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Historique de l'Université Montpellier I
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Une Université - Universitas ou Studium
generale - c’est la réunion d’hommes qui, animés d’un même esprit,
agissent pour la réalisation d’un projet commun. L'Université c'est un
savoir reçu, transmis et communiqué, au travers d'un lien fondamental qui
unit ses maîtres et ses étudiants. |
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L'Université, c'est aussi un centre de
réflexion caractérisé par l'enseignement, vecteur du savoir, et la
recherche, qui constitue avec la tradition une des sources des richesses à
transmettre.
Enfin, une Université, c'est une vie, un cœur qui bat
dans une ville, un cœur qui garde jalousement ses privilèges et défend son
identité et son autonomie, face aux périls externes et
internes. |
Montpellier et son Université, c'est l'histoire
d'un long chemin parcouru ensemble, l'histoire d'une cité qui a vu se développer
entre ses murs la porte qui l'ouvre sur le monde, l'histoire d'une précieuse
alchimie, réalisant le subtil équilibre, entre tradition et avenir, histoire et
modernité.
Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime et malgré toutes
les tentatives d'unification, la ville de Montpellier abrita deux Universités,
celle "des médecins" d'une part, tandis que d'autre part se dressait, affublée
d'un titre plus général, celle dite "des maîtres et des étudiants". Cette
organisation originale trouve son explication dans le passé universitaire de la
ville médiévale. |
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| Les formations juridiques et médicales sont
apparues simultanément, au début du XIIème siècle, en dehors de tout
cadre institutionnel. L'enseignement est né de la pratique. Ancêtre des
médecins, un certain André fait son apparition à Montpellier en 1122. L'exercice
de la médecine en fit un personnage puissant, dont les possessions
foncières furent considérables. Ce n'est qu'à partir de 1170 qu'un premier noyau
de médecins-praticiens-enseignants - formera l'embryon de la future Université
médicale. Trente ans plus tard, Alexandre Neckam placera Montpellier et Salerne
sur un même pied d'égalité.
Dés 1220, l'enseignement de la
médecine à Montpellier sort de sa préhistoire, et le Cardinal Légat Conrad
d'Urach concède à l'Universitas medicorum ses premiers statuts. Un
cadre institutionnel s'est développé autour de l'enseignement médical, en
moins d'un siècle.
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Les Premiers balbutiements du
Droit
Tandis que la redécouverte des codes de
Justinien avait permis le développement à Bologne de l'enseignement du
droit, Montpellier allait bientôt accueillir dans ses murs ses premiers
praticiens. Et, si notre cité n'est pas le centre français le plus ancien
de l'enseignement juridique, émanant de cette racine commune que constitue
Bologne, nous savons que le premier "juris peritus", homme habile
en droit, vivait dans notre cité aux environs de 1122. En moins de vingt
ans, les effectifs formés par les hommes de loi s'étoffent, et bientôt,
parmi ces juristes, certains joueront un rôle de tout premier plan dans la
vie de la cité. Ce n'est qu'aux environs de 1160 qu'un Lombard, venu de
Plaisance, pratique et enseigne le droit. Il offrira à Montpellier le
service de son art durant deux périodes. La patrie des Guilhem l'adopta au
point d'honorer sa mémoire d'une manière toute spéciale. La biographie du
très célèbre glossateur demeure cependant obscure.
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La date de sa mort, inscrite dans la
chronique municipale au 12 février 1192, jour de la Sainte Eulalie,
est depuis lors chômée dans l'Université des droits. Rien dans cette
école, jusqu'à la masse de son bedeau, n'échappe à l'hommage que les
juristes veulent adresser à leur illustre fondateur. |
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Aujourd'hui encore, et les différents
déplacements de la faculté furent impuissants face à cette
tradition, le hall du bâtiment principal de la Faculté des droits
rappelle son nom dans une devise que bien des nouveaux étudiants
trouvent hermétique lors de leur arrivée : "Aula
Placentina". |
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Les effectifs des Ecoles de droit s'étaient
multipliés et les élèves de Placentin constituèrent sans doute la seconde,
voire même la troisième génération de juristes montpelliérains. Les débuts
étaient prometteurs, mais après la mort de Placentin, et plus
particulièrement l'exil qui frappa le maître Gui Francesc (1204),
l'enseignement juridique s'apprêta à opérer sa première grande traversée
du désert qui couvrira globalement toute la première partie du
XIIIème siècle.
Notre cité souffre du même mal que toutes les
autres citées d'un peu partout en Europe, dans lesquelles des écoles
Romanistes avaient écloses. La rétractation de l'enseignement trouve l'une
de ses explications dans la domination quasi-exclusive de Bologne durant
cette période. Le renouveau de l'école de Montpellier n'interviendra
qu'aux abords de 1252, avec l'émergence de Jean de Saint-Michel,
professeur de droit civil qui, doctorisé à Bologne, sera rejoint en
quelques années par plusieurs maîtres d'origine méridionale. L'histoire
d'un enseignement continu du droit, globalement ininterrompu jusqu'à la
fin de l'Ancien Régime, venait de débuter. Avec la notoriété des écoles de
droit allaient corrélativement naître des conflits locaux de juridictions entre les différentes autorités.
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Une faculté des Arts virtuelle
?
S'il est mentionné au terme d'un statut
épiscopal de 1242, largement inspiré de ceux de l'enseignement
médical, l'enseignement des Arts ne connut jamais de réelle heure de
gloire et, par la suite, un épais brouillard dissimulera rapidement toute
tentative.
| Dans les dernières années du
XIIème siècle, médecins et juristes avaient en somme acquis,
les outils nécessaires à leur développement et à la bonne marche des
enseignements. Membres d'une collectivité plus récente que celle des
médecins, les juristes bénéficiaient de structures institutionnelles plus
rudimentaires. Ce n'est qu'en 1285 que l'Evêque de Maguelone disposa de la
prérogative de conférer la "licentia regendi", c'est-à-dire le
droit d'enseigner sur le territoire de sa juridiction. Les autorités
municipales, soucieuses d'obtenir une reconnaissance plus générale des
enseignements dispensés à Montpellier, se décidèrent à recourir au roi
Philippe IV le Bel, en vue d'une intercession auprès du Saint-Siège. Mais,
c'est en réalité d'un conflit qu'émergera le texte, sinon fondateur au
moins fondamental, sur lequel repose notre Université. Ermengaud Blazin
attaché au diocèse de Maguelone se présenta devant ses maîtres pour
obtenir son approbation. Ceux-ci, le considérant insuffisant, rejetèrent
ses prétentions.
C'est alors que ce dernier fit appel à
l'Evêque, qui exigea que l'examen fût recommencé. Les maîtres
refusèrent d'obtempérer. Excommunication, mise en prison des plus
récalcitrants, fureur enfin des maîtres qui arguaient de leurs
anciens statuts. Ils en appelèrent au Pape, remontrant en
particulier que ne pouvait être admis que "les candidats ayant
recueilli l'avis favorable de la majorité de ses maîtres présents à
l'examen". |
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Pour continuer l'Historique de l'Université Montpellier I, cliquer sur la flèche.
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