ou de décisions qui peuvent empêcher la formation ou même détruire le CSO.

Citius, Altius, Fortius : Red Queen Effect et course aux pixels

Dans certaines industries, l’offre est caractérisée par la prédominance d’une caractéristique technique centrale qui permet de mesurer les positions de chaque entreprise. Afin d’obtenir ou de préserver un avantage concurrentiel, les entreprises doivent égaler voire surpasser la valeur de référence de cette caractéristique technique centrale pour chaque nouveau produit. Les entreprises adoptant toutes le même comportement, il se met en place dans l’industrie un Red Queen Effect. Cet effet conduit à l’accroissement constant de la valeur moyenne de la caractéristique technique centrale de l’offre, sans changement des positions concurrentielles. L’objectif de cet article est de centrer l’analyse sur la manière dont les relations entre concurrents influencent cette dynamique de type Red Queen. L’utilisation d’un modèle de simulation informatique couplée à l’étude de l’évolution de l’industrie de la photographie numérique de 1994 à 2011 permet de montrer que la dynamique concurrentielle dans un contexte de Red Queen Effect conduit à l’apparition d’un tunnel d’évolution encadrant l’évolution des produits lancés par les concurrents sur leur caractéristique technique centrale.

Orchestrating firm's competitiveness: a case study on the strategic role of managers in knotting action nets

This proposal considers one of the key challenges of complex organizational settings and environments for strategy-making. When strategic decisions must be made, the question of how to orchestrate multiple, intertwined, and often conflicting logics of pooling and exploiting resources together, or action nets Czarniawka (2004, 2006, 2010), underlying firms’ competitiveness remains crucial. In this research, we argue that the ability of complex firms to develop a concrete way to effectively “muddle through” such situations, instead of working against conflicting logics, denying them or submitting to choice, is vital for their success. An in-depth case study of a European Global Biotech Firm in the vaccine industry – characterized by a number of sensitive strategic implications – provides the empirical grounding to explore the micro-foundations of this orchestration capability enhanced defined as the ability to enact coherence between multiple logics.
The findings of this ethnographic study suggest that the orchestration capability is a process allowing a situated construction of strategy. In particular, we were able to identify three types of work that characterize its breadth dimension (Sirmon et al., 2011): the repairing, innovating and maintaining of meta-connections between action nets. These connections that we call strategic knots are the locus in which different action nets are constantly synchronized for greater competitiveness. Yet, strategic knots are never stabilized once and for all. They are the site of an on-going flow of knowledge enacted for some, being enacted and de-enacted for others.

La fabrique des outils de gestion : quels régimes de conception ?

Analyser la structure et la dynamique d’utilisation des outils de gestion pose assez naturellement la question des processus par lesquels ces outils sont inventés. Le processus, ou l’activité, de conception peut précéder la phase de diffusion et de mise en œuvre, mais on peut également considérer que la conception des outils de gestion est une activité continue, qui se poursuit au cours de leur adoption par les organisations. En mobilisant des théories explicites de la conception, nous cherchons à identifier et qualifier les régimes de conception à l’œuvre dans la fabrique d’un outil de gestion, dans la perspective où chaque utilisation de l’outil est une occasion de le reconcevoir.
Afin de traiter cette problématique, nous réalisons une étude de cas approfondie sur un outil de gestion, la méthode 5 steps inventée au sein du groupe Valeo avec la participation d’un cabinet de conseil puis diffusée par celui-ci au sein de plusieurs organisations. Cela nous permet une analyse de plusieurs moments de la fabrique d’un outil de gestion : de sa conception initiale à ses conceptions-reconceptions liées à de nouvelles mises en application. Notre recherche met en lumière un régime de conception réglée en recette dans le cas des outils de gestion. Elle permet également de révéler deux niveaux d’analyse dans la conception des outils de gestion, à travers la référence aux modèles conceptuel et génératif : le niveau de la conception de l’outil au sein de chaque organisation et le niveau de la conception de la recette générale qui guide les mises en application et assurent leur variété. Ces deux niveaux, qui ne suivent pas nécessairement le même régime de conception, sont en interaction : l’évolution de la recette est issue des expériences de sa mise en application au sein des organisations.

La sanction boursière de la violation du droit de la concurrence : influence du poids des amendes et effet taille

Plusieurs recherches étudient l’impact de l’annonce d’une condamnation pour pratiques anticoncurrentielles sur la valeur boursière de l’entreprise condamnée. Pour certaines d’entre elles, il n’y a pas d’impact alors que pour d’autres l’impact est négatif. En s’appuyant sur la théorie de la concurrence imparfaite et sur la théorie de l’agence, cette recherche se propose de mesurer la perception boursière de l’annonce d’une condamnation pour pratiques anticoncurrentielles et d’évaluer le rôle de deux variables : le poids des sanctions et la taille de l’entreprise condamnée. A cette fin, une étude d’événement est effectuée sur un échantillon de 305 cas avérés d’ententes et d’abus de position dominante sanctionnés par les autorités française et européenne de la concurrence entre 1998 et 2007. Les résultats montrent 1) que l’annonce d’une condamnation pour pratiques anticoncurrentielles a un effet négatif sur la rentabilité des titres de l’entreprise condamnée, 2) que cet effet est plus significatif lorsque le poids des amendes est élevé, 3) que la réaction du marché est plus forte pour les entreprises de petite taille que pour les entreprises de grande taille.

changer de regard sur le changement, un exercice d'imagination

« Changer de regard sur le changement » c’est changer notre façon de voir, d’observer, de connaitre le changement organisationnel ; c’est dire et penser le changement en changeant toutes les manières que nous avons de le dire et de le penser. Inspirés par la métaphore bergsonienne de la mélodie, nous avons conçu une méthode permettant de percevoir la « polyphonie » du changement du musée des Arts et Traditions Populaires en un musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Cet article vise à décrire cette démarche vue comme un exercice d’imagination.

