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Pierre-Yves GOMEZ  

 
Vitae
 
3ème cycle économiste, docteur en gestion, HDR, est professeur de stratégie à l'Ecole de Management de Lyon. Entre 1998 et 2000, il a été professeur invité puis chercheur associé à la London Business School. Il dirige aujourd’hui l'Institut Français de Gouvernement des Entreprises/EM LYON (22 chercheurs, 12 doctorants).
Il est à l’origine du développement, en France, du courant des conventions appliqué au management. Il est auteur des ouvrages "Qualité et théorie et des conventions" (Economica,1994), "Le gouvernement de l’entreprise" (interEditions, 1996), "La République des actionnaires: le gouvernement des entreprises entre démocratie et démagogie" (Syros, 2001), "The leap to globalization" (Jossey Bass, 2002 avec Harry Korine) et "Entrepreneurs and Democracy : A political Theory of Corporate Governance’’ (Cambridge University Press, avec Harry Korine 2008). Il a coordonné "Confiance entreprise et société" (Ed. d’Organisation, 1995, trad. anglaise MacMillan 1996) et publié des articles académiques dans des revues nationales et internationales. Partisan d’une approche politique de l’entreprise, ses recherches portent actuellement sur l'évolution du gouvernement des entreprises et ses conséquences sur les pratiques stratégiques.

Projets

Je serais très heureux de pouvoir contribuer, dans la limite de mes compétences, à un  travail associatif au sein l’AIMS. Cet engagement se fonde sur quatre convictions :

-       Il existe une spécificité et une extraordinaire richesse intellectuelle propre au monde francophone et il faut la faire fructifier pour que les chercheurs en organisation et en stratégie puissent espérer défendre un avantage concurrentiel dans le concert de la recherche internationale. J’ai coutume de dire que nos chercheurs sont les seuls à pouvoir lire dans le texte des Foucault, Bourdieu, Derrida, Ricœur, auteurs très utilisés par la recherche anglo-saxonne. Le paradoxe serait que nous ne profitions pas de notre propre avantage culturel ! Et que nous ne puissions pas dans les travaux de Ellul, Illich ou Girard !

-       La recherche française souffre néanmoins d’une difficulté à se professionnaliser en usant des normes qui sont devenues des standards internationaux. Or on ne peut faire l’économie de cet ajustement. Cela ne signifie pas une mise au diapason qui serait contradictoire avec le point précédent. Il me semble qu’une simple imitation des normes américaines est vouée à l’échec du fait que, de par sa taille, l’espace francophone au sens strict aura toujours du mal à constituer des bases de données et donc de la recherche quantitative de même niveau que nos amis américains. Il faut donc, comme l’ont fait les anglais dans les années 1980, trouver une voie propre assurant une qualité exigeante de recherche qui ne s’appuie pas nécessairement sur l’appareillage statistique comme source de preuve.

-       La recherche francophone est trop morcelée pour être efficace. Dans ce qui est devenu un marché international des idées, nous avons besoin d’une coopération forte entre les chercheurs de manière qu’une « patte francophone » soit reconnaissable. C’est en nous aidant mutuellement à réfléchir, à organiser une recherche multi-institutions et à publier dans les meilleures revues que nous pourrons progresser.

-       Enfin, il ne faut pas confondre francophonie et pays francophones. La francophonie est davantage qu’une langue partagée. C’est aussi une culture, une façon de poser les questions et de donner des réponses qui peut intéresser des collègues qui ne sont pas des « francophones » (ceux qui parlent français) mais des « francodoxes » (ceux qui pensent français). Il faut aussi les associer à notre développement.  

L’AIMS peut évidemment jouer un grand rôle dans ces évolutions, en poursuivant et amplifiant le travail visant à encourager et manifester l’existence d’une communauté scientifique en gestion qu’elle a entrepris depuis sa création. S’il m’était possible de m’engager plus institutionnellement dans ce projet, je le ferais avec enthousiasme car cette ambition est belle.

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