Projets
Je serais très heureux de pouvoir contribuer, dans la limite de mes
compétences, à un travail associatif au sein l’AIMS. Cet engagement se
fonde sur quatre convictions :
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Il existe une
spécificité et une extraordinaire richesse intellectuelle propre au monde
francophone et il faut la faire fructifier pour que les chercheurs en
organisation et en stratégie puissent espérer défendre un avantage
concurrentiel dans le concert de la recherche internationale. J’ai
coutume de dire que nos chercheurs sont les seuls à pouvoir lire dans le
texte des Foucault, Bourdieu, Derrida, Ricœur, auteurs très utilisés par
la recherche anglo-saxonne. Le paradoxe serait que nous ne profitions pas de
notre propre avantage culturel ! Et que nous ne puissions pas dans les
travaux de Ellul, Illich ou Girard !
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La recherche
française souffre néanmoins d’une difficulté à se professionnaliser en usant
des normes qui sont devenues des standards internationaux. Or on ne peut
faire l’économie de cet ajustement. Cela ne signifie pas une mise au
diapason qui serait contradictoire avec le point précédent. Il me semble
qu’une simple imitation des normes américaines est vouée à l’échec du fait
que, de par sa taille, l’espace francophone au sens strict aura toujours du
mal à constituer des bases de données et donc de la recherche quantitative
de même niveau que nos amis américains. Il faut donc, comme l’ont fait les
anglais dans les années 1980, trouver une voie propre assurant une qualité
exigeante de recherche qui ne s’appuie pas nécessairement sur
l’appareillage statistique comme source de preuve.
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La recherche
francophone est trop morcelée pour être efficace. Dans ce qui est devenu un
marché international des idées, nous avons besoin d’une coopération forte
entre les chercheurs de manière qu’une « patte francophone » soit
reconnaissable. C’est en nous aidant mutuellement à réfléchir, à organiser
une recherche multi-institutions et à publier dans les meilleures revues que
nous pourrons progresser.
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Enfin, il ne faut
pas confondre francophonie et pays francophones. La francophonie est
davantage qu’une langue partagée. C’est aussi une culture, une façon de
poser les questions et de donner des réponses qui peut intéresser des
collègues qui ne sont pas des « francophones » (ceux qui parlent français)
mais des « francodoxes » (ceux qui pensent français). Il faut aussi les
associer à notre développement.
L’AIMS peut évidemment jouer un grand rôle dans ces évolutions, en
poursuivant et amplifiant le travail visant à encourager et manifester
l’existence d’une communauté scientifique en gestion qu’elle a entrepris
depuis sa création. S’il m’était possible de m’engager plus
institutionnellement dans ce projet, je le ferais avec enthousiasme car
cette ambition est belle. |