Mots-clés : Méthodes Qualitatives de Recherche ; Changement Organisationnel ; Bergson ; Imagination ; Pratique

Fonder la pratique de la concertation sur la théorie des conventions ? Etude d’un processus de décision participatif au Venezuela

Les liens de déterminisme réciproques entre, d’une part, une vision pessimiste exprimée dans les termes de la théorie de l’agence et, d’autre part, des pratiques managériales contre-productives ont pu être établis, fondant ainsi une critique récurrente à l’encontre de cette vision du management. La théorie des conventions, qui permet de fournir un nouveau cadre théorique fondé sur la critique de la théorie de l’agence, peut, elle aussi, fournir une vision susceptible de nourrir la pratique managériale. L’objectif de cette communication est d’étudier les liens pouvant exister entre, d’une part, une vision « optimiste » liée à la théorie des conventions et, d’autre part, les pratiques managériales innovantes que constituent la mise en œuvre de processus de décision participatifs. Nous chercherons ainsi, au travers d’une étude de cas, à présenter de façon synthétiques quelques-uns des effets permettant de comprendre à quelles conditions un lien durable peut unir vision « optimiste » et pratique de la concertation.
Nous proposons ainsi, dans un premier temps, de caractériser précisément la période actuelle durant laquelle émergent de nouvelles pratiques décisionnelles fondées sur le principe de participation et la pratique de la concertation. Pour cela, nous centrons notre analyse sur l’émergence de processus de décisions découlant du mouvement lié à l’éclosion du concept de développement durable. Nous décrivons les caractéristiques générales de ces dispositifs de décision et nous montrons en quoi ils nous semblent caractéristiques de la période étudiée. Dans un deuxième temps, nous décrivons la « vision optimiste » fondée par la théorie des conventions et nous montrons en quoi cette vision et les pratiques managériales de la période actuelle peuvent se déterminer réciproquement. Nous montrons, dans ce cadre, en quoi ces nouvelles méthodes de prise de décision permettent de contourner certaines difficultés classiques liées aux problèmes de prise de décision collective. Dans un troisième temps, nous précisons notre propos, au travers de l’étude d’un cas emblématique mêlant plusieurs de ces nouveaux modes de prise de décision : celui de la construction d’une route, à la frontière venezolano-colombienne, par l’entreprise Pedro Camejo. En conclusion, nous montrons en quoi le cas étudié apporte de nouveaux éléments à la compréhension du lien entre la théorie des conventions et ces pratiques décisionnelles actuelles.
Il apparaît finalement que les conditions d’émergence de telles pratiques managériales reposent sur l’affaiblissement relatif des structures décisionnelles antérieures. Cet affaiblissement peut permettre au manager la mise en place de stratégies participatives, à condition de ne pas limiter son action à la négociation mais d’entamer une procédure de concertation fondée sur la recherche de la compréhension des règles (conventions) de fonctionnement des groupes associés au processus de décision. La mise en œuvre d’une telle démarche est susceptible de se heurter, comme dans le cas étudié, à des effets contre-productifs renforçant l’affaiblissement relatif des décideurs à l’origine de la concertation. Passé un certain seuil, la confiance créée peut toutefois venir compenser ces premiers effets et rendre pérenne la pratique de la concertation fondée sur une vision « optimiste ».

Le portefeuille territorial d’évènements culturels (PTEC) : nouvelle modalité de soutien et de production de l’offre d’évènementiel culturel pour un management stratégique des territoires

Cette recherche prend corps autour du constat empirique d’une « évènementialisation » tout à la fois des territoires et de la culture. En effet, dans le contexte actuel de compétition intense entre les destinations (Gérardin et Poirot, 2010 ; Kébir et Maillat, 2000), les territoires sont de plus en plus enclins à développer une offre évènementielle, notamment culturelle, afin de renforcer leur compétitivité territoriale (Canali et d’Angella, 2009 ; Getz, 2008, 2007). Pourtant, derrière cette apparente facilité à jouir d’impacts multiples via l’évènement culturel, nous constatons un certain essoufflement des territoires dans cette course à l’évènementiel (Getz, 2010, 2007).
Au vu de ce double constat d’un essoufflement de l’évènementiel culturel et de sa perte de sens dans une visée sociétale, nous avons souhaité orienter notre recherche vers la théorisation d’un portefeuille territorial d’évènements culturels (PTEC) (Auteur 1, XXXX) dont la vocation est d’inscrire l’offre d’évènementiel dans une finalité d’attractivité durable et multidimensionnelle des territoires (Auteur 2, XXXX). En d’autres termes, il s’agit, dans une approche territoriale du management public, d’envisager les modalités de gestion locale des évènements culturels (Divay et Mazouz, 2008 ; Hernandez, 2008 ; Casteigts, 2003). Cette approche permet de mesurer toute l’ampleur de l’évènementiel urbain dans les politiques et stratégies publiques et toute la valeur du PTEC réside dans son caractère idiosyncratique qui lui permet de prendre des formes variables, en fonction des spécificités du territoire et de ses trajectoires (Auteur 1, XXXX). Ainsi, peut-on constater la mise en œuvre, de manière plus ou moins concomitante, d’une pléiade d’évènements allant de la petite manifestation locale au méga évènement.
L’émergence d’un portefeuille territorial d’évènements culturels (PTEC) participe donc de l’affirmation d’un acteur collectif défini comme une « entité virtuelle capable de réflexivité, d’adaptation et de choix prospectifs » (Divay et Mazouz, 2008, p. 350). Il permet d’atteindre l’autonomie puisqu’il nécessite de la part de ceux qui l’initient une capacité d’auto-analyse et de réflexion forte afin d’inscrire au mieux le territoire dans son environnement.
Les finalités stratégiques du PTEC ainsi que les spécificités des produits qu’il comprend impliquent de réinterroger les modèles d’analyse stratégique traditionnels et de les adapter en vue de proposer aux managers publics un outil de pilotage de l’offre territoriale d’évènementiel culturel (I.). Sur la base d’une étude de cas unique enchâssée à l’échelle d’un territoire intercommunal (II.), les résultats montrent que le processus de sélection des évènements culturels s’inscrit dans une approche fonctionnelle qui s’articule autour d’une logique territoriale et d’une logique produit et que son management stratégique relève d’une gouvernance contingente multi-niveaux et multi-acteurs impliquant un leadership territorial incitatif (III.).

Pour un modèle intégrateur de l'entrepreneuriat institutionnel collectif dans une approche réaliste critique. Le cas de la création d’une structure fédérative de recherche

Les travaux les plus récents de l’analyse institutionnelle n’ont cessé de faire progresser le concept d’entrepreneur institutionnel, au travers d’une évolution des débats théoriques en plusieurs temps. Certains chercheurs vont tout d’abord dépasser l’approche déterministe initiale, dans laquelle le rôle des institutions est prédominant, pour considérer que les acteurs peuvent se dégager des institutions existantes, agir sur celles-ci et même en créer de nouvelles grâce à leurs actions intentionnelles (DiMaggio, 1988 ; Hardy et Maguire, 2008). Dans un second temps, des travaux s’efforcent de caractériser les modes d’action contextualisés des entrepreneurs institutionnels (Lawrence et Suddaby, 2006). Pour expliquer l’action de l’acteur sur l’institution, certains auteurs mobilisent la perspective du réalisme critique (Leca et Naccache, 2006 ; Mutch et al., 2006). Seulement, ils ont des difficultés à dépasser la vision « héroïque » d’un entrepreneur doté de capacités exceptionnelles, dont les actions reflètent exactement les intentions de départ. Pour rompre avec cette vision, un nouveau courant de recherche émerge, composant le troisième temps du débat. Conservant le réalisme critique, certains auteurs appréhendent le changement institutionnel à partir des modèles de l’action collective (Wijen et Ansari, 2007 ; Ben Slimane et Leca, 2010). C’est dans la lignée directe de ces travaux que nous nous situons, bien que nous considérons qu’ils restent partiels dans la mesure où chacun d’eux ne prend en compte qu’un ou deux mécanismes générateurs de l’action collective. L’objectif de notre article est de dépasser cette limite en proposant un modèle d’analyse de l’entrepreneuriat institutionnel qui articule réalisme critique et action collective, comme les travaux précédemment cités, mais qui intègre les 4 mécanismes générateurs identifiés dans la littérature : conflit, coopération, confiance et contrôle. Nous considérons alors comment ces mécanismes agissent dans un cas d’entrepreneuriat institutionnel collectif. Nous avons analysé la création d’une structure fédérative de recherche publique : un observatoire dénommé Galileo regroupant plusieurs unités de recherche dans le domaine des sciences de l’univers. Nous avons suivi le processus d’élaboration de cet observatoire pendant plus de 8 mois, au cours desquels nous avons réalisé 40 entretiens semi-directifs, mené des observations et collecté de nombreux documents. À partir de cette étude de la structuration du schéma de gouvernance de l’observatoire Galileo, nos résultats montrent que les processus de transformation d’institutions publiques et notamment ici des universités sont complexes et peuvent aller à rebours des grandes tendances décrites. Ainsi le schéma de gouvernance choisi pour Galileo se caractérise par une multiplication des instances délibératives, alors que les universités sont supposées s’orienter vers des modes de fonctionnement plus hiérarchiques. Cette persistance d’instances délibératives met en évidence la capacité d’un entrepreneuriat institutionnel développé collectivement par des acteurs qui, en activant certains mécanismes générateurs dans un objectif stratégique précis, réussissent, partiellement, à échapper au pouvoir déterminant des institutions.

Rationalisation et marchandisation des organisations à but non lucratif : le cas du FREE / LIBRE OPEN SOURCE software

Cet article s’intéresse au processus évolutionniste de construction et de structuration du champ des Free / Libre / Open Source Software (FLOSS). Il étudie en particulier la façon dont un champ appartenant à la sphère non marchande et impliquant exclusivement des organisations à but non lucratif, s’est peu à peu structuré en champ hybride autour des sphères non marchande et marchande, et d’acteurs sociaux appartenant à ces deux sphères. Son objectif consiste à approfondir notre compréhension de la façon dont les interactions entre les entreprises à but non lucratif et les entreprises à but lucratif dans un champ particulier façonnent le processus évolutionniste menant à la rationalisation et à la marchandisation des organisations à but non lucratif.
Il fait écho aux récents et nombreux travaux de recherche ayant pour objet le secteur des organisations à but non lucratif et faisant état de leur tendance à une plus grande rationalisation, une professionnalisation, une obligation croissante de rendre compte de leurs activités d’une manière plus transparente, et une marchandisation de leurs activités. Selon un processus isomorphique, ces organisations à but non lucratif auraient ainsi tendance à imiter les entreprises marchandes et à adopter leurs pratiques, avec parfois pour conséquence une réorientation de leurs missions. Dans cet article, nous proposons de dépasser la vision isomorphique de ce processus et d’étudier de façon plus fine les interactions entre les organisations à but non lucratif (marchandes et non marchandes) et les organisations marchandes à but lucratif qui structurent un champ. Nous cherchons également à identifier dans quelle mesure ce processus modifie les pratiques, les valeurs et les organisations de ces différents acteurs sociaux.
Notre méthodologie repose sur une étude de cas longitudinale du FLOSS de ses débuts à aujourd’hui, sur la base de données secondaires. L’échantillon de données est constitué d’environ 800 articles et documents organisationnels relatifs au processus de rationalisation du FLOSS et de sa transition du champ du non lucratif vers un champ hybride non lucratif / lucratif. L’étude couvre une période de 27 ans qui débute en 1983 et se termine en 2010. Notre approche consiste à étudier simultanément l’évolution des organisations à but lucratif et celle des organisations à but non lucratif, ainsi que leurs interactions.
Nous montrons que les processus de rationalisation et de marchandisation ne sont pas imposés unilatéralement par l’extérieur aux organisations à but non lucratif impliquées dans le FLOSS. C’est plutôt une transformation négociée entre ces acteurs et ceux du secteur marchand qui décrit le mieux le processus de structuration du champ. Ainsi, les éditeurs historiques de logiciels marchands à but lucratif, ont eux aussi connu des changements dans leurs processus et leurs organisations, au contact des organisations à but non lucratif du FLOSS. Ce cas met en évidence une influence mutuelle entre les acteurs sociaux du FLOSS et les éditeurs de logiciels commerciaux propriétaires traditionnels, et la transformation de leurs interactions, d’opposition radicale en coexistence mutuellement bénéfique.

Exploration de la dimension institutionnelle de la Performance Sociétale de l’Entreprise

L’objet de ce travail de recherche porte sur la contribution de la théorie néo-institutionnelle (TNI) à l’étude du concept de Performance Sociétale de l’Entreprise (PSE). En effet, les plupart des travaux conceptuels et empiriques portant sur la PSE ont tendance à écarter la dimension institutionnelle du concept. Une dimension qui se révèle être fondamentale puisqu’elle met en lumière la contingence de la démarche sociétale aux structures institutionnelles de son environnement. L’étude de ce cadre institutionnel présente l’avantage de contextualiser la PSE par rapport à son l’environnement et permet de prédire la nature et l’ampleur de la démarche sociétale de l’entreprise.
A cet effet, ce travail de recherche se propose de développer un cadre d’analyse et de réflexion des antécédents institutionnels en faveur de la PSE. Ce cadre d’analyse mobilise une configuration hiérarchisée de ces pressions afin de comprendre en profondeur les mécanismes qui régissent l’adoption de la démarche sociétale. Ce cadre se décline en trois niveaux d’analyse : Environnement micro : pressions sectorielles, Environnement méso : pressions nationales, Environnement macro : pressions transnationales.

L’arroseur arrosé : Le rôle des acteurs du terrain sur la recherche

De nombreux chercheurs en Organization and Management Theory (OMT) appellent au-
jourd’hui au développement de recherches engagées utilisant une approche ethnographique.
Cependant peu d’études prennent en compte le rôle des acteurs du terrain sur la construction
de la relation avec le chercheur et dans l’élaboration des connaissances. Nous avons eu recours étude de cas qui s’est déroulée au sein d’un groupe d’alpinistes. Cette étude de cas montre que les acteurs du terrain ont un rôle actif dans la construction de la relation avec le chercheur et dans l’élaboration des connaissances. Ils observent le chercheur et le mettent à l’épreuve. Puis, ils modifient les frontières de leur groupe pour l’intégrer. Ils poussent le chercheur à prendre position, ils lui permettent d’intégrer leurs codes. Enfin, ils déterminent la problématique de la recherche mais aussi la production des articles. Les conséquences méthodologiques sont multiples. D’une part, les chercheurs doivent être attentifs à ce que font les acteurs du terrain mais également à leur propre comportement car ils sont aussi un objet
d’observation. Ensuite les chercheurs doivent se montrer sincères car les acteurs sont largement en mesure de percevoir toute tentative de manipulation. Enfin, le chercheur doit assumer le risque d’être subjectif pour accéder à une plus grande objectivité en faisant part de ses réactions et impressions. Le lecteur ainsi que d’autres chercheurs peuvent également l’aider dans cette quête d’objectivité.

Autour de la notion d’apprentissage inter-organisationnel : la prégnance de la proximité

Dans ce travail, nous visons à créer un paysage conceptuel propre à l’apprentissage inter-organisationnel. Pour ce faire, nous proposons que l’apprentissage inter-organisationnel est conditionné par la proximité des acteurs et des organisations. C’est ainsi que nous mettons en avance la prégnance de la spatialité dans la création des connaissances à l’échelle inter-organisationnelle et dans la configuration d’un réseau apprenant.

Quels nouveaux fondements théoriques pour un nouveau design organisationnel ?

Depuis 20 ans, plusieurs auteurs influents dans le champ des organisations dressent le même constat. Le design organisationnel est mort - ou moribond (Daft and Lewin, 1993 ; Dunbar and Starbuck, 2006 ; Snow, Miles and Miles, 2006 ). Récemment, Greenwood et Miller (2010) ont souligné l’importance de « Tackling design anew » (titre de leur article). Ils proposent pour cela, pour leur part, de se focaliser sur un seul type d’organisation parmi les nombreux existants (les Transnational Professional Service Firms) et d’analyser, au sein de ce type, les différences d’organisation.
Nous proposons nous aussi dans ce papier une voie de renouvellement du design organisationnel. Elle rejoint Greenwood et Miller par certain côtés (considérer l’entreprise de divers points de vue) mais elle s’en distingue aussi : par le souci d’articulation de ces points de vue, à des fins de design (cette articulation n’est pas nécessaire en revanche si on en reste à l’interprétation des phénomènes) ; par le fait de raisonner sur plusieurs types différents d’organisation (des PSF mais d’autres aussi).
Pour cela, nous présentons un modèle pour le design organisationnel , intitulé 3P*S (section 3), que nous avons développé, suivant une « phenomenon-based approach » (Von Krogh, Rossi-Lamastra & Haefliger, 2012), au cours de multiples interventions de (re)conception d’organisation dans des entreprises depuis des années et à la demande de certaines d’elles (section 2). Nous soulignons en quoi ce modèle de théorie des organisations rompt, sur deux de ses quatre composantes, avec le design organisationnel classique (dérivé de la théorie de la contingence). Nous mettons aussi en évidence en quoi ce modèle permet également de préserver les acquis et apports du design organisationnel classique en conservant ses deux composantes fondamentale, la structure et les management processes, mais en en offrant une reformulation sensible, qui permet d’étendre la portée de ces composantes et de souligner et comprendre certaines des transformations contemporaines majeures connues par la structure et les « management processes ». Nous indiquons enfin en quoi le modèle 3P*S peut constituer une clé de relecture de travaux classiques fondateurs en design organisationnel et en théorie des organisations (section 4).

Innovation et culture chinoise : l'exemple des entreprises shanzhai dans le secteur des télécommunications

L'innovation n'est pas seulement guidée par l'environnement économique, technologique ou géographique mais aussi par la culture qui est déterminante dans l’interprétation des systèmes d'innovation (Ouchi, 1982, Hofstede et Bond, 1988, d'Iribarne, 1989). Notre préoccupation est de mettre en évidence l’influence de la culture sur les stratégies d'innovation en Chine et de mieux cerner les formes prises par la culture d'innovation locale. Nous nous intéressons à la stratégie d'innovation des entreprises dite shanzhai (littéralement « le fortin dans la montagne ») à partir de la grille de lecture proposée par la littérature culturelle chinoise (Granet, 1968 ; Barbier, 2001 ; Billeter, 2006) et plus particulièrement celle de Jullien (1996, 2005, 2009). Notre recherche abductive a pour objectif la construction d'hypothèses relatives à la culture d'innovation chinoise souvent rattachée à la culture d'imitation (Hussler et al., 2010). Nous l'étudions à partir de deux études de cas d'entreprises shanzhai (Huawei et MediaTek) en croisant trois types de données (observations directes, interviews, notes de recherches et documents d'entreprise). L'hétérogénéité des sources empiriques devant nous permettre de nous rapprocher de l'objectivité (Yin, 2012, p. 10). Les deux entreprises étudiées présentent la particularité d'être devenues des entreprises mondiales majeures dans leurs domaines respectifs (réseaux de télécommunications et circuits électroniques pour téléphone) à partir de stratégies shanzhai fondées principalement, au départ, sur l'imitation de grandes marques pour lesquelles elles étaient sous traitantes.
Nos résultats portent à la fois sur une description plus précise des principaux déterminants des stratégies d'innovation des entreprises shanzhai et sur l'identification de plusieurs hypothèses complémentaires relatives à la culture d'innovation en Chine. Pour celà, nous proposons un modèle superposant la culture d'innovation en Chine et en Occident. Il s'agit d'un essai de comparaison non exhaustif destiné à compléter les approches universalistes du management chinois (Billeter, 2006; Goxe et Gao, 2010) centrées sur le management visible en Chine mais négligeant sa part subjective tout aussi déterminante. Cet essai intègre à la fois les approches philosophiques de la culture chinoise et celles plus récentes portant sur le management de l'innovation (Alter, 2000; Westwood, et Low, 2003; Hussler, 2004, 2010). Pour celà, nous présentons ces hypothèses dans le schéma général de management de l’innovation (Weil, 2003) afin d’en mettre en évidence les conséquences pratiques. Ce modèle d'innovation s'intègre dans le paradigme stratégique BOP (Bottom of the Pyramid) décrit par Prahalad et Hart (2002) en faisant reposer son succès économique sur la rationalisation des coûts et la réactivité aux attentes des consommateurs pauvres des pays émergents. Comme en Occident, l'innovation en Chine peut être pensée en termes de processus et de management mais à partir de ceux définis par le potentiel de situation de l’environnement de l'entreprise plutôt que ceux que cette dernière aurait pu modéliser.
Ces résultats présentent pour chaque grand domaine du management de l’innovation les principes et valeurs mis en œuvre par les entreprises shanzhai en accord avec la culture de l'action en Chine. Ceci permet de présenter les principales approches stratégiques et managériales de l’innovation de ces entreprises et de proposer des perspectives de validation sur un échantillon plus large.

COOPÉTITION ET PROXIMITÉS DANS LES TPE DU SECTEUR INFORMEL : CAS DES TAILLEURS REGROUPES DANS UN ESPACE SPECIALISE A DAKAR

L’objectif de cette communication est de caractériser la relation entre la coopétition et la proximité dans un cadre d’espace spécialisé où se concentrent des TPE informelles ayant la même activité (celui de tailleur ou confectionneur). Le cadre théorique mobilisant les concepts de coopétition et de proximités dans un contexte TPE, montre un manque d’écrits sur cette relation. Alors, pour apporter une contribution, le recours à la grounded theory dans une posture d’exploration s’est avéré approprié car, elle a permis d’ancrer les résultats sur les faits réels. L’analyse de ces mêmes résultats renseigne sur le fait que la coopétition est une réalité bien présente dans les TPE informelles et qu’elle est fortement modulée par différents types de proximités. Pour illustration notons que, la sous-traitance qui est de nature coopérative acquiert une dimension compétitive de facto à cause de la proximité de métier et de la proximité géographique. En plus, la définition de la relation partenariale qu’elle implique est orientée par la proximité sociale et la proximité relationnelle. La solidarité une pratique de nature coopérative s’exerce dans un cadre compétitif à cause toujours des proximités de métier et géographique. Quant à la pratique de l’imitation, elle est une pratique coopétitive si elle est autorisée et une pratique purement compétitive si elle ne l’est pas.
L’analyse de ces pratiques permet, aussi, de découvrir certaines caractéristiques de la coopétition dans les TPE informelles. D’abord l’intention et la proximité sont deux facteurs importants dans la définition de la nature coopétitive des pratiques coopérative ou compétitive. Ensuite, la ressource est une préoccupation centrale au cœur des stratégies de coopétition dans les TPE informelles. Enfin ces pratiques sont bâties sur un mode relationnel dense au sein de ces TPE informelles regroupés dans un espace spécialisé.

Entre marché, réseau et hiérarchie : l’association de standardisation

S’inscrivant dans la perspective de la théorie des coûts de transaction, cet article vise à enrichir notre compréhension des multiples structures de gouvernance hybrides qui coexistent entre marché et hiérarchie. Précisément, nous nous proposons ici d’introduire et de conceptualiser une nouvelle structure de gouvernance, qui n’a jusqu’à présent été que partiellement théorisée dans la littérature : l’association de standardisation. Cette structure de gouvernance s’appuie sur un type de contrat spécifique, le contrat associatif, qui forme la base à partir duquel des organisations peuvent s’associer les unes avec les autres. L’efficacité de la structure tient aux nombreux standards élaborés, qui permettent aux associés de réduire entre eux leurs coûts de transaction. Le caractère ouvert de l’association et le faible investissement requis pour s’associer rendent ce mode de gouvernance particulièrement pertinent pour réduire les coûts de transaction entre un grand nombre d’organisations. La nature démocratique des décisions dans l’association et le caractère non obligatoire des standards produits par celle-ci en font cependant un mode de gouvernance peu contraignant. A visée théorique, notre démarche s’appuie d’une part sur une étude empirique de type ethnographique menée pendant plus de trois ans au sein d’une association de standardisation automobile. Notre démarche s’appuie d’autre part sur une vaste littérature qui a émergé dans les dernières années, tant sur les associations de standardisation, que sur la standardisation, ou les associations entre organisations. L’article est organisé en quatre parties. La première retrace brièvement l’émergence et l’essor des associations de standardisation au sein de l’économie en général, et de l’industrie automobile en particulier. La deuxième partie caractérise l’association de standardisation comme structure de gouvernance spécifique, reposant sur un arrangement contractuel ad hoc, le contrat associatif. La troisième partie compare l’association de standardisation aux trois principaux modes de gouvernance identifiés dans la littérature : le marché, la hiérarchie et le réseau. La quatrième partie soulève enfin la question de la mise en œuvre de cette structure de gouvernance, et indique notamment dans quel contexte elle s’avère efficace, ainsi que ses hybridations avec les trois autres modes

De l'intérêt de l'approche de l'économie industrielle pour le management stratégique : une application originale aux clubs européens de football de l'élite

Cette recherche porte sur les clubs européens de football de l’élite, c’est-à-dire de la première division des cinq championnats majeurs à savoir allemand, anglais, espagnol, français et italien. L’objectif est de comprendre leurs stratégies à partir des caractéristiques qui fondent et structurent l’industrie du football professionnel européen dans laquelle ils évoluent. Pour ce faire, l’approche de l’économie industrielle (« industrial organization » (IO)) est mobilisée à travers son schéma d’analyse reliant les conditions de base, la structure, les comportements et les performances dans une industrie. Celui-ci permet d’étudier l’environnement des clubs en considérant qu’il détermine leurs orientations stratégiques et les résultats qui en résultent. Ce travail s’inscrit donc dans la perspective des travaux de Porter (1981) qui soulignent l’intérêt de l’IO pour le management stratégique (MS) et constitue une application originale de cette approche à l’industrie footballistique professionnelle européenne. Sur le plan méthodologique, l’identification des conditions de base de cette industrie du côté de l’offre et de la demande permet de mettre en évidence les enjeux auxquels sont soumis les clubs et les réponses stratégiques apportées, ces dernières dépendant aussi dans une certaine mesure des caractéristiques structurelles de l’industrie. Les quinze conditions de base du côté de l’offre portent sur la nature même de l’activité footballistique, le cadre institutionnel et le contexte de mondialisation. Les six conditions de base du côté de la demande reflètent la diversité des demandes qui s’expriment auprès des clubs, leur dimension internationale et le facteur conjoncturel. La structure de l’industrie est quant à elle caractérisée par ses acteurs majeurs - les clubs - et leur insertion dans des ligues professionnelles nationales, leur structure de propriété, leur fonction-objectif et la dynamique des rapports de force à l’œuvre. Sur cette base, plusieurs stratégies fondamentales mises en place par les clubs de l’élite sont étudiées. Elles sont de différentes natures : (i) sportive au regard du recrutement et de la formation, (ii) marketing au niveau communicationnel et commercial, (iii) économique en matière d’investissement dans les infrastructures et de croissance par diversification des activités, (iv) comptable et financière en termes de gestion des dépenses et des ressources et de financement au sens capitalistique et (v) transversale de type relationnel et d’attractivité. Les performances des clubs pris individuellement et de l’industrie dans son ensemble qui en découlent sont examinées dans une perspective à la fois sportive, économique et sociétale. Au final, notre recherche conclut à la pertinence du cadre d’analyse retenu pour notre objet d’étude. En effet, il apparaît qu’une connaissance fine des caractéristiques de l’industrie footballistique professionnelle européenne constitue, pour les chercheurs, un facteur de compréhension des stratégies des clubs et des résultats obtenus. Il en résulte, selon nous, que l’IO peut fournir aux clubs un outil de MS intéressant.

Entre libéralisation et universalisation des infrastructures de réseaux de télécommunications : l’institutionnalisation de dynamiques concurrentielles portées par l’acteur public

Notre recherche s’intéresse à la question de la couverture en infrastructures haut débit du territoire français, sur la période 2002-2008, et à l’articulation des enjeux de libéralisation et d’universalisation des réseaux, mus par des intérêts divergents, qui a réintroduit l’acteur public dans la dynamique concurrentielle à l’œuvre.
Elle poursuit le double objectif, d’étudier d’un point de vue sectoriel, le processus qui a conduit l’acteur public, dans un contexte de libéralisation des télécommunications, au cœur du déploiement d’infrastructures de réseaux, de type haut débit ; et d’enrichir d’un point de vue théorique, la perspective de la dynamique concurrentielle encore trop limitée à l’analyse d’actions stratégiques de firmes focales, en intégrant l’acteur public.
Elle s’appuie sur une méthodologie couplant l’analyse SSM et la méthode de l’étude de cas longitudinale, nous permettant d’articuler des chronologies longues et restreintes, et de mettre en évidence le contexte institutionnel et de marché englobant. À cet effet, le projet E-connect a été analysé sur l’ensemble de sa durée (2003-2007) et le marché du haut débit français étudié dans ses composantes politiques, législatives et économiques, sur cette période.
Il en ressort qu’en réponse à la focalisation des offres des nouveaux entrants sur les zones denses, une forme de consensus de l’ensemble des acteurs (économiques, politiques et citoyens) concourent, via un mécanisme de création cognitive du marché, à placer l’acteur public territorial en situation d’équilibre, assurant le subventionnement nécessaire pour qu’offreurs et demandeurs de solutions haut débit se rencontrent sur les zones « blanches ». Pour ce faire, ils usent d’actions régulatrices, voire correctrices, pour concilier les enjeux de la libéralisation et de l’universalisation des infrastructures. Mais en filigrane, les stratégies défensives de l’opérateur historique s’avèrent durablement efficaces, bouleversant les tentatives de nouveaux entrants, les repoussant avec leurs solutions alternatives, sur des niches étroites.

La réimportation des pratiques de RSE par les entreprises des pays émergents dans les pays occidentaux : proposition d’un cadre d’analyse intégrative des facteurs de « recontextualisation »

Les études soulignent la diversité des stratégies et des pratiques de RSE dont la diffusion à travers les espaces est assurée par les grandes entreprises occidentales.
Si l’actuel contexte d’interrogations croissantes sur la RSE s’accompagne de la forte hausse du nombre d’implantations d’entreprises issues de pays émergents tant en Occident que dans les pays en développement, peu d’études s’intéressent à la question de la diffusion et de la réimportation des pratiques de RSE par ces entreprises.
Cette communication entend réunir les conclusions des vastes réflexions académiques menées sur les facteurs de contingence de la RSE et approfondir cette analyse en s’appuyant sur le cas de la Chine. Ce prolongement nous permettra d’identifier les déterminants de la RSE dans ce pays, d’en souligner les divergences et les similarités avec la conception « occidentale ».
Cette mise en perspective nous conduira à poser des propositions théoriques sur les déterminants de la réimportation des pratiques de RSE des entreprises des pays émergents vers les pays occidentaux. Au final, la RSE « recontextualisée » est présentée comme dépendant de quatre ensembles de facteurs (facteurs globaux, facteurs locaux, spécificités sectorielles et spécificités organisationnelles). Cette grille servira de cadre d’analyse pour étudier les stratégies RSE des entreprises multinationales des pays émergents dans un projet de recherche futur.

Comment utiliser la stratégie du mixed price bundling ? Le cas des packages bancaires pour les étudiants

Un des choix stratégiques en matière de prix pertinent sur un marché oligopolistique correspond à la discrimination par le prix. L'article étudie une des formes efficientes selon la littérature, le mixed price bundling, qui consiste à vendre ensemble ou séparés des produits ou services complémentaires à un prix spécial. L'objet est de s'interroger sur la pertinence d'une telle stratégie dans des conditions de mimétisme stratégique des concurrents et d'en comprendre les soubassements. L'étude empirique a consisté en une analyse longitudinale des packages proposés aux étudiants par huit banques traditionnelles, les plus importantes. La comparaison entre les deux périodes montre que ce modèle tarifaire, le mixed price bundling, continue d'être proposé pour cette clientèle et confirme les intérêts au niveau de la différenciation des offres. Les résultats permettent de distinguer des positionnements-prix différents en fonction de la composition de l'offre, d'identifier les caractéristiques inhérentes à sa mise en oeuvre mais soulignent également les limites de cette stratégie.

Metaphor in Organization Theory: The Case of the Business Ecosystem Concept

Pour expliciter des concepts et des théories, le recours à la métaphore est fréquent en Sciences de Organisations (Cornelissen, 2005). Mais, il ne va pas sans poser de problèmes (Gerring, 1999). Pour dépasser les difficultés que génère l’usage de la métaphore en Théorie des Organisations, un nouveau champ d’étude à émerger dans les années 80 (Morgan, 1980) et s’est développé jusqu’à ce jour (Cornelissen & Clarke, 2010). Ce dernier analyse notamment le rôle de la métaphore dans la théorisation des organisations (Tsoukas, 1991 ; Indurkhya, 1991 ; Cornelissen, 2005 ; Cornelissen & Kafouros, 2008). La construction du concept d’écosystème d’affaires (ESA), parce qu’elle exploite une métaphore biologique (Moore, 1993, 1996), est concernée par ce champs d’étude. Or, le transfert depuis l’écologie des objets nécessaires à la construction du concept d’ESA n’exploite pas les résultats des travaux sur l’utilisation de la métaphore en Théorie des Organisations qui lui sont partiellement contemporain (Morgan, 1980, Gentner, 1981 ; Tsoukas, 1991 ; Indurkhya ; 1991). Pour apprécier l’intérêt du concept d’ESA, préciser ses traits définitoires et les limites de son application, il convient, comme le suggère Ricœur (1975), de revenir à l’origine même du concept d’ESA ainsi qu’à la logique de son élaboration. Seule l’identification des sources et du processus métaphorique déployés par James Moore peut permettre une analyse des limites épistémologiques du concept d’ESA qui tienne compte de la nature des transpositions effectivement réalisées.
Pour cela, le sens littéral des objets sources est comparé avec le sens métaphorique que Moore leur a attribué dans son concept (Indurkhya, 1991). La nature des transpositions est alors étudiée au regard des deux modèles dominants de la métaphore développés pour étudier la Théorisation des Organisations : le modèle transformationnel de Tsoukas (1991) qui repose sur la méthodologie de modélisation scientifique de Beer (1984) et le modèle d’interaction des domaines de Cornelissen (2005) qui repose notamment sur les résultats de la psychologie cognitive (Black, 1979 ; Gentner, 1983).
L’analyse du processus de transposition métaphorique appliqué par Moore révèle que 1) les objets sources sont prélevés dans trois paradigmes différents en Ecologie, 2) la totalité des objets définissant la notion d’écosystème dans les différents paradigmes en Ecologie n’est pas exploitée, 3) par conséquent, la structure logique reliant ces objets entre eux n’est pas transposée, et 4) le sens métaphorique des objets dans le domaine cible est clairement distinct de leur sens littéral dans les domaines sources. Ces résultats démontrent que Moore n’est pas dans une recherche d’identité paradigmatique par comparaison telle que le propose Tsoukas (1991). Ils interdisent également l’établissement d’une analogie au sens de Tsoukas (1991). Il apparaît que Moore se place plutôt dans une approche interactionnelle car il fait émerger son concept par interaction entre plusieurs paradigmes ce qui est en phase avec le modèle de construction métaphorique proposé par Cornelissen (2005).
En conséquence, toute analyse des limites de la métaphore biologique d’ESA se doit alors de tenir compte de 1) la nature des objets effectivement transposés par Moore et qui constituent autant de paramètres définitoires, 2) du sens métaphorique de ces paramètres tel que définis par Moore et non du sens littéral des objets dans les domaines sources. Or, les travaux analysant ces limites (Maître & Aladjidi, 1999 ; Harte, 2001 ; Torrès-Blay & Guéguen, 2003 ; Daidj, 2011 ; Fréry, 2010 ; Isckia, 2010) explore des objets qui ne correspondent pas, dans la grande majorité des cas, aux référents catégoriels que Moore a exploité. En l’absence d’une analogie ou d’une identité au sens de Tsoukas (1991), seuls les référents catégoriels choisis par Moore peuvent être considérés, et ce, en tenant compte du sens métaphorique qu’il leur a attribué. Cette analyse démontre l’impact de la nature du processus de théorisation sur la construction du sens des paramètres définitoires déterminant les bornes du concept. Elle renseigne également sur la posture à adopter pour en définir les limites.

La place et les frontières de la stratégie dans la recherche francophone : le devenir de la stratégie en question. Bilan des contributions de l’AIMS sur la période 2000-2010.

Ce travail a pour objet d’analyser les publications francophones des contributions de l’Association Internationale du Management Stratégique (AIMS) sur la décennie 2000 et portant essentiellement sur la place de la stratégie dans la recherche francophone. Une recherche par mot clé (stratégie) et une analyse de contenu ont permis de sélectionner 374 articles contenant le mot stratégie. Un second niveau de l’analyse, a consisté en une caractérisation de ces travaux selon leur méthodologie (manque d’études quantitatives, de travaux empiriques et de modélisation). Enfin un dernier niveau d’analyse a permis cependant de consulter les bibliographies de l’ensemble de ces articles afin de regarder la présence des références incontournables des auteurs fondateurs de la discipline. Des résultats ont pu être dégagés et ensuite discutés